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Hello ! Je poste ce chapitre avec un petit peu de retard, la faute au covid qui a décidé de venir faire un coucou à mon organisme et m'a mise K.O. pendant une semaine..

Merci aux personnes qui ont pris le temps de laisser des reviews ! Bon, et même si d'après le règlement de ffnet on n'est plus censés laisser de réponses aux reviews en début de chapitre, je fais une petite entorse à la règle, une fois n'est pas coutume !

Réponse à Ana Snape : Merci de continuer à commenter depuis le début de cette fic ! Et promis je n'avais pas oublié de poster ce chapitre-ci, le voilà qui arrive au galop - j'espère que la longueur compensera le délai ^^

Réponse à MitsukiYaoi : Je suis toujours agréablement surprise de voir que tu commentes aussi vite après la publication des chapitres, je ne sais pas comment tu arrives à cet exploit sans avoir de compte ^^ Si tu en crées un ce sera avec plaisir d'échanger davantage ! En tout cas un grand merci pour toutes tes reviews, je suis ravie de savoir que cette fic continue à te plaire (:

Sur ce, nous retrouvons le POV de Severus, ainsi que (enfin!) ses retrouvailles mouvementées avec Sirius !

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Partie II

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Chapitre 14

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Severus sortit du tunnel et pénétra dans la Cabane Hurlante silencieusement, s'assurant que la cape d'invisibilité le recouvrait en totalité. Il avisa les quelques rayons du soleil qui arrivaient à se frayer un chemin au travers des planches barrant les fenêtres : il restait encore un peu de temps avant que la lune ne se lève et transforme Lupin. La capture de Black devrait être aussi brève et efficace que possible...

Malgré l'urgence qui palpitait en lui, Severus traversa la pièce principale à pas feutrés et gravit les marches de l'escalier lentement, prenant garde de ne pas les faire grincer. Tandis qu'il se rapprochait de l'étage, des voix se firent de plus en plus distinctes. Une fois arrivé sur le pallier il en reconnut plusieurs, provenant d'une porte close devant lui : d'abord une voix fluette, qu'il identifia comme celle de Hermione Granger. Sous la cape, Severus secoua la tête : bien sûr, Potter avait embarqué ses acolytes avec lui... Le plus jeune des frères Weasley devait probablement être présent, lui aussi. Puis il entendit une autre voix : celle de Lupin, assurément. Et enfin une troisième, un grondement grave... Severus sentit sa bouche s'assécher tandis qu'il faisait le parallèle avec la voix du Sirius Black qu'il avait connu dans sa jeunesse.

« ...J'ai attendu douze ans, disait la voix. Je n'ai pas envie d'attendre plus longtemps.

- Très bien, répliqua la voix de Lupin, mais il faudra que tu m'aides Sirius. Je ne connais que le début de l'histoire... »

Severus décida de jouer le tout pour le tout. Il avait besoin d'avoir une vue de la situation ; alors, pour ce faire, toujours entièrement dissimulé par la cape d'invisibilité, il ouvrit la porte d'un geste sec.

La scène se révéla à lui dans un grincement : là, dans ce qui avait été une ancienne chambre, Lupin se tenait près de l'ouverture. Celui-ci s'interrompit et scruta la porte qui venait de s'ouvrir sans raison apparente, puis il s'avança et inspecta le pallier du regard tandis que Severus reculait silencieusement d'un pas.

« Il n'y a personne...

- Cette maison est hantée » commenta la voix du jeune Weasley un peu plus loin dans la pièce.

Severus vit que non loin de celui-ci se tenaient Potter et Granger.

« Pas du tout, répondit Lupin en retournant son attention vers le jeune gryffondor. La Cabane Hurlante n'a jamais été hantée... »

Et tandis qu'il poursuivait son laïus, le regard de Severus se fixa sur la dernière personne présente dans la pièce.

Black.

Severus resta coi à cette vision. Au premier abord, Black était difficilement reconnaissable. Certes, Severus avait vu la photo qui avait orné les pages de la Gazette pendant de nombreux mois, prise alors que Black avait déjà été emprisonné à Azkaban, et déjà à cette époque il ne ressemblait plus totalement à l'adolescent qu'il avait été. Mais l'homme qui se tenait à quelques pas de lui était tout bonnement méconnaissable : ses vêtements éliminés laissaient deviner une maigreur cadavérique, clairement visible sur son visage où les os pointaient derrière une peau cireuse. Des cernes à en faire pâlir le plus grand des insomniaques cerclaient ses yeux – qui s'agitaient régulièrement en direction du jeune Weasley, remarqua Severus. Une masse de cheveux emmêlés et sales tombaient sur ses épaules crispées de tension.

Comme il était loin l'adolescent au regard rieur et au sourire ravageur... Cet homme, là, ressemblait davantage à un fantôme – ou peut-être à un inferi...

Puis, tandis que Severus ne savait combien de temps il était resté ainsi figé dans sa contemplation, quelque chose passa soudainement sur les traits de l'homme. Ça avait été fugace ; mais, l'espace d'un instant, tandis que son regard s'était tourné vers Lupin – qui racontait, Severus ne savait pourquoi, leur propre jeunesse à Poudlard aux trois adolescents face à eux – quelque chose s'était allumé dans ses yeux. Et c'est ce quelque chose, cette étincelle de vie peut-être, qui permit au cerveau de Severus de faire la connexion : il y avait reconnu le regard du jeune homme qu'il avait côtoyé. Il y avait vu Sirius Black.

