Oui j'ai encore mis un temps monstrueux mais le voilà, le nouveau chapitre est sorti!
Beaucoup de choses dans ce chapitre, j'espère que vous ne serez pas noyés et que vous apprécierez la lecture!
Je tiens à vous remercier pour tous vos commentaires, sachez que je les relis souvent pour me motiver à écrire et c'est toujours un plaisir de lire vos reviews. Je ne réponds pas assez je m'en excuse et je m'engage à le faire d'avantage! Je vous remercie!
Bonne lecture!
Musiques écoutées pour ce chapitre:
Umbrella, Mechanical Bride
Quand C'est?, Stromae
Et Joyeux Noël (2)
Entre le plat principal et le dessert, ils avaient quitté la table. Scorpius avait insisté pour échapper à la « foule Potter-weasleyienne » qui avait envahi la maison entière et Albus n'avait pas été difficile à convaincre. Il y avait vraiment trop de monde à cette table et trop de monde qui se mêlait des affaires de tout le monde. Dans l'ensemble, les invités avaient été courtois avec lui. Mais les politesses sonnaient faux. Il n'était pas dupe. Quand Angelina l'avait salué, Fred Weasley s'était crispé, et avait hésité avant de lui tendre la main. A sa simple vue, Ronald Weasley était devenu rouge maladif avant de reprendre une couleur passablement humaine et sans jamais desserrer les lèvres. Son « bonjour » fut un grognement suivi d'un hochement de tête. Albus en fut scandalisé mais Malfoy s'en fichait bien. Arthur Weasley fut presque comique. Il se retrouva devant Scorpius sans savoir comment et il ne put articuler un seul mot. Il tenta par deux fois d'ouvrir la bouche puis se ravisa, sourit et tapota la tête de Scorpius du bout des doigts avec un sourire gêné, comme si le garçon avait 5 ans, puis se précipita pour saluer son fils aîné qui venait d'arriver.
Au cours de l'apéritif, les langues s'étaient déliées, quelques remarques leur avaient été adressées, des paroles maladroites, parlant du « courage de leur relation », « dans un contexte difficile », « leur amour faisait fît du passé » et bla et bla.
- Oh c'est bon, on n'est pas dans Roméo et Juliette! avait fini par lâcher Albus, passablement énervé par les commentaires « sur-tolérants » et hypocrites.
Angelina avait sursauté à cette remarque et détournait la conversation vers le dernier match de Quidditch et sur la prestation de Scorpius qui fit l'unanimité.
Malfoy avait répondu aux remarques par un sourire gênée. Attiré l'attention le mettait toujours mal à l'aise mais en cet instant, les sensations étaient décuplées. Il ne pouvait s'empêcher de tenter de déchiffrer tous les regards qui lui étaient adressés. Il ne passait pas inaperçu. Si n'avait fait l'objet d'aucune hostilité, il était sûr qu'un seul faux pas pourrait déclencher un drame. Il l'avait compris à la façon hésitante et méfiante dont certains membres lui avaient serré la main, le regardant de haut en bas d'un air suspicieux. Evan et James riaient bruyamment à table, complices, ce qui n'empêchait pas Dursley de lancer des clins d'œil furtifs à Scorpius quand il croisait son regard.
- Mon père se demandait si tu n'étais pas avec Scorpius par rébellion? dit Molly au beau milieu du repas.
- Par quoi? s'enquit Albus en piquant sa caille de son couteau, brisant les petites côtes.
- Par rébellion. Il dit qu'à l'adolescence, les enfants rejettent le modèle de leurs parents et sortir avec Scorpius rentre dans ton processus de provocation. Comme le fait que tu sois à Serpentard.
Décidément Percy Weasley ne comprenait rien à rien et continuait à conceptualiser les choses les plus simples.
- Rien à voir avec mon père, je suis chez les serpentards parce que je suis un vil serpent ambitieux qui aime faire des coups bas. » Il baissa la voix et se pencha vers la jeune fille. « Et je suis avec Scorpius parce qu'il a un beau cul.»1
Malfoy s'étouffa sur son morceau de viande en entendant ces mots et d'avantage encore en voyant le visage consterné de la petite Molly Weasley.
Ils s'étaient éclipsés avant le dessert et ils étaient sortis marcher dans la neige. L'air glacé leur mordait le visage et les mains.
Albus les mit dans ses poches et baissa la tête pour se protéger du vent. « ça se passe plutôt bien non? dit-il en jeta un coup d'oeil au garçon à ses côtés.
Scorpius lui lança un regard signifiant « tu trouves vraiment? », un peu blasé.
- Ton oncle Ron me regarde de travers. Ton grand-père aussi.
- S'il n'y avait qu'eux…
- Ce sont les moins discrets. »
Albus se mordit la lèvre et redressa la tête. Il savait que le garçon avait raison, il ne faisait pas l'unanimité mais Potter n'avait jamais recherché l'approbation de sa famille. Il prit la main de Scorpius dans ses doigts, sa peau était gelée.
« Tu viens ? On va dans la cabane.
- La cabane ? »
Il le mena à travers la neige jusqu'à l'arrière de la maison, vers la cabane à outil. Il racla la neige qui bloquait la porte avec son pied et tira sur la porte en bois qui céda. Scorpius entra à sa suite. La cabane était petite mais propre, les outils impeccablement rangés ou accrochés au mur par type puis par grandeur, un rangement presque maniaque. Rien ne trainait sur l'établi en bois.
Albus, échaudé par la bière de Noel, un peu plus forte que l'alcool classique, attrapa la main de Scorpius. Il ferma la porte derrière eux et le plaqua contre le mur de bois sec.
« Qu'est ce que tu fais ? s'écria Scorpius et Albus l'embrassa, capturant ses lèvres et enserra sa taille de ses bras. Il approfondit le baiser en planquant plus fortement sur corps contre le sien et dans un élan le souleva pour l'asseoir sur l'établi, ignorant son hoquet de surprise quand ses lèvres quittèrent les siennes.
« Attends, murmura Scorpius. « Il fait trop froid ici ! »
- Je vais te réchauffer, murmura Albus en ouvrant son manteau. Il embrassa sa gorge, glissant sa langue sur la peau, sentant le battement de son coeur sur ses lèvres.
