CHAPITRE 20 :

Il allait tout faire foirer. Inviter Granger chez lui était une idée horrible, impulsive et incroyablement stupide. Draco n'était pas le moins du monde préparé à la réalité de ce que c'était que d'inviter cette femme dans sa maison. Bien qu'il ait tout de même eu la jugeote d'ordonner à ses elfes de rester dans leurs quartiers – ou hors de leur vue pour la soirée – car il n'était pas certain de la manière d'aborder le sujet avec Hermione pour l'instant. Le pauvre Crick avait pensé que son maître était devenu maboul mais avait à peine regardé Draco avec un air indifférent, avant de cligner des yeux une fois et d'accepter d'informer Watson qu'il n'aurait pas besoin de cuisiner.

Ça signifiait bien évidemment qu'il allait devoir trouver le moyen de faire à manger sans l'aide de ses elfes. Dès que sa journée de travail avait été terminée, il avait appelé par cheminette un restaurant français de Londres – qui avait été le traiteur d'un des galas de sa mère auparavant – et, après avoir balancé son nom de famille et une certaine quantité d'or sur la balance, il avait organisé la livraison d'un véritable festin à 18h30 précise ce soir là.

N'ayant aucune idée du genre de plat qu'elle préférait, il avait décidé de commander chaque plat inscrit au menu. Le pragmatisme à son apogée. La longue table de la salle à manger grinçait sous le poids des dizaines de spécialités françaises tandis que Draco jetait un sort de stagnation sur presque tout.

Il changea ses robes de travail pour la soirée durant ce qui fut un moment angoissant alors qu'il hésitait sur la façon dont il devait s'habiller. Il avait été totalement à côté de ses pompes en réalisant que c'était la première fois qu'il organisait un rencart chez lui. Ses précédents rendez-vous avec des femmes de Sang-Pur avaient eu lieu dans des endroits publics ou à des soirées où ils étaient sûrs d'être photographiés pour les pages de la haute société, ce qui impliquait des tenues de soirées. La même chose se passait pour des dîners avec sa mère.

Peut-être qu'un costume suffirait, comme celui qu'il avait porté pour leur dîner dans le Londres moldu ? Mais même ça, paraissait trop guindé, pour un dîner avec une amie. Une plus qu'amie ? Merde.

Au final, il opta pour une chemise blanche sans cravate et un pantalon noir élégant. C'était une tenue qui aurait définitivement fait se froncer le nez de sa mère – car beaucoup trop décontractée pour un dîner – mais il avait l'intuition qu'Hermione n'y prêterait pas attention.

Et à présent, il avait 30 minutes de libre pour paniquer avant qu'Hermione n'arrive. Il fit les cent pas le long du petit salon du bas, devant la large cheminée. Devait-il être assis de manière détendue dans l'un des fauteuils quand elle arriverait ? Ou plutôt faire sa meilleure imitation de Lucius, avec un verre de Brandy dans une main et un roman dans l'autre ? Il serait l'image parfaite du lord riche et raffiné du manoir. Draco renifla intérieurement en se disant que rappeler son père à Hermione était probablement la dernière chose qu'il voulait, étant donné la rancoeur entre eux.

Avec plus que deux minutes à attendre, il décida finalement de s'appuyer contre l'embrasure de la porte, les bras croisés avec désinvolture sur sa poitrine, suintant la nonchalance. Il garda la position pendant deux minutes entières. Quand les flammes s'allumèrent en vert à 19h pile, Draco essaya de ne pas sursauter – même si son cœur s'était logé dans sa gorge.

Hermione fit un pas gracieux hors de la cheminée, se penchant légèrement pour éviter de se cogner la tête, et lança un rapide sortilège de nettoyage sur elle-même. Instantanément, la suie s'évapora de ses vêtements et de ses cheveux. Elle était merveilleuse dans une robe jaune fluide et brillante qui lui allait jusqu'à mi-mollet. Les larges bretelles découvraient suffisamment de ses épaules pour qu'il puisses les voir et un ruban en soie, d'une nuance plus sombre sur son corsage, accentuait sa taille fine. Une fleur de printemps personnifiée.

Elle jeta un coup d'oeil anxieux dans la pièce autour d'elle avant de finalement remarquer Draco sur le seuil.

- Bienvenue, la salua-t-il en se décalant de la porte pour s'approcher d'elle.

- Salut.

Elle sourit et replaça derrière son oreille une mèche de ses cheveux qui s'était déjà échappée de sa queue de cheval basse.

Il s'arrêta quelques mètres devant elle, une distance prudente.

- C'est une jolie robe, murmura-t-il sincèrement – et gagna un autre sourire nerveux.

- Merci, je l'ai achetée à Venise.

Elle lissa les côtés du tissus.

- Je sais que tu m'as dit de ne rien apporter, mais mes parents m'ont toujours dit de ne jamais arriver quelque part sans cadeau pour l'hôte, donc mmh voilà.

Elle rougit et lui tendit une bouteille de vin. Draco l'accepta et lu l'étiquette.

- Je sais que tu as probablement une cave, et je ne sais même pas si ça conviendra avec ce que tu vas nous servir ce soir, mais je l'ai vu dans un magasin et je n'ai pas résisté. Tu as vu, c'est la même bouteille que nous –

- - nous avons partagé au restaurant moldu, avant l'opéra, finit-il pour elle.

Elle rencontra ses yeux avec surprise. Et il fut là : cet éclat dans ses yeux, quand il disait quelque chose ou faisait quelque chose qui lui était agréable. Un regard qui lui envoyait des ondes de chaleur dans tout le corps.

- Surprise que je m'en souvienne ? La taquina-t-il.

- Peut-être un peu, avoua-t-elle avec un léger haussement d'épaule. Sincèrement, je suis plus surprise qu'un troupeau d'elfes de maison n'ait pas été là pour m'accueillir à mon arrivée.

- Désolé de te décevoir Granger, mais c'est seulement toi et moi ce soir.

Une pause lourde de sens suivit sa déclaration. L'atmosphère sembla soudainement passer de légèrement bizarre à pleine d'anticipation. Peut-être était-il préférable de garder une approche plus lente à cette soirée, jusqu'à ce qu'ils clarifient leur situation. Prenant une inspiration fortifiante, il offrit :

- Pourquoi ne pas le laisser respirer un peu pendant que je te fais visiter ? Le dîner sera prêt quand tu voudras.

Hermione rayonna et rangea sa baguette dans son petit sac de perle.

- D'accord. Mais, rien qu'avec la taille de cette pièce, j'imagine que ça risque prendre pas mal de temps, taquina-t-elle.

Draco sourit en coin ; elle adorait se moquer de son opulente richesse.

- Je te ferais une version condensée alors. Attends ici paysanne, je vais mettre ça sur la table.

Laissant la bouteille débouchée avec les multiples plats, il prit un moment pour essuyer ses mains moites sur son pantalon. Bordel, il était nerveux. Essayant désespérément de ne pas s'attarder sur le double sens derrière chacun de ses mots ou gestes jusqu'ici, il détendit son expression avant de retrouver Hermione.

- Y a-t-il une brochure ou une carte pour m'aider dans cette aventure ?

- Pour pouvoir plonger le nez dans une lecture et passer à côté de mes talents de guide touristique ? Je peux t'assurer que je suis très doué à l'oral.

Dès qu'il eu fini sa phrase malencontreuse, il garda la bouche fermée et lui tourna le dos. Un lourd silence tomba alors et Draco souhaita désespérément qu'un quelconque sortilège l'empêche de cracher toutes sortes d'insinuations sexuelles à l'avenir. Putain de Salazar, à peine cinq minutes et il faisait déjà tout foirer.

Il toussa pour s'éclairer la gorge.

