Enfin!
Je pensais que je ne le finirais jamais!
J'avoue que j'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre. Il clore une partie importante de l'histoire pour de nouvelles perspectives pour Albus et Scorpius.
Mais ça ce ne sera pas avant le chapitre prochain.
J'aimerais beaucoup avoir votre avis sur ce chapitre.

Je vous remercie encore pour vos commentaires!
J'espère que celui-ci vous plaira!

Enjoy!

Chapitre 15: A nue

Les soupirs envahissaient le dortoir et se répercutaient sur les murs. Une odeur musquée imprégnait les lieux, une chaleur des corps, étouffante.

Scorpius chevauchait toujours James. Il gémissait, le visage enfouit dans le cou du garçon. Sa main se crispait sur son épaule, en plongeant les ongles dans sa chair. Son autre main tenait le sexe de James qui faisait de même pour lui. Son odeur l'enivrait, l'enveloppait jusqu'à le faire frémir. Il avait presque l'impression de tenir Albus contre lui. Mais il ne se faisait pas d'illusion; c'était bien les soupirs de James qui sifflaient à son oreille. Il fit glisser ses lèvres sur sa gorge, et sa joue avant de posa son front contre le sien, relevant légèrement le bassin pour voir son sexe et celui de James dans leurs mains. Les pupilles de Potter étaient dilatées, ses yeux assombris et fiévreux alors qu'il fixait les doigts blancs et fins qui couraient sur son membre gonflé. Sa main serra la hanche de Scorpius, imprimant la marque de ses doigts dans sa peau, imposant un rythme sensuel contre son propre corps.

- Serre plus fort gémit-il et quand Scorpius resserra ses doigts, un râle sec échappa de ses lèvres et son corps se crispa. Sa chemise ouverte, son ventre visible se contracta plusieurs fois et soudain il attrapa la main de Scorpius pour l'immobiliser, sans arrêter de branler le garçon même s'il ne parvint pas à garder le rythme. Il semblait lutter pour se calmer, la mâchoire serrée, ses cheveux collaient à son front. Malfoy sourit.

- Tu allais jouir James ? dit Scorpius, mais sa voix tremblante était moins moqueuse qu'il ne l'avait espéré; lui-même n'était pas loin de se répandre entre leurs deux corps, accablé par les caresses et la poigne que James exerçait sur lui.

Potter expira bruyamment et il leva ses yeux sombres vers Scorpius.

- Pas avant toi, souffla-t-il d'une voix roque et profonde et il accéléra le mouvement, branlant le garçon plus fort, refermant ses doigts autour du membre en un étau puissant et brûlant.

Scorpius expira en riant, se courbant, à demi-aveuglé par le plaisir, tremblant de tout son corps. Il passa le pouce sur le sexe dans sa main, arrachant un gémissement au garçon qui jeta la tête en arrière sur l'oreiller, la respiration haletante.

- C'est ce qu'on va voir, murmura Scorpius.

C'était comme la dernière fois. Il aime ça. Ce plaisir masculin, il adorait ça. C'était cru, sauvage presque animal. Sans conséquence. Sans possession comme avec une femme, sans humiliation comme les autres fois... Pour une fois, c'était son choix et à ce titre, il était l'égal de James. Leur plaisir était identique, égoïste. Un acte de l'instinct où le coeur n'avait pas sa place, où les vibrations qui transperçaient son corps disparaitraient après la jouissance sans laisser de trace, ni de douleur. Et même si une part de lui-même se révulsait à cette idée, la sensation d'avoir James sous lui, à sa merci... l'excitait.

Le plaisir s'intensifia, enfla, alors que leurs râles devenaient plus lascifs et puissants. Scorpius laissa les gémissements passer ses lèvres sans honte, accompagnant les mouvements sur son sexe du soulèvement de ses hanches, tressaillant sous le plaisir. Il sentait la sueur glisser de sa nuque et perler dans son dos. Ses cuisses convulsaient, se contractaient autour de James, sa main s'enfonçait dans les draps à côté de sa tête, les serrant dans son poing. Ses gestes s'accélérèrent, devenant erratiques, brutaux et désordonnées. L'air lui manqua, respirer semblait plus difficile. Soudain une vague brûlante s'empara de lui contractant tous les muscles de son corps. La pièce tourna et le plaisir l'aveugla alors qu'il criait à travers ses dents serrées et se répandait sur le ventre de son amant.

