Maître des âmes
Chapitre 11 :
Les trois options
Une nouvelle fois, l'été passa très vite pour Alexander et rapidement, la rentrée au lycée fut là. Cette année, il l'abordait très sereinement et il n'allait au lycée que pour l'image. Il avait déjà assimilé le programme et il était plus concentré sur la situation britannique, sa propre situation, que sur cela. Pour lui, le lycée servait plus à ses lectures magiques qu'autre chose. Seulement, le calme du début d'année ne perdura pas. Rien n'avait vraiment changé dans la situation avec Bella et Edward ne s'était toujours pas décidé à lui dire les choses et à faire ce qu'il fallait. Mais tout fini par exploser comme Alexander le redoutait. À la mi-septembre, on fêta l'anniversaire de Bella et Alexander avait tenté de faire un effort, lui offrant un beau cadeau et lui préparant un très bon repas pour l'occasion. Sa relation avec elle n'avait pas vraiment changé mais il y avait beaucoup réfléchi.
Au fond, Isabella n'était qu'une ados ordinaire avec le caractère d'une ados. Il avait compris que d'une manière ou d'une autre, elle était jalouse de lui, le sentant de ses sens. Elle était jalouse, comme lui pouvait l'être parfois même s'il se maîtrisait et ne le montrait pas. Il enviait le père formidable qu'elle avait, sa vie normale, son amitié avec Jacob et il avait peur de perdre ceux qu'il aimait à son profit. Il avait fini par se dire que peut-être Bella ressentait la même chose. Après tout, il avait débarqué chez son père qui le revendiquait comme son fils. Elle était fille unique et elle n'avait jamais eu à partager ses parents. Cela était déjà bien assez pour provoquer rejet et hostilité chez la majorité des ados de cet âge. Elle était jalouse de ce qu'il avait matériellement. Elle lui enviait sa relation avec les Cullen alors qu'elle aurait aimé pouvoir être plus proche de la famille de son petit ami. Et elle avait peut-être eu l'impression de perdre un peu Jacob, son ami d'enfance. Il était très bien intégré à Forks, à la Réserve. Alors peut-être qu'elle le voyait comme une menace, comme un rival. Lui même l'avait fait à son arrivée et plusieurs fois depuis.
Après avoir réalisé cela, et même s'il n'en n'était pas certain, il avait décidé de faire des efforts, ne serait-ce que pour apaiser Charlie. Si c'était cela, il pouvait comprendre son sentiment même s'il n'acceptait pas son comportement à son égard. Lui réagissait très différemment à ces même sentiments mais ils étaient clairement très différents, avec un vécu très différent. Isabella réagissait comme la plus part des jeunes le feraient à sa place. Il s'était donc décidé à essayer plus fort de bien s'entendre avec elle, quitte à tolérer certaines choses ou à se retenir de répondre. Il devait bien ça à Charlie qui lui rêvait de les voir agir comme frère et sœur. Alors il s'était donné du mal à son anniversaire et Bella avait semblé très surprise qu'il le fasse. Pour la première fois, ils avaient passé un bon moment à trois et Charlie avait été aux anges.
Puis Bella avait passé la soirée chez les Cullen et tout avait dérapé. Elle s'était entaillée un doigt, le contrôle fragile de Jasper avait été brisé net et il avait attaqué. Edward l'avait arrêté mais Bella avait été blessée. La famille tout entière l'avait très mal vécu. Jasper s'en était voulu terriblement. Rosalie avait été furieuse, estimant Edward responsable comme Bella, en rage qu'ils imposent ce genre de choses à son frère. Edward, déjà terrifié de mettre Bella en danger avait véritablement réalisé la réalité de la situation. Quand au reste de la famille, déjà bien consciente du risque, elle n'avait été que plus tendue et angoissée par la situation. Carlisle avait soigné la jeune fille qui n'avait rien dit à Charlie, rentrant très tard. Si Alexander l'avait su, c'était parce que Rosalie lui avait parlé, ayant besoin de discuter avec quelqu'un qui ne lui dirait pas encore et toujours que tout irait bien et qu'elle devait faire un effort pour son frère. Alexander était cette personne.
Le lendemain, Edward s'était tenu à distance de Bella pour la première fois depuis longtemps et deux jours plus tard, la famille annonçait à Alexander qu'elle partait pour arrêter ça. Le jeune homme l'avait pris comme un coup de poignard en plein cœur. La famille lui était très précieuse. Carlisle lui avait sauvé la vie et avait été un ami exceptionnel, presque un protecteur attentif. Emmet et Jasper étaient quasiment des frères pour lui, Esmée la première référence maternelle qu'il avait réellement. Alice était la petite sœur espiègle et Rosalie la copine avec qui pester sur les autres. Il les adorait. Les voir partir était une horrible souffrance pour lui même s'il comprenait leur décision. Cela était d'autant plus une souffrance qu'il savait qu'il ne les reverrait pas avant longtemps. La famille ne savait pas encore où elle irait et si elle quittait le pays, il pouvait renoncer à aller les voir par transport magique au risque de se faire repérer.
Leur dire au revoir, en forçant un sourire, fut une épreuve atroce pour lui. Edward n'était pas là, partit le dire à Bella et la journée touchait déjà à sa fin. Alexander se consola un peu avec la promesse de rester en contact avec le téléphone et internet. Il les prit dans ses bras un à un, longuement et quand Jasper hésita, craignant de lui faire du mal, il le tira lui même dans ses bras, lui montrant qu'il n'avait pas peur de lui. L'empathe lui rendit l'étreinte avec une émotion palpable, toute la famille visiblement touchée. Carlisle passa un long moment à lui faire toute sorte de recommandations pour surveiller sa santé, insistant pour qu'il se repose quand ça n'allait pas, pour qu'il consulte un médecin à la moindre alerte. Comme cela avait été prévu, il faisait des contrôles réguliers et faisait venir les médicomage au domaine de Rael pour ses visites. Carlisle le savait mais ça ne l'avait jamais empêché de le surveiller lui même aussi. Esmée lui fit un long câlin et Emmet peina à le lâcher aussi, regrettant déjà. Ce fut tard qu'ils se séparèrent mais ils le firent finalement, Alexander ne laissant ses larmes couler qu'une fois seul dans sa voiture.
Il était allé rouler un peu pour se changer les idée, rageant contre Edward et sa bêtise qui le privait de quelques uns de ses premiers vrais amis. C'était un message de Charlie, alors qu'il faisait nuit qui l'alerta. Il lui demandait s'il savait où était Bella et lorsqu'il l'appela, présentant le problème, le shérif lui expliqua qu'elle avait disparu. Compte tenu du fait que Edward venait de rompre et de lui dire qu'il partait, cela n'était vraiment pas bon signe. Ses pré-sentiments magiques revenant au galop, il décida immédiatement de la chercher. Il savait que la jeune femme aimait vraiment Edward et il imaginait quelle douleur elle devait ressentir. Il avait beau ne pas avoir la meilleure relation du monde avec elle, il ne l'ignorerait pas dans un tel moment. Ce n'était vraiment pas son genre.