- Bon, voilà, c'était le vestibule, évidemment. Je reste principalement de ce côté du rez-de-chaussée et dans mon aile, au deuxième étage.

Une grande partie de sa maison était malheureusement sous exploitée, mais quand on vit seul et que l'on ne reçoit pas de visiteurs – à l'exception de sa propre mère – c'était assez logique. Il ne mentionnerait pas de ce détail lors de sa visite.

Il la guida vers le grand escalier principal et remarqua la façon dont elle admirait les ornements muraux du rez-de-chaussé. Les murs de pierre le long des escaliers étaient ponctués de paysages bucoliques de la campagne du Berkshire environnante et de celle voisine de la maison d'enfance de Draco dans le Wiltshire – même si pour Draco ils se ressemblaient tous. Quelques moutons broutaient dans l'un de ceux devant lequel Hermione s'était arrêtée pour l'examiner avec intérêt, et un Border Collie bondissait dans le cadre pour rassembler certains retardataires. Draco expliqua que c'était sa mère qui était responsable de la plupart de la déco – et il ne pouvait pas moins s'en soucier.

- Ça fait combien de temps que tu vis ici ?

Draco se gratta l'arrière de la tête en réfléchissant alors qu'ils atteignaient le haut des escaliers.

- Je dirais sept ou huit ans ? J'ai vécu sur le domaine de ma mère pendant un temps, mais quand j'ai vu que cet endroit était à vendre, je n'ai pas pu laisser passer une offre pareille.

- Tu connaissais la famille qui vivait là ?

Ils marchaient lentement côte à côte à présent, tandis que Draco ouvrait les portes de manière aléatoire pour qu'Hermione puisse passer la tête dans la pièce si elle le souhaitait.

- Non, mais ce n'était pas un domaine familial de toutes façons, juste un vieux sorcier avec le nom de Franklin. Apparemment, il l'avait fait construire lui-même dans la fin des années 1800. Il n'avait aucun héritier et aucune famille pour réclamer la succession donc ça a été mis aux enchères. J'ai été chanceux de tomber dessus à ce moment là.

- Qu'est-ce qui t'a plu dans cette maison ?

- Ce n'était pas le manoir, dit-il avec franchise et la vit grimacer dans sa périphérie. Honnêtement, il n'était pas en très bon état et était vendu avec plusieurs douzaine d'hectares, donc je pouvais voler sans gêne derrière le domaine. Il y a un village à une quinzaine de kilomètres vers le nord, mais aucune autre maison à proximité. J'accorde beaucoup d'importance à ma vie privée.

Ils s'arrêtèrent à peu-près à mi-chemin dans le couloir. Draco tendit la main devant eux.

- C'est le début de l'aile de ma mère, lorsqu'elle me rend visite. En fait, je n'ai pas la moindre idée de ce qui se trouve dans la plupart des pièces. Mais voilà ce que j'avais vraiment envie de te montrer.

Il lui lança un sourire conspirateur en ouvrant l'une des large porte en chêne menant à sa bibliothèque. Hermione ne le déçut pas. Elle fit un pas devant lui, la bouche s'ouvrant d'admiration, la lumière du soleil couchant perçant à travers les hautes fenêtres se reflétant dans ses yeux et ajoutant des sous-tons dorés à ses cheveux. Granger rayonnait dans sa bibliothèque – à la fois littéralement et métaphoriquement – et Draco ressenti une vague de fierté d'être celui qui lui inspirait cette réaction.

- Oh Malfoy c'est merveilleux ! Comment est-ce que tu peux la quitter ? C'est quasiment aussi grand que ma maison toute entière !

La bibliothèque était incroyablement vaste pour une résidence privée – même si elle ne faisait que la moitié de celle du Manoir Malfoy – et les étagères s'étendaient du sol au plafond de tomes ou de parchemins sur tous les sujets inimaginables. L'entièreté du mur ouest faisait exception, car des hautes fenêtres allant jusqu'au plafond donnaient sur l'arrière du domaine. Draco agita sa baguette pour allumer les bougies le long du mur car le soleil descendait plus bas dans le ciel. Dans l'angle le plus éloigné se trouvait son secrétaire, devant une cheminée. Il y réglait ses affaires financières, son beau bureau en merisier sombre étant jonché de pile de parchemins, d'une collection de plume sur un support en argent et d'une poignée de stylo bille dans un plat en cristal.

Hermione s'avança lentement jusqu'au milieu de la pièce et tourna sur elle-même, comme pour essayer d'absorber l'intégralité de sa collection d'un seul coup. Draco fut de nouveau frappé par la sensation de découvrir le monde à travers ses yeux. Tous les paysages et les expériences qu'il avait prit pour acquises (le ballet, le talent artistique de l'opéra, la grandeur de sa maison et de sa bibliothèque), avaient suscité un tel émerveillement chez elle que ça faisait déborder son cœur. Elle exprimait si librement sa joie ou son émerveillement, face à la magie autour d'elle, que parfois il pouvait le ressentir aussi, rien qu'en étant le témoin de ses nouvelles découvertes. Par Merlin, elle était extraordinaire, cette sorcière. Cette sorcière qui avait fait face à la mort, la guerre, l'absence et qui pouvait toujours ressentir autre chose que du dédain absolu pour ce monde – ça le fascinait et le rendait perplexe à la fois.

- Je peux ? Demanda-t-elle poliment, même si Draco savait qu'elle se retenait de courir vers l'étagère la plus proche et d'attraper la première chose qu'elle toucherait.

Il lui fit un bref mouvement de la tête et elle fila.

Souriant comme une enfant dans un magasin de jouet, elle passa ses doigts légèrement sur la tranche des livres, tout en marchant avec précaution à travers les rayonnages.

- Ils viennent tous du Manoir ? Lança-t-elle en s'arrêtant devant la section des potions.

- Pas tous, mais peut-être deux tiers. Le Ministère en a confisqué une tonne, comme tu t'en doutes, et j'en ai aussi accumulé pas mal au fil des années.

Avec un sourire espiègle, Hermione tendit la main et tira un livre de son emplacement.

- On dirait que le Ministère n'a pas été aussi minutieux qu'il aurait dû l'être.

Elle leva le livre et Draco s'approcha pour lire Les Potions les plus Puissantes dans sa paume. Il leva un sourcil incrédule.

- Je ne savais pas que tu avais un penchant pour les textes les plus insidieux Granger.

Son sourire se fit encore plus malicieux.

- Oui et bah quand tu prépares du Polynectar en Deuxième Année, il faut parfois savoir contourner les règles.

- Tu as préparé du Polynectar en Deuxième Année ? Comment ? Pourquoi ?

- Pour répondre à ta première question : oui. Pour répondre à ta deuxième question : avec pas mal de succès. Et pour répondre à la troisième eh bien tu vas devoir me la reposer après plusieurs verres de vin je pense, répondit-elle avec taquinerie en reposant le livre à sa place.

Il était partagé entre ravaler une remarque cinglante face à son refus de lui répondre et intrigué par la façon dont cette femme le captivait constamment. Elle se retourna et reprit son chemin autour des étagères, s'arrêtant de ci de là pour inspecter plus attentivement un titre.

L'esprit de Draco commença à s'égarer dans un royaume de fantasmes. Dans l'un d'entre eux, il s'imagina s'approcher lentement de Granger par l'arrière, la pousser contre l'une des étagères, relever le bas de sa robe, arracher sa culotte et s'envoyer en l'air avec elle jusqu'à ce qu'ils ne puissent tous les deux plus sentir leurs jambes.

- Par Merlin est-ce que ce sont tous des premières éditions ?

Sa demande excitée interrompit ses pensées obscènes sur ce que ça pouvait faire de la prendre, ici et maintenant, dans sa bibliothèque.