Son corps convulsa encore, deux, trois fois; et le calme le prit, accompagnait d'une fatigué, délicieuse et grisante. Il ne sut si c'était son cri de plaisir ou celui de James qui se répercutait sur la pierre. Un instant, il oublia tout. Tout. Et c'est ce qu'il avait désiré depuis si longtemps.

Trop tôt, les couleurs lui revinrent, et le son de sa propre respiration, profonde, lui parvint aux oreilles, étrange et lointaine. Puis les odeurs, les sons de la nuit à l'extérieur de la tour. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine alors qu'une langueur paralysante s'insinuait dans son corps. Il sentit James attraper son poignet et repousser sa main. Il ne s'était même pas rendu compte que le garçon avait jouis en même temps que lui, la pression sur son sexe devait maintenant être douloureuse. Il le chevauchait toujours mais il ne se sentait pas la force de bouger. La tête penchée en avant, il laissait ses cheveux tomber sur ses yeux, le dos légèrement vouté, et les bras ballants. James ne fit aucun geste pour le repousser. Scorpius écoutait leur respiration qui perdait d'intensité alors que l'excitation et le plaisir quittaient leur corps. Malfoy avait vaguement conscience des mains qui caressaient ses genoux pour remonter sur ses hanches pour redescendre et s'arrêter sur ses cuisses. Il sentit James s'agiter sous lui ce qui l'irrita. Il n'avait pas envie de bouger pour l'instant.

James releva la tête, et grimaça devant les filets de sperme parsemés sur son abdomen.

«Donnes-moi ma baguette» dit-il accentuant son propos d'une légère tape sur la cuisse du garçon qui semblait somnoler sur lui.

Inspirant sèchement pour contenir son agacement d'être dérangé, Scorpius se redressa et ouvrit les yeux, découvrant lui aussi les fils visqueux qui couvraient Potter. Il ne fit aucun geste vers la table de nuit, et dans un geste vif, il referma la chemise sur les traces blanchâtres qui serpentaient sur le ventre et le torse de James.

- Putain ! Tu fais quoi là ? s'exclama Potter dans un sursaut qui les souleva presque tous deux du matelas, écœuré de la texture humide qui collait à sa peau et à sa chemise.

- ça ne te rappelle rien ? s'enquit Scorpius, une moue méprisante au bord des lèvres.

Le visage de James s'assombrit de colère. Il n'eut aucun mal à se rappeler leur première rencontre sexuelle sur le carrelage des toilettes du 4ème étage et la façon dont cela s'était terminé. Il serra les poings.

- Dégages !

Et quand Scorpius, joueur, prit son temps pour l'enjamber, il le poussa violemment sur le côté. Furieux, il se leva, retira sa chemise et essuya les traces blanches sur son ventre, une moue de dégoût sur ses lèvres pincées, avant de rouler le tissus et de s'essuyer les mains. Il finit par jeter le haut chiffonné à travers la pièce, en lâchant un juron. Scorpius eut presque envie de rire, mais il se retint. Il n'avait pas envie d'expliquer un œil au bord noir ou une autre lèvre fendue. Même s'il n'était pas sûr qu'il en arriverait là. Malfoy devait avouer que James avait plus de patience qu'il ne l'aurait pensé. Il s'allongea sur le lit, nonchalamment, s'installant confortablement sur la couverture tout en observant le garçon.

James fixait le tissu sur le sol, torse nu. Sa poitrine se levait et se rabaisser vivement.

- Apparemment tu n'aimes pas tes propres méthodes,» murmura Scorpius, amusé par la colère de James, alors qu'il referma doucement son pantalon. «C'est humiliant hein ?

James leva les yeux au ciel, et inspira profondément, les mains sur les hanches, avant de reporter son regard sur le garçon allongé sur son lit. Il le scruta un moment, sa langue roulait à l'intérieur de sa joue, le calme semblait revenir en lui. Il secoua la tête, et ouvrit la malle au pied de son lit. Il en tira un t-shirt noir qu'il passa et ajusta sur son jean. Il s'approcha du lit en fermant sa boucle de ceinture.

«Pousses-toi», dit-il à Malfoy en lui désignant le bord du lit.