Il sortit donc sa baguette pour la chercher rapidement, sentant que c'était urgent. Sa magie le mena loin en forêt et lorsqu'il ne put continuer en voiture, il se gara et alla à pied. La nuit était alors déjà bien avancée et il savait qu'on avait lancé des recherches pour trouver la jeune fille. Grâce à sa magie, Alexander la trouva très vite. Elle était effondrée au sol en pleine forêt, presque comateuse et il sentit nettement la souffrance implacable qui l'avait prise. Il grimaça à sa pâleur et aux trace de larmes sur ses joues. Il se baissa près d'elle, insultant encore plus Edward en pensée. Comment avait-il pu la laisser là en pleine forêt à la merci des animaux ou d'il ne savait quoi ? Si Bella n'avait pas bougé, on aurait pu mettre des jours à la trouver. Le télépathe était décidément complètement inconscient. Lui même infiniment triste cette nuit, il sentit une grande sympathie pour elle s'allumer. Il s'accroupit près d'elle, l'appelant et il serra les dents lorsqu'il n'eut aucune réaction.
D'un discret geste de la main, il se lança un sort pour avoir la force de la porter sans difficulté. Délicatement, il la chargea sur son dos, lui parlant doucement pour lui dire qu'il la ramenait à la maison et que tout irait bien même s'il savait que c'était faux. Il regagna sa voiture et l'installa à l'intérieur avec précaution, l'attachant. Cela fait, il prit son portable pour prévenir Charlie qu'il l'avait trouvé et qu'il était en route pour rentrer à la maison avec elle. Il se mit ensuite au volant, mettant le chauffage dans la voiture pour réchauffer la demoiselle frigorifiée. Il fallut un moment pour rentrer alors qu'il s'était vraiment enfoncé en forêt mais il fut finalement à destination. Charlie était là, tournant en rond devant la maison et il bondit lorsqu'il les vit arriver. Il ouvrit la portière pour récupérer sa fille et Alexander le devança pour ouvrir la porte d'entrée. Il suivit Charlie lorsqu'il porta Bella dans sa chambre pour la mettre au lit au chaud, lui retirant veste et pull humide. Il tenta de lui parler mais il n'eut aucune réaction. Il embrassa son front et la couvrit, lui disant doucement de se reposer un peu.
Il sortit ensuite avec Alexander et ils descendirent, sombres. Arrivé en bas, Charlie le prit dans ses bras à son tour, le remerciant d'avoir retrouvé Isabella et de l'avoir ramené à la maison. Il lui répondit que ce n'était rien, que c'était normal et s'il serait toujours là au besoin. Ils allèrent s'installer au salon et Alexander expliqua au shérif que les Cullen avaient décidé de quitté Forks et que Edward avait quitté Bella pour ne plus revenir. Autant dire que Charlie fut furieux autant pour le mal fait à sa fille que pour sa mise en danger en la laissant ainsi en forêt.
Les jours suivant furent atrocement sombres. Charlie était furax et inquiet. Bella était tel une âme en peine, silencieuse et apathique, agissant comme un automate pour le strict nécessaire, restant enfermée dans sa chambre le reste du temps. Quand à Alexander, il était triste, infiniment triste d'avoir perdu ses amis. Soudain, il n'eut plus aucun accrochage avec Isabella mais la raison n'était certainement pas pour lui plaire. La jeune fille était dans une souffrance profonde et indéniable, dans un désespoir tel que Alexander était désormais certain qu'Edward était son âme sœur. Il le ressentait, il le devinait. Et il savait donc que cette situation n'était pas prête de se résoudre. Être âme sœur n'empêchait pas de se faire du mal l'un à l'autre. Malheureusement, il savait que même sans avoir conscience du lien, il était là et il agissait. En conséquence, il savait que Bella pourrait mettre des années voir sa vie entière à ne serait-ce que s'apaiser un peu. On ne se remettait jamais de perdre son âme sœur une fois le lien éveillé. On pouvait vivre une vie entière près de son âme sœur sans qu'il ne se passe rien mais si la relation commençait, si les sentiments naissaient et grandissaient, il n'y avait plus de retour en arrière.
Après un mois de cette situation. Alexander avait commencé à réellement tenter d'aider la jeune femme. Il l'avait d'abord laissé tranquille, il avait laissé faire Charlie mais il voulait l'aider aussi. Il ne pouvait simplement pas rester sans rien faire face à ce genre de chose. Personne ne méritait ça. Aussi, il mit de côté le risque que Bella n'apprécie pas l'aide de quelqu'un avec qui elle n'avait pas vraiment une bonne relation et il se mit en action. Il se mit à veiller, autant qu'il pouvait. Il s'assurait que Bella mange le matin, le midi et le soir quitte à lui amener un plateau dans sa chambre et à insister jusqu'à ce qu'elle mange au moins un peu. Il l'obligea ensuite à venir avec lui en voiture pour aller au lycée, ne voulant pas la laisser conduire dans cet état. Et pour dire la vérité, il craignait aussi qu'elle fasse une bêtise. Cette année, ils avaient presque tout leurs cours en communs aussi, il la traînait avec lui toute la journée à l'école, veillant. Il s'asseyait avec elle à la cafétéria, et la ramenait à la maison le soir.
Il ne la forçait jamais à parler, ne lui faisait aucun reproche et se faisait d'une patience infinie mais il ne laissait jamais tomber. Au début, il essuya de violents refus, des rejets et des insultes mais il ne se démonta pas, se s'énerva pas et ne lâchait pas l'affaire. Après un moment, Bella avait cessé de protester, épuisée et elle l'avait suivi gentiment. Charlie qui travaillait toujours autant, était infiniment touché et reconnaissant de le voir faire, très inquiet pour sa fille. Alexander s'efforçait de faire le maximum pour veiller sur elle mais il savait aussi qu'il ne pouvait pas faire beaucoup pour traiter le réel problème.
En novembre, il avait été heureux d'apprendre par Emmet que le clan s'était installé au nord de New York à l'autre bout du pays. Il ne lui fallut pas longtemps pour aller leur rendre visite, programmant un portoloin. Seul Carlisle connaissait cette magie, les autres furent franchement impressionnés de le voir apparaître comme ça chez eux. Sachant ce que cela lui faisait, Carlisle avait bondi sur le champs pour le soutenir, le prendre dans ses bras et aller l'installer dans un fauteuil. On avait donc commencé par expliquer aux autres ce qu'était cette magie et pourquoi il était allergique. Tous furent touchés qu'il n'hésite pas à s'infliger ça pour venir les voir et les retrouvailles furent heureuses. Seul Edward manquait à l'appel et il apprit qu'il avait décidé de voyager seul sans trop leur dire où il allait. Bien sûr, la question de Bella se posa et s'il n'en dit pas beaucoup, respectant comme toujours la vie privée des autres, il leur avoua qu'elle vivait très mal la séparation et qu'elle en souffrait beaucoup.
Le clan installé et toujours dans le pays, Alexander assura qu'il leur rendrait visite régulièrement même si Carlisle refusa qu'il vienne trop souvent, craignant pour sa santé avec les malaises violents infligé par le transport magique. Toute la famille fut d'ailleurs de cet avis, déjà ravie de pouvoir continuer à le voir. Cela resta pourtant son secret et Isabella quant à elle n'eut aucune nouvelle du clan. Le but était simple : rompre le contact pour permettre aux sorciers d'agir et de mettre fin à ça. C'était la décision qui avait été prise. Alexander leur expliqua qu'il faudrait quelques mois d'éloignement pour pouvoir agir dans les règles mais que si Edward restait loin, cela serait possible. Pourtant, Alexander n'était pas sûr que cela soit la meilleure solution.