Il fourra ses mains dans ses poches en s'approchant d'elle, espérant se calmer et bien se comporter en sa présence.

- Je ne suis pas certain que ce soit le cas pour tous les volumes, mais ceux du Manoir sont, en tout cas, plutôt vieux, donc j'imagine que oui.

Elle l'observa bouche bée.

- Tu imagines que oui ? Répéta-t-elle faiblement en secouant la tête de stupéfaction.

Quelques mèches de cheveux s'échappèrent de sa queue de cheval et Draco garda ses mains coincées dans son pantalon pour ne pas les écarter de son cou. Le besoin de tendre la main et de la toucher provoquèrent une douleur sourde dans sa poitrine.

- Quelque chose que tu souhaiterais emprunter ? Tu peux, quand tu veux, offrit-il et ses yeux s'illuminèrent.

Tu peux aussi m'emprunter, quand tu veux. Je te laisserais même me garder.

- Peut-être pas ce soir. Je ne pense pas que je partirais si tu me laisses commencer à lire.

Elle rit avec chaleur et Draco ne parvint pas à réprimer une pointe d'espoir face au fait que sa déclaration impliquait d'autres futurs moments où elle se rendrait chez lui.

- Eh bien je ne sais pas toi, mais je mangerais bien quelque chose. On y va ?

Elle lui sourit tandis qu'ils s'apprêtaient à quitter la bibliothèque, Draco retenant la lourde porte en chêne d'un bras et lui faisant signe de sortir en premier. Alors qu'elle passait devant lui, les effluves de son parfum si caractéristique à la jacinthe envahirent ses narines et se mélangèrent à celles des vieux et poussiéreux tomes et parchemins, et le frappèrent soudainement comme un tsunami. Amortentia.

Draco venait d'identifier la troisième et dernière odeur qui s'était évaporée du chaudron de Slughorn en Sixième Année : Hermione Granger dans sa bibliothèque. Le putain de mystère était résolu.

Rien que pour la souffrance exclusive de Draco, cette préparation particulière combinait les trois odeurs les plus attirantes dans l'univers tout entier. Il savait maintenant que son enfer personnel comprenait l'odeur de l'anciennement glorieux jardin de rose du Manoir Malfoy en plein été, le café moulu encore chaud, et Hermione Granger dans sa bibliothèque.

Je suis en accord. Je suis en accord. BORDEL COMMENT JE SUIS SENSE ETRE EN ACCORD AVEC CA !?

Il s'était figée avec son bras tendu, tenant toujours la porte ouverte.

- Malfoy ? Tout va bien ?

Non. Je suis presque sûr que tout est absolument foutu.

- Non, je veux dire, oui. Je veux dire, tu peux m'accorder une minute ? Désolé, je n'ai pas réalisé que j'avais laissé mon bureau dans un tel état et que quelques documents devraient être rangés. Je te retrouve dans le vestibule.

Elle lui jeta un regard inquisiteur mais, heureusement, lui obéit. Draco laissa la porte de la bibliothèque se refermer alors qu'il retournait dans la pièce. Tremblant, il s'appuya contre le haut de son bureau et couvrit son visage de ses mains.

Non, pas ça, jamais. Il ne pouvait pas tomber amoureux d'elle, d'une manière aussi spectaculairement déchirante, permanente et anxiogène. Mais maintenant qu'il connaissait la vérité, il ne pouvait plus faire machine arrière. C'était ce qu'il avait nié depuis un moment maintenant, les mots qu'il n'avait pas réussi à admettre à voix haute devant son guérisseur. Il était amoureux d'Hermione.

Je suis en accord.

Pouvait-il accepter ça ? Il était temps de revoir certains faits à nouveau. Fait : Hermione Granger était actuellement chez lui, attendant qu'il se remette de son pétage de plomb pour qu'ils puissent dîner ensemble. Fait : il avait exigé sa présence ici ce soir et elle avait volontairement accepté. Fait : il était amoureux d'Hermione Granger. Bordel de merde.

Plus il y pensait, plus il sentait que la vérité de sa révélation se manifestait au plus profond de son âme et s'étendait dans ses veines avec sa magie. Et, même s'il savait que ses nouveaux sentiments étaient profonds et sincères, il se sentait complètement bloqué par l'incertitude. Comment faire à partir de là ?

Un choix.

Ce seul mot pesait lourdement sur ses épaules. Un choix.

Choisit Draco. Pour une fois dans ta vie, fait un véritable choix. Il pouvait rester ici à bouder, continuer à réprimer ses émotions et dépérir sous la souffrance, ou...

Ou...

Descendre les escaliers et faire la putain de court à Hermione.

Il se poussa du bureau et se tint droit. Il secoua ses manches et s'assura que sa chemise et son pantalon n'aient pas de plis. Il passa une main délicatement dans ses cheveux pour s'assurer qu'ils tombaient sur le côté correctement. Puis il marcha à grandes enjambées hors de la bibliothèque, les épaules en arrière et la tête haute.

Il y avait une femme magnifique qui attendait sa présence dans son vestibule et il allait courtiser chaque fibre de sa personne.


Quand il arriva devant l'escalier principal, il trouva Hermione qui s'agitait nerveusement dans le hall d'entrée. Elle lui fit un sourire soulagé quand il atteignit le bas de l'escalier.

- Navré de t'avoir fait attendre. Prête à manger ?

Draco la guida à travers le vestibule et plusieurs autres petits salons mais s'arrêta quand il ne senti plus sa présence derrière lui. Il se retourna, confus, pour trouver Hermione plantée sur le seuil d'une des pièces. C'était la salle de musique de sa mère – même s'il n'avait jamais vu Narcissa mettre les pieds dedans – c'était ainsi qu'elle l'avait surnommé quand Draco lui avait accordé le droit de la meubler comme elle le voulait.

Hermione lui jeta un regard écarquillé et fit un geste vers la pièce.

- Ça alors ! C'est un –

- Piano, oui.

- Non, non, pas un simple piano. C'est un Blüthner !

Elle n'attendit pas sa permission pour entrer et approcha l'instrument avec précaution pendant que Draco la suivait avec hésitation. L'expression de son visage était incrédule et pleine de révérence, presque aussi ébahie qu'en découvrant la bibliothèque.

- Oh et il est ancien ! Je n'en ai jamais vu un en vrai, comment as-tu mis la main dessus ? En fait, peu importe, gloussa-t-elle. J'ai oublié à qui je parlais pendant une minute. Ne me dis pas combien il a coûté ou je vais en perdre l'appétit, taquina-t-elle.

- Tu sais en jouer ?

Hermione secoua la tête.

- Plus maintenant mais j'ai pris des leçons quand j'étais petite jusqu'à ce que je reçoive ma lettre pour Poudlard. J'avais une professeur formidable et elle disait toujours que si elle réussissait à rassembler la quantité d'argent suffisante, la première chose qu'elle achèterait serait un piano Blüthner.

Elle sourit avec tendresse en se remémorant ce souvenir et fit lentement le tour de l'instrument.

- J'ai bien peur de ne pas m'y connaître autant que toi sur les pianos. Qu'est-ce qu'il a de si spécial ?

Elle revint vers l'avant et observa les touches en répondant.

- Le son est supposé être plus chaleureux et plus riche que les autres pianos et, si tu fais attention aux cordes – elle pointa l'abattant ouvert et les yeux de Draco suivirent – ses cordes sont reliées à une goupilles qui mène directement à des accordages individuels, par les touches, contrairement aux autres cordes de piano qui sont souvent attachées ensemble. Il y a aussi une corde supplémentaire dans les aigus.

Elle fit un pas en arrière, toujours ébahie.

- C'est l'équivalent instrumental d'une licorne. Je veux dire, est-ce que tu réalises combien de compositeurs célèbres ont joué sur cette création ? Brahms, Debussy, Tchaikovsky, Rachmaninoff...

