Réponses aux reviews :
Chaton Suprême (Ally) : Mon chaton, tu nous avais tellement manqué des les reviews. Toujours aussi longue, détaillée et analysée, ça faut vraiment super plaisir. En plus des petites touches d'humour qui ne manquent pas de nous faire rire. Ton analyse sur la relation entre Gerald et les femmes est très intéressante. Et tu as plutôt visé juste ! Ce chapitre devrait te plaire. Ou te frustrer un peu ? Ah ha ! Bonne lecture !
Cutie Pie (Ally) : Bonjour à toi petit nouveau ! C'est pas grave si tu ne sais pas rédiger des reviews comme des analyses de texte du lycée, ce n'est pas ce qu'on demande. Tu as pris le temps d'écrire ton avis, et ça nous a fait grandement plaisir ! Tu as... étrangement visé juste concernant cette histoire. On espère que tu ne seras pas déçu de nos plans ^^ en attendant que ça arrive, on propose ce chapitre. Bonne lecture :)
jFANGIRLd (Gody) : À toi de découvrir si tu as croisé assez fort les doigts hihi. Merci pour tous tes compliments, ça fait chaud au cœur ! c:
Sudiste Lion (Ally) : Hey là, camarade sudiste Lion aussi (comme moi hé hé), ravie que cette histoire te plaise. Les affaires cracra d'Eileen, c'est pas pour aujourd'hui. Mais on espère que tu apprécieras quand même ! (Oui je confirme, Lion les meilleurs !)
SudisteTropBeau (Ally) : Salut à toi, camarade sudiste à l'égo surdimensionné ! Encore un peu de patience pour les magouilles d'Eileen, mais promis, c'est pour bientôt ! Ultia c'était un défi pour nous de faire ressortir la chose comme il faut. Contentes que ça ait marché ! En espérant te revoir en commentaire "nouveau soleil éclatant" et bonne lecture !
LeDernierBG (Ally) : Coucou toi :) comment vont tes chevilles ? Ton commentaire nous a fait grandement plaisir, et oui, ne t'inquiète pas, on reverra Eileen. Mais pas tout de suite ! Ce chapitre devrait quand même te plaire (on espère). Et on sera ravie aussi de prendre un verre avec toi. Au passage, merci d'avoir pris le temps de commenter sous mes écrits. Bonne lecture ^^
Chrysalide d'Acier (Gody) : Merci pour ton retour ! Il nous a fait très plaisir et le fait que tu signales que la temporalité et le rythme sont logiques, c'est peut-être rien dit comme ça, mais pour nous, c'était vraiment génial de lire ça. Nous te souhaitons une bonne lecture, et prends aussi soin de toi ! Courage !
Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas
Raiting : M
JOUR 133 : amicalement
Courir, ça lui procure une folle satisfaction. C'est une manière de se vider la tête, d'échapper à ses obligations, de s'épuiser physiquement tout en renforçant son mental. Elle aime se dépasser. Elle met ça sur son côté compétitif. Donc, après avoir fait le tour de la piste plusieurs fois, en étant passée par le moment où cette brûlure de l'effort est venue ronger ses muscles, Erza décide de faire le chemin du retour de cette façon : en se dépensant un maximum, tout en songeant à cette prochaine douche merveilleusement agréable qui l'attend. Lorsqu'elle arrive, son cœur bat fort dans sa poitrine. L'entièreté de son corps est bouillonnant et ce sentiment d'euphorie ne la quitte pas.
Ses chaussures volent dans le salon, elle ôte ses écouteurs, retire déjà ses chaussettes et son legging en marchant vers la salle de bain, sautille, se rattrape au cadran de la porte en soufflant bruyamment, se redresse et s'étire puis finit de se déshabiller. L'élastique retenant ses cheveux finit sur le rebord du lavabo. D'un mouvement rapide, la rouquine se faufile sous l'eau qui coule déjà. Ses paupières se ferment quand elle se place sous le jet, aspergeant son visage souriant. Comme toujours dans ces moments, elle se perd dans ses pensées. Cela ne l'empêche pas pour autant d'entendre la porte d'entrée s'ouvrir, signe que Simon doit être rentré. Ils pourraient manger quelque chose d'épicé, ça fait longtemps qu'ils n'ont pas passé un moment juste tous les deux.
Sur cette bonne idée, Erza finit de se nettoyer. Le plus long, ce sont ses cheveux, mais elle ne s'en plaint pas. Elle aime en prendre soin. Ils seront bientôt doux, lisses, et brillants. En attendant, ils sont propres. Enroulée dans une serviette en coton, elle sort de la pièce, accompagnée par une légère brume. Sauf qu'au lieu de garder cette petite moue adorable, remplie de contentement, c'est un froncement de sourcils qui fait son apparition. Elle fixe le dos de Simon qui a fermé son sac de sport, contenant sans aucun doute les affaires qui traînaient dans sa chambre. Elle n'a pas besoin de l'ouvrir pour vérifier ça, son instinct le lui hurle.
« Tu ne restes pas ce soir ? »
Heureusement, sa voix ne trahit pas la nervosité qui est venue brutalement s'écraser sur son îlot de bien-être. Le brun, quant à lui, a sursauté. Il n'a pas dû l'entendre arriver dans le salon. L'étudiante le regarde se tourner vers elle. Il lui offre un léger sourire, triste sur les bords. Doucement, le voilà qu'il s'installe sur le canapé.
« Je dois te parler.
— De quoi ?
