Auteur: Kuro-Hagi – 01/05/2023

Genre: Romance – Yaoi – Friendship

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.

Notes/Remerciements : Happy Birthday Maloriel :) Oui… Je sais que j'ai fait trainé pour poster ce chapitre, alors qu'il est écrit depuis longtemps. Mais bon tu connais l'histoire ;)


Far From Home

Les coups secs frappés à la porte de son bureau lui font relever la tête.

« Oui ? »

La porte s'ouvre sur une Page furieuse, les bras croisés sur la poitrine et le regardant avec colère.

« Qui c'est celui-là encore ? J'espère que tu comptes facturer la personne qui te l'a amené cette fois…

— Bonjour à toi aussi Page.

— Boss ! Tu peux pas faire des interventions comme ça pour sauver toutes les bestioles égarer sans faire payer ! Tu vas te ruiner !

— Tu voulais que je fasse quoi ? Que je le laisse crever ? Le bon samaritain qui l'a secouru était désespéré… Il s'est donné beaucoup de mal pour me l'amener j'allais pas lui fermer la porte au nez. Et non, je n'ai pas facturé… Il m'a assisté pendant l'opération. Si on veut être juste j'aurai dû le payer. »

Page soupire et grommelle.

« T'es vraiment pas mieux que mon père…

— C'est pour ça qu'il m'a choisi pour reprendre la clinique… Et qu'il m'a cédé le bail pour rien. Comment il va ?

— Bof… »

Elle s'avance et rejoint la petite machine à café posée dans un coin et serre deux tasses.

« Il nous reconnaît de moins en moins… Le traitement est totalement inefficace.

— J'suis désolé.

— C'est comme ça. Je suis contente que tu aies repris la clinique et… Que tu la fasses vivre comme il aurait aimé. Juste… Essaie de quand même faire du boulot rémunéré, même si on n'a pas de loyer à payer, tout le matériel et les consommables sont hyper chers.

— Ne t'inquiète pas… Je t'ai déjà dit. L'argent n'est pas un souci.

— Fine. »

Elle relève les pieds sur son siège et sirote son café.

« Alors… Tu me racontes comment est arrivé ce puma ? »

Il sourit et raconte les évènements de la veille à la jeune femme qui est devenue comme une petite soeur pour lui, quand il termine, le regarde la jeune femme pétille de malice.

« Oh Oh… J'ai hâte de le rencontrer. Attends tu m'as dit qu'il s'appelait comment ?

— Kagami Taiga.

— Bizarre son nom me dit rien… Mais j'ai entendu parler du pompier qui s'est installé dans le coin il y a quelques temps. J'imagine que son nom était trop exotique pour que les gens le retiennent et qu'ils font régulièrement référence à lui comme 'le pompier'. Bon… Tu vas tenter un truc alors ? »

Il hausse les épaules et rigole. Mais il doit bien avouer que le pompier était carrément sexy, sans compter qu'il a l'air d'avoir une super personnalité. Ils ont quelques points communs et faut avouer qu'un mec qui sauve un puma sur le bord d'une route en pleine nuit, par un temps aussi dégueulasse, il ne peut que tomber amoureux. Et il ne plaisante qu'à moitié, il a toujours eu un faible pour les mecs qui aimaient les animaux, même si parfois, il aiment plus les animaux que les humains et c'est là que ça ne fonctionnait pas… Mais un pompier, forcément il se soucie aussi des hommes. C'est juste un mec bien et ils sont assez rares.

« On va y aller tranquille. Je le connais même pas. Ok il est canon mais ça ne fait pas tout… Et je cherche pas un plan d'un soir avec un mec qui habite dans le coin. Même si on le voit pas souvent en ville.

— Tu crois qu'il va venir le voir ?

— En tout cas, il a demandé à avoir des nouvelles et… Il a des fringues à moi. Même si j'y tiens pas plus que ça, Il a l'air d'être le genre de mec à rendre ce qu'il emprunte. »

Elle sourit.

« Good. ça te ferait du bien de plus être tout seul. »

Il lève les yeux au ciel, mais ne répond rien. Elle termine sa tasse de café, et va la rincer avant de s'éclipser pour vaquer à ses occupations. En soupirant, il se remet au travail, espérant secrètement avoir des nouvelles du pompier.

Il s'est replongé dans ses comptes et ses bons de commande, après une matinée bien chargée et un déjeuner sur le pouce. Malgré les inquiétudes de Page, ils n'ont pas de soucis à se faire, ils ont assez de clients pour sauver quelques animaux sauvages, surtout que la petite est très appréciée dans la petite ville et bon nombre de personnes emmènent leurs animaux plus que nécessaire.

« Daiki ! »

La voix un peu inquiète de son employée l'alarme et il se lève pour la retrouver dans la petite pièce où les cages d'animaux sont installées. L'odeur d'urine est forte et les grondements menaçants du puma font couiner les deux chiens en attente du retour de leur maître. Il pose une main rassurante sur l'épaule de Page et sourit, en s'approchant de la cage.