Black.

Le traître.

Le meurtrier par procuration de Lily.

Severus sortit enfin de sa paralysie tandis qu'une haine sourde s'emparait de lui. Il mit toute sa volonté pour ne pas sauter sur ce traître et l'achever directement façon moldue. Non ; il devait rester maître de lui et d'abord évaluer la situation.

De nouveau, il jeta un regard à la fenêtre la plus proche : des rayons du soleil continuaient à percer, mais ils semblaient plus faibles que précédemment. Il fallait faire vite, avant que la nuit tombe. Il scanna alors l'environnement autour de lui : Black était apparemment hautement concentré sur le jeune Weasley, qui était dans une position laissant supposer qu'il devait avoir une jambe cassée, tandis qu'il tenait tant bien que mal son rat de compagnie entre ses mains. Potter et Granger se tenaient toujours près de lui et buvaient les paroles de Lupin. Celui-ci avait sa baguette en main, mais sa garde était baissée. Idem pour les trois adolescents. Black, quant à lui, n'était pas armé.

Il devait donc neutraliser Lupin en priorité. Puis Black dans un second temps. Et ensuite ramener les gamins en sécurité...

Mais soudain son attention fut attirée par Lupin qui, au milieu de son monologue, venait de prononcer son nom.

« ...Snape avait raison de se méfier de moi.

- Snape ? s'exclama soudainement Black, tournant un regard interloqué vers le loup-garou. Qu'est-ce que Snape a donc à voir là-dedans ?

- Il est ici » répondit Lupin, et Severus sentit son cœur se mettre à palpiter dangereusement à l'idée qu'il ait été découvert. Cependant Lupin enchaîna : « Lui aussi est professeur dans cette école. »

Il regarda tour à tour Potter, Weasley et Granger.

« Le professeur Snape était un de nos condisciples de Poudlard. Il s'est battu avec acharnement pour que le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal ne me soit pas confié. Tout au long de l'année, il a répété à Dumbledore qu'on ne pouvait pas me faire confiance. Il a ses raisons... Un jour, Sirius lui a fait une farce qui a failli le tuer, et à laquelle j'ai participé malgré moi... »

Severus n'en croyait pas ses oreilles. Il sentit ses entrailles se contracter pendant que, abasourdi, il entendait Lupin mentionner à ses élèves l'une des pires peurs et humiliations de sa vie.

Mais en entendant la réponse de Black, il se sentit littéralement bouillir de l'intérieur.

« C'est bien fait pour lui, répliqua celui-ci. Il était toujours en train de rôder autour de nous à essayer de savoir ce que nous préparions... en espérant qu'il parviendrait à nous faire renvoyer... »

L'image d'un Sirius Black de dix-sept ans lui présentant des excuses s'imposa à l'esprit de Severus. Il retint une exclamation de dégoût. Et dire que Black avait cherché à s'excuser plusieurs fois à ce sujet lors de leur septième année ! Bien sûr qu'il n'en pensait pas un traître mot. Black était un menteur, un manipulateur...

Et, très clairement, les trois jeunes gryffondors face à eux étaient en train de se faire manipuler. Leur méfiance était totalement endormie par le discours de Lupin, ils n'avaient même pas la présence d'esprit de pointer leurs baguettes ni sur le loup-garou ni sur Black...

Severus devait agir. Maintenant.

« ...C'est pour ça que Snape ne vous aime pas ? demanda alors Potter à Lupin. Parce qu'il a cru que vous étiez complice de la farce ? »

Severus enleva soudainement la cape d'invisibilité.

« Exactement » trancha sa voix dans l'air ambiant tandis qu'il pointait sa baguette sur Lupin.

Granger poussa un hurlement. Black se leva d'un bond. Potter sursauta comme s'il avait reçu une décharge électrique, et Weasley ouvrit grand la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Lupin, quant à lui, se figea au bout de sa baguette. Severus tira une profonde satisfaction de l'effet de surprise qui jouait en sa faveur.

« J'ai trouvé ceci au pied du Saule Cogneur, dit Severus en jetant la cape d'invisibilité par terre. C'est très pratique Potter. Je vous remercie...

- Severus- tenta Lupin, mais il l'interrompit.

- J'ai répété au directeur que c'est toi qui as aidé ton vieil ami Black à s'introduire dans le château, Lupin, et en voici la preuve. Je n'aurais jamais pensé que tu aurais l'audace de revenir te cacher dans cet endroit... »

Lupin tenta à nouveau de se justifier, en vain : Severus ne l'écoutait pas. Il n'entendait plus que la rage et le sentiment de triomphe qui palpitaient en lui à présent qu'il avait enfin coincé Black et Lupin. Il jeta un sortilège informulé et subitement des cordes semblables à des serpents jaillirent de sa baguette dans un Bang! sonore, pour venir s'enrouler autour de Lupin qui tomba sur le sol, immobilisé. Dans un rugissement de rage, Black s'élança vers lui mais Severus lui pointa instantanément sa baguette entre les deux yeux.