Fronçant les sourcils, Scorpius tarda à s'exécuter, surpris. Il pensait que James allait partir ou lui demander de le faire. Voyant son hésitation, James l'attrapa sous le coude, le souleva et le déplaça légèrement, l'encourageant à prendre le côté du lit. La surprise de Malfoy s'intensifia quand James s'allongea à ses côtés, jambes croisés, ajustant l'oreiller derrière lui. Il prit le livre qu'il lisait précédemment et retrouva la page qu'il avait abandonné.

Un silence étrange s'installa et étonnamment, après un long regard inquisiteur que James ignora pendant de longues minutes, Scorpius finit par se détendre. Il posa sa tête sur son bras et l'oreiller, et fixa le plafond. Le lit était étroit et ils ne parvenaient pas à éviter un contact entre eux, mais Malfoy était plus à l'aise qu'il ne l'aurait cru. Il se demanda si c'était parce que ni lui ni James n'attendait quelque chose de l'autre. Ils étaient clairs qu'ils ne s'appréciaient pas, le constat était simple. Pourtant jamais ils n'avaient partagé un moment de détente et de silence comme celui-ci. Ils étaient là sans l'être. Tous deux perdus dans leur monde. N'ayant rien à partager le silence leur convenait. Malfoy se dit à plusieurs reprises qu'il devrait partir, mais pour quoi faire? Il n'avait nulle part où aller. Il ne savait pas où était Dorian. Au fond, il n'avait personne. Il secoua la tête à cette pensée, comme si ce mouvement pouvait chasser les idées noires de son crâne et il se tourna vers le livre que tenait James dans ses mains. Il sursauta à la vue des images, des corps ouverts, du sang et de la chair qu'on tranchait.

- C'est dégueulasse! s'exclama-t-il en montrant le livre de médecine moldue.

Calme, James ne quitta pas la page des yeux.

- C'est une poitrine ouverte.

- Mais c'est affreux!

James soupira, levant les yeux au ciel en murmurant «pur-sang» avec mépris.

- Les moldus ne font pas de magie, dit-il d'un ton professoral que Scorpius apprécia moyennement. Comment veux-tu qu'ils soignent l'intérieur du corps? Ils sont obligés d'utiliser des machines ou de couper et de regarder.

Barbares... souffla Scorpius. James secoua la tête mais ne put réprimer un sourire en coin.

Il ouvrit les lèvres et sembla hésiter puis dit:

L'été dernier j'ai rencontré un chirurgien et...

Un quoi?

Un chirurgien, insista James, impatient, comme s'il parlait à un enfant un peu attardé. C'est un guérisseur mais qui ouvrent les malades pour les soigner.» Il ignora le haut de cœur de Scorpius et continua en posant le livre sur son ventre. Sa voix vibrait légèrement alors qu'il parlait: «Il m'a raconté que le cœur d'un patient s'était arrêté de battre pendant qu'il l'opérait et qu'il avait fait repartir le cœur en le prenant directement dans ses mains et en le massant jusqu'à ce que le battement revienne.» Il fit délicatement une boule avec ses mains, comme s'il tenait une balle extrêmement fragile entre ses doigts. «T'imagine, tenir un cœur dans tes mains?» Scorpius leva un sourcil dubitatif devant son enthousiasme et ne répondit pas. James détourna les yeux et se racla la gorge, mal à l'aise, comme s'il ne pouvait se permettre de montrer une émotion devant Scorpius. «Enfin bref, peu importe. Tu t'en fous non?

- Un peu.»

C'était faux. S'il ne comprenait pas l'intérêt d'ouvrir un corps pour le soigner, il enviait la passion dans la voix de James quand il en parlait. Mais il se refusait à lui dire.

Potter passa la main dans ses cheveux. La colère brillait à nouveau dans ses yeux.

- Ouais. Je m'en doute souffla-t-il en posa le livre sur la table de chevet. «Je ne sais pas pourquoi je perds mon temps à t'expliquer quoique ce soit.»

Il se redressa et se pencha sur Scorpius qui retint sa respiration, levant légèrement les bras pour parer un éventuel coup. Mais James l'attrapa sous les genoux et le tira un peu plus bas dans le lit. Il écarta ses cuisses et se coucha entre elles. Une position et une chaleur qui rappelaient des souvenirs que Malfoy aurait préféré oublier.

«N'y pense même pas James ! s'exclama Scorpius.

