CHAPITRE 7 : Ikki, l'homme qui est à la fois le bon, la brute et le truand

Courage, chevaliers d'Or ! Vous devez traverser les douze maisons du Zodiaque, défendue chacune par un chevalier de Bronze, et cela en moins de six heures, pour sauver Aioros, dont le coeur a été percé d'une flèche !

Dans la sixième maison, June et Aphrodite se sont livrés un combat sans merci. Leur différend réglé, June leur fait part de ses doutes au sujet du Grand Pope.

- D'après mon expérience de caméléon, je suis sûre qu'il s'agit d'une autre personne.

Ensuite, après avoir réveillé Shaka qui bavait durant son sommeil...

- JE BAVE PAS ! tonne-t-il.

... nos intrépides héros poursuivent leur route et atteignent la septième maison du Zodiaque, celle du Phénix.

- Dégagez ou je vous fais vivre l'Enfer ! les menace Ikki, le regard haineux.


Loin de là, mais pas si loin que ça en fait, le soi-disant Grand Pope se prélasse dans sa piscine. Il devrait s'inquiéter, plutôt.

- Pourquoi ça ?

Les chevaliers d'Or ont déjà franchi la moitié des maisons du Zodiaque.

- Peut-être, mais ils sont épuisés à cause des escaliers.

Ils sont encore tous là, ils n'ont subi aucune perte.

- Mais ça va changer avec les six derniers chevaliers de Bronze ! Ils sont bien plus redoutables que les précédents. En particulier le chevalier Phénix !

Celui-là même qui a traumatisé Nachi le jour de la réunion des chevaliers de Bronze ?

- Voilà ! Et il suffisait de voir trembler papy Sion, le Grand Pope, pendant que Ikki lui "demandait" un service. Dès qu'il est question de son frère, il est imbattable ! Ikki fera tout pour éviter à son frérot de se battre, il ne laissera jamais personne traverser sa maison ! Je n'ai aucun souci à me faire. Je peux terminer mon bain tranquillement.


Seuil de la maison du Phénix. Il y règne une atmosphère oppressante. Ikki gratifie tous ses invités de son regard légendaire. Les chevaliers d'Or n'en reviennent pas de croiser un tel regard.

- Il est plein de haine... constate Aldébaran.

Masque-de-Mort hausse les épaules.

- Peuh ! Encore un frimeur comme le chevalier de l'Ours ! Nous faire vivre l'Enfer, à nous ? Sache que je l'ai déjà connu, l'Enfer, moi. Et pas plus tard que dans la maison de l'Hydre ! Après une telle expérience, je ne crains plus rien !

Les pupilles d'Ikki attaquent maintenant celles de Masque-de-Mort. Celui-ci est soudain pris d'un frisson.

- Mais... Que... J'ai l'impression de voir l'horrible armure du Loup dans ses yeux !

Le psychopathe resserre ses bras autour de son armure pour la retenir, et fait instinctivement un pas en arrière.

- Je suis d'accord que c'est de la frime, déclare Aior. Les chevaliers de Bronze sont si faibles ! Excepté June du Caméléon, bien sûr ! Dommage qu'elle ne m'ait pas montré son visage...

- Il est amoureux ! le taquine Milo.

- C'est pas vrai ! dément Aior en rougissant.

- Je croyais que tu avais déjà une autre conquête ? demande Camus. Comment s'appelle-t-elle, déjà ? Maureen ?

- MARINE ! corrige le Lion.

Aior se retourne vers Ikki.

- Bref. Je disais que les chevaliers de Bronze mâles étaient tous des faibles. Laisse-nous passer, ou gare à toi !

Ikki fixe maintenant Aior de son regard noir. Ce qui amuse le Lion au lieu de le déstabiliser.

- Tu crois pouvoir impressionner le roi des animaux aussi facilement ?

Tout à coup, à la surprise générale, la bouche du Phénix esquisse un sourire. Il s'adresse à Aior :

- Toi, je te plains de tout mon coeur !

- Pourquoi ?

- Marine ne t'aime pas.

- Tu mens !

- Elle ne t'a pas montré son visage, pas vrai ?

- Non mais...

- Réfléchis un peu, le coupe Ikki. Si tu étais une femme-chevalier et que tu aimais un homme, tu lui montrerais ton visage ?

- Bien sûr !

- Alors, tu vois que j'ai raison. Marine ne t'aime pas !

Aior, tourmenté, se prend la tête dans les mains. Ikki est parvenu à semer le doute dans son esprit.

- Non ! gémit le Lion. Il doit y avoir une autre explication !