Premièrement, il détestait qu'on puisse décider de la vie de quelqu'un à sa place, ce que Edward avait clairement fait pour Bella en la mettant devant le fait accompli pour bien des choses. Il l'avait fait entrer dans son monde sans rien lui dire, prétextant la protéger, et il décidait pour elle entre l'oublie ou la transformation. Ce n'était pas une chose que le sorcier appréciait, ayant bien trop souffert à cause de ceux se croyant en droit de décider pour lui. Ensuite, avec un lien d'âme sœur probablement en jeu, il savait qu'aucune magie ne pourrait faire oublier sa douleur à Bella. Elle oublierait les vampires mais pas Edward, pas leur relation. La réalité serait juste un peu transformée pour retirer le facteur vampire. La jeune femme continuerait donc à souffrir et elle comprendrait encore moins pourquoi Edward était parti. Cela risquait même de la faire souffrir davantage encore.
S'il s'appliqua à veiller sur Bella, Alexander poursuivit sa vie comme à son habitude. Il travaillait même encore plus sur tout l'aspect magique, les choses évoluant rapidement en Europe. Les aurors l'avaient informé que bien plus de monde le cherchait, persuadés qu'il était le seul à pouvoir vaincre Voldemort. Bien du monde était à ses trousses maintenant. Loin de se calmer, sa recherche s'accentuait chaque semaine. Il recevait donc bien plus régulièrement les aurors ou d'autres personnages d'importances au domaine de Rael, tenant à l'œil la situation avec eux. Sachant désormais qu'il avait un problème avec les transports, on venait majoritairement chez lui plutôt que de le faire venir et il en était reconnaissant quand les visites se multiplièrent au point qu'il eut parfois besoin de son retourneur de temps pour tout faire. La capitaine des aurors Zefler, son amie, venait elle même pour lui faire part des choses et avoir son avis sur certaines questions.
En décembre, pendant les vacances de Noël, Poudlard tomba aux mains de Voldemort et ce fut un séisme dans le monde magique européen, provoquant une certaine panique. Avec cela, le Seigneur des Ténèbres contrôlait pratiquement le pays et d'ici quelques mois, il aurait les pleins pouvoirs le temps de tout prendre en main comme il le voulait, de mettre tout le monde au pas. D'après les aurors, Dumbledore et son Ordre étaient en exil et tentaient d'agir depuis l'étranger, de recruter du monde, d'obtenir l'aide d'autres gouvernements, de la Confédération… Et l'un de leur but était de le retrouver, convaincus par la Prophétie et tout ce qu'il s'était passé qu'il était le seul à pouvoir vaincre Voldemort. Alexander s'était donc fait plus attentif encore, préparant l'avenir et ce qu'il risquait d'arriver avec ses alliés américains.
Le 14 janvier, ils fêtèrent les 16 ans de Jacob dans une belle fête à la Réserve. Il avait fallu attendre le lendemain pour que Jacob découvre le cadeau fait par Alexander. Il l'avait trouvé lorsqu'ils avaient rejoint ensemble son garage pour passer une matinée tranquille. Là, il avait trouvé plusieurs équipements et outils qu'il voulait mais qu'il ne pouvait pas s'offrir. Alexander s'en était donc chargé et voir Jacob tout excité avec un immense sourire, très heureux, avait été la belle chose pour lui. Après coup, Jacob s'était montré très gêné, sachant ce que coûtait ce cadeaux mais Alexander ne l'avait pas laissé discuter.
Dans le même temps, Bella avait commencé à sortir à nouveau un peu même si c'était surtout pour rassurer Charlie tentant de la secouer régulièrement. Quelques jours après l'anniversaire de Jacob, Bella lui amenait deux motos à remettre en état, lui demandant de le faire avec elle. Le jeune homme en fut absolument ravi alors que le départ d'Edward lui donnait de l'espoir pour Bella. De nouveau, ils se mirent à passer beaucoup de temps ensemble et Alexander dû se résoudre à ne plus voir Jacob autant qu'il l'aimerait, la chose l'attristant considérablement. Il était toujours surpris de voir à quel point il était attaché à lui, à quel point il pouvait avoir envie de le voir, de le voir heureux, de passer plus de temps avec lui. Il devait faire de plus en plus d'efforts pour raisonner la jalousie qu'il ressentait à le voir passer du temps avec Bella, à le voir tenter de la courtiser. Cela lui faisait tellement mal, de manière inexplicable pour lui. Était-ce parce que Jacob était son premier véritable ami ? Parce qu'il était si gentil et doux, protecteur et attentionné ? Parce qu'il savait qu'il n'avait probablement aucune chance avec Bella maintenant qu'elle avait eu Edward et qu'il ne voulait pas qu'il souffre ? Il ne savait pas mais une chose était certaine : il avait beaucoup de mal à partager Jacob avec qui que ce soit.
Avec cela, Bella se mit à passer plus de temps à la Réserve même si elle restait majoritairement dans le garage de Jacob ou à se promener avec lui. Les Cullen absents et Jacob occupé avec la jeune femme, Alexander se mit à passer plus de temps avec Sam et la meute qui l'accueillait toujours joyeusement. Il ne rechignait jamais à tenter de répondre au mieux à leur questions sur leur nature, leur pouvoir, comment contrôler… Il faisait de son mieux pour les aider et ils lui en étaient très reconnaissant. Assez rapidement, chacun d'entre eux avait pris l'habitude de venir le voir quand ils avaient une angoisse ou un problème. Le Conseil, s'il avait été un peu appréhensif au début, était maintenant ravi qu'il soit là pour aider la meute, le connaissant désormais très bien et ayant confiance en lui. Si l'opinion sur les vampires restaient la même du côté de chacun, ils avaient pris le partie de ne pas se battre là dessus. Alexander ne cherchait pas à les faire changer et ils ne cherchaient pas à le convaincre non plus.
Jacob n'arrivait pas à comprendre comment il pouvait être ami avec le « gang de Sam » comme il disait. C'était un sujet de tension entre eux et cela le fut d'autant plus lorsque ce fut au tour d'Embry de muter. Cette fois, Alexander resta à l'écart. Sam, Jared et Paul gérèrent à merveille, l'accueillant dans la meute et ce ne fut qu'après coup qu'il fut lui même réellement présenté à Embry comme sorcier et ami de la meute lors du conseil avec les Anciens. Bien sûr, comme les autres loups, Embry s'éloigna de ses amis, de Jacob et Quil pour rejoindre la meute et cela ne fit que tendre Jacob plus encore à l'égard de Sam.
C'était avec inquiétude que Alexander avait regardé Bella décliner un peu plus. Elle bougeait à nouveau, faisait mine de sortir, de revoir ses amis pour rassurer Charlie mais elle n'allait pas mieux, très loin de là. Elle avait même commencé à se mettre en danger, ses cauchemars dont-il la réveillait souvent très intenses. Il ne pouvait que compatir, connaissant ça. Ils ne discutaient jamais vraiment tout les deux mais le sorcier était toujours là pour veiller sur elle sans faire de remarque. Bella lui rendait de quelques minces sourires lorsqu'elle en avait l'énergie. Il aurait voulu pouvoir lui parler mais il ne savait pas trop quoi lui dire. Il n'avait jamais connu de peine de cœur et certainement pas une peine de cœur de cette sorte. Bella ignorait qu'il savait pour les vampires et il ne pouvait donc pas parlé de ça avec elle. Le silence était donc souvent la seule chose vraiment valable qu'il pouvait lui offrir avec un sourire réconfortant et du soutient. Seulement, il s'inquiétait vraiment pour elle. Elle commençait vraiment à faire des bêtises avec ces motos et ses frasques.
