Auteur: Kuro-Hagi – 05/2024

Genre: Romance – Yaoi – Friendship

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.

Notes/Remerciements : Happy Birthday Maloriel :) Bon voilà, j'ai déjà deux fics pour ton anniversaire en cours… donc comme ce n'est pas du nouveau voilà un autre chapitre ! BAM la surprise ! XD

Bon bref, j'espère que ça te plaira ! Encore un très joyeux anniversaire ! Bisous


Far From Home

Le visage de Mei s'affiche à l'écran et ne manque pas une fois encore de lui tirer un immense sourire.

« Hey princesse comment vas-tu ?

— Tonton Dai-chan ! Je vais bien. Et toi ? Maman dit que tu as sauvé un… euh… » La petite semble faire un effort pour essayer de se rappeler, mais abandonne rapidement, trop pressée de poser sa question. « un gros chat… C'est vrai ? Je peux le voir ? »

Il rit, il ne se lasse jamais d'échanger avec sa filleule, qui tient de son père quand il s'agit de parler avec excitation et en enchaînant sans lui laisser le temps d'en placer une. Elle a presque cinq ans maintenant, le temps est passé si vite. Et ça fait trois ans, depuis qu'il a repris la clinique, qu'il ne l'a pas vu. Il appelle sans faute toutes les semaines les vendredis ou samedis soirs -avec quinze heures de décalage entre le Montana et le Japon, les créneaux pour appeler une gamine qui se couche à vingt heures sont limités-, mais c'est quand même différent de pouvoir la voir en vrai. Maintenant qu'il a son organisation, qu'il est bien installé, et que la clinique tourne bien, il devrait pouvoir prendre quelques congés et rendre visite à ses amis au Japon. Quand le puma sera sur pieds, il pourra y penser.

« C'est un puma. Et moi je l'ai juste soigné, c'est un ami pompier qui l'a sauvé., Il enchaîne avant qu'elle ne puisse l'interrompre ayant l'habitude de son impatience, Et oui tu peux le voir. Je suis à la clinique exprès pour pouvoir te le présenter.

— Maman ! Papa ! Tonton Dai-chan va montrer le puma ! »

Il peut entendre la voix de sa sœur de cœur et de l'un de ses autres meilleurs amis derrière la petite se rapprocher. Il voit d'abord le visage de Ryota apparaître derrière la petite puis celui de Satsuki.

« Hey tous les deux. Comment vous allez ?

— Bien et toi ? répondent-ils en choeur.

— Bien. T'es pas au boulot Ryo ?

— J'allais partir. Mais je suis curieux de voir ton petit protégé. Lui répond son ami toujours souriant.

— Allez allez tonton Dai-chan ! Montre !

— J'y suis. »

Il coupe le son du téléphone et entre dans la pièce, puis s'approche du puma et lui parle doucement pour le rassurer. L'animal ne bronche pas, tournant juste la tête vers lui, semblant prendre son mal en patience. Il est déjà venu le voir un peu plus tôt pour lui administrer une nouvelle dose d'anti-douleur. La pauvre bête souffre énormément et il va lui falloir encore quelques jours avant de pouvoir s'en passer. Il approche sa main, le puma relève la tête, vient sentir ses doigts et finalement ferme légèrement les yeux et s'approche un peu plus comme pour quémander des caresses. Il sourit, Mei n'a pas tort c'est quand même un gros chat.

« Je vais te présenter des amis. »

Il gratte doucement son poil et tourne la caméra pour pouvoir le filmer, il réactive le son à faible volume pour ne pas l'effrayer et garde sa main sur lui pour le rassurer. Quand Mei le voit elle écarquille de grands yeux et en reste sans voix, avant de chuchoter comme lui, comme si elle devinait l'importance de ne pas effrayer l'animal.

« Il est immense !

— Pas tant que ça pour un puma, il est dans la moyenne. »

Satsuki, fidèle à elle-même, s'inquiète aussitôt.

« C'est prudent de le caresser comme ça ?

— Oui t'en fais pas. Avec la collerette il ne peut pas grand chose et il a confiance en moi. Tant qu'il ne souffre pas il est plutôt docile. Je lui ai donné sa dose d'antidouleur avant de vous appeler.

— Il a eu quoi ? demande Mei, son petit visage grave ressemblant terriblement à sa maman inquiète.

— Des chasseurs l'ont blessé avec un fusil et en essayant de s'enfuir il a été renversé par une voiture.

— Oh… Il va bien maintenant ?

— Oui. Je l'ai soigné et bientôt il pourra sortir de sa cage. Je t'enverrai des photos et peut-être que je pourrai te rappeler en visio avec lui quand il ira mieux.

— Oui !

— On va le laisser se reposer maintenant.

— Et moi je file !, intervient Ryota, il pose un rapide baiser sur la joue de Satsuki et fait un gros câlin à sa fille en la chatouillant, faisant résonner son rire dans le téléphone. Bye Daikicchi !