Ikki le regarde, tout en le narguant de son rire moqueur. Soudain, Aior le foudroie du regard.

- TOI ! Tu as détruit mes rêves ! Tu vas payer !

Ils font tous les deux briller leurs cosmo-énergies, puis attaquent :

- Par le Vol du Phénix !

- Par l'Éclair Foudroyant !

Les deux attaques s'entrechoquent. Le casque du Lion s'envole mais c'est le Phénix qui mord la poussière, l'armure et le corps déchiquetés.

- Tu l'as bien cherché ! clame Aior, satisfait.

Pourtant, Ikki se relève malgré ses blessures.

- Quelle volonté ! reconnaît Aior. Mais avec ton armure dans cet état, tu...

Nouvel événement inattendu : l'armure de Bronze se répare toute seule et redevient comme neuve ! Tout le monde en reste bouche bée, sauf Dohko.

- Prenez pas cet air ahuri ! Si vous ne m'aviez pas interrompu lorsque je vous parlais de la légende du Phénix, vous sauriez qu'il peut renaître de ses cendres !

- Qu'est-ce que tu racontes ? demande Shura. Tu es en train de nous dire qu'il est immortel ?!

- C'est ça !

- Impossible !

- Si, je suis immortel ! affirme Ikki. Et c'est pas des bouffons plaqués or comme vous qui pourrez me tuer !

- Excalibur ! réagit Shura, insulté.

- Par le Vol du Phénix ! réplique en même temps Ikki.

Comme Shura ne s'est pas retenu, Ikki a été découpé en morceaux. Masque-de-Mort salive en regardant la tête. Quant au Capricorne, il n'a subi aucun dommage.

- Parce qu'une même attaque ne peut surprendre deux fois un chevalier ! Il venait juste de l'utiliser contre Aior.

- Dites, je peux emporter sa tête ? tente Masque-de-Mort.

- Non, tu avais promis ! lui rappelle Dohko.

Le combat étant terminé, les chevaliers d'Or prennent la direction de la sortie.

- Attendez ! crie la tête d'Ikki.

Ils se retournent tous, hébétés. Sauf Masque-de-Mort qui sermonne le Vieux-Maître :

- Vous voyez que les têtes coupées, ça vit encore ! Et vous me traitez de tueur quand j'héberge des têtes chez moi !

En tout cas, les chevaliers d'Or n'en croient pas leurs yeux lorsque le corps d'Ikki se reconstitue.

- Le vieux vous l'a dit, non ? Je suis immortel ! Vous aurez beau m'attaquer encore et encore, je me relèverai toujours ! Vous allez livrer un combat sans fin.

- Laissez-moi faire, s'avance Aphrodite. Immortel ou pas, je vais le neutraliser en l'endormant. Par les Roses Démoniaques !

Ikki se défend en déployant sa cosmo-énergie. Les roses rouges se désintègrent avant de le toucher.

Le chevalier du Bélier prend le relais :

- Je vais nous en débarrasser en l'envoyant loin d'ici. Starlight Extinction !

Mû fait disparaître Ikki en le téléportant ailleurs.

- Voilà, la voie est libre.

À peine font-ils deux pas que...

- Attendez !

Un chevalier vient à leur rencontre. Ils sont surpris de revoir Ikki si vite. Saga pousse Mû.

- Amateur ! Tu l'as téléporté ici !

- Mais non je...

- On va te montrer comment on fait ! Que se crée une Autre Dimension !

Ikki se laisse aspirer sans réagir et disparaît. Puis Saga referme le passage dimensionnel, tout en éclatant de rire.

- Ha ! Ha ! Ha ! On ne le reverra pas de sitôt !

- Ah tu crois ?!

Rebelote, Ikki est revenu ! Il nargue ses ennemis d'un sourire narquois.

- Ta tête me plaît de moins en moins, toi ! lance Masque-de-Mort en même temps que son attaque. Par les Vagues d'Hadès !

Le corps d'Ikki, privé de son âme, tombe sans vie.

- Trop facile ! se vante Masque-de-Mort.

Mais Ikki se relève ! Le chevalier du Cancer le regarde, stupéfait.

- Comment as-tu fait ?!

- Facile ! J'ai vu un joli puits là où tu m'as envoyé. J'ai sauté dedans, je suis mort, puis j'ai ressuscité ! Alors, qui d'autre parmi vous veut se ridiculiser ?

Ses adversaires, dans l'impasse, réfléchissent à un moyen de le battre. Shaka, las, soupire.

- Très bien, j'ai compris, je vais m'occuper de lui, bande d'incapables !

Le chevalier de la Vierge s'avance vers Ikki.

