Title: Désir et Jalousie
Author: kill_titi
Pairing: AS/S, Albus Severus/Scorpius
Rating: R maybe M later
Summary: Voir chapitre 1
Warning(s): un peu de violence.
Disclaimer: belong to JK Rowling

Notes de l'auteur: Je décris dans ce long chapitre le départ et l'arrivée à Poudlard! J'ai mis beaucoup d'information dans ce chapitre.
J'ai mis beaucoup de temps à écrire ce chapitre, et je suis assez contente du résultat, j'espère qu'il vous plaira également.
Il se découpe en plusieurs phases.
1) Veille du Départ, 2) Plateforme 9 3/4, 3) long voyage en train, 4) arrivée à Poudlard, 5) Attribution des maisons pour Scorpius et Dorian.

Le chapitre s'intitule "Abandonnique". Il s'agit d'une maladie psychologique où l'individu vit dans la peur constante d'être abandonné. Je trouve que cela décrit assez bien Scorpius dans
ce chapitre même si c'est une partie de sa personnalité que j'explorai de façon plus approfondie, plus avant dans l'histoire.

J'essaierai de mettre cette histoire à jour au moins une fois par semaine.

Pour l'ambiance,
Veille de Poudlard: Hyacinthe de Thomas Fersen (sonne bien avec l'ambiance de la maison)
Tout le passage du train: Paperthin hymn de Anberlin
Arrivée du train à Poudlard: Bad Things de Jace Everett (True Blood)
Après l'attribution des maisons: Sweet Beliefs de Cyann and Ben

Enjoy!


Chapitre 4 : Abandonnique.

Dimanche soir, la veille du départ pour Poudlard.

« M'man, est-ce que tu as vu mon pull noir à col roulé »
- Oui Lily, le chat est en train de dormir dessus dans la salle à manger, cria Ginny du bas des escaliers pour que sa voix arrive à l'étage supérieur. Al, vérifie que tu as bien pris tous tes livres de cours cette fois. James, je vérifierai le contenu de ta valise avant le départ, j'ai promis au Professeur McGonagall que tu n'emmènerais pas les inventions de farces et attrapes de ton oncle à Poudlard cette année. »

Ginny était à bout de souffle. Trois enfants et chaque année le départ pour Poudlard transformait la maison en usine à gaz sur le point d'exploser. A la veille du départ, tout le monde s'activait pour retrouver ses affaires.

« Chaque année, on dit qu'on commencera à faire les valises le vendredi soir pour être tranquille le weekend, dit –elle en s'affalant dans le fauteuil vert près de la cheminée.
- Et chaque année on s'y prend à la dernière minute, » fit remarquer Harry qui s'était lui aussi réfugié dans le salon pour échapper au branlebas de combat de l'étage d'au-dessus.

Albus revérifia pour la cinq fois le contenu de sa valise. Il avait tous ces livres, pour les cours obligatoires, potions, défenses contre les forces du mal, sortilèges et métamorphoses. A la fin de sa deuxième année, il avait choisi l'étude de Moldus parce qu'il adorait les technologies moldues et Divination. Il a vite découvert qu'il s'agissait du cours le plus assommant qu'il n'est jamais connu. Il vérifia ensuite l'ensemble de son uniforme, de la robe ornée de bandes vertes et de l'écusson de Serpentard à la cravate rayée. Et enfin, les jeans qu'il adorait porter, t-shirts, pulls et sous-vêtements. Tout était là. Il plaça également dans sa valise des magazines sur les parutions des derniers balais et des revues de sport qui se mettaient à jour automatiquement, pour suivre les résultats de son équipe de Quidditch.
Mais alors qu'il cherchait son exemplaire de « Quidditch Games++ » il se rendit compte que celui-ci avait disparu. Il poussa un râle de frustration, et sans hésiter, se dirigea vers la chambre de son frère.

Il trouva celui-ci affalé sur son lit au côté de Lily, tous deux occupés à lire un magazine people.
« Vous ne devriez pas lire ça, c'est dans ce genre de magazine qu'on trouve les pires saloperies sur notre famille, dit-il en s'approchant du bureau de son frère, espérant y apercevoir sa revue de sport.
- Tu m'étonnes, répondit sa jeune sœur, James est encore dedans.
- Ah ouais ? demanda Albus en se tournant vers son frère.
- Oui un peu, à cause de la crise que m'a tapé Kathleen hier au club quand je l'ai quitté, dit-James, mais ils parlent surtout de Scorpius et de son nouveau petit-ami.
Albus se figea, une étrange sensation traversait sa colonne vertébrale et une douleur sourde apparue au creux de son ventre.
« Un nouveau petit ami ?
- Ouais regarde, » dit-Lily en arrachant le magazine des mains de son frère et en le tendant à Albus. Celui le prit et examina la photo en première page.

Le magazine datait d'aujourd'hui. Scorpius était visible au premier plan. Il avait un verre à la main et était assis sur les genoux d'un jeune homme qui embrassait son épaule. Albus reconnut tout de suite l'individu, c'était un acteur anglais connu dans le monde des Sorciers, Adam Rice. Albus n'était pas surpris. Scorpius était connu pour avoir des relations avec des personnalités très en vogue et des célébrités et sa préférence concernait les beaux jeunes hommes.