— De… de nous. »
Les mots qu'il a prononcé coulent le long de son échine, tel un liquide glacé. Un frisson remonte, c'est désagréable ; les conversations qui commencent ainsi ne se terminent pas souvent très bien. Erza sait qu'un point de non-retour vient d'être atteint. Un petit courant d'air picote ses mollets et elle remue un peu face à l'inconfort. Elle gratte son front, gêné, sentant son coeur emprunter un rythme différent de la course qu'elle a fait plus tôt. Ce n'est pas, non plus, la danse qu'il mène quand la joie est présente. C'est vraiment autre chose.
« Je… hum… je me change avant et j'arrive, d'accord ?
— Ah, oui ! Bien sûr. Vas-y, répond-il en massant sa nuque. Je t'attends là. Je ne bouge pas.
— Je fais vite. »
À vrai dire, se dépêcher quand le stress est trop présent, c'est vraiment difficile ; elle a l'impression d'être au ralenti et ça la frustre, l'agace, parce qu'elle ne veut pas faire attendre Simon. Cette agitation qui la submerge manque de lui couper le souffle, parce qu'elle n'en a pas l'habitude. Les confrontations, elle connait ça. Mais c'est toujours dur et déchirant d'en avoir une avec une personne qu'on apprécie. Ses mains sont moites quand elle s'installe à côté de lui.
« Est-ce que… ça va ?, demande-t-elle avec une certaine hésitation.
— Je… »
Il se tait. Ses paupières se ferment un instant, ça lui paraît long. Quand il les rouvre, il ancre ses prunelles dans les siennes. La tristesse qui les teinte lui retourne le ventre. Il parait au bord du gouffre, celui qui va le plonger dans un prochain chagrin tortueux. Les mots qui suivent, elle les encaisse douloureusement.
« … je pense… que ça ne va pas le faire entre nous. »
Sa gorge est sèche. Ses doigts tirent faiblement sa chemise.
« Nous ne sommes pas… compatibles. »
Erza souhaite répliquer quelque chose. N'importe quoi. Mais elle est figée, muette, elle reçoit le coup sans broncher. Pourtant, à l'intérieur, c'est comme être déchirée ; ça l'affecte d'une manière prévisible, oui, elle aurait dû s'en douter, Luxus l'avait prévenue après tout. Elle fait bien pâle figure face à celui qui a partagé sa vie durant quelques mois, qui a pris du temps pour elle. Ne pas être fichue d'articuler un mot lui donne envie de fuir pour échapper à cette rupture. Simon a été son point d'ancrage dans la normalité. Perdre ce lien, ça la chamboule.
« J'avais des doutes avant, et même si je t'aime beaucoup, nous sommes juste... trop différents. Ta famille a raison, je ne suis pas l'homme qu'il te faut, glisse-t-il faiblement, et… je pense qu'au fond de toi, tu le sais aussi. Je ne t'en veux pas pour ça. »
Comme pour apaiser l'angoisse qui monte, parce qu'il reste l'homme le plus bienveillant et doux qu'elle connaisse, même lorsque lui-même souffre, il pose une grande main rassurante sur les siennes, les couvrant d'une douce chaleur. Supporter son regard est la seule chose dont elle est capable pour le moment.
« Merci de m'avoir quand même laissé une chance. »
Un faible sourire, trop discret peut-être. Il lui laisse le temps de rassembler ses esprits, ce qui n'est pas une mince affaire. Son calme joue un rôle, comme toujours. Cinq minutes encore et la rouquine arrive enfin à prendre la parole, même si son timbre est enroué.
« On est pas obligé d'en arriver là, murmure-t-elle. On peut essayer et… »
Il secoue la tête ; elle sait que cette tentative est désespérée, mais aussi inutile. Elle ne mènera à rien de bien joyeux. C'est la seule valeur sûre.
« Je l'ai vu, et je l'ai senti, Erza. Ta famille m'a bien fait comprendre que je n'étais pas le bienvenu. Et je ne veux pas que tu t'embrouilles avec eux à cause de moi. Ils passent en priorité, avant moi, et c'est normal.
— Ça ne devrait pas l'être. Je voulais… que ce soit différent. »
Elle s'était surtout voilée la face, et avait agi en égoïste en acceptant de sortir avec lui. Elle n'avait pensé qu'à elle, pas aux conséquences qui pourraient découler de cette relation. Et maintenant ? Ils souffrent tous les deux de sa décision, d'avoir accepté ses avances.
« Vous avez des secrets. Je n'ai rien dit, mais j'ai compris. Ce n'est pas grave, si je ne suis pas dans la confidence. Vous avez vos raisons, et je ne vous en veux pas pour ça, ni toi, ni eux. Mais rester ensemble signifie que tu vas devoir me mentir constamment à ce propos, et je vais devoir faire comme si je ne voyais rien. Ce n'est pas une vie saine, ni pour toi, ni pour moi. C'est mieux si on s'arrête là. »
S'arrêter là, ne plus mentir, reprendre une vie plus apaisée. Pour lui, du moins. Elle, ce sera des incessantes questions ; est-ce qu'elle est condamnée à être seule ? À mentir ? À détruire ? Est-ce que c'est trop demandé d'être comme tout les autres ?
« Si... tu veux toujours de moi dans ta vie, on peut rester ami. Mais juste... laisse moi un peu de temps seul avant. T'es… tu es vraiment une personne que j'ai aimée sans compter. »
Parce qu'il a enduré dans le silence, acceptant d'être parfois traité comme un fantôme. Simon a subi des réflexions qu'il n'aurait pas connu en étant avec quelqu'un d'autre. Malgré ça, il est resté. Il l'a soutenue. Mais plus important encore, il l'a aimée. Elle n'a aucun droit de le retenir, alors qu'il a déjà tant donné. Respecter son choix est la meilleure chose qu'elle peut faire pour lui à l'heure actuelle.