Elle lista des noms qui étaient complètement étrangers à Draco.

- La rumeur raconte que la reine Victoria en aurait eu un et –

Elle s'interrompit abruptement et rencontra ses yeux, ayant l'air inquiet pour une quelconque raison.

- Et tu ne dois pas avoir la moindre idée de ce que je raconte. Comment as-tu trouvé ce piano ?

- Ma mère a meublé cette pièce, c'est la sienne, en fait. J'ai pris des cours aussi quand j'étais enfant, sur ce même instrument. J'ai aussi arrêté quand je suis allé à Poudlard et je me rappelle que Père l'avait fait mettre dans les coffres forts, mais je ne me souviens pas de pourquoi. Mère l'a récupéré, évidemment, et fait mettre ici.

Les yeux d'Hermione jonglèrent nerveusement entre lui et le piano.

- Je ne comprends pas, c'est juste que...

Elle prit une inspiration en levant les yeux vers Draco.

- Tous ces compositeurs célèbres que j'ai nommé, ils ne te sont pas familiers, hein ?

Il acquiesça et elle poursuivit.

- C'est parce qu'ils étaient tous moldus. Et ça, dit-elle en faisant un geste vers le piano, c'est entièrement moldu.

Les sourcils de Draco se froncèrent et il pouvait entendre la question qu'Hermione n'osait pas poser se former dans son esprit. Pourquoi une matriarche de Sang-Pur comme Narcissa Malfoy accepterait un objet fabriqué par des moldus dans sa maison ? Pourquoi garderait-elle une telle chose ? Pourquoi lui dédier une pièce entière ?

Oh Mère, j'ai quelques questions à te poser, fulmina-t-il silencieusement. Combien de fois, au cours de sa formation, avait-il entendu ses parents pester contre tout ce qui était rattaché aux moldus ? Les moldus étaient des barbares, des flemmards, des idiots, indignes de partager cette planète avec des sorciers, selon eux. Mais visiblement ces descriptions ne s'appliquaient pas quand il s'agissait d'objets anciens et luxueux. Draco était partagé entre rire et mettre le feu à cet instrument par dépit.

- Il semblerait que je vais avoir une conversation intéressante avec ma mère dans un futur proche, dit-il d'un ton sec.

- Je suis désolée, ce n'était pas mes affaires et –

Draco balaya ses excuses d'un geste, espérant qu'elle comprenne que c'était l'hypocrisie dissimulée de Narcissa qui était la cause de son irritation alors qu'ils se dirigeaient – enfin – vers la salle à manger.

- Granger, s'il te plaît, ce n'est rien. Allons simplement dîner.

Son expression douce et penaude disparut de son visage quand elle prit connaissance de la quantité de nourriture qui les attendait sur la table. Elle renifla d'une façon peu féminine, mais ces jours-ci, Draco aurait décrit ce son comme adorable plutôt que comme désagréable parce qu'il était totalement épris d'elle.

Je suis en accord.

- Sérieusement Malfoy ? Tu es sûr qu'il n'y a pas une autre quinzaine de personnes, ou plus, qui vont nous rejoindre ce soir ?

Draco s'affaira à lui tirer une chaise parce que c'était un gentleman, et surtout parce qu'il n'avait pas à la regarder quand il admit :

- Je n'étais pas certain de tes préférences donc je me suis dit que c'était plus sûr de commander un large choix.

Il prit son siège au bout de la table, ayant installé Hermione immédiatement à sa droite. Elle jeta un regard amusé sur le festin.

- Eh bien, j'aime beaucoup la nourriture française, donc tu n'aurais pas pu te tromper. Pour des recommandations futures, je n'aime plus les champignons ni la truite.

Draco haussa un sourcil curieux et elle élabora.

- Si tu devais survivre uniquement avec des champignons sauvages et du poisson pendant des mois dans une tente, tu y renoncerais aussi.

Draco lui sourit avec peine et redirigea la conversation loin de la guerre et plus vers la France. Hermione discuta avec excitation de son amour pour le pays et de ses vacances d'enfance là-bas avec ses parents.

- Laisse moi voir si j'ai raison : tu n'es jamais allée à Paris ?

- Non, je suis allée à Paris, mais pas le Paris sorcier. Nos voyages de famille étaient uniquement moldu, puisque je ne pouvais pas faire de magie pendant l'été de toutes façons.

- Il faudra que je t'y amène un jour, offrit Draco avant de pouvoir s'en empêcher et s'affaira avec une pleine cuillère de bouillabaisse.

- Ça serait sympa, répondit-elle doucement.

Quand il rencontra ses yeux, son visage était presque aussi rouge que sa bisque à la tomate. Instantanément, l'idée d'emmener rapidement Hermione dans n'importe quel pays qu'elle désirait dansa devant ses yeux, et il ajouta « vacances à l'internationale » dans sa liste mentale pour la courtiser.

- J'ai remarqué que tu aimais les fruits de mer, dit-elle en montrant son choix pour l'entrée.

- Tu as commencé un dossier sur moi ?

- Evidemment. C'est facile, puisque tu commandes la même sorte de plat à chaque fois qu'on dîne ensemble.

Elle prenait des notes sur ces goûts, donc. Sa confiance en lui allait atteindre un niveau dangereusement haut avant que la soirée soit terminée.

- Si tu veux savoir, c'est une nouvelle progression pour moi. Je n'avais pas le droit d'en avoir quand j'étais petit, parce que les fruits de mer risquent d'avantage de causer des –

- - Des infections et intoxications alimentaires, termina Hermione pour lui et Draco se contenta de cligner des yeux alors qu'elle riait. J'ai compris que les coutumes des Sang-Pur étaient les mêmes que celles de la royauté moldue. Les fruits de mer sont aussi connus pour être bannis dans la famille royale du Royaume-Uni.

- Comment sais-tu tout ça ?

- Je l'ai lu.

Draco leva les yeux au ciel.

- Evidemment, Granger, c'est tout toi. Je suis curieux de savoir quel livre t'a procuré cette information.

- Les Vingt-Huit Sacrés.

Draco fit presque tomber sa fourchette sous le choc.

- Toi. Tu as lu ce livre ?

Elle hocha la tête avec ferveur.

- Oui, il y en a une copie à la bibliothèque de Poudlard. Je l'ai lu en Deuxième Année, après avoir appris qu'il y avait un système hiérarchique aussi ridicule qui se baisait sur le sang dans le monde des sorciers. Il a été écrit par l'ancêtre de ton ami Théodore Nott, tu le savais ?

Draco s'agita inconfortablement sur sa chaise et prit une gorgée du vin qu'Hermione avait apporté. Oh, si son père pouvait le voir à cet instant, essayant de courtiser la née moldue la plus célèbre depuis le Ministre de la Magie Nobby Leach, buvant du vin moldu et discutant du texte sur les Sang-Pur le plus admiré.

- Oui, Théo et moi avons passé une soirée mémorable, il y a quelques années, quand je l'ai aidé à se débarrasser de plusieurs douzaines de copies dans sa maison de famille.

Cette soirée avait en effet été mémorable. Draco et Théo s'étaient bourrés la gueule avec un scotch écossais au prix écoeurant et avait souillé quelques exemplaires de ce satané livre, qui comptait 52 tomes. Ils s'étaient essayés à toutes sortes de vandalisme – qui incluaient y mettre le feu, changer les titres en Les Vingt-Huit Connards : Le Guide des Débutants pour Ruiner des Générations de Jeunes Sorciers et Sorcières Prometteurs A Cause d'une Loyauté Aveugle à la Connerie du Sang et l'Envie de Perpétrer l'Inceste, et ensorceler les pages pour qu'elles chantent des slogans de Quidditch. Mais il n'allait pas informer Granger de tout ça.