— Bye Ryo. »

Installé dans son bureau, il pose le téléphone pour regarder Mei et Satsuki, et laisse la petite lui poser plein de questions sur le puma auxquelles il répond autant qu'il peut.

« Il s'appelle comment ?

— Il n'a pas de nom.

— Oh… mais il faut lui en donner un ! Je peux lui en trouver un moi !

— Ah… Eh bien j'en parlerai à mon ami pompier… Ce serait bien qu'il donne son avis, surtout s'il compte l'adopter.

— Il va l'adopter ?

— Pas encore sûr… Mais il considère sérieusement la question en tout cas. On ne va pas pouvoir le laisser retourner à sa vie d'avant, il ne courra plus aussi vite, il s'essoufflera plus vite… Il faut l'emmener dans un refuge ou que quelqu'un l'adopte. Mais adopter un puma c'est pas si facile qu'adopter un chien ou un chat… C'est un animal sauvage, c'est une responsabilité encore plus grande.

— J'espère qu'il l'adoptera… Comme ça on pourra le voir en vrai quand on viendra te voir ! »

Mei parle toujours de venir le voir, et il adorerait ça, mais pour l'instant Satsuki et Ryota n'ont pas eu les congés et finances nécessaires. C'est plus facile pour lui d'aller au Japon. Mais Mei tient à venir et ça lui fait toujours chaud au cœur. Finalement, elle se lasse du sujet du puma et lui raconte sa semaine jusqu'à ce qu'elle soit tout simplement lassée d'être au téléphone pour aller jouer et le laisser en tête à tête avec Satsuki. Plus elle grandit et plus les appels durent et elle prend plaisir à discuter avec lui, mais elle finit toujours par fatiguer.

« Eh bien.. Je devrais sauver des pumas toutes les semaines, elle ne m'a jamais parlé aussi longtemps.

— Il faut avouer que c'est assez exceptionnel, comme situation ! D'ailleurs, je ne savais pas que tu avais un ami pompier.

— J'en avais pas. Maintenant j'en ai un. »

Il rigole et son sourire s'élargit en pensant à Taiga, qui est déjà finalement un peu plus qu'un ami. Il lui explique rapidement qu'il habite dans la même ville mais pourquoi il ne l'avait jamais rencontré avant.

« Et tu vas pas le croire… Il s'appelle Kagami Taiga.

— Japonais ?!

— Yep. »

Il lui parle un peu plus de Taiga, lui expliquant qu'il a vécu aux Etats-Unis toute son enfance, qu'il joue également au basket, il lui énumère dans le désordre tout ce qu'ils ont en commun et simplement qu'il apprécie le jeune pompier. Et finalement, il sourit, un peu gêné avant d'avouer, parce qu'il ne peut pas ne rien dire à Satsuki et il a besoin d'en parler à quelqu'un et si ce n'est pas à elle, il n'en parlera à personne.

« Et il est… Gay… Et il est bien possible qu'on soit allés boire un verre et qu'on se soit embrassés hier soir.

— YES ! Oh oh ! Vu comme tu en parlais, je me doutais que tu avais le béguin… Mais bam ! C'est le destin ! Toute façon, te connaissant qu'il t'amène un puma blessé, il avait déjà tout gagné.

— C'est pas faux. En tout cas, il avait marqué pas mal de points.

— Et alors juste un baiser ?

— Plusieurs baisers… On a dansé… Et ensuite, il est rentré chez lui, mais on se revoit ce soir. Il m'a invité à dîner… J'y vais dès qu'on raccroche.

— Et une raison particulière pour ne pas le ramener chez toi dès hier soir ?

— Non pas vraiment. Je crois que ni l'un ni l'autre on était pressé… »

Quand le bar a fermé, il s'est posé la question évidemment de l'inviter chez lui. Est-ce que c'était ce que Taiga voulait ? En tant normal c'est ce qu'il aurait fait, mais bizarrement, ça ne lui semblait pas le bon moment pour l'inviter chez lui. Il en avait envie, mais il avait cette impression étrange que ce n'était pas le moment, que la soirée devait se terminer sur cette douceur, sur cette nouvelle intimité et qu'ils prennent le temps de la savourer. Il n'avait pourtant pas envie de le voir partir, si ça avait été possible, il aurait prolongé la soirée dans un autre bar. Mais aller chez l'un d'eux pour poursuivre n'apparaissait pas comme la bonne solution. Main dans la main, en raccompagnant Taiga à sa voiture silencieusement, il cherchait les bons mots pour lui dire à quel point il avait passé une bonne soirée et espérait pouvoir le revoir très vite, mais préférait s'arrêter là pour ce soir. A son grand soulagement, Taiga a pris les devants, juste quelques pas avant d'arriver à son pickup, prouvant encore une fois qu'ils étaient sur la même longueur d'onde..

« J'ai passé une super soirée… Est-ce que tu es libre demain soir ? Je peux t'inviter à dîner chez moi ?

Tu cuisines ?

Ouais… C'est quoi ton plat préféré ?

Poulet teriyaki.

Alors un poulet teriyaki.

Sérieux ?