C'est étrange de se lever silencieusement et de le raccompagner à la porte, en sachant qu'il ne reviendra pas de la même façon, la prochaine fois. Le sourire qui tire ses fines lèvres est triste mais sincère. Sa main lâche la sienne, doucement. Une autre façon d'illustrer cette rupture qu'elle aura été incapable d'initier, étant trop faible, ou lâche pour ça. Elle penche sur cette dernière option ; pas la peine de se cacher derrière d'autres mensonges.
« Oh. Et… »
La demoiselle relève légèrement le menton, tandis qu'elle tient à peine la poignet de sa porte.
« … je sais qu'avant qu'on se mette ensemble tu étais très… libre. Hum… dans tes relations… au lit. Je ne sais pas si tu te souviens mais… cette règle des trois jours, c'est une connerie pour moi. Si tu veux te vider la tête ou te défouler ce soir, tu es libre de le faire, et je ne t'en voudrais pas. On est plus ensemble après tout. Vis ta vie pleinement. Je te souhaite sincèrement tout le bonheur du monde Erza. Je ne sais pas tout ce que tu as traversé, mais tu le mérites. »
Ses yeux picotent ; les larmes sont montées et elle a bien envie de se mettre dans un coin pour étouffer sa peine. Cette nouvelle détresse alerte Simon qui vient frotter délicatement son bras. Quelle ironie. C'est lui qui doit le plus pâtir de cette séparation et non elle, parce que ses sentiments n'auront pas été aussi forts que les siens. Mais qui réconforte l'autre, au final ?
« Une dernière chose. »
Le ton a changé. C'est un mélange de taquinerie et de gêne. Il rehausse son sac en se raclant la gorge.
« Sous ton lit. Cadeau du Fernandez. »
Après avoir fermé la porte, Erza tourne les talons vers sa chambre, ne comprenant pas la signification des derniers mots du rugbyman. Elle s'accroupit, ses genoux craquent et ses cheveux glissent de son épaules. Après quelques tâtonnements, ses doigts tapotent une boite. Perplexe, elle la tire vers elle, puis l'ouvre.
« Oh, bon sang… »
Le reste de l'après-midi n'a pas été agréable. Les retombées de toutes les émotions emmagasinées lors de la rupture ont été extrêmement dures. Elle a fini au lit, dans le noir, à méditer. Pourrait-elle vraiment avoir une vie normale un jour ? Ou devrait-elle simplement arrêter de renier ses origines pour embrasser un monde qu'elle a toujours rejeté ?
La notion du temps lui revient quand l'écran de son téléphone s'allume. Seule source lumière, son visage a baigné dans un faible halo. Un message de Mira ayant déjà appris pour sa rupture — sûrement Luxus, seule personne qu'elle a prévenue — qui lui conseille de ne pas rester seule. Erza n'a pas réfléchi à deux fois avant de se lever pour sortir. Ses pas l'ont directement amenée vers la seule destination étant comparable à une seconde maison depuis le début de son année universitaire. Elle a attendu sagement, saluant les personnes entrant et sortant du bâtiment. Le froid occupe une faible partie dans sa tête, elle qui est plus intéressée par la touffe bleue qu'elle voit à travers une fenêtre.
Gerald saura l'aider.
Il a toujours réussi jusque là.
Pourquoi s'installer sur un canapé si confortable qu'elle pourrait y dormir tous les jours, alors que le parquet s'offre à eux ? La logique de cette journée lui échappe, mais ça ne la dérange pas. La contrariété ne la quitte plus depuis sa rupture et, pour être franche, ça commence à lui peser de plus en plus. Gerald ne la force pas à vider son sac pour le moment. À la place, il pose sur la table basse des alcools sans doute plus chers que tous ses vêtements réunis. Certains rhum ont plus de quarante ans, dommage qu'elle ne soit pas en état pour en profiter pleinement. Lorsqu'il a fini de disposer des paquets de chips pour un apéro rudimentaire, il s'installe à côté en soupirant ; pour lui aussi la journée a été longue mais ça ne l'empêche pas d'être prêt à l'écouter.
« Alors ?
— Alors quoi ?, marmonne-t-elle en ouvrant une des bouteilles de rhum.
— Comment tu vas ? Je ne t'ai pas vue depuis ma compétition.
— Ça fait juste quatre jours tu sais.
— Tu n'as pas envoyé un seul message durant cette période, lui rappelle-t-il en fronçant les sourcils. »
La rouquine tourne la tête vers lui, après avoir rempli son premier verre à ras bord.
« Tu me fais une scène ?, demande-t-elle lentement.
— Non, je signale ton absence, c'est tout. Tu es la première à râler quand je fais le mort. »
Ce n'est pas faux. Ça restera toujours plus simple d'exiger quelque chose à quelqu'un, que de le faire en retour. Peut-être qu'elle devrait changer cette mauvaise habitude ?
« Désolée. »
Gerald plisse les légèrement les yeux, signe qu'il a remarqué quelque chose, malgré sa tentative de poker face. Probablement le fait qu'elle s'excuse, chose qu'elle ne fait pratiquement jamais... Erza se réinstalle sur les coussins, en se mettant en tailleur, puis s'appuie contre le canapé. Ses deux mains tiennent le cristal pendant que son regard se perd dans l'immense salon. Il doit se sentir vraiment seul, ici. Un appartement aussi grand qui, au final, est vide. Est-ce qu'il n'a pas le sentiment d'errer dans ces couloirs, comme un fantôme ? Elle ne peut pas s'empêcher de repenser aux vacances de Noël qui devaient ressembler à de la torture pour lui. Non. C'était le cas. Il le lui a dit.
« Mais… du coup, tu ne m'as pas répondu, dit-il avec une légère hésitation, l'arrachant par la même occasion à ses pensées.
— Je vais bien. Je suis juste… un peu fatiguée et… frustrée ? Quelque chose comme ça.
