Chapitre 409 : Abuse

Rook m'affiche un petit sourire. "J'ai croisé Flamm dans les bois l'autre jour. En très fâcheuse posture. Sans mon intervention, il se serait sauvagement fait agresser par un sanglier mâle en pleine furie." me raconte Rook, me raccompagnant le long d'un des sentiers forestiers.

"Pardon ?" surprise.

"Il a sous-estimé la force de frappe de cette bête."

"Et... vous avez parlé ?"

"Il est plutôt susceptible dans son genre, non ? En tout cas, il ne supporte pas vraiment les caresses à contre-poil."

"Qu'as-tu fait, Rook ?"

"Oh, il m'a proposé un duel."

Je fais arrêter Na'ir. "Non." connaissant le talent inné de Rook.

Même si Rollo est excellent archer, jamais il ne parviendra à égaler Rook qui manipuler l'arc depuis qu'il sait marcher !...

Rook s'arrête un peu plus loin. "Ne t'affole pas, Princesse, je l'inviterai à nous mesurer dans une joute qui n'affectera rien de plus que nos ego."

"Rook, Rollo ne supportera jamais de perdre. D'ailleurs, j'ai... je n'ai pas été très cool avec lui ces derniers jours."

"Un duel ne se refuse pas, Princesse. Mais ne t'en fais pas ; je ne l'esquinterai pas. Je te dois bien cela."


Il s'entraîne au tir à l'arc. Nul doute qu'il compte bien mettre Rook parterre avec son arme de prédilection.

Je m'approche alors qu'il se tient au stand.

Petit coup d'oeil sur les flèches, parfaitement ciblées au centre.

"Pouvons-nous discuter ?"

"Je ne vois pas ce que nous avons à nous dire. Tu as été parfaitement claire à notre sujet."

Il est fier. J'aime ça !... Mon ventre remue.

"Je... je reconnais y être allée un peu fort."

"Ah non. Je t'interdis de commencer ce jeu avec moi." sentant que je cherche l'absolution.

"Je m'excuse, Rollo."

"Tes excuses, tu peux les présenter au diable, Rachel."

"Je te demande aussi de... ne pas utiliser ta magie lors de ce duel."

"Tu ne sembles pas comprendre : tu n'as plus aucun contrôle sur moi." sec.

Je le mérite, j'en ai conscience.

"Et je... te suis encore attachée, Rollo. Bien plus que tu ne le penses."

"Garde tes blasphèmes, démone." sans m'adresser le moindre regard, fichant une flèche supplémentaire en plein, posant l'arc.

Ce qu'il peut se détester en ce moment même !... Sa colère lui permet de se maintenir la tête hors de l'eau mais dans le fond, il est toujours sottement épris !... Et s'il pouvait passer par le feu cette partie de lui qui s'obstine, il le ferait sans hésiter.

"S'il te plaît, Rollo... je te le demande : mesure-toi à Rook de façon régulière."

"Et lui ? Le sera-t-il, honnête ?" haussant le sourcil. "Ce qui vient de Wonderland est souillé par une magie pervertie." remettant une louche avec Malleus.

"Rook est très droit, Rollo."


La journée est belle. Le duel a lieu hors des murs de Noble Bell, à l'extérieur de la cité, dans une clairière.

Les deux adversaires ont droit à six flèches.

Il est demandé à Rook de tirer ses flèches avec un arc lambda car Rollo soupçonne que son arc soit magique pour être parvenu à causer autant de dommages sur le sanglier abattu voilà une semaine dans les bois.

Les deux hommes sont très bons dans la discipline. Et le match se solde par un nul.

Rollo s'agace. Rook le prend plutôt bien. Il est très rare qu'il rencontre des archers capables de lui tenir tête.

"Nous en tiendrons-nous là ?" questionne Rook, tendant la main à Flamm.

Ce dernier avise la main tendue du regard, s'y refusant. "Même si nous n'irons point jusqu'à devenir familiers, je me dois de reconnaître que vous maîtrisez parfaitement votre sujet. Et j'appliquerai votre conseil concernant la chasse à la laie."


Rollo referme son carnet sur la page duquel il vient de noter l'évidence : "Je l'aime encore. Malgré tout, malgré moi. Que vais-je bien pouvoir faire d'une telle malédiction ?..."

Il se lève, quitte le bureau pour s'avancer jusqu'à la fenêtre, jetant un coup d'oeil dans la cour intérieure. Dehors, tout est silencieux. Il vient à se demander si je me trouve dans ma chambre ou à nouveau à l'extérieur.

Si Satoru était présent, il lui soufflerait, à coup sûr, que l'amour est le plus tordu de tous les fléaux.

On frappe soudain à sa porte. "Oui !" pensant qu'il s'agit de Tristan venu réclamer son aide pour la dernière composition de texte.

Je me présente sur le seuil.