- Ne me déshabille pas ! dit Scorpius alors qu'Albus passait la main sous son pull mais le garçon le plaqua contre le mur, repoussant ses mains. Il l'embrassa, calant sa tête contre le bois, en l'empêchant de bouger. Il serrait son corps, à l'étouffer. Scorpius passa les bras autour de son cou, gémissant contre ses lèvres alors qu'Albus lui écartait les jambes avec son genou. Tremblant, il l'attira à lui et commença le frottement de leurs deux membres gonflés à travers leurs vêtements. Scorpius rejeta la tête en arrière à la première friction, serrant les dents pour étouffer ses gémissements. Albus glissa ses mains sur ses hanches, les attrapa pour le garder au bord de l'établi et presser son corps d'avantage contre le sien. Les mouvements devinrent insupportables, une torture de délices mais trop de vêtements les séparaient. Les joues enfiévrées, Malfoy le repoussa, décollant sa peau de la sienne avant de faire glisser sa main entre leur corps, il ouvrit le bouton de son pantalon. Albus retint sa respiration quand les doigts du garçon enserrèrent son sexe, il se contracta, et convulsa, immobilisant la main qui le serrait.
Scorpius lui sourit.
« Qui manque d'endurance ce soir ?
- J'ai envie de toi depuis des jours ! répliqua Albus, le corps tendu, essayant de se contrôler.
- Tu m'as maintenant, souffla-t-il et Potter ne put se retenir et le fit glisser plus haut sur l'établi, le repoussant brutalement contre le mur et monta à son tour sur le bureau de bois. Scorpius voulut l'embrasser mais Albus le repoussa, le faisant basculer en saisissant ses hanches qu'il positionna contre les siennes. Fébrilement, il ouvrit le pantalon du garçon et le retira ainsi que le sous-vêtement jusqu'à mi-cuisses. Scorpius n'eut pas le temps de protester, Albus le couvrit de son corps, attrapa ses lèvres et agrippa son sexe qu'il serra en son poing, aspirant les soupirs de Malfoy entre ses lèvres. Une main blanche trouva son sexe et Albus mordilla la lèvre inférieure du garçon, haletant. Leurs sexes se cognaient l'un contre l'autre encore et encore, leur arrachant des gémissements alors que leurs mains serraient de plus en plus fort. Soudain Albus le lâcha et attrapa son poignet pour l'obliger à faire de même. Il se coucha sur lui, alignant son bas-ventre avec le sien et sexe contre sexe, il ondula ses hanches contre les siennes en des coups secs et précis. Scorpius rejeta la tête en arrière ses yeux roulant dans ses orbites. Il ne sentait pas le bois dur contre son dos et ses épaules, juste ce plaisir blanc et cinglant là où leur peau se percutait. Il criait lui semblait-il, il n'en était pas sûr, Albus l'embrassait, mordait sa chair, tirer sur la peau entre son cou et son épaule. Scorpius le serrait contre lui, tirant sur son pull, plantant ses ongles dans son dos et son cou. Ses vêtements lui serraient les jambes, bloquaient des cuisses qu'il aurait voulu écarter d'avantage. Les mouvements se firent plus violents, et Albus attrapa ses hanches, les serrant avec force, l'immobilisant. Il cria dans sa jouissance, se répandant entre leur corps. Le cœur battant à tout rompre, la respiration vive, se redressa un peu plus, remontant sur le corps du garçon et posa son front contre le sien, plongeant son regard dans le sien et attrapa son sexe. Scorpius souffla son nom mais il ne relâcha pas son étreinte, il serra ses doigts, concentrant son attention sur le visage, sur ses lèvres trop pleines et rouges, gorgées de sang, ses joues enflammées et ses pupilles dilatées, ses yeux assombris. Son souffle coupé par les hoquets de plaisir et les gémissements à demi étouffés par ses dents qui se serraient. Il voulait tout voir, voir Scorpius se perdre, s'abandonner et se décomposer sous son regard et dans ses bras. Tôt, il le sentit se contracter et ses ongles agripper ses épaules.
« Embrasse-moi » hoqueta Scorpius d'une voix éteinte et suppliante et Albus prit ses lèvres étouffant le cri de sa jouissance.
Il le lâcha et s'effondra sur lui, écrasant sa poitrine qui tenter de se soulever pour retrouver son souffle, appréciant les battements de cœur affolés.
Ils restèrent ainsi, le souffle court, haletant, les cheveux plaqués au front par la sueur. Heures ou minutes passèrent avant qu'Albus ne se redresse pour regarder son amant. Oui son amant, à lui seul.
« Tu me rends fou » dit Scorpius avant de l'embrasser, et Albus sourit contre ses lèvres. Ils restèrent ainsi quelques minutes de plus, mais ils n'avaient pas beaucoup de temps. On viendrait surement les chercher.
« On devrait y retourner », souffla Scorpius.
Albus acquiesça à contre cœur et se sépara du garçon. Le froid redevint réel et il frissonna. Il ouvrit un tiroir de l'établi et sortit un torchon qu'il tendit au garçon. Scorpius le regarda, perplexe.
-Tu sais qu'on n'a pas le droit d'utiliser la magie ici, dit- Albus en lui jetant le tissu. Ne t'inquiète pas il est propre.
Scorpius essuya son ventre et ses cuisses puis referma ses vêtements et Albus fit de même. Ils sortirent de la cabane, serré l'un contre l'autre et tombèrent nez à nez avec un autre duo.
Evan se trouvait juste devant eux, l'air surpris. A côté de lui, James paraissait tout aussi perplexe.
- Qu'est-ce que vous fichiez là-dedans ? demanda Evan.
- Rien, dit Albus mais sa voix était roque et il se racla la gorge avant de continuer. Je lui ai montré la cabane à outil. »
Le sourire était palpable dans sa voix, la fierté aussi, alors qu'il regardait les deux hommes devant lui. La situation et le regard suspicieux de Dursley l'amusait.
« On est venu chercher du bois, finit par dire Evan, et il passa Albus en prenant soin de le bousculer au passage. A sa suite, James les ignora. Albus en parut presque déçu, il s'attendait sans doute à des réactions de la part de son frère. Ce type ne laissait rien paraitre!
Bras de dessus-dessous, ils retournèrent vers la maison. A plusieurs reprises chacun essaya de faire tomber l'autre dans la neige, de simples bousculades qui se transforma en combat de fauve sur le sol. Quand leurs mains furent gelées ils se décidèrent à rentrer dans la maison. Ils riaient encore quand ils virent Harry Potter apparaitre à la porte, le visage grave.
« Ton père voudrait te parler. »
Encore… Scorpius cessa de sourire et son estomac se tordit douloureusement. Il entra dans la maison et suivit Harry jusqu'à la cheminée du bureau à l'étage. Il lui semblant qu'Albus était sur ses pas. Il s'agenouilla devant le feu et attendit que le visage de son père apparaisse dans les flammes. Il n'eut pas à patienté, Drago apparut, les traits tirés. Scorpius entendait des voix et des bruits de pas, d'autres sons encore qu'il ne pouvait interpréter.
- Hé, souffla Scorpius.
- Bonsoir.
Son sourire était fut rapide et faible.
- Tout va bien? demanda Scorpius. Il y a beaucoup de bruit derrière toi.