— Frustrée ? »
Il a incliné la tête, légèrement, avant de fourrer sa main dans le paquet entamé. Une bonne poignée de chips entre ses doigts, et voilà qu'il se positionne de manière à être orienté vers elle, afin d'être parfaitement capable d'étudier chaque micro-expression de son visage.
« Par ma rupture, répond Erza, après avoir vidé son verre cul sec. Ça me laisse un goût… amer. »
Le nageur ne dit rien, l'incitant à se délivrer un peu plus. Ce qu'elle fait, mais uniquement après s'être resservie, et vider son nouveau verre. C'est comme revivre sa discussion avec Luxus, avant le retour de sa mère pour le repas de Noël.
« Je me sentais… bien, avec lui. Normale. Comme ce que je voulais en poursuivant mes études. Sauf que… ça ne suffit pas. Pas pour lui. Ni pour moi.
— Tu veux dire que tu es sorti avec lui pour te sentir… comme tout le monde ?
— Je n'ai jamais aimé le monde dans lequel j'ai grandi, murmure-t-elle en passant une main dans ses cheveux, et ça depuis que je suis petite. Mon père m'a donné un avant-goût suffisant. »
Il essuie sa main sur une serviette en papier, histoire de retirer l'excédant de sel de sa paume. Elle est bien vite froissée, et jetée négligemment sur la table, sous son regard attentif.
« Tu n'as jamais mentionné ton père, avant, glisse-t-il doucement. »
Pourquoi l'aurait-elle fait ? Cette figure masculine, censée la protéger et la faire grandir dans un environnement plus ou moins sain a fait tout le contraire. C'est après tout lui qui l'a initiée à la douleur et à la violence.
« Ce n'est pas une grande référence dans ma vie. Si je pouvais l'oublier, ce serait... merveilleux. Simon m'aidait pas mal, pour ça. Sa douceur, sa gentillesse… tout ça, c'était réconfortant, et ça me redonnait confiance. Lentement. »
L'étudiante l'observe se servir du whisky. Il n'a pas encore posé ses yeux sur elle et ne le fait qu'après avoir bu, un peu trop rapidement peut-être. Il lui parait embêté par la situation. Peut-être dépassé, mais aussi un chouïa chagriné.
« Ta rupture te mine à ce point ? »
Posant doucement le verre sur le sol, Erza vient presser ses genoux contre sa poitrine. Ses pieds nus jouent avec le moelleux tapis. Peut-être qu'il se sent seul, mais au moins, c'est un solitaire qui vit dans le confort ; son tapis est plus doux que sa propre couette. Elle pourrait dormir dessus.
« Je pense, oui. J'étais attachée et… je l'aimais bien. Peut-être pas autant que j'aurais dû, vu notre relation mais… voilà. Il reste une personne importante. »
Gerald mâchouille l'intérieur de sa joue, semblant réfléchir. Un silence s'installe alors, et elle décide d'en profiter pour boire encore un peu. Il ne tarde pas à l'imiter, le regard vague, comme encore perdu dans ses pensées. Pour une fois que ce n'est pas elle.
« Qu'est-ce qui t'aiderait ?, demande-t-il soudainement.
— Pour ?
— Pour oublier tout ça. Au moins quelques heures. »
Elle frotte sa nuque endolorie avant de l'observer.
« Je ne sais pas. Par contre, ce que je sais, c'est que boire ne m'aidera pas, finit-elle par dire.
— Alors je te débarrasse de ça, déjà, s'amuse-t-il en prenant son récipient.
— Mais-
— Hé, ne proteste pas ! Tu l'as dit toi-même que ce n'était pas utile. »
Avec une moue, elle croise les bras. Pourquoi faut-il qu'il l'écoute maintenant, alors que d'autres fois elle a l'impression d'interagir avec un mur ? L'illogisme de ce garçon la rend parfois dingue.
« Regarder une série ?, lui propose-t-il. Ça peut aider. En plus, une nouvelle est sortie assez récemment. C'était quoi déjà… »
Elle l'observe se gratter l'arrière de la tête, lui qui a l'air de se torturer les méninges pour retrouver le titre. Donc elle décide d'abréger ses souffrances.
« Je n'ai pas… la tête à ça non plus.
— Tu ne me facilites pas la tâche, Scarlett. »
Le voilà qu'il croise à son tour les bras. Ses yeux sont alors immédiatement attirés vers ses biceps, où elle voit une veine saillante remonter sur le muscle développé. C'est à ce même moment qu'elle remarque que ce t-shirt gris est parfaitement coupé pour lui, épousant son corps avec une minutie qu'elle apprécie. Elle pense sincèrement que c'est le Diable qui a décidé de le mettre sur son chemin, pour la tester. Mais maintenant, est-ce que ça a une réelle importance ? Elle est libre après tout. Lui aussi. Et Simon lui a bien fait comprendre qu'il ne verrait pas ça comme un manque de respect. Alors...
« Je peux te proposer quelque chose, souffle doucement Gerald en imitant sa position. Mais… enfin. Je ne pense pas que… ou… plutôt je ne sais pas si… ça peut te plaire.
— Dis toujours ?
— On pourrait, hum… comment dire ça… »
Elle hausse un sourcil, sachant très bien le chemin qu'il vient d'emprunter. Elle le devine parce que ses pommettes sont devenues un peu roses, et ce n'est pas du tout à cause de l'alcool. Cette porte qu'il vient d'entrouvrir, à vrai dire, ça ne la dérange pas. Étrangement. Le rhum, peut-être ? Ou parce qu'elle a déjà imaginé secrètement ce moment plus que nécessaire ? Sur une impulsion, elle achève le début de sa suggestion :
« Baiser ? »
Silence.