Son corps accuse une sorte de frisson en me voyant ; un soubresaut le tirant de sa léthargie.

"M'autorises-tu à entrer ?..."

Il hésite fortement. "Oui, viens."

Je me tiens devant lui, penaude. "Je... suis désolée, Rollo."

"Tu te répètes." regard obstinément tenu à l'extérieur.

"J'ai été ignoble..."

"Cela n'avait pas l'air de te chagriner lorsque tu sortais la nuit. Tu te moquais éperdument de me piétiner le cœur."

Je déglutis. Oui, je le mérite. "Sache que... tu n'as jamais été un choix par défaut, Rollo."

"Étrange. Tout me semble indiquer le contraire. Tu t'es bien servie de moi durant l'absence de ton... régulier." sur une moue profondément révulsée. "Tu m'y as fait croire, Rachel. Et moi, comme un imbécile, j'ai foncé tête baissée."

"Hey..." abaissant ma main sur la sienne.

Il la retire avant le contact, me fixant comme s'il me voyait déjà brûler. "Je te défends de me toucher !"

Je recule d'un pas. Une colère vive le consume.

"A bien y réfléchir, tu ne mérites aucun d'entre nous. Tu ne sais servir que tes intérêts, Rachel. Les dommages que cela provoque, tu t'en moques."

Son regard bascule vers la porte, m'invitant à débarrasser le plancher.


"Princesse, qu'est-ce qui te chagrine ?..."

"Ri... rien."

"Oh, pas avec moi, Princesse."

"J'ai... tu sais, Rollo..." triturant la couverture, jambes ramenées contre mon ventre.

"Il te cause du souci ? Du tort à nouveau ?"

"Non, il... pense que je me suis servie de lui durant ton absence." plongeant le nez dans la couverture, honteuse, serrant mes jambes contre moi.

"Et... à tort ou à raison ?..." caressant mon genou.

"A tort et à raison." sur un soupir.

Rook rit. "As-tu tenté d'éclaircir la situation avec lui ?"

"Oui. Il campe sur ses positions. C'est une véritable mule, si tu savais !..."

"Il n'est peut-être pas de ceux qui partagent. Et dans ce cas, tu ne peux que tirer un trait sur votre histoire, ma jolie louve."

"Je ne le veux ni ne le peux, Rook." de plus en plus mal.

"Tu seras forcée de t'en faire une raison et de respecter sa position sur le sujet."

J'en soupire. Oui, je sais bien tout cela...


Je le guette, planquée derrière l'une des colonnes de la coursive.

C'est là mon ultime tentative !...

Attention. Ça y est !... Il va... le sortir !...

Je bondis, fonçant droit sur lui, furtive et discrète - sans cri de guerre.

J'attrape le précieux objet au vol, l'emportant avec moi.

Rollo met un certain temps à réaliser, demeurant dans l'allée du square, observant sa paume vide, totalement incrédule.

Il finit enfin par me donner la chasse, se déplaçant à grandes enjambées, peu amusé par ce tour !... Je l'entends ronchonner intérieurement !...

Je grimpe les marches de l'escalier donnant jusqu'au clocher.

C'est là qu'il me talonne, jambes habituées à l'exercice qu'il s'impose au moins une fois par jour.

Arrivée en haut, je me planque habilement - il existe une foule de cachettes et de recoins.

Rollo s'avance, sans le moindre essoufflement. "La plaisanterie a assez duré, Rachel."

Ça va, il ne hurle pas. J'entends même l'ombre d'un sourire dans sa voix.

"Je connais cet endroit comme ma poche. Tu ne pourras pas t'y cacher bien longtemps."

J'observe l'objet ; ce mouchoir de soie aux motifs célestes qu'il se plaît à humer lorsque son humeur vacille...

Il ne possède aucun parfum particulier si ce n'est celui de Rollo.

Cette senteur corporelle fort délicate me rappelle lorsqu'il m'autorisait à le serrer contre moi...

Il finit évidemment par me débusquer. "Sors de là." m'aidant à me relever alors que j'étais toute recroquevillée.

"Give it back." tendant la main.

Au moment où je le dépose dans sa paume, je grimpe sur la pointe des pieds pour prendre ses lèvres.

Moment d'incrédulité totale. Langue finissant par faire irruption, léchant le reliquat de la saveur laissée par les miennes, de manière instinctive. OK. Il en crève. Mais il ne s'avouera pas vaincu pour autant.

Une ronde d'insultes est en train d'encombrer ses pensées ; il est en train de se damner pour ce mouvement de langue qui vient de lui échapper, doigts crispés autour du mouchoir.

Ses yeux se voilent, son sexe a le malheur de répondre.

C'est une bonne chose de savoir que je lui manque. Et pas qu'un peu, dirait-on !...

"Tu as... laissé ton fairplay au vestiaire, semble-t-il..."

