Trans Rights are Human Rights
Contraintes :
Période : (abandonnée, car le personnage ne pouvait s'appliquer qu'à la période Next Gen)
Style d'écriture : À la 2ème personne
Objet-Magie : Polynectar
Lieu : Dans un restaurant ou un bar
Personnage : Albus Severus Potter
Phrase Imposée : "Je suis ce que je suis, et je n'en ai pas honte. "Ne jamais avoir honte", voilà ce qu'il disait, mon vieux père. Il y en a toujours qui te reprocheront quelque chose, mais ils ne valent pas la peine qu'on y fasse attention."
Ajout diabolique : Terminer par un point d'interrogation
Nombre de mots max : 800 / Nombre de mots écrits : 658
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Tu passes tes doigts sur la tige froide, la tourne sans bruit et la fait grimper le long de tes phalanges en une caresse légère. Cette simple cuillère devient un artefact merveilleux entre tes mains. Elle semble belle et aérienne, douce et élégante. Ses éclats d'argent scintillent dans la lumière du jour pendant que tu lui fais traverser les airs, telle une plume guidée par un ange vers le lac d'encre bouillante cerné de montagnes blanches.
Tes moindres frémissements dégagent toute une histoire. Une ode à la grâce. Ta noblesse transparaît jusque dans ce petit doigt courbé, à peine un peu plus haut que les autres. Tu n'y fais même plus attention. Tu as été élevé pour être le digne héritier de ta famille. Et pour toi, ça passait aussi par la façon dont tu devais prendre un couvert pour mélanger ton café.
Tout en retenue, avec lenteur. Ne pas tinter le métal contre la porcelaine, ne pas déplacer trop d'air autour de toi, ne pas brusquer le liquide chaud afin de donner le temps au sucre de bien s'imprégner. Ces attentions inutiles et pourtant si caractéristiques. C'était toi. Juste toi.
Tourner la page d'un livre est tout un art avec toi. Tu ne lèches pas ton index, jamais. Ce serait sacrilège. Tu préfères frôler la tranche de la pulpe de ton pouce sans jamais la toucher, un contact si faible qu'il te permet de sentir la minuscule épaisseur du parchemin à séparer des autres. Et lorsque tu le trouves, tout n'est plus que danses et mélodies. Le papier s'envole en chantant son bonheur, d'un bruissement semblable aux robes de taffetas les soirs de bal. Ta main n'est que tendresse à son égard, et tu le laisses retomber sans jamais le toucher, posant ensuite ta paume sur sa surface pour le féliciter de son ballet.
Tes gestes sont d'une perfection surnaturelle, chargés d'élégance. Tous envient la manière dont tu te déplaces, ton économie de mouvements, ton port altier, ta figure noble, tes expressions subtiles… Et tous te le reprochent. Tu n'es pas comme eux. Ils pensent que tu te crois au-dessus d'eux, mais tu sais que tu es juste différent. Ni en haut, ni en bas. Juste, à côté. À part. Tu n'es pas le seul. Tu en as conscience. Tu en as fait ton étendard et ton champ de bataille.
Tu n'es pas que finesse et désinvolture. Tu es aussi cet ouragan prêt à tout détruire sur son passage. Une force de la nature qui remue le ciel et la terre pour rendre leur place à ceux qui n'en ont plus. Pour chasser les Ténèbres et apporter la Lumière. Pour briser ce qui est et organiser ce qui sera. Ils t'ont sous-estimé. Ils en ont payé le prix. Tu leur as montré que tu avais le droit d'exister. Comme eux. Comme les autres. Comme tout le monde. Maintenant, ils sont obligés de te regarder droit dans les yeux et de te craindre.
Tu es ce que tu es. Tu n'en es pas honteux et ne le seras jamais. Ton père lui-même te le répète à chaque occasion. "Ne jamais avoir honte". Ils trouvent toujours quelque chose à reprocher. Ta féminité. Ton étrangeté. La féérie de ta gestuelle. Et même s'ils n'en valent pas la peine, tu y fais attention. Tu retiens toutes leurs œillades ou leurs sarcasmes. Et tu les leur renvoie. Avec la puissance d'un cyclone.
« Tu peux arrêter de me regarder comme ça, Albus ? Tu me déconcentres. »
Tu lèves les yeux de cet ouvrage si complexe sur le droit civiques des sorciers, et la cacophonie du restaurant disparaît. Tes iris sont ceux de ton père, mais tout ton être respire cette étrangeté magnétique qui n'appartient qu'à toi. Tu es agacé, et cela te rend encore plus incroyable. Ta détermination à imposer ton existence les fera tous flancher.
« On dirait que tu prépares du Polynectar à touiller sans boire. Un autre sucre ? »