- J'ai compris ! dit Potter en repoussant les mains qui se crispaient sur ses épaules et le repoussaient. Il s'allongea doucement sur lui, si tendrement que Scorpius se tétanisa, le souffle coupé. Il imprima ses pouces dans ses côtés. Scorpius le sentit humer ses cheveux, son souffle chatouillait son cou, ses lèvres glissaient sur sa gorge. Il supportait, mais la poitrine sur sa propre poitrine était trop lourde et l'étouffait. A bout, Scorpius s'apprêta à le repousser mais James s'écarta soudain. Il reprit sa place, installé sur le côté il regardait le garçon, parcourant son visage.

- Qu'est-ce qu'il y a? soupira Scorpius, exaspéré par l'attitude, le silence et le regard inquisiteur du garçon.

- Mon père m'a dit de te laisser tranquille.

Malfoy se redressa soudain sur les coudes, fixant James d'un air effrayé. Les paroles de James s'insinuaient dans son corps comme un poison glacé.

- Comment il a su? souffla-t-il.

James se rallongea sur le dos, posant la tête sur son bras.

- Il ne sait rien, il ne veut pas savoir. Mais il se doute.

- Comment il a su? insista Scorpius.

- A cause de toi, s'exclama-t-il en levant les bras au ciel. A cause de la façon dont tu l'as regardé quand il nous a vus dans le vestiaire.

Scorpius réfléchit, cherchant à quel moment il avait pu laisser paraître une pareille chose. Il se souvenait avoir croisé le regard d'Harry Potter dans le vestiaire après le match. Quand on dit que les aurors ont l'instinct aiguisé...

- Je ne l'ai pas regardé, se justifia Malfoy. Je vérifiais juste qu'Albus ne nous regardait pas.

Il soupira bruyamment et reposa brutalement la tête sur l'oreiller, agacé. Saleté d'auror!

Potter fit courir son index sur son bras.

«Tu ne lui parles plus, tu ne veux plus le voir, tu quittes son équipe. Mais tu ne veux pas qu'il sache pour nous.»

James posa ses lèvres sur son épaule, les fit glisser sur la peau, songeur. Soudain il s'éloigna, il lâcha un juron et tapait du poing le mur au-dessus de leur tête et rallongea. Il plia un bras sous la tête qu'il posa sur l'oreiller. Il fixait le plafond, ses yeux s'agitaient.

- Il faut qu'on arrête, dit-il enfin. Pas à cause de mon père. A cause du match. Si Albus ne t'avait pas rattrapé qu'est ce qui se serait passé?

Scorpius ne parvenait pas à comprendre sa question. Il ne savait pas. Il espérait qu'Albus le rattrape. S'il ne l'avait pas fait, il... il n'en savait rien.

- Je n'y ai pas réfléchi, dit-il.

James acquiesça sans le regarder.

- Justement, murmura-t-il. Tu tiens vraiment à mon frère.

- Je te l'ai dit.

James se tourna vers lui, plongeant ses yeux dans les siens.

- Non je veux dire vraiment.

Malfoy soutint le regard de James et il comprit. Il comprit que c'était une véritable révélation pour Potter. Il n'y avait jamais cru. Il n'avait jamais imaginé qu'Albus puisse être si important pour lui. Et de fait, il réalisait à quel point leurs escapades ensemble, dans le dos de son petit frère, était une situation sordide, cruelle.

Ah c'est maintenant que tu t'en rends compte ? ironisa-Scorpius, la voix teintée de mépris. Une autre façon de le traiter d'imbécile et il espérait que Potter le prendrait comme tel. Mais James se détourna et Scorpius eut presque envie de le frapper. Cette situation était absurde. Assis dans le lit, raide, la colère montait en lui par bouillon. «Je trouve ça dingue que tu me dises que tu veux arrêter. C'est moi qui voulais arrêter.»

- Je ne vois pas la différence.

- Ah ouais ? Tu sais que c'est cet arrangement qui m'a fait perdre Albus ?

James se redressa soudain et attrapa Scorpius par le bras, serrant jusqu'à lui faire mal.

- Vas te faire foutre. Tu as perdu Albus tout seul ! Ne me mets pas ça sur le dos!

- C'est ça, donne toi le bon rôle, tu es très doué pour ça! cria Scorpius en se dégageant.

- Le bon rôle? Notre arrangement ne m'intéresse plus et je le romps, en quoi ça me donne le bon rôle?

Scorpius ouvrit plusieurs fois la bouche, interloqué. Il ne parvenait pas à croire ce qu'il entendait.

«C'est facile pour toi hein?» murmura-t-il. « Tout ça, ça ne signifie rien.»

