Chapter 4:
NARUTO.
Qui suis-je ? Que suis-je ?
J'ai l'impression d'être vide. Une coquille sans vie, ni sentiments, ni envie, ni rien. Un corps qui continue de vivre pour se donner l'illusion d'être quelqu'un, d' « être » tout simplement. Mon corps peut pourrir demain voire maintenant, que deviendrai-je ? Je serai dévoré par des larves. Je retournerai sous terre. Les plantes vivront grâce à mes « restes ». Et qui sait, si Dieu le souhaite, je revivrai peut-être sous la forme d'une fleur. S'il juge mon existence nécessaire, un peu plus importante que ma vie humaine, il me réincarnerait en tant qu'arbre. Je suivrai chaque saison durant plusieurs années. J'affronterai les tempêtes, la sècheresse, le froid hivernale, les actions humaines.
Pour l'instant, je vis une simple existence humaine. Je rencontre des difficultés, des échecs, des étapes, de gens… Mais pourquoi je me sens aussi vide ? Je n'ai goût à rien, je ne souhaite rien, je ne sais pas…. Qu'est-ce que je veux ? Ne plus souffrir ? Vivre une vie simple et non trop difficile ? Connaître plus de moments de bonheur et me remplir de sentiments positifs ? Il faut savoir que ceci n'est pas à vouloir. Lorsque l'on désire une chose, ardemment, c'est pour mieux la perdre. Cela est vrai. Et pourtant je ne peux, par moment, me dire que j'aimerais changer certaines choses.
Qui ne voudrait pas améliorer quelques trucs dans sa vie pour mieux en profiter ? L'homme est égoïste, cruel, narcissique, violent… tant d'adjectifs négatifs définissent l'homme chaque jours. On révèle tous une part de nous sombre selon certaines circonstances. On affiche tous généralement tous nos beaux côtés afin de masquer notre part la plus sinistre.
J'essaie d'appartenir à ce monde, de suivre ces règles, de jouer le jeu des autres en agissant comme ils le souhaitent et/ou le font, pourtant je sens que je ne vais pas pouvoir en supporter plus. Je vais craquer, je le sens. Mon vrai « moi », cette part de moi qui ne souhaite que gueuler aux autres leurs 4 vérités, d'arracher leurs masques et de leur exposer leurs vrais visages, essaie chaque jour de sortir. Chaque jour, elle essaie de sortir de moi…. Ces crises qui me gagnent soudainement en sont la preuve. Je ne pourrai pas supporter d'avantage. Mon corps est las de ces situations. Il se vide, peu à peu, de tout. Ne reste que cette grande lassitude qu'est de se fondre dans cette masse humaine.
Demain je me lèverai, essayant de ne pas arriver en retard en cours, et je suivrai l'enseignement demandé. Je serai en compagnie de mes amis, à rire, leur remonter le moral, les aider, masquer mes peurs, mon trouble, mes angoisses. J'agirai comme l'ami sans soucis, heureux de vivre, insouciant de tout. J'afficherai ce côté idiot de moi, qu'ils aiment. Chacun verra ce « moi » et s'en contentera. Je me fondrai dans la masse et garderai mon « mauvais » côté enfermé en moi.
Je ne souhaite pas passer pour le petit-malheureux. Je ne veux pas que les gens cherchent à m'aider seulement parce qu'ils s'y sentent obliger. Chaque individu à ces problèmes, certains se font aider, d'autres cherchent à les régler eux même. Eh bien moi, je fais partit de ceux qui ne souhaite pas entraîner d'autre personne. Il est toujours préférable de s'occuper de soi soi-même.
Je ne cesse de fuir, je le sais. Je ne veux pas me faire encore rejeter, voir les gens me tourner le dos au fur et à mesure, alors je vis cette vie qui bouffe quand même une partie de moi. Est-ce désespéré de continuer à courir alors que l'on sait que le vent nous rattrapera ?
Je ne sais pas…. Je ne sais pas ce que je cherche. Ma raison de vivre, qu'est-elle ? Suis-je destiner à accomplir quelque chose ? Ou bien ne suis-je là sans but prédestiné ? Je n'en sais rien du tout. Ma tête me semble lourde et vide à la fois, une sensation bien étrange mais très désagréable. Le carrelage ne me procure aucune sensation en particulier. Est-ce froid ? Je n'en sais trop rien. Mes yeux fixent le plafond depuis le début mais je ne vois rien. Il n'y a rien, ni couleurs ni forme et aucun sentiment ne me vient.
Mon corps n'a pas bougé de place.
« Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.» Montaigne.
A peine ai-je soupiré en refermant mon cahier que la porte de ma chambre s'ouvre. Une personne plus que familière entre, après avoir refermé derrière elle, et fait quelques pas. Je ne me sens pas d'attaque à entamer la conversation. Mes yeux suivent la silhouette se déplacer à sa guise dans la chambre pour finir devant le bureau. Elle se saisit d'un livre de Baudelaire, Les Fleurs du mal (il m'arrive d'en lire quelques pages selon mon humeur) et en feuillete les pages. Etrangement je m'attends à quelques réflexions sur le fait que JE lise, mais rien ne vient. Ma tête toujours posée sur le lit, je détends un peu mieux mes jambes aux sols. Mon regard reste rivé sur Sasuke. Depuis son entrée dans mon antre, il n'a pas prononcé un mot.