Il remue un peu, se racle la gorge, trifouille un peu le tapis avec un air adorablement gêné. Ça lui donne envie de le pousser et de chevaucher ses hanches, tout en l'embrassant avec force, jusqu'à ce qu'il échange les positions. Elle sait qu'il n'est pas une planche de surf, et qu'il saura la dominer au lit.
« À vrai dire, je cherchais une autre formulation.
— Mais c'est ce que tu pensais. »
Le jeune homme se gratte l'arrière de la tête, les joues cette fois-ci rouges.
« Disons que… c'est ma façon d'oublier. Du moins. Temporairement, tu vois ? Donc je me suis dis que… peut-être, ça pourrait t'aider aussi ? »
Le deuxième sourcil cette fois haussé, Erza l'observe intensément tout en méditant sur ses paroles ; c'est pour ça qu'il se tape régulièrement cette barmaid ?
« Quoi ?, rit-il. Ne me regarde pas comme ça. Tout le monde sait que Simon ne gère pas au lit ! Ça ne te manque pas, de prendre ton pied ? »
Un rire lui échappe et elle secoue la tête, encore dépitée qu'elle soit incapable de le remettre à sa place. L'envie de tout mettre de côté est assez forte et elle ne pense pas être fichue d'y résister. Même si le faire avec Gerald… et bien, ça reste risqué.
« Ce serait juste pour ce soir, continue-t-il, et on en parlera pas, après. Sauf si tu en as envie. Et rien ne va changer entre nous. Hum… »
Il frotte son menton, avant de taper son poing dans sa paume, comme s'il venait d'avoir une merveilleuse idée.
« … vois ça comme un service amical ! Voilà. Ni plus, ni moins.
— D'accord. »
Sa bouche s'entrouvre. Il n'a pas l'air très sûr d'avoir bien entendu sa réponse, et ça explique sa prochaine réaction, assez hésitante :
« Quoi ? »
Elle se retient à nouveau de rire. C'est toujours amusant de le prendre prendre de court, en approuvant une de ses pensées assez extravagantes pour le coup. Il ne s'y attend jamais. Mais pour ce soir, elle compte bien lui faire comprendre que, de son côté, ce n'est pas une habituelle farce pour le voir démuni face à une approbation surprise. Non, non ! Surtout pas. Parce que l'excitation commence déjà à naître, là, dans son bas-ventre.
« On va baiser. Amicalement.
— Toi et… moi ?
— Non, moi et le godemichet que tu as offert à Simon. Fais un effort Gerald ! »
Le concerné se met alors sur ses pieds, rapidement, un sourire aux lèvres. La stupéfaction l'a quitté, remplacée par une certaine confiance. Mais pas trop encore, juste histoire qu'il soit sûr quant à la manière de faire le premier pas.
« Alors… hum… on commence par s'embrasser ? Tu veux guider ou-
— J'en ai marre de guider, le coupe-t-elle en se relevant à son tour. Alors tu vas le faire et me vider la tête. »
Comme s'ils avaient perdu assez de temps, le nageur pose ses mains sur ses joues en pressant ses lèvres contre les siennes, sans chercher à échanger plus de mots. Ses paupières se ferment aussitôt et ses bras viennent enlacer son cou. Il lui épargne l'effort de se mettre sur la pointe des pieds ; il la soulève avec aisance avant de l'embrasser à nouveau avidement, ses mains sous ses fesses qu'il serre. La sensation de ses doigts lui arrache un frisson qui parcourt à une vitesse folle son épiderme, et elle ne rêve plus que de sentir sa bouche partout.
Le chemin jusqu'à sa chambre a été difficile, étant trop accaparés à découvrir le corps de l'autre rapidement, quand elle sent enfin le matelas contre son dos. Erza halète de plaisir quand sa bouche vorace trouve cet endroit sensible, sur son cou, qui fait qu'elle agrippe entre ses doigts une poignée de cheveux bleus. Il grogne, mord, caresse ses courbes avec délicatesse mais envie. La pression qu'il exerce par moment entre ses cuisses lui donne le besoin de gémir mais elle se retient. Gerald le remarque et, amusé, se redresse brusquement. Sa chaleur corporelle ayant disparue, elle rouvre les paupières avec mécontentement, prête à se plaindre.
« Qu'est-ce que tu fais ?
— Pourquoi tu poses des questions ?, rit-il. Tu dois te vider la tête, pas autre chose. »
Lentement, très lentement, il relève son t-shirt. Son V apparait, suivi par une fine ligne de poils qui l'amènera plus tard vers une autre partie de son corps, qu'elle attend de voir. La première cicatrice visible lui donne l'envie d'y presser ses lèvres, avant de descendre. Ses yeux s'accrochent à ses abdominaux qu'il contracte à mesure que son haut remonte. Quand le tissu frôle enfin ses pectoraux raffermis par des heures de sport, il le jette dans un coin. Elle lève la main, l'envie d'y toucher la tiraillant, mais il la repousse avec un sourire en coin. À la place, ses propres paumes partent de son torse, caressant sa peau hâlée étirée par des muscles puissants, pour descendre sur son ventre, doucement.
Le spectacle lui plait. Peut-être même trop. Incapable de se retenir, sa langue passe sur ses lèvres gonflées par leurs baisers fiévreux. Erza fait un bref signe du menton quand elle remarque qu'il s'attarde sur le bouton de son jean ; un peu d'aide est peut-être la bienvenue ? Enhardie par cette perspective, elle se redresse. Sauf qu'il n'est vraiment pas dans l'optique qu'elle puisse guider quoi que ce soit. Sa main attrape son menton et il l'embrasse avec envie, fougue, sa langue jouant avec la sienne jusqu'à lui voler son souffle, pendant que sa deuxième main défait avec habileté les boutons de sa chemise.