- Soit comblé, simple mortel. Je vais te faire l'honneur de te combattre !

- Tu te prends pour qui ? Un Dieu ?

- Puisque tu as compris, écarte-toi.

- Dis, tu me signes un autographe ?

- Si tu le demandes gentiment, et à genoux, peut-être que ma divine personne aura la bonté d'accepter.

- Ha ! Ha ! rit Ikki. T'es trop drôle, toi ! Jusqu'ici cette fanfic manquait vraiment d'humour, mais grâce à toi, le comique, ce n'est plus le cas !

Ces paroles font fulminer Shaka.

- SACRILÈGE ! Tu riras moins dans un instant, crois-moi !

Shaka se prépare à le frapper des Six Mondes de la Métempsycose. Seul problème, c'est que si Ikki meurt, il va ressusciter. Donc il doit l'attaquer avec le Trésor du Ciel et le priver de ses cinq sens.

Mais s'il le prive de tous ses sens, il va renforcer son septième sens ! réalise soudain Shaka. Et alors, Ikki pourrait le dépasser en terme de puissance !

- Ça jamais ! tonne Shaka. Personne ne peut devenir plus puissant que moi !

Bon, pour ne pas le froisser davantage, disons que si Ikki perdait tous ses sens, il pourrait égaler Shaka.

- Même pas en rêve ! me contredit le chevalier de la Vierge.

Personne ne peut égaler ma puissance, se convainc Shaka tout en ouvrant les yeux. Du même coup, Ikki se retrouve paralysé et panique pour la première fois.

- Que m'arrive-t-il ?! J'arrive plus à bouger !

- Bien joué Shaka ! le félicite Dohko. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à passer.

Shun ! pense très fort Ikki. S'ils passent, Shun va devoir se battre ! Je dois les arrêter à tout prix !

Grâce à ses efforts et à sa volonté, il se défait petit à petit de l'emprise de Shaka.

- Tu refuses de te soumettre ?! le gronde Shaka. Alors, perds tous tes sens ! Ça t'apprendra à me traiter de comique !

- Attends ! crie Aldébaran. Pas besoin d'être aussi cruel !

C'est trop tard ! ! Ikki vient d'être transformé en cadavre vivant. Comme il ne lui reste plus que le septième sens, celui-ci s'amplifie pour pallier l'absence des autres.

- Sa cosmo-énergie devient gigantesque ! frissonne Aphrodite, à côté de Camus.

Shaka hausse les épaules.

- Pourquoi vous inquiétez-vous ? Je reste le plus fort. Et de loin !

Pourtant, son visage exprime peu à peu le doute.

- Impossible ! Sa puissance continue d'augmenter !

Tout à coup, Ikki disparaît et réapparaît juste derrière Shaka.

- Tiens ! remarque Mû. Perdre les sens donne la faculté de se téléporter !

Le chevalier de la Vierge est soudain immobilisé à son tour. Ses yeux ouverts sont écarquillés du stupeur.

- Comment est-ce possible ?! Sa cosmo-énergie rivalise vraiment avec la mienne, qui est pourtant capable de faire trembler tous les Dieux de l'Olympe réunis !

- Il est temps de mettre un terme à ce combat, lui envoie Ikki par télépathie. Nous allons disparaître ensemble.

- Aidez-moi ! ! ! s'affole Shaka, en regardant ses collègues.

- Ne t'inquiète pas, ajoute Ikki. Tes copains vont nous suivre.

- Mes copains ? Quels copains ? Le sort de ces pauvres créatures m'est bien égal !

- Tu veux qu'on t'aide ou pas ? demande Mû, l'air sombre.

Toutes les personnes se trouvant dans ma maison vont quitter ce monde ! se réjouit Ikki. Ainsi Shun n'aura pas à se battre.

Mais les autres chevaliers n'ont pas l'intention de le laisser faire. Ils tentent de l'assommer, ou au moins de le déplacer. En vain ! Même la Corne du Taureau ne le fait pas bouger d'un millimètre.

- Nous sommes perdus ! pâlit Dohko.

- Peut-être pas, le contredit Saga.

- Oui, il nous reste une chance, soutient Saga.

- L'Athéna Exclamation ! s'exclame Saga.

- J'allais le dire ! grogne Saga.

- Mais c'est une attaque interdite ! leur rappelle le Vieux-Maître.

- Tu préfères mourir ?

Alors Saga et Dohko se mettent en place. Mais le chevalier de la Balance fait remarquer l'essentiel :

- Il nous manque un troisième membre.

- Ah bon ? s'étonne Saga. Toi, le parasite dans mon corps et moi, ça fait trois, non ?