« Il sort avec lui, vous croyez ? demanda Lily à ses deux frères en reprenant la revue que lui tendait Albus.
-L'amour de Lily sort avec Malfoy ! Jalouse sœurette ? demanda James en riant.
-Tu dis n'importe quoi, dit la jeune fille, en lançant le magazine dans la tête de son frère. Et même si c'était le cas, Malfoy ne garde jamais une relation. La seule qui aurait pu être sérieuse c'était celle avec Lev Danilovich et elle a duré quoi ? Deux semaines ?

Albus se souvenait très bien de ce scandale. Lev Danilovich était un grand joueur de Quidditch. En Mai dernier, les Malfoy vinrent assister à la Coupe de Quidditch du Monde des Sorciers, sans doute pour anticiper leur rentrée dans le Monde des Sorciers. Lors de l'évènement, Scorpius fit un pari avec la nouvelle star de l'équipe russe de Quidditch pendant le match le plus important contre l'équipe anglaise.
Le pari était simple : « si tu gagnes, je te laisserai me sauter »… et l'équipe russe gagna avec une victoire écrasante.
Lev et Scorpius restèrent ensemble deux semaines et le Russe semblait très attaché à Malfoy mais celui-ci mit fin à sa relation avec le jeune joueur assez rapidement. Lev fut dévasté par cette rupture, et écœuré par Scorpius, qui en fait, il l'avoua plus tard, ne l'avait jamais laissé le toucher.

« Malfoy est un petit con, dit James en regardant la photo, il s'amuse avec les mecs, leur promet pleins de choses puis les jette en ne leur donnant rien. Il me dégoute.
- Alors que toi James tu tiens toujours tes promesses, dit Lily, quand tu dis à quelqu'un que tu vas la ou le sauter, tu le fais forcément. Le problème c'est que tu le promets à un peu trop de personnes.
-T'as pas une valise à faire l'emmerdeuse ? rétorqua son frère en la poussant du lit avec son pied. Lily lui fit un doigt en souriant et sortie de la pièce.
« J'adore ma sœur », dit James en riant et se tourna vers Albus, « t'es venu pour quelque chose ?
- Ouais, mon « Quidditch Games ++ »…
- Dans ma valise qui est fermée, l'interrompit James, tu l'auras à Poudlard.
- N'oublies pas de me le rendre, soupira Albus en se dirigeant vers la porte.
- Hey Al, attends. »
James se leva et s'approcha de son frère
« T'as pensé à ce que je t'ai dit ? De rester loin de Malfoy ? demanda-t-il à voix basse, car la porte était restée ouverte.
- James, pourquoi tu me parles de ça ? Ouais j'y ai pensé mais je ne vois pas ce que tu veux dire. Pourquoi est-ce que je m'approcherais de Malfoy ? s'exaspéra Albus.
- Parce que j'ai vu comment tu le regardes. Avec son physique, il attire l'attention ce môme et toi, tu fais partie des gens qui le regardent un peu trop. Et je t'ai dit, si les choses tournent mal il ne faut pas que tu sois dans le mauvais camp.
- Tu délires, je ne sais pas ce que tu manigances ou ce que tu sais, mais tu devrais faire gaffe parce que si les « choses tournent mal » comme tu dis, je n'hésiterais pas à en parler à Papa. Et les préjugés à la con il apprécie moyennement.
- Je suis dans rien du tout Al, » dit calmement James. Il sourit et posa les deux sur les épaules de son frère, en approchant son visage du sien. « Je t'avertis c'est tout. Ce serait con que tu te retrouves seul alors que Malfoy n'en vaut pas la peine. Ne te fais pas d'illusion. Jamais il ne sera proche d'un Potter. »
-Qu'est-ce que tu en sais ? demanda Albus, mal à l'aise de la proximité de son frère qui était plus grand que lui. Il se sentait dominé.
-Oh je le sais, dit James en relâchant son frère. Il se rallongea sur le lit et reprit le magazine. Je n'oublierais pas de te rendre ta revue quand on sera rentré au château, ne t'inquiète pas pour ça. »
Albus resta quelques instants figé à examiner son frère puis sortit de la chambre.
James regardait encore la photo de Scorpius et passa doucement les doigts sur son image.

« Tu vas me le payer » murmura-t-il avant d'arracher la page, de la chiffonner et de marquer un panier dans la poubelle de bureau.


King's Cross Station, lundi matin

Il faisait exceptionnel froid and humide en ce lundi 1er septembre et la plateforme 9 ¾ était bondée de jeunes sorciers et de leur famille, de valises et d'animaux de compagnies. L'express pour Poudlard était déjà à quai mais il n'était pas encore onze heures. Certains étudiants montaient à bord du train et s'agglutinaient aux fenêtres pour faire des signes à leur famille, d'autres restaient à quai pour profiter de derniers moments avec leurs parents qu'ils ne reverraient pas avant les vacances de décembre.

Sur le départ, les Potter et Weasley partageaient leurs derniers instants en famille.