- Je suis à Sainte Mangouste.
Scorpius cessa de respirer et sa gorge de serra.
- Pourquoi?
Sa voix était fébrile.
- Dorian s'est battu avec son père, il a été blessé. » Scorpius ouvrit la bouche dans un sursaut mais son père l'interrompit. « Ne rentre pas, c'est inutile. Il restera en observation ce soir. Je préfère que tu restes chez les Potter. Je viendrai te chercher demain soir si tout va bien,…ou le jour suivant.
- Tu ne pourras pas me tenir éloigner éternellement tu sais!
- Je n'essaie pas te tenir éloigner, mais il n'y a rien à faire pour le moment. Nous ne pourrons pas le voir non plus, ils vont l'endormir,… pour que la repousse des os soient moins douloureuse.
Scorpius ferma doucement les yeux, essayant d'étouffer sa peur et sa colère.
- Qu'est ce qui s'est passé?
- Je t'expliquerai tout quand tu rentreras. Je préfère que tu restes chez les Potter. Ne t'inquiète pas je m'occupe de Dorian.
- Il n'y a rien de grave tu me le jures?
- Oui il n'y a rien de grave. Enfin… plus maintenant. »
Scorpius acquiesça doucement, plus pour soulager son père que par réelle conviction. Il ne voulait pas rajouter sa propre colère et frustration sur les épaules de Drago.
Dehors, Albus attendait, adossé au mur. Il avait entendu ce qu'avait dit Drago et s'il était heureux que Scorpius resta un peu plus longtemps avec lui, les circonstances assombrissaient le séjour. Quand Scorpius sortit du bureau et il sembla ne pas le voir. Son front était plissé, soucieux. Albus passa ses bras autour de ses hanches et l'attira à lui, posant sa tête sur son épaule.
« Je vais le tuer. »
Potter eut une sursaut. La voix de Scorpius était calme, comme s'il avait donné la conclusion logique d'un problème d'arithmancie. Albus comprit qu'il parlait de Théodore Nott.
- Non tu ne vas pas le tuer, murmura-t-il en glissant ses lèvres sur ses cheveux.
- Si, dit Scorpius en s'écartant. Il inclinait la tête, les poings serrés. « Si, je vais le tuer, tu verras!
Albus sentit la peur, mais la rejeta, il ne pouvait pas être sérieux, il ne devait pas l'être.
- Cela t'avancerait à quoi? Dorian va surement rester chez vous maintenant et son père n'aura plus aucun droit sur lui. Tu es en colère. Réfléchis, ce n'est pas ce que tu veux et ce n'est surement pas ce que veut Dorian.
- Dorian se fiche bien de ce qui peut arriver à ce malade!
Albus prit son visage dans ses mains et l'obligea à le regarder.
- Je pensais plus au fait que tu sois enfermé à vie à Azkaban. Il n'aimerait pas cela. Moi non plus je n'aimerais pas cela. »
Un bruit attira leur attention et Albus le lâcha. Rose était dans le couloir, suivie d'Hugo qui les observait en silence.
« Désolée, dit la jeune fille en s'éclaircissant la gorge. On est venu vous chercher pour le dessert.
- On arrive, répondit à la halte Albus, pensant faire fuir ses cousins, mais Rose s'approchait.
- Quelque chose ne va pas avec Dorian? demanda-t-elle doucement. Le rouge lui monta aux joues mais elle continua: « J'ai entendu ton père en parler avec mes parents dans la cuisine. Ils disaient qu'il était blessé et qu'on l'avait transféré à Sainte Mangouste. Il va bien?
- Je n'en sais rien, répondit Scorpius sans regarder la jeune fille. On ne me laisse pas rentrer pour le voir.
La jeune fille traversa le couloir et le prit dans ses bras. A nouveau, Scorpius en fut toucher, mais cette fois, il se demanda si ce n'était pas Rose qui voulait être consolée.
« ça va aller. » murmura-t-elle et il se demanda si elle s'adressait à lui ou à elle-même.
« Je devrais peut-être lui envoyer quelque chose? » demanda-t-elle ensuite. « Un mot et des chocolats. C'est con de passer Noël à l'hôpital. »
- Pourquoi tu voudrais lui envoyer quelque chose? demanda sèchement Hugo.
Rose lâcha Malfoy mais le tint par les épaules et se retourna vers son frère, les yeux plissés.
- Cela ne te regarde pas.
Hugo serra les dents mais ne dit rien de plus.
- ça lui plairait je pense »,dit doucement Scorpius en se dégageant doucement des bras de Rose. « Il serait surement ravi que tu lui envoies quelque chose ». Il s'écarta. Il voulait être seul tout d'un coup, juste quelques minutes. Il se dirigea vers la salle de bain. « Descendez, je vous rejoins ». Albus fit mine de le suivre mais Scorpius secoua la tête et le garçon descendit les escaliers pour retourner vers la salle à manger d'où parvenaient rire et voix bruyantes.
Malfoy entra dans la salle de bain et fit couler l'eau dans la vasque avant de s'en asperger le visage, se répétant encore et encore que tout allait bien, que Dorian serait bientôt sur pied et que cette enflure ne remettrait plus les pieds chez eux. Il n'approcherait plus Dorian, il y veillerait. Lui aussi pouvait protéger ceux qu'il aime. Il n'avait pas les muscles mais pour l'intelligence, il n'était pas en réserve.
C'est en levant les yeux vers le miroir que Scorpius se rendit compte qu'on l'observait.
- Je peux savoir ce que tu fous là Weasley? demanda-t-il en se retournant.
Bien droit dans l'encadrement de la porte, Hugo ne sembla ni inquiet ni mal à l'aise. Les yeux fixés sur le garçon, il avançait vers lui.
- Il se passe quoi entre Nott et ma soeur? demanda-t-il.
Scorpius n'avait aucune envie de révéler quoi que ce soit. Lui-même n'en savait pas grand chose. L'idée même t'entamer une discussion avec Hugo le révulsait. Il ne lui avait jamais fait confiance mais depuis que Dorian lui avait dit que c'était lui qui les avait aiguillé sur le dortoir des gryffondors, quand James et lui avaient été découverts, il avait définitivement placé l'étiquette « fouteur de merde » sur le front du Weasley.
Il attrapa une serviette et finit de s'essuyait le visage et les mains.
« Comme elle l'a dit, rien qui te concerne. » Il se planta devant lui et le regarda droit dans les yeux. « Occupes-toi de tes fesses pour une fois, ça te changera. »
Quand il voulut le contourner, Hugo lui saisit le bras et le repoussa en arrière. Scorpius leva les mains, lui signifiant qu'il n'avait pas l'intention de se battre. Hugo n'était pas grand et de corpulence moyen, mais il ne voulait pas entamer une bagarre dans la salle de bain de Harry Potter.
