Chambre de l'ONU, New York, quelques heures après la demande du général Windu.

Les membres du conseil semblent ravis. Devant eux se trouvent tous les généraux jedis, devant traiter les termes de la reddition de la république. La présidente française ne put s'empêcher de laisser entendre un bref petit rire.

- Veuillez m'excuser de ce bref rire, mais je ne peux m'empêcher de ressasser vos paroles général Windu. Quels étaient-elle ? Ah oui. '' Nous nous reverrons quand vous nous supplierez d'arrêter''. Pourtant, c'est vous qui vous êtes rendus à nous.

Les autres membres du conseil sourient devant les paroles de Cheron.

- Bref maintenant que cette futile guerre est maintenant terminée, passons à quelque chose de plus concret.

- Pourquoi parler de futile guerre vu que vous êtes à l'origine de tout ça, réplique Windu.

Son camarade Plo Koon allait lui expliquer, mais la présidente décida de faire autrement.

- Puisque vous pensez toujours que nous avons détruit un vaisseau républicain qui n'existe pas, cette vidéo pourra éclairer votre esprit si étroit.

La projection de l'attaque de la CSI fait l'effet escompté sur tous les jedis sauf ceux ayant déjà observé ladite vidéo. Un profond malaise s'empare d'eux. D'ailleurs, le conseil constate l'absence d'un des jedis.

- Il me semble qu'un des vôtres soit aux abonnés absents, s'exprime Yevgenievich.

- Le maître Pong Krell n'a guère voulu être à cette réunion, répond Ki Adi Mundi.

- Voilà quelqu'un qui n'apprécie pas d'être mis devant une défaite cuisante, s'amuse à prononcer Gross.

- Qu'importe, lâche Cheron. Nous avons déjà un avant-goût du caractère de ce fameux maître jedi. Sa non présence est donc préférable. Sur ce, nous pouvons commencer à mettre les termes et conditions de la reddition des forces de la République.

Plusieurs jedis s'attendent à être réduit en esclavage. Pourtant une pensée aussi malavisée disparut rapidement de leur esprit. Gisèle apparaît et énonce les conditions :

- 1ère condition : tout le matériel de la république utilisé pour l'attaque sera donné au peuple de la terre en compensation de leur attaque.

- 2ème condition : Tous les clones, membres d'équipages et jedis présents seront traités avec respect le temps de leurs séjours sur terre, le temps que la république envoie une flotte pour les récupérer.

- 3ème condition : des échanges seront effectués pour que la terre puisse pouvoir construire un spatioport et effectuer des échanges commerciaux avec les autres planètes souhaitant faire des échanges avec nous.

- 4ème condition : le conseil autorise les peuples des autres mondes à visiter la terre, à condition d'avoir les documents pouvant attester son autorisation à séjourner sur notre monde, cela sous-entend, avoir fait des vaccins contre les maladies de la terre, ne pas avoir commis de délit ou autres formes d'actes contre la loi. Si l'individu en question agit contre les lois du pays où il séjourne, il sera arrêté et mis en prison jusqu'à ce que son sort soit statué avec le gouvernement de sa planète d'origine.

- Voilà les termes de votre reddition.

- C'est quelque chose…d'assez surprenant, répond Adi Gallia.

- Oui, je suis d'accord avec maître Gallia, continue Aayla Secura. Nous nous attendions plus à ce que nous soyons réduit en esclavage.

- C'est peut-être le cas sur d'autres planètes de la galaxie, mais pas sur la nôtre, assure Hays. Nous sommes civilisés même si nous n'avons pas de technologie spatiale avancée.

- De plus, les conditions peuvent être ajustées, précise Ryu Tae-Yun.

- Dans ce cas, il me semble exagéré que nous devions vous donner tous nos vaisseaux, s'exprime Obi-Wan.

- Général Kenobi, lui répond Hobbs, j'espère que vous réalisez l'ampleur des ravages que votre flotte a subi face à notre attaque. Plus d'un tiers de vos navires doivent être irrécupérables, juste bon pour la casse. Ils devront être cannibalisés pour réparer le reste.

Les discussions sont longues mais des compromis sont trouvés. La république pourra garder cinq navires dans lesquels se trouvent le Resolute et le Hope. Les jedis ne voient pas de problèmes avec les autres conditions.

- A ce propos, questionne Saesee, où se trouve ce navire séparatiste que vous avez capturé ?

