Désir et Jalousie
Author: kill_titi
Pairing: AS/S, Albus Severus/Scorpius
Rating: R maybe M later
Summary: Voir chapitre 1
Warning(s): yaoi plutôt soft cette fois.
Disclaimer: belong to JK Rowling
Notes de l'auteur :
Bonjour à tous !
Je m'excuse à nouveau du retard de mon histoire.
J'ai eu la mauvaise idée de faire trois histoires en même temps tout en alimentant un blog avec les traductions françaises sur Kuroshitsuji (black butler pour ceux qui connaissent) avec en prime un groupe de scanlation et la vie réelle qui prend énormément de temps…
Pour cela pour dire que je ne renonce pas à cette histoire au quelle je tiens beaucoup et si je mets du temps à la mettre à jour c'est que je n'ai vraiment pas le choix surtout que je suis incapable de faire des chapitres de moins de 7000 mots…
Les petits chapitres ce n'est pas mon truc même si je suis persuadée que cela accélérerait le rythme de parution…
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.
N'hésitez pas à m'envoyer à un review pour me dire ce que vous pensez de l'histoire et son développement.
Enjoy !
Chapitre 6 : Le Désenchantement.
Chambre du Demande.
Allongé sur le lit, Scorpius avait chaud.
Des draps rouges… Quel goût douteux…
Cette chambre sur commande était vraiment incroyable. Elle devenait sur demande ce dont la personne qui l'invoquait, avait le plus besoin.
Et dans le cas présent, James avait eu besoin d'une pièce isolée pour lui faire l'amour.
Les murs étaient couverts de tapis rouges ornés de fils dorés. Le sol était de bois vernis et une grande cheminée imposante abritait un feu, seule source de lumière qui éclairait la chambre d'une lueur douce.
James embrassait son épaule, mais il était trop épuisé pour repousser ses caresses. Il regardait le feu dans le foyer, se concentrant sur les flammes qui léchaient les parois de pierre, pour ne penser à rien. James se montrait particulièrement affectueux après « l'amour », même si l'expression était inadéquate pour décrire leur activité.
Leur arrangement n'avait rien à voir avec l'amour.
Cela faisait plus d'un mois que leur « pacte » -comme ils l'appelaient- avait commencé et James avait tenu sa promesse.
Les insultes avaient continué mais plus aucun Gryffondor n'avait osé lever la main sur Dorian. Scorpius supposait que la prise de position de James pour Dorian avait énervé un certain nombre de ses voisins de chambrés, dont ses amis, qui haïssaient viscéralement Dorian. Mais personne n'avait envie de s'opposer au capitaine de Gryffondor, et encore moins au fils aîné du « Grand Harry Potter ».
Personne ne soupçonnait les causes de ce changement de comportement de la part de James, et une « liaison » entre eux n'avait jamais été suspectée, pour la simple raison qu'ils s'ignoraient superbement en dehors de leurs rendez-vous secrets.
Scorpius ferma les yeux. Sa respiration se faisait moins haletante bien que son cœur ne s'était pas encore calmé et tambourinait dans sa poitrine.
« Tu sais que je ne vais pas lui faire de traitement de faveur, murmura James dont les lèvres touchaient encore sa peau.
-Je sais, dit-il d'un ton endormi. Je te demande juste d'être honnête et équitable. Si Dorian réussit les essais, laisses-le rentrer dans l'équipe de Quidditch. »
James ricana doucement, faisant glisser ces doigts sur le dos nu du jeune garçon.
Scorpius avait d'abord été surpris par cette délicatesse de la part du jeune Potter qui ne se montrait jamais brutal envers lui, rendant même l'expérience agréable.
La première fois, il avait été tétanisé, incapable de résister ou de participer, et James s'était montré d'une telle tendresse qu'il en était resté tremblant.
C'était dans cette même Chambre sur Demande, sauf qu'elle était blanche et bleu sombre ce jour-là.
Il n'avait rien dit et n'avait pas pleuré. Il avait vu un certain étonnement dans les yeux de James. Le jeune Potter avait sans doute pensé qu'il avait plus d'expérience et avait été surpris de son innocence. Mais le désir, qui enflammait son corps, avait repoussé la conscience qui aurait pu le faire changer d'avis.
Scorpius n'avait pas bougé pendant que James le prenait, immobile sur le dos, écrasé par un corps étranger. James l'avait serré très fort contre lui, sa tête enfouie dans le creux de son cou, embrassant amoureusement sa gorge et son épaule, soupirant à son oreille.
Il avait détourné la tête, portant son regard sur les roses bleues et blanches, disposées dans un vase de cristal bleu sur une petite table près du lit. Il s'était concentré sur les pétales soyeuses et singulières alors que les soupirs de plaisir de son amant résonnaient sur les murs de pierre. Ses propres lèvres, entrouvertes et tremblantes, ne laissaient échapper aucun son qui aurait pu conforter l'égo de l'homme blotti entre ses cuisses.
C'était James qui avait invoqué la chambre, qui avait imaginé ce grand lit aux draps de satin blanc et ces coussins de taffetas bleus nuit.
En pénétrant dans cette pièce, Scorpius avait été surpris par le raffinement du lieu, d'autant plus que James avait imaginé cet agencement à son égard. Une délicate intention de la part du jeune homme qui avait marchandé son corps.
Et surtout ces roses. Il les avait trouvé belles, ces fleurs froides et douces. Il s'était imprégné de leurs couleurs glacées pour oublier la chaleur honteuse qui montait en lui, au rythme du plaisir qui lui engourdissait le corps à chacune des poussées de James en lui.
A la fin, quand son corps avait cédé sous les caresses et les délicieuses percées, il avait porté sa main à ses lèvres, mordant sa paume pour étouffer ses propres gémissements alors que son plaisir joignait celui de James dans une extase finale.
James était resté un long moment blotti contre lui, tremblant. Scorpius s'était demandé, s'il s'était endormi, mais cela n'avait aucune importance. Ces roses étaient vraiment belles.
Quand James s'était soulevé, quittant son corps, une sensation de vide avait envahi Scorpius. Potter avait cherché ses lèvres et l'avait embrassé avec douceur, puis il s'était levé pour se diriger vers la chaise où il avait déposé ses vêtements. Il s'était habillé en silence. Quand il s'était tourné vers le lit, il avait vu que Scorpius n'avait pas bougé. Le jeune garçon avait toujours les yeux fixés sur les roses. Sa paume portait des marques de dents qui avaient brisé la chair, et une fine ligne de sang avait coulé sur sa peau, tâchant les draps blancs. Mais Malfoy s'en fichait. Il avait vu James se diriger vers la petite table où se trouvait le vase portant les fleurs et y avait pris une rose blanche.
Il s'était dirigé vers le lit et avait déposé la rose satinée dans la main blessée de Scorpius avant de sortir sans un mot.
Scorpius était resté immobile un moment, regardant la rose de James qui se trouvait toujours dans sa main. Il n'avait pas su pourquoi il avait entaillé le bout de son doigt sur une épine et avait souillé les pétales clairs avec des gouttes de son sang mais il s'était senti apaisé.
Car maintenant, la rose lui ressemblait.
Et là encore, il se retrouvait dans cette chambre avec James, qui décidait du moment et de l'heure de leurs « réunions », tout comme du décor de la chambre qui changeait à chaque rencontre.
Scorpius ne savait pourquoi, mais James n'avait jamais demandé qu'ils se voient pour une extase rapide, dans une salle de classe ou un lieu isolé, comme il le faisait avec ses petites amies occasionnelles. Il insistait pour se rendre à la salle sur demande à chaque fois.
