SHINIGAMIS' ENDING — FALLEN ERA
Hideyuki Fukasawa — At the Garden
« — Et celui-ci ? Le connais-tu ?
— … Je suis incapable de reconnaître un grimoire ancien à sa couverture. Encore plus lorsqu'il est déchiré.
— Oh ! Moi je préfère ces anciens livres, qui traversent les âges ! Celui-ci est un spécimen rare !
— Parce qu'il lui manque la moitié des pages ?
— Tu es mauvaise langue aujourd'hui, mon chéri. Je ne t'ai pas assez câliné dernièrement ?
— C-Ce n'est pas du tout le cas, et je ne suis pas de mauvaise langue. »
Deux silhouettes à la pénombre.
Elles se retrouvaient souvent, très souvent. Mais à l'abri des regards, souvent avec ces livres pour seule compagnie. La belle femme, à peine reconnaissable par son ombre sur le mur, éclairé par le feu d'une bougie, releva bien en évidence son trésor.
« — C'est l'histoire d'une voyageuse, dont le nom n'est jamais mentionné. Elle vit dans un monde en proie au désespoir total et cherche maintenant simplement un endroit où mourir.
— C'est plutôt sombre.
— Mais, attends ! Elle fait alors la rencontre d'un jeune garçon, vénéré comme un dieu dans son village, parce qu'il peut « absorber toute la Lumière et toutes les Ténèbres » …
— … On dirait plutôt un livre horrifique.
— Tu trouves ? La voyageuse reprend espoir en voyant ce jeune garçon. Elle lui demande : « pourquoi sauves-tu seulement ce village, alors que tu pourrais sauver le Monde ? »
— … Et que répond l'enfant ?
— « Personne ne me l'a demandé. »
— … C'est plutôt triste, finalement.
— C'est le récit d'une femme qui reprend espoir grâce à sa rencontre avec un enfant, et le début de leur périple à travers le Monde pour le secourir. Tu trouves ça vraiment triste ? Je trouve ça beau, plutôt.
— … En vérité, je crois que je ne sais pas trop quoi en penser. Ce n'est pas un vrai livre, non ? Juste un conte.
— Et alors ? Je ne sais pas si ces histoires sont vraies ou non, mais depuis quand une histoire a-t-elle besoin d'être véridique ?
— Eh bien … je vous pensais plutôt férue d'histoires antiques et non de simples contes.
— Tu es plus étroit d'esprit que je ne l'imaginais, tu me déçois ! »
Elle lui tapota la tête avant de l'enlacer dans ses bras, dans un enchaînement d'événements qui semblait complètement décousu.
Finalement, les deux amants finirent par se retrouver dans les bras, l'un de l'autre, dans un silence plus reposant.
« — Si vous aimez fouiller dans le passé, peut-être que vous allez finir par y être piégée.
— Oh je t'en prie, pas de ça avec moi. Au demeurant, c'est toi que je préfère. »
Deux yeux rougeoyants finirent par s'ouvrir.
Aryen Kaseren se rendit compte qu'une faible lueur éclairait la pièce. Celle d'une bougie, tandis que lui s'était assoupi sur son propre lit. Il finit par y lâcher un soupir.
Celui qui était piégé par le passé, c'était peut-être lui, finalement.
« — … Bon … il est temps de débuter l'opération suivante. »
Chapitre 13 : Peace in Trouble
Soul Society — Seireitei.
« Annonce à tous les Shinigamis. »
Les Papillons de l'Enfer flottaient à travers les ruelles du Seireitei, qui commençaient à quitter des yeux la lumière bienveillante du soleil.
« Les différentes Divisions seront chargées de maintenir une zone de sécurité dans le Seireitei, qu'elles mettront en place ensemble et à tour de rôle. La protection du Seireitei débutera ce soir à vingt heures. Les premières Divisions engagées seront la Dixième et la Douzième, entre vingt heures et vingt-deux heures. »
Hitsugaya Toshirô écoutait attentivement.
