*Pov Félix *

Lorsque je suis arrivé à Berlin, il y a cinq mois en arrière, et que j'ai vu ma petite sœur sur ce lit d'hôpital, tout ce que je voulais, c'était de la mordre, de la changer en quelqu'un comme moi, en vampire. J'avais tellement de peine de la voir reliée à toutes ses machines, à entendre le bip continuel de ce qui lui permettait de vivre.

Pourtant, je n'ai pas réussi à me résigner à changer ma petite sœur. Je ne pouvais pas lui infliger cela, alors que, pour ma part, je n'avais jamais eu le choix d'être l'homme que j'étais maintenant. À la place, je suis resté chaque jour à ses côtés, m'occupant des dernières formalités administratives suite au décès de nos parents.

J'ai ensuite envoyé plusieurs courriers aux membres de la famille qui nous restait encore, espérant que quelqu'un veuille bien accepter de s'occuper de ma petite sœur, car je ne pouvais pas le faire suite à ma condition de vie actuelle. Malheureusement, les semaines sont passées et la réponse attendue n'est jamais arrivée. Je ne voulais pas en parler à qui que ce soit, à la place, je cherchais les différentes solutions possibles en vain. Soupirant longuement, je remis une mèche blonde derrière l'oreille de ma petite sœur et retournai à mon livre.

* Fin pov *

Et le temps à passé, les semaines sont devenues des mois, les uns derrière les autres, ponctuées de chasses, de recherche pour une solution de vie pour Élémina et de soins pour elle, mais rien, il n'y avait rien de possible que soit de l'abandonner ici, soit qu'elle vienne vivre en Italie, mais ce n'était pas vraiment la meilleure idée à avoir.

Puis un matin, vers le début du sixième mois, alors que les médecins avaient dans l'idée de débrancher la jeune femme, un son sorti, une voix à peine audible se fit entendre dans la chambre. Une voix qui n'aurait été entendue de personne, à moins d'avoir une ouïe aussi fine que celle d'un vampire.

*POV Elemina*

- Suis... Où ?

J'avais l'impression que tout mon corps pesait plusieurs centaines de kilos, je n'arrivais pas à bouger. Je ne sentais plus mes jambes, ma vision était floue. Je n'entendais qu'un bip affolé. Tout était noir dans mon esprit. Commençant à paniquer, une voix douce m'obligea à me calmer et à respirer doucement.

– Doucement, Mina, calme-toi et respire lentement, tu es en train de faire une crise de panique.

Cette voix douce, ce surnom, c'était la voix de mon grand frère, c'était la voix de Félix. Mais pourquoi était-il dans ma chambre ? Que s'était-il passé ? Le visage de mon frère se tenait effectivement au-dessus de moi, mais je n'arrivais pas à comprendre quelque chose et avant que je n'arrive à poser des questions, un médecin mis mon frère dehors et on m'examina sous toutes les coutures.

*Fin du Pov*

Des médecins sont entrés et sortirent de la chambre, de même que des infirmières, mais aucune information ne semblait filtrer, comme si tout était confidentiel. Adossé contre un mur blanc du couloir, le jeune vampire attendait simplement d'en savoir plus, rongé par la peur de séquelles plus ou moins lourdes pour sa petite sœur.

Après un balai médical qui dura pas loin de deux longues heures, Félix eut enfin l'autorisation de rejoindre sa petite sœur et d'écouter les résultats.

– Le réveil de votre sœur est un vrai miracle, ses blessures étaient si importantes, que nous n'avions que peu d'espoir de la voir se remettre un jour. Cependant, sa volonté de vivre est forte et prouve que c'est une battante. Malheureusement, elle ne verra plus jamais de l'œil droit et gardera beaucoup de cicatrices sur le corps. Il lui faudra aussi plusieurs semaines de rééducation pour apprendre à mobiliser à nouveau son corps, car avoir été allongé aussi longtemps a réduit la masse musculaire.

Un silence de plomb tomba dans la chambre, entrecoupé uniquement de sanglots venant du lit de la malade qui voyait sa vie coupé en un avant l'accident et un après. Félix se jura de faire au mieux pour aider sa sœur à se remettre et se fit la promesse de ne jamais l'abandonner et de rester avec elle. Il lui faudrait maintenant convaincre ses rois de permettre à la jeune femme de vivre soit en Italie, soit directement à Volterra.