- Il se trouve sur la face cachée de notre lune, lui répond Nie Lie. Il a été judicieux de le cacher et à raison. Vous ne nous auriez jamais écouté. Ai-je raison ?

La question ancre davantage les jedis dans l'embarras et la honte.

- Mais comment avez-vous fait pour avoir une telle flotte de chasseur ? Cela est impossible en à peine un mois, s'exprime Kit Fisto.

- Nous avons les moyens de décortiquer et d'effectuer une rétro-ingénierie rapide avec l'aide de nos IA, dit simplement Danasabe.

- Que signifie d'ailleurs ce terme ? questionne Amari.

- C'est l'acronyme pour Intelligence Artificielle. Il s'agit de recréer un cerveau humain mais sous forme de programme.

- Il s'agit en quelque sorte de droïde, dit Illi.

- Pas vraiment. Ils sont plus autonomes que vos droïdes. Cela varie bien sûr en fonction de son rôle.

- Je pense que nous pouvons accepter vos conditions, s'exprime Windu. Cependant, c'est au chancelier suprême de les valider. Je vais le contacter pour lui faire part de la conclusion.

- Permettez-moi également de partir, s'adresse Anakin. Ma padawan est encore inconsciente et je m'inquiète pour son état.

Le conseil accepte les deux demandes.

- De toute façon, nous aussi, avons de grandes annonces à faire. Cependant, nous préférons vous prévenir jedis, nous, membres du conseil permanent n'avons nullement la volonté de rejoindre la république dans sa guerre contre la CSI. C'est une guerre qui ne nous regarde pas. Nous en ferons part à la réunion exceptionnelle de l'ONU qui aura lieu dans quelques temps. Nous vous laissons. Si vous avez des besoins à demander, nous avons du personnel qui pourra vous aider, dans la mesure du possible, bien évidemment.

Coruscante, chambre du chancelier suprême

Le chancelier lit les différentes demandes d'aides et celles des sénateurs. Pourtant, une partie de son attention est accaparée par l'attente de la réussite de la flotte punitive.

''Ils devraient être arrivés. Cela ne devrait pas prendre trop de temps pour mettre au pas cette planète arriérée. J'espère qu'ils pourront perdre quelques jedis. Cela m'aiderait grandement pour la suite.''

Il reçoit un appel, provenant du général Windu. Une petite joie s'empare du chancelier, imaginant ce qu'il pourrait faire avec la fameuse arme en leur possession.

- Mes respects chancelier suprême, s'exprime Windu.

- Salutations rendue, général Windu. Quelles nouvelles apportez-vous ? Le monde voyou a-t-il compris son erreur ?

- Navré de vous annoncer pareilles nouvelles chancelier, mais nous avons été vaincus, lui annonce le jedi.

Palpatine ne dit mot pendant un bref moment.

- Que voulez-vous dire, général Windu ?

- Le peuple de ce monde a réussi à nous vaincre, chancelier. Nous avons subi une cuisante défaite. Cependant, ils ne sont pas aussi mauvais que nous le pensions. Ils ne se sont montrés hostiles que lorsque nous leur avons déclaré la guerre.

- J'ai bien peur de ne pas comprendre, général Windu. Ils n'avaient pas de navires spatiaux pour se défendre.

- Il est vrai. Cependant, ils ont été bien plus malins que nous et nous avons perdu. Je dois d'ailleurs vous prévenir que ce n'est pas un navire républicain qui a été détruit, mais une flotte de la CSI qui a tenté de s'emparer de leur monde.

- Je vois. Les renseignements semblent m'avoir donné une information tronquée. Ont-ils exigé des demandes ?

- Oui. Je vous les transmets.

Un hologramme s'affiche, montrant les différentes conditions de la reddition. Palpatine les lit et n'y trouve rien de parfaitement alarmant.

- Je n'y vois pas de problème. Cependant, nous devrions en parler directement sur Coruscant, pour officialiser les termes.

- Je comprends. Par ailleurs, il nous faudrait plusieurs vaisseaux pour récupérer nos forces. Nous n'avons pu garder que cinq navires.

- Je vais faire sur le champ la demande d'envoi de plusieurs navires pour vous récupérer.

- Je vous en remercie, chancelier.

L'hologramme s'éteint. Palpatine reste silencieux un moment avant de montrer une colère véritable.

- Comment ce peuple de primitif ose me…nous demander pareilles choses ? s'exprime avec colère le chancelier.

Le chancelier reprend rapidement son calme habituel.