"Tous les moyens sont bons."

"Recommencer... serait une grave erreur."

Son corps le brûle autant qu'il le lance. Ce serait si bon de reprendre là où nous nous étions arrêtés !...

"Je ne suis pas un pion que tu peux déplacer à ta guise."

"Shh. Tu vas dire des choses désagréables, Rollo." barrant ses lèvres de mon index.

Il attrape ma main entière dans la sienne, fourrant illico l'index dans sa bouche, le laissant lentement quitter l'antre chaud et accueillant, regard vacillant planté dans le mien.

Rollo... oser un tel geste !... J'en demeure moi-même totalement désarçonnée.

J'observe son mime pour le moins explicite et sans équivoque.

Son corps le lance si fort ! Son sexe pulse tant qu'il ne semble avoir conscience que de lui et de lui seul !

Le désir qui règne en lui est une dinguerie !

Clairement, il en crève !

Son souffle vacille, bouche entrouverte pour apporter l'oxygène qui fait défaut à ses narines.

Il n'est plus que tension brute, désir exacerbé.

Vif, il attrape mon visage entre ses mains - sans avoir eu le temps de ranger le mouchoir - pour m'embrasser avec fougue, langue allant derechef chercher la mienne pour un tour endiablé du propriétaire avant de se séparer de moi.

"D'accord. Tu as gagné."

Gagné ? Haha ! Tu t'es vu, Rollo-kun ?... Si je devais t'abandonner ici, tu te palucherais sitôt mon dos tourné !...

La lueur qui baigne sa pupille est un curieux mix de rage et de désir combinés.

"Tu mérites que je te consume telle la cire d'une bougie." à mon oreille, plissé de désirs obscènes. "Tu vas apprendre, à tes seuls dépends, les dangers de jouer avec un feu tel que le mien."

Il est en train de me promettre le paradis, là ?...

Il place une clé dans ma paume. "Ceci est la clé de ma chambre. Je veux t'y voir après le souper."


Rollo écoute d'une oreille distraite Tristan lui raconter les dernières prouesses de quelques hardis chasseurs de la Cité ainsi que la renommée des artisans boulangers.

Le regard fixe de Rollo, ailleurs que sur son interlocuteur, indique que ses pensées vagabondent, de même que la façon dont il joue avec ses doigts, les tordant devant sa bouche qui esquisse un sourire me promettant de chauds moments.

"Sorcière !..." lui échappe un moment alors que Tristan discute avec Viane, fort heureusement suffisamment bas pour ne pas être entendu.

Rollo a déjà envisagé les façons dont il va me prendre ce soir ; par devant, par derrière ; qu'importe ! Je vais en prendre pour mon compte !...

Alors certes, il n'est pas encore très expérimenté en la matière mais les estampes qu'il a passées en revue lui ont offert un avantageux aperçu de ce qu'il était possible de pratiquer.

Et puis, il se sent suffisamment enflé d'impatience pour laisser son instinct lui dicter sa conduite, lui qui adule le contrôle.

"Tu mérites que je ne t'accorde aucune considération." alors qu'il chemine jusqu'à sa chambre, attrapant la clenche d'une prise ferme, poussant la porte, m'y trouvant.

Son sourire est plus que satisfait.

Il retire son imposant couvre-chef ainsi que les ornements qui le distinguent des autres étudiants.

"Allonge-toi." sans m'adresser le moindre regard.

"Et écarte les jambes ?" n'appréciant pas du tout être traitée de la sorte.

"Ce sera plus confortable pour toi, oui."

Je pose la clé en la faisant claquer sur le plateau du bureau. "Tu sais quoi, Rollo Flamm, je pense surtout que tu vas passer ta soirée en compagnie de ta main droite !"

Il me fait face. Son expression entière vient de vaciller. "N'es-tu point la catin de plusieurs hommes ?"

La gifle part.

Il accuse le coup, tête revenant dans l'axe, lentement. "Une catin qui, visiblement, manque cruellement d'éducation."

"Je t'interdis, tu m'entends, Rollo ?!"

"Allonge-toi, j'ai dit." m'indiquant le lit.

"Tu rêves !" passant mon chemin.

Il me rattrape par le bras, m'emportant jusqu'au lit.

"Lâche-moi ! Arrête !..."

Ses lèvres fondent alors sur les miennes, achevant toute réticence à l'égard de ce qu'il propose.

Enhardi par cette première victoire, il entreprend de me déshabiller, fébrile.

Son sexe ne sait plus où enfler tant il gagne en volume dans ses braies, faisant naître une bosse particulièrement obscène sur le devant de sa longue tunique. J'en dessine les contours, finissant par le comprimer, ce qui lui déclenche une rafale de geignements de contentement, ayant de plus en plus de mal à contenir son désir.