Oui, c'était si facile pour James. C'était lui qui les avait mis dans cette situation. Il avait créé ce chaos sans effort et il en ressortait de la même façon. En douceur, sans culpabilité.
Tout était facile pour James Sirius Potter!

Au fond, tout cela n'avait eu aucune importance pour lui, alors que Scorpius aurait voulu s'arracher la peau à chaque fois que James lui avait fait l'amour.

Et c'était James qui arrêtait? En faisant, cela il crachait sur les dernières bribes de fierté que Scorpius possédait encore. Que devait-il faire maintenant? Le remercier de l'avoir libéré? Faire comme si rien ne s'était passé? Scorpius eut envie de vomir. Il sentait des larmes de colère lui monter aux yeux alors qu'il fixait Potter. Quand il parla sa voix tremblait mais il n'en eut pas honte. Il se fichait bien de baisser sa garde maintenant, trop c'était trop.

- Tu sais ce qui m'énerve là ?» Il sentit une larme glisser sur sa joue. James entrouvrit les lèvres, surpris et sembla perdre son assurance devant le garçon qui tremblait devant lui. «C'est que je n'ai pas voulu ça ! J'ai détesté chaque putain de moments où tu me demandais de te rejoindre. Je crois que tu ne comprendras jamais ce que tu m'as fait endurer James.» Sa voix s'était brisée. Il inspira profondément, et passa ses paumes sur ses yeux. Il refusait de pleurer d'avantage devant lui. Il ria d'un rire sombre. «Franchement je me suis impressionné tu sais? J'arrivais presque à me détacher de ce qu'on faisait. A me dire que ça n'arrivait pas vraiment. J'ai même fait encore mieux. J'ai appris à ne plus te craindre, et à prendre de toi ce que je voulais. Ça m'aura pris quoi? Un ou deux mois? On peut dire que j'ai fait un putain de travail sur moi-même, tu ne crois pas?» Les yeux baissés, James ne répondait pas. «Et maintenant que je n'ai plus peur de toi, que tu n'as plus de pression sur moi et, étonnamment, que j'y trouve mon compte, c'est toi qui arrête... ?» Il secoua la tête, la mâchoire serrée. Glissant du lit, il attrapa ses chaussures. «Tu m'auras vraiment baisé jusqu'au bout James.»

Je t'aime.

Scorpius s'arrêta, glacé. Un instant, il douta d'avoir entendu les mots prononcés. Il se retourna vers Potter. Le garçon relevait doucement la tête, un sourire mélancolique sur sa bouche. Il mordilla sa lèvre.

- Depuis la première fois qu'on s'est vu, dit-il sur un ton de confession. Au premier regard. Un coup de foudre, ce genre de connerie...

Tu te fous de moi? souffla Scorpius, figé près de la fenêtre. Ses jambes tremblaient, il n'aurait jamais dû venir, il ne voulait pas entendre cela.

J'ai essayé de te sortir de ma tête», continua James. Il s'assit sur le bord du lit. Penché en avant les coudes sur les genoux, tapa son poing dans sa main. «Je me suis accroché à ce que tu m'as dit ce soir-là, à ce sale regard que tu m'as lancé, à ces paroles.» James grimaça comme si se souvenir lui était désagréable. «Après j'ai lu pas mal de choses sur toi, des ragots, des rumeurs, et j'ai pris le parti de les croire tous. ça te donnait le plus détestables des caractères, une petite pourriture. Je regardais les photos, celles où d'autres hommes posaient leurs mains sur toi. J'essayais de m'écœurer. Je me suis dit qu'en me prouvant que tu étais une raclure, je finirai par penser que tu ne me méritais pas et je pourrais te dégager de ma tête une fois pour toute. Mais ça n'a pas marché. ça n'a rien changé. Je suis restée accroché.

- oh pitié James!» l'interrompit Scorpius. Il mit ses chaussures et commença à les nouer, tirant fortement sur les lacets. C'était encore un de ses jeux tordus. Ce n'était que ça. Et il n'allait pas tomber dans le panneau si facilement. Quand il releva James n'avait pas bougé, assis sur le lit, les coudes sur les genoux, la tête légèrement inclinée. «Je ne veux pas paraître insensible,» commença-t-il, «mais je ne crois pas au coup de foudre et à ce genre de chose. Tu es égoïste et arrogant et tu n'as simplement pas accepté que quelqu'un sur cette terre ose te dire non, à toi James Sirius Potter ! Certes, j'ai abusé, il y avait du monde et je t'ai humilié. Tu aurais pu oublier ce qui s'était passé, mais tu as choisi de te complaire dans ce souvenir. Tu l'as même mystifié ! Sois honnête avec toi-même, c'est ton orgueil qui a été blessé, pas ton cœur.