Décidément la chaleur de cette chambre était étouffante. La cheminée n'était vraiment pas la meilleure idée de James. Scorpius se leva, repoussant la main qui parcourrait encore sa peau, il ramassa ses vêtements qui jonchaient le sol et se rhabilla.
« Tu ne restes pas ? ironisa James, feignant d'être blessé.
Scorpius se tourna vers le jeune homme aux cheveux auburn, allongé nu dans les draps rouges carmins. Il savait que James aimait mimer les phrases mielleuses qui plaisaient aux femmes, sachant qu'elles étaient inappropriées dans leur situation.
-Bien sûr que non, répondit Malfoy, en fermant les boutons de sa chemise.
James émit un petit rire entendu.
« Tu as le temps, rajouta-t-il tout en baillant, inutile de te presser comme ça. »
Il s'étira, avant de se blottir contre le matelas douillé. Il n'avait visiblement aucune envie de partir.
- Je dois rejoindre ton frère à la bibliothèque, expliqua Scorpius, en se rasseyant sur le lit pour enfiler ses chaussures. On travaille ensemble sur un projet, en sortilège.
- Il a l'air de t'apprécier.
- On s'entend bien », dit Scorpius d'un ton détaché. Il détestait parler d'Albus avec James et se tentait mal à l'aise lorsqu'Al évoquait son frère. Il sentit des mouvements sur le matelas alors que James se rapprochait de lui. Ses doigts caressaient ses cheveux, propageant des fines ondes de plaisirs dans son crâne.
« Il veut la même chose que moi tu sais ? murmura James, tirant doucement sur les mèches blondes.
-Tu feras ce que je t'ai demandé ? » dit-Scorpius rapidement en se tournant vers lui, ignorant sa remarque.
Potter soupira et acquiesça. Il se rejeta en arrière sur le matelas et plaça son bras en travers de ses yeux, cachant la lumière.
Scorpius regarda James un moment, hésitant. Il se demanda si cette situation – la demande de James, son attitude envers lui- était de sa faute. Potter lui avait reproché ce qui s'était passé lors de leur première rencontre, et Scorpius savait très bien que cette nuit-là, il s'était montré odieux et qu'il l'avait blessé.
C'était seulement maintenant que James le lui faisait payer qu'il se rendait compte à quelle point il lui avait fait du mal.
Alors que le souvenir l'assaillait, il quitta la chambre.
C'est ce qu'on peut appeler l'horreur des coups de foudres. « L'amour au premier regard », une expression banale pour un sentiment désastreux. Le cœur s'éprend d'un inconnu, éprouvant une passion puissante, brutale et inattendue. Mais lorsque le cœur se rend compte que cet inconnu n'a pas la perfection attendu de cet amour subit et violent, il se met à le haïr.
C'est ce qui s'était passé pour Scorpius et James.
Ils s'étaient rencontrés au Salon Bleu, lors de l'inauguration du Club.
Scorpius avait accompagné Dorian, qui avait rapidement disparu dans une pièce annexe où se disputait une grande partie de jeu de carte, où Nott avait d'ailleurs gaspillé une somme conséquente.
La soirée s'annonçait profondément ennuyeuse mais Scorpius n'avait de toute façon pas le cœur à s'amuser. Dorian était venu pour jouer aux cartes et lui pour se souler. C'était sans doute la seule chose qui lui permettait d'oublier ce qui lui était arrivé.
Après son quatrième verre de whisky pur feu, une boisson qu'il n'avait pas l'occasion de déguster dans le monde moldu, Scorpius avait aperçu un beau garçon accoudé au bar.
Ses yeux voilés par l'alcool, il avait pourtant reconnu le jeune Potter, mais sur le moment, cela ne l'avait ni troublé ni intéressé. Il ne distinguait que ces iris bruns et brillants et ses cheveux auburns. Son cœur s'était serré, frappant rageusement dans sa poitrine, au point qu'il eut du mal à respirer.
Il n'avait pas su pourquoi, mais il s'était levé, titubant, et s'était dirigé vers le jeune homme qui avait levé des yeux étonnés vers lui. Des yeux si sombres, si beaux. Des lèvres qui avaient parus si douces. Scorpius n'avait pas dit un mot et avait entouré tendrement ses bras autour du cou du garçon étonné.
« Malfoy » avait-il entendu le jeune homme murmurer, surpris. Et Scorpius avait souri avant de poser ses lèvres sur les siennes, y laissant un baiser chaste, avant de l'embrasser à nouveau, traçant la ligne de sa bouche avec sa langue.
Le monde avait cessé d'exister, rien ne comptait sinon la chaleur du garçon dans ses bras. Il avait senti le jeune Potter répondre à son baiser, entrouvrir ses lèvres et caresser sa langue de la sienne. Un frisson avait parcouru son corps et il avait gémit de plaisir, adorant cette douceur nouvelle. Il avait senti des mains se poser sur ses hanches, les masser. Il s'était serré contre lui, intensifiant le baiser alors que James faisait glisser ses mains le long de ses fesses.
Ce fut à ce moment que Scorpius s'était raidit, le souffle coupé. Il avait été trop loin et l'alcool ne pouvait plus étouffer ses souvenirs. Sous le contact de ses mains, Scorpius avait senti la nausée lui monter aux lèvres. Il aurait voulu ne penser qu'à James, mais il ne parvenait pas à supporter le dégoût que lui inspiraient ses caresses. Il était trop tôt pour oublier et pour guérir.
Brisant le baiser, il avait tenté de repousser le jeune garçon qui s'accrochait à son corps.
« Attends, non ne me touches pas comme cela » avait-il murmuré en repoussant Potter qui embrassait son cou.
Mais le jeune garçon n'avait pas écouté et l'avait poussé doucement vers une banquette vide pour l'y allonger. Scorpius avait paniqué.
« Je t'ai dit d'arrêter ! »Et le coup était parti. Il ne s'était pas rendu compte qu'il l'avait giflé, et pourtant James portait la marque de sa main et des fines griffures de ses ongles sur sa joue.
Il avait violemment attrapé le poignet de Scorpius et l'avait tiré vers lui, le dominant de sa hauteur.
Furieux, il l'avait fixé d'un œil noir.
« Tu joues à quoi là, Malfoy ? avait-t-il craché, en serrant son poignet un peu plus fort.
Scorpius avait gémit de douleur, mais n'avait pas répondu, il n'avait rien à répondre.
Il avait regardé l'homme en colère qui se trouvait devant lui. Il était tellement beau, et Scorpius s'était senti amer, car il avait compris qu'il ne pourrait jamais être avec lui.
« Ce monstre » l'avait détruit au point qu'il ne pouvait plus supporter le contact d'un homme, malgré son désir pour le garçon qui meurtrissait son poignet. C'était telle injuste !
Alors puisqu'il ne pouvait l'avoir, il avait voulu que James ait mal.
Conscient que les regards étaient fixés sur eux, il avait levé les yeux vers le garçon, rassemblant dans son regard tout le dédain et la cruauté que les Malfoys étaient capables d'exprimer et avait dit d'une voix méprisante.
« Tu y as cru ? Tu es pathétique. Un Potter n'aura jamais un Malfoy. Et tu peux toujours crever en essayant ».
Il s'était brutalement libéré de l'emprise de James et s'était enfui.
Scorpius claqua la porte de la chambre sur demande et longea les couloirs du 7ème étage en tout hâte.
Il aurait dû être à la bibliothèque depuis plus de vingt minutes, et il ne souhaitait pas expliquer à Albus pourquoi il était en retard.