« Fais gaffe à toi Weasley. Contrairement à ce que suggère ma carrure, j'ai eu l'occasion de cogner sur des types plus forts et plus grands que toi. Laisse-moi passer.»
- Tu ne devrais pas être ici.
Sa voix était claire mais sa mâchoire serrée montrer une colère mal dissimulée.
- Charmant, répondit Scorpius, en haussant les épaules. Je ne peux pas te blairer non plus. Les choses sont dites, maintenant, écartes toi de la porte.
Il n'en fit rien et avança sur Scorpius qui refusa de reculer.
- Tu crois que je n'ai pas vu ton manège? siffla le garçon, presque dans un murmure. Tu as réussi à tromper tout le monde ici mais pas moi.
- Je ne sais pas ce que tu crois savoir, Hugo, mais tu racontes n'importe quoi. Je n'ai trompé personne et je n'ai aucune intention particulière envers ta famille. Le seul qui m'intéresse c'est Albus.
- Tu as une drôle de façon de le montrer. Tu l'aurais balader pendant combien de temps avant que j'intervienne? Tu croyais pouvoir avoir Albus et continuer à te faire sauté par James?
- Tu ne sais pas de quoi tu parles!
Le regard de Weasley devint plus sombre alors qu'il approchait.
- Mais c'est justement le fond, Scorpius, j'en ai rien à foutre. Ce que tu vis ne m'intéresse pas. Mais toi et les tiens vous n'avez rien à faire chez nous.
Chaque mot était dit avec dégoût et colère, mais Scorpius n'avait pas peur.
- C'est à Albus de choisir.
- Il n'a pas les idées claires depuis que tu es à Poudlard. Je n'aime pas ce qu'il est devenu depuis qu'il est avec toi.
- Parce qu'il est d'avantage lui-même? sourit Scorpius.
- Parce que tu es nuisible et que tu le rends malheureux.
- Je le répète encore Weasley, occupe-toi de tes affaires! Si Albus était si malheureux, je ne serais pas là aujourd'hui. Si tu interviens maintenant, c'est parce que tu sais que cela fait plusieurs semaines que nous sommes ensemble que tout se passe parfaitement bien et ça, tu ne le supporte pas !
- C'est ça. La dernière fois que je l'ai croisé à la bibliothèque à Poudlard, il avait l'air bouleversé, alors ne me racontes pas que tout va bien! Tu le pourris avec tes pratiques dégueulasses et tu ne t'en rends même pas compte. Et je refuse que ma soeur subisse la même chose avec Nott!
- De quoi tu parles?
- C'est ça, fous toi de moi, continues à faire l'innocent! Je l'ai vu faire des recherches sur des trucs bizarres et pervers qui ne peuvent exister que dans ton monde de dégénérés.
Les nerfs de Scorpius lâchaient et il se dit que cogner Hugo pour se calmer ne serait pas une mauvaise idée.
- Je ne vois pas de quoi tu parles et tu commences à me fatiguer Weasley. Alors soit tu t'expliques clairement soit tu te tires d'ici alors que je perde mon calme.
- Ah ouais? Tu ne vois pas de quoi je parle? Albus cherchait un truc dans le dico, « pygmalionisme » ou quelque chose comme ça.
Scorpius se figea, sentant la bile lui remonter dans la gorge et Hugo eut une sourire de triomphe.
« Hum, il semble que tu vois de quoi je parle finalement.
- Quand? demanda Scorpius impassible, la tête baissée, la voix basse et menaçante.
- Quand quoi?
- Quand l'as-tu vu dans la bibliothèque?
- Qu'est ce que ça peut … Hé!
Scorpius l'attrapa par le col et le jeta contre le mur, utilisant tout son poids et sa colère pour le maintenir, ses doigts serraient l'encolure de son pull et comprimait sa gorge.
« Réfléchis bien Weasley et donnes moi une réponse ou je te fais cracher tes dents une par une!»
« Je ne sais pas! Un ou deux jours avant les vacances, lâches-moi! » Scorpius le lâcha et recula, les mains tremblantes. Il lui sembla que Hugo lui parlait mais il n'entendait plus rien. Son esprit était vide.
« Et putain je te parle! »
Une main sur son bras le sortit de sa torpeur et Scorpius cogna, son poing s'enfonça l'estomac de Weasley. Surpris, le garçon tomba à genou, le souffle coupé.
« Je t'avais dit de t'occuper de tes affaires Weasley. »
Sa voix était sombre, haineuse. Hugo eut peine à le reconnaitre. A nouveau un coup, et le pied de Scorpius percuta ses côtes. Le garçon cria.
« Et ça c'est pour nous avoir balancé. » souffla Scorpius.
Il observa un moment le garçon qui se remettait péniblement debout. La vue ne lui déplaisait pas du tout. Il aurait pu se délecter encore des grimaces de douleur de Weasley mais il se dit qu'il valait mieux partir avant qu'il se remette et décide de répliquer. Il contourna le garçon et ouvrit la porte. Il jeta un dernier coup d'oeil en arrière.
« Inutile de te dire que ce qui vient de se passer devrait rester entre toi et moi. Tu ne crois pas? » Et il sortit.
Seul dans le couloir, la question reprit toute la place dans ses pensées. Comment, pour l'amour du Ciel, comment Albus pouvait-il savoir? Il n'avait pas chercher ce mot par hasard. Une coïncidence? Impensable. Non Albus savait, il savait… Le coeur de Scorpius se contracta douloureusement à cette pensée car une seule personne était au courant. C'était Dorian. Si Albus était au courant, c'est que Dorian avait parlé. Dorian l'avait trahi. Cette révélation le sidéra et il se sentit vide, et froide.
Il secoua fortement la tête, essayant d'éclaircir ses pensées qui se faisaient de plus en plus noires. Nott devait avoir une raison, il n'aurait pas pu révélé ce qu'il avait vu dans la fiole s'il n'avait pas eu une bonne raison. N'est-ce pas?
Il agrippa la balustrade de l'escalier et se pencha vers l'avant, la barre appuyée sur ses hanches, et il se balança doucement vers l'avant, laissant le haut de son corps et sa tête dans le vide, les doigts fixés sur le métal. Il se laissa choir, la pointe de ses pieds touchant à peine le sol. Il ferma les yeux et commença un léger balancement, il se berçait presque avec le vide. James lui avait demandé ce qu'il se serait passé si Albus ne l'avait pas rattrapé lors du match. Il n'y avait pas pensé. Tout comme si ne réfléchissait à ce qu'il se passerait si basculer de l'autre côté de la rambarde, s'il se laissait tomber …
« Qu'est ce que tu fais ? »
La voix d'Albus le sortit de sa transe et il sursauta, ses pieds retouchant le parquet. Il aperçut Potter en bas des escaliers,
« J'arrive » lui dit-il et il descendit les marches pour le rejoindre.