« Donne-moi une bonne raison, murmura Severus, une seule bonne raison de le faire, et je te jure que je le ferai. »

Black se figea face à lui, ses traits déformés par la rage. Severus garda son attention rivé sur lui tandis que Granger s'approchait d'eux d'un pas hésitant.

« Professeur Snape, demanda-t-elle d'une voix mal assurée. Nous... nous pourrions peut-être écouter ce qu'ils ont à nous dire ? »

Severus l'envoya paître verbalement. Granger n'était qu'une stupide gamine qui n'avait juste aucune idée de ce qui se jouait réellement sous ses yeux. Puis Severus l'ignora, toute sa concentration focalisée sur Black.

« Quelle douce vengeance... murmura-t-il en regardant le criminel droit dans les yeux. J'espérais tellement être celui qui t'attraperait...

- Tu ne t'es jamais remis de cette blague » grogna Black, et l'espace d'un instant Severus eut du mal à comprendre.

Cette blague ? Black pensait encore que c'était à cause de cette histoire de loup-garou que Severus le haïssait tant ? Ce n'était pas pour sa tentative de meurtre que Severus lui en voulait, mais pour le meurtre de Lily. Comment Black pouvait-il prétendre ne pas faire le lien ?

Severus n'eut pas le temps de répliquer car Black poursuivit.

« Si ce garçon emmène son rat jusqu'au château, je te suivrai sans faire d'histoires. »

Severus tiqua à cette étrange phrase et jeta un œil dans la direction qu'avait pointée Black d'un geste du menton : là, le jeune Weasley tenait tant bien que mal son rat qui se débattait comme un diable. Severus secoua la tête. Qu'est-ce que c'était que ce délire ? Black cherchait-il à détourner son attention ?

« Jusqu'au château ? répliqua Severus qui ne se laissa pas déconcentrer. Je ne crois pas que nous aurons besoin d'aller aussi loin. Il me suffira d'appeler les détraqueurs dès que nous serons sortis du Saule Cogneur. Ils seront ravis de te voir, Black... tellement ravis, qu'ils te donneront sûrement un baiser... »

Severus savoura l'effet de ses paroles sur Black qui pâlit drastiquement.

« Il... Il faut que tu m'écoutes, dit-il de sa voix rauque. Le rat... Regarde ce rat... »

Black nageait en plein délire, conclut Severus. Mais, lui, il continuait à garder la tête bien sur les épaules et c'est pour ça qu'il ignora la demande de Black.

« Venez tous » lança-t-il à l'adresse des trois étudiants, tandis que d'un geste de sa baguette l'une des extrémités des cordes qui entravaient Lupin se dressait pour atterrir dans sa main. « J'emmène le loup-garou, ajouta-t-il. Peut-être que les détraqueurs auront envie de l'embrasser, lui aussi... »

Soudain, Potter bondit entre lui et la porte de la chambre. Severus fronça les sourcils face à ce geste dénué de sens.

« Dégagez, Potter. »

Mais le gamin n'en fit qu'à sa tête, essayant de prendre la défense de Lupin, et ce alors que Severus venait tout juste de lui sauver la vie. Son aveuglement et son ingratitude le mit hors de lui, et il hurla sur le jeune gryffondor. Il insulta ce foutu garnement, son père, et même toute sa lignée peut-être... Severus était emporté par la fureur. A nouveau, il vociféra « Dégagez Potter ! »

Sauf que Potter ne dégagea pas. A la place, il fit une chose à laquelle Severus ne s'attendait pas. Il fut trop effaré pour réagir.

« Expelliarmus ! » s'exclama l'adolescent, tandis que deux autres voix prononçant le même sort résonnaient également. Trois traits de lumière rouge atteignirent Severus simultanément. Il se sentit projeté dans les airs.

Puis il y eut un choc, et tout fut soudainement noir.

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Severus avait un goût métallique dans la bouche. Il avait froid, était allongé sur une surface dure et fraîche, et une douleur palpitait dans son crâne.

Où était-il ?

Il ouvrit lentement les yeux et trouva sa réponse dans le ciel obscur qui le surplombait. Il était dehors. Il se redressa dans un grognement et regarda devant de lui : il était dans le parc de Poudlard. Comment était-il arrivé là ? Que s'était-il passé ?

Soudain, l'image d'un homme lui revint dans un flash.

Black !

D'un bond, Severus se remit sur ses jambes. Il scruta l'obscurité autour de lui, et son regard tomba sur le jeune Weasley étendu sur le sol près de lui, les yeux mi-clos et la bouche entrouverte. Weasley avait reçu un sort. De qui ? Black ? Lupin ?

A ce moment, les nuages s'écartèrent et laissèrent place à la lune qui éclaira le vaste parc. Severus se retourna pour faire face à l'astre plein illuminant le ciel et fut saisi d'effroi.

Lupin !

Son rythme cardiaque s'accéléra radicalement. Où était le loup-garou ? Où était Black ? Et les deux autres gamins, Potter et Granger...

Potter.

Le fils de Lily.

Une angoisse sourde le prit aux tripes, son esprit imaginant déjà Potter déchiqueté par les mâchoires de Lupin sous sa forme de loup-garou. Il fouilla frénétiquement dans ses poches à la recherche de sa baguette magique. Rien. Elle n'était pas là.

Severus ferma les yeux et prit une profonde respiration pour se calmer. Il expira lentement, puis fit appel à sa magie pour lancer un sort sans baguette.