Il avait donc commencé à réfléchir à une solution. Bientôt, il pourrait intervenir pour protéger le secret magique et il en avait bien l'intention. De toute manière, si ce n'était pas lui, ce serait les agents du MACUSA. Il doutait pourtant que ce soit une solution pour Bella et ce n'était pas juste pour elle à ses yeux. Mais si on ne lui effaçait pas la mémoire, il n'y avait qu'une seule autre solution. Il ignorait si c'était vraiment légal pour lui aussi, il consulta d'abord les aurors pour en avoir l'assurance et son idée était tellement insolite qu'ils eurent eux même besoin de faire des vérifications pour voir si c'était légal ou non. Il s'avéra que cela l'était et Alexander s'était donc décidé à opter pour ça. Il s'était procuré ce qu'il fallait et c'était pour cela que ce jour là, à la mi février, il se mit en action.
- Bella ? appela-t-il en toquant à la porte de sa chambre. Je peux entrer ?
Assise sur son lit, elle approuva simplement. Elle ne faisait rien de spécial, perdue dans ses pensées comme souvent. Charlie était au travail et ils étaient seuls. Malgré ça, il referma la porte derrière lui et vint s'asseoir face à elle sur le lit.
- Il y a une chose dont j'aimerai te parler, commença-t-il doucement. Il y a une chose que tu ne sais pas sur moi, au milieu de l'océan de choses que tu ne sais pas, dit-il légèrement en lui tirant l'ombre d'un sourire. Une chose que les Cullen savent aussi et qu'ils ne t'ont pas dîtes, continua-t-il en attirant son attention. Je sais pour les vampires.
Elle fut visiblement stupéfaite un instant, le regardant comme s'il rigolait.
- Je sais pour les vampires et je les connais même très bien. Je savais pour eux bien avant que tu n'arrives à Forks.
- Comment ?
- Il se trouve que je savais déjà pour les vampires et donc, je les ai facilement identifié une fois ici.
- Je croyais que tu ne te souvenais de rien de ta vie d'avant ?
- C'était le cas mais j'ai fini par retrouver la mémoire, dit-il en la surprenant. Charlie le sait. Il l'a su à l'instant où je me suis souvenu. Je lui ai parlé de moi et de mon passé, il sait. Nous n'avons rien dit parce qu'à ce moment là, j'étais un peu le monstre de foire de Forks et qu'on commençait à peine à ne plus me regarder de travers alors je ne voulais pas y rajouter autre chose. Et ça ne changeait pas ma situation. Peu de monde le sait parce que je trouve que ma vie ici est très bien et que je l'aime comme ça. Savoir que je me souviens ne change rien pour la plus part des gens et ça ne les regarde pas de toute façon. Tout ça pour dire que j'ai eu une vie avant et que j'avais déjà connaissance des vampires. Les Cullen et moi ne t'avons rien dit parce que mon cas est un peu particulier.
Il y eut un moment de silence, la jeune fille ne sachant pas vraiment quoi répondre, intégrant l'information.
- Cela veut dire que je comprend l'aspect étrange, dangereux et compliqué de ta relation avec Edward. Je sais pour l'épisode de James et je sais pourquoi il t'a quitté. Il devait choisir entre te transformer ou te laisser et il a choisi de te laisser.
- Il ne voulait pas… me prendre mon âme, dit-elle doucement. Et il voulait me protéger.
- Curieuse façon de le faire si tu veux mon avis. Et te prendre ton âme ? Belle blague. Les vampires ne perdent pas leur âme et ils ne sont pas damnés comme Edward le pense. Cela, c'est ce que l'époque à laquelle il est né lui a fait croire. Edward n'accepte pas sa nature mais ça ne veut pas dire que les vampires sont des monstres. Bien au contraire. La nature les a ainsi fait. C'est uniquement parce que l'homme n'a pas l'habitude d'avoir de tels prédateurs qu'ils préfèrent les voir comme des monstres mais ce n'est pas le cas. Ils sont nés de la nature eux aussi et ils n'ont rien de contre nature. Les Cullen, et Edward en particulier, ont du mal avec ce qu'ils sont et ça peut se comprendre j'imagine, surtout quand on ne choisi pas de devenir vampire. Mais je peux t'assurer qu'ils ne sont pas damnés, qu'ils ont une âme.
- Comment tu le sais ?
- Je ne peux pas répondre à toutes tes questions en l'état. Certaines règles, certaines lois régissent ce monde là aussi et on ne peut pas les enfreindre sans conséquence.
- Les Volturi ? Edward m'en a un peu parlé.
- Oui. Je peux juste te dire que je connais très bien les vampires, peut-être mieux que les Cullen ne se connaissent. Tu devras te contenter de ça et de ma parole. Il y a des lois. Je doute que Edward t'ait tout dit mais j'estime que tu as le droit de savoir. Sache que si les Volturi apprennent que les Cullen t'ont révélé leur secret, ils ne vont pas bien réagir. La loi l'interdit et ils sont intransigeant sur leur loi. Edward n'aurait pas dû te le révéler ou le confirmer si tu t'en doutais. En faisant ça, il a mis en danger toute sa famille.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-elle alarmée.
- Si les Volturi l'apprennent, aujourd'hui ou dans cent ans, il risque fort d'y avoir une sanction. Qu'est-ce que cela sera ? Impossible à dire. Ce sera en fonction de leur humeur et de ce que les Cullen pourraient leur apporter en échange de l'indulgence. Mais il est fort probable qu'au moins un membre de la famille soit tué en sanction, peut-être pire, dit-il en l'horrifiant. C'est la loi et elle est incontournable. La société vampirique est dure et intransigeante, pour de bonnes raisons. Ce que tu en as vu pour l'instant n'était qu'un jeu pour enfant.
- Et qu'est-ce qu'on peut faire pour ça ? questionna-t-elle avec crainte.
- On ne peut rien faire. Edward savait quelles étaient les règles quand il a commencé avec toi. Ce n'était pas qu'une histoire de mettre sa famille mal à l'aise ou de risquer que quelques humains apprennent la vérité. C'est plus compliqué. Tu dois savoir aussi que normalement, il n'y a que deux options pour un humain qui apprend l'existence des vampires : la mort ou la transformation. Là encore, c'est la loi et il n'y a pas d'exception. Encore une fois, Edward le savait. Normalement, il aurait dû te transformer ou te tuer. Là aussi, si les Volturi l'apprennent, tu risques de te faire tuer.
Il marqua une pause, la laissant assimiler tout ça. Il était pourtant décidé à lui dire les choses vraiment. Elle avait le droit de savoir et elle devait savoir pour prendre une décision.
- Alors, Edward espère nous faire oublier en faisant ce qu'il a fait ? En partant.
- Certainement mais c'est un imbécile. Ce n'est pas si facile de se cacher des lois. Il est parti parce qu'il n'a pas su assumer les conséquences de ses actes et prendre une décision. Dit moi, est-ce que vous en avez parlé ? De la décision de te transformer ?
- Oui. Je… je voulais qu'il le fasse.
- Pourquoi ? Par attrait des vampires ? De leur beauté ? De leur immortalité ?