« Ne t'inquiète pas… Il est impressionnant mais il ne peut rien faire. Il a mangé ?

— Oui…

— Il a bougé ?

— Il a essayé et c'est à ce moment-là qu'il a commencé à s'agiter et gronder, effrayant les chiens de Bianca. Il n'a pas réussi à se mettre debout.

— OK. »

Il s'avance auprès de la cage et parle doucement. Il s'accroupit se mettant à la hauteur de l'animal pour plonger son regard dans ses orbes dorées. L'animal est simplement magnifique, majestueux. Il gronde toujours, il est méfiant mais moins agressif, comme s'il attendait d'en savoir plus avant de l'attaquer.

« Tu as mal, n'est-ce pas ? Tu as été salement amoché… J'ai fais ce que j'ai pu pour te réparer. Il va falloir que tu nous fasses confiance quelque temps et prendre ton mal en patience. »

Sans se tourner et sans quitter sa position alors que le puma continue à le fixer et l'étudier, il demande à Page de préparer une seringue d'antidouleur et de lui rapporter des gants pour se protéger des dents acérées de l'animal.

« Une demi-dose… Je ne veux pas qu'il soit totalement K.O. J'aimerai qu'il apprenne à nous connaître. On va le garder un petit moment… Il faut qu'il s'habitue. Mais je ne veux pas qu'il souffre non plus. »

Quand Page est prête, il avance doucement sa main encore nue vers la cage, sans mouvement brusque, un geste assuré pour lui montrer qu'il n'a pas peur. Tant qu'il est derrière sa cage et avec la collerette les risques sont calculés. Il veut que l'animal reconnaisse son odeur.

« Je suis un ami. »

Le puma teste en poussant brusquement sa tête vers les barreaux de la cage comme s'il voulait le mordre, Daiki ne flanche pas et la cage empêche le puma de faire quoique ce soit.

« Cool boy… Je veux juste te donner un petit quelque chose pour te soulager. »

Encore une fois la bête montre les crocs et grogne, mais comme Daiki reste serein, elle semble s'apaiser et le laisser approcher un peu plus. Le puma semble le défier du regard alors qu'il menace de revenir grogner quand sa main se rapproche, mais finalement c'est son nez qui se rapproche et Daiki peut le sentir renifler son odeur quelques instants, puis il ouvre sa gueule dévoilant de longue canine blanche est pointu, mais c'est sa langue qui vient caresser ses doigts rapidement.

« Yeah boy… Je veux juste t'aider. Page va te faire une petite injection. Tu ne vas rien sentir. »

Il retire doucement sa main, enfile rapidement ses gants et revient amener sa main, il grogne de nouveau, mais après un peu de patience le puma l'autorise à venir le toucher. Il le tient gentiment de ses mains gantées et le caresse un peu, l'animal se détend. Et enfin il fait signe à Page de faire l'injection. La jeune femme est expérimenté et il ne lui faut qu'un instant pour piquer la croupe de l'animal et injecter le produit, elle s'est déjà éloignée quand, le puma ressent la chaleur du produit dans ses veines et s'agite de nouveau. Daiki le calme aussitôt.

« Ssh… Tout va bien… C'est juste pour te soulager. »

Il continue à le caresser, Page quitte la pièce et le laisse seul avec la bête. S'il veut qu'il s'habitue à lui, il va devoir passer du temps avec lui. Il n'est pas encore sûr que le puma pourra encore vivre à l'état sauvage après ses blessures. Il reste une heure, juste à côté de la cage, parlant parfois à l'animal et d'autres fois l'ignorant, mais restant une présence sereine à proximité. Ce n'est que lorsque Page revient un sourire malicieux aux lèvres qu'il se relève.

« Qu'est ce qui se passe ?

— Ton pompier est là. »

Son cœur fait un bond dans sa poitrine et il se relève en grommelant.

« Ce n'est pas mon pompier… Il voulait quoi ?

— Savoir comment le puma se remet. Je prends ma pause dans ton bureau, je te laisse gérer. »

Il lève les yeux au ciel, comme s'il n'avait pas compris qu'elle essayait de leur laisser un peu d'espace. Mais au fond, ça lui convient bien. Il se lave les mains, puis rejoint la boutique. Il n'a pas de rendez-vous prévu avant la fin d'après-midi et ça devrait être plutôt calme. Taiga est en train d'observer quelque chose et lui tourne le dos quand il le rejoint, il en profite pour admirer son corps musculeux mis en valeur par un jean un peu moulant et un t-shirt près du corps. Il a bien noté que le jeune pompier était bel homme la veille, mais le voir dans la lumière du jour et pouvoir admirer sa silhouette est une autre affaire. Il déglutit et tente de ne rien laisser paraître alors qu'il se râcle la gorge.

« Hey… »

Taiga sursaute légèrement et se retourne. Il est à peu près sûr de le voir le reluquer, avant de ressaisir et détourner le regard, de légères rougeurs montant à ses joues. Il sourit, devant la gêne de l'autre homme trop mignon.