Faire équipe avec Kurotsuchi Mayuri ne lui plaisait guère, compte-tenu de sa propension à causer des tensions avec à peu près tout le monde, mais il n'avait ici pas le choix. Assis près de son bureau, il ne faisait que regarder l'horloge : il ne lui restait encore que quelques heures avant cette première mission plutôt inattendue.
Pas le temps cependant de s'enfoncer plus longtemps dans ses pensées : la porte s'ouvrit bruyamment, laissant alors la silhouette voluptueuse de sa vice-capitaine s'immiscer.
« — Capitaaaaaine !
— … Qu'est-ce qu'il y a encore, Matsumoto ?
— Comment ça ?! Pourquoi vous sentir agressé si je viens discuter avec vous ?
— Je te connais, marmonna Toshirô, en arquant un sourcil. Quel est l'objet de ta requête ?
— Pff ! Tout de suite les grands mots pour un si petit garçon !
— Viens-en aux faits, lâcha un Hitsugaya déjà lassé.
— Hmm … c'est -à-dire que j'ai beaucoup bossé aujourd'hui, vous ne trouvez pas ?
— Je n'en suis pas certain, non.
— Comment ?! Mais j'ai fait toute ma paperasse !
— Vraiment ? Pourtant j'ai bien l'impression que les feuilles ''dissimulées'' dans ton bureau prouvent le contraire.
— Vous avez osé fouiller mon bureau ?! s'offusqua Rangiku. C'est ma vie privée dedans ! On ne vous a jamais dit de ne pas vous immiscer dans la sphère privée d'une femme ?!
— Non, j'ai juste vérifié le travail de ma subordonnée qui a pour habitude de ne pas faire le sien. »
L'argumentation du capitaine tenait la route.
Mais de toute façon, Rangiku n'en n'avait cure : pourquoi penser à argumenter, d'ailleurs ? Cela ne lui apporterait rien de bon.
« — Mais bon, bref ! Est-ce que je pourrai aller boire juste un petit coup avec mes amis, hein ?
— … Est-ce que tu as entendu les ordres de mission, à l'instant ?
— Évidemment, je ne suis pas sourde !
— Et tu n'y vois aucun problème ?
— Bah non, pourquoi ?
— … Matsumoto.
— Oh allez ! Je n'ai pas dit que j'allais rentrer ivre !
— Hors de question, lâcha son supérieur. La discussion est close.
— Maiiiis ! gémit la belle femme, au bord des larmes. »
Il fallait vraiment avoir un mental à toute épreuve pour être le supérieur de cette femme. Toshirô compatissait alors presque avec son ancien capitaine.
« — D'ailleurs, qui irait boire alors que la situation est urgente ?
— Moi.
— … D'accord, mais à part toi ? Tu vas juste finir seule à t'enfiler des verres comme une ivrogne.
— Haineko. »
Devant ces absurdes réponses, Toshirô Hitsugaya finit par lâcher un soupir, avant de replonger son regard sur les feuilles qui tapissaient son bureau. Les mains de sa lieutenante vinrent néanmoins lui masser les épaules, accompagnant un sourire espiègle de la belle femme, qui ne semblait définitivement pas avoir abandonné.
« — Allez, s'il vous plaît ! Soyez gentil !
— Je te l'ai déjà dit, marmonna Toshirô. Hors de question.
— Mmmh. Je peux aller voir mes amis, au moins ?
— Fais ce que tu veux à ce niveau, lâcha le capitaine. Si je te retrouve ivre, tu feras le ménage pendant une semaine complète et je ne plaisante pas. On est en mission importante tout à l'heure, et avec Kurotsuchi de surcroît.
— Oui, oui … bon, si vous insistez. J'ai déjà connu des personnes plus flexibles !
— Si tu veux. »
Elle lui tira la langue de la plus immature des façons en quittant les lieux.
Toshirô n'avait de toute façon pas de temps supplémentaire à perdre avec ces absurdités, focalisant ses pensées sur la prochaine mission à venir.
Pas d'échec, cette fois.