- Parce que je l'aime et que je voulais rester avec lui, pouvoir vivre comme lui et accessoirement ne pas vieillir, s'amusa-t-elle. Pas par attrait de la jeunesse mais parce que je ne me voyais pas vieillir à ses côtés pendant que lui restait jeune et qu'il se retrouve un jour avec une grand-mère. Je voulais être comme lui pour qu'il n'ait pas à s'inquiéter de ma sécurité, pour toute la famille aussi. Jasper… il n'aurait pas dû avoir à subir ce qu'on lui a fait subir.
- C'est vrai, approuva-t-il. Je vois. Et Edward a dit non ?
- Il ne voulait pas… faire de moi un monstre, répondit-elle. Il disait qu'il serait heureux que je vive une vie humaine avec lui.
- Et bien c'est un profond abruti qui aime faire souffrir ceux qu'il dit aimer, dit-il en lui tirant un petit sourire triste. Comme si ce genre de vie vous aurait convenu et jamais tu n'aurais pu vieillir ne serait-ce qu'un peu avant que les Volturi l'apprennent et s'en mêlent. C'est un idiot. Cela étant dit, la situation reste la même pour toi aujourd'hui. Si les Volturi l'apprennent, tu seras en danger de mort. La mort, la transformation ou l'oubli.
- L'oubli ? s'étonna-t-elle.
- Oui. Il y a des êtres qui veillent au maintient du secret. Ils savent déjà que tu es au courant pour les vampires et après un certain temps sans intervention des Volturi pour rectifier l'entorse aux lois, ils interviennent et viennent effacer la mémoire de ceux qui n'auraient pas dû savoir.
- Ce sont… des vampires qui peuvent effacer la mémoire ? demanda-t-elle intriguée.
- Je suis désolé, je n'ai pas le droit de t'en dire plus. Tu vas devoir me faire confiance. Je te dis cela parce que ça ne va plus tarder. Que tu le veuilles ou non, que tu sois d'accord ou non, ils viendront et ils effaceront ta mémoire. Tu n'oublieras pas Edward et votre histoire, mais tu oublieras tout ce qui attrait aux vampires. La réalité sera déformée pour la faire passer pour plus ordinaire et sans trace de quoi que ce soit d'étrange. Et tu ne seras pas consciente de ce qu'il s'est passé. Même cette conversation sera déformée pour devenir autre chose. Tu n'oublieras pas ton vécu, juste les vampires et ce qui va avec.
- Donc d'ici peu, j'aurai oublié, soupira-t-elle. Enfin une partie.
- Une partie. Cela n'effacera pas ta douleur et ta peine j'en ai peur. Cette situation n'a pour toi que trois issues possibles au final : la mort, la transformation ou l'oubli. En sachant que si tu oublies, tu seras définitivement à l'abri des Volturi. Si tu oublies et qu'ils apprennent ce qu'il s'est passé, ils sanctionneront certainement les Cullen mais ils ne te feront rien et tu pourras continuer ta vie normalement.
- J'ai comme l'impression qu'on a déjà décidé pour moi, remarqua-t-elle avec amertume.
- En effet. Edward a décidé pour toi. Il savait aussi pour l'oubli et c'est ce qu'il espère qu'il se passera. Mais voilà, je suis du genre à détester ça, dit-il en glissant sa main dans sa veste pour en sortir un long étuis. Je suis d'avis que chacun est libre de décider de sa vie, de son chemin que cela plaise ou non aux autres. Nous sommes les seuls maîtres de nos vies et c'est une chose que je chérie moi même. J'ai horreur que l'on décide à ma place et j'ai horreur de ceux qui pensent pouvoir décider à la place des autres et diriger leur vie. D'ici peu, tu auras oublié mais d'ici là, tu peux aussi faire un autre choix.
Il ouvrit l'étui pour lui montrer ce qu'il y avait à l'intérieur : une seringue encore bouchonnée pleine d'un liquide ambré.
- C'est du venin de vampire, dit-il en la stupéfiant totalement. Plus qu'il n'en faut pour transformer un personne. Alors tu as le choix : l'oubli ou la transformation. Je ne te propose pas la mort c'est hors de question de faire ça à Charlie, dit-il plus légèrement en lui tirant un sourire.
- Comment tu as… ? demanda-t-elle en pointant la seringue.
- C'est un secret, répondit-il simplement. Je voulais que tu puisse avoir le choix. Ce n'est pas à Edward ou aux Cullen de décider. Edward t'a révélé ce secret et il savait que ça mènerait à ce genre de chose. Il n'avait pas le droit de décider à ta place sans prendre en compte ce que toi tu voulais. Je ne suis pas du tout d'accord avec ça et sache que je l'avais déjà copieusement engueulé pour ça.
- Vraiment ?
- Bien sûr, s'amusa-t-il. Tu as le choix mais tu dois y réfléchir attentivement. Dans un cas comme dans l'autre, il n'y aura plus de retour en arrière possible. Si tu choisis la transformation, tu ne dois pas le faire pour Edward même si je sais qu'il sera pris en compte dans ta réflexion. Tu dois le faire pour toi. C'est toi qui en assumera les conséquences pour de très longues années. Et tu dois envisager aussi que ça ne le fera peut-être pas revenir. Il pourrait très mal le prendre. La transformation ne t'assure pas qu'il revienne ou que les Cullen reviennent. Donc, tu dois choisir égoïstement pour toi avant tout.
- Et si je me transforme et que je n'arrive pas à me contrôler ? demanda-t-elle. Il n'y aura personne pour…
- Si. Si tu choisis la transformation, je serai là pour t'aider. C'est pour ainsi dire moi qui te transforme dans ce cas. Je connais très bien les vampires et je sais comment faire. Je t'aiderai. Tu ne blesseras personne mais il faudra me faire confiance. Je n'aurai qu'une exigence.
- Laquelle ?
- Tu sais, j'aime Charlie, vraiment, énormément. Il représente beaucoup pour moi. Alors si tu devais te transformer, je voudrais que tu fasses en sorte de ne pas lui faire de mal. Il y a pleins de choses qui peuvent aider un vampire à passer pour un humain avec tout les artifices qui existent aujourd'hui. Lentilles, maquillage, astuce vestimentaire et capillaire pour s'enlaidir un peu pou se vieillir. Un jour tu devras t'éloigner de lui mais ça ne veut pas dire qu'il faut lui faire du mal pour ça. Tu pourras t'éloigner avec l'université si tu le veux tout en gardant le contact avec lui par téléphone pour qu'il ne s'inquiète pas. Tu pourras faire ta vie au loin sans pour autant lui faire du mal. Tu pourras couper les ponts progressivement et peut-être jouer ce jeu jusqu'à la fin de sa vie. Tu pourras aussi vivre ici un bon moment sans que ce ne soit gênant. À cet âge et avec quelques astuces, il faudra de nombreuses années avant que quelqu'un ne te trouve bizarre. Je t'aiderai si tu veux mais tout ce que je veux, c'est que Charlie n'en souffre pas. Il t'aime profondément.
- Je ne veux pas qu'il souffre non plus, sourit-elle doucement.
- Il y a autre chose aussi. Avant de décider, je tiens à ce que tu saches ce qui t'attend. Contrairement à Edward, je ne te cacherai pas ce genre de chose. Alors écoute bien.
Longuement, il lui expliqua les lois des vampires, les sanctions encourues. La seule chose dont-il ne parla pas fut le monde magique. Il lui parla bien plus en détail des vampires, de leur culture, de leur fonctionnement, des bons comme des mauvais côtés... Il lui dit tout ce qu'elle devait savoir sur ce monde là, ne lui épargnant pas le plus difficile.