- La situation a changé. Je dois revoir mes plans. Je pensais que ce monde ne serait qu'un simple grain de sable, une formalité. Il semblerait que le peuple de ce monde soit plus résistant que prévu. Hm…Je pense que je peux facilement prendre à mon compte les événements. Si ce peuple, les terriens, pense pouvoir être gagnant, ils vont très vite apprendre leur place dans la galaxie.

Monde inconnu

Ashoka court comme si la mort était à sa poursuite. Le monde qui l'entoure est teinté d'un rouge cramoisi à cause de la couleur rougeâtre du ciel. Il n'y d'ailleurs rien à observer sur ce monde. Il est totalement désolé et vide de toute vie. Pourtant, il y a quelque chose d'autre qu'elle sur ce monde ravagé.

Elle entend un bruit et dégaine ses deux sabres lasers. Elle observe les alentours avec angoisse. Sa respiration est lourde et saccadée. Elle reste figée un moment. Ne voyant rien, elle respire, mais baisse sa garde par la même occasion. Une ombre se jette sur elle. Ashoka parvient à éviter de justesse l'attaque. Elle se décale pour observer son adversaire : le général Grievous.

- Alors Padawan, on est toute seule ? persifle avec amusement le cyborg. Pas de maître ou de clones pour te soutenir. Tes sabres lasers seront de beaux trophées.

- N'y pense même pas, boîte de conserve !

- Quelle arrogance, réplique Grievous. Tu penses avoir une chance alors que j'ai défait des maîtres puissants comme Ki Adi Mundi et Shaak Ti ?

- Tu les as pris par surprise et ils étaient affaiblis, lui répond la padawan avec férocité.

- Très bien. Voyons voir tes compétences, dit-il en attrapant deux sabres lasers.

Le duel est aussi bref que violent. Ashoka ne parvient pas à pénétrer la défense du cyborg. Ce dernier semble plus s'amuser qu'autre chose. Elle veut utiliser la force, mais à sa plus grande consternation, elle ne peut pas l'utiliser. Ce qui ne manque pas de faire gausser de rire le cyborg.

- On ne peut pas utiliser son pouvoir ? dit-il avec un amusement sordide. Un jedi sans la force n'est rien. Je vais t'écraser comme l'insecte que tu es, dit-il avec médisance.

Il la frappe avec son pied en plein ventre. Elle est propulsée et percute un rocher. Elle a le souffle coupé et une immense douleur qui se répand. Elle tombe lourdement sur le sol, impossible de faire le moindre mouvement. Grievous s'approche d'elle et à chaque pas, la peur empoigne le cœur de la padawan jusqu'à ce qu'il se retrouve devant elle.

- Tu n'auras été qu'une perte de temps, padawan. Je ferais meilleur usage de tes sabres.

Ashoka ne parvient pas à formuler de mot, sa bouche restant totalement silencieuse. Elle voudrait crier, mais rien n'y fait. La peur la paralyse complètement. Grievous lève ses bras et les abat, dessinant un X. Ashoka sent son corps être démembré, se disloquer, mais alors qu'elle devrait mourir, elle est toujours en vie.

- Pou…Pourquoi suis-je encore en vie ? dit-elle enfin.

Elle ne ressent que douleur et peur. Puis, elle entend le bruit de pas. Elle reconnaît ce bruit. Un robot noir avec un visage aplatit et usant d'oculaire se montre à elle.

- Alors enfant soldat, qu'est-ce que cela fait de se rendre compte de l'horrible réalité de ton impuissance ?

Ashoka lève difficilement la tête. Elle ne comprend pas pourquoi Grievous ne détruit pas ce droïde. Il semble même attendre.

- Ressens-tu cette peur qui empoisonne ton corps ?

Il agrippe le crâne d'Ashoka et soulève son corps dont il ne reste plus que le buste.

- Voilà où mène une inconscience totale des dangers et de surestimer ses capacités.

- Est-ce bon ? s'impatiente Grievous. Je peux enfin la tuer ?

- Oui, dit-il simplement en lui montrant le corps d'Ashoka.

La dernière chose qu'elle voit est le sabre de Grievous lui transperçant la tête.

Elle hurle de toute sa voix. Elle rouvre les yeux, en état de choc, la respiration lourde, dégoulinant de sueur. Il lui faut un moment pour se calmer.

- Chipie, calme-toi, dit une voix calme et bienveillante.