« Accio baguette » lança-t-il en tendant la main dans le noir.

La magie vibra jusque dans ses doigts et sembla rencontrer un point un peu plus loin, sur lequel elle tira, tira... Jusqu'à ce, qu'enfin, sa baguette lui atterrisse au creux de la paume.

Severus haleta, se remettant du sort qui venait de puiser dans ses réserves d'énergie. Néanmoins l'image de Potter lui revint à l'esprit et il ne perdit pas un instant de plus. Il fit apparaître un brancard sur lequel il jucha Weasley d'un mobilicorpus puis il partit à la recherche de Potter.

Tandis qu'il foulait l'herbe fraîche à grandes enjambées, il se creusait la cervelle pour déterminer quel sort lui permettrait de localiser le gamin au plus vite. Mais c'est alors que des mouvements dans le ciel attirèrent son attention, et Severus s'immobilisa devant un spectacle effrayant : celui d'une bonne centaine de détraqueurs marbrant le ciel nocturne. Les créatures semblaient s'enfuir depuis un point situé plus à l'ouest...

Instinctivement Severus courut dans cette direction, son esprit cherchant parallèlement un souvenir qui pourrait lui être utile afin de produire un patronus en cas de besoin, ainsi qu'une liste de sortilèges à utiliser s'il venait à tomber nez à nez avec le loup-garou – l'avada était en tête.

Néanmoins il n'eut pas besoin de se servir de sa baguette durant sa course, qui le mena finalement aux abords du lac. Il s'arrêta et observa un instant le tableau sous ses yeux : Black, Granger et Potter étaient prostrés sur la rive, inconscients. Il s'approcha d'eux et chercha leurs pouls l'un après l'autre.

Ils étaient tous vivants.

Potter est vivant.

Une vague de soulagement le traversa. Severus ne se laissa pas pour autant emporté par l'émotion et resta pragmatique : d'un coup de baguette il fit apparaître trois autres brancards – ainsi que des cordes qui vinrent ligoter Black – près de celui de Weasley qu'il avait fait suivre dans sa course. Il y fit léviter les trois corps supplémentaires. Puis Severus conjura un Patronus qu'il envoya pour informer Dumbledore de la situation.

Enfin, tenant fermement sa baguette en main pour maintenir les sorts de lévitation tout en restant prêt à parer à tout danger, il reprit le chemin du château.

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Après avoir parqué Black dans le bureau de Flitwick et envoyé les trois jeunes gryffondors à l'infirmerie, Dumbledore avait missionné Severus pour accueillir le ministre qui avait été immédiatement contacté. Pendant ce temps le directeur était allé interroger Black, et il avait dit à Severus qu'il les retrouverait ensuite devant l'infirmerie.

Après avoir accueilli Cornelius Fudge aux grilles du château, Severus traversa les couloirs en compagnie de ce dernier, qui semblait à la fois agité et soulagé.

« Une histoire stupéfiante... Vraiment stupéfiante... » n'arrêtait-il pas de répéter. « Une chance que vous ayez été là, Snape... »

Severus acquiesçait aux propos du ministre, lui donnant des détails supplémentaires lorsque celui-ci lui en demandait. Ils étaient toujours en pleine discussion lorsqu'ils arrivèrent devant les portes de l'infirmerie, mais ils furent soudainement interrompus.

« QUOI ? »

Le mugissement qui avait résonné depuis l'infirmerie incita Fudge à en franchir les portes ; Severus le suivit, et constata que Potter en était l'auteur. Lorsque le gamin vit le ministre, il se redressa un peu plus dans son lit et l'interpella aussitôt.

« Monsieur le ministre, écoutez-moi ! Sirius Black est innocent ! Peter Pettigrew a fait croire à sa propre mort ! On l'a vu ce soir ! Il ne faut pas laisser les détraqueurs faire ça à Sirius... »

Severus eut un sursaut. Que racontait Potter ? Qu'était-ce donc que ce délire autour de Pettigrew ? Fudge tenta d'apaiser l'adolescent mais rien n'y fit. Granger se joignit même à la conversation, corroborant le délire de Potter.

« Monsieur le ministre, dit-elle d'un ton implorant, écoutez-moi, s'il vous plaît. Moi aussi, je l'ai vu. C'était le rat de Ron, c'était un animagus, Pettigrew, je veux dire, et... »

Severus, bien que stupéfait par ce que ce disaient les deux gamins, se ressaisit rapidement.

« Vous voyez, monsieur le ministre ? coupa Severus. Ils ne savent plus où ils en sont, ni l'un ni l'autre... Black a fait du bon travail avec un sortilège de confusion... »

Potter se mit à lui hurler des inepties ; mais c'est alors que Dumbledore fit son entrée dans l'infirmerie. Tous tournèrent leur attention vers le nouveau venu. Pomfresh intervint ensuite pour tenter de réclamer le repos de ses jeunes patients, cependant le directeur insista.

« Toutes mes excuses, Pompom, mais j'ai besoin de dire un mot à monsieur Potter et à miss Granger, dit Dumbledore très calmement. Je viens de parler à Sirius Black... »

Severus s'interposa.

« J'imagine qu'il vous a raconté le même conte de fées qu'il a fourré dans la tête de Potter ? Une histoire de rat et de Pettigrew qui serait vivant...