- C'est chouette que tu aies un ami comme lui. Je veux dire quelqu'un qui euh, partage le même point de vu...

Elle s'interrompit nerveusement et bu son vin. Draco espérait qu'elle disait ça de manière positive, comme si son point de vu sous-entendait que le dogme de la pureté du sang soit de la pure connerie et qu'il aimerait beaucoup s'embarquer dans une relation sérieuse avec quelqu'un qui descendait de parents non sorciers.

- Tu apprécierais Théo, offrit Draco pour rediriger la conversation. C'était un gigantesque intello à l'école, exactement comme toi.

Elle leva les yeux au ciel avec amusement et Draco lui parla un peu plus de son ami discret et lui donna quelques anecdotes sur son enfance avant Poudlard.

Hermione lui posa des questions sur le travail en coupant un morceau de son filet mignon.

- J'ai entendu dire que tu avais aidé à recruter Marie, non c'est pas ça... Maureen ! Maureen Tyler ? Une euh batteuse?

Draco inclina la tête, perplexe.

- Je me souviens d'avoir simplement présenté Maureen Tyler à Ginny Weasley –

- Potter.

- Peu importe. Je les ai présenté et j'ai peut-être mentionné ses talents inégalés et que Weasley pouvait bien faire ce qu'elle voulait de cette information.

Hermione eu l'air de réfléchir ardemment, essayant de se souvenir de quelque chose.

- C'est Potter et si je ne me trompe pas... elle a... mhhh... une moyenne de six évictions par match ? C'est le bon terme pour parler du fait de faire tomber quelqu'un de son balais ?

Oh c'était tout bonnement adorable. Granger essayant de parler de statistique de Quidditch avec lui comme si elle connaissait quelque chose au jeu.

- Oui, sa carrière à Poudlard était plutôt légendaire, mais elle a eu du mal à sortir de la liste des remplaçants des Tornades, donc je me suis dit que peut-être que les Harpies conviendraient mieux à ses talents.

Hermione fronça les sourcils et se concentra de nouveau. Cette femme pouvait mémoriser le nom de tous les enchanteurs notables qui avaient ne serait-ce qu'éternué tout au long de l'Histoire, mais sa connaissance du Quidditch était un puit sans fond.

- Et elle aussi douée en... oh comment ça s'appelle... déplacement de cerceaux ? Non changement de Gardien ?

- Echange des cerceaux ou forcer un échange de cerceaux. C'est quand un cognard bien envoyé oblige le Gardien adverse à changer le cerceau principal qu'il protège, pendant qu'un Poursuiveur se prépare à marquer, ouvrant ainsi une plus grande zone de tir pour le Poursuiveur, expliqua Draco pour la sortir de sa détresse.

Par Merlin, il était déjà à moitié dur rien qu'en se trouvant dans la position rare et enviable d'instruire Granger sur quelque chose.

- Ah d'accord, murmura-t-elle d'un air penaud en plaçant un bout de steak dans sa bouche.

Son expression se changea en pure plaisir.

- Mhh, ce filet est... parfait. Tout vient du même restaurant ?

- Oui, il faut que l'on y aille ensemble un jour. Je sais que j'ai beaucoup trop commandé mais, comme je te l'ai dit, je n'étais pas vraiment sûr de tes goûts et ça aurait perturbé mes elfes de maison de –

Draco s'arrêta de parler alors qu'Hermione s'était arrêté de manger, la cuillère à mi-chemin vers sa bouche. Oh merde. Elle déposa avec précaution sa fourchette dans son assiette et se tamponna les lèvres avec sa serviette tandis que Draco attendait que la guillotine ne tombe.

- Combien ?

- Juste deux, répondit-il et elle ricana.

- Oh, juste deux esclaves, tu fais presque parti de la classe moyenne, répondit-elle avec mépris – et s'il n'avait pas été trop occupé à être offensé, il aurait trinqué avec elle par respect.

- Ce ne sont pas des esclaves Granger.

- Ah vraiment ? Et comment se sont-ils retrouvés chez toi au juste ?

- Quand j'ai acheté Franklin House, ils allaient avec l'acte notarié...

Elle leva la main pour le couper.

- Est-ce que tu t'entends ? Ils allaient avec l'acte notarié ! Tu es en train de parler d'êtres dotés de magie très avancée comme s'ils étaient des biens immobiliers !

- Parce qu'ils le sont ! Toi, plus que quiconque, tu devrais le savoir, étant donné que ton bureau les considère comme tel !

- Je suis parfaitement au courant des classifications, merci beaucoup, étant donné que j'ai du me battre bec et ongle pour que leurs droits soient protégés par la loi, crachota-t-elle dans un mélange de rage et d'indignation.

- Eh bien dans ce cas, puis que tu es si familière avec les lois sur le bien être, tu dois savoir que, depuis que j'ai des elfes sous mon toit, je suis conciliant avec eux ! Comment peux-tu t'énerver à ce sujet ? Est-ce que tu veux inspecter leurs quartiers ? Je les traite bien, je ne les punis ou ne les bats jamais ! Ils vivent une vie absolument confortable ici !

Pourquoi ne pouvait-elle pas laisser tomber cette croisade ridicule ? Pourquoi se faisait-il juger pour la façon dont il avait été élevé ? Les elfes faisaient partie intégrante de l'éducation riche des Sang-Pur et, ne lui avait-il pas déjà prouvé qu'il n'était pas cruel comme son père ? Sérieusement, que pouvait-il bien faire de plus ?

- Un propriétaire d'esclaves bienveillant n'en est pas moins un propriétaire d'esclaves, répliqua-t-elle les joues roses. Ces créatures n'ont aucune autonomie même si leur magie et leur intellect sont puissants. Que tu ne les traites pas avec hostilité et violence n'a pas d'importance, parce que s'ils n'ont jamais eu d'autre choix que de servir leur maître sans aucune forme de paiement pour leur travail. Argh on dirait Ron !

Draco vit rouge, son sang bouillonnant dans ses veines en entendant le nom de son lourdaud d'ex petit-ami.

- Ne me compare jamais à Weasley, gronda-t-il.

Un silence tendu s'abattit et ils se fixèrent. Draco pouvait voir ses poings se serrer alors qu'elle tremblait de colère, la poitrine se soulevant et son petit menton prude bien haut.

Peut-être était-ce toute cette angoisse refoulée de ne pas avoir pu lui exprimer ses sentiments amoureux, ou peut-être que c'était sa malencontreuse mention de Weasley, ou peut-être que c'était la confusion qui entourait leur relation actuelle, ou peut-être même la frustration sexuelle... ou peut-être un mélange de toutes ces choses, qui fit que Draco fit imploser spectaculairement cette soirée jusqu'ici plaisante, avec ses prochains mots.

- Est-ce que c'est ce que tu as fait pendant ces deux dernières semaines ? Me comparer à lui ? Alors vas-y Granger, dis moi, est-ce que je suis à la hauteur ? Cracha-t-il durement et il recula sa chaise de la table en jetant sa serviette hors de ses genoux sur son assiette à moitié pleine. Allez, ne soit pas timide avec moi maintenant. Je veux dire, maintenant que tu as tout expérimenté de moi, ricana-t-il en agitant les mains le long de son corps. J'adorerais savoir ce que disent tes notes et à quel point tu as été méticuleuse. Je parie qu'elle sont ridiculement détaillées, railla-t-il avant de poser ses yeux et sa main sur son entrejambe. Jusqu'au moindre recoin.

Les yeux d'Hermione étaient enflammés et il savait qu'il l'avait poussé à bout, mais son égo était trop blessé pour qu'il puisse s'en soucier.