« Qu'est ce que tu faisais ? répéta Albus, plus fermement.
Scorpius haussa les épaules.
« Rien, je me penchais un peu c'est tout. Je réfléchissais.
Albus saisit sa main et comprima ses doigts.
- Ne fais pas ça.
Sa voix était ferme, comme la pression qu'il exerçait sur ses phalanges. Il finit par se détendre et l'entraina avec lui.
Quand il arrivèrent dans la salle à manger, le débat était ouvert pour savoir si on ouvrait les cadeaux à minuit ou si on attendait le matin, chacun allant de sa tradition, même si aucun enfant présent n'avait encore l'âge de croire au père Noël. Scorpius prit place à table à côté d'Albus, et lui rendit le sourire qu'il lui lança, sans conviction. Quelques minutes plus tard, Hugo passa la porte, et lança un regard noir à Scorpius avant de s'installer.
« Tout va bien? demanda Albus qui avait remarqué l'échange hostile.
- On en parlera toute à l'heure, murmura Scorpius. L'air lui semblait étouffant, saturé. Les voix autour de lui était un bourdonnement, les personnes attablées semblaient se trouver hors de son monde, hors de son temps, inaccessibles. Il ressentit soudain l'envie de s'enfuir. Un voile semblait le recouvrir comme une seconde peau, la honte qui se collait à lui à nouveau. Il se sentait nu et faible, son propre corps lui paraissait insalubre. Il aurait aimé qu'Albus ne sache rien. Oublier était difficile quand le souvenir est présent dans le regard de l'autre. Albus le regardait, inquiet et il n'avait pas de mots pour le rassurer alors il lui sourit. Il ne put toucher à son assiette et écouta distraitement les conversations autour de lui.
Sur une idée de Teddy, il fut décidé d'organiser une partie de Quidditch de nuit dans la neige.
Toute l'assemblée chercha manteaux, gants et écharpes pour se rendre sur le terrain de Quidditch familial.
Hermine et Fleur sortirent pour allumer des dizaines torches blanches qui s'élevèrent le ciel, donnant assez de luminosité au terrain pour jouer le match improvisé. On sortait chaises et plaids, même si un sort de chaleur fut rapidement lancé.
James et Harry ouvrirent le garage, et sortirent des balais pour les participants: des nimbus, comètes, éclairs de feu,… les dernières parutions évidemment.
« Si j'avais su qu'on allait joué, j'aurais évité de reprendre de la buche… » grinça Charlie en prenant le balai que Harry lui tendait.
James était déjà dans les airs avec Dominique. L'ancienne joueuse de Serdaigle exécuta quelques figures pour « se dégourdir le balai ».
- C'est comme du parapente quoi, dit Evan en haussant les épaules, blasé, les yeux fixés sur les deux joueurs.
- ça va un peu plus, dit Teddy en prenant son balai. Tu veux essayer?
Il enjamba le balai et fit signe à Evan de s'asseoir derrière lui. Le garçon s'exécuta, et plaça ses bras autour de la taille du garçon.
Il fit un clin d'oeil vers les enfants Potter-Weasley avant de s'adresser à Dursley:
« Je serais toi, je m'accrocherais plus fort, prévint-il et sans attendre il fila vers le ciel.
Arthur et sa femme sortirent précipitamment de la maison.
- C'était quoi ce hurlement? demanda Molly en se précipitant vers le groupe de spectateurs.
- Teddy a emmené Evan faire du balai, ricana Lily en pointant le ciel où se distinguait à peine une ligne mouvante d'où provenait le cri.
- A faire des loopings comme cela, il va le rendre malade, dit Molly.
- ça lui fera les pieds, répliqua Albus, en regardant les figures acrobatiques qu'effectuait Teddy. Il se tourna vers Scorpius et se rendit compte que celui-ci fixait le sol, indifférent à ce qui se passait autour de lui.
Teddy retourna à terre et déposa un Evan livide sur le sol.
Le garçon tituba, tombant presque du balai en descendant. Il resta penché avant, les mains crispées sur ses genoux.
- Du parapente hein? demanda Amanda devant l'air dépité de son frère.
- Essaies toi au lieu de faire la maline! dit-il en lançant un regard noir à sa soeur.
- Non merci.
- Avec la moto, je pensais que tu aimais la vitesse, s'enquit Teddy, visiblement fier de lui, en lançant un clin d'oeil aux jeunes.
- Je préfère la terre ferme, dit Evan, la main plaquée sur son estomac.
- Qui joue? demanda Teddy après une petite tape dans le dos d'Evan qui eut un haut-le-coeur.
Quelques bras se levèrent, et Albus fronça les sourcils en voyant que Scorpius n'en faisait pas partie.
« Tu ne joues pas? demanda-t-il au garçon qui n'en semblait même pas avoir entendu la question.
Le garçon sursauta, sortant de sa transe. Il secoua la tête.
- Je ne le sens pas, dit-il finalement, la voix faible.
- Dommage. » Scorpius se retourna et vit Harry Potter s'approchait de lui, un balai à la main. « C'était moi l'attrapeur de l'équipe adverse. Je comprends que tu veuilles renoncer. »
Scorpius croyait à peine ce qu'il entendait, Harry Potter le défiait au jeu et le traiter de lâche. Le sourire de Harry compensait sa provocation et Malfoy comprit que c'était sa manière de l'inciter - ou l'obliger- à jouer. Il leva les yeux vers les joueurs déjà dans les airs. Il n'avait pas envie de jouer. Mais il avait envie de voler. Il accepta le balai qu'on lui tendait et sourit:
- Mon père sera ravi d'apprendre que je vous ai mis une raclée Monsieur Potter.
Le père d'Albus éclata de rire, puis haussa les épaules.
- Ok. Mais si je gagne, tu devras m'appeler Harry.
Il tendit la main au garçon. Scorpius secoua la tête en souriant, hésitant puis serra la main tendue.
A ce moment là, Ginny Weasley sortit de la maison, sa robe remplacée par une paire de jeans et des bottes hautes.
- Merde, M'man va jouer… grinça Albus.
Lily apparut dans leur dos.
- Maman va vous démolir. Elle va expulser tout le stress de la journée sur vos tronches.
- Je crois qu'elle a raison, dit Rose en resserrant un peu plus l'écharpe autour de son cou.
Les équipes furent formés: Harry (attrapeur), Ginny, Angela (poursuiveurs) Ron (gardien), Fred et Charlie (batteurs), contre James, Albus, Scorpius, Louis, Dominique et Teddy. James, d'ordinaire poursuiveur déclina le poste et prit la place de gardien. Albus et Teddy prirent leur place de poursuiveurs au centre du terrain, tendit que Dominique et Louis se plaçait en poste arrière chez les batteurs.
