Homophobie

Contraintes :

Période : Next Gen

Style d'écriture : Song-Fic

Objet-Magie : Veritaserum

Lieu : La Salle-de-Bain des Préfets

Personnage : Rose Granger-Weasley

Phrase Imposée : "Avoir été aimé si profondément te donne à jamais une protection contre les autres, même lorsque la personne qui a manifesté cet amour n'est plus là. Cet amour reste présent dans ta chair."

Ajout diabolique : s'inspirer d'un fanart

Nombre de mots max : 800 / Nombre de mots écrits : 755

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La sirène en vitrail lui souriait d'un air moqueur. Elle savait la fourbe ! Depuis le début ! Et elle ne lui avait jamais rien dit ! Elle l'avait regardé rougir, glousser et soupirer pour un garçon pas comme les autres, sans la prévenir !

Rose croisait les bras sur le rebord du bassin, la mine renfrognée, face à face avec la créature de verre. Le regard noir, elle cherchait à lui transmettre tout son ressentiment dans l'unique but de la mettre mal-à-l'aise. Elle pourrait au moins détourner les yeux ou montrer un minimum de regret ! Mais non : la belle passait les mains dans ses longs cheveux blonds, l'air de rien, et chantonnait d'un air guilleret.

« La première fois que je l'ai vu, je me suis jetée sur lui dans la Grande Salle. Je lui ai seulement dit que j'avais envie de lui. »

À son grand désarroi, ce fût Rose qui rougit de honte : c'était exactement ce qu'elle avait fait ! Ce monstre la tournait en ridicule !

L'adolescente se souvint d'une conversation avec sa collègue préfète-en-chef. Celle-ci lui avait rappelé ce fameux incident, le soir de sa Répartition quelques années auparavant, et lui avait demandé pourquoi elle avait agi avec tant d'indécence. Rose n'avait pas compris… Son amie avait voulu la prévenir. C'était tellement évident à présent ! Malheureusement, elle n'avait fait que retenir l'information extraordinaire qu'il allait parfois dans des soirées dansantes organisées dans la Salle-sur-Demande, au mépris du règlement de l'école. Et elle avait alors exigé de l'y accompagner.

« Tous les soirs il m'emmène danser, dans des endroits très très gais, où il a des tas d'amis…

— TA GUEULE ! »

La giclée d'eau savonneuse n'atteignit même pas le vitrail, et était loin de l'impact ô combien préférable d'une grosse pierre dans sa sale face de murène. D'accord, elle avait saisi, à présent !

À chaque fois, il disparaissait entre deux chansons et elle ne le revoyait jamais avant le lendemain matin. Mais cette nuit-là, elle n'avait pas voulu le laisser s'enfuir. Elle avait eu quelque chose de très important à lui dire. Elle s'était motivée pour le lui avouer enfin, après toutes ces années de cœur qui convulse, de cils qui frétillent, et de sous-entendus plus gros que Poudlard. Alors elle l'avait suivi…

Et elle l'avait retrouvé. Dans les escaliers de la tour ouest… Avec lui.

Ce souvenir la fit grogner de frustration, tout en cachant son visage entre ses bras. Il resterait à jamais gravé sur sa rétine comme le pire traumatisme de son existence. Et elle était dégoûtée.

Dégoûtée et horrifiée. C'était contre-nature ! Immoral ! Dégradant ! Déviant ! Comment l'Amour de sa vie pouvait-il s'adonner à une telle pratique ?! Pourquoi préférait-il… "lui", alors qu'elle-même pouvait lui offrir bien plus ?! Un mariage, des enfants, une vie conforme, le prestige d'être lié à des héros de la Guerre… Bon, il était vrai que "lui" aussi remportait ce dernier point… Mais tout de même ! Elle refusait de perdre contre… contre… "lui" !

Bordel ! C'était son frère de cœur, en plus ! Toutes ces années, elle avait fusillé du regard les pimbêches qui osaient s'approcher un peu trop près de son galant, sans savoir que son principal rival était en réalité leur meilleur ami commun ! Quelle humiliation !

« Et moi je l'aime ce n'est pas de ma faute, même si je sais qu'il ne m'aimera jamais.

— LA FERME ! LA FERME ! LA FERME !

— Il ne sert à rien de crier, parla enfin la sirène d'un air méprisant. Tu ne peux pas lutter contre l'Amour.

— Foutaises ! C'est juste… une passade, voilà ! Il veut expérimenter d'autres trucs avant de se poser, même si c'est… "ça" ! ajouta-t-elle en grimaçant de dégoût.

— On dit qu'être aimé profondément donne à jamais une protection contre les autres. Donc aussi contre toi, sourit la créature en s'allongeant lascivement sur son rocher. Cet amour restera présent dans leur chair toute la vie. C'est tellement romantique ! Tu auras beau t'acharner, tu ne peux rien contre eux. Tu devrais te faire une raison.

— Jamais ! »

Rose n'allait pas baisser les bras ! Elle aussi était profondément amoureuse de lui ! Et son amour aussi allait le protéger de toute cette… déviance !

Oui, elle savait ce qu'elle devait faire. Elle allait se procurer du veritaserum et lui faire avouer ! Lui faire avouer qu'il ne l'aimait pas, "lui" ! Parce que c'était tout simplement impossible ! Deux hommes ensemble, c'était une hérésie ! Une… Oui, peut-être une maladie. Mais les maladies, ça se soigne !

Elle allait l'aider. Le remettre dans le droit chemin. Qu'importaient les sacrifices qu'elle devrait faire pour ça. Elle ferait tout pour lui.

Elle l'aimait trop pour abandonner.