- Je te déteste! dit soudain James en levant la tête, avec tant de passion qu'il semblait lui parler d'amour. Ses lèvres frémissaient légèrement et ses yeux brillaient. A cet instant, Scorpius sut qu'il s'était trompé. Inconsciemment, il secouait la tête. Il refusait tout cela. Il refusait de penser que ce garçon l'avait aimé dès le premier jour. Ou du moins qu'il s'en était persuadé. Et James continua:

C'est plus tard que mon orgueil a été blessé. Ici, à Poudlard. J'ai cru que c'était moi. » James ria sans conviction, en secouant la tête, se moquant de lui-même. « Que j'avais quelque chose de spécial et que tu m'avais rejeté pour cette raison, alors que tu avais dit oui à d'autres hommes, bien d'autres... Mais non. Je l'ai compris la première fois que j'ai couchée avec toi. Toutes ces rumeurs étaient fausses.» Il leva les yeux et scruta le garçon : «Tu n'as eu personne avant moi. Et ça, ça voulait dire une chose: tu m'avais rejeté comme tu avais rejeté tous les autres. Je n'avais rien de spécial. Tu les as tous rejetés.» James mit sa tête dans ses mains, il semblait épuisé: «Je ne comprends pas pourquoi tu as fait ça.

Malfoy ne bougeait pas, les yeux perdus dans le vide. Il voulait refuser de croire ce que lui disait James. Mais les choses prenaient sens. Il avait toujours pensé que James jouait avec lui un jeu tordu. Il n'avait jamais essayé d'expliquer son double comportement envers lui. La façon dont James soignait ses mains, la veste qu'il avait mise sur lui quand il s'était endormi sur le sol, sa manière de le défendre en feignant l'indifférence. C'était pour ça qu'il avait été cherché de l'aide le jour où Goyle lui avait cassé la figure et qu'il était allé prévenir Dorian pour qu'il soit avec lui à l'hôpital…

Alors pourquoi...?» La voix de Scorpius s'étrangla dans sa gorge. «Pourquoi tu...?»
Et si c'était vrai, alors comment avait-il pu lui faire ça ?

James soupira et se leva pour rejoindre Scorpius près de la fenêtre. Il s'y adossa non loin du garçon. Accablé par le silence, Malfoy se tourna vers lui, entourant son propre corps de ses bras en attendant qu'il parle. Il se sentait terriblement fragile en cet instant, peut-être parce que James l'était aussi. Aucun d'eux ne jouait maintenant. James regardait au dehors, tapotant la vitre froide du dos de ses doigts.

- Quand je t'ai vu seul le premier jour à Poudlard, j'ai...» Il se tut, et un bref rictus de colère apparut sur ses lèvres et il tapa une dernière fois du poing sur la vitre avant de faire face à Malfoy. «Mon frère était descendu du train le nez en sang parce qu'il avait pris un coup qui t'était destiné. Nott s'était fait cassé la gueule par des Gryffondors, mais tu pourras dire ce que tu veux c'est lui qui a commencé à hausser le ton. Je te voyais avec mon frère à table et je savais que vous partagiez le même dortoir. Ça m'a rendu dingue. Vous veniez d'arriver parmi nous et vous étiez déjà la gangrène de cette école. Alors quand je t'ai vu, perdu dans le couloir à la recherche de la tour des Gryffondors... Je me suis dit que c'était le moment. Celui que j'avais attendu durant tout ce temps. Je voulais juste te faire mal ! Assez mal pour que tu regrettes ce que tu avais fait et pour que tu t'éloignes de mon frère. Une raclée, comme Dorian, c'était le plan. Mais je te voulais alors j'ai… » Il se tut et passa ses mains dans ses cheveux. Il regardait Scorpius qui refusait de croiser son regard, les bras serrés autour de lui. « Tu dis que tu n'as jamais voulu ça, mais ce n'est pas ce que je voulais non plus! Pas comme ça. Je ne pensais pas que tu étais... Je ne te croyais pas si fragile. Et après il était trop tard pour faire marche arrière. Je préférais ta peur et même ta haine à ton indifférence. C'était déjà ça. Tu me regardais moi. Ces moments n'appartenaient qu'à nous. Oui ils étaient sombres, ils étaient imparfaits et cruelles. Mais j'avais au moins ça, j'avais au moins ça!

