Prise de vitesse – Crise de Vitesse.
Sylvester tentait vainement de convaincre Walter O'Brien de son incapacité à le conduire à l'aéroport de Los Angeles – et de conduire tout court d'ailleurs. Le groupe de génies voyait ainsi encore leurs chances de faire atterir ses avions se réduire et le plus jeune d'entre eux n'était pas indifférent au sort des passagers de ces cent-quarante-sept avions.
Le petit garçon de neuf ans tendait à sa mère des clés de voiture, sûrement celles de Paige Dineen, serveuse dans le petit restaurant qu'ils avaient réquisitionné par les soins de la Sécurité Intérieure. La jeune femme regarda son fils, très surprise, comme si elle ne comprenait pas tout de suite ce que voulait le jeune garçon. Elle sembla ensuite lire les volontés de l'enfant dans ses yeux, sourit, et les empoigna avant de se tourner vers Walter.
« J'ai toujours rêvé de conduire sans feux rouges dans Los Angeles, lui dit-elle. »
(…)
Paige Dineen n'avait jamais conduit aussi vite de toute sa vie. Sa vue commençait à se brouiller alors qu'ils filaient vers l'aéroport. Ils avaient échappé de peu à une collision alors qu'un chauffer avait grillé l'un des nombreux feux passés au rouge par l'équipe de génies.
Cabe Gallo, l'agent de la Sécurité Intérieure, les suivait heureusement de près et avaient foncé dans la voiture alors que Paige faisait un violent écart. Depuis ils roulaient toujours aussi vite en se demandant s'ils arriveraient vivants jusqu'à l'aéroport. Walter était encore surpris des risques pris par son ancien ami – même si Paige ne comprenait pas encore très bien quelle relation unissait les deux hommes. L'informaticien guida Paige vers l'aéroport. Ils ralentissaient maintenant qu'ils avaient passé l'autoroute de L.A.
(…)
Walter O'Brien avait eu le temps d'échafauder un plan durant le trajet. Mais il avait maintenant du mal à convaincre les pilotes de la faisabilité de son plan. Ils avaient réussi à contacter un avion grâce à un portable cellulaire d'ancienne génération encore allumé.
L'idée était que l'avion vole en rase-motte à côté de l'aéroport, assez proche de la tour de contrôle pour que le génie capte le signal WIFI de l'avion où l'ordinateur de bord était toujours fonctionnel. Le pilote finit par amorcer sa détente, il était déjà assez proche de Los Angeles. Rapidement, un grand bruit se fit entendre et les fenêtres volèrent en éclat alors que l'immense masse d'un airbus plein de passagers terrifiés se déplaçait tout près d'eux. Beaucoup trop près d'eux. L'aile gauche de l'avion frôla la tour de contrôle.
Une fois que l'avion eut repris de l'altitude et que la frayeur était derrière eux, tous se tournèrent vers Walter. Le génie n'avait malheureusement pas de bonnes nouvelles à lui annoncer. Il expliqua que le signal n'était pas resté connecté assez longtemps pour le transfert : le différentiel de vitesse entre l'avion et eux était beaucoup trop grand.
Dans la tour de contrôle comme au diner, tous croyaient maintenant à la catastrophe. Walter jeta un coup d'œil derrière lui, vers la piste d'atterrissage. Il avait un nouveau plan. Trop de personnes étaient déjà mortes à Bagdad à cause de ses erreurs.
(…)
« Je vais avoir besoin de toi pour me dire comment faire démarrer une Ferrari »
Happy Quinn expliqua rapidement à Walter comment démarrer la voiture en question. Quand ils furent à l'intérieur du bolide, car Walter avait déjà accéléré à fond, Paige Dineen comprit de quoi il allait retourner : l'ordinateur portable de Walter O'Brien dans les mains, elle fit sauter le toit de la voiture. L'avion volait en rase-motte juste au-dessus de leurs têtes. Le copilote apparut sur le frein d'atterrissage avec la prise de l'ordinateur de bord dans ses mains. Paige se leva sur son siège et monta l'ordinateur au-dessus de sa tête.
Walter accélérait encore à côté d'elle. L'avion et la Ferrari approchaient déjà de la limite de la piste d'atterrissage, et l'avion allait bientôt devoir reprendre de l'altitude. Ils devaient donc encore prendre de la vitesse. Le génie cria à sa compagne de s'accrocher et fit chauffer le moteur de la Ferrari plus qu'il ne pouvait sûrement le supporter.