Ashoka tourne lentement la tête pour voir son maître assis, la regardant avec inquiétude. Elle se calme et observe ce qui l'entoure. Elle est habillée avec une étrange tenue et se trouve sur un lit très confortable. Elle a par contre d'étranges objets collés sur sa tête. Elle remarque qu'à par eux, il n'y a personne.

- Où nous nous trouvons, maître ? dit-elle avec l'esprit encore embrumé.

- Nous sommes à l'hôpital Presbyterian, dans la ville de New York.

Puis, elle se rappelle de tout, mais Anakin lui pose une main sur l'épaule pour la calmer.

- Calme toi Ashoka. Nous avons perdu la bataille de même que la guerre contre les terriens.

- Je ne comprends pas maître. Si nous avons perdu, pourquoi ne sommes-nous pas réduit en esclavages, voire même éliminés ?

- Parce qu'ils sont bien plus civilisés que nous le pensions, admet son maître. D'ailleurs, nous sommes les uniques responsables de cette guerre qui n'a rien apporté si ce n'est des morts inutiles.

Sa padawan ne saisit pas la teneur de sa phrase. Il lui explique ce qu'il a appris et elle en est choquée.

- Combien de temps ai-je dormi ?

- Plusieurs heures. Tu sembles avoir eu un profond cauchemar.

- Il était si réaliste maître. J'ai été pourchassé par le général Grievous. Il m'avait démembré et alors que j'étais encore vivante, cet étrange droïde est venu vers moi avant de m'offrir à Grievous.

- Je vois. Chipie, je te préviens de garder ton calme. Elle est réveillée.

Le visage d'Ashoka se crispe quand le premier individu à pénétrer la salle se trouve être ce même droïde.

- Je vois que l'enfant soldat va bien, s'exprime le droïde avec une voix forte et mécanique. Et je constate que je te fais peur.

- Je…Je n'ai pas peur…

- Tes pulsations cardiaques et le rythme de ta respiration me disent le contraire. Se voiler la face n'est pas la meilleure solution pour affronter la réalité.

Ashoka a comme un choc. Dans son cauchemar, le droïde a tenu le même discours.

- Je dois d'ailleurs te corriger. Je ne suis pas un droïde, mais un scythe. J'ai d'ailleurs un nom et il s'agit de Zeratul. Professeur Stanley, vous pouvez venir voir la patiente.

Un homme noir a la physionomie lambda s'avance. La seule chose qu'Ashoka remarque est le regard mauvais qu'il lance à la fois sur son maître et sur elle.

- Je me nomme Stanley Justin. Je suis psychiatre. Je suis ici pour la patiente qui se prénomme Ashoka. C'est bien ton nom ?

- C'est Ashoka Tano, le corrige la togruta.

- Très bien Ashoka, je suis ici pour m'assurer de ton état mental.

- Pardon ? s'exclame Ashoka. Je vais parfaitement bien. Et qu'est-ce donc qu'un psychiatre ?

La question étonne le docteur qui observe son maître en l'attente d'une réponse, mais ce dernier ne répond pas.

- Vous n'avez aucun psychiatre dans la république ? s'étonne Stanley. Comment faites-vous pour traiter les problèmes psychologiques ?

- Je l'ignore. Je n'ai jamais eu de problème.

- Nous allons voir ça. Ashoka, je vais te poser plusieurs questions et tu devras me donner une réponse claire.

Ashoka aimerait répondre, cependant son maître lui indique d'un simple mouvement de la tête d'obéir. Elle accepte par dépit.

- Très bien, commençons. Première question, quel âge as-tu ?

- J'ai quatorze ans.

- Tes parents sont-ils au courant que tu fais la guerre ?

- Je…Je l'ignore…L'ordre m'a pris quand j'étais jeune.

- Quel âge avais-tu à ce moment précis ?

- Trois ans.

- Tes parents ont-ils accepté de plein gré de t'offrir à l'ordre ?

- Bien évidemment. C'est un immense honneur que d'être accepté dans l'ordre.

- Es-tu sûr qu'ils ont eu le choix ? Comme tu me l'as annoncé, tu étais très jeune, tu as donc peu de souvenir d'eux, voir même peut-être plus aucun aujourd'hui. Notre cerveau peut nous jouer des tours pour nous faire croire à une fausse réalité.

- Je le répète, ils m'ont offert de leur plein gré !

- Un instant, je vous prie docteur Stanley, s'exprime Anakin. L'ordre Jedi a le droit de prendre les enfants qui ont des liens très forts avec la force.

