La fin du cauchemar

Eddie émergea lentement de l'obscurité, luttant contre les ténèbres qui enveloppaient son esprit embrumé. La douleur pulsait dans tout son corps, un rappel brutal de la réalité qui le tira inexorablement du sommeil.

Il cligna des yeux avec difficulté, tentant de percer le voile flou qui obscurcissait sa vision. Il avait l'impression d'être dans du coton et il avait du mal à garder conscience. Il se força à garder les yeux ouverts, égalisant sa vue sur le plafond jaunis.

A l'hôpital.

Il était à l'hôpital s'il se fiait aux poches d'intraveineuses qui se trouvait au-dessus de sa tête. Son corps n'était que douleur et il remarqua tardivement la sensation sur son visage que lui procurait la canule nasale.

Son esprit était encore embrouillé mais il se sentait soulagé que son cauchemar soit terminé. Il tenta doucement de regarder autour de lui, cherchant l'alarme pour appeler quelqu'un pour l'aider à se lever, pour savoir comment il avait atterri là.

À côté de lui, il distingua la silhouette familière de Buck, allongé sur une chaise, endormi dans un sommeil agité, ponctué par un froncement de sourcils.

Un sourire faible effleura ses lèvres alors qu'il réalisait que son ami est là, à ses côtés, veillant sur lui, s'inquiétant certainement pour lui, même dans le sommeil.

Sa première pensée fut une pointe d'humour, teintée de douleur, alors qu'il envisageait la raideur à venir dans ses cervicales, après avoir dormi dans une position inconfortable sur cette chaise.

Mais bientôt, une question plus profonde émergea dans son esprit brumeux : comment avait-il fait pour le retrouver ?

Car il ne doutait pas un seul instant que Buck ait été le premier à ses côtés dans cet enfer et Eddie ne voulait pas imaginer dans quel état il avait dû le trouver, inconscient sur le sol dans son propre vomi. Un soulagement mêlé de confusion l'envahit alors qu'il tentait de rassembler ses pensées désordonnées dans sa tête tourmentée.

La douleur lancinante qui irradiait de chaque centimètre de son corps le ramena brutalement à la réalité. Il serra les dents pour réprimer un gémissement de douleur mais celui-ci s'échappa de ses lèvres, attirant l'attention de Buck qui sursauta en s'éveillant brusquement.

Le regard inquiet de son ami le rassura instantanément.

– Hey Eds ? Ça va ? Tout va bien. Ana a été arrêtée. Reste tranquille. Je suis là.

Buck se rapprocha plus près du lit d'hôpital et lui prit la main entre les siennes. Il le regardait avec une expression mêlée d'anxiété et de soulagement.

– Tu m'as fait peur, mec, souffla Buck.

– Je crois… que je me suis fait peur moi-même.

– Ouais, lui sourit son ami.

– Ils l'ont vraiment arrêté ?

– Ouais, elle n'est pas près de ressortir.

– Et Christopher ? Est-ce qu'il va bien ?

– Oui, il va bien. Il est avec Bobby et Athena. Tu lui manques.

Eddie soupira de soulagement, sentant le poids de l'inquiétude se lever de ses épaules. Car une horrible appréhension lui avait noué les entrailles tandis qu'il gisait sur le sol, le visage sur le bitume froid, et il se souvenait parfaitement du moment où il avait compris la possibilité qu'Ana soit partit pour s'en prendre à son fils.

Elle le connaissait suffisamment bien pour savoir à quel point il l'aimait.

– ... Je ne sais pas ce que j'aurais fait s'il lui était arrivé quelque chose…

– Toujours Eds, promit Buck en prenant doucement la main d'Eddie dans la sienne, lui offrant un sourire réconfortant. Je serai toujours là pour lui, et pour toi aussi. J'ai failli te perdre, ON a failli te perdre. Je ne peux même pas imaginer une seconde, devoir faire tout ça… tout seul et…

– Je suis là, Buck, le rassura-t-il. Je ne sais pas comment mais… je suis là.

– Je te raconterai, lui promit-il. Tu devrais te reposer, tu en as besoin pour guérir.

– Elle voulait…

– Je sais, le coupa-t-il.

– J'avais un second fils, pleura-t-il.

– Tout va bien, Eds, le rassura-t-il en lui essuyant les yeux. On fera ce que tu voudras pour lui en temps voulu. D'accord ?

Eddie hocha la tête, mais l'anxiété persistait au fond de son cœur.

Il avait failli mourir à cause d'Ana mais c'était lui qui l'avait invité à sortir en premier lieu, lui qui l'avait ramené dans leur vie et encore lui qui l'avait mise enceinte avant de la quitter par peur de l'engagement.

– J'ai eu peur, admit-il soudain. J'étais tellement terrorisé à l'idée de mourir tout seul là-bas. J'étais… incapable de bouger, incapable de me défendre. Elle a pu s'en prendre à moi parce que j'étais incapable de l'en empêcher Je suis dans un tel état de nerfs… la dépression… Buck, je ne veux plus me sentir comme échec tout le temps.

Buck serra davantage la main d'Eddie, les émotions brûlantes se reflétant dans ses propres yeux.

– J'ai besoin d'aide…, le supplia-t-il encore.

– Tu n'es pas seul, lui assura-t-il. Nous traverserons ça ensemble, comme une famille. Nous allons surmonter ça, un pas à la fois.

Eddie laissa échapper un soupir de soulagement, sentant un poids se soulever de sa poitrine.

– Merci, je ne sais pas ce que je ferais sans toi...

Buck lui offrit un sourire chaleureux, l'un de ses fabuleux sourire dont il avait le secret, plein de compassion et de détermination, de ceux qui pouvait illuminer toute une pièce.

– Je suis là Eddie. Toujours. Je serai là pour toi, peu importe ce qui arrive. Maintenant, repose-toi. Tu en as besoin. Je serai là à ton réveil, je te le promets.

Eddie sentit un flot de soulagement l'envahir alors que Buck lui assura de sa présence et de son soutien. La simple présence de son meilleur ami à ses côtés lui procurait un sentiment de sécurité qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. Les mots réconfortants de Buck lui rappelaient qu'il n'était pas seul, qu'il avait quelqu'un sur qui compter, même dans les moments les plus sombres.

Les larmes de soulagement coulaient sur ses joues alors qu'il se sentait enveloppé par la chaleur réconfortante de l'amitié. Les paroles apaisantes de Buck étaient comme une bouée de sauvetage dans l'océan tumultueux de ses émotions tourmentées. Il se sentait enfin en sécurité, protégé par la présence rassurante de celui qui a toujours été là pour lui.

Buck prit doucement le visage d'Eddie entre ses mains, essuyant ses larmes avec tendresse. Son regard était empreint de compassion et de détermination, un reflet de son engagement inébranlable envers son ami.

– Je te promets que tout ira bien, Eds, murmura-t-il. Nous allons traverser ça ensemble, comme nous l'avons toujours fait. Tu n'as pas à avoir peur, je suis là pour toi, maintenant et toujours.

Les paroles réconfortantes de Buck apaisèrent les tourments d'Eddie alors qu'il se laissait sombrer à nouveau dans l'obscurité accueillante du sommeil. Avec son ami à ses côtés, il savait qu'il était en sécurité, protégé par la présence réconfortante de celui qui avait toujours été là pour lui, même dans les moments les plus sombres.

Un sourire paisible étira les lèvres d'Eddie alors qu'il se laissait emporter dans les bras de Morphée, confiant dans la certitude que, avec Buck à ses côtés, il n'avait plus rien à craindre.