- C'est en effet l'histoire que m'a raconté Black » admit Dumbledore en regardant Severus attentivement à travers ses lunettes en demi-lune.

Severus était stupéfait. Car dans les yeux de Dumbledore, une étrange lueur brillait. Se pouvait-il qu'il croit au récit de Black ?

« Mon témoignage n'a donc aucune importance ? s'impatienta Severus. Peter Pettigrew ne se trouvait pas dans la Cabane Hurlante, et je n'ai pas vu de trace de lui dans le parc ! »

Granger essaya de le contredire et, n'y tenant plus, Severus lui hurla de se taire. La gamine parlait de choses qu'elle ne comprenait pas, dont elle ne saisissait pas la portée...

Puis le directeur insista à nouveau pour parler à Potter et Granger, congédiant Severus, Fudge ainsi que Pomfresh. Fulminant, Severus tourna les talons et franchit la porte que Fudge lui tenait grande ouverte. Il partit dans le couloir, accompagné du ministre.

« J'espère que Dumbledore ne va pas faire de difficultés, maugréa Severus au bout d'un temps. Le baiser va être donné tout de suite ?

- Dès que Macnair sera de retour avec les détraqueurs » lui répondit Fudge, qui partit ensuite retrouver le bourreau du ministère.

Severus resta planté devant les grandes portes de chênes un moment, absorbé par ses pensées. Dumbledore... Qu'avait-il en tête ? Il était impossible qu'il donne du crédit au récit de Black, aux paroles de celui qui avait condamné Lily... N'est-ce pas ?

Il avait besoin de s'entretenir avec Dumbledore. De savoir ce qui se tramait dans son esprit. Alors Severus se mit à faire les cent pas dans le hall, attendant que le directeur revienne de l'infirmerie. Il n'eut que quelques petites minutes à attendre avant de voir sa silhouette émerger du couloir.

« Monsieur le directeur.

- Severus ?

- Vous ne croyez tout de même pas sérieusement aux élucubrations de Black ? »

Dumbledore parut las tout-à-coup.

« J'ai bien peur qu'il ne s'agisse pas d'élucubrations, Severus, mais de la vérité.

- La vérité ?! »

Severus explosa.

« Comment ça, la vérité ? C'est absurde ! Il n'y avait pas de Peter Pettigrew ce soir dans la Cabane Hurlante. Peter Pettigrew est mort ! Il y a douze ans de cela ! »

Severus sentait son degré de colère augmenter au fur et à mesure que le directeur hochait la tête négativement à ses mots.

« Black a tué Pettigrew après avoir vendu les Potter au Seigneur des Ténèbres ! cria Severus. Black était leur gardien du secret ! Vous me l'avez répété encore, et encore, et encore ! »

La réponse du directeur lui fit alors l'effet d'un seau d'eau glacé.

« Je suis désolé, Severus. »

Il se sentit soudainement paralysé. Car dans les yeux de Dumbledore, une tristesse infinie était lisible... Et tandis que les mots du vieux sorcier faisaient leur chemin dans son esprit, Severus retrouva le contrôle de son corps et, sous le choc, fit un pas en arrière.

« Non » souffla-t-il.

Il recula d'un pas encore.

« Non » répéta-t-il à nouveau.

Puis, subitement, Severus tourna les talons.

Il s'engouffra dans le premier couloir venu, cherchant à mettre le plus de distance possible entre lui et les paroles de ce vieux fou, ainsi que son regard... Son regard qui rappelait que Dumbledore n'était qu'un homme et n'était pas infaillible. Son regard qui disait, clairement, « Je me suis trompé ». Son regard qui, d'un coup, remettait en cause tout ce à quoi Severus avait cru pendant douze ans.

Par Merlin, mais qu'est-ce que c'était que ce délire ?! Pourquoi Dumbledore croyait-il soudainement Black et ses histoires de Pettigrew réincarné ? Et puis, même si jamais Pettigrew n'était pas vraiment mort, qu'est-ce que ça changeait ? Black avait vendu les Potter ! Black restait responsable de leur mort, de la mort de Lily !

Severus s'immobilisa dans le couloir. Il manquait d'air. Il s'appuya de la main contre le mur le plus proche. La tête lui tournait, le mélange confus d'idées qui y régnait lui donnait le tournis.

Puis il ressentit subitement un besoin plus impérieux encore que celui de respirer.

Il devait voir Black. Il devait entendre Black lui-même, immédiatement.

Severus se redressa et reprit laborieusement sa course en sens inverse dans le couloir, puis monta les escaliers quatre à quatre. C'est essoufflé qu'il arriva finalement devant le bureau de Flitwick, où le petit professeur montait la garde.

« Severus !

- Filius. Je dois parler au prisonnier. Maintenant.

- Voyons Severus, êtes-vous sûr que-

- Maintenant. »

Le professeur de Sortilèges fronça les sourcils.

« Vous voulez entrer ? Je vous le déconseille fortement, Severus. Dumbledore s'y est risqué, mais je ne pense pas que-

- Je ne compte pas entrer » cracha Severus avec tout le mépris qu'il ressentait à l'idée de se retrouver face à face avec Black. « Je dois simplement lui parler. L'interroger. Est-ce qu'il peut nous entendre ? » demanda-t-il en pointant la porte du doigt.