Elle recula lentement sa chaise et déposa sa serviette sur la table.

- Comment oses-tu.

Elle parla avec une voix tremblante avant de se lever avec grâce et de sortir de la pièce.

Draco se pinça l'arrête du nez, prit une profonde inspiration, et compta jusqu'à cinq. Il se leva et avait à peine atteint la moitié de la pièce qu'elle avait déjà fait marche arrière pour lui dire le fond de sa pensée.

- Tu sais, j'attendais vraiment cette soirée avec toi avec impatience ! Je suis sûre que c'était douloureusement évident pendant que je bafouillais sur ces satanés statistiques de Quidditch, mais j'ai même demandé à Ginny de m'aider à réfléchir à des sujets de conversation qui pouvaient t'intéresser !

Il eu un léger pincement dans la poitrine à l'idée qu'elle s'en préoccupe suffisamment pour se préparer, mais insuffisant pour atténuer sa colère aveugle.

- Ah, comme s'est charmant de ta part, de discuter si ouvertement à mon sujet avec cette famille de lent d'esprit ! Dis moi, comment se sentent-ils à l'idée que leur précieuse Hermione Granger passe du temps seule à seule avec un Mangemort ?

- Je ne discute ouvertement de toi qu'avec Ginny !

Draco changea immédiatement son fusil d'épaule.

- Tu as honte de notre amitié, n'est-ce pas ? Je ne suis que ton sale petit Mangemort secret ?

- Pour l'amour de Merlin bien sûr que non ! Et arrête de t'appeler comme ça !

- Comme quoi ? Un Mangemort ? Défia-t-il en baissant le nez vers elle. Et pourquoi pas Granger ? N'est-ce pas ce que tes précieux Potter et Weasley pensent de moi ?

- Je me fous de ce qu'ils pensent, ou de ce que qui que ce soit pense ! Tout ce que je veux c'est –

Elle s'interrompit soudainement et recula, avalant le nœud dans sa gorge.

- Ça n'a pas d'importance. Je ne sais même pas pourquoi je me prends la tête.

Elle tourna brusquement les talons et se dirigea à grandes enjambées dans le hall vers le vestibule. Draco la suivit cette fois-ci, essayant d'avoir le dernier mot et résolu à s'autodétruire, le sang battant dans ses tempes.

- Cette discussion n'est pas terminée Granger !

Il entra dans le salon et la domina de sa hauteur de nouveau. Elle était bien plus petite que lui mais tout autant imposante, surtout avec la colère avec laquelle elle le regardait à cet instant.

- Et qu'y a-t-il à dire de plus Malfoy ? Aboya-t-elle. Tu as été parfaitement clair sur le peu de respect que tu as pour moi ou mes amis, donc qu'est-ce que tu peux bien avoir à ajouter ?

Je veux dire que j'ai besoin de toi. Je veux te demander de rester. Je veux te dire que je suis désolé. Mais rien ne sorti de sa bouche.

Son silence sembla ne faire que l'irriter d'avantage alors qu'elle prenait de courtes inspirations qui soulevaient sa poitrine.

- Tu as soufflé le chaud et le froid avec moi toute la semaine, à tel point que je n'ai aucune idée d'où j'en suis avec toi ! Alors dis moi, je t'en prie, qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?

- Ce n'est pas évident !? Rugit-il. Je suis amoureux de toi !

Il aurait dû s'en rendre compte quand un silence assourdissant s'était abattu sur la pièce caverneuse. Il aurait dû s'en rendre compte quand la bouche d'Hermione s'ouvrit et que toute la colère quitta son visage. Il aurait dû s'en rendre compte quand ses yeux s'écarquillèrent sous le choc.

Mais Draco ne se rendit pas compte qu'il n'avait pas rugit ces mots à l'intérieur de son propre esprit, mais qu'il les avait, en fait, hurlé au visage d'Hermione. Il ne s'en était pas rendu compte jusqu'à ce qu'Hermione laisse échapper un murmure.

- Qu'est-ce que tu viens de dire ?

Puis ça le frappa.

- Merde.

Il avait également dit ça à voix haute, puis fait demi tour et couru à moitié, loin de la pièce et de la femme qui venait d'entendre ses aveux hurlés.

Il chancela jusqu'à son placard à alcool dans la salle à manger et empoigna la première bouteille sur laquelle il mit la main. Heureusement pour lui, c'était du Ogden et il se versa une grande rasade dans son verre de vin, en renversant la plupart sur la table.

- Merde, merde, merde, merde, répéta-t-il en terminant son verre d'un trait.

Il s'en versa immédiatement un second.

Draco se jeta de nouveau dans sa chaise, avala l'alcool, s'en servit une nouvelle dose, mais laissa le liquide dans son verre cette fois. Il allait être malade ou peut-être s'immoler sur place. Pouvait-on mourir de mortification ? Draco était certain qu'il était sur le point d'en connaître la réponse.

Il couvrit son visage de sa grande main, l'autre s'agrippant au verre comme si c'était la seule chose le rattachant à la terre, et réfléchit à la manière incroyablement stupide avec laquelle il s'était conduit ce soir. Il avait complètement gâché toutes les chances qu'il n'aurait jamais avec Hermione.

A ce stade, raisonna Draco, finirait-il par cesser de gâcher sa vie ?

Après avoir enfin – enfin ! – eu Granger pour lui tout seul après des mois à se languir d'elle, il avait décidé de la contrarier avec un débat sur le droit des elfes, insulté ses amis les plus proches et laissé entendre qu'elle serait suffisamment insensible pour le comparer cruellement à ses amants. Oh, et le pompon sur la Garonne, il avait entièrement dévoilé sa main, moins de deux minutes auparavant, en lui hurlant ses sentiments les plus profonds directement aux visage. Personne à blâmer, ce bordel n'était dû qu'à lui.

Je suis en accord.

Je ne suis en accord avec rien.

Draco ne sut pas s'il préférait vomir son dîner, rire de sa propre inaptitude, ou pleurer tandis que le désespoir s'installait. Incapable de prendre une décision rationnelle, il resta simplement assis là, agrippant son visage et son whisky, pendant que son corps le forçait à absorber de l'oxygen.

Un doux claquement de chaussure sur le plancher indiqua à Draco qu'Hermione s'approchait. Il n'avait même pas la force de lever les yeux et de confirmer que c'était vrai. Il l'entendit tirer la même chose que lors du dîner et s'asseoir. Du peu qu'il parvenait à voir entre ses doigts, il la vit croiser délicatement les mains devant elle sur la table. Il l'entendit inspirer. Draco laissa tomber la main de son visage, se préparant à assumer les répercussions de ses mots irréfléchis.

- Est-ce que tu pensais ce que tu as dit ? Demanda-t-elle doucement.

- Non, répondit-il instantanément et quand le visage d'Hermione s'effondra, il continua en bredouillant. Je veux dire oui ! Je veux dire... Merde !

Il termina son whisky et remplit de nouveau son verre, en renversant encore plus car sa motricité cédait face à sa nervosité.

Plus moyen de se cacher, décida-t-il. Si Granger n'était toujours pas partie, ça signifiait qu'elle voulait entendre ses explications. C'était sa dernière chance.

Je suis en accord.

De longues inspirations. Regarde la dans les yeux.

- Je pensais ce que j'ai dit là-bas, mais je ne voulais pas te crier dessus, commença-t-il en remarquant que ses yeux brillaient étrangement fort. C'était une réponse honnête à ta question. C'est pour cette raison que j'étais absolument pitoyable cette semaine. Est-ce que tu sais ce qu'il s'est passé pendant que tu étais absente Granger ? Demanda-t-il désespérément alors qu'elle secouait la tête. J'étais complètement fou de rage sans toi putain. J'ai tenu à peine deux putains de jours avant de me sentir misérable... Je ne dormais et ne mangeais plus... Tu aurais pu croire qu'un foutu Détraqueur me suivait partout, c'était pathétique, cracha-t-il avant de poser son verre et de le remplir.