- Que se passe-t-il quand une famille décide de garder son enfant plutôt que de l'offrir à un ordre monastique dont ils ignorent tout ? Le jedi use de son lien avec la force pour forcer les parents à offrir leur enfant ?

- Non, s'offusque Anakin, jamais un jedi oserait faire ça.

- Avez-vous déjà observé une telle scène, général Skywalker ?

- Non, admet Anakin avec dépit.

- Dans ce cas, cela ne reste que des paroles. Cependant, je vais prendre en considération que l'ordre jedi a ''encore'' un peu d'éthique morale.

Les deux jedis ont bien senti son accentuation sur le mot encore.

- L'ordre jedi est le garant de la paix dans la galaxie, reprend Ashoka. Nous ne nous abaissons pas à de telles bassesses.

- Pourtant, vous êtes au jour d'aujourd'hui des porteurs de morts. Si j'ai accentué le mot encore, c'est parce que j'estime qu'un ordre qui envoie des jeunes enfants à la guerre ne mérite pas d'être appelé garant de la paix.

- Les nécessité de la guerre font loi, docteur, lui dit Anakin. Nous avons besoin d'eux sur le front.

- Pour qu'ils se fassent descendre par le premier tir d'un sniper ? Combien d'entre vous sont-ils préparés à faire la guerre ?

- Jusqu'à ce que la guerre éclate, aucun d'entre nous. L'art de la guerre n'a jamais été appris par les padawans, voire même des jedis tout court.

Le docteur Stanley se masse les yeux avec les doigts devant ce qu'il vient d'entendre.

- Je m'attendais à entendre bien des choses mais pas à une telle inconscience. Nous ne faisons pas la guerre comme si c'était un terrain de jeu. Pour ma part, un ordre qui use d'enfants soldats ne mérite aucunement d'être appelé à être garant de la paix. C'est d'une hypocrisie sans nom.

- Que savez-vous de la guerre, docteur ? lui répond Ashoka, énervée et agacée d'entendre l'homme médire sur l'ordre jedi.

Le docteur Stanley la foudroie d'un regard froid et sombre, tout comme peut l'être celui de Mace Windu. Il se lève et retire le haut de ses habits. Ils observent sur le torse du docteur de nombreuses cicatrices, de même que sur les bras. Toutes ressemblent à des cicatrices de guerre.

- Vous étiez un soldat ? questionne Anakin.

- Non, répondit le docteur en se rhabillant. J'étais un enfant soldat dans mon pays. Je n'avais même pas six ans que l'on m'a forcé à apprendre à manier une arme. A huit ans, c'était l'usage des explosifs. A dix ans, j'ai eu ma première bataille. J'ai tué des enfants de mon âge et même des adultes. J'ai vécu dans un monde de chaos et de violence. Je pensais finir ma vie abattu comme l'animal que j'étais. Pourtant, j'ai eu une chance, si ce n'est un miracle. Une coalition de soldats d'Occident composée d'américains et d'européens sont intervenus pour faire cesser le chaos dans mon pays. Mon groupe a été éliminé, mais le soldat américain qui me trouva hésita un moment et à ma grande surprise m'offrit de m'aider, de sortir de l'horreur dans laquelle je vivais. Il décida de m'adopter avec sa femme et je me suis retrouvé dans un monde qui m'étais inconnu. Je ne savais ni lire ni écrire. Malgré tout, avec l'aide de ma nouvelle famille j'ai rattrapé mon retard et j'ai décidé d'entrer dans la médecine, avec une spécialisation dans la psychiatrie liée aux traumas de la guerre.

Ashoka sentit sa colère disparaître devant le passé de l'homme qui se trouve devant elle. Elle saisit mieux son comportement à son égard. Il semblerait que même son maître en soit sans voix devant ce qu'il a entendu.

- Je…Pardonnez-moi ma colère.

- Je n'ai nullement besoin d'être pris en pitié. J'ai accepté depuis longtemps mon passé et je m'en suis servi pour aider mon prochain. Les blessures physiques peuvent être soignées, mais les blessures psychologiques sont bien plus dures à soigner. Elles sont invisibles, retorses et dépendent de tout à chacun. Si cet aparté est terminé, reprenons. Dis-m'en plus sur ton cauchemar.

Ashoka le lui décrivit sans omettre le moindre détail. Une fois cela fait, le docteur prend quelques notes avant de s'adresser de nouveau à elle.