- Je veux bien croire que tu les connais bien, remarqua-t-elle finalement.
- Oui. Voilà. Maintenant, tu sais tout ce que tu dois savoir et les possibilités que tu as. Je veux que tu prennes le temps d'y réfléchir très sérieusement et très attentivement. Tu as encore environ un mois et demi avant qu'on ne vienne te faire oublier. Réfléchis bien et ne laisse pas de nouveau Edward décider pour toi quelque soit la manière dont-il interviendrait dans cette décision.
Il referma l'étui et le rangea dans sa veste avant de se lever pour s'en aller, laissant là une Bella chamboulée par tout ceci. Dans les jours qui suivirent, et s'il était évident que Bella était profondément plongée dans sa réflexion, tout continua sur la même lignée. La jeune femme passait du temps avec Jacob. Quelques jours plus tard, Isabella allait au cinéma avec lui et Mike. Jacob s'était montré assez enthousiaste en pensant à un rendez-vous galant mais ce n'était pas cela dans l'esprit de Bella. Ce soir là, seul à la maison avec Hedwige, il ne put s'empêcher de tourner en rond avec angoisse, quelque chose en lui le tiraillant sans qu'il ne parvienne à l'expliquer. Bon, Jacob était au cinéma avec Bella mais ce n'était pas si dramatique. Pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher d' y penser. Parmi tout les tracas qu'il pouvait avoir dans sa vie, c'était ça qui le préoccupait le plus. C'était quand même incroyable et il se dit qu'il reportait peut-être ses angoisses sur un problème mineur pour mieux gérer le plus important.
Son instinct et sa clairvoyance criaient pourtant qu'il se passait quelque chose cette nuit. Ce n'était pas mauvais, très loin de là, mais il sentait que c'était très important. Il comprit ce dont-il s'agissait quand il reçu un message de Billy plus tard dans la nuit : Jacob avait une fièvre bien particulière. Il sourit malgré lui. Jacob allait se transformer et il pourrait lui dire la vérité sur lui. Il espérait seulement qua ça se passerait bien. Sam, Jared, Paul et Embry avaient tous eu du mal avec leur nature et ils avaient encore du mal. Il ne voulait pas que Jacob en souffre. Le lendemain, Sam, Paul, Embry et Jared lui envoyaient tout les quatre leurs propres messages pour lui dire que Jacob allait muter, l'air très enthousiastes et estimant visiblement qu'il devait le savoir. Sam lui demanda s'il voulait être là pour la transformation de Jacob, sachant qu'ils étaient proches. Il refusa pourtant, estimant que c'était avant tout à la meute de gérer ça et de lui expliquer. Lui viendrait ensuite. Il y aurait bien assez à encaisser comme ça, il valait mieux y aller progressivement.
Dans les jours qui suivirent, Alexander attendit avec impatience que la nouvelle tombe, tournant comme un lion en cage. Si bien qu'il avait fini par s'enfermer dans sa grande salle d'entraînement au domaine de Rael pour se défouler. Bella en revanche ne put comprendre pourquoi soudainement, Jacob ne répondait plus à aucun message et était aux abonnés absents. La seule chose qui parvint jusqu'à elle fut une demande de Jacob de rester à l'écart pour l'instant. Elle continua pourtant à l'appeler encore et encore sans jamais avoir de réponse, se sentant à nouveau abandonnée. Elle vint demander à Alexander s'il savait quelque chose, si Jacob lui répondait et il lui dit qu'il n'en savait pas plus qu'elle mais qu'il fallait être patient, que le Quileute avait probablement une bonne raison et qu'il avait le droit d'avoir ses affaires privées comme eux avaient les leurs. Elle concéda ce point et affirma qu'elle attendrait.
Et puis finalement, la nouvelle tomba à la toute fin du mois de février : Jacob s'était transformé. Ce fut Billy qui lui appris la nouvelle au téléphone ce matin là, lui expliquant que la meute était en train de le calmer. Il s'était métamorphosé dans la nuit et les autres venaient tout juste de l'aider à reprendre forme humaine. Comme il était maintenant de coutume entre eux, Billy l'invita à un feu de camp ce soir avec le Conseil et la meute pour parler au nouveau loup et l'intégrer. Il accepta avec grande joie, pressé d'y être, espérant que Jacob ne lui en voudrait pas. Cette idée était terrifiante. Le soir venu, après avoir prévenu Charlie qu'il passait la soirée avec Sam et quelques amis de la Réserve, il prit la route de la maison de Billy où cela se passerait. Il roula peut-être un peu plus vite qu'à l'habitude dans l'obscurité du soir. Une fois arrivé, discernant déjà le groupe autour du grand feu dans la clairière un peu plus loin, il se gara. Il jeta un coup d'œil dans son rétroviseur, ses cheveux noirs couvrant désormais ses épaules. Il sentit une anxiété très étrange et puissante le prendre, comme si quelque chose allait arriver. Il avait cru que cela était dû à la transformation imminente de Jacob mais ça ne s'était pas arrêté. Peut-être que cela stopperait lorsqu'il le verrait.
Il sortit de sa voiture, resserrant son manteau autour de lui alors qu'il faisait froid. Il la ferma, glissa ses clefs dans sa poche et s'avança vers le feu, souriant en repérant Jacob qui lui tournait le dos, debout devant les flamme près de son père dans son fauteuil. Il était torse nu comme les autres loups mais il avait encore ses cheveux longs. Cela changerait vite. Les loups avaient trop chaud avec eux. Il les couperait certainement très vite. Les autres le repérèrent, lui souriant en lui faisant signe. Il sentit son cœur accélérer, sa magie s'animer comme une explosion de joie alors qu'il ne pouvait plus lâcher Jacob des yeux. Il ne s'en rendit pas compte, focalisé sur son ami. Sa magie pétillait comme jamais, tellement que ça en devenait étourdissant. Il stoppa en chancelant, portant une main à sa tête en grimaçant. Il se passait quelque chose qui faisait tourbillonner sa magie comme jamais. Pourtant, il n'avait pas peur et ne se sentait pas mal. C'était enivrant, euphorisant mais si puissant qu'il en perdait ses repères et ses sens.
- Alex ? appela la voix tendue de Sam.
Il releva le regard vers eux pour voir que toute l'attention était sur lui et brusquement, il se retrouva à se plonger dans les yeux de Jacob. Sa magie explosa alors en lui, éclatante de bonheur, puissante et radieuse. Autour de lui, personne ne put le voir mais elle irradia de lui, tirant vers Jacob. C'était si puissant et pur. Jamais il n'avait ressenti ça. Il resta plongé dans les yeux de Jacob. Des yeux qu'il connaissait si bien et qu'il avait pourtant l'impression de redécouvrir une nouvelle fois. Tout le reste autour devint flou, assourdi et il n'y avait plus que Jacob. Sa magie eut un éclat plus puissant encore et s'en fut trop pour sa sensibilité extrêmement fine. Il chancela plus encore et il sentit ses genoux faiblir sous lui.
- Alex ! s'exclama Jacob en le voyant tomber.
Une seconde plus tard, il était là, le rattrapant avant qu'il ne s'écrase dans la pelouse humide. Alexander sentit sa magie avoir une nouvelle impulsion vers Jacob lorsqu'il fut dans ses bras et il entendit le loup respirer plus fort. Et là, il comprit enfin, il comprit quand un puissant lien magique se tissa entre eux, un lien qui ne laissait place à aucun doute sur ce qu'il signifiait : âme sœur. Alors c'était ça, c'était pour ça qu'il se sentait ainsi avec Jacob. Il avait commencé à éprouver des sentiments forts pour lui et le lien avait commencé à s'éveiller. Et maintenant que la magie de Jacob était bien active et avec sa nature, le phénomène d'imprégnation, le lien pouvait éclater au grand jour. Il ne se gênait pas pour le faire.
