Les ruines de la confiance
Buck se sentait comme un naufragé, perdu dans un océan de trahison et de désespoir.
Chaque battement de son cœur semblait résonner dans tout son être, rappelant à quel point il était seul, abandonné dans cette maison qui avait été leur refuge, leur havre de paix.
Mais maintenant, c'était devenu un lieu de tourments et de mensonges, un endroit où il ne se sentait plus en sécurité, ni aimé.
Il courait presque vers chez Bobby et Athena, l'esprit tourmenté par les images de Marisol et Eddie, par la douleur de la trahison et de la tromperie.
Ses jambes le portaient instinctivement vers ce qu'il considérait comme un sanctuaire, un endroit où il espérait trouver un réconfort dans les bras de sa famille, loin de la douleur et de la confusion qui le dévoraient.
Lorsqu'il franchit la porte de leur maison, ils le regardèrent avec des yeux ronds, ne comprenant pas pourquoi il était déjà de retour après leur avoir laisser les enfants, moins d'une heure plus tôt mais ils devaient surtout être inquiet par son état.
Il devait avoir une tête à faire peur s'il était honnête avec lui-même.
Il garda le silence et il s'enroula sur le canapé, serrant Hope et Christopher dans ses bras comme s'ils étaient les seuls à pouvoir le protéger de l'orage qui grondait dans son esprit. Il pleurait, des larmes chaudes et salées coulant sur ses joues, emportant avec elles toute la douleur et la tristesse qui le submergeaient.
Personne ne savait ce qui se passait, mais Bobby était au téléphone avec Eddie, essayant de comprendre ce qui avait pu se passer pour que Buck soit dans un tel état.
– Bien sûr qu'il est là, lâcha Bobby. Mais qu'est-ce qui s'est passé à la fin ? Qu'est-ce que tu as fait ? Bien sûr que tu peux venir mais…
– Non, hurla-t-il en faisant sursauter tout le monde.
Il se leva, attrapa le téléphone et le porta à ses lèvres, tenant de refouler ses sanglots aussi loin que possible en lui, le temps de lui dire d'aller se faire foutre. Non, il ne pouvait pas, il y avait les enfants dans la pièce.
– Je ne veux pas te voir, je n'ai pas besoin d'un menteur, d'un manipulateur. Tu as détruit notre vie ensemble et je ne te le pardonnerais jamais.
Il raccrocha et posa le téléphone de Bobby sur le comptoir, avant de retrouver sa place sur le canapé. Les enfants vinrent se blottir contre lui en silence et Buck pleura de nouveau sans pouvoir s'en empêcher.
Quand Eddie franchit la porte, moins d'un quart d'heure plus tard, Buck se redressa brusquement, envoyant les enfants hors de la pièce d'un geste protecteur, alors que Bobby essayait de faire barrage mais Eddie était un tenace et Buck le savait.
– Laisse-moi passer Bobby, le prévint-il.
– Laisse-le passer, lâcha-t-il d'une voix rauque d'avoir trop pleuré.
Eddie vint vers lui mais Buck recula pour maintenir une distance entre eux. Il refusait qu'il le touche, de sentir son odeur à elle sur lui.
Buck ne pourrait jamais oublier ça.
– Buck…, souffla-t-il.
– Je veux divorcer, articula-t-il difficilement, les mots laissant un goût amer dans sa gorge.
– Non, trancha Eddie. On ne divorcera pas. Et je ne partirai pas d'ici, temps que tu n'auras pas écouter ce que j'ai à dire.
Buck croisa les bras sur sa poitrine, déterminé à ne pas laisser ce manipulateur s'en tirer à si bon compte.
– Peut-être, commença Bobby. Que tu devrais écouter ce qu'il a à dire.
– Je n'ai pas envie de l'entendre me dire qu'il est désolé de coucher avec sa salope d'ex depuis le tout début de notre relation, cracha-t-il alors que le regard choqué de Bobby passa sur Eddie.
Eddie resta calme, toujours concentrer sur lui et Buck, qui avait aimé avoir toute son attention, la détestait à présent, refusant obstinément de croiser son regard.
– Je veux te dire qu'il n'y a plus rien entre Marisol et moi depuis le jour de l'accident, répondit-il sur le même ton. Que je ne t'ai jamais trompé, ni avec elle ni avec personne d'autre, qu'elle m'a piégé pour pouvoir se venger et que je peux le prouver.
La colère bouillonnait en Buck, mais il était aussi curieux de savoir ce qu'Eddie avait à dire. Il devait admettre que Marisol le piégeant était plausible mais ça paraissait un peu trop élaboré, pour la garce manipulatrice et Buck espérait qu'Eddie avait des preuves solides.
– Je t'écoute, lâcha-t-il refusant toujours qu'il l'approche.
– Ok, commença Eddie en sortant son téléphone. Est-ce que tu te souviens, il y a deux mois, quand Carla est tombée malade et que nous avons dû trouver une garde d'enfant en urgence ?
– Je ne vois pas le rapport, le coupa-t-il.
– Tu n'avais absolument pas confiance en une autre personne s'occupant de nos enfants et nous avons fait installer des caméras.
– Je me souviens, acquiesça-t-il. Caméras qui sont déconnectés depuis le retour de Carla mais que tu n'as toujours pas désinstallées.
Buck savait que c'était mesquin de le lui rappeler mais Eddie avait promis de s'en occuper et ne l'avait pas fait. Et puis, bordel, Eddie avait vraiment foiré et Buck avait le droit d'être mesquin, c'était même la moindre des choses, depuis qu'Eddie avait foutu leur vie aux chiottes.