Ouais. »

Taiga a rigolé devant son air surpris. Il s'est faussement vexé, mais il a bien évidemment accepté l'invitation. Et Taiga a encore gagné quelques points, un mec qui cuisine et son plat préféré en plus ? Bon à moins qu'il cuisine mal, mais Taiga doit avoir conscience de ses capacités culinaires, c'est un mec trop perfectionniste et qui manque étrangement un peu de confiance en lui, pour proposer quelque chose dans lequel il n'aurait pas confiance en ses compétences. Et après un dernier baiser et la promesse de se revoir le lendemain, pour une visite à la clinique de leur patient particulier et autour d'un repas, il l'a laissé partir.

Sa meilleure amie lui sourit.

« Tu as l'air content. Et ça me fait plaisir.

— Merci. »

Ils restent un peu silencieux, puis il soupire et demande.

« Comment va Ryota ? La rupture a été un coup dur…

— Oui… Mais il se remet. Mei aide beaucoup… On a cette chance. Ça t'aide toujours à relativiser. Et de toute façon, j'aimais pas ce mec. Je le sentais pas.

— Ryo le savait ?

— Oui. Et si je trouve quelqu'un qui ne lui convient pas… Il me le dira. Nos couples auront un impact sur Mei c'est important., elle sourit. C'est un grand romantique, et un homme et père exceptionnel, je sais qu'il trouvera l'homme de sa vie un jour. »

Il acquiesce. Ryota et Satsuki ne sont jamais sortis ensemble. Ryota est bisexuel, mais il n'est attiré romantiquement que par des hommes. Il a été amoureux de Daiki, mais lui ne l'avait jamais vu comme ça. Ils n'ont jamais couché ensemble, ce qui n'est pas le cas de Ryota et Satsuki. Mais depuis le lycée, ils ont une sorte d'arrangement. Ça a commencé par une sortie en boîte où ils sont revenus bredouilles et un peu déçus alors ils se sont tournés l'un vers l'autre. Ils s'aiment énormément, mais pas comme ça. Même si la mère de Ryota rêverait qu'il épouse un jour Satsuki.

C'est, suite à une défaillance de leur moyen de contraception Satsuki est tombée enceinte. Il se souvient de la panique pour ses deux amis. Ryota lui a tout de suite confié qu'il espérait que Satsuki garderait le bébé, il n'avait pourtant jamais réfléchi à la question d'être papa, mais quand il a appris la nouvelle c'était pour lui une évidence, il voulait cet enfant. Mais il n'a jamais mis la pression à Satsuki, lui répétant qu'elle décidait et que, quelque soit son choix, il la soutiendrait. Ryota est une perle et de nombreuses fois il s'est demandé pourquoi il n'est jamais tombé amoureux de lui, ça aurait pourtant été facile. Mais Ryota a toujours été plus un frère pour lui. Au moment de la découverte de la grossesse, il était déjà aux Etats-Unis, mais même à distance, il a pu les aider à faire leur choix. Ryota ne voulait pas mettre la pression à Satsuki, Satsuki ne voulait pas imposer un enfant à Ryota mais ne voulait pas avorter. Elle aussi voulait cet enfant. Alors, là où Ryota n'osait pas le dire directement à la jeune femme, lui il n'a pas hésité à le faire à sa place et leur faire comprendre qu'ils avaient tout simplement tous les deux envie d'avoir ce bébé.

La panique passée, le soulagement de savoir qu'ils étaient dans le même état d'esprit vis à vis de cette grossesse, ils ont pris le chemin de la parentalité ensemble, assumant leur relation particulière. D'ailleurs, il est à peu près certain qu'ils couchent encore ensemble quand ils sont tous les deux célibataires. Ils se sont installés dans un appartement, en colocation pour élever leur fille ensemble. Et ils ont décidé d'un commun accord qu'il en serait le parrain et il en est ravi. Mei est une petite merveille qui rend ses deux parents très heureux.

Satsuki le sort de sa rêverie en lui rappelant son rendez-vous.

« Je ne vais pas te retenir plus longtemps. Un homme t'attend ! J'espère que tu nous le présentera bientôt !

— On verra ça. Mais ouais… Il va falloir que j'y aille. Bonne journée Satsu.

— Bonne soirée Dai-chan. A bientôt ! »

Il raccroche, le cœur un peu lourd. C'est toujours un peu dur de ne pouvoir la voir qu'à travers un écran, Satsuki est à ses côtés depuis aussi loin qu'il s'en souvienne et de tous ses amis, elle est certainement celle qui lui manque le plus. Il voudrait juste pouvoir l'étreindre quelques minutes. Il soupire et se relève. La perspective de voir Taiga lui redonne un peu le sourire, mais il prend la décision cette fois, de vraiment bloquer une date pour aller au Japon.

Il éteint les lumières, s'assure de n'avoir rien laissé traîner et sort de la clinique après avoir fermé la grille. Il vérifie que l'alarme est bien activé sur son téléphone puis il rejoint son véhicule. Il envoie un message à Taiga pour le prévenir qu'il est en chemin et démarre.