« N'oubliez pas de passer nos amitiés à Neville et Hagrid… et au professeur McGonagall et professeur Slughorn », dit Harry en lançant un sort sur les valises de Lily pour les rendre plus légères.
- Cette année c'est au tour d'Hugo de passer le bonjour à Poudlard, dit Rose soulagée que son fardeau de l'année dernière soit passé.
-Teddy prendra le train avec nous ?
-Non Hugo, répondit Hermione à son fils, Teddy est déjà à Poudlard depuis hier comme tous les autres professeurs.
- Il sera responsable d'une maison ? » demanda Hugo qui triait ses cartes chocogrenouilles dans l'espoir de pouvoir échanger celles qu'il avait en double pour finir sa collection.
«Non certaine pas, s'exclama Ron, c'est déjà incroyable qu'il soit professeur de sortilèges à 22 ans même s'il est très talentueux. »
James se tourna vers son frère et lui murmura :
« Si Teddy croit que je vais lui donner du « Monsieur Lupin » il se goure complètement. »
Le jeune homme vit alors que les adultes avaient entendu ces paroles et le regardaient les sourcils froncés.
« Quoi ?, dit James en haussant les épaule, « non mais c'est vrai, le type qui mettait des grenouilles mortes dans mes chaussures quand j'avais 10 ans va être mon professeur de sortilèges. Je ne vais quand même pas le prendre au sérieux ! »

A ce moment, un groupe de jeunes sorcières passèrent à côté d'eux, en lançant des regards langoureux aux deux frères Potters.

« Je sens que cette année va me plaire » murmura James en regardant les jeunes filles s'éloigner.

Il sentit la main de sa mère le frapper derrière la tête avant même d'entendre sa voix.
« Concentre-toi sur tes B.U.S.E, James. On attend des résultats plus que satisfaisants de ta part »dit Ginny d'une voix ferme où on discernait pourtant une pointe d'amusement.

James grommelait quand quelque chose attira son regard. Albus sut tout de suite ce qu'avait vu son frère et suivit son regard.
Les Malfoy étaient là, Scorpius et ses parents, ainsi que Dorian et son père.
Ils restaient un peu à l'écart des autres sorciers, et les personnes qui passaient laissaient une certaine distance entre eux et la famille et ne manquaient pas de leur lancer des regards soupçonneux.

« Curieux comme réaction, remarqua Ginny, ce ne sont pas les premiers enfants de Mangemorts à aller à Poudlard, les rejetons de Macnair et Goyle y sont aussi.
-C'est la venue de Malfoy qui les intrigue, dit Ron. Après tout, Lucius était le chef des Mangemorts et Drago le plus jeune serviteur de Voldemort.
- Nott est venu accompagner son fils, remarqua Harry. J'aurais cru qu'il serait resté à l'écart.
- Sa mère n'est pas venue ? demanda Ginny.
- Elle est morte, elle était alcoolique, dit Ron. »

Rose se tourna vers son père visiblement choquée et demanda si l'alcool l'avait tué.
« Si on veut, répondit Harry, alors qu'elle était ivre, elle est tombée dans la salle de bain et s'est cogné la tête contre le rebord du lavabo. Elle était trop soule pour comprendre la gravité de sa blessure. Elle a mis une serviette autour de sa tête avant d'aller se coucher et elle s'est vidée de son sang pendant la nuit. Je crois que Dorian était trop jeune pour s'en souvenir. »

Quelle mort stupide, se dit Albus malgré lui.
Il regardait Dorian qui semblait totalement indifférent au monde qui l'entourait, les mains dans les poches de son uniforme, le dos droit. Son père se tenait à ses côtés. C'était un homme brun et grand, il aurait pu être beau, mais son teint était blafard, presque maladif lui enlevait tout éclat. Non loin de lui se trouvait la mère de Scorpius, une belle femme il était vrai, mais il émanait de sa personne une froideur déconcertante. Drago Malfoy discutait avec son fils, qui lui ressemblait beaucoup.
Soudain Drago Malfoy tourna la tête vers lui croisa son regard, et Albus rougit et détourna les yeux.

« Si quelque chose ne va pas, appelles moi tout de suite. »
« Je sais papa mais ça ira, tu verras. »
« Et même s'il ne se passe rien, écris-moi. »

Drago Malfoy regarda son fils de 14 ans dans son uniforme de Poudlard. Il était heureux et fier car Scorpius avait sa place à Poudlard, comme tous les Malfoy, et il avait eu honte de le priver de cet honneur pendant trois ans, même si ce fut pour son bien. Mais maintenant à l'heure du départ, il avait peur. Les regards ne lui avaient pas échappé, les gens qui les bousculaient « par accident » non plus. Et Scorpius n'avait pas la carrure pour se battre. Il lui ressemblait, mais il avait pris le corps svelte de sa mère, et de longues jambes. Il était trop ravissant pour que ce soit un avantage. Il pensait que c'était un nouveau fardeau de plus à porter pour le jeune garçon. Ses os était menus, ses poignets fragiles et ses doigts fins. S'il y avait une bagarre… il ne gagnerait pas.
Heureusement qu'il sait courir très très vite, se dit-il.

Il tira doucement sur les cheveux de son fils pour lui pencher la tête en arrière.
« Pas de maquillage aujourd'hui ? » lui demanda-t-il d'un ton moqueur. Scorpius sourit et pinça la main de son père pour que celui-ci le lâche. « Tu te tiendras tranquille ?».
Scorpius ne répondit pas. Drago avait toléré tous les excès de son fils tant qu'ils avaient vécu en sécurité, pensant que les frasques de Scorpius et Dorian étaient une sorte de crise d'identité puisque ceux-ci étaient forcés de vivre loin des leurs la plupart du temps et ne se sentaient pas totalement à l'aise dans le monde moldu. Il avait expliqué aux deux jeunes gens qu'il attendait une autre attitude de leur part depuis qu'ils étaient de retour.
La publication d'une photo de Scorpius la veille ne l'avait pas rassuré…