Je me sens de plus en plus fatigué et sans m'en rendre compte, je m'endors.
Une musique se fait entendre, doucement, elle me parvient aux oreilles. Elle est douce. Je me réveille lentement, mes yeux ayant du mal à s'ouvrir. Dans la pièce il ne fait pas très clair, une légère lueur se reflète sur ma joue exposée près de ma fenêtre. Ce que je pense être une musique n'est qu'en fait qu'un doux murmure. Quelqu'un chantonne une chanson et il est difficile de reconnaître les paroles. Je tourne la tête vers la voix pour apercevoir Sasuke, allongé sur mon lit, les yeux fermés et un bras sous la tête. Le peu que peut refléter le lampadaire à l'extérieur, laisse voir la pâleur de sa peau, ses tempes, sa joue.
Je le fixe encore un bon moment. Il ne semble pas avoir remarqué que je suis éveillé, et me décide à me lever pour me couvrir.
A mon mouvement, Sasuke leve vers moi ses yeux noirs charbons. Un regard électrique et profond.
- J'ai dormis longtemps ? je demande.
- Pas plus de 2 heures. Il continue de me fixer tandis que je mets un sweat.
Tout en allant vers lui afin de pouvoir m'allonger aussi, je le questionne quant à sa présence ici. Il m'explique alors que nos mères ont passées l'après midi à cuisiner des patisseries et faute d'avoir pu préparer à manger à leurs familles respectives, ce soir nous commaderions des pizzas.
- Hum…. Je n'ai toujours pas envie de parler. De toute manière, ce n'est pas comme si Sasuke allait s'en plaindre, non ?
Je n'ai pas su combien de temps le silence a duré mais je l'ai apprécié. Nous sommes restés tous les deux allongés sans rien dire, ni faire.
Cela fait un mois maintenant que nous étions rentré et ma relation avec Sasuke ne s'est pas plus améliorée. Nous discutons de tout et n'importe quoi, nous nous chamaillions mais, pourtant nos moments ensemble n'ont rien à voir avec ceux que nous avions eus enfant. Je ne me sens plus aussi proche de lui que nous l'avions été.
Est-ce bizarre de penser ça? C'est vrai que j'ai changé, comparer à moi enfant. Je suis toujours jovial et enthousiaste mais une partie de moi s'est éteinte. Une flamme dans mon coeur qui ne cesse de s'éteindre à petit feu.
Quant à Sasuke, il a bien muri. Ses sourires sont plus modérés, il semble plus refermer, moins extraverti.
J'ai le tournis, mon ventre se tord.
Un violent frisson me prend dans le dos. Je me retourne pour me mettre en boule, face à Sasuke. Dans le mouvement, mon corps s'est rapproché du sien. Mes genoux touchent sa hanche, ma tête n'est qu'à quelques centimètres de son visage, presque reposé sur son épaule. Il a tourné sa tête vers moi mais je ne peux pas clairement distinguer son visage dans cette pénombre. Je sens son souffle sur mon visage. Son odeur, un mélange de son gel douche à la menthe et de son déodorant, me parvient et remplit mes poumons. J'en hume l'air sans me faire discret et referme les yeux. Je recommence encore et encore, respirant son odeur et je me sens de nouveau somnoler.
- Dis Sas'ke, tu aimes toujours le jus de tomates ? je souffle.
- …. Pourquoi ?
- He he he. Tu as vraiment changé Sasuke. A l'époque tu te serais excité juste en entendant parler de tomates.
- Usuratonkachi. C'était avant ça. Je sens le drap se froisser au-dessus ma tête. Et je sais qu'il me regarde. Mes yeux toujours fermés, je le devine à essayer de scruter mon visage dans cette obscurité. Une sensation étrange se niche soudainement en moi, une boule au ventre qui me fait ouvrir les yeux.
Face à moi, j'imagine plus que je ne vois le visage de mon ami. En relevant mon visage, son souffle balait mes paupières me faisant plisser des yeux. J'ai encore froid et mon corps ne souhaite que se blottir dans les bras de Sasuke pour se réchauffer. Pourtant je ne fais rien. Au lieu de cela, je dégage mes doigts de sous mon corps pour les dégourdir. Dans la manœuvre, je frôle son tee-shirt. C'est ce moment là que choisit Sasuke pour se retourner complètement face à moi, se mettant sur le côté.
Sérieusement ce mouvement me prend quelque peu par surprise. Pas que ce soit la première fois que nous nous retrouvons dans cette position mais ça fait belle lurette que je ne me suis pas retrouver dans un lit avec une autre personne que Menma.
- Tu n'as pas remarqué quelque chose d'étrange entre nous, Sas'ke ?
- Non. Quoi donc ?
- Eh ben… on n'est plus comme avant. Enfin notre relation n'a rien à voir avec ce qu'elle a été.