Pouvoir enfin caresser son buste la rend extatique. C'est comme être sur un terrain interdit. La rouquine a conscience que c'est un jeu dangereux mais, bon sang, elle aime ça. Et elle en veut plus. Désireuse de s'écouter, ses paumes épousent chaque forme, scandaleusement développée et dure, passant de son torse à son ventre, puis son dos, si large qu'elle écarte les doigts, ses ongles laissant une brève trace de leur passage. Réceptif à ses touches, Gerald décide de la repousser brusquement. Elle retient un bruit de surprise, à moitié étouffé par ses lèvres qui n'ont pas encore quitté les siennes.
« Tu sais que tu me rends dingue, quand tu portes juste une fichue chemise ?, grogne-t-il en couvrant un sein d'une main. Ça ne devrait pas être permis. »
Un bruyant soupir s'échappe quand son pouce caresse une pointe rose déjà tendue, très vite suivi d'un nouveau, plus fort, lorsqu'il accapare l'autre avec sa langue. Ce n'est pas une habitude pour elle d'être si inactive. Pourtant Erza n'est pas capable d'autre chose, tant il la maintient sous lui avec une fermeté qui lui fait serrer les cuisses. Des cuisses qu'il écarte avec une facilité déconcertante, lui permettant d'entrevoir la délicieuse contraction de son biceps. Est-il au courant qu'il est terriblement séduisant ?
Son désir la submerge avec une intensité inouïe. Chaque centimètre carré, chaque muscle, chaque creux est si sensible à son passage maîtrisé. Gerald n'a pas besoin d'être guidé. Ses initiatives lui vrillent la tête et elle se rend compte à quel point l'insatisfaction l'a rongée. Il l'embrasse sous la mâchoire, en poussant un gémissement satisfait dès que sa main, non occupée par sa poitrine, part sous l'élastique de sa culotte. Ses hanches se soulèvent immédiatement, et elle se mord la lèvre ; doit-elle être gênée de se savoir déjà aussi excitée sous son index aventureux ? Son sourire arrogant effleure sa gorge et lui intime une réponse.
« Arrête ça, geint-elle quand il commence à faire des cercles tout autour de son clitoris.
— Pourquoi ? »
L'étudiant se redresse un peu, en s'appuyant sur son avant-bras gauche, pour l'observer intensément. C'est avec les paupières mi-closes qu'elle soutient son sombre regard émeraude, ardent, provocateur. Elle lève une main pour la placer à sa nuque. Quand elle saisit à nouveau une poignée de ses cheveux, elle est gratifiée d'un autre rictus narquois.
« Tu attends autre chose que ça ?, s'enquiert-il en continuant sa lente torture.
— Humm… ce n'est pas ton doigt que je veux…
— Ah oui ? »
Cette situation le divertit, mais il est tout autant tendu qu'elle. Erza le sait, en écoutant le timbre rauque de sa voix, cruellement sexy. Pire encore quand sa merveilleuse bouche effleure son oreille dégagée. Lentement, son index s'enfonce en elle, et un gémissement de satisfaction, malgré qu'elle veuille déjà passer au plat principal, lui échappe.
« Tu es déjà si trempée, s'amuse-t-il à murmurer, uniquement dans le but de la voir gênée.
— Ne te fais pas trop d'illusions, siffle-t-elle en serrant son épaule gauche.
— Ton corps parle pour toi, c'est suffisant. »
Gerald plonge un deuxième doigt en elle, et la rouquine exhale. Son intimité se contracte, tout comme la mâchoire du garçon qui savoure autant qu'elle ce moment, vu la manière dont son regard est devenu brûlant. Sa main inoccupée attrape le drap pendant que son dos s'arque. La chemise glisse un peu plus sur sa peau, accaparant l'attention de son amant qui se penche pour embrasser ses côtes, sa poitrine, puis sa bouche ouverte par ses couinements. Quand il recourbe ses doigts et la pénètre plus fortement, une chaleur dévorante se fait ressentir. Ses gémissements se mêlent aux petits grognements qu'il pousse, et elle l'encourage à lui donner plus, elle qui a besoin de soulagement, là, maintenant. Il appuie alors son pouce sur son clitoris humide et le masse, la faisant brusquement exploser sous ses yeux brillants de désir. Son cri éraillé a fait contracter ses abdominaux, un délicieux signe de la retenue dont il fait preuve.
« C'est bien, bébé, chuchote-t-il. »
Encore submergée par les derniers picotements de sa jouissance, elle se sent comme une poupée de chiffon lorsqu'il descend ses lèvres sur son abdomen. Ses caresses sont douces puis il oublie vite ce côté délicat quand il déchire sa culotte sans un mot. Erza hoquette, frissonne, sent une vague de plaisir prête à revenir en voyant le visage de Gerald entre ses cuisses. Les prunelles ancrées dans les siennes en un contact terriblement intime, il écarte les replis de son intimité avant de s'abaisser. Ses jambes s'enroulent autour de son cou et il la gratifie en plongeant sa langue en elle.
« Oh bon sang…! Gerald… »
Prononcer son prénom de cette manière, tout en tenant sa tête à sa place pendant qu'il découvre son sexe pulsant avec sa bouche, ça a quelque chose de grisant. Peut-être parce qu'il est censé être son meilleur ami, et qu'un meilleur ami n'a rien à faire dans une telle position. Ou peut-être parce que c'est tout simplement lui. Le jeune homme fiche ses doigts dans ses hanches pour la tenir contre lui, pendant que sa langue se délecte de son intimité. Elle la sent en elle, autour de son clitoris puis dessus, juste avant qu'il ne le suce en poussant un gémissement satisfait. La notion du temps lui a complètement échappé. Erza tressaille, tire ses cheveux, répète son prénom entre deux jurons, ondule son bassin et, enfin, atteint sa libération en oubliant que les voisins existent.