Combien de verre avait-il bu ? Quatre ? Cinq ? L'alcool ne lui brûlait même plus la gorge.

- Je pensais qu'il n'y avait absolument aucune chance que tu penses à moi. Il n'y avait aucune chance que tu ne regrettes pas ce qu'il s'était passé entre nous. Tu étais à Venise, à avoir des regrets d'avoir posé les yeux sur moi, et tout ce à quoi je pouvais penser c'était... tout ce que je ressentais c'était...

Draco arracha ses yeux d'elle et jeta un regard sur la table à la place.

- Tu m'as manqué, admit-il d'une voix rauque en avalant le nœud dans sa gorge. Tu m'as manqué et ça faisait horriblement mal.

Il rencontra son regard de nouveau et senti la culpabilité le déchirer quand il remarqua qu'une larme s'était échappée de ses yeux.

- La nuit après l'opéra, dans ton lit, continua-t-il d'un ton feutré. Par les Dieux, est-ce que tu as la moindre idée de combien de temps j'attendais de faire ça avec toi ? Et, évidemment, c'était foutrement fantastique et je me souviendrais de cette nuit jusqu'à ma mort, mais après tu es partie. Simplement partie. J'étais seul à me morfondre de ne pas t'avoir dit à quel point je te voulais, à quel point je ne voulais pas qu'on redevienne amis ou de simples connaissances ou quelle que soit l'étiquette ridicule que nous avions avant.

Il prit une inspiration pour se calmer, ne sachant toujours pas s'il aidait ou nuisait à sa cause.

- Et après tu m'as envoyé ça.

Draco sorti sa baguette et invoqua la carte postale qu'il savait se trouver sur sa table de chevet. Hermione l'observa avec des grands yeux alors que le petit bout de papier volait à travers la salle à manger vers la main tendue de Draco. Il la lui donna et elle la prit avec des mains tremblantes.

- Tu m'as envoyé cette carte postale et j'ai osé espérer... espérer que j'étais quelque chose pour toi. Mais est-ce que tu sais ce que c'était, le pire ? Toutes les façons dont j'imaginais que tu allais me rejetter quand tu rentrerais. Quand tu étais en retard au café le premier matin, j'ai pensé que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec moi. Quand tu as mentionné ce chercheur, j'ai pensé que tu rompais avec moi pour quelqu'un d'autre. Et je suis désolé.

Il avala un autre nœud dans sa gorge.

- Je suis désolé de ne pas avoir su te dire tout ça. De te dire que je suis un homme misérable, tordu, et imbécile qui ne veut rien d'autre que... qu'être quelqu'un d'important dans ta vie.

Qu'être digne de t'aimer.

Sa respiration était irrégulière, difficile. Hermione baissa les yeux vers la carte postale comme si elle contenait toutes les réponses à ses questions existentielles et Draco attendit qu'elle réponde à son monologue décousu et semi-cohérent.

Finalement, elle leva les yeux vers lui.

- Je t'ai envoyé cette carte postale moins de deux heures après être arrivée en Italie, dit-elle d'une petite voix.

- Pourquoi ? S'étouffa-t-il avant de pouvoir contrôler sa langue.

Il avait besoin de l'entendre le dire.

- Parce que tu me manquais.

Elle essuya rapidement ses yeux et poursuivit.

- Tu m'as manqué à la folie.

Draco était certain que son cœur allait s'arracher de sa poitrine, se frayer un chemin jusqu'à l'une des assiettes en argent sur la table et se présenter à Hermione.

- Sincèrement, dit-elle d'un rire tremblant. Est-ce que tu sais à quel point c'est devenu grave ? Pour la deuxième fois dans ma vie, j'ai mal traduit une rune. Un participant m'a posé une question directe pendant les questions-réponses et j'ai complètement foiré la signification de la rune et puis j'ai dû revenir sur mes pas et me corriger, tout ça parce que mon esprit dérivait précisément vers là où il dérive toujours ses derniers temps...

Elle lui fit un sourire mouillé.

- Vers toi.

Draco ne pouvait plus respirer parce que son souffle, son cœur, son essence même, avaient été volés par la femme de l'autre côté de la table.

- Je ne regrette pas d'avoir eu une liaison avec toi. Pas même une seconde, dit-elle fermement, sa voix devenant plus forte. J'aimerais bien que ça se reproduise.

Attendez, est-ce ça voulait dire qu'elle voulait... ? Qu'est-ce que ça voulait dire bordel ? De l'aide.

La confusion dû se lire sur son visage car elle eu pitié de son cerveau embrouillé, et à présent en proie au désire et clarifia.

- Je veux être avec toi, correctement. Pas juste... Dans la chambre. Je veux nous donner une véritable chance.

Une nouvelle émotion s'empara de lui : la panique. Il pouvait parfaitement gérer la partie qui se déroulait dans la chambre, mais le reste ? Il avait un record abyssal quand il s'agissait des fondamentaux des relations entre adultes (voyez : Pansy, Astoria et/ou Daphne).

- C'est ce que tu veux ? Mais je n'ai aucune idée de ce qu'il faut faire... Je ne sais pas... Je ne sais pas comment...

Draco s'interrompit sans s'en empêcher et tâtonna vers son whisky, mais une petite main s'enroula autour de son poignet, arrêtant son geste. Hermione maintint sa prise fermement en se levant de sa chaise.

- Si, tu le sais. Tu le sais parfaitement.

Elle accompagna sa déclaration en glissant sa main le long de son bras jusqu'à son épaule en quittant sa chaise et en faisant le tour de la table. Se plantant devant lui, Hermione posa sa main sur son visage, ses yeux toujours débordant d'émotion.

- Tu le sais parfaitement, répéta-t-elle en inclinant son menton pour capturer ses lèvres dans un baiser féroce.

Pour Draco, ce fut comme s'ils ne s'étaient jamais arrêtés de s'embrasser pendant deux semaines. Toute cette souffrance inutile et les disputes qui s'étaient déroulées entre la dernières fois où leurs bouches s'étaient rencontrées, s'étaient à présent envolées alors qu'il se perdait en elle.

Elle conduisit ses doigts dans ses cheveux et accentua leur baiser. Il se rappela ensuite qu'il avait des mains – et que ses mains devaient constamment la toucher – et agrippa ses hanches pour l'attirer plus près.

Ses baisers devinrent des excuses et des déclarations silencieuses. Tous les mots qu'il n'arrivait pas à dire, toutes les promesses qu'il voulait faire, tous les sentiments qu'il n'arrivait pas à articuler pour l'instant, toute sa vulnérabilité dévoilée après avoir perdu son sang froid plus tôt ; Draco déversa tout ça en dévorant ses lèvres. Le comprenait-elle ?

Même si la force de ses sentiments devait complètement le terrifier, Hermione ne semblait pas posséder une telle incertitude et répondit à son baiser de la même manière, d'une façon qui donna à Draco l'espoir qu'elle comprenait sans qu'il n'ait à exprimer la vérité à voix haute.

Elle bougea ses mains pour tenir ses épaules puis se baissa pour passer ses jambes de chaque côté des siennes sur la chaise. Le bas de sa robe drapa le bas de leur corps et Draco se retrouva avec Hermione à califourchon sur ses cuisses, au bout de la table de sa salle à manger.

Il devrait investir dans une Pensine.

Draco enroula ses bras autour du creux de ses reins, la pressant davantage, et ils haletèrent simultanément quand leurs corps commencèrent à se frotter l'un contre l'autre instinctivement. Il recula ses lèvres de sa bouche pour renouer avec d'autres parties de sa peau.