Autour d'eux, tout les loups s'étaient précipités aussi en voyant le sorcier s'écrouler et à travers leur lien, ils avaient parfaitement sentit ce qu'il se passait pour Jacob, très surpris. Ils regardèrent le dernier arrivé dans la meute caler le jeune homme étourdi contre lui avec une délicatesse certaine et une inquiétude bien visible.
- Alex ? appela Jacob.
Il le virent se secouer un peu et regarder Jacob avec un sourire idiot, l'air encore confus.
- J'aurai dû le deviner avant, murmura-t-il.
- Est-ce que ça va ? demanda Jacob.
- Laisse moi une minute pour m'en remettre, sourit-il simplement.
- Te remettre de quoi ? C'était quoi ça encore ? questionna Jacob agité.
- Ça, c'était l'Imprégnation, fit Sam. Une autre de nos particularités dont nous ne t'avons pas encore parlé.
- Il y en a encore beaucoup comme ça ? s'agaça Jacob.
- On verra ça après. Amène le près du feu avant qu'il ne prenne froid, conseilla Sam.
Alexander sentit que Jacob le soulevait comme une princesse sans aucune difficulté et il se laissa faire, se concentrant pour retrouver ses sens après cette décharge de magie enivrante. Rapidement, il fut assis sur l'un des troncs couchés se trouvant autour du feu, Jacob s'asseyant près de lui en le soutenant d'un bras.
- Alexander ? Est-ce que ça va ? demanda Billy inquiet.
- Oui. Juste une minute. Il n'y a pas que pour les loups que ça secoue, sourit-il.
- Les loups ? Alors tu savais aussi, comprit Jacob l'air blessé.
Et cela poussa Alexander à reprendre ses esprits plus vite, se secouant.
- Il savait mais il ne pouvait rien te dire Jacob. Il était aussi tenu par nos lois que tout les autres, fit Billy.
- Pourquoi ? Ce n'est pas un Quileute.
- Il n'y a pas que les Quileute dans le monde de la magie, lui expliqua son père. Comme il y a les vampires, il y en a d'autres qui sont tout autant tenus que nous à garder le secret.
- Et tu es quoi toi ? demanda Jacob en se tournant vers lui.
- Je suis un sorcier, répondit-il, une personne capable de faire de la magie.
- Tu rigoles là ? fit-il perplexe.
- Vampires et métamorphes loups ça va mais pas sorcier ? s'amusa Alexander. C'est la vérité.
- Mais pourquoi tu sais sans être de la tribu ?
- Les sorciers connaissent l'existence de la très grande majorité des communautés dotées de magie et les Quileute ont leur propre magie. Alors je savais en arrivant à Forks et je m'en suis souvenu quand ma mémoire est revenue.
- La première fois que je me suis transformé, intervint Sam, j'étais en panique et je croyais que j'étais complètement fou. J'étais tout seul et je ne savais rien de tout ça. Je me suis enfuis. Alexander m'a trouvé en forêt. Il m'a calmé et il m'a expliqué comment reprendre forme humaine. Il m'a rassuré et il m'a dit ce que j'étais avant de m'envoyer voir les Anciens.
- C'est comme ça que vous êtes devenus amis, comprit Jacob.
- Oui. Les Anciens ont pu tout me raconter sur notre peuple et notre nature, me donner la théorie mais Alexander lui, il a pu faire beaucoup plus. Il est magique aussi alors il savait ce que je pouvais ressentir. Il m'a énormément aidé à maîtriser mes dons et à comprendre ce qu'il se passait. Et quand Jared s'est transformé à son tour, il nous a aidé à nous faire au lien et à nous en servir, à comprendre.
- Il nous a tous aidé et pas qu'un peu, fit Jared. On aurait eu beaucoup plus de mal s'il n'avait pas été là pour nous guider.
- Alors bien sûr c'est un ami de la meute et un peu plus que ça maintenant, sourit Sam.
- C'était quoi cette sensation très bizarre ? questionna Jacob. Ça a commencé dés que j'ai vu ses yeux, dit-il en regardant Alexander qu'il entourait toujours d'un bras.
- Qu'est-ce que tu as ressentis ? demanda Sam.
- J'ai pas envie de te le dire, répondit-il gêné en amusant les autres.
- Tu as ressentis une intense chaleur lumineuse. Brusquement, le centre de ton monde s'est retrouvé fixé sur Alexander. Il est devenu la force de gravitation qui te maintient sur terre et il est devenu pour toi encore plus précieux qu'il ne l'était déjà.
- Comment tu… ? fit Jacob.
- Parce qu'il m'est arrivé la même chose avec Émilie. On appelle ça l'imprégnation. Cela se produit quand un loup croise le regard de son âme sœur. C'est comme une révélation et un lien indestructible se tisse.
- Âme sœur ? releva Jacob éberlué.
- Oui, approuva Sam alors que tous étaient sérieux autour d'eux.
Jacob avait vraiment le plus gros des morceaux à avaler en une journée.
- Alors on ne peut même pas choisir avec qui on sera ? s'agaça-t-il en pinçant le cœur d'Alexander.
- Non, on ne choisit pas et on ne peut rien n'y faire, répondit Jared.
- En fait, ce n'est pas tout à fait exact, intervint le sorcier.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Harry.
- Les âmes sœurs sont un sujet de grande importance pour les sorciers, pour tout les êtres magiques, commença-t-il. Cela existe depuis aussi loin que la vie existe. Il n'est pas réservé aux personnes dotés de magie. Il existe pour tous, absolument tout ce qui a une âme. Les gens, les animaux, les insectes… Tout. Seulement, la plus part du temps, on n'en n'a pas conscience. Quand on voit de grandes histoires d'amour qui durent toute la vie, ce sont souvent des âmes sœurs qui se sont trouvées. Tout le monde a une âme sœur mais il est assez rare de la rencontrer. Non pas parce qu'on ne la croise pas physiquement mais parce que pour que le lien s'active, il faut que les sentiments naissent. Après, en général, le couple ne se sépare plus jamais. Ils ne sont pas vraiment conscient de ça mais ce sont aussi des âmes sœurs. Pourtant on peut tout aussi bien vivre à côté de son âme sœur toute la vie sans s'en apercevoir et sans qu'il ne se passe rien.
- Et chez les sorciers ? Comment ça se passe ? demanda Billy.
- Comme chez les gens ordinaires. On peut ne jamais s'en apercevoir mais dans certains cas, les sorciers peuvent aussi reconnaître leur âme sœur. Dans le monde de la magie, ce lien est littéralement sacré et c'est considéré comme le plus grand des cadeaux que de trouver son âme sœur. Les êtres magiques, les sorciers, peuvent sentir le lien. C'est un sujet qui a été étudié depuis des millénaires par les sorciers. Certains voulaient savoir comment trouver leur âme sœur. C'est vrai, quand on ne connaît pas ce genre de chose, on a l'impression de se retrouver obligé d'être avec quelqu'un sans issue possible. On a l'impression que c'est artificiel mais ce n'est pas le cas. Pas du tout. Tout dans l'univers va par deux : lumière et ténèbre, vie et mort, terre et ciel, raison et folie, eau et feu… Les deux faces d'une pièce. C'est ainsi que naissent l'équilibre et l'harmonie. La vie et la mort crées l'existence, la terre et le ciel donnent sens au monde, l'eau et le feu ont créé la vie… Dans cet univers, on peut maximiser le potentiel d'une chose en trouvant celle qui la complète.