Albus se plaignit à demi-voix que Louis volait aussi vite qu'une dinde, mais il reconnut que Charlie n'était pas très doué sur un balai. Chose curieuse pour un homme qui s'occupaient de dragons.
Un vif d'or fut lancé, ses ailes brillantes dans le noir. Percy sortit des cognards et un souafle blanc et le match commença. Au bout de 10 mn de match, Albus et Teddy crachaient leurs poumons dans le froid en essayant vainement de poursuivre Ginny qui filait au ras du sol, le souafle sous le bras. Alors que Teddy tendait la main pour le saisir, Angela surgit sur son flan, et Ginny lui lança la balle. Elle fila vers les anneaux, et au moment où James surgit pour la contrer, elle laissa tomber le souafle dans la main de Ginny qui apparut juste sous son balai. La balle atterrit dans l'anneau libre.
« J'y crois pas, elles nous mènent! s'écria Teddy.
- Vas-y doucement m'man, s'indigna Albus en voyant sa mère repartir à l'attaque sans répit, on est tes fils quand même!
- Pas de sentimentalisme avec moi! dit la rousse et retournant au centre du terrain. Si tu veux le souafle, viens le chercher!
Plantés au dessus des joueurs, Harry et Scorpius attendaient que le vif d'or se manifeste en regardant le match.
« Elle est implacable, commenta Scorpius en voyant Ginny Weasley fonçait sur son fils pour lui arracher le le souafle.
- Le quidditch est sacré dans cette famille », dit Harry en regardant sa femme avec admiration et un sourire indulgent. « Vous auriez plus de chance de gagner si James était poursuiveur, le poste de gardien ne lui convient pas. » Scorpius se retint d'expliquer que les deux frères ne pouvaient faire équipe en ce moment. « Si tu as froid, continua Harry, je peux relancer un sort de chaleur. »
Scorpius secoua la tête. Il avait froid mais cela l'empêcher de réfléchir correctement et c'est ce dont il avait besoin. Le vent battait leur visage et quelques flocons de neige commençaient à perler autour d'eux. Les cheveux de Harry étaient rejetés en arrière avec le souffle du vent et Scorpius put apercevoir la cicatrice sur son front, cet éclair si célèbre. Il prit la pleine dimension de l'homme qui planait à ses côtés, ce héros de guerre qui l'avait accueilli avec tant d'humilité et de bienveillance dans sa maison.
« Monsieur Potter, commença doucement Scorpius, je voudrais vous remercier pour votre invitation et pour me permettre de rester encore un peu,… au vue des circonstances. Je sais que cela soulage mon père aussi.
- Tu n'as pas à me remercier, je suis content que tu aies accepté de venir. Et Albus est heureux que tu sois là, c'est assez pour moi. »
Scorpius sourit, se sentant quelque peu apaisé.
« Bon, il est où ce vif d'or, je commence à me lasser! » dit Harry en s'étirant et en battant des jambes sur son balai.
La neige se mit à tomber et Scorpius se demanda si discerner le vif d'or serait possible. Il eut sa réponse quelques secondes plus tard quand la balle volante lui frôla la tête. Sans réfléchir, il se lança à sa poursuite, secondé de Harry Potter qui fila à sa suite, le talonnant de quelques centimètres. La course s'intensifia alors que le vif d'or les entrainaient vers le sol, passant à travers les autres joueurs. Un cognard frôla la tête de Scorpius et il faillit perdre l'équilibre. Harry en profita pour le devancer, le bras tendu. Scorpius, plus léger, lança son balai à toute allure et dépassa le balai de Harry. Du coup de l'oeil, Potter aperçut un autre cognard qui fonçait sur eux et souffla à Scorpius:
« Un conseil, tiens toi bien à ton balai. »
Et quand le cognard arriva, il l'attrapa d'une main et le lança sur la pointe du manche du balai de Scorpius, déviant le garçon. Avec le rebond et l'angle parfaitement calculé, le cognard percuta le vif d'or qui se retrouva dans la main tendue de Harry Potter.
Au sol, Percy siffla la fin du match.
Tous les joueurs se retrouvèrent au sol, Harry tenant le vif d'or dans la main. Albus et Teddy semblaient à bout de souffle. Scorpius atterrit en dernier, déçu. Les autres joueurs de l'équipe semblaient tout aussi penauds. Les adultes ne leurs avaient laissés aucune chance.
Scorpius retirait ses gants quand Harry Potter s'approcha de lui et lui lança la balle en or.
- On avait un marché je crois? s'enquit-il innocemment. Et Scorpius reconnut sa défaite.
- Bien joué, Harry commenta-t-il à mi-voix, et Potter l'ébouriffa comme s'il avait cinq ans.
- Je croyais qu'on allait faire un match tranquille! C'était une mise à mort! » s'exclama Albus, mauvais perdant, en enlevant la neige qui s'attachaient à ses cheveux noirs. « Si c'est ça l'esprit de Noël je m'en passerai bien… » Il continua à marmonner et Scorpius trouva sa bouderie attendrissante. Il l'aurait pris dans ses bras s'il n'y avait pas autant de monde pour les regarder.
Minuit sonna et des coupes se remplirent de champagne et de jus de citrouille pétillante pour trinquer sous la neige. Ils retournèrent à l'intérieur où la table avait été débarrassée et des tasses de chocolats chauds les attendaient. Les adultes étaient passés au salon, pour le café et/ou brandy.
Les plus jeunes commençaient à s'endormir dans le salon en attendant que leurs parents les ramènent chez eux. Albus s'éclipsa pour aller prendre une douche.
Assis sur le canapé Scorpius serrait la tasse chaude que Teddy lui avait mis dans la main avant de s'asseoir à côté de lui.
Ils parlèrent de choses et d'autres avant que Teddy n'en vienne à l'interroger sur ses premiers mois à Poudlard.
- C'est le professeur qui demande? s'enquit Scorpius en scrutant le jeune homme.
- Ou le cousin? offra-t-il avec un sourire. « Je n'ai pas ébruité certains événements de Poudlard, mais il me semble que ce début d'année a été compliqué, pour toi et Dorian Nott ».
Scorpius passa les lèvres, espérant que Teddy parlait uniquement de son passage à l'hôpital et autres « désagréments ».
- Tu parles de notre relation avec les autres élèves? Oui c'était compliqué mais ça s'est amélioré, le quidditch aide beaucoup bien sûr, ça nous a permis de nous intégrer un peu mieux.
- Tant mieux, tant mieux.
Teddy sembla hésiter un instant.
- Tu veux me parler d'autre chose? s'enquit Scorpius.