Elle lâche la crinière désordonnée du nageur qui remonte vers son visage. Sa respiration est saccadée, bruyante, et elle observe la bouche luisante de son excitation qui s'étire en un sourire charmeur. Est-ce qu'elle se lassera de la manière dont il l'embrasse ? Elle a un sérieux doute. C'est beaucoup trop bon, lent, langoureux, confiant et dévorant. Ses doigts dessinent la ligne de sa mâchoire carrée, dérivent sur sa jugulaire apparente, s'évadent sur son dos large. Elle sent ses bras la serrer contre lui alors que le bruit de leurs baisers se noient dans leurs soupirs. Sa jambe remonte sur sa taille et le talon de son pied se cale sur le creux de ses reins. Un râle, une friction entre son érection encore cachée et son intimité sensible, et Gerald s'écarte.
Il l'observe sans dire un mot durant un instant, sa main gauche flattant distraitement sa cuisse. Le silence ne la dérange pas, ni la façon dont il grave chaque centimètre de sa peau dans un coin de son esprit. Allongée dans ses draps froissés, Erza a l'impression d'être la femme la plus désirable sur la planète. Quand il se penche vers elle, il faufile une paume entre ses omoplates pour la faire s'asseoir. Des baisers brûlants sont déposés sur ses épaules qu'il découvre, jetant la chemise par terre. C'est rapide, tout autant que ses mains revenant sur elle pour caresser chaque courbe.
« J'ai envie de toi, souffle-t-elle contre son cou. Maintenant. »
Histoire de souligner ses dires, ses doigts descendent le dernier bout de tissu entre eux. Elle l'entend prendre une longue inspiration, et la chaleur de sa respiration s'abat entre ses clavicules. Il l'allonge, rampe un peu au dessus elle pour atteindre sa commode, tire le tiroir avec force, prend rapidement un préservatif détaché, et revient vers elle, son visage planant près du sien. Son haussement de sourcil et son sourire lui arrache un rire, et la rouquine le pousse un peu, amusée mais aussi soudainement quelque peu timide. Il embrasse sa joue en déchirant le papier qui retient la capote. Son érection remue sous le geste, et elle la regarde sans vergogne ; il n'a définitivement pas menti sur ses attributs. Les veines saillantes, l'épaisseur, le gland rose et brillant…
« La vue te plait ?, s'enquiert-il avec une moue amusée. »
Pour toute réponse, elle lui offre un léger clin d'œil. Elle le voit se mordre la lèvre, et son ventre se noue. Gerald glisse la protection sur sa verge, attirant automatiquement et une nouvelle fois ses yeux vers cette zone. Son cœur pulse puissamment dans sa poitrine tandis qu'elle le détaille.
« À picots ?
— Jamais essayé ?
— Pas encore. »
Ses mains atterrissent de chaque côté de son visage, ses doigts s'emmêlant entre les mèches étalées sur la couverture. Un baiser, encore un autre, puis un troisième qui lui fait serrer les cuisses autour de sa taille. L'étudiant rapproche son bassin, faufilant son sexe entre ses plis pour de lentes caresses. Le bruit humide amène le feu dans ses joues, chose qu'elle décide de lui cacher en l'embrassant fougueusement. Quand le préservatif s'appuie soudainement contre son clitoris, plusieurs fois, dans un mouvement langoureux, son gémissement étouffé agrandit le sourire goguenard de Gerald.
« Je vais y aller doucement.
— Je ne t'ai pas de-
— Juste au début, précise-t-il en embrassant le coin de sa bouche. »
Mais elle, elle veut des sensations pas juste-
« Ohh… »
Erza plante ses ongles dans le dos qui roule sous les mouvements parfaitement calculés. Elle gémit sous la sensation nouvelle et délicieuse, ferme les yeux, relève le menton pour laisser de la place aux baisers qui parsèment son cou. Chercher une prise, respirer plus fort, onduler son bassin sous le rythme soutenu du jeune homme, perdre pieds. Il la regarde intensément et la prise qu'il exerce sur ses cuisses laissera sans aucun doute des marques sur sa peau. Lorsqu'il remarque qu'elle s'apprête à déjà atteindre son point culminant, ses coups de reins diminuent jusqu'à ce qu'il s'écarte entièrement.
« Qu'est-ce que tu- »
Un baiser volé, et il la retourne. Elle glapit, rit quand il mord une fesse ronde, pousse un bruyant soupir de satisfaction quand il claque sa jumelle. La langue brûlante et humide remonte le long de la ligne de son dos, lui arrachant un frisson. Et brusquement, rudement, Gerald se renfonce jusqu'à la garde. Sa main s'abat sur la tête du lit qu'elle agrippe ; elle a besoin d'une prise pour résister face à ses assauts.
« Bordel, Erza… huum… »
Il la tire davantage contre lui, la pénétrant avec plus de force, tout en serpentant une main entre ses cuisses. Une décharge électrique la traverse quand ses doigts habiles jouent avec son clitoris. Tout est coordonné, bien trop, et sa tête se vide. Un morceau de l'oreiller finit entre ses dents pour étouffer ses cris. Encore un petit cercle sur l'endroit le plus sensible de son intimité, et elle se transforme en un tas de chair mou, traversé par un orgasme fulgurant. C'est uniquement grâce au nageur qu'elle tient encore sur ses genoux, parce que sinon, elle se serait écroulée sur le matelas.