- M'as manqué, dit-il d'une voix rauque en embrassant son cou.

- Prouve le, le défia-t-elle à bout de souffle.

Draco gronda avec force quand elle roula ses hanches contre lui. Rassemblant le peu d'esprit qu'il lui restait, il retira l'une des mains d'Hermione de son épaule. La saisissant fermement dans la sienne, il pressa sa petite paume contre le haut de son érection qui se tendait douloureusement dans son pantalon.

- Preuve suffisante pour toi ? Tu me maintiens dans cet état depuis deux semaines, admit-il avec un sourire en coin.

Puis elle prit l'avantage. Rivalisant avec son propre sourire espiègle, Hermione prit sa main dans la sienne et la conduisit sous les plis de sa robe.

- Idem, souffla-t-elle avant de glisser sa main dans sa culotte.

Elle était déjà trempée.

Un milliard de points pour Gryffondor.

Draco plia l'un de ses doigts contre elle et un petit gémissement lui échappa. Il bougea sa bouche contre son oreille.

- Est-ce que c'est bon si je –

- Bon Dieu oui, c'est plus que bon, le coupa-t-elle en se tortillant contre sa main.

Il glissa deux doigts en elle et aspira ses faibles gémissements. Une main pompant langoureusement à l'intérieur d'elle, il utilisa l'autre pour glisser les bretelles de sa robe le long de ses épaules et baissa la tête pour mordiller sa clavicule. Les jambes d'Hermione se resserrèrent autour de lui alors qu'elle glissait ses bras hors de son vêtement puis derrière son dos pour dégrafer son soutien-gorge et le jeter.

Oui, il chercherait une Pensine dès le lendemain. Draco n'avait aucune idée de ce qui avait pu se passer dans cette même salle à manger pour les propriétaires précédents, mais ça n'égalait certainement pas le fait de doigter Hermione sur ses genoux avec sa poitrine nue à quelques centimètres de son visage.

Il se pencha pour capturer l'un de ses seins de sa bouche et elle laissa aller un gémissement encourageant. Les deux mains d'Hermione agrippèrent les côtés de son visage quand il referma ses lèvres autour de son téton tendu, et Draco senti ses parois se serrer autour de ses doigts, son orgasme approchant. Il lui suffit de manoeuvrer ses doigts parfaitement et de frotter son pouce contre son clitoris pour qu'elle s'abandonne dans un cri aigu.

Draco embrassa de nouveau son cou pendant qu'elle reprenait son souffle. Quand il atteint ses lèvres, elle sourit contre sa bouche et Draco retira sa main d'elle pour la rapprocher de lui. Elle continua les ondulations de ses hanches contre son membre rigide et ce fut de plus en plus compliqué de garder le contrôle. Les mains d'Hermione s'affairèrent furieusement avec les boutons de sa chemise.

- Ma-chambre-en-haut-on-peut-si-tu-veux-toujours, marmonna-t-il entre deux baisers volés.

- Non, répondit-elle fermement avant de tracer un chemin avec ses lèvres jusqu'à son oreille. Ici. Je te veux ici. Maintenant.

S'il passait une commande urgente par hibou ce soir, cette Pensine pourrait probablement être là à la première heure le lendemain.

Sa position dans la chaise au dossier rigide n'allait pas lui laisser suffisamment de place pour obtenir l'angle dont il aurait besoin s'il voulait la baiser correctement. L'attrapant fermement par la taille, Draco la mit debout. Elle l'aida à enlever complètement sa chemise et le regarda prendre les commandes alors qu'elle glissait ses doigts le long de son torse nu. Retirant sa baguette oubliée sur la table, il fit disparaître les restes du dîner ce qui s'y trouvait sans un mot.

Hermione rattacha ses lèvres aux siennes et la baguette s'écrasa au sol alors que ses mains défaisaient rapidement la boucle de sa ceinture. Draco l'attira contre lui avant de la soulever et de l'installer sur le bord d'une antique table en acajou, vieille de deux cents ans. Comme il le supposa en faisant un pas pour s'installer entre ses jambes, la hauteur était parfaite.

Maligne comme elle l'était, Hermione comprit immédiatement ses intentions et releva sa robe sur sa taille. Draco baissa sa culotte avant de se redresser pour se tenir au-dessus d'elle et de réclamer sa bouche, se délectant de la façon dont sa langue cherchait la sienne. Par Merlin, cette fille savait embrasser. Hermione tira avec insistance sur le haut de son pantalon, le pressant à le retirer. Draco résista à l'envie de plaisanter sur son impatience parce que sa nervosité augmentait de nouveau.

Se tenant complètement nu devant elle, Draco prit un instant pour graver l'image devant lui dans sa mémoire. Les boucles d'Hermione étaient à peine retenues en arrière dans sa queue de cheval, les joues roses, sa poitrine nue haletante et le tissus soyeux de sa robe jaune replié au niveau de sa taille, alors qu'elle se tenait sur le bord d'une table inutilement opulente, l'observant d'un regard brûlant et attendant qu'il la saisisse. L'image d'une femme parfaite qui le voulait.

Théo avait certainement une Pensine, il pouvait cheminetter chez lui et la lui « emprunter ».

Je veux être avec toi, correctement, avait-elle dit plus tôt. Elle n'avait aucune idée de ce que ces mots avaient enflammé dans son âme. Draco leva une main pour bercer tendrement un côté de son visage et elle ferma les yeux à son contact.

- Est-ce que tu es sûre de toujours vouloir –

- Draco, interrompit Hermione rapidement en ouvrant les yeux. Je te veux à l'intérieur de moi maintenant.

Les réunions du Magenmagot avaient-elles lieux le lundi ? Il avait vraiment besoin que cette pétition sur le fait que personne d'autre dans la société n'ai plus le droit de s'adresser à lui par son prénom, soit dans leur ordre du jour. Ces deux syllabes appartenaient à Hermione à présent.

Draco captura sa bouche dans un baiser fiévreux tandis qu'elle orientait ses hanches légèrement vers le haut pour qu'il puisse facilement s'insérer en elle. Il gronda quand leurs corps furent réunis et se figea momentanément, appréciant le sentiment euphorique de ses parois humide qui enveloppaient complètement son sexe. Il commença à bouger lentement, conscient que que la surface dur en bois n'était probablement pas très confortable pour son dos, mais les bruits qui quittaient sa bouche démontraient qu'elle n'avait pas l'air de s'en soucier.

Hermione s'appuya sur ses coudes, permettant à Draco de s'enfoncer encore plus profondément en elle. Quelques mouvements frénétiques plus tard et elle perdait la bataille pour maintenir le haut de son corps droit et se coucha sur le dos. Avait-elle la moindre idée d'à quel point elle était magnifique ? Étendue sur son mobilier, la poitrine rebondissant quand il se plongeait en elle, encore et encore, et encore, jusqu'à ce que –

- Ohhh... mon Dieu... Oui Draco... Draco !

Draco planta ses doigts dans la peau douce de ses hanches en se lançant à la poursuite de sa propre libération. Il jouit dans un gémissement guttural avant de s'écrouler en avant et de reposer son front contre sa poitrine. Immédiatement, il senti ses doigts caresser ses cheveux alors que leurs respirations se calmaient, et Draco aurait pu rester ainsi pour toujours, encore en elle.

Je suis en accord. Je suis absolument, à cent pour cent, en accord.

- Malfoy ? Demanda-t-elle doucement.

- Mmh ?

- Intéressé par la fin de la visite ? Je crois que tu as mentionné une chambre ?

Il sourit en coin contre sa peau nue et ils sentirent et entendirent tous les deux son rire. A contre cœur, il se retira d'entre ses cuisses et lui tendit la main pour l'aider à se relever.