- Et c'est pareil pour les gens ? demanda Paul.
- Oui et non. Les éléments non vivants ou les principes de la vie ne sont pas des êtres vivants dotés d'âme. Nous avons chacun notre personnalité et nos émotions mais le but de la vie, sur le plan de la Magie et de la Nature, reste de maximiser son potentiel, d'avoir une belle vie et d'être heureux. Si ce n'est pas une obligation, nous sommes tous des créatures sociables, faîtes pour avoir des relations avec les autres quelle qu'elles soient. On peut très bien être des solitaires si on le choisit mais sur le fond, nous ne sommes pas programmés pour ça. Les âmes sœurs sont deux âmes faîtes pour se compléter, s'équilibrer, s'apporter l'une à l'autre ce dont elles ont besoin. Ce sont les deux face d'une pièce, faîtes pour aller ensemble. Nous n'avons pas de contrôle sur nos âmes mais elles, elles savent ce qu'elles veulent. Souvent, les êtres qui ont un passif avec la magie des âmes acquiert ce don naturel de reconnaître leur âme sœur d'un regard. C'est l'imprégnation pour vous et cela vous vient très certainement du fait que le premier métamorphe de la tribu a fusionné avec l'âme d'un loup et que chacun d'entre vous fusionne avec l'âme d'un loup. Cela vous rend sensibles à la magie des âmes. Et deux âmes sœurs qui se rencontrent se reconnaissent même si on peut ne pas en avoir conscience, sauf quand on est sensible à ce genre de chose.
Il marqua une pause, balayant les loup présents du regard :
- Ce n'est pas un choix forcé. La vérité, c'est que c'est votre âme qui a choisi, votre inconscient, parce votre âme est capable de voir celles des autres et de reconnaître celle qui la complète. L'âme sait lorsqu'elle trouve celle qui la complète et c'est pour ça que c'est un lien si puissant. Parce qu'une fois qu'elle a trouvé, elle ne veut plus lâcher, que la part consciente de nous comprenne ou non. C'est pour cela que le véritable amour passe pour un sentiment si irrationnel. On ne le comprend pas mais notre âme sait ce qu'elle fait. En réalité, nous choisissons nos âmes sœur avec ce qu'il y a de plus fondamental en nous : l'instinct et les sentiments de l'âme. C'est la seule manifestation de l'âme que l'on peut constater réellement, parce que trouver cette âme sœur, c'est un peu le but d'existence de l'âme. Cela ne veut pas dire que c'est notre but à nous pour notre esprit ou ce que nous voulons faire de notre vie, mais c'est le but de nos âmes. Et elle choisit elle même. C'est un processus qui nous échappe et qui semble extrêmement soudain et artificiel mais ça ne l'est pas. C'est le lien le plus primaire qui existe entre les êtres. C'est aussi vieux et puissant que l'univers. Les êtres conscients réfléchissent parfois trop et passent à côté de ce qui est important. C'est dans l'ordre des choses mais l'âme n'accepte pas de passer à côté lorsqu'elle trouve. Ajoutez là magie là dedans. La magie elle, souhaite le bonheur de tout ceux qui en sont dotés. Leur bonheur et leur accomplissement. Alors lorsque certains êtres magiques ont les prédisposition pour se rendre compte du lien, elle donne un coup de pouce pour le faire et ça donne des phénomènes comme l'imprégnation.
- Alors ce n'est pas forcé ? demanda Sam.
- Non. C'est notre âme qui s'attache à une autre parce qu'elle reconnaît en elle celle qui la complète, celle avec laquelle nous avons le maximum de chance d'être pleinement heureux. Je sais que pour vous, ça peut paraître injuste et forcé mais ça ne l'est pas. Parfois, il faut accepter que certaines forces nous dépassent et que ce n'est pas pour nous faire du mal. On ne contrôle jamais rien en matière de sentiment. On ne décide pas réellement de qui on tombe amoureux, avec qui on accroche ou pas, avec qui on sera ami ou pas… Seulement, ces choses là on les accepte parce que c'est plutôt progressif et qu'on à l'impression qu'on a décidé. Ce n'est pas véritablement la vérité pour les sentiments vrais et profonds. On ne peut jamais vraiment expliquer pourquoi on est proche de quelqu'un ou pourquoi on n'arrive pas à accrocher avec une autre. On se trouve des raisons parce qu'il est dans notre nature de vouloir tout rationaliser. Mais s'il y a une chose que la magie apprend, c'est qu'on ne peut pas tout rationaliser. Parce que comme tout, l'explicable et l'inexplicable se complètent et s'harmonisent en existant ensemble. On ne décide pas consciemment de nos sentiments. La seule différence avec l'imprégnation, c'est que ces sentiments et cette connexion arrivent d'un seul coup avec puissance, vous sont révélés, et c'est plutôt perturbant voir terrifiant. Alors on a tendance à rejeter à et se sentir piégé. Ce n'est pas le cas. C'est notre nous inconscient, celui qui est le plus proche de notre nature véritable et du fonctionnement du monde qui choisi.
- Il y en a beaucoup qui ont ce genre de truc ? demanda Embry. L'imprégnation ?
- Ce n'est pas si courant et c'est considéré comme un grand privilège dans le monde de la magie. Parce que trouver son âme sœur est considéré comme un immense cadeau. Alors être capable de la reconnaître d'un coup d'œil est un don que beaucoup aimeraient avoir. Mais il y en a quand même plusieurs qui ont aussi ce don. C'est un phénomène parfaitement accepté chez nous et on dit que ceux qui trouvent leurs âmes sœurs sont aimés de la Magie.
- Tu l'as ressenti aussi, releva Sam. C'est pour ça que tu es tombé ?
- Oui. Un sorcier qui est assez éveillé, assez attentif et ouvert à sa magie peut sentir quand un lien s'éveille. À dire vrai, j'aurai dû le comprendre bien plus tôt. Les signes étaient là mais je n'ai jamais eu l'idée que ça pourrait être ça. Et quand le lien s'éveille vraiment, ma magie réagit aussi. Cela la rend euphorique et heureuse. La magie d'un être c'est une part de lui même, une part beaucoup plus spontanée. Alors elle fait la fête en trouvant son âme sœur et elle tire vers la personne en question. Cela a été un peu trop fort pour moi, sourit-il. C'est comme le meilleur des trip, s'amusa-t-il en faisant rire les jeunes.
Il y eut un moment de silence et Alexander se tourna vers Jacob.
- Je sais à quel point tu as beaucoup de choses à avaler aujourd'hui. Alors ne réfléchit pas trop ce soit. On en reparlera tranquillement.
Il lui offrit un sourire réconfortant et cela détendit visiblement Jacob qui approuva. Le vieux Quil ramena alors la discussion sur autre chose, commençant à expliquer à Jacob pour les sorciers, les règles avec eux, pourquoi Alexander avait cette place avec eux… On revint sur tout ce qu'il devait savoir et apprendre sur la tribu et sa nature. Et tout au long de la soirée, Jacob garda un bras solide autour d'Alexander.