Elle sent ses grandes mains la relâcher après de longues minutes, bercées par le rythme de leurs respirations saccadées. Le feu ne s'est pas encore éteint, malgré la sensation d'être déjà entièrement consumée. Gerald dessine des motifs sur son échine, et elle roule des épaules, sensible. Quand elle se met sur ses fesses, face lui, il ne perd pas de temps pour l'enlacer, l'emprisonnant entre ses bras dans une étreinte tendre et chaleureuse.
« Ça va ?, s'enquiert-il en l'observant attentivement. »
La rouquine décide de le rassurer avec un lent et long baiser, tout en s'installant sur lui. Il n'hésite pas à serrer entre ses doigts ses fesses, tandis que sa langue s'amuse encore avec la sienne. La chaleur et l'odeur musquée, mélangée à sa propre fragrance, l'embrume. Tout son buste se contracte lorsqu'il se met assis, toujours en la tenant fermement contre lui. Il a cette manière de caresser son corps qui lui donne envie de gémir sans arrêts contre ses divines lèvres ; est-ce que ce serait abuser de lui demander de les remettre entre ses cuisses, pile sur l'endroit où son intimité palpite ? Une paume rugueuse dévale son dos, puis atterrit sur ses reins.
« Tu veux continuer ?, chuchote l'étudiant contre sa mâchoire.
— Tu pensais qu'on en avait fini ?
— Je n'osais pas imaginer cette possibilité. »
Elle glousse, agrippe sa nuque, soulève les hanches, juste une peu. Se balançant lentement d'avant en arrière, elle ondule des hanches pour que le bout de son membre écarte ses lèvres. Moite de désir, elle griffe le côté du cou de son ami qui grogne. Impatient, Gerald attrape son membre pour se guider avec cette même précaution qu'auparavant, comme par peur de lui faire mal ou de l'effrayer. Sa bouche s'écrase contre la sienne pendant qu'elle se cambre, s'empalant centimètre par centimètre, jusqu'à sentir les testicules frétiller sous son derrière.
« Haa… Erza…. »
Ce timbre rauque finira par la rendre folle. L'idée de le dominer s'est enfuie dans un recoin de sa tête dès qu'il a commencé à claquer ses hanches contre les siennes, durant ses premiers vas-et-viens. À la place, elle passe ses bras autour de son cou, et suit le rythme de son désir dévastateur. Il plante ses dents dans son épaule droite, sentant sans doute chaque pression de son intimité en train de se contracter. Ses fesses tapent les cuisses sculptées, ses halètements gagnent en sonorité. Erza se tortille très vite de plaisir sous cette cadence effrénée.
Encore une fois, voilà quelle finit clouée sous lui. Elle vibre, secouée par de délicieux frissons. Respirer est difficile. Elle retient un bruit surpris quand Gerald saisit une de ses jambes, pour la replier sur sa poitrine. Comme étourdie par la vigueur dont il est en train de faire preuve, elle pétrit ses fesses pour le supplier silencieusement de continuer à la prendre ainsi, avec force. Le plaisir grandit encore et encore en elle. Et puis, i nouveau cette explosion de lumière qui danse devant ses yeux. Ça picote, c'est chaud. Elle tient entre ses doigts une poignée de cheveux bleus, qu'elle serre doucement en profitant des vagues de son orgasme. Le jeune homme ne se laisse pas tomber sur elle ; il finit à côté, sur le dos, un sourire béat aux lèvres. Elle a presque l'envie de rire devant cette tête, mais elle est trop essoufflée pour ça.
« J'admets que... tu sais y faire, articule-t-elle difficilement.
— C'est un beau compliment venant de toi, répond-il en retirant délicatement la capote usagée.
— Le romantisme, c'est autre chose par contre. »
Il rit et fait un nœud, histoire d'éviter un accident.
« La baise amicale n'inclut pas le package fleur bleue. »
Erza l'observe se lever pour jeter l'une des preuves de leur petite activité. Les autres mettront plus de temps à disparaître. Ses yeux s'attardent sur les marques qui parsèment sa peau, puis sur le visage radieux de l'étudiant. Ses cheveux ébouriffés lui donne un côté sauvage très plaisant, tout autant que son sourire éclatant. Il n'a pas perdu de temps pour revenir au lit. Elle frissonne sous cette nouvelle vague de chaleur qui lui rappelle qu'elle est toujours nue.
« Je dois faire pipi. »
Son éclat de rire lui serre le ventre et fait d'autres trucs qu'elle ignore, parce qu'elle préfère se vider la vessie que de ruminer sur une possible maladie. Sa tête est encore pleine des sensations qu'elle a ressenti plus tôt. C'est un peu le foutoir, elle en a l'habitude. Une fois revenue, Gerald lui a mis a disposition un t-shirt à lui mais également une culotte, expliquant qu'elle est à Ultia, mais qu'elle l'a oubliée ici. La fatigue est un peu montée et c'est avec un frémissement qu'elle enfile les vêtements, sans même protester parce que là, elle rêve de retourner dans ce lit ressemblant au paradis.
Il lui sourit, puis rougit d'embarras quand son ventre fait du bruit. Tout penaud, il se cache derrière son oreiller en pestant. Ça l'amuse, c'est mignon. Elle lui retire le coussin pour découvrir ses joues gonflées, digne d'un enfant.
« Tu peux préparer un plateau.
— Pendant que tu restes allongée comme une déesse dans mon lit ?
— Je sais que tu en rêves.
— Là, tu inverses les rôles ma belle. »
Mais c'est pourtant lui qui se lève pour répondre à son caprice, avec un sourire, la gratifiant au passage de ses fesses rebondies, encore rouges par la faute de ses ongles. Seule dans le lit, elle s'étire encore une fois, et sourit. Gerald n'a définitivement pas menti, et ça la rassure.
Non, rien n'a changé entre eux.