Flitwick secoua la tête.

« Non, les murs sont trop épais et la porte est enchantée. Si vous voulez lui parler, il vous faudra lancer un sort.

- Bien. »

Le ton de Severus était sans appel, néanmoins il vit Flitwick hésiter. Son collègue le jaugea du regard un instant... Puis, finalement, il céda.

« Dans ce cas... dit-il. J'attends au bout du couloir. »

Severus hocha la tête et attendit que Flitwick se soit éloigné de quelques pas. Il prit une grande inspiration, puis il ensorcela une des pierres du mur afin que les sons puissent passer au travers.

« Black » appela-t-il.

Pas de réponse ; toutefois il entendit remuer derrière le mur.

« Black ! répéta-t-il un peu plus fort.

- ...Snape ? » répondit la voix étouffée du prisonnier.

Severus resta silencieux un instant. Il avait besoin d'entendre Black, mais il avait du mal à trouver quoi lui dire pour le faire parler...

« Qu'est-ce que c'est que ce délire ? lâcha-t-il finalement.

- Snape ! Il faut que tu me croies, répondit Black précipitamment. C'était Peter, il était là...

- Qu'est-ce que Pettigrew aurait à voir avec tout ça ? trancha Severus.

- Parce que c'était lui. Depuis le début, c'était lui. C'était Peter le gardien du secret de James et Lily, pas moi. »

Les mots de Black lui firent l'effet d'une violente baffe.

« Arrête tes mensonges, gronda Severus - mais il fut interrompu.

- C'est ma faute. Ma faute, répéta Black avec ce qui ressemblait à des larmes dans la voix. C'est moi qui leur ai dit de changer de gardien au dernier moment. Un coup de bluff, tu comprends ? Ça aurait été logique que ce soit moi. Et je devais agir comme si c'était le cas, partir me cacher pour attirer les soupçons. Pour que l'attention de Voldemort soit focalisée sur moi... Mais même s'il m'avait attrapé, même sous la torture, je n'aurais rien pu dire. Car ce n'était pas moi le gardien. Personne n'aurait imaginé que James et Lily auraient confié leur secret à Peter, à quelqu'un d'aussi insignifiant que lui... »

Severus était sidéré.

« Ils auraient pu mentir. »

C'est ce qu'il avait dit à Dumbledore douze ans plus tôt. C'est ce qu'il avait dit à peine quelques mois plus tôt à Lupin dans la salle des professeurs.

C'était là une façon de penser très serpentarde, qu'on n'aurait jamais attribuée aux gryffondors typiques qu'étaient James Potter et Lily Evans. Mais Lily avait l'esprit retors, et pendant un temps Severus avait pensé qu'elle aurait été capable de fomenter un tel plan... Mais non : apparemment c'était Black qui avait eu cette idée. Black, gryffondor lui aussi, mais qui avait grandi au sein d'une famille de serpentards...

« Tu mens, souffla néanmoins Severus.

- Non Snape. Je te le jure. Tu dois me croire...

- Tu as tué Pettigrew » contra Severus, même s'il n'était pas sûr que ce fait vienne pour autant contredire ce que Black venait de lui révéler.

Black sembla s'agiter derrière le mur.

« Je ne l'ai pas tué. C'est ce que je comptais faire quand j'ai compris qu'il avait trahi James et Lily. C'est ce que je comptais faire lorsque je l'ai retrouvé ce soir-là... Mais ce lâche s'est enfui. Il a fait exploser la rue, les canalisations, et s'est enfui sous sa forme animagus.

- Pettigrew, un animagus ? rétorqua Severus dédaigneusement. Pettigrew ? L'élève le plus nul de toute notre année ?

- On l'a aidé. James, Peter et moi, on est tous devenus des animagus au même moment, quand on était en cinquième année. Tu voulais savoir, à l'époque, pourquoi est-ce qu'on tirait tous des têtes de trois pieds de long après les pleines lunes ? C'est parce qu'on rejoignait Remus, on restait avec lui toute la nuit. James sous sa forme de cerf, moi sous ma forme de chien, et Peter sous sa forme de rat.

- Tu dis n'importe quoi » nia Severus. Des animagus ? Et puis quoi encore ?

Mais soudain Black l'interpella.

« Tu peux me voir ? »

Severus se sentit confus à cette question.

« Quoi ?

- Est-ce que tu peux me voir, là ? »

Severus fixa la pierre opaque à travers laquelle la voix de Black lui parvenait.

« Non.

- Alors fais quelque chose, jette un sort pour que tu puisses me voir. »

S'agissait-il d'une ruse ? Severus évalua la question l'espace de quelques secondes. Même en jetant le sort adéquat, Black ne pouvait pas s'en servir pour s'échapper. Alors, finalement, il lança le sortilège qui transforma la pierre en ce que les moldus appellent couramment une glace sans tain.

« Je te vois. »

Black était là, accroupi derrière le mur. Son visage cadavérique était recouvert de crasse et de sang séché. Ses yeux le fixaient sans le voir, et au fond d'eux brillait une étrange étincelle.

« Ok. »

Il se releva, faisant toujours face au pan de mur via lequel il discutait avec Severus... Et soudain il se transforma. Sa taille se rétrécit, il se retrouva affublé de quatre pattes, et des poils sombres poussèrent sur l'ensemble de son corps. Son visage s'allongea jusqu'à former un museau aussi noir que sa fourrure.