Je tiens en mon pouvoir la perle la plus érudite de tout Noble Bell ; son Président dont toute la légendaire patience et le contrôle viennent de s'évanouir en même temps.

Il me pousse sur le lit, retroussant ma tunique pour attraper mes braies et les descendre des deux mains, sous-vêtement compris.

J'agis de la même façon, sexes avides de se retrouver.

Mes jambes relevées sur ses épaules, il butine un instant mon entrée, suffoquant davantage, m'entraînant dans un plaisir qui monte en flèche.

Je l'appelle et il me fait écho "petite fée", "ma jolie fleur". Ses petits noms doux ont souvent une évocation florale - c'est un éminent botaniste, capable de vous réciter tous les noms de fleurs et plantes en latin.

Il donne une poussée vigoureuse qui l'invite au fond, en palpitant furieusement, paupières papillonnant sous l'afflux formidable de plaisir que la manœuvre a initié, bouche ouverte pour happer l'air lui manquant.

Les jambes de Rollo possèdent une belle musculature au vu des exercices qu'il s'impose en montant dans le clocher quotidiennement pour entretenir les Grotesques couverts de mousses envahissantes. Un oiseau est même parvenu à nidifier dans la bouche de l'un d'entre eux !... Ce qui a beaucoup amusé Rollo - tout en l'indignant à la fois.

Toutes nos pensées sont à présent ciblées sur le bien que nous procure son sexe en coulissant à loisir dans le tunnel gorgé du mien, doigts allant se croiser aux miens, bouche ouverte sur des appels et sons de plus en plus lascifs.

Arrive le point de non-retour où tout s'emballe, nos corps incapables de se freiner en quoi que ce soit jusqu'à l'orgasme qui éclate furieusement quelques secondes après.


Je glisse les doigts entre les mèches courtes de sa frange. "Tu es beau." le dévorant de tous mes yeux, faisant naître sur ses lèvres un sourire flatté. "C'était si bon que mon corps en réclame encore..." à son oreille conquise.

"Tu apprécies être... malmenée, ma précieuse fleur ?..." glissant les doigts dans mes mèches sur l'oreiller.

"N'en as-tu point envie ?..." cherchant son sexe sous la couverture pour le flatter.

"Arrête." stoppant les délices de ma main. "Pas de cette façon."

"De quelle manière, alors ?... Cela ne me dérange pas que tu disposes de moi, Rollo." me hissant sur lui, jambes ouvertes, sexes en contact.

"Tu... comptes beaucoup plus pour moi qu'une histoire sans lendemain..." glissant une mèche égarée derrière mon oreille, abaissant l'autre main sur ma hanche. "Je réclame... une place dans ton cœur. Accorde-la moi, ma toute belle..." troublé par son propre aveu.

Je secoue la tête. "Je prends le meilleur des hommes. Et je laisse le reste."

"Je t'ai peut-être laissé penser que... j'étais..." levant le menton alors que j'oscille sur lui, agrippant mes hanches. "Haaaaan..."

"Je n'ai besoin de rien de plus, Rollo."

"Tu... continues à... me faire... offense !..." sensations commençant à le durcir.

"Le reste n'est que... superficiel."

"Sor... haaaaah..." sentant la colère et la frustration le gagner en même temps que l'exaltation.

Ses mains ne résistent guère à l'appel de mes seins qui bougent en rythme avec les ondulations de mon corps.

"Aurais-tu... mmm... oublié que tu n'es qu'un homme, Rollo ?... Tu as beau... haaaah... porter les atours les plus prestigieux de cette cité... tu n'en demeures pas moins... un homme que le mouvement de mes hanches... ensorcèle jusqu'à le faire vaciller... n'est-ce pas ?..." caressant ses joues de doux revers, observant le plaisir qui se fige dans ses traits.

Sa bouche s'entrouvre, délivrant un souffle heurté. "Sorcière ! Vile... femelle !" menton se levant, spasmes dans le bas-ventre le gagnant en quasi-totalité.

"Que m'importe, Rollo." contractant autour de son sexe au supplice.

"Haaaah ! RUDE CATIN !"

Ce qui remue en son ventre lui fait penser à de la lave volcanique qui tourbillonne vivement dans sa nappe avant de s'autoriser la sortie.

Il ne sait plus de quelle manière mener de front le plaisir qui le transcende en véritable torche humaine et cette colère sourde qui lui procure le rugissement.

Son cerveau bute sur les termes les plus durs pour me qualifier. "Oooooh !... Fille de Serpent !"

Je personnifie véritablement son péché, son penchant éhonté pour le sexe et ses plaisirs, lui qui se veut si exemplaire ; ascète saturé de ces contradictions qui l'étouffent, hypocrisie en guise de bréviaire.

Je veux le sentir une nouvelle fois se perdre en moi, savourer ma victoire sur sa volonté farouche.