« Papa, ils nous regardent, » dit Scorpius en indiquant discrètement le clan Potter-Weasley de la tête.
Drago se tourna et reconnut des visages familiers. Il les salua rapidement, puis se détourna.
« Beaucoup trop de têtes rousses… dit-il à Scorpius, je ne devrais pas être surpris, ils ont toujours eu tendance à se multiplier rapidement. Et je crois que Weasley commence à avoir des cheveux blancs. Vivre avec Granger ça doit user sans doute… »
« Tu sais, j'ai parlé avec Albus Potter », dit brusquement Scorpius.
Drago fut surpris par la soudaine révélation de son fils, non parce que l'information était incroyable –quoi que la pointe qui s'était formé dans son estomac n'était pas très agréable-, mais parce que Scorpius semblait y attacher de l'importance.
-Vraiment ? dit-t-il finalement. Et que t'as dit le jeune Potter ?
-Il a dit qu'il n'était pas mon ennemi. »
Intéressant… Drago regarda Albus. Le jeune garçon ressemblait beaucoup à son père à son âge. Avec quelques changements cependant. Albus était mieux nourrit et n'avait pas le corps assez maigre d'Harry Potter. Il n'avait pas non plus la célèbre cicatrice imprimée sur le front, ni de lunette. Et il semblait plus réfléchit et plus doux.
Un beau jeune homme, admit Drago avec réticence…
« Un Serpentard il parait ? »
Scorpius acquiesça.
« Les Potter sont des aimants à problème, soupira Drago, mais ce ne sont pas des menteurs. S'il t'a dit cela, alors crois-le.»

Scorpius hocha la tête, un sourire discret sur les lèvres.
En observant son fils, Drago eu la désagréable impression d'avoir donné son consentement à quelque chose qui le dépasser.

Le train siffla soudain, et le cœur de Drago se serra ; c'était le départ.
Dorian se tourna vers son père, qui lui posa la main sur les cheveux avec douceur, mais ne fit aucun geste de plus vers lui, comme toujours.
Il se tourna alors vers Drago qui posa les mains sur ses épaules en un geste de réconfort.
« N'oublies pas de vivre et de t'amuser Dorian, tu ne pars pas en guerre, tu vas dans une école.» Dorian sourit et hocha la tête. Drago lui emprisonna le visage dans ses mains, et déposa un baiser sur son front, puis le relâcha. Dorian prit sa valise et celle de Scorpius et se dirigea vers le train.

Astoria déposa un baiser sur la joue de son fils, et lui souhaita bon voyage, sans plus de cérémonie; feindre l'affection était fatiguant après tout. Malfoy se retourna vers son père et celui-ci le prit dans ses bras. Le train siffla une nouvelle fois et Drago lâcha son fils et le poussa vers le train. Scorpius rejoignit Dorian qui l'attendait devant la porte ouverte du compartiment et ils montèrent ensemble, alors même que le train commençait à avancer.

Nott et Astoria quittaient déjà la plateforme. Drago attendait que le train disparaisse totalement, quand il aperçut Blaise Zabini qui s'approchait.
Celui-ci le salua d'un signe de tête.
« C'est dur de laisser partir ses mômes, » dit-il.
Drago acquiesça mais ne répondit pas.
« Ça ira tu verras, continua Zabini, il ne sera pas seul. Nott et mon fils sont là. Et les autres aussi.
-Je sais…
-Je t'offre un verre ?
-A onze heures ? »
Blaise osa les épaules.
-Okay.


L'express pour Poudlard.

« Tu vas voir si tes vipères ont passé un bon été ? »
« Vas jouer avec tes chatons débiles James. »
James éclata de rire et lança un clin d'œil joueur à son frère, avant de rejoindre Ross Finnigan et sa bande de Gryffondor. C'était comme cela que son frère et lui fonctionnait, avec une rivalité qui restait saine.

Albus se dirigea vers le wagon que les Serpentards s'étaient attribués, et que personne ne leur disputait d'ailleurs. Il voulait voir son équipe, en particulier les deux principaux poursuiveurs. Les essais n'étaient pas encore passés mais contrairement au règlement, Albus savait déjà qui il désirait dans son équipe. Et puis, il avait vu Scorpius entrer dans le compartiment des Serpentards…
Les autres étudiants le saluaient sur son passage, et des filles le regardaient avec insistance, avant de rire doucement entre elles, gênées. Albus sourit malgré lui, même s'il savait qu'elles fantasmaient beaucoup sur son père quand elles le regardaient.

Il entra enfin dans le wagon des Serpentards. Alors même qu'il permettrait la voiture, Kyle Goyle lui lança un regard noir, et cracha dans l'allée, haineux. Albus détestait ce type et sa bande qui donnait mauvaise réputation aux Serpentards. Les pourris dont parlait James, c'était eux. Des « pur sangs » dégénérés, et la consanguinité n'avait pas amélioré leurs talents magiques. Et cet imbécile était le fruit de l'union de Gregory Goyle et Pansy Parkinson, des individus que les adultes de sa famille avaient bien connu.