- J'ai discuté avec le professeur McGonagall il y a peu de temps, commença-t-il, et Scorpius détourna les yeux. Tu es un excellente élève, à part en Transfiguration. C'est très proche de mes cours de charme où tu t'en sors brillamment, et on ne s'explique pas ton manque de pratique dans ce domaine. Tu es vraiment en dessous du niveau de la classe. Et nous savons que tu ne travailles pas du tout cette matière, tes devoirs sont presque une copie exacte de ceux d'Albus.
- Je ne sais pas quoi te dire Teddy.
- On peut te donner des cours de soutien si tu penses en avoir besoin.
- Je ne viendrai pas à des cours de soutien, le coupa-t-il. Ecoutes, je peux passer mes BUSE en ayant un T en transfiguration si j'ai un optimal dans toutes les autres matières non?
Teddy fronça les sourcils, dévisageant le garçon.
- Oui évidemment.
- Alors je ne vois pas le problème Teddy.
- Tu pourrais être majeur de ta promotion Scorpius, tu en as les capacités et c'est important pour ton avenir. Juste… essaies juste de faire un effort ok?
Scorpius essuya ses mains qui devenaient moites sur son pantalon.
- Je vais essayer, dit-il finalement sans grande conviction.
- Bon je pense que c'est déjà mieux que rien, conclut Teddy avec un sourire.
Albus apparut dans le salon, les cheveux mouillés et les joues rougies par une douche trop chaude.
Il se laissa tomber sur le canapé entre Teddy et Scorpius, leur demandant de quoi ils avaient parlé en son absence.
« Je demandais à Scorpius de faire quelques efforts en transfiguration pour le prochain semestre, dit Teddy sans ménagement. Et il serait bénéfique que tu arrêtes de lui passer tous tes devoirs, je peux compter sur toi? »
Scorpius vit le visage d'Albus perdre ses couleurs un instant, puis répliquer avec un sourire « qu'il continuerait à lui passer ses devoirs de transfiguration s'il pouvait avoir ceux arithmancie » avec une telle légèreté que Scorpius sentit une colère froide et insidieuse monter en lui. Il serra les dents, détournant les yeux.
Avec l'heure avancée, les premiers Weasley souhaitèrent la bonne nuit et rentrèrent chez eux ou prirent possession des chambres d'amis au troisième étage. La maison se vida au fur et à mesure et Scorpius et Albus s'éclipsèrent pour aller se coucher.
A peine eurent passer le seuil de la chambre qu'Albus plaqua Scorpius contre la porte, collant son corps contre le sien. Il saisit son visage entre ses mains et l'embrassa.
« J'ai pensé à ça toute la soirée, murmurait-il contre sa peau avant de re-capturer ses lèvres mais cette fois Scorpius posa ses deux mains sur son torse et le repoussa, le retenant à bout de bras.
« Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-il en saisissant ses poignets, les caressant avec ses pouces.
- Il faut que je te parle de quelque chose, dit-Scorpius à mi-voix et retirant ses mains. Il s'éloigna du garçon, sa proximité l'empêcher de réfléchir. Il s'assit sur le lit, les mains jointes, la tête baissé.
« J'ai cogné Hugo, tout à l'heure, dans la salle de bain. » Surpris, Albus vint s'asseoir à côté de lui sur le lit, mais ne dit rien et Scorpius continua: « Je n'avais pas l'intention de le faire mais… il a dit quelque chose. » Il leva les yeux vers Albus : « Il t'a vu dans la bibliothèque avant les vacances, tu faisais des recherches sur un mot. » Albus sentit son coeur s'emballait et le sang bourdonnait à ses oreilles. Il détourna les yeux. Du coin de l'oeil, il pouvait voir Scorpius observer chacune de ses réactions, scrutant chaque muscle qui se contractait. Il fuyait son regard maintenant, et semblait déglutir péniblement. Scorpius insista: « Pygmalionisme, ça te dit quelque chose? » Albus ne dit rien. « Ce n'est pas un mot très connu. Je ne vois pas où tu aurais pu l'entendre… » Le silence encore. Scorpius se mordille l'intérieur de la lèvre pour l'empêcher de trembler. « Albus… Est-ce que Dorian t'a parlé de quelque chose ?
Potter sentit la peur l'emprisonna, lui tordre les tripes. Sa gorge était tellement sèche qu'il ne put former aucun mot. Il se sentait piéger. Il finit par acquiescer péniblement. Lâche.
Il vit les larmes se former dans les yeux de Scorpius avant que celui-ci ne ferme les yeux pour les empêcher de couler. Sa lèvre devint une ligne pâle alors que tout son corps se mettait à trembler.
« Comment il a pu…, dit-il enfin, la voix fébrile. Il se leva, les mains sur les hanches et inspira plusieurs fois, tentant de se calmer. « Je réglerai cela avec lui quand je rentrerai, dit-il, sèchement. Je ne veux plus en parler. »
Albus secoua la tête, se tordant les mains.
- Non. Non, non, non, répéta-il, son corps secoué de tremblements.
- Non quoi? demanda Scorpius et Albus se leva, lui faisant face, osant affronter son regard.
- J'ai menti. Dorian ne m'a rien dit. Rien du tout.
- Alors comment…?
- J'ai volé la fiole dans ton sac.
Scorpius se figea, le corps raidit.
- Tu as quoi ?…
- Je pensais que tu me cachais quelque chose en rapport avec James ou un autre. Je n'ai pas pu me contrôler alors… »
Un coup parti. Une gifle violente, avec le dos de la main. Le premier réflexe d'Albus fut la colère et elle enfla en lui alors qu'il porta la main à sa lèvre douloureuse mais quand il vit les yeux emplit de larmes de Scorpius; elle s'évanouit. Ce n'était pas de simples larmes de tristesse. Scorpius était déçu et blessé et il le regardait avec chagrin et répulsion, comme si sa seule vue le déchirait. Sans mot, Scorpius se détourna et se dirigea vers la porte de la chambre.
« Tu vas où ? demanda Albus, désespéré.
- Je ne peux pas rester ici. »
Il ouvrit la porte à la volée, mais arrivé dans le couloir, il aperçu Harry Potter qui sortait de la salle de bain pour se diriger vers sa chambre à l'autre bout du couloir. Ils se toisèrent à un moment.
« Tout va bien ? demanda Harry.
Scorpius était conscient que tout dans son apparence devait trahir son agitation. Mais il ne pouvait pas s'expliquer encore moins à Harry Potter alors il se décida à mentir.
- Je voulais juste aller à la salle de bain.
Harry Potter n'en crut pas un seul mot et Scorpius le savait, mais l'homme acquiesça avec un sourire et n'insista pas d'avantage.
- Tu ne penses pas t'en aller au beau milieu de la nuit n'est ce pas?
Scorpius hocha la tête, esquissant un sourire indulgent malgré son corps tremblant.