- Nous avons grandi Naruto, souffla-t-il. Un frisson me traverse la nuque jusqu'à mon dos. Je sais ça, que nous avons grandi. Je sens les larmes qui me montent aux yeux pour une raison inexpliquée.
- Je sais ça, idiot. Mais comment cela se fait-il que nous ne soyons pas arrivés à quelque chose de meilleur que ce que nous avons maintenant ? Enfin, tu vois quoi... Je pensais qu'on allait redevenir comme avant mais là j'ai l'impression que... que sa c'est ramolli.
- Je ne sais pas. Son visage se baisse un peu plus vers moi. Un réflexe ?
- Bah ce n'est pas comme si je me plaignais de toi. Mais c'est vrai que ça me manque un peu ton côté extraverti et mignon.
- Extraverti, moi ? Mais t'es complètement débile, en fait. Je n'ai JAMAIS été extraverti. Je souris, Sasuke est facile à embêter.
- Ah ouai ? Et c'est qui qui s'amusait à me courir derrière en criant des Na-chan ?
- Que…. Mais on avait 4 ans ! se justifie-t-il en plaquant sa main sur ma bouche.
- Haha ! Je ne peux que rire rien qu'en imaginant son visage actuellement. Il avait l'habitude de gonfler légèrement ses joues rougies quand il était embarrassé.
- Rappelle moi qui est-ce qui venait en pleure quand il voyait un chien de loin, hein ? réplique-t-il d'une voix menaçante.
- Grumfff groufffmm~… Sa main tient toujours mes lèvres, je n'arrive pas à articuler convenablement. Et il ne semble pas prêt à la lâcher alors pour le faire, je glisse mes mains sous son tee-shirt. Et à peine a-t-il senti mes doigts que la pression de sa main baisse un peu mais pas suffisamment.
Alors j'entame une séance de chatouille que je sais redoutable pour Sasuke. Celui-ci s'arcboute et presse plus fort sa main, éloignant par occasion mon visage de lui. Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que ces dernières années je n'ai pas fait du sport pour rien.
Ainsi Sasuke rit à gorge déployée, donnant des coups de pieds pour se libérer et force toujours sa main sur mon visage. Au fur et à mesure, il parvient à m'éloigner de lui, rendant les chatouilles moins efficaces. C'est pourquoi, d'un mouvement rapide, je m'assois à califourchon sur ses hanches. En réalisant ma posture, son souffle se coupe.
Je souris, fier de cet effet, et recommence les chatouilles. A présent, ses mains tentent de me repousser et sa voix résonne fortement dans la pièce. Pour la première fois depuis mon arrivé, Sasuke rit. Oui, un rire et non un de ces petits sourires énigmatique. Et je suis heureux d'en être l'auteur.
- Hahaha… i-diot…. Hahha… dégage de là ! haha…
- Hhehe alors mon petit Sasu-chan, on redevient mignon ?
- Hahaha… Je ne … suis pas mignon ! Soudain ses mains s'emparent des miennes et les écartent chacune d'un côté de nos corps. Suite à cela, mon corps s'allonge pratiquement sur lui. Nos nez se frôlent tant la proximité de notre corps se réduit à seulement quelques petits centimètres.
D'où je suis, je peux voir ses yeux surpris. Je le suis aussi. Nos souffles se mélangent. Je sais que si je dois dire quelque chose alors nos lèvres devront se toucher. Et ses doigts emprisonnent toujours mes poignets
L'instant semble durer une éternité… Et alors que j'allais amorcer un mouvement pour me séparer de lui, sa voix résonne dans un faible murmure.
- Na- … Il ne put en dire plus. Nos lèvres se sont touchées. Un léger effleurement mais assez pour nous procurer un frisson qui nous traverse tout le corps.
Je me dégage, assez violemment, de lui. Qu'est ce qui se passe ? Un désagréable frisson me prend dans tout le corps. Je panique.
Mon coeur tambourine violemment dans ma poitrine. Sasuke, lui s'est redressé sur ses coudes et me fixe tout en mordant sa lèvre inférieure. Aucun son ne sort de ma bouche, j'aurai pu rire, géné, pour alléger l'atmosphère mais je m'en sens incapable. Peut-on appeler ça un baiser? Vient-on à l'instant de s'embrasser?
Je ne peux m'empêcher de paniquer. Ce n'était pas absolument volontaire. Juste un accident.
Sans m'en rendre compte, totalement absorber dans mes pensées, Sasuke se lève et me contourne.
- Je… je vais rejoindre les autres en bas, me dit Sasuke. Sa voix m'a fait soudainement sursauter.
Il me fait dos et s'avance vers la porte après avoir réajuster ses vêtements. Un étrange malaise me vient.
- … ok, je murmure.
Il semble hésiter. Et je ne sais pas pourquoi mais j'espérais qu'il fasse ou dise quelque chose. Mais quoi ?
Juste avant de disparaître dans le couloir alors qu'il a avancé de 3 pas, Sasuke se retourne et me fait un mince sourire suivit d'un :
- Grouille ta fesse, Usuratonkachi.
Le silence s'installe dans ma chambre et je sens clairement mon cœur battre sereinement. Je prends une derrière inspiration puis quitte à mon tour cette pièce.