Ils tentent de lancer l'Athéna Exclamation. Sans succès.

- Je te l'avais dit, on doit être trois ! s'entête Dohko.

- Non, c'est parce que t'es trop vieux et trop faible que ça n'a pas marché !

- N'importe quoi !

Soudain, Mû se téléporte près d'eux.

- Sapristi ! panique-t-il. J'arrive pas à me téléporter hors de cette maison !

- Pourquoi tu essaies ?

- Pour sauver ma peau, pardi !

- Aide-nous plutôt à réaliser une Athéna Exclamation !

- Mais c'est pas interdit, ça ?

- On s'en fout ! s'emporte Dohko.

Mû, Dohko, Saga et Saga se préparent. Saga se demande si une Athéna Exclamation à quatre va marcher. Saga aussi se pose la même question.

- Athéna Exclamation ! crient-ils tous ensemble.

BOOOOOUM ! ! ! La maison du Phénix vole en éclats. Les chevaliers sortent un par un des gravats.

- Quel bazar !

- Au moins, on voit mieux la sortie maintenant que tout est tombé.

- Est-ce que Shaka a survécu ?

Un corps émerge soudain.

- Par Bouddha ! s'énerve le chevalier de la Vierge. Vous avez failli me tuer !

- Je croyais que tu étais un Dieu ? lui rappelle Milo.

- Bien sûr que j'en suis un ! N'empêche que c'est pas une raison pour m'attaquer aussi violemment !

- Calme-toi ! tente de l'apaiser le papy. C'était la seule façon d'arrêter le Phénix. Et on l'a attaqué de dos pour éviter de trop te blesser.

- Merci...

Shaka fait enfin preuve d'humilité, mais se reprend vite :

- De toute façon c'était pas la peine de vous retenir car comme je suis une divinité j'aurais survécu quand même ! Non mais !

Mû regarde autour de lui.

- Au fait, il est où, le Phénix ? Si on l'a tué, il va encore renaître de ses cendres, non ?

- Tout à fait ! leur répond-il.

Ikki se dresse à nouveau devant eux, indemne. Au moins, il semble qu'il ait perdu la puissance démesurée obtenue en perdant tous ses sens. Néanmoins, les chevaliers d'Or sont revenus à leur point de départ. Avec des bosses en plus. Il n'ont encore trouvé aucun moyen de vaincre le Phénix.

- Mais si ! me contredit Shura. Shaka a réussi à l'immobiliser tout à l'heure, il n'a qu'à recommencer !

- C'est vrai ça ! se réjouit Aior. Vas-y Shaka, recommence ! Ensuite on lui saute tous dessus et on l'assomme !

Une goutte de sueur perle sur le front de l'intéressé.

- Euh... C'est qu'une attaque ne marche pas deux fois, vous vous souvenez ?

- Mais c'est pas toujours le cas ! Vas-y Shaka !

Devant les encouragements de ses camarades, Shaka ne peut se défiler et refait face à Ikki.

- Laisse-nous passer, sinon je t'immobilise à nouveau !

- Essaie donc !

- Je t'aurai prévenu !

- Je sais !

- Dernier avertissement !

Silence. Ikki attend.

- Dernière chance ! lui intime Shaka. Abandonne avant qu'il ne soit trop tard !

Ikki continue à se tourner les pouces. Les amis de Shaka s'impatientent.

- Alors, qu'est-ce que t'attends ? Immobilise-le !

Mais le chevalier de la Vierge ne bouge pas. Ikki éclate de rire.

- Je le savais ! Toi, le soi-disant Dieu, après m'avoir ôté tous mes sens et subi l'Athéna Exclamation, tu n'as plus assez de force pour lancer une attaque de cette ampleur ! Tu as atteint tes limites !

Le visage de Shaka s'empourpre. Il serre les poings et les dents de dépit.

- Alors Shaka ? l'encourage Aphrodite. Arrête de rêvasser et immobilise-le !

Shaka se retourne vivement.

- Je n'ai d'ordre à recevoir de personne ! Puisque c'est comme ça, débrouillez-vous sans moi !

Puis il va bouder dans son coin.

- Que va-t-on faire ? réfléchit Aior. On ne peut pas le tuer, ni l'envoyer ailleurs.

- Par contre, on peut le faire souffrir ! Et ainsi l'obliger à nous laisser passer !

Ainsi vient de parler Milo. Il s'avance à son tour vers le Phénix.

- Au fait, tu parlais de nous faire vivre l'Enfer, tout à l'heure. Mais à part nous faire perdre du temps, tu ne sais pas faire grand-chose !