Monde Réel — Boutique Urahara.
« — Bon, je vous l'ai déjà dit mais je le répète : vous n'êtes pas obligés de venir avec moi. »
Shihôin Yoruichi, enveloppée d'une longue cape noire, avança de quelques pas pour faire face au petit groupe qui se trouvait en face d'elle. À savoir Inoue Orihime, Sado Yasutora et Ishida Uryû.
« — Inutile de jouer à ce petit jeu, rétorqua justement le Quincy. De toute façon, ignorer les problèmes ne les résoudront pas. Cette personne qui nous a attaqué la dernière fois pourrait bien décider de revenir et finir le travail.
— Si Kurosaki-kun se bat à la Soul Society, nous devons aussi faire de notre mieux ! renchérit Orihime.
— Hmpf. Je suis prêt à y aller, compléta Chad. »
Devant un tel élan de détermination, Yoruichi finit par hausser les épaules, en jetant un coup d'œil à son acolyte de toujours, à savoir Kisuke Urahara. Celui-ci n'avait pas fait le moindre commentaire depuis le début de l'affaire, en restant simplement dans son coin, en hochant positivement la tête de temps à autres.
« — Hé, Kisuke. T'as encore des communicateurs avec toi ?
— Oui, oui. Suffisamment pour toute une petite équipe !
— Bon … puisque vous êtes déterminés, je tiens quand même à vous le rappeler : je ne sais pas ce que nous pourrons trouver dans cette forêt. Le but est de faire une petite inspection, sans rentrer excessivement dans les détails et se mettre en danger. »
La forêt primitive de Kasugayama était réputée pour avoir survécu miraculeusement aux destructions des guerres survenues lors de différentes ères.
Le caractère singulier de sa structure spirituelle intriguait Urahara, mais cela n'avait été renforcé que par les derniers événements.
« — Bon, puisque tout le monde semble d'accord … »
Le bruit d'une porte s'ouvrant coupa néanmoins la tirade que s'apprêtait à dire Urahara, redressé pour l'occasion.
Juste assez pour croiser le regard foudroyant d'une femme, apparue à la vitesse de l'éclair.
« — Que ? s'enquit Urahara. Voilà une drôle de visite, Soi Fon-san ! »
Le capitaine de la Deuxième Division, Soi Fon.
Accompagnée dans son dos de plusieurs troupes appartenant aux Forces Spéciales, la Shinigami s'inclina alors respectueusement devant Yoruichi Shihôin, qui arqua un sourcil face à l'évolution de la situation.
« — Pardonnez mon intrusion dans votre demeure, Yoruichi-sama. »
Sa demeure ?
Même si Urahara ne dit pas un mot, il tenait tout de même à rappeler que la boutique portait encore son nom.
« — Une mission ? demanda Yoruichi, en arquant un sourcil.
— Effectivement, répondit Soi Fon. Comme vous le savez peut-être, le Seireitei a reçu une attaque récemment et parmi les assaillants, se trouvait un Arrancar. Les rapports indiquent le nom de Grimmjow Jaggerjack. »
Orihime élargit vivement son regard, en se remémorant parfaitement l'homme dont il était alors question.
« — Et non, je ne le dissimule pas ici ! s'esclaffa Urahara, à moitié caché par son éventail. »
Soi Fon ignora alors royalement la remarque de l'ancien capitaine, en gardant son attention focalisée sur Shihôin Yoruichi.
« — Ainsi, une mission spéciale a été dépêchée pour se rendre au Hueco Mundo. Je suis ainsi venue demander l'utilisation de votre Garganta.
— Oh, celui que j'ai créé ? reprit Urahara.
— Kurotsuchi Mayuri peut en ouvrir au Seireitei, pas vrai ?
— Il est vrai que le capitaine Kurotsuchi est en mesure de le faire, mais le Capitaine-Commandant préfère ne pas ouvrir de Garganta au sein du Seireitei.
— Oh. Je vois. Kisuke ?