Linz Carlson et Aaron Briani, les futurs poursuiveurs vinrent tous de suite à sa rencontre, fusillant Goyle du regard, qui finit par les ignorer. Ils parlèrent de l'été et de leur match à venir quand Albus aperçut Victor Zabini qui discutait avec Dorian Nott.
Albus songea un instant à les ignorer mais Victor s'approcha pour lui serrer la main :
« Hey Potter, alors comment s'est passé l'été ?
-Parfait, mais Poudlard m'a manqué. J'ai entendu dire que tu avais été nommé préfet cette année.
-Ouais, je ne sais pas si c'est un cadeau en 5ème année avec les B.U.S.E en juin. Au fait, voici Dorian Nott, il sera en 5ème année aussi. Nott, t'as dû entendre parler d'Albus Potter ?
-De nom seulement, répondit Dorian, le regard brillant, comme tout le monde. »
Et à la surprise d'Albus, il lui tend la main. Albus hésita un instant et tendit la sienne.
- Ravi de te rencontrer, dit Albus en lui serrant.
- De même, répondit Dorian poliment, mais la force qu'il mettait dans sa main n'avait rien en commun avec son ton doucereux.
Il va me broyer les doigts….
Dorian le lâcha finalement, un large sourire aux lèvres.
« On aura l'occasion de se reparler Potter, pour les essais de Quidditch par exemple ».
Nous y voilà…
«Tu veux jouer ? Parfait, je te mettrais sur les listes de Serpentard, après l'attribution de ta maison. »
Nott hocha à la tête, satisfait, puis se tourna vers Victor. Albus s'éclipsa avec soulagement.
Il traversa le wagon et trouva enfin Malfoy dans l'un des compartiments du fond. Il avait ouvert la fenêtre et fumait une cigarette moldue. Calme, il regardait le paysage défiler.

Quand Albus ouvrit le compartiment, il sursauta, et dans un geste de panique, il jeta sa cigarette par la fenêtre.
« Oh c'est toi ! Arrêtes de me faire peur » s'exclama le jeune garçon en reconnaissant le nouvel arrivant.
« Désolé, dit Albus en souriant, je crois que j'ai pris l'habitude de te surprendre.
-C'est malin, j'ai cru que tu étais un préfet ou je ne sais quoi et j'ai jeté ma clope. »
Albus se mit à rire devant l'air réellement déçu du garçon.
« Ne te crois pas sauver parce que ce n'est que moi, je pourrais te dénoncer, tu sais ? »dit-il en entrant dans le compartiment.
Scorpius tourna doucement la tête vers lui, un sourire malicieux aux lèvres:
« Essaies seulement Potter, lui dit-il d'un ton de défi.
- Tu me menaces ? demanda Albus en riant, joueur, et s'installa en face de lui.

Scorpius sourit et mordilla doucement sa lèvre inférieure mais ne répondit pas. Il était un peu surprit de l'audace et de l'assurance de Potter, amusé aussi.
A Poudlard, Potter était dans son élément et il était très différent du jeune garçon hésitant qu'il avait rencontré au restaurant. Mais rien d'autre n'avait changé, les mêmes yeux verts brillants, des cheveux noirs en bataille, un visage viril mais tendre, et des lèvres généreuses… Il était beau.
Il se rendit soudain compte que Potter le regardait pendant qu'il l'étudiait et il se mit à rougir, chose assez honteuse, car un Malfoy ne rougit pas !
Décidé à le cacher, il chercha dans sa poche de pantalon une autre cigarette, qu'il alluma de la pointe de sa baguette.
« Tu en fumes beaucoup ? »
Scorpius sourit en exhalant la fumée.
« Non, sauf quand on me fait peur et que je les jette par la fenêtre sans les avoir terminé, là forcément le compte augmente. »
Albus ricana doucement, mais baissa la tête en un signe de repentir, ce qui fit sourire Scorpius qui continua :
« Je fume moins depuis que je suis rentrée, et en soirée surtout. De toute façon je doute que je puisse en trouver à Poudlard, je profite des derniers moments de plaisir.
- Tu peux trouver n'importe quoi à Poudlard, dit Albus en lui lança un clin d'œil, et tu peux expérimenter pas mal de chose, alors ne t'inquiète pour tes « moments de plaisirs ».

Quelque chose dans les yeux d'Albus le troubla, et Scorpius passa doucement la langue sur sa lèvre inférieure.
-C'est bon à savoir, dit-il enfin, décidé à ignorer les sous-tendus que son esprit méfiant décelait dans le discours d'Albus.

Potter se leva de son siège et se plaça en face de lui. Il prit la cigarette de sa main et la porta à ses lèvres en regardant Scorpius dans les yeux. Une fois de plus, Scorpius se perdit dans ses pupilles émeraude. Il détourna les siens.
Albus souffla une longue pouffée et sourit :
« Tu ne soutiens jamais le regard ? »
Scorpius était sur le point de répliquer, mais la porte du compartiment s'ouvrit brusquement et Goyle entra, flanquait deux autres types.

« Hey Malfoy, t'as vu ça ? » dit-il en lançant une page chiffonnée d'un magazine sur les genoux de Malfoy.
Albus devina tout de suite de quoi il s'agissait. Malfoy déplia la page : c'était la photo de lui et d'Adam Rice, qui avait été publiée la veille.
« Et ce n'est pas la photo la plus vulgaire qui circule sur toi. Tu as déjà une sacré réputation de «garce», avant même d'avoir franchi les portes de Poudlard. »

Malfoy resta impassible en regardant la photo. Puis il se leva et s'approcha lentement de Kyle Goyle, jusqu'à ce que celui-ci soit assez proche pour l'entendre respirer. La proximité semblait mettre Goyle mal à l'aise, troublé par le visage de Scorpius à quelques centimètres du sien.