Ce qui se passait avec James était son secret, une part de sa vie à Poudlard qui ne regardait que lui. Dans ces moments, il se détachait de tout, c'était le seul moyen de rendre la situation supportable. Surtout qu'elle n'était pas aussi détestable et écœurante qu'il l'avait imaginé. Il aurait voulu haïr ces instants mais il ne pouvait pas se mentir. Il ne recherchait pas ses rencontres, il n'aurait jamais pensé les provoquer et il ne sentait toujours souillé quand James les lui annoncé.
Mais pendant les ébats, Scorpius parvenait presque à s'évader.
Il aurait presque voulu que James soit méprisant et violent, cela lui aurait permis de haïr ces moments et d'évité d'être hypocrite ou de se dégoûter ainsi.
Mais dès qu'il sortait de la Salle sur Demande, il oubliait tout. Et il parvenait même à se convaincre que tout cela n'avait pas eu lieu. Il pouvait profiter des moments réels, ceux où il était avec Albus.
Cela faisait maintenant plus d'un mois qu'Albus et lui se côtoyaient et ils étaient presque inséparables. Il se sentait extrêmement proche du garçon, et appréciait son élan naturel, son humeur piquant et bien sûr son physique agréable.
Mais Albus lui faisait peur.
Ils étaient devenus trop proches, trop vite. Scorpius ne comprenait même pas comme cela était arrivé. Avant de lui parler dans ce restaurant, il n'avait jamais pensé à Albus, ni même prêté attention à lui.
Oh bien sûr il savait un tas de choses qu'il avait pu lire dans les journaux mais il y avait un tel ramassis de mensonges à son égard dans ces mêmes articles qu'il n'y portait aucune foi.
Ce qui était clair, c'était que contrairement à lui, Albus avait fui les médias comme la peste, ou du moins il s'était forgé une image de garçon sans problème pour en sortir indemne. A en croire les journaux, il était un garçon sans histoire, sage, consciencieux et intègre.
Le parfait fils d'Harry Potter.
Et pourtant, Scorpius ne pensait pas du tout que cette image correspondait au vrai Albus Potter. Il y avait une grande force dans ce garçon, mais le Prince de Serpentard portait en lui un profond malaise qu'il masquait en se montrant toujours volontaire, bien qu'il aimait l'isolement et l'anonymat. Une colère désastreuse se cachait au plus profond de son cœur, et Scorpius aimait déclencher sa fureur, simplement parce que lui seul en était capable.
Au début il avait trouvé cela amusant d'emmener le jeune Potter dans les mêmes abysses qui l'emprisonnaient et de lui montrer la face sombre et inconnue qui se cachait en lui.
Mais cela avait été… beaucoup trop facile de faire surgir sa colère. Et Scorpius avait compris qu'il dissimulait tout comme lui des blessures ensanglantées et que sa personnalité n'était qu'une façade. Ils étaient presque tout le temps ensemble, de sorte qu'ils s'étaient rendu compte que leurs deux caractères étaient un mélange explosif. Ainsi, ils alternaient les élans affectueux et les querelles violentes, tout en conservant un désir brulant d'être ensemble.
Pendant un certain temps, Scorpius avait eu besoin de tester son affection, le poussant à bout par des paroles dédaigneuses, déclencher sa colère - par des actions téméraires et des gestes de provocation envers d'autres élèves, - toutes occasions où Albus était obligé d'intervenir pour éviter que la situation dégénère.
Pourtant quand il avait compris qu'Albus commençait à craquer pour de bon, une panique inconnue l'avait envahi et un cri silencieux avait résonné dans sa tête : « Ne me quitte pas ».
Il s'était accroché au garçon, le serrant contre lui, et avait posé son front contre le sien mais ne lui avait pas demandé pardon. Il avait attendu qu'Albus le prenne dans ses bras. Ce qu'il avait fini par faire, comme toujours.
Quand il pénétra dans la bibliothèque et qu'il aperçut le jeune garçon aux yeux verts qui lui faisait un signe de main, il se surprit à sourire. Il ne s'habituait toujours pas à ce gonflement qui lui emprisonnait le cœur à chaque fois qu'il apercevait son ami.
Albus avait pris une table à l'écart, sachant que Scorpius aimait la discrétion, tout comme lui d'ailleurs. Il poussa du pied la chaise qui se trouvait en face de lui pour que Malfoy s'y installe mais celui-ci préféra prendre la chaise à côté de lui. Il s'y assit, s'approcha du jeune garçon pour entourer ses bras autour de sa taille, et posa sa tête sur son épaule.
Il aimait l'odeur d'Albus, il la trouvait rassurante. C'était comme rentrer à la maison après un long voyage. Il aurait pu rester comme cela pendant des heures.
Albus sourit, continuant à écrire. Les élans de tendresses de Scorpius à son égard étaient rares et toujours soudains. La plupart du temps il repoussait tous contacts.
Un instant, il eut envie de lui demander où il était et ce qu'il avait fait. Mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge.
Après l'épisode de la douche, Scorpius et lui était devenus très proches, mais une barrière de silence se dressait entre eux, avec toujours cette sentence qui planait au-dessus d'eux : « Ne me demande rien ». Scorpius ne s'expliquait jamais. Et il ne s'excusait jamais d'ailleurs.
Albus avait accepté cela, pensant que le jeune garçon parlerait quand il serait prêt. Mais cela faisait plus d'un mois maintenant et ce silence rendait leur relation insupportable. Il voulait savoir. Il ne voulait aucun obstacle entre eux car leur relation était devenue profonde et Albus se demandait quelle place il avait dans le cœur de Scorpius. Il commençait à savoir ce qu'il représentait dans le sien.
« Tu as des idées pour le sujet de sortilège, entendit-il Scorpius murmurer.
Son souffle chatouilla légèrement son cou, provoquant des frissons de plaisir le long de son dos.
-Non pas vraiment, j'ai avancé sur le devoir de potion en t'attendant.
Scorpius releva la tête et regarda les notes du garçon.
« J'ai presque fini ce devoir, dit-il en tirant sur la feuille de parchemin, interrompant l'écriture d'Albus. Je te le passerai demain.
- Et en échange tu veux mon devoir de transfiguration, soupira son ami avec un sourire déprimé.
-Tu as tout compris, dit-il en sortant ses affaires de son sac.
- Tu devrais essayer de travailler cette matière tu sais, dit Albus en tapant nerveusement sa plume sur l'encrier. Il savait que Scorpius détestait parler de ce sujet mais son niveau en transfiguration était réellement inquiétant.
-Ce n'est pas que je ne veux pas la bosser, c'est que je ne peux pas.
Albus n'insista pas. Il le croyait. Après tout il observait avec attention les réactions du jeune garçon lorsqu'il pénétrait dans la salle de cours. Il semblait que Scorpius devait faire preuve d'une maîtrise surhumaine pour ne pas s'enfuir de la pièce. Entre tremblements et respiration saccadée, il était clair que Scorpius faisait beaucoup d'effort pour se concentrer sur les explications de Mc Gonagall.
« Tu peux me rappeler le sujet de sortilège s'il te plait, demanda Scorpius, sortant Potter de ses pensées.
Le jeune garçon feuilleta un moment dans son cahier et finit par citer :
- Donnez à un objet des propriétés nouvelles et inattendues.
Scorpius fronça les sourcils.
- Lupin aurait pu être encore plus vague, grommela-t-il.
- Crois-moi, si Teddy nous a donné une consigne aussi vague et simple, c'est pour nous permettre de trouver des idées originales.
