L'erreur fatale

Voldemort était satisfait. En moins de trois mois, tous les membres les plus virulents de l'Ordre du Phénix avaient péri dans des accidents plus effroyables les uns que les autres. Les autres – les plus utiles, pour ne pas utiliser la langue de bois – s'étaient retirés de la lutte et avaient quitté le pays.

Et là, le Survivant, Harry Potter, se tenait devant lui, chaînes aux mains et aux pieds.

L'adolescent avait été capturé alors qu'il s'était enfui du mariage de l'aîné des Weasley. Bien aidé par la langue pendue du patriarche, le terroriste avait pu tranquillement organiser l'attaque où une grande majorité des membres de l'Ordre du Phénix serait présente. Il savait que le père de famille et son plus jeune fils avaient été tués mais il n'avait pas pris la peine de se renseigner plus en avant.

-Harry Potter … susurra Voldemort.

-Tom, répondit simplement Harry.

-Comment oses-tu ? rugit Voldemort

-Sérieusement ? ricana Harry. Tu n'as même pas dit à tes moutons que tu étais né d'une cracmol sang pur et d'un moldu ? Que tu n'avais même pas été reconnu de la lignée de Serpentard parce que tu n'as même pas pris la peine de te présenter à Gringotts pour revendiquer ton héritage ?

-Je suis l'héritier de Serpentard ! tonna Voldemort

-Tu l'étais, corrigea Harry. Jusqu'à ce que tu crées ton premier horcruxe.

Voldemort et les sangs purs présents blêmirent mais pas pour les mêmes raisons.

-Tu ne sais pas de quoi tu parles, gronda Voldemort.

-Vraiment ? railla Harry. Tu m'expliques alors ce que c'est que ça ?

Difficilement, il sortit un médaillon de son col et tout le monde haleta. Les véritables armoiries de Serpentard – qui n'étaient pas celles utilisées par Poudlard – brillaient grâce à la magie qu'elles émettaient.

-Le médaillon que ta mère a vendu était transmis aux Princesses de Serpentard, révéla Harry. Aux femmes qui représentaient le mieux pendant leur scolarité la devise de leur maison. Il avait été volé par une Gaunt qui était jalouse de ne pas avoir été choisie pour cette haute fonction. Visiblement, cette famille ne peut être connue que pour ses vols et ses usurpations …

Voldemort était ivre de rage mais il ne se rendait pas compte que celles et ceux qui l'avaient suivi en croyant sans faillir ses affirmations étaient furieux d'avoir été trompés.

-Pour information, continua Harry, quand j'ai revendiqué mon héritage, il s'est avéré que je pouvais prendre la tête du clan Gaunt et du clan Serpentard par droit de conquête grâce à ma mère. Puisque tu as lamentablement échoué à la vaincre et que tu as tenté d'anéantir une lignée magique …

C'était désormais plus visible mais les sangs purs et les nés de sorciers des familles les plus anciennes s'écartaient physiquement de Voldemort en comprenant qu'il s'était adonné à des pratiques réellement interdites et qu'il avait violé de nombreuses lois magiques.

-De toutes les façons, tu vas mourir ! siffla Voldemort

-Non, assura Harry. C'est toi.

-Je suis immortel, ricana Voldemort.

-Je n'en serais pas aussi sûr, ricana Harry.

L'adolescent sortit de ses poches successivement le journal transpercé, la coupe de Poufsouffle, le diadème de Serdaigle, le médaillon de Serpentard et la bague des Gaunt, tous tordus. A chaque objet sortit, Voldemort perdait une teinte supplémentaire.

-Au passage, tu en as créé un sixième, sourit Harry. Mais ta proportion à me jeter des avada à tout va l'a détruit, tu comprends …

Le sorcier devint translucide.

-En tant que chef du clan Gaunt et du clan Serpentard, pour avoir jeté l'opprobre et la honte sur ces clans par ton idéologie illogique et tes tueries aveugles, je te condamne à mort, prononça Harry d'une voix auréolée de magie. Ainsi en ai-je décidé.

Figé par la magie familiale, Voldemort ne put réagir au sort de mort qui vola vers lui et le toucha de plein fouet. L'éclat satisfait dans les émeraudes de son adversaire l'accompagna dans sa chute dans le néant et les mangemorts se tordirent de douleur sur le sol.

Pendant ce temps, Harry se débarrassait de ses chaînes et utilisa la magie familiale pour tous les placer dans les cachots en attendant qu'il se décide quoi en faire. Il activa un dispositif et l'instant suivant, Neville Longbottom, Hermione Granger et Ginny Weasley débarquaient.

-Donc il était bien assez stupide pour ne pas conforter sa position, comprit Neville en observant le cadavre de Voldemort.