- Pourquoi tu me dis ça maintenant ? souffla Scorpius.

- Pour la même raison que je veux tout arrêter. Je veux que tu me donnes le coup de grâce. J'en ai marre de toi. J'en ai marre de te voir avec Albus, comme j'aurais aimé que tu sois avec moi.

- Comme je suis avec Albus ? Avec toi ? Mais t'as gâché toute chance que ça puisse arriver un jour !

- Je sais putain je sais ! Je voulais t'avoir mais j'étais en colère et je voulais… te rabaisser.

- Félicitation, ça a marché à merveille.

Scorpius se rappelait sa peur sur le carrelage des toilettes quand James l'avait poussé à terre, et s'était masturbé sur lui. Il se rappelait la premier fois dans la Salle sur Demande, et celles qui avait suivi. Il entendait le rire de moqueur de James, les caresses et paroles. Et tout cela se mêlait à ce qu'il avait refusé de voir. A la façon dont James repoussait les cheveux qui lui tombaient dans les yeux, les lèvres qu'il posait sur son front, les regards de douceur... Scorpius sentit des larmes de colère lui montait aux yeux. Il aurait accepté de la haine pure, du mépris, il aurait accepté d'être détesté pour son nom, pour le passé de sa famille, pour tout ce qu'il représentait. Mais il ne pouvait pas supporter d'avoir été humilié par amour.

- Je ne te pardonne pas ce qu'il s'est passé. Même si tu pensais m'aimer. Tu ne peux pas t'en sortir avec ça, c'est pas juste !

James acquiesça doucement.

- Je sais c'est pour ça que je ne t'ai pas demandé de le faire.

- Quand on s'est rencontré…» Scorpius essaya encore de se rappeler de ses grands yeux bruns, ses cheveux auburns et ses lèvres pleines. Un beau garçon accoudé à un bar, un très beau jeune homme, que l'alcool lui avait donné le courage d'approcher. « Tu étais spécial. J'ai du mal à le dire aujourd'hui mais tu étais spécial. Mais tu es apparu au mauvais moment. A un très mauvais moment. Je n'étais pas une pourriture, on n'a juste joué de malchance. Celui qui nous a fait sombrer c'est toi. Car maintenant si j'avais assez de force, je te cognerai jusqu'à ce que tu vomisses tes tripes à mes pieds. Est-ce que tu crois vraiment que ce genre de sentiment est préférable que mon indifférence?» Il n'attendit aucune réponse. «Je crois qu'on n'a plus rien à se dire.

- Alors va-t'en.

Sur ces mots, Scorpius s'apprêta à faire le tour du lit pour sortir du dortoir, mais James le rattrapa et se posta devant lui. Doucement il prit son visage dans ses mains et glissa ses doigts ses cheveux. «S'il te plait murmura-t-il en caressant son visage de ses pouces. S'il te plait». Il se pencha et posa ses lèvres sur les siennes. Le garçon le laissa faire, trop épuisé pour le repousser, les bras ballants sur les côtés, refusant de bouger. Jamais un baiser de James ne lui avait fait aussi mal. Un goût de colère, de haine, et de bêtise; un goût de gâchis.

- Putain, j'y crois pas.

James reconnut la voix de Ross Finnigan et il lâcha Scorpius.
Le garçon recula. Tous deux fixaient l'entrée du dortoir où Ross, Dorian et Albus se tenaient sur le pas de la porte. A cette vue, le cœur de Malfoy s'arrêta.

Albus entra le premier. Il avança vers Scorpius sans regarder James. Il s'arrêta à quelques pas du garçon, comme s'il ne pouvait supporter d'être plus prêt. Ses yeux verts étaient assombris . Sur son visage se lisait déjà la rancœur amère, la trahison. Malfoy sentait ses jambes défaillir.

- A chaque fois, murmura Albus, à chaque fois c'était lui ?

La déception dans ses yeux était insupportable. Scorpius inspira, et regarda James, puis baissa les yeux. Il ne savait quoi lui dire. Le regard d'Albus le brulait.
Une silhouette massive s'avança vers lui.