« Laisses-moi t'expliquer quelque chose Goyle, dit Scorpius d'une voix douce, presque sensuelle, cette photo n'est pas vulgaire, elle est indiscrète. Ce qui est vulgaire en revanche, c'est lorsque ta chienne de mère fait des avances à mon père dès qu'elle a un peu bu, alors ton papa est juste à côté. »

Goyle pâlit soudain, puis son visage devint rouge de colère la seconde suivante.
Enragé, il chargea sur Scorpius qui se jeta rapidement contre la fenêtre du compartiment,… alors qu'Albus s'interposait entre lui et Goyle, ce qui lui valut de prendre sa droite massive en plein visage.
Fou de douleur, Albus resta penché en avant, les mains sur sa bouche et son nez qui saignaient abondamment.

« Ce n'est pas toi que je visais Potter » gémit Goyle qui recula, visiblement choqué d'avoir frappé le capitaine de Serpentard. Ces amis avaient déjà quitté le compartiment, ce qu'il s'empressa de faire.

La souffrance était insupportable, et Albus ne parvenait plus à voir distinctement, son cerveau n'enregistrait que la souffrance. Son nez était sans doute cassé. Il palpa la poche de sa veste, y trouva sa baguette et visa son visage avant de murmurer une incantation. Un lourd craquement se fit entendre et une nouvelle douleur atroce parcourut son visage. Puis son nez, auparavant fracturé, fut moins douloureux.
Alors que sa vision revenait, il sentit des mains tendres se poser sur ses épaules, le forçant à s'allonger sur la baquette du compartiment. Ces mêmes mains essayaient de retirer les siennes de son visage.

« Laisses-moi regarder » dit une voix douce. C'était la voix de Scorpius. Il cligna des yeux et pu enfin le distinguer. Il était penché au-dessus de lui et déchirait une serviette en larges morceaux. Il en prit un, le roula puis pris sa baguette et la pointa sur le tissu avant de murmurer « Aqua pareo ».
Il posa alors le morceau de serviette humide sur les lèvres d'Albus. La sensation était piquante, ses lèvres devaient être fendues.

« Tu es moins rapide que Dorian, » constata Scorpius en riant doucement.
« Désolé si je ne sais pas me battre comme lui », dit amèrement Albus, alors qui se détendait sous les attentions de Scorpius, « J'ai moins d'entrainement sans doute.
- Tu t'es bien débrouillé tout de même », lui dit Scorpius, avec un sourire.

Il prit un autre morceau de serviette, murmura la même formule pour humidifier le tissu et essaya à nouveau d'enlever le sang du visage d'Albus.

« Mais toi tu n'aurais pas pu encaisser le coup que je me suis pris », dit Albus alors que Scorpius enlevait les lignes de sang sur sa joue, « pourquoi tu l'as provoqué alors que tu n'aurais jamais pu te battre avec lui. »

Scorpius ouvrit la bouche et sembla sur le point de répondre, mais se résigna.
« Quoi ? demanda Albus, qu'est-ce que tu voulais dire ? »

Scorpius ne répondit pas. Il continuait à nettoyer le sang, le regard un peu triste.
Albus repoussa sa main et se redressa soudain et le regard dure. Il fixait Scorpius, qui se tenait encore à genoux, à côté de la banquette.

« Tu l'as fait exprès. Tu savais que j'allais m'interposer, dit-il sèchement, tu l'as provoqué, tu l'as rendu fou de rage, mais tu t'en fichais car tu savais que tu ne serais pas blessé ! »
- Je n'en savais rien ! » dit Scorpius. Il se leva et jeta la serviette sur le siège à côté d'Albus. Il recula et s'assit sur la banquette qui faisait face au jeune Potter. « Je n'en savais rien, répéta-t-il sans le regarder, j'espérais que tu le fasses. » Il semblait fragile à nouveau, faussement fragile.
- Génial, dit-Albus en prenant le tissu que Scorpius avait laissé pour s'essuyer ses lèvres sanglantes, alors toi tu te permets d'avoir une grande gueule et c'est les autres qui encaissent les coups.
-Personne ne t'obligeait à intervenir ! s'énerva Scorpius.
- Qu'est-ce que tu aurais voulu que je fasse ? demanda Albus hors de lui, que je le regarde te cogner sans rien faire ?
-Et alors? Qu'est-ce que ça peut te faire qu'il me frappe ? cria soudain Scorpius en se levant, tremblant, les yeux brillants, je ne t'ai rien demandé, tu as agis parce que tu l'as voulu, ne me reproches pas tes choix Potter !

Albus ricana, sans humour. Il se leva en fixant Scorpius, désabusé. Sa bouche était encore emplit de sang et il cracha par terre. Il s'approcha de lui, le visage à quelques centimètres du sien. S'il se penchait un peu, il pourrait l'embrasser…

La respiration de Scorpius s'accéléra, et Albus se rendit compte qu'il tremblait.
« Je veux bien t'aider, dit-il, mais je ne suis pas ton jouet, ni ton bouclier humain. Quand tu auras appris à respecter ce genre de chose, viens me voir. »
Avec cela, il ouvrit la porte du compartiment et sortit.

Scorpius resta debout pendant un moment, seul à fixer le vide. Une étrange et amère sensation emplissait son ventre. La porte s'ouvrit de nouveau. Il se tourna soudain, croyant que Potter revenait mais c'était Dorian qui se tenait dans l'encadrement de la porte, le sourire aux lèvres.