- As-tu déjà rencontré ce Grievous ?

- Oui, mais nous l'avons mis en déroute avec maître Kenobi.

- Pourtant, ton subconscient éprouve une crainte non négligeable. Cela veut dire qu'il t'effraie malgré tes paroles. Il t'a laissé un souvenir très fort. Zeratul te l'a fait ressortir quand il s'est approché de toi et que ta force n'a pas réussi à le repousser.

- Que…puis-je faire pour lutter contre ces mauvais rêves ?

- Tu vas devoir accepter ta propre faiblesse. Te surestimer est le pire à faire. Le sage sait admettre quand s'arrêter avant d'atteindre un point de non-retour.

- Que se passerait-il, docteur Stanley si Ashoka ne fait pas attention ?

- Elle pourrait faire une crise d'angoisse en plein milieu d'une bataille et se retrouver immobilisée sans pouvoir prononcer la moindre parole. Le risque d'être tuée est graduellement augmenté.

- Combien de temps pensez-vous pouvoir l'aider ?

- Cela ne dépendra pas de moi, général Skywalker. Cela dépendra uniquement de votre padawan et si elle est prête à faire face à ses erreurs et ses peurs.

Les deux hommes observent la padawan. Après un silence, la togruta accepte l'aide du docteur Stanley.

France, proximité de la capitale

Angyr observe où il va vivre pendant plusieurs jours : un lit dépliable sur lequel se trouve une protection et une sorte d'habit dans lequel il doit rentrer pour dormir. Il n'est pas seul. Ils ne sont pas loin de huit dans chaque tente. Il s'assoit et le lit est plus agréable qu'il ne le pensait. Il prend une des bouteilles que ceux qui étaient ses ennemis lui ont donné. Il l'ouvre et boit. Cela lui fait du bien. Pourtant, il ne se sent pas à l'aise. Son ventre l'appelle pour le repas. Il sort et rejoint la tente prévue à cet effet. Il n'est pas le seul. Les terriens leur posent plusieurs questions sur leur régime alimentaire. Ils répondent qu'étant des soldats, ils ne se posent pas la question. Suite à cela, ils donnent à chacun une boîte qu'ils nomment ration de combat réchauffable de 24 heures ou simplement rasquette. Quand Angyr en reçoit une, il est étonné de voir le langage Aurebesh écrit dessus.

Il se dirige vers le mess. Beaucoup de clones que cela soit de sa force que de la 234ième s'y trouvent. Il y a également des terriens qui mangent également. Il ne sait pas où se mettre.

- Angyr, viens ici. Il y a de la place.

Il reconnaît sur le champ la voix du commandant Wolffe. Il rejoint la table.

- Mes respects commandant.

- Inutile de me saluer, dit-il. Je pense que nous pouvons oublier un moment les salutations. Nous sommes tous logés à la même enseigne en ce moment.

Angyr acquiesce et s'installe.

- Permets-moi de te présenter le commandant Taynch, commandant de la 234ième et l'arc trooper Alpha.

Il salue les deux clones et observe avec intérêt le soldat ARC.

- Je ne dérange pas ?

- Aucunement, lui dit Taynch. On allait ouvrir cette boîte quand Wolffe t'a aperçu un peu perdu. Un repas s'apprécie à plusieurs, surtout pour mieux digérer une défaite cuisante.

- Oui. Je l'admets que cela me fait mal d'avoir dû me rendre, répond Wolffe. Mais c'était le meilleur choix à faire. Vous vous êtes fait neutraliser par quoi ?

- Par une pluie de petits missiles. On a appris par la suite qu'ils appellent ça des munitions rodeuses. Ce sont de petits drones suicides, ne coûtent pas chers et sont facilement rentables, selon les termes qu'ils en disent. Et pour toi Wolffe ?

- Eh bien, on s'est mangé leur artillerie et du largage de grenades par leurs drones. Ah si, ils ont usé d'une arme qui a réussi en un tir à détruire dix canonnières en un coup.

Taynch et Alpha semblent surpris de l'annonce de Wolffe. Ils ne le croient pas.

- Il dit la vérité, répond Angyr. On n'a pas vu l'obus, mais les dégâts ont été spectaculaires et effrayants à voir.

- Tu oublies de parler de leur groupe Paladin, surenchérit Wolffe. La vache, c'est un bataillon à eux seuls.

- Eh bien, les terriens ont des unités d'élites comme nous, les ARC troopers, dit Alpha.