- Bonne nuit.
- Bonne nuit répéta machinalement le garçon.
La porte au bout du couloir se ferma et le couloir redevint sombre.
Dans l'encadrement de sa porte, Albus lui souffla de revenir. Scorpius ne pouvait pas le supporter.
Il y avait une porte à côté de celle d'Albus.
Scorpius regarde Albus, le regard noir, ignora la façon dont la bouche du garçon s'entrouvrit et ouvrit la porte.
James était allongé sur le lit, la cheville gauche au-dessus de la droite, figé, un livre en main.
- Il faut que je dorme ici cette nuit.
Un silence. James cligna plusieurs fois des yeux, son visage ne trahissait aucune émotion.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
- Je ne peux pas rester avec ton frère et je ne peux pas partir au beau milieu de la nuit sans devoir des explications.
- Ce n'est toujours pas une bonne idée.
- Je te dis que je ne peux pas rester dans la chambre d'Albus !
James se leva d'un bond, jetant à terre le livre qu'il tenait. Il s'approcha de Scorpius, et le domina, furieux.
- J'en ai rien à foutre, sors d'ici !
Scorpius ne recula pas, défiant.
- J'ai juste besoin d'un endroit où dormir. Je ne te demande de coucher avec moi !
- Il ne manquerait plus que ça ! La réponse est toujours non, je te dis de sortir d'ici !
- Tu me dois bien ça James.
Potter lui saisit le bras, serrant jusqu'à lui faire mal.
- Je ne te dois rien du tout. Mon frère ne me parle plus, mon meilleur ami a du mal à me regarder dans les yeux, mon meilleur joueur veut se barrer de mon équipe et mon père me regarde de travers dès que je suis dans la même pièce que toi. Je paye Scorpius, tous les jours. J'attends docilement que les choses se tassent et toi dans ma putain de chambre n'aide pas du tout. Alors dégage d'ici bordel ! »
C'est le moment que Scorpius choisit pour craquer, et se mettre à pleurer.
- Oh putain, grinça James, en levant les bras au ciel avant de les mettre dans ses cheveux. Exaspéré, il regardait le garçon se décomposer devant ses yeux. « Putain tu m'auras tout fait !», dit-il en poussant Scorpius avant de sortir de la chambre.
Arrivé dans le couloir noir, il se demanda si Lily le laisserait dormir avec elle, même s'il ne l'avait pas fait depuis qu'il avait 7 ans. Mais elle voudrait des explications, autant éviter. James expira, se dirigea vers la gauche et ouvrir la porte au bout du couloir.
Assis sur le lit, Albus leva la tête de ses mains dans un sursaut mais quand il aperçut son frère, il poussa un grognement déçu.
- Je me doute que ce n'est pas moi que tu attendais.
- Qu'est ce que tu fais ici ?
James leva un sourcil.
- Tu préfères que je retourne dans ma chambre ? Mon lit est occupé au cas où tu ne le saurais pas. » Albus remit sa tête dans ses mains et James poursuivit en contournant le lit:
« J'ai essayé de le faire partir mais il s'est mis à pleurer. Comme toi quand tu étais gosse, avec les hoquets, les sanglots, la morve et tout. Même moi je ne l'ai pas fait pleurer comme ça. »
- La ferme, James, putain la ferme !
James s'allongea sur le lit, les bras derrière la tête. Albus parut surpris, prêt à hurler à son frère de foutre le camp, mais pour aller où ? Il se ravisa, évidemment James allait passer la nuit dans sa chambre.
Il finit par s'allonger à ses côtés. Ils restèrent un moment ainsi, en silence côte à côte.
- Tout est différent maintenant, dit Albus alors qu'il observait le plafond, allongé sur son lit. Je me rappelle avoir regardé ce plafond comme ça. C'était en août, avant tout ça. On n'était pas aussi mal.
James acquiesça avec un murmure, la bouche fermée.
- Comment il peut se réfugier dans ta chambre après ce qu'il s'est passé ?
James prit une inspiration pour parler et se ravisa. Il semblait réfléchir.
- C'était fini lorsque vous nous avez surpris. On avait passé plusieurs caps. On s'est dit tout ce qu'on avait à se dire. Enfin je te dis ça…, d'après ce qu'il m'a dit quand il est venu dans ma chambre, « je lui dois bien ça ». Je me demande combien de fois encore je vais entendre cette phrase.
- Tu regrettes ce que tu as fait ?
James soupira et se rembrunit, en pleine réflexion, comme si cette question lui paraissait terriblement compliquée.
- Il t'a dit qu'on s'était déjà rencontré ? Avant Poudlard ?
- Il l'a évoqué une fois. Mais je n'avais pas vraiment fait attention, ça ne me semblait pas important à ce moment-là.
- ça s'est mal passé. Au final j'ai voulu me venger. Mais la personne que je voulais blesser n'existait pas. Mais quand je l'ai compris, il était déjà trop tard. Et j'ai pris ce que je pouvais prendre puisque j'avais déjà tout gâché.
Albus hocha la tête en silence, observant le plafond un moment. Sa gorge se serra.
- Moi aussi j'ai tout gâché.
James tourna la tête vers son frère.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ?
Albus porta sa main à son visage appuyant sur ses paupières pour empêcher les larmes de couler.
- Je crois que si je te le dis, je le perdrais définitivement. » Il se tut, et respira. Il avait envie de parler. « Il a donné un souvenir à Nott. J'ai cru que cela te concernait et j'étais… jaloux. Je voulais savoir alors j'ai volé la fiole et j'ai cherché une pensine. Mais ça n'avait rien à voir avec toi, ni avec moi d'ailleurs. Il me déteste, parce que je ne lui ai pas fait confiance et que j'ai découvert quelque chose de terrible alors que j'aurais dû attendre qu'il m'en parle, quand il serait prêt.
- Un type a abusé de lui ?
Albus se tourna vers lui, hébété.
« En dehors de moi, ajouta James d'une voix basse.
- Comment… comment tu sais ça ?
James soupira, et détourna la tête pour reporter ses yeux vers le plafond. Il tapota sa poitrine de sa main.
- ça expliquerait pas mal de choses finit-il par dire.
Albus éteignit la lampe de chevet. Il n'allait surement pas dormir, mais autant essayer de se reposer. Rien ne pouvait être fait cette nuit. Scorpius ne supporterait pas sa présence ce soir et il n'avait aucune excuse à lui fournir. Seule sa jalousie l'avait fait agir. Elle était le poison qui les gangrénait. La voix de James lui parvint dans le noir.
- Oui.
- Oui, quoi ?
- La réponse à ta question. Oui, je regrette ce que j'ai fait.
Voilà, j'espère que vous avez aimé!
N'hésitez pas à commenter!
A bientôt!