- Puisque tu insistes...

Ikki lève le doigt.

- Tu connais aussi l'Aiguile Écarlate ? s'étonne Milo.

- Par l'Illusion du Phénix !

Le coup traverse le front du chevalier du Scorpion qui reste un moment confus.

- J'ai rien senti ! rit-il. C'est tout ce dont tu es capable ?

Ikki croise les bras.

- Tu crois pouvoir faire mieux ?

- Bien sûr ! Je vais te montrer comment on troue quelqu'un. Par l'Aiguille Écarlate !

Ikki se fait transpercer sans réagir. Milo lui lance son ultimatum :

- Maintenant choisis : la capitulation ou la mort ! Mais ne prends pas ta décision trop vite ! ajoute-t-il à la hâte. Continuons plutôt le combat !

Milo lève à nouveau son index, un sourire sadique aux lèvres.

- Par l'Aiguille Écarlate !

Le chevalier du Scorpion vient d'asséner quatre nouvelles piqûres, sans la moindre réaction de la part de son adversaire.

- Puisque tu ne dis rien, je continue ! Par l'Aiguille Écarlate !

Nouvelle salve. Milo s'arrête un instant et fronce les sourcils.

- Pourquoi tu ne cries pas ? Es-tu insensible, chevalier ?

Ikki reste immobile. Il se contente de toiser son adversaire.

- On verra si tu seras toujours aussi fier après la quatorzième piqûre ! Par l'Aiguille Écarlate !

Milo sourit de toutes ses dents et se frotte les mains.

- Maintenant, ton sang va s'échapper de toutes les plaies que je t'ai infligées !

Mais contre toute attente, c'est le corps de Milo qui se vide de son sang !

- AAAAAAH ! ! ! panique-t-il. Mais que se passe-t-il ?! Mon sang ! Reviens ici !

Milo tente de ramasser son sang, mais il se transforme en poussière dès qu'il le touche et se fait emporter par le vent.

Observant la scène, les autres chevaliers d'Or se demandent pourquoi leur collègue est en train de balayer le sol de la main pour remplir son casque de débris.

- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! s'esclaffe Ikki.

Milo, désemparé, va chercher de l'aide du côté du chevalier du Verseau :

- Camus, je t'en prie, congèle mon sang avant qu'il ne s'évapore !

- Garde ton sang froid ! Tu es victime d'une illusion.

Pendant que Camus raisonne Milo, Saga revient sur le devant de la scène.

- Cette fois, nous allons te battre !

- Ah bon ? T'as trouvé un moyen de me battre, peut-être ?

- Oui. Le parasite qui m'habite et moi-même avons décidé d'unir nos forces ! Je vais te faire goûter à ma propre illusion !

- Approche ! Par l'Illusion du Phénix !

- Par l'Illusion Démoniaque !

Les deux rayons s'entrechoquent et se bloquent dans les airs. Mais petit à petit, Saga prend le dessus. Parce qu'il se bat à deux contre un. Et Ikki est finalement frappé par l'Illusion Démoniaque.

- Maintenant, tu vas m'obéir au doigt et à l'oeil !

- Oui maître, répond docilement Ikki.

- À genoux !

Ikki obéit.

- Couche-toi par terre à plat ventre !

Ikki s'allonge sur le sol.

- Maintenant, dis que tu es un ver de terre !

- Tu es un ver de terre.

- Non pas moi, toi ! s'énerve Saga.

- Je suis un ver de terre.

- À présent, tue-toi ! ... Non ne te tue pas ! se reprend Saga.

Si Ikki se tue, il va ressusciter, sans conserver les effets de l'illusion.

- Maintenant, roule-toi par terre !

- Ça suffit Saga, intervient Dohko. Nous n'avons pas le temps de jouer.

- On fait ce qu'on veut ! Et puis si cela ne vous plaît pas, vous n'avez qu'à aller voir ailleurs si on y est !

Tous les autres chevaliers d'Or laissent Saga et passent à côté d'Ikki.

Shun ! pense très fort Ikki. Je ne peux pas les laisser passer ! Je dois me relever !

- Reste à terre ! ordonne Saga.

Plus ses collègues avancent, moins il a de contrôle sur Ikki.

- Reste à terre, j'ai dit !

Mais la volonté d'Ikki de protéger Shun est trop forte. Il se défait de l'illusion de Saga et intercepte les autres chevaliers.

- C'est raté. Vous ne passerez jamais ma maison ! ... Ou du moins, ce qu'il en reste !

Rien à faire, les chevaliers d'Or sont définitivement bloqués !

Tout à coup, la neige se met à tomber.

- Y'a plus