Un chien.

Black venait de se transformer en chien, là, juste devant lui. Severus sentit ses yeux s'écarquiller.

Black est un animagus.

Alors il n'avait pas menti ? Lui, Potter et Pettigrew étaient devenus des animagus ?

De l'autre côté du mur, Black se transforma à nouveau, reprenant son apparence humaine.

« Tu me crois maintenant ? » demanda-t-il tandis qu'il revenait s'accroupir près du mur.

Severus ne répondit pas. Il n'en était pas capable. Les mots lui manquaient.

« Même si... finit-il par articuler. Même si Pettigrew était bel et bien vivant... Il n'était pas là, ce soir, dans la Cabane Hurlante...

- Si, répondit Black. Tu ne l'as pas vu sous sa forme humaine ; Remus et moi l'avons forcé à se retransformer quand tu étais évanoui. Mais il était là depuis le début. C'était le rat. Le rat du jeune Weasley. »

L'image de Weasley tenant fermement son rat qui se tortillait comme un diable entre ses mains revint comme un flash dans l'esprit de Severus.

Il secoua la tête.

« Pourquoi ce rat-là, précisément ? Comment aurais-tu pu savoir ?

- Je l'ai vu. Il y avait cette photo... Fudge est passé à Azkaban l'été dernier, et j'ai récupéré son journal. Il y avait la photo de cette famille de sorciers qui avait gagné un voyage en Égypte... Et le plus jeune des garçons avait son rat sur l'épaule. Avait Peter sur l'épaule.

- Parmi les milliards de rats peuplant cette planète tu as forcément reconnu Pettigrew ? lança Severus avec dédain.

- Oui... Tu ne peux pas comprendre. Je l'ai vu tellement de fois se transformer sous mes yeux, pendant toutes ces années... Et puis, tu sais ce que Peter a laissé de lui pour faire croire à sa mort : un doigt. Et le rat sur la photo... Il lui manquait un doigt à une patte. C'était Peter. C'était forcément lui... »

A nouveau, Severus eut l'impression de recevoir une baffe en plein visage.

Tout semblait à la fois se mélanger et s'aligner dans son esprit.

Black, Potter, et Pettigrew. Des animagus. Pettigrew, un rat. Pettigrew, le gardien du secret des Potter. Pettigrew, caché sous sa forme de rat au sein d'une famille de sorciers, les Weasley...

« Snape, reprit Black derrière le mur. Il faut que tu me croies. Il faut attraper Peter. Le capturer, le tuer... Peu importe. Il faut protéger Harry. Je t'en supplie Snape, il faut protéger le fils de James et Lily ! »

Le fils de Lily.

Potter.

Potter, ami avec Weasley. Weasley, dont le rat de compagnie était Pettigrew...

Sortant de son hébétude, Severus se redressa dans un soubresaut.

« Dumbledore, souffla-t-il davantage pour lui-même que pour Black.

- Quoi ?

- Je vais chercher Dumbledore. »

D'un geste de baguette il mit fin aux enchantements lui ayant permis de communiquer avec Black et se précipita dans le couloir. Dumbledore. Il fallait absolument qu'il trouve Dumbledore. Lui seul pourrait faire quelque chose, pourrait éclaircir ce qu'il se passait, pourrait savoir s'il fallait condamner Black ou traquer Pettigrew...

« Severus... Est-ce que vous allez bien ? » demanda Flitwick lorsque Severus passa devant lui, fronçant les sourcils face à son teint blême.

Il avait oublié l'existence du professeur de Sortilèges. Là, au bout du couloir, avait-il entendu la conversation qui venait de se dérouler ? Pouvait-il l'aider ? Il fallait que quelqu'un veille sur Black, empêche les détraqueurs, qui arriveraient sous peu avec Fudge, d'aspirer son âme. Il fallait que Black soit en état de donner toutes les informations nécessaires.

« Je vais chercher Dumbledore, répondit Severus d'une voix blanche. Montez la garde. Ne laissez pas les détraqueurs embrasser Black. Dites à Fudge d'attendre le directeur. »

Puis, sans autre explication, Severus reprit sa course folle au travers des couloirs de Poudlard.

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Severus était hors d'haleine lorsque, enfin, il trouva Dumbledore dans le hall.

« Monsieur le directeur, l'appela-t-il en se précipitant vers lui.

- Severus ?

- Je... » Severus prit une respiration qui lui laissa le temps de chercher ses mots. « J'ai parlé à Black. »

Dumbledore le regarda d'un air grave puis, lentement, hocha la tête.

« Il faut faire quelque chose, reprit Severus. J'ai... J'ai du veritaserum dans ma Réserve. Il faut convaincre Fudge d'en administrer à Black, et-

- Je ne suis pas sûr, le coupa Dumbledore, que le ministre souhaitera entendre ce que Sirius Black a à dire. L'affaire a traîné en longueur et a été des plus embarrassantes pour le ministère... »

Severus cligna des yeux, ayant du mal à concevoir ce que sous-entendait Dumbledore.