— Bonjour, Soi Fon-san ! »
L'intéressé ne pouvait pas l'ignorer continuellement et finit par lâcher un regard suffisamment méprisant pour que l'on ne s'y méprenne pas.
De leur côté, Ishida Uryû, Inoue Orihime et Sado Yasutora préféraient se faire petits face à ces règlements de compte en perspective.
« — Allons, ne soyez pas si glaciale ! reprit Urahara Kisuke. Je ne vois aucun souci à utiliser le Garganta, mais il y a un petit souci …
— Lequel ? s'agaça furtivement son interlocutrice.
— Je suis sur le point de partir en mission, rétorqua Yoruichi. Une mission dans le Monde Réel. Et … tiens, il me vient une petite idée, d'ailleurs. Tu tombes vraiment à pic, Soi Fon ! »
Clignant vivement des yeux, sans trop comprendre, Soi Fon se retrouva quelque peu désarmée lorsque Yoruichi vint la prendre au niveau de son épaule.
« — Il n'y a rien de mieux que les Forces Spéciales pour accomplir ce que je compte faire, lâcha-t-elle en esquissant un sourire en coin. Tu veux bien m'aider ? Moi, je te filerai un coup de main pour le Hueco Mundo.
— B-Bien sûr ! s'empressa de répondre Soi Fon. Quelle est cette mission ? »
Yoruichi jeta un vif coup d'œil à ses comparses.
Peut-être que les choses deviendront plus aisées ici.
Soul Society — Salle de rassemblement des lieutenants.
« — Alors ?! Qu'est-ce que t'en dis ?! »
Fier de lui, Ikkaku Madarame exposa en grand la belle pièce réservée aux vice-capitaines.
Spacieuse, elle disposait effectivement de plusieurs tables soigneusement installées, accompagnées de chaises. Rien de très spécial, si ce n'était une télévision placée au fond de la pièce, visiblement branchée à … des consoles ?
« — Y'a des jeux-vidéos dans le coin ? s'enquit Ichigo, surpris.
— Ouais, ça a été embarqué depuis votre Monde Réel tout ça, lâcha Ikkaku. Moi j'suis pas trop du genre à y toucher, mais les mecs comme Abarai ou Hisagi n'y manquent pas. Je préfère les vraies bastons, moi !
— Et tu fous quoi d'ailleurs ici ? T'es pas lieutenant, à ce que je sache ?
— Pff ! C'est tout comme ! J'ai la force d'intégrer cet endroit ! T'as pas vu mon combat, ou quoi ?
— … Pas vraiment, non.
— Puis de toute façon, t'es lieutenant, toi ?
— Un lieutenant m'a donné l'autorisation de rester.
— Bah ! Une excuse bidon, quoi ! T'es pareil que moi ! »
Pas que cela l'intéressait, d'ailleurs.
Au fond, Hisagi Shûhei et Abarai Renji étaient effectivement occupés à jouer à un jeu de combat.
« — Hisagi-san, t'es pas obligé de prendre toujours le même personnage, hein … !
— Pff. T'as peur, Abarai ?
— N-N'importe quoi ! Sur mon temps de pause, là, je peux me défouler un peu, alors tu vas voir ! J'ai travaillé mes combos depuis la dernière fois ! »
Ichigo haussa les épaules.
Il ne préférait pas venir jouer à ces jeux aux graphismes qu'il jugeait douteux et datés.
« — De toute façon, je préfère la Soul Station. »
La Soul Station … ?
La Douzième Division était pourtant capable de créer des outils technologiques extraordinairement avancés, mais cela ne semblait pas être destiné à l'industrie vidéo-ludique.
« — Pourquoi regarder cet endroit alors qu'il y a le merveilleux moi ici ? Pas que tu m'intéresses mais bon, il y a quand même le merveilleux moi ici, alors l'attention devrait être focalisée sur moi. »
Yumichika Ayasagewa, occupé à se contempler dans le miroir, ne prêtait qu'une faible attention au nouveau venu.