« Hey… Hm… Je sais que tu m'as envoyé un message mais je voulais… euh… Voir le puma… savoir s'il allait toujours bien…

— Pour l'instant, il va aussi bien qu'il pourrait compte tenu des circonstances. Il souffre, je lui ai administré une petite dose de calmant pour apaiser la douleur sans qu'il soit inconscient. Tu veux le voir ?

— Ouais. Ce serait cool. »

Il l'entraîne vers les cages. En le voyant arriver, le puma gronde légèrement avec méfiance. Il passe devant Taiga et s'approche de la cage, pour laisser l'animal reconnaître son odeur.

« Ssh… Ce n'est pas une manière d'accueillir ton sauveur… »

Il fait signe à Taiga.

« Approche. »

Il voit bien que le pompier appréhende, l'animal est impressionnant, mais il semble aussi fasciné. Et alors que Taiga se rapproche, le puma semble se tranquilliser et ne détache plus son regard doré du pompier. Cette réaction l'intrigue un peu, mais il n'a pas le temps d'en faire part au jeune homme. Taiga regarde avec un regard peiné les cicatrices sur son flanc et souffle.

« Quelles sont les chances qu'il s'en sorte sans aucune séquelle ?

— Honnêtement… très mince. Il faudra voir peut-être avec un refuge pour le prendre… Il est jeune, peut-être qu'il se laissera adopter par un particulier.

— Huh… C'est possible ça ?

— Oui. Mais généralement, ils sont pris très jeune. »

Daiki invite, Taiga à s'accroupir devant la cage, et glisse sa main sur la sienne. Un frisson le parcourt qu'il essaie de dissimuler au contact de sa main chaude et il l'approche doucement de la cage.

« Reste calme… Je veux tester quelque chose… »

Le puma regarde la main de Taiga et ne se montre aucunement mençant. Il vient lécher les barreaux, mais sa main est trop loin pour qu'il puisse la toucher. Daiki sourit.

« J'ai l'impression qu'il te reconnaît…

— Comment ça ?

— Il n'était peut-être pas aussi inconscient que ça quand tu l'as récupéré hier… Juste incapable de bouger, shooté par la douleur. Mais il ne se sent pas menacé… Il reconnaît ton odeur.

— Oh… J'ai eu de la chance alors…

— Hm… C'est lui qui en a eu. Peu de gens auraient pris ce risque pour le sauver. »

Ils restent un moment silencieux, observant l'animal qui les regarde en retour, semblant nettement plus calme. Puis, Taiga se tousse légèrement et souffle.

« Euh… Au fait, ton assistante à mentionner la facture pour lui… Hm… J'imagine que ça va être salé… Si ça te va je paiera en plusieurs fois…

— Quoi ?! Non mais j'ai pas prévu de te faire payer. »

Il soupire. Il va encore moins le faire payer s'il veut pouvoir espérer, mettre le jeune homme dans son lit. Sa timidité, aujourd'hui, ajoute à son charme.

« Ne t'inquiète pas pour ça… Je l'aurai mentionné avant de le soigner…

— T'es sûr ? »

Mais il entend le soulagement dans la voix de Taiga, les finances du pompier ne doivent pas être exceptionnelles, et ça ne l'étonne pas. Il fait un métier qui n'est pas rémunéré à sa juste valeur.

« Certain. Te bile pas… Je l'ai soigné parce que c'était la chose à faire, pas pour me faire de l'argent…

— Thanks.

— De rien. »

Finalement, Taiga se redresse.

« Merci de prendre soin de lui… Je devrais y aller. Je repasserai pour lui rendre visite si c'est ok pour toi.

— Ouais bien-sûr pas de problèmes.

— Et je te ramènerai tes fringues quand je les aurai lavées.

— OK. Pas d'urgence. »

Il raccompagne Taiga vers la sortie mais il sent le jeune homme aussi peu pressé de le quitter qu'il l'est de le voir partir. Il sourit et décide de se jeter à l'eau.

« ça te dirait d'aller boire un verre ? Ou peut-être se faire un basket ? »

Le soulagement peint de nouveau les traits du pompier, son ventre s'agite légèrement de petites bulles agréables, content d'avoir fait cette proposition.

« Ouais. Un basket ou un verre… ça me dit bien… Ou les deux ? »

Taiga rougit légèrement, mais semble un peu plus audacieux maintenant que Daiki a fait le premier pas de proposer de se revoir sans l'excuse de l'état de santé d'une bête sauvage.

« Deal pour les deux. Un verre ce soir ? »

Il pousse peut-être un peu sa change, mais cette visite lui a semblé trop courte et il a hâte de faire plus ample connaissance avec le jeune homme dans un endroit moins formel. Taiga laisse un rire résonner, qui réchauffe sa poitrine.

« Ce soir c'est parfait. Je peux passer te chercher vers… dix neuf heures trente ?

— Ok. A ce soir.

— A ce soir. »

Taiga le regarde longuement avec un sourire un peu rêveur, puis finalement se décide à se détourner pour franchir la porte et disparaître dans la rue.