« Mais... Enfin, il faut faire quelque chose ! Black détient des informations qu'il est capital de confirmer- »

A nouveau Severus fut interrompu, mais cette fois par l'arrivée du ministre lui-même. Celui-ci passa les grandes portes de chêne accompagné de deux détraqueurs ; sa baguette émettait une vapeur de patronus, pas assez forte pour donner aux créatures l'envie de fuir, mais suffisamment pour les maintenir à une distance raisonnable de lui. Cela n'empêcha pas à l'air ambiant de perdre toute sa chaleur. Severus se sentit glacé jusqu'aux os et un profond sentiment de désespoir s'empara de lui.

Dumbledore avança vers le ministre et les deux créatures.

« Cornelius, Sirius Black est en possession d'importantes informations. Je vous conseille vivement de l'interroger avant d'envisager d'appliquer la sentence. »

Fudge regarda Dumbledore d'un air incrédule.

« L'interroger ? Enfin Albus, nous avons eu le récit de ce qu'il s'est passé ce soir... Et la sentence a déjà été votée : Sirius Black doit subir le baiser du détraqueur dès sa capture. »

Severus regarda, impuissant, Dumbledore tenter de négocier à nouveau. Toutefois Fudge restait formel, et finalement il se dirigea vers les escaliers suivi des deux détraqueurs. Dumbledore lui emboîta le pas, et Severus les suivit d'un pas mécanique.

Il fallait écouter Black. Il fallait recueillir son témoignage. Lui faire boire du veritaserum, user de legilimancie... Peu importe. Mais il fallait que le jour soit fait sur les véritables circonstances de la mort de Lily. Et si son fils était en danger, alors il fallait tous les éléments afin de le protéger...

Severus eut une idée complètement folle. Allaient-ils devoir se battre contre le ministre et contre les détraqueurs ? Allaient-ils devoir eux-mêmes devenir des criminels pour pouvoir sauver la parole de Black ? Mentalement, Severus chercha un souvenir heureux dans l'idée de potentiellement affronter les détraqueurs. Cependant rien ne lui vint. Les moments passés avec Lily dans son enfance avaient longtemps été une source de force ; toutefois, à l'heure actuelle, seule sa mort résonnait dans son esprit...

Lorsqu'ils arrivèrent devant le bureau de Flitwick, où le petit professeur de Sortilèges les attendait, Severus lança un regard désespéré à Dumbledore. Celui-ci lui adressa alors un signe de tête serein.

« Pouvez-vous nous ouvrir, je vous prie ? » demanda Fudge à Flitwick.

Celui-ci opina et, d'un mouvement complexe de baguette, déverrouilla la porte.

Le ministre s'engouffra dans la pièce suivi des deux détraqueurs, et Severus serra la main sur sa baguette. Mais...

« Où est-il ? » demanda la voix abasourdie du ministre depuis l'intérieur du bureau.

Severus s'y précipita, Dumbledore derrière lui.

« Non... » lâcha Fudge qui était devant la fenêtre.

La fenêtre ouverte.

« Ne me dites pas..., balbutia le ministre. Ne me dites pas qu'il s'est... enfui ? »

Il lança plusieurs sorts pour essayer de révéler sa présence, détecter un sort de désillusion ou une cape d'invisibilité... Toutefois, rien ne se produisit.

« Je ne peux pas y croire... » murmura Fudge.

Il se passa une main lasse sur le visage.

« Je... Postez-vous aux entrées du domaine, ordonna-t-il aux détraqueurs tandis qu'il semblait se reprendre. Patrouillez, cherchez le fugitif ! »

Les détraqueurs poussèrent un râle et s'envolèrent par la fenêtre, comme aspirés par la nuit.

A peine furent-ils partis que la chaleur revint. Le désespoir apathique dans lequel Severus était plongé depuis plusieurs minutes se dissipa et, retrouvant ses forces, il se précipita vers la fenêtre. Son regard se perdit dans le vide. Black s'était échappé ? A cette hauteur ? Comment avait-il fait ?

Mais peu importait le comment : les faits étaient là. Black avait disparu. Et, pensa Severus avec douleur et colère, avec lui la vérité sur le meurtre de Lily s'était envolée.

Ce soir-là, après que le ministre soit finalement reparti, Dumbledore s'entretint longuement avec Severus dans son bureau et lui narra, sachant que Fudge n'aurait jamais envisagé d'écouter Black, comment Granger et Potter avaient utilisé le Retourneur de Temps afin de permettre à Black de s'échapper. Severus comprit pourquoi le vieux sorcier avait été si serein lorsque Severus était venu le trouver, affolé, dans le hall : il avait déjà tout prévu.

Mais Black n'avait pas disparu, le rassura Dumbledore, et en temps voulu son témoignage quant aux réelles circonstances de la mort des Potter finirait par être révélé au grand jour.

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Voilà, maintenant vous savez TOUT de ce que JKR nous a caché concernant Sirius et Severus dans le tome 3 x)

Bon, on ira quand même un peu plus vite pour ce qui est du tome 4 car il est moins propice aux interactions entre nos deux chers personnages... Par contre attendez-vous à ce que je dissèque et remanie le tome 5 sous toutes ses coutures, parce que là niveau interstices à exploiter pour ma part j'en vois des tonnes ;D

A bientôt pour le dernier chapitre avec uniquement le POV de Severus pour cette quatrième année (on aura le plaisir de retrouver celui de Sirius la fois d'après !) ~