« — Alàlà ! Qu'est-ce que je suis beau ! C'est incroyable ! »
Ichigo Kurosaki ne savait pas exactement que répondre aux envolées de cet homme, qui n'avait également rien à faire ici selon lui.
Cependant, cette ambiance chaleureuse était tout de même reposante, en ces temps plutôt tendus. Cela lui plaisait dans un certain sens, quand bien même il ne se jetterait pas à corps perdu dans les activités ou les discussions proposées dans le secteur.
« — Nanao-san est partie à la bibliothèque avec le capitaine Kyôraku et Rangiku-san est partie avec Shirô-chan pour se préparer … je me sens un peu coupable de ne rien faire. »
Hinamori Momo et discutait alors avec le vice-capitaine Isane Kotetsu, dans des sujets à la fois sérieux et calmes.
Ce qui tranchait assez nettement avec le pauvre spectacle d'à côté, où Iba Tetsuzaemon décida de rejoindre Renji et Hisagi.
« — Je prends le prochain ! clama-t-il avec vigueur. Le catcheur est trop fort, je vais vous mettre une raclée ! »
… Et pire encore : Yachiru Kusajishi entra par la fenêtre, arrachant un frisson d'effroi à Yumichika Ayasagewa et Ikkaku Madarame.
« — … Vous vous cachiez de moi, hein ? siffla la jeune fille.
— Q-Quoi ?
— Et vous n'avez pas compris … ? Quand on joue à cache-cache, c'est moi qui me cache ! Alors je vais compter jusqu'à dix et vous allez me chercher ! Compris ?! Sinon je le dis à Ken-chan et il va vous tuer ! Hihihi !
— N-Non mais à quoi bon ?! protesta Ikkaku. Vous vous cachez toujours dans le bureau du capitaine !
— Et alors ?
— On n'a pas le droit de rentrer !
— Tant pis pour vous ! Hihihi ! Trouve une solution, crâne d'œuf ! Avec ta tête brillante, tu devrais avoir des idées ! Hihihi ! »
Elle s'éclipsa en ricanant continuellement, sous l'air désespéré de ses subordonnés.
Omaeda Marechiyo, lieutenant de Soi Fon, s'occupait en mangeant à peu près tout ce qui avait le malheur de passer à proximité de lui.
« — Hé, Omaeda ! s'esclaffa alors Renji, visiblement vaincu à la console. T'es pas parti avec le capitaine Soi Fon ?
— Pff, t'es malade ou quoi ? Elle m'a dit de rester ici ou elle me buterait. Le choix était vite fait. Là tu me gênes, laisse-moi profiter de mon Monster Munch et barre-toi !
— Ha. Si tu manges autant, tu vas finir encore par perdre en condition physique !
— Fous-moi la paix ! »
… Définitivement, oui, Ichigo Kurosaki préférait tout de même rester en-dehors de cette zone de turbulence et ne pas prendre part aux festivités.
Mais pendant au moins un petit temps, il en oublia presque la gravité de la situation.
Soul Society — Zone de surveillance des Dixième et Douzième Divisions.
Évidemment que Kurotsuchi Mayuri ne se précipiterait pas pour venir de manière assidue et ponctuelle.
Bras croisés et le regard tendu, Hitsugaya Toshirô ne goûtait que peu à ce retard excessif.
« — Capitaine, peut-être que nous devrions envoyer quelqu'un les chercher ? »
Hamasaki Kôsei, subordonné du jeune capitaine venait de proposer une requête qui serait bien futile à ses yeux.
« — Inutile, lâcha Toshirô. Si Kurotsuchi ne se dépêche pas, envoyer un siège pour lui demander de revenir ne fera qu'accentuer ses provocations, argua-t-il. Il va falloir attendre, on ne peut rien faire de plus. »
Main sur la hanche, Rangiku Matsumoto perdait même l'envie de taquiner son supérieur, aux côtés de Kaiya Nishizawa et des autres troupes de la Dixième Division.