Les clones essaient d'ouvrir la boîte, puis observent comment les terriens ont fait. Une fois ouvertes, ils ont la nourriture et surtout un manuel écrit toujours en Aurebesh. Ils commencent à manger. Seulement, ils peinent à allumer le feu et après plusieurs vaines tentatives, plusieurs soldats terriens leur apportent un réchaud.

- Avec ça, cela devrait aller, dit le soldat.

- Merci bien, dit Wolffe en posant sa ration sur les flammes. C'est très généreux.

- C'est juste que l'on est prévoyant, répond le soldat avec amusement. Il est pratique à emporter, mais à allumer, parfois c'est des plus pénibles. Faites attention à ne pas trop le laisser sur les flammes et remuer pour éviter que cela ne crame.

Ils en prennent compte et une fois bien cuits, ils profitent d'un repas qui les surprend.

- C'est très bon, ce chili con carne, dit Wolffe avec étonnement.

- Pareil pour ce curry de porc, continue Taynch.

- Hm, leur poisson thon a très bon goût également, dit Alpha.

- De même que ce porc créole riz ananas, fini Angyr.

- Si on avait de telles rations, cela motiverait encore plus les troupes, reprend Wolffe.

- J'admets que c'est un concept bien pensé. J'ai entendu que ces rations françaises sont très appréciées par de nombreux militaires autre que leur état-nation.

- Français ?

- Oui. L'état-nation que l'on a voulu prendre se nomme la France et ses citoyens sont nommés français.

Ils finissent leur repas quand un groupe de soldats français arrivent pour profiter également du repas. Angyr remarque qu'un d'eux a un drôle d'animal qui le suit.

- Quel étrange animal, dit-il.

- Étrange peut-être, dit Alpha, mais je peux te dire que ce sont de sacrés bestiaux. Il a l'air docile, néanmoins évite qu'il te morde, surtout à la main. Il y a un des nôtres qui s'est approché de trop près. Son maître n'a pas eu le temps de le retenir. Le malheureux est à la tente médicale pour se faire soigner. Et une fois qu'il a planté ses crocs, vas-y pour le faire lâcher.

Angyr acquiesce. L'animal reste proche de son maître, mais dès qu'il lui retire la laisse, il part et se dirige droit sur Angyr. Ce dernier se fige, tandis que l'animal l'observe avec ces yeux. Son maître arrive, bien embêté par la gêne occasionnée.

- Pardonnez-moi, Xyla n'agit pas comme ça d'habitude. Arrête, tu vois que tu le gênes.

Pourtant l'animal s'approche encore plus d'Angyr avec un couinement. Il se frotte contre le clone. Le français semble bien embêté.

- Vous pouvez la caresser. Elle ne vous mordra pas.

Angyr approche lentement sa main, mais c'est l'animal qui vient se frotter contre sa main. Xyla semble apprécier la caresse. Angyr se prend au jeu.

- Eh bien, il est rare qu'elle s'approche d'un inconnu, encore plus un humain extraterrestre.

- De quelle espèce il s'agit ? demande Taynch.

- C'est un chien, de la race des doberman. Très utile une fois bien dressé.

- Pourquoi utilisez-vous des chiens ? demande encore Taynch.

- Pour plusieurs raisons. Grâce à leur puissant odorat, ils peuvent sentir tout ce qui est résidu de drogues ou de poudre. Ils sentent également le danger et peuvent immobiliser un ennemi le temps de l'appréhender.

- Un animal très intelligent en somme, dit Wolffe.

- Pas que. Je vous laisse, mon repas m'attend. Allez Xyla, vient.

La chienne hésite un moment avant d'obéir à son maître.

- Tu n'en menais pas large, ironise Wolffe.

- J'avoue ne pas être serein après les paroles d'Alpha. Mais elle était très gentille.

- C'est la preuve qu'elle a été bien dressée. On ne devrait pas tarder à avoir des nouvelles de nos généraux.

C'est à ce moment précis que leur comlink s'active. Les deux commandants se lèvent et s'éloignent du mess pour mieux discuter.

- Alors généraux, qu'a donné cette réunion avec les membres permanents de l'ONU ?

Ils leur détaillent la réunion.

- Je vois. Nous allons rester un petit moment sur cette planète, répond Wolffe.

- Profitez-en pour vous reposer, prévient la générale Amari.