– Peut-on continuer cette discussion en privé ? demanda soudain Eddie.
– Hors de question, répondit Buck peu désireux de se retrouver seul avec ce traitre. Je n'ai rien à cacher à Bobby ou à Athena.
– Très bien, comme tu veux, alors disons qu'il est possible que j'ai oublié de les éteindre hier soir après notre petit câlin sur le canapé.
Buck sentit sa respiration se couper et sentit son visage chauffer.
Eddie avait-il vraiment oser les filmer en plein action sans même lui en faire part ? Buck n'était pas vraiment à l'aise avec l'idée qu'une telle vidéo puisse exister.
– Est-ce que tu nous as filmé en train de faire l'amour, sans même me prévenir, Eddie Diaz ? s'enquit-il la voix vibrante de colère.
– Oui, parce que je suis en train de terminer une compilation de nous, de vidéos de nous deux que je devais t'offrir ce soir.
Buck était incrédule.
Est-ce qu'il avait mal compris ? Est-ce qu'Eddie plaisantait parce que de son point de vue ça ressemblait à une mauvaise blague. Qui faisait ça franchement ?
– Tu es en train de me dire que tu nous filmes en secret pour m'offrir quoi ? Un porno de nous deux ?
– Bien sûr que non, c'est la seule vidéo que j'ai faite, je voulais juste que tu vois à quel point tu es beau quand on fait l'amour.
– Et tu ne pouvais pas te contenter d'installer un miroir ? gronda-t-il.
– J'admets que c'est une idée à approfondir, sourit-il alors que Bobby et Athena semblait vouloir se trouver partout ailleurs que dans leur propre salon à écouter cette conversation gênante.
Ce qui fit rougir Buck d'au moins une nuance de rouge supplémentaire.
– Mais le sujet principal ici est que la caméra était allumée cet après midi et que la vidéo est assez éloquente.
Eddie lui tendit son téléphone et Buck le récupéra incertain, avant d'accepter de regarder la vidéo.
Il vit alors Marisol mettre tout en place alors qu'Eddie n'était même pas dans la pièce, certainement déjà sous la douche, avant de disparaître dans leur chambre. Puis, il assista également à son retour et à la conversation entre Marisol et Eddie, et il comprit enfin que c'était elle qui avait tout manigancé pour les séparer.
Buck sentit un poids énorme se lever de ses épaules, une lueur d'espoir naître dans son cœur tourmenté. Il comprit alors que l'amour d'Eddie était vrai, que leur relation n'était pas basée sur des mensonges et des tromperies.
Il se nicha dans ses bras, en pleurant de soulagement alors qu'Eddie le berçait l'assurant encore et encore de tout l'amour qu'il éprouvait pour lui. Quand Buck se calma enfin, Eddie l'embrassa tendrement pour sceller leur réconciliation, décidé à reconstruire leur relation sur des bases solides, malgré la douleur qu'ils avaient dû surmonter.
– Je te promets qu'elle paiera pour ça, souffla-t-il en caressant ses cheveux. Mais tu ne dois plus jamais penser, ne serait-ce une seconde, que nous devons divorcer.
Buck eut un petit sourire triste.
Cette histoire lui avait vraiment mis un coup au cœur et il avait eu si mal quand il avait pensé que Eddie le trompait. Il ne savait pas s'il aurait eu la force en lui nécessaire de lui pardonner ou même de reconstruire sa vie.
– Je te le promets, murmura-t-il.
Eddie lui tendit son petit doigt et Buck le prit avec le sien.
Il se lova ensuite contre son mari qui le serra fort dans ses bras comme s'il ne voulait plus jamais le lâcher.
Athena vint ensuite vers eux avec un sourire aux lèvres.
– Si vous le souhaitez, je peux la faire arrêter pour violation de domicile.
Eddie l'interrogea du regard et Buck acquiesça.
– D'accord, affirma Eddie. Ça m'évitera peut-être de la tuer.
– Ne parles pas de meurtre potentiel sous mon toit, jeune homme.
– Ne t'inquiète pas Athena, tu n'auras pas de problème, je connais plus d'une façon efficace de faire disparaitre un corps.
– On va dire que je n'ai pas entendu ça, soupira-t-elle en quittant la pièce.
Savoir que Marisol allait être arrêtée pour ce qu'elle leur avait fait était un petit réconfort dans leur lutte pour retrouver la confiance perdue, mais c'était un pas dans la bonne direction, un signe d'espoir dans les ruines de leur amour brisé.
– Eddie ? souffla-t-il. Cette vidéo de nous… ?
– Je n'aurais pas dû la faire sans t'en parler, s'excusa-t-il. Je ne sais même pas pourquoi j'ai pensé que c'était une bonne idée. Je vais l'effacer, lui promit-il.
– Peut-être qu'on pourrait la regarder avant, murmura-t-il à son oreille.
– Peut-être qu'on pourrait, confirma Eddie. Je t'aime et je t'aimerais jusqu'à mon dernier souffle.
– Tu as intérêt parce que moi aussi je connais quelques moyens efficaces de faire disparaitre un corps.
Eddie se mit à rire avant de l'embrasser tendrement sur les lèvres. Buck retrouvait confiance en l'avenir, en la capacité d'Eddie à le rendre heureux. Il ferma les yeux savourant la chaleur de son mari et priant pour que leur amour dure toujours.
Et il savait que Eddie ferait en sorte que ça soit le cas.