Attendre sans pouvoir rien y faire se révélait effectivement bien désagréable, mais que pouvaient-ils réellement faire de plus, si ce n'était envoyer un Papillon de l'Enfer pour contacter les troupes de la Douzième Division ?
« — Bon, allumez les lumières ! On ne voit pas grand-chose, là !
— À vos ordres, vice-capitaine Matsumoto ! »
Surveiller l'entrée du Seireitei une fois à la nuit tombée relevait de la logique pure. Il fallait d'autant plus combler l'absence de Jidanbô dorénavant.
Équipé de ses jumelles, Hitsugaya Toshirô ne voyait cependant rien d'anormal à terre.
« — Hamasaki, clama-t-il. Il va falloir compenser l'absence de la Douzième Division. Ramène quelques troupes avec toi sur le flanc Est et effectue des patrouilles. N'engage jamais le combat, peu importe les circonstances et contacte-nous s'il y a la moindre chose.
— Compris, capitaine.
— Nishizawa, tu l'accompagnes.
— À vos ordres ! »
Il fallait espérer que rien ne se produise de fâcheux durant ce laps de temps. Hitsugaya et Matsumoto restaient ainsi en compagnie de quelques soldats pendant ce laps de temps.
Une vingtaine de minutes plus tard, la silhouette bien connue du capitaine Kurotsuchi finit néanmoins par apparaître à l'horizon, accompagné de quelques troupes seulement.
Toshirô plissa légèrement son regard, avant d'aller directement aux devants, sous l'œil peu rassuré de sa vice-capitaine.
« — Kurotsuchi, souffla le petit capitaine. Tu as presque une demi-heure de retard.
— Oh. Et ?
— Comment ça ?! Qu'est-ce qu'il se serait passé si on avait été attaqués avant ?
— Eh bien ça m'aurait fait du travail de moins, lâcha le scientifique. Mais je constate que vous n'avez pas été attaqués, je me trompe ? La discussion est close, donc.
— Kurotsuchi … ! L'ordre était formel, c'était de venir à vingt heures, pas vingt heures trente !
— Ah oui, c'est vrai, pardonnez-moi, capitaine Hitsugaya ! Si vous le souhaitez, n'hésitez pas à aller le rapporter au capitaine-commandant. Cela correspondrait plutôt bien à votre taille, après tout. »
Toshirô tiqua vivement.
Ces vulgaires provocations ne devaient pas le faire céder d'une quelconque façon.
« — Enfin bon ! s'esclaffa en riant le scientifique. J'imagine que vous n'aviez pas confiance ne vous, capitaine de la Dixième Division. Chose compréhensible, après tout, votre incompétence a coûté la vie à l'un de vos soldats. Peut-être qu'il viendra nous attaquer tout à l'heure, qui sait ? »
Serrant les dents, Toshirô cherchait surtout à calmer ses pulsions colériques.
Dans son dos, Matsumoto Rangiku finit par s'avancer doucement.
« — Capitaine …
— … Ça ira, Matsumoto, souffla-t-il. Qu'il prenne donc son poste et nous ferons de même.
— Oui, oui, lâcha nonchalamment l'intéressé. Faites donc cela. »
Rangiku et Nemu se regardèrent brièvement.
La nuit risquait d'être tendue.
Preview du Prochain Chapitre
Ichigo Kurosaki : Toshirô ! Réagis un peu, tu te fais malmener ! T'as perdu le clash, là !
Toshirô Hitsugaya : N'importe quoi. J'ai agi avec maturité et intelligence.
Abarai Renji : Hé ! Ichigo ! Tu préfères Mortal Kombat ou Street Fighter ?!
Ichigo Kurosaki : M'en fous !
Mayuri Kurotsuchi : Eh bien, le prochain chapitre se nommera Tensions. Je me demande bien pourquoi ?
Ichigo Kurosaki : Bon je me bats quand maintenant ?
Abarai Renji : Hé ! Ichigo ! Tu préfères que je prenne Sub-Zero ou Scorpio ?!
Ichigo Kurosaki : Coupez …