-Il n'a rien vu ? s'étonna Hermione

-Il était trop énervé pour s'apercevoir que j'étais en train de réaliser un rituel de sang sous ses yeux, renifla Harry. Il ne pensait même pas que je pourrais lui balancer un avada en pleine face.

-Bon débarras, ricana Ginny. Est-ce qu'il se doutait que c'est nous qui avons anéanti l'Ordre du Phénix ?

-Je ne pense pas, réfléchit Harry. On a assez bien orchestré les accidents et pour ton père et ce crétin de Ron, ils ont été assez stupides pour croire que leurs pathétiques efforts en cours seraient suffisants pour se jeter à la tête des mangemorts.

La bande leva les yeux au ciel. Même s'il s'agissait des membres de la famille de la rousse, ils avaient assez démontré leur aveuglement et leur entêtement pour ne pas regretter leur mort. Surtout en sachant que ce fils avait hérité du caractère violent de son père et que les femmes de la famille étaient les premières à subir leur « amour ».

-C'est vrai que c'était un coup de maître d'avoir poussé Dumbledore du haut de la tour d'astronomie, ricana Neville. Draco n'a pas été trop choqué ?

-Non, je n'ai pas été trop choqué, grinça l'intéressé en entrant dans la pièce. Mais franchement … le faire trébucher pour qu'il tombe ? Tu n'as pas dû subir la frustration de Bellatrix.

-Ce vieux fou m'a fait boire un poison pour récupérer la copie du médaillon de Serpentard, grogna Harry. Il me croyait trop dans les vapes pour bouger pendant qu'il faisait son grand show pour faire croire que tu étais acquis à la cause des mangemorts. Il était trop con pour demander un antidote à Snape et je n'allais certainement pas passer à côté de la possibilité de me débarrasser de celui qui a fait de ma vie un enfer pour le plus grand Bien. Comme personne ne peut me repérer sous la cape, une pichenette et le tour était joué.

La bande fut rejointe par Daphnée Greengrass et Théo Nott, qui avaient pris la marque parce que leurs pères étaient incapables de faire preuve d'esprit critique et qu'ils avaient d'abord pensé au prestige de leur maître avant leur famille. Leurs morts n'avaient fait pleurer personne.

-Et maintenant ? demanda Daphnée en n'accordant même pas un regard au cadavre de Voldemort

-Maintenant, c'est à Susan de jouer, indiqua Harry. Cela fait assez de temps qu'elle modifie les textes de lois sur lesquels sa tante bosse pour vous assurer un acquittement en bonne et due forme. Normalement, vous serez dans les cellules du ministère le temps de votre procès et les gardes correspondant le moins à leurs fonctions ont été envoyés à Azkaban.

-La maison pour les enfants est prête ? demanda Théo

-Maman est en train de finaliser les derniers préparatifs, confirma Ginny. Elle a même l'excuse toute trouvée pour ceux qui s'indigneraient : il faut absolument qu'elle se change les idées après la mort de son « cher » mari.

Le venin injecté dans l'appellation leur faisait comprendre qu'Arthur Weasley ne serait pas pleuré non plus.

-Ok, je pense qu'on a fait le tour, fit Draco. On te laisse faire ton spectacle et on reprend notre plan pour récupérer notre pays après nos procès ?

-Ça me va, sourit Harry. Filez, je vais appeler les aurors. Ce qui me fait penser … Hermione, tu pourrais t'occuper de Lupin ?

-Qu'est-ce qu'il a encore fait ? soupira Hermione

-Il court après Dora Tonks, personne n'a pu le manquer, mais il fait également croire qu'elle est intéressée alors que ce n'est pas le cas, souffla Harry. Il va même jusqu'à prétendre que Sirius serait heureux qu'ils soient ensemble.

-Mais ? demanda Neville en fronçant des sourcils

-Dora a détecté un philtre d'amour dans son verre alors qu'ils n'étaient que tous les deux au QG, révéla Harry en serrant les dents. C'était juste avant que Dumbledore débarrasse le plancher et depuis, elle n'y fout plus les pieds. Elle a même dû se planquer pendant tout le mariage parce qu'il la suivait à la trace.

Hermione étrécit le regard. Agressée sexuellement par Ron pendant leur sixième année, la brune avait dû continuer de subir ses avances désagréables sans que le directeur, pourtant prévenu de ce qui s'était passé, ne lève le petit doigt. Depuis, elle avait en horreur qu'on puisse forcer quelqu'un à subir les attentions d'une autre et donc, était toute trouvée pour s'occuper du loup garou qui utilisait sa « maladie » pour justifier son comportement scandaleux.

-Ok, je m'en occupe, gronda Hermione.

-Bien, tout le monde sait ce qu'il a à faire ? demanda Harry à la cantonade. Alors allons-y.

La révolution était en marche.

Fin