- Je pense que nous allons bien obéir à cet ordre, général, dit Taynch avec amusement. Nous allons essayer de sympathiser avec les forces françaises.

- C'est une bonne chose, lui répond le général Plo Koon. Cela permettrait d'amoindrir la mauvaise image que nous avons donnée.

- C'est noté généraux. Nous allons en faire part au reste de nos forces.

La communication se coupe.

- Eh bien, les terriens ne demandent mine de rien pas tant de choses, dit Taynch.

- Plus de trente vaisseaux, ce n'est pas trop d'après toi ?

- Si on considère que plusieurs ont subi des dommages les rendant inopérants, oui. Sur trente, ils pourront en avoir la moitié, pas plus. Cependant, tu as entendu ce qui s'est passé sur la bataille contre l'état-nation se dénommant la Prussie ?

- Tu fais allusion au lieutenant qui a neutralisé son commandant pour faire stopper la bataille ? Oui et il risque d'avoir une sévère punition. Il a désobéi à son général. Même si je peux comprendre son action.

- Je n'aimerais pas être sous le commandement du général Pong Krell. Il a certes de nombreuses victoires, mais au prix de la vie de nombreux de nos frères.

- Nous sommes des clones, Taynch. Nous sommes remplaçables.

- Peut-être, mais ce n'est pas l'avis de tous, surtout pour les généraux Skywalker, Plo Koon, Amari et Illi. Ils nous considèrent comme des individus. A contrario de Krell qui nous considère comme des outils remplaçables.

- Tu as raison. Seulement, cette discussion doit rester entre nous.

Les deux acquiescent et alors qu'ils vont prévenir les clones, ils ont la désagréable surprise de voir Angyr être au sol, inconscient. Deux clones dont l'un est Alpha, le prennent et aider par les soldats français est amené de toute urgence à la tente médicale.

- Que s'est-il passé ? demande Wolffe.

- Nous l'ignorons. Il s'est mis soudainement à délirer avant de s'effondrer.

- Je vois. Taynch, prévient les hommes. Je vais voir son état.

Wolffe se dirige vers la tente médicale. Il n'a pas besoin de la chercher bien longtemps. Une fois arrivé, il se présente et cherche son camarade. Un des médecins l'accompagne. Il trouve Angyr couché, toujours inconscient.

- Alpha, que s'est-il passé ? demande Wolffe.

- Je ne saurais le dire, admet l'intéressé. Tout allait bien jusqu'à ce qu'Angyr perde le contrôle et ne s'évanouisse.

- Nous allons voir le pourquoi du comment, s'exprime le médecin. Patientez dehors.

Les deux clones patientent jusqu'à ce que le médecin arrive.

- Qu'a Angyr ? questionne Wolffe.

- Il souffre d'un traumatisme suite à la mort de ses camarades.

- C'est grave ? questionne Alpha.

- Dans son cas oui. Nous devons le garder pour lui permettre de garder sa stabilité mentale.

La demande prend de cours les clones. Ne sachant quoi répondre, Wolffe communique avec Plo Koon et lui explique la situation.

- Hm…Docteur est-il vraiment nécessaire de le garder ? demande Plo Koon.

- Avez-vous des psychiatres ou des aides pour les traumatismes post guerre ?

- Non. Nous n'avions plus connu de guerre depuis longtemps.

- Dans ce cas, il doit être pris en soin. La crise qu'il vient d'avoir était bénigne, mais si on ne fait rien, cela va s'aggraver crescendo. Elle pourrait survenir en pleine bataille. Sous l'effet de cette crise, il pourrait prendre ses camarades clones pour l'ennemi. Je pense que c'est un risque que vous ne voulez pas courir.

- Je le conçois. Est-ce quelque chose de fréquent ?

- Oui, car toute guerre laisse des traces sur notre subconscient. Même la plus petite bataille. Je dois admettre que je suis très étonné que vous n'ayez aucun spécialiste en la matière. Vous n'avez peut-être plus connu de guerre de cette ampleur, mais des guerres entre planètes ont dû se dérouler.

- Combien de temps pour le soigner ? demande Plo Koon.

- Cela varie du patient. Cela dépend entièrement de lui. Mais nous ferons tout le nécessaire pour qu'il regagne le plus rapidement possible son unité.

- Je comprends. Vous pouvez vous occuper de lui, docteur.

- J'en prends note et je préviens ma hiérarchie de la demande.

Tout le monde est d'accord. Wolffe regarde une dernière fois Angyr avant de rejoindre les autres.