« T'as vu ? dit-il en s'affalant sur la banquette, Potter s'est fait cassé la figure ».
Scorpius soupira en s'asseyant à ses côtés, avant de mettre sa tête dans ses mains.
« J'aimerais bien savoir qui lui a refait le portrait, rajouta Dorian.
-C'est Goyle, dit Scorpius à travers ses mains.
- Okay, dit Nott doucement, et tu le sais parce que…?
- Tu as vu Nicolas? le coupa Scorpius, désireux de couper court à la conversation.
Nott le regarda, suspicieux, mais enchaina :
« Non je n'ai pas vu ton cousin, il est avec d'autres Gryffondor. Bizarre de se dire qu'un Greengrass a pactisé avec les lions. J'aurais voulu le voir avant qu'on arrive, il y a des bouquins qu'il ne m'a pas rendus, et je ne veux pas aller les chercher dans la Tour des Gryffondors - c'est quoi ça ? » Nott se pencha et ramassa la page de magazine qui gisait à ses pieds.
« C'est Goyle qui l'a amené, expliqua Scorpius, c'est de cette photo que mon père nous a parlé hier. Goyle a dit qu'il y'en a d'autres qui circulent. »
Dorian regarda la photo, puis la déchira, en petits coupons, qu'il jeta par terre.
« Une de moins ». Il s'adossa au siège et attira Scorpius à lui.


Poudlard, au soir de la première nuit de Septembre

« Qu'est-ce qu'il t'est arrivé Al ? »
Albus venait à peine de sortir du train quand il croisa James. Il grimaça quand son frère lui saisit le menton pour examiner son visage meurtri.
« Il s'est battu avec Kyle Goyle, expliqua Rose qui tenait les mouchoirs ensanglantés d'Albus.
- Cet imbécile a frappé un peu fort, » expliqua Albus en passant machinalement le bout la langue sur ses lèvres coupées.
James le lâcha, et soupira. « J'espère que tu lui as mis une bonne raclée.
- Non pas vraiment » dit Albus, puis en rencontrant le regard interloqué de son frère, il ajouta: « le coup n'était pas pour moi, okay ? Disons que je me suis interposé à un moment critique.
- Interposé… répéta James, pour qui ? »

Albus était sur le point de répondre quand il entendit des murmures et des ricanements derrière lui. Scorpius était sorti du train, et Nott se tenait près de lui. Ils traversaient le quai, suivit des regards et des sifflements d'étudiants.

« Hey Malfoy, je ne suis pas un acteur mais j'adorerais que tu t'asseyes sur mes genoux » lança un sixième année, dont les amis riaient.
Dorian se crispa mais Scorpius posa une main sur son bras. Il se tourna vers le type et lui répliqua « Si tu veux, et pendant ce temps Nott apprendra à ta copine ce que c'est qu'un vrai mec».
Eclat de rires.
Le sixième année, furieux, commençait à s'avancer vers Scorpius, et Dorian serrait déjà les poings, quand Hagrid apparut au milieu de la foule des élèves. Bien qu'il ne fût pas conscient de la tension du groupe, sa seule présence interrompit toute violence. Le sixième année recula et mima « plus tard» avec ses lèvres, en regardant Scorpius d'un œil sombre et en ignorant superbement Dorian. Hagrid indiqua les bateaux aux premiers années alors que les autres étudiants se dirigèrent vers les calèches.
Dorian et Scorpius montèrent dans une des calèches et Scorpius fut surpris de s'apercevoir que Potter et une Weasley étaient montés dans la même calèche… ainsi que James Potter.
Celui-ci le regarda fixement, sans que son visage ne trahisse aucune émotion, et Scorpius soutint son regard, mais ses yeux n'étaient pas aussi indifférents que ceux de James.
Oui je me souviens de toi.
Potter esquissa un sourire en coin, visiblement satisfait. Et détourna le regard.

C'est alors que Malfoy aperçut le château. Il ne dit rien mais son visage trahit son émerveillement.

« C'est beau n'est-ce- pas ? » Scorpius se tourna vers la jeune fille qui avait parlé. Elle continua : « c'est dommage que vous n'ayez pas pu faire le voyage des premières années en bateaux, c'est encore plus impressionnant ». Scorpius lui sourit mais ne répondit rien. Elle lui tendit la main. « Je m'appelle Rose Weasley. Je suis en 4ème année à Serdaigle. ». Scorpius lui serra la main. « Scorpius Malfoy, 4ème année et sans doute à Serpentard ». Il se tourna alors vers Dorian, qui ignorait la conversation, et semblait déterminé à ne pas y prendre part. Il soupira, le montra du pouce et ajouta « ça c'est Dorian Nott». Rose lui sourit.

Elle tenait à la main des tissus mouillés de sang et Scorpius ressentit à nouveau cette fine douleur dans le creux du ventre. Il se tourna alors vers Albus. Celui-ci le regardait, son visage beau malgré les lèvres fendues et un peu bleuté sur le côté gauche. Scorpius lui sourit timidement, mais Albus détourna le regard, l'air troublé. Blessé, Scorpius se détourna et se concentra sur le paysage.

Arrivé au château, la directrice Mc Gonagall demanda à Nott et Malfoy d'attendre que les autres élèves soient rentrés dans la grande salle, avant d'y pénétrer eux-mêmes. Le choixpeau leur attribuera leur maison avant les premières pour que ceux-ci n'aient pas longtemps à attendre. Quand tous les élèves eurent pénétré dans le château, la directrice les amena dans la Grande Salle. A peine entrés, Scorpius et Dorian levèrent les yeux au plafond, un plafond magique, comme le leur avait raconté Drago, qui représentait une magnifique nuit étoilée. Mais en baissant les yeux, la réalité était toute autre. Tous les yeux étaient braqués sur eux.