- Putain, je savais que t'étais une vermine.

- Sors d'ici Finnigan, ça ne te regarde pas! s'écria James en se plaçant entre son ami et Scorpius.

- Depuis combien de temps ça dure? demanda Albus. Il ne regardait et ne s'adressait qu'à Malfoy et ignorait son frère. Sa voix était dure, impitoyable. « Scorpius! »

- J'en sais rien, murmura-t-il. Deux mois, peut-être plus.

- Plus de deux mois?! » Les yeux baissés Scorpius reconnut la voix de Dorian. Il releva la tête. Le garçon se tenait dernière Finnigan, une profonde incompréhension peignait ses traits. Lui aussi se sentait trahi. « Pourquoi tu n'as rien dit, pourquoi le garder secret si vous êtes ensemble depuis si longtemps ?

- On n'est pas ensemble », dit James, et Scorpius était presque reconnaissant qu'il ait le cran que lui n'avait pas dans cette situation. Il se sentait vidé. « C'est un arrangement.

- Quoi, vous vous voyez pour le cul? demanda Nott en fixant James avec méfiance. C'est pas le genre de Scorpius alors racontes autre chose !

- Un arrangement pourquoi? demanda Albus à son frère, le regardant pour la première fois depuis son arrivée. Il couche avec toi, et c'est quoi en échange ?

Ni l'un ni l'autre ne répondirent, ils ne se regardaient pas mais espéraient le silence de l'autre. Il n'y avait de fierté pour aucun d'eux dans une pareille révélation.

- C'est pour ça que tu les as défendus…, dit doucement Finnigan. C'est pour ça que tu nous as dit de laisser Nott tranquille en début d'année? Putain James...

Non, non, non… pensa Scorpius et il sentit son cœur se serrait douloureusement. La souillure de la honte se collait à sa peau. A cet instant il aurait voulu disparaitre. Il avait l'impression de vivre un effroyable cauchemar dont il ne pouvait se réveiller.
Son regard se porta sur Albus et il vit le visage du garçon perdre ses couleurs alors qu'il entrouvrait les lèvres mais aucun son ne sortit. Ses mains tremblèrent. Livide, Albus s'assit sur le lit le plus proche de lui, la tête dans les mains.

C'est la voix de Nott qui sortit Scorpius de sa stupeur.

- Je vais te casser la gueule! rugit Dorian en se ruant sur James, avant que Ross Finnigan ne l'entrave.

Malfoy se posta devant Nott et posa ses mains sur son torse, le forçant à reculer.
- Dorian s'il te plait !
- Doucement mec, doucement, dit Finnigan en retenant les bras de Nott dans son dos. Ça me plait pas non plus mais calme toi!

James n'avait pas bougé ou reculé. Il n'avait pas tenté de se protéger de Dorian. Son regard fixait le vide.

- Lâches-moi, c'est bon lâche-moi Ross ! dit Dorian en se libérant. Il n'essaya pas d'attaquer Potter, son attention était portée sur la forme frêle devant lui dont il pensait être l'ami et qui lui mentait depuis qu'ils avaient passé les grilles de cette école. Il attrapa les bras de Scorpius, le serrant avec force, obligeant le garçon à le regarder. « Comment t'as pu accepter ça! cria-t-il, après ce qu'il t'es arrivé comment tu as pu!?

Scorpius se dégagea, furieux que son ami ose évoquer ce jour-là devant lui et devant d'autres personnes ! Il le repoussa, les deux mains claquées sur sa poitrine, sa colère aussi vivace que la déception qu'il lisait dans les yeux de Nott.

- Ferme-la Dorian ! cracha-t-il. Tu ne sais pas ce qui s'est passé, je ne te l'ai jamais raconté. Alors ferme-la!

Nott garda le silence un instant, observant son ami, les poings serrés à ses côté, le regard brulant.

« Tu viens avec moi, maintenant ! », dit-il finalement en attrapant la main de Scorpius.
Le garçon n'opposa aucune résistance et se laissa trainer hors du dortoir. Il n'osa même pas lança un regard en arrière de crainte d'apercevoir James debout et immobile au milieu de la pièce et Albus effondré sur le lit.

A leur suite, Finnigan lança un dernier regard à son ami et sortit.

La porte se ferma sur Albus et James.


Dans le prochain chapitre, nous aurons une confrontation entre James et Albus...
Et aussi entre Dorian et Scorpius...
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