Malfoy soupira et commença à feuilleter son livre. Albus hésita puis finit par dire :
« On peut bosser une heure et ensuite nous pourrons aller sur le terrain.
- Sur le terrain ?
- Pour les essais de Gryffondor, expliqua Albus en haussant les épaules. Dorian va y participer, comme poursuiveur non ?
- Oui, ce serait une manière de s'intégrer dans sa maison. Les joueurs de Quidditch ont un statut particulier. Mais…, enfin je ne pensais pas que tu viendrais. Est-ce que le capitaine d'une équipe rivale peut assister aux essais ?
- Ils n'apprécieront pas mais qu'importe, dit Albus en souriant. Ils n'auront cas venir pour les essais de Serpentard à la fin de la semaine. D'ailleurs, tu devrais passer les essais aussi. Tu voles très bien et tu ferais un très bon attrapeur.
- Non, on en a déjà parlé, dit-il les yeux rivés sur les pages de son livre, évitant soigneusement de regarder Albus. Je ne veux pas me faire remarquer. Mon nom est assez connu comme cela. Je veux juste être tranquille. »
Albus acquiesça et n'insista pas d'avantage. Scorpius aspirait à un calme dans sa vie qui lui était interdit. Tout comme lui, il était observé et toutes actions faisaient place à une série de ragots proprement insupportables. Rien que leur proximité leur valait de nombreuses rumeurs, bien que la réputation d'Albus atténuait quelques peu les débordements, mais le physique de Malfoy entretenait toujours le désir sinon la jalousie de certains élèves, surtout des filles amourachées d'Albus. Et ces sentiments désastreux se manifestaient souvent par des bousculades dans les couloirs, ou des menaces.
C'était sans doute pour cette raison que Scorpius lui avait un jour confiait qu'il aimerait être invisible. Albus avait pensé que ce n'était que des paroles en l'air mais il avait tout de même décidé de lui montrer la cape d'invisibilité de son père et ils l'avaient utilisé tout un dimanche pour se promener dans le château au milieu des élèves et dans les jardins au dehors. Et alors qu'ils étaient assis sur un banc dans la cour de l'école, couvert de la cape qui les dissimulait aux yeux du monde et des personnes présentes, Albus s'était rendu compte que les yeux de Scorpius brillaient de larmes qui ne coulaient pas, et malgré cela, il semblait tendu. Il avait compris les sentiments qui l'assaillait car lui aussi aurait voulu rester invisible pour toujours. Il avait passé son bras autour de ses épaules et ensemble ils avaient attendus le coucher du soleil.
« Pourquoi ne pas ensorceler un tabouret pour qu'il marche et nous servent de moyen de transport ?
Albus sortit de ses pensées et se concentra sur Scorpius qui cherchait un projet pour leur cours. Il réfléchit un instant et secoua la tête. Scorpius expira bruyamment visiblement ennuyé du manque d'imagination et de motivation qui régnait dans cette bibliothèque.
-Ou un tiroir qui rend invisible les objets que l'on met à l'intérieur, dit-il après un moment de réflexion. Un genre de tiroir secret et seul la personne qui a déposé les objets dans le tiroir, pourrait les voir ?
Albus soupira en refermant son livre.
«Ça ne te plait pas non plus ? demanda Scorpius qui commençait à perdre patience. Il était le seul à travailler.
« C'est vraiment inutile comme procédé.
-Quoi ? Mon idée ? s'énerva doucement Scorpius en tapant ses ongles sur la table de bois.
- Non tout cela, ce projet et ce cours. Quel besoin peut-on avoir d'ensorceler des objets pour leur donner de nouvelles propriétés. Regardes mon grand-père, tout ce qu'il a fait, c'est faire voler une voiture ou faire marcher une machine à laver pour qu'elle effraie les gnomes du jardin. Mais cela n'a rien de compliqué ni d'intéressant. J'ai l'impression de perdre mon temps.
- Tu te trompes.
Albus se tourna vers Scorpius qui le fixait d'un air grave.
- Les objets ensorcelés peuvent être extrêmement utiles, dit-il lentement, encore faut-il leur trouver des propriétés réellement ingénieuses et c'est cela le plus compliqué. C'est imaginer une situation parfois improbable où un objet enchanté peut être un avantage.
Il plaça sa main gauche devant Albus. A son index se trouvait une bague en argent qu'Albus connaissait bien maintenant car elle ne quittait jamais sa main.
« Cette bague appartenait à la mère de Dorian, expliqua-t-il en la faisant glisser et tourner sur son doigt avec son pouce. Elle l'a taillé elle-même et a gravé le nom de son fils à l'intérieur de l'anneau. Elle l'a ensuite ensorcelé pour que la bague retourne toujours à la personne dont le nom est marqué à l'intérieur. C'est cette bague qui m'a mené à Dorian. »
Scorpius détourna les yeux et continua :
« Je revenais de la foire avec mes parents et sur le chemin du retour, j'ai aperçu un objet luisant sur la route pavée. C'était cette bague, sauf qu'à ce moment-là elle était entourée d'un halot bleuté. Je l'ai ramassé et j'ai prononcé le nom qui se trouvait à l'intérieur de l'anneau. Et la bague s'est aussitôt échappée de mes mains et s'est envolée, propageant une vive lumière argentée. On aurait dit une petite étoile filante. Je ne sais pas pourquoi je l'ai suivi, mais j'ai couru à sa poursuite sans écouter les appels de mon père. La bague a disparu dans une ruelle et quand j'y ai pénétré à mon tour, j'ai trouvé un petit garçon qui gisait dans son propre sang, le visage lacéré. »
Un léger spasme secoua le corps de Scorpius. Il était clair que le souvenir de cet enfant meurtri l'effrayait encore.
« La bague s'était remise à son doigt, trop petit pour la porter. Il avait sans doute dû la perdre quand il avait été agressé. Je me suis agenouillée près de lui, et j'ai pris sa main. Je pensais qu'il était mort mais sa peau était chaude et quand je l'ai touché, il a ouvert son œil… celui qui n'était pas crevé. Il a essayé de parler mais il en était incapable. Mon père est arrivé et nous l'avons emmené à l'hôpital, puis chez nous.
Dorian m'a donné cette bague quand il est venu habiter avec ma famille. Ainsi je pourrais le retrouver où qu'il soit. »
Albus resta un instant silencieux. Malgré les révélations cruelles de Scorpius sur son passé et sa rencontre avec Dorian, Albus se sentait presque heureux, car enfin Scorpius lui avait parlé de lui et lui avait raconté un souvenir. C'était la première fois, et sans doute une grande marque de confiance de la part de son ami. Il déglutit avec peine et tendit la main pour la poser sur celle de Scorpius, mais le jeune garçon se tourna vivement vers lui, coupant son élan.
« Et non, l'interrompit Scorpius, nous n'utiliserons pas cette bague pour notre projet de sortilège.
Albus rit doucement. Cela ne lui avait même pas effleuré l'esprit et Scorpius le savait surement, mais c'était sa manière bien personnelle de couper court aux séquences émotions.
- Ok alors trouve une meilleure idée Einstein !
- C'est qui cet Einstein ?
- Aucune idée, dit Albus en haussant les épaules et en rouvrant son livre, ma tante Hermione nous appelle comme ça quand on fait les malins.
Le terrain de Quidditch.
Le vent se faisait violent et le ciel était chargé de nuages menaçants. Un parfait après-midi d'automne où l'orage pouvait éclater à tout moment.
Scorpius et Albus étaient assis dans les gradins qu'ils partageaient avec quelques élèves qui étaient venus encourager leur équipe et les futurs joueurs. La plupart était de Gryffondor et n'avait pas particulièrement apprécié l'arrivée du capitaine de Serpentard dans les tribunes, mais Albus les ignorait, appréciant simplement la compagnie du garçon à ses côtés. Il était venu pour Scorpius et c'est tout.
Son frère se tenait debout au milieu du terrain, en grande conversation avec son gardien de but Ross Finnigan. Albus l'observait donner les dernières recommandations. Il était capitaine pour la première fois cette année, et même s'il ne l'avouerait jamais, il avait beaucoup d'admiration pour son frère, qui était accompli à ce poste. Pourtant dans ce jeu, il redoutait l'impartialité de James et il était curieux de voir comment il allait gérer le match de recrutement.
« Regarde voilà tes glousseuses » murmura Scorpius en montrant un groupe de filles, qui chuchotaient et riaient niaisement tout en regardant Albus, fraiches et rougissantes. « Le nombre des membres de ton fanclub augmente de manière effrayante et elles sont de plus en plus jeunes. Tu devrais sérieusement penser à engager quelqu'un pour trier ton courrier de fans.
- Tais-toi » répliqua affectueusement Albus en entourant les épaules de Scorpius avec son bras.
Un bruit sourd envahit le ciel, et les joueurs pénétrèrent sur le terrain par les airs, fiers sur leur balai. Le groupe se dirigea vers le centre du stade où se tenait le capitaine de l'équipe, mais un des joueurs se détacha de l'équipe et vola jusqu'aux gradins où étaient assis Scorpius et Albus.
Scorpius se leva, reconnaissant Nott qui volait jusqu'à lui. Il sourit en apercevant l'uniforme écarlate de Dorian. Il lui donnait une allure de guerrière ce qui lui correspondait parfaitement. L'air humide avait trempé les mèches de ses cheveux qui lui collaient au visage.
Il vola jusqu'à Scorpius, et lui attrapa la main. Il embrassa la bague d'argent qu'il portait au doigt et murmura :
« Portes moi chance ».
Scorpius secoua la tête et sourit avant de lui répondre :
« - Si tu fais de ton mieux, tu n'en auras pas besoin. »
Dorian sourit avant de lui décocher un clin d'œil. Il fit ensuite un geste sec de la tête pour saluer Albus et se dirigea vers le centre du terrain.
Un premier coup de sifflet se fit entendre et les candidats s'élancèrent dans les airs.
Pour les essais, deux équipes avaient été constituées pour s'affronter. A l'issus du match serait désigné le nouveau gardien, deux batteurs, les trois poursuiveurs et l'attrapeur.
« Nott doit marquer dans les buts gardés par Finnigan » observa Albus secouant la tête, en regardant les équipes qui avaient été formées par le capitaine.
Scorpius ne répondit rien mais il se mordilla nerveusement la lèvre en regardant les joueurs se mettre en position. Tout le monde savait quel excellent gardien de but était Ross Finnigan. James mettait visiblement Dorian en difficulté pour cette première rencontre.
Finnigan se posta devant les trois cercles d'or délimitant les buts. Il repassait lui aussi les essais comme tous les autres mais personne n'avait le talent pour lui disputer son poste. Ross était une force de la nature, à la stature robuste et aux épaules larges. A cheval sur son balai, il semblait que rien ne pouvait l'ébranler.
Le second coup de sifflet se fit entendre et James lança le souafle dans les airs pendant que deux assistants de l'équipe libéraient les cognards et le vif d'or.
Les joueurs encombrèrent le ciel au-dessus du terrain, voltigeant si vite que leur passage laissait des trainées rouges. Les cris des spectateurs dans les tribunes se firent entendre, encourageant leur favori.
Après la première minute de match, Dorian s'était emparé du souafle suivit par deux poursuiveurs décidés à le lui reprendre. Serré de prêt, il fondit vers le sol avant de faire une vrille qui laissa un de ses poursuivants étalé sur le sol. Il remonta ensuite en piquet droit pour fondre sur les anneaux d'or, mais alors qu'il s'apprêtait à marquer, deux cognards l'atteignirent, lui faisant perdre l'équilibre.
Dans les tribunes Scorpius se leva brusquement, laissant échapper un cri révolté. Serrant les poings, il s'apprêta à descendre vers le terrain mais Albus le retint.
« Il va bien, regarde !
Scorpius se tourna vers le terrain et vit que Dorian avait repris le contrôle de son balai avant de toucher le sol et était parti à la poursuite du joueur qui lui avait ravi le souafle.
« Les batteurs ont le droit de faire cela ! demanda-t-il à Albus. Envoyer deux cogneurs sur le même joueur ? »
Albus hésita, serrant toujours sa main, l'obligeant à se rasseoir à ses côtés.
« Ce n'est pas fair play, et on évite de le faire, finit-il par dire, mais rien ne l'interdit. »
Scorpius acquiesça mais Albus pouvait voir à quel point le jeune garçon était écœuré par l'attitude des joueurs. Lui-même n'approuvait pas cette manière de jouer.
Sentant les doigts de Scorpius se crisper sur les siens, il retourna son regard sur le match.
Un coup de coude dans les côtes avait permis à Dorian de reprendre le souafle des mains de son adversaire. Le souafle bien coincé sous son bras, il se précipita vers les buts où l'attendait Finnigan. Alors qu'il s'apprêtait à marquer dans l'anneau central, il aperçut un cognard du coin de l'œil et vrilla, évitant l'impact. Il profita de la déception de Finnigan pour marquer dans l'anneau de droite.
James siffla et leva la main vers Dorian pour désigner l'acceptation du premier but. Scorpius, ravi, claqua ses mains dans un geste sec et observa avec délectation le visage furieux de Finnigan qui battait violemment du talon sur l'étrier de son balai, lançant un regard noir à Dorian.
« La colère le rend encore plus vilain » entendit-il Albus dire, alors que lui aussi observait le gardien de but en train de fulminer.
« - Je croyais que c'était un ami de ta famille, dit Scorpius en reprenant la main d'Albus, comme si la pression du match rendait ce contact indispensable.
- Le fils d'un ami de la famille, le corrigea doucement Albus, en regardant les doigts de Malfoy s'entremêler avec les siens.
Scorpius rougit, et lâcha sa main.
- Excuse-moi, si ça te gène…
- Non, dit-Albus rapidement, en reprenant sa main dans la sienne. Non pas du tout. »
Scorpius rougit de plus belle et sourit avant de reporter ses yeux sur le match.
Au bout d'une demi-heure de match, Scorpius eut envie d'étrangler Ross Finnigan de ses propres mains. Les scores des joueurs étaient serrés et le groupe de filles de poufsouffles qui gloussaient en regardant Albus ne faisait que l'agacer d'avantage.
« Désolé pour le retard, alors les résultats ? »
Scorpius se tourna vers son cousin qui venait de s'asseoir à ses côtés, mais énervé comme il l'était, il préféra ne pas répondre à Nicolas.
Le jeune garçon aux cheveux châtains soupira avant de tendre la main vers Albus qui la serra.
« Dorian a marqué deux buts, expliqua Potter, tout comme deux autres des poursuiveurs. Mais Finnigan a tendance à laisser plus facilement passer les souafles des autres joueurs.
-Il triche pour que d'autres joueurs réussissent les essais ? s'exclama Nicolas.
- Ce n'est pas tricher puisque ce ne sont que des essais, expliqua Albus. Il ignora le son dédaigneux qui sortit de la gorge de Scorpius. Il n'est pas rare qu'un joueur privilégie un ami, même inconsciemment. C'est au capitaine d'être équitable.
- Donc tout repose sur la décision de James », soupira le jeune Greengrass, désabusé.
Le dernier coup de sifflet retentit et les joueurs quittèrent le ciel pour se rassembler au centre du terrain. Albus et Scorpius attendirent les résultats. Les scores étaient serrés pour les poursuiveurs et il y avait six candidats en liste, dont Dorian.
Après un moment, des voix s'élevèrent parmi les joueurs. James et Ross s'étaient mis à l'écart et semblaient se disputer. Albus fronça les sourcils, c'était la première fois qu'ils voyaient son frère se querellait avec Finnigan.
« Qu'est ce qui se passe ? demanda Scorpius.
- Venez, on va voir, dit Albus en l'attrapant le bras de Scorpius et en faisant signe à Nicolas de les suivre.
Ils descendirent rapidement vers le stade et arrivèrent près des joueurs. Scorpius s'approcha de Dorian pour le féliciter, mais son attention se porta rapidement sur Potter et Finnigan.
« Tu déconnes complètement James ! s'écriait Ross. Prendre Nott est la pire décision que tu es prise en tant que capitaine.
- Je dois sélectionner les meilleurs pour former cette équipe, répliqua James, parfaitement calme, contrairement à son ami dont le visage arborait un rouge maladif. Dorian est parmi les trois sélectionnés parce qu'il a réussi les essais mieux que les autres.
-Il a eu le même score que les autres candidats ! dit- Ross en attrapant son bras, l'obligeant à lui faire face.
S'ils avaient sensiblement la même taille, Finnigan était plus musclé et sa stature plus carrée mais Potter ne sembla pas du tout effrayé.
- En effet, dit James, le regard sombre, ignorant la pression douloureuse qu'exerçait son ami sur son bras, il a eu le même score que les joueurs que tu as laissé gagner. Toi aussi tu as de la chance d'être le meilleur Ross, sinon je t'aurais dégagé de mon équipe pour avoir saboter mes essais.
Finnigan expira bruyamment, puis baissa la tête et lâcha son ami.
James se tourna vers l'ensemble de son équipe et annonça les noms des nouveaux membres. Quand il cita le nom de Dorian, Scorpius s'attendit à un rejet de la part des autres joueurs. Il fut surpris lorsque les joueurs lui serrèrent la main et le félicitèrent pour le match.
« Désolé pour les cogneurs, mais tu les as bien gérer, dit un garçon aux cheveux blonds, et lui donnant une tape sur l'épaule.
Sentant une étrange mélancolie lui enserrer le cœur, Scorpius se recula, laissant Dorian profiter de ses nouveaux coéquipiers et retourna vers Albus qui se tenait à l'écart, les yeux rivés sur son frère, une expression soucieuse peinte sur son visage. Il interrompit sa contemplation lorsqu'il sentit Scorpius posait sa tête sur son épaule.
Il porta son regard sur Nott, toujours encerclé par les membres de son équipe. Il entoura Scorpius de son bras et murmura :
« Ce n'est pas parce qu'il a de nouveaux amis qu'il t'oubliera tu sais ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit Malfoy en se serrant un peu plus contre le jeune Potter.
- Oui bien sûr, dit-il en souriant. Ils vont surement fêter la constitution de l'équipe dans leur salle commune. J'irais bien y faire un tour.
- Ce qui veut dire que tu aimerais que je vienne.
- Evidemment.
Salle Commune de Gryffondor
La salle commune de Gryffondor était réellement agréable.
Contrairement à la salle de Serpentard qui gardait toujours une certaine lueur verdâtre puisque la maison était située juste en dessous du lac, la salle de Gryffondor portait des couleurs chaudes et réconfortantes. De lourds tapis couvraient les murs et une grande cheminée gardait la pièce chauffée et entretenait une ambiance détendue et conviviale.
Si cette pièce ne lui rappelait pas autant le décor de la salle sur demande où James l'avait emmené aujourd'hui, Scorpius se serait senti beaucoup plus détendu.
Il était assis sur le grand canapé faisant face à la cheminée, entouré d'Albus et de sa cousine, un verre de bière-au-beurre à la main.
En fait il s'agissait de son troisième.
Il avait ignoré le regard réprobateur d'Albus quand il s'était servi le dernier. Il écoutait Rose lui parler des problèmes de gestion de l'école, discussion que Scorpius écoutait d'une oreille, tout regardant les lèvres ravissantes de la jeune fille remuer avec enthousiasme.
Elle était très jolie et il n'avait pas hésité à le lui dire. Elle lui avait souri et il avait adoré le rouge qui lui était monté aux joues. Il aimait beaucoup la jeune Weasley. En dehors d'Albus, elle était celle qui lui aspirait le plus de sympathie. Elle se montrait très affectueuse envers lui, mais ne cherchait jamais à l'étouffer avec des conseils maternels. Simplement croiser son regard dans le couloir et la voir lui sourire le rassurer énormément. Elle l'avait accepté sans rien attendre et ne lui demander jamais rien. Elle se contentait d'être là s'il désirait quelque chose.
Le reste du clan Potter-Weasley le mettait mal-à-l'aise.
Hugo et Lily le fixaient comme s'il était la preuve vivante des ragots de leurs parents. Le passé était trop lourd entre les Malfoy et les Weasley. Son grand-père lui-même n'était pas avare quand il fallait dénigrer les têtes rousses et il se doutait que les Weasley-Potter se montraient tout aussi bavards. Il était donc normal que les jeunes l'évitent.
Quant à James…
Scorpius ne savait pas ce que pensaient des autres membres de leur famille, mais il savait qu'Albus n'avait jamais parlé de lui à ses parents et il ne s'attendait pas à ce que Rose le fasse.
Albus préférait garder leur «relation » secrète vis-à-vis de sa famille. Il ne s'était pas étendu sur le sujet, mais il avait fait comprendre à Scorpius qu'en dehors de son père, les membres de sa famille ne le comprenaient pas, et il n'avait aucune envie « de leur expliquer ce qu'ils ne pouvaient pas comprendre ».
Scorpius n'avait pas insisté. Lui-même n'avait pas parlé de son amitié avec le jeune Potter avec son père alors qu'il lui écrivait régulièrement plusieurs fois par semaine. Il ne souhaitait pas lui cacher quoique ce soit, c'était simplement qu'il ne savait pas qui était Albus pour lui.
« C'est le jour et la nuit entre eux, » dit-Albus en montrant quelque chose de la tête.
Scorpius se tourna vers la direction qu'il avait indiquée et aperçut Dorian en grande conversation avec son « Capitaine ».
Scorpius sentit la nausée lui montait aux lèvres à la vue des deux hommes échangeant des politesses. Il n'aurait su dire lequel des deux était le plus hypocrite… ou peut-être était-ce lui-même ?
Albus observait avec attention les échanges entre les deux hommes. Il avait interrogé son frère sur ses motivations un peu plus tôt dans la soirée, mais James était resté vague, disant que Nott « était réellement doué » et qu'il se montrait « impartial » tout comme Albus le lui avait conseillé lorsqu'il avait parlé de Nott avant de commencer leur année à Poudlard.
Mais Albus ne comprenait toujours pas comment un tel changement avait pu s'opérer chez son frère. Lui qui l'avait averti que faire rentrer Nott dans son équipe aurait sans doute des conséquences désastreuses, qui lui avait dit que ce serait une honte pour leur famille qu'Albus se permette d'intégrer Dorian…
- Oui c'est assez bizarre, dit Rose en observant le duo, mais James adore gagner alors peut-être a-t-il mis sa hargne de côté pour le bien de l'équipe ?
Scorpius ignora la conversation et se concentra sur son grand verre de bière-au-beurre, décidé à le vider. Il remarqua avec déception que l'alcool disparaissait trop vite. Qu'importe, la salle commune des Gryffondors regorgeait de trésor liquide.
Soudain il sentit le verre quittait ses lèvres et lui échappait des mains. Il leva des yeux brumeux vers le garçon qui lui avait retiré sa boisson.
« Ne bois pas trop vite, dit Dorian d'un ton désapprobateur. Tu sais très bien que tu ne tiens pas l'alcool. »
Et il vida le reste du verre en une longue gorgée.
Scorpius regarda le jeune garçon devant lui, cet homme qu'il connaissait si bien et pourtant qui semblait si loin de lui aujourd'hui. Il ne reconnaissait pas cette lueur de bien-être dans ces yeux. Cette joie simple que ressentait Dorian maintenant qu'il se sentait accepté par les autres Gryffondors, cette joie qui l'éloignait doucement de lui…
Le bruit de la pièce devint insupportable. Il regarda tous les élèves qui s'amusaient autour d'eux, toutes ces personnes qui les avaient rejetés, ces personnes qui les avaient blessés, qu'ils avaient fuis pendant des années. Comment Dorian pouvait-il oublier si vite, simplement pour connaître le soulagement qu'apporte la normalité ? Il échangeait des gestes amicaux avec les autres élèves, souriait aux avances des filles qui n'auraient pas osé l'approcher auparavant…
Mais ce qui le blessait d'autant plus c'était que Dorian était heureux et que lui ne l'était pas. Au contraire, il se sentait sombrer de plus en plus.
Un goût amer engourdit sa bouche, un goût de souillure et d'abandon. Scorpius ne s'était jamais senti aussi seul. Il avait pensé que si Dorian était heureux, lui-même se sentirait mieux.
Mais non, le bonheur de Dorian dépendait de ce qu'il avait fait et devait faire. Il lui devait ce bonheur alors pourquoi il ne pouvait pas l'avoir aussi ? Et c'était injuste !
« C'est toi qui ne tient pas l'alcool, riposta Scorpius d'une voix rauque et haineuse, sinon tu ne serais pas aussi mielleux avec le Grand James Sirius Potter. Je ne pensais pas que tu oublierais aussi vite ce que ces chiens t'ont fait. Mais si j'étais toi je garderais l'œil ouvert avant que l'un de ces salauds ne te lacère encore le visage. »
Dorian perdit lentement son sourire. Sa bouche s'entrouvrit mais aucun son ne sortit. Au côté de Scorpius, Albus et Rose s'étaient figés, de même que les personnes qui avaient entendus les paroles de Malfoy, créant un soudain malaise dans la salle commune.
« Al, dit James en apparaissant derrière Dorian. Je crois que tu devrais ramener Malfoy dans votre maison, avant qu'il ne dise encore quelque chose qu'il pourrait regretter. »
Potter attrapa Scorpius et le tira doucement du canapé, mais Scorpius se dégagea violemment, les yeux toujours rivés sur Dorian.
Celui-ci n'avait pas bougé et son visage ne trahissait pourtant aucune émotion. Il attrapa à son tour le bras de Scorpius et l'entraina à travers la salle commune jusqu'à l'escalier en colimaçon conduisant au dortoir des garçons. S'assurant qu'ils étaient seuls, il plaqua Scorpius contre le mur.
« Qu'est-ce qu'il se passe? Qu'est-ce que tu veux me dire ? demanda-t-il en scrutant Scorpius. Il semblait lutter pour garder son calme.
- J'ai dit ce que j'avais à te dire, riposta le garçon en supportant le regard interrogateur de son ami.
- Non. Tu as juste essayé de me faire mal, insista-t-il avec force. Qu'est-ce que tu essaies vraiment de me dire ?
Scorpius ouvrit la bouche mais les mots s'éteignirent dans sa gorge. Troublé, il détourna les yeux.
Il aurait voulu déverser sur lui des mots de haine et de reproches. Lui dire que s'il était accepté aujourd'hui c'était grâce lui et qu'en échange il n'avait rien sinon un ami qui s'éloignait de lui. Mais ces mots lui parurent faux.
Nott avait mérité son poste dans l'équipe, et s'il ne s'était pas fait tabasser depuis un moment grâce à ses ébats avec Potter, Malfoy n'était pas sûr que James ne l'ait pas sélectionné pour ses talents puisqu'il avait fait un match incroyable. Et puis, cette situation était son choix… Il lui avait égoïstement reproché ses propres décisions. Dorian ne l'avait pas poussé dans le lit de James.
- C'est bien ce que je pensais, dit Dorian avec dédain devant le silence de Malfoy, tu es incapable de me dire ce qu'il se passe vraiment. Tu sais simplement te taire. Et tu lances des phrases blessantes contenant les indices de ton mal-être et c'est à moi de décoder ce qui se passe dans ta putain de cervelle !
Dorian frappa le mur à côté de la tête de Scorpius qui sursauta. Il sentit les larmes envahir ses yeux.
- Tu ne peux pas continuer à faire ça, continua Dorian, si tu as quelque chose à dire, dis-le ! Mais ce genre de phrases cinglantes, je ne veux plus jamais les entendre !
Scorpius tremblait. Il sentait d'avantage une demande implorante dans les paroles de Nott plutôt qu'une menace.
- Je suis juste jaloux, dit-il enfin et les larmes coulaient sur ses joues. Et j'ai peur de te perdre.
- Ce genre de phrases non plus, je ne veux plus les entendre, dit Dorian en posant ses lèvres sur son front.
Sa voix était plus légère maintenant, presque tendre. Scorpius sourit et ferma les yeux, bercé par la chaleur familière de Dorian. Ils restèrent un instant ensemble, goûtant au réconfort qu'ils savaient si bien s'apporter. Puis Malfoy sentit les lèvres de Nott quitter son visage.
- Tu devrais retourner dans ta maison, dit-il enfin en s'éloignant.
Scorpius acquiesça et laissa son ami le ramener dans la salle commune. Tous deux ignorèrent les regards qui fusèrent sur eux et Dorian s'approcha du canapé où Rose et Albus étaient restés assis.
« Tu peux le ramener? demanda-t-il à Albus.
Le jeune Potter posa son verre et après avoir souhaité une bonne nuit à Rose, se retrouva dans les couloirs isolés du château avec Scorpius.
Pendant leur retour au dortoir, Albus n'avait pas prononcé un seul mot. Au départ, Scorpius ne s'en était pas inquiété, lui-même n'avait pas vraiment envie de parler. Mais maintenant qu'ils s'approchaient du dortoir des Serpentards, ce silence devenait franchement désagréable. Il observait le jeune Potter qui avançait, tête baissée, concentré sur ses pas, les mains plongées dans les poches de son jeans.
Scorpius, même s'il respectait le besoin de tranquillité de son ami, n'avait aucune envie de le regarder ruminer tout le long du chemin.
« Tu vas finir par me parler, ou tu comptes te morfondre jusqu'à ce que tu rejoignes ton lit ?
Albus stoppa net, levant les yeux vers Scorpius qui fut surpris d'une réaction si brutale.
- Alors comme ça, on est des chiens ? demanda Potter, en jaugeant Scorpius de haut en bas.
Scorpius écarquilla les yeux. Pendant un moment, il ne sut pas de quoi Albus voulait parler. Puis il se souvint de ses paroles dans la salle commune de Gryffondor.
- Cette phrase ne t'était pas destinée, dit-il en posant sa main sur l'épaule de d'Albus, mais celui-ci la repoussa négligemment.
- Oui bien sûr, elle était destinée à tout le monde sauf à moi, dit-il avec ironie.
Il s'adossa contre le mur, gardant toujours ses mains dans les poches de son pantalon. Il semblait fatigué.
« Tu as insulté des membres de ma famille et les personnes qui t'avaient accueilli dans cette école et tu penses que tu peux t'en sortir avec ta petite gueule d'ange. Oh efface cette expression indignée de ton visage ! Tu parles de ton physique comme d'un désavantage mais le fait que la moitié de l'école veuille te sauter t'arrange bien. Seulement ça ne marche pas toujours comme ça. Et moi j'en ai marre d'être celui qui te ramasse à chaque fois que tu fais une connerie. J'ai l'impression ne servir qu'à ça.
- Tu es vraiment gonflé de me dire ça, s'indigna Scorpius. D'accord je ne suis pas facile à vivre et j'agis égoïstement je m'en rends compte et j'en suis désolé, mais tu ne peux pas dire que tu ne fais que m'assister quand j'ai un problème. Depuis qu'on se connait tu en as appris plus sur moi que Dorian en a appris en plusieurs années.
- Ah ouais ? répliqua Albus, profondément désabusé. Et bien Dorian ne doit pas savoir grand-chose, parce que je ne sais rien de toi. Tu ne comprends pas tes réactions, je ne connais pas tes goûts. Tu ne me dis rien et chacune de tes caresses ressemblent à des manipulations. Tu ne ressens rien pour personnes, tu possèdes les gens, rien de plus. Pour connaître ton passé, il faudrait d'abord que je brise ta carapace et je commence à penser que j'en suis incapable. Je pensais qu'on commençait à construire quelque chose de fort… Et voilà tu piques une crise simplement parce que Dorian commence à se sentir mieux, comme si tu voulais le maintenir dans le même état de tristesse dans lequel tu te complais. Et dans ces moments-là, je n'existais même plus. »
Il leva les yeux vers Scorpius qui n'avait pas bougé, les yeux fixés sur le sol, et il sourit tristement.
« J'ai tout faux avec toi, toujours. Et j'essaye, je suis tellement con que j'essaye encore. Mais à quoi bon puisque tu ne vois rien.»
Le silence tomba entre eux comme une sentence, mais Scorpius avait l'impression que les mots de Potter résonnaient encore contre les murs, à moins que ce ne fût dans son crâne. Il ne parvenait pas à assimiler ce qu'Albus venait de lui dire. Est-ce qu'il essayait de lui déclarer quelque chose ? Scorpius savait que leur relation était intense mais il avait pensé qu'il s'agissait plus d'un état de dépendance qu'un lien affectif réel. Et maintenant, Albus…
- Pourquoi tu fais tout ça ? Qu'est-ce que tu attends de moi ? demanda Scorpius après un moment de silence.
- Si tu poses la question c'est que tu n'as rien compris.
- Non en effet ! explosa Scorpius, et Albus se redressa soudain, surpris. Scorpius s'avança vers lui. Il porta les mains à son visage, massa doucement ses paupières comme s'il essayait de s'éclaircir les idées tout en repoussant la fatigue qui le tenaillait.
« Je ne comprends pas, dit-il enfin. Je ne comprends pas ce qui te pousse à me dire ça, ni même ce que tu essaie de me dire. Tu débites des paroles qui n'ont simplement aucun sens. Tu dis qu'on a commencé à construire quelque chose de fort ? Mais moi je n'ai rien construit ! Ce qui se passe entre nous a surgi de nulle part. Je n'ai jamais recherché ta présence, ni même ton aide ou ton affection. Avant que tu ne viennes me parler le week end avant le départ, je n'avais jamais imaginé que nous pourrions être aussi proches. C'est toi qui est venu vers moi, qui m'a tout offert et qui a créé cette dépendance chez moi. Tu as débarqué subitement dans ma vie, occupant le plus de place possible et maintenant tu me reproches de ne pas répondre des sentiments dont je ne sais rien !
- A t'entendre j'ai tout manigancé, dit sèchement Albus.
- Je n'ai pas dit ça non plus…
- Je voulais simplement te rencontrer, l'interrompit Albus, je n'avais pas prévu ce qui s'est passé ensuite.
Scorpius le regarda longuement, surpris.
- Tu voulais me rencontrer… mais pourquoi ?
Albus se mit à rire, un rire grave et désabusé.
- Je ne sais même plus maintenant, dit-il enfin. Ecoutes, je ne suis pas en train de te parler d'amour ou quoique ce soit, je dis seulement qu'il y a quelque chose de fort entre nous et j'aimerais savoir si je suis le seul à penser cela. Parce que toi, j'ai l'impression que tu ne ressens rien.
Albus était fatigué. Il avait l'impression que seul le mur contre son dos lui permettait de rester debout. Les mots de Scorpius résonnaient dans sa tête et lui serraient le cœur. Il avait raison, Malfoy n'avait rien exigé de lui, c'est lui qui avait tout déclenché.
Il regardait le garçon qui se trouvait devant lui et qui gardait maintenant les yeux sur le sol. Il avait entouré son corps de ses bras, comme pour se protéger du froid ou de ses démons. Albus remarqua qu'il se mordillait sa lèvre, réflexe qu'il avait toujours lorsqu'il désirait dire quelque chose, mais il finissait toujours par se taire. Al maudissait ce silence, il en avait assez il voulait que Scorpius parle !
« Oui, quoiqu'il soit en train de se passer entre nous, c'est très fort », finit par dire Scorpius.
Sa voix était très faible, presque un murmure. Il passa nerveusement les mains sur son visage avant de glisser ses doigts dans ses cheveux, les tirant en arrière. « Mais je ne sais pas ce que c'est. Et pour tout te dire, je trouve que c'est effrayant que ce soit si intense alors que nous nous connaissons depuis si peu de temps. Même toi tu ne sais pas comment appeler notre « relation ». C'est trop tôt et ce n'est peut-être pas encore le bon moment. »
Scorpius vit Albus acquiescer mais il ne semblait pas convaincu pour autant. Il le regarda passer sa main dans ses cheveux bruns décoiffés, un tic nerveux familier qui fit sourire Scorpius.
- Et pour Dorian, qu'est-ce tu ressens ? demanda Albus, redoutant la réponse qu'il obtiendrait.
- Dorian est presque mon frère, répondit Scorpius une pointe d'agacement dans la voix, visiblement mécontent de la tournure de la conversation.
- Et vous n'avez jamais…
- Non.
- Mais il a surement voulu…
- Peu importe ce qu'il a voulu, ça n'est jamais arrivé ! Mais bon sang... comment on en est arrivé à cette conversation ?
- J'ai besoin de savoir qui je suis pour toi.
Scorpius hésita et s'approcha de Potter pour le prendre dans ses bras, mais Albus l'arrêta, l'attrapant par les épaules. Il voulait que Scorpius lui parle. Il en avait assez de ses étreintes silencieuses où il devait deviner ce que Malfoy voulait lui dire.
Le jeune garçon, détourna les yeux, troublé par le regard brillant de Potter. Il hésita puis murmura :
- Tu es important et je tiens à toi. Est-ce que tu peux te contenter de cela pour l'instant ?
Et Albus referma ses bras autour du garçon.
J'espère que vous avez aimé!
Review s'il vous plait, je mets du temps mais j'écris de longs chapitres!