Malgré lui, Scorpius eu un mouvement de recul, un désir brulant de s'enfuir de ces lieux, mais Dorian, sentant sa peur lui saisit la main, et lui caressa doucement le dos de ses doigts avec son pouce.

La directrice, derrière un pupitre où était sculpté un hibou d'or, leur fit signe d'approcher.

Dorian, tenant toujours la main de Scorpius, traversa la salle sous les regards et les murmures des autres élèves, et ils s'arrêtèrent aux bas des marches. En haut des escaliers, devant les tables où siégeaient les professeurs, se trouvait un tabouret. Le professeur Londubat entra alors dans la grande salle, portant le Choixpeau Magique, suivi de tous les premiers années. Il monta les escaliers et attendit à côté du tabouret.

« C'est à vous monsieur Malfoy, vous êtes le premier » dit le professeur McGonagall.
Scorpius respira profondément alors que Nott le tira doucement par la main pour le mener vers les escaliers. Quand sa main quitta la sienne, il se sentit vide, et nauséeux. Il arrivait près du siège et s'y assis. Le professeur Londubat posa le Choixpeau sur sa tête, mais alors même que celui-ci effeurait son crâne, il cria : SERPENTARD !

Soulagé, Scorpius respira profondément comme si ses poumons n'avaient pas fonctionné depuis les dix dernières minutes. Aucun applaudissement ne se fit entendre mais il regarda Dorian avec un sourire et croisa le regard de Potter, assis à la table des Serpentards, qui inclina légèrement la tête pour le féliciter.

« Monsieur Nott, s'il vous plait, » dit McGonagall en indiquant le tabouret.
Scorpius descendit les escaliers mais ne rejoignit pas sa nouvelle maison et s'arrêta au bas des marches pour attendre Nott. Il se retourna pour regarder Dorian s'asseoir. Le professeur Londubat déposa le Choixpeau sur sa tête.

Scorpius s'attendait à ce que l'attribution soit rapide comme elle l'avait été pour lui. Mais quelque chose n'allait pas. C'était trop long. Dorian, qui avait été maître de lui-même jusqu'ici, sembla brusquement mal à l'aise et inquiet et parut plongé dans une lutte intérieure et silencieuse. C'est alors que Scorpius comprit : Dorian essayait de négocier avec le Choixpeau.

Soudain, Dorian pâlit, et il soupira : « non…. »
Et le Choixpeau s'exclama : GRYFFONDOR !

« Non ! » s'écria Dorian. Il lança son bras au-dessus de sa tête et attrapa la bouche du chapeau et y enfonça ses ongles. Il l'arracha de sa tête et le jeta violemment à terre. Toute l'assemblée se figea de terreur et les premiers années crièrent.

« Arrêtes Dorian !» Scorpius se précipita vers Nott, et l'enserra de ses bras minces pour l'empêcher de piétiner le Chapeau avec fureur. Les étudiants commençaient à s'exciter et à se lever. McGonagall demanda le calme avec force et Londubat ramassa le chapeau piétiné.

Quand la salle redevint silencieuse, le professeur McGonagall se tourna vers les deux nouveaux arrivants :
« Le choix du Choixpeau magique est sans appel monsieur Nott et aucun excès de rage ne pourra y changer quoi que ce soit. Cependant elle vous permet d'obtenir votre première retenue. A la prochaine démonstration de fureur, je retirerai également des points à la maison Gryffondor. Maintenant Monsieur Nott veuillez rejoindre votre maison. Vous aussi monsieur Malfoy. »

Dorian acquiesça doucement, vaincu. Il respirait rapidement.
Il posa ses mains sur les bras de Scorpius qui entouraient encore sa taille. Celui-ci lâcha prise. Ils descendirent les escaliers ensemble, les doigts entrelacés. Autour d'eux, s'élevaient les murmures.
Scorpius se demanda s'il avait un jour était seul ? Quand dans sa vie, Dorian n'avait-il pas été avec lui ? Scorpius ne s'en souvenait même pas. La panique lui serra soudain la poitrine et respirer lui sembla difficile.
Arrivée au centre de l'allée, Dorian aperçut Nicolas Greengrass et Sally Macnair qui lui faisaient signe de s'asseoir avec eux, à la table des Gryffondor. Scorpius le poussa doucement vers eux, les mains tremblantes.
Dorian se tourna vers lui, et Scorpius lui donna son sourire le plus rassurant, sans effet. Nott ne lui rendit pas son sourire, il porta sa main à ses lèvres et embrassa sa bague d'argent puis il se pencha pour lui murmurer « Restes avec Potter ». Il lui lâcha la main, et s'éloigna.
Scorpius, seul, se retourna alors vers la table des Serpentards, et chercha parmi les regards qui le scrutaient, des yeux verts et brillants que ne possédait qu'une personne dans son monde perdu. Il aperçut les yeux d'Albus Potter, qui lui fit signe de venir le rejoindre. Scorpius se dirigea vers lui et s'assit à ses côtés.


Oui j'ai mis Dorian à Gryffondor, parce même si c'est un bagarreur, et qu'il a l'âme assombrit par ce qu'il a vécu, il est courageux et protecteur.
J'avais plusieurs scénarios en tête mais je pense que Dorian a un cœur de Gryffondor
et que Scorpius, à la langue acérée, appartient définitivement à Serpentard.
Et pour que mon histoire soit Scorpius/Albus, je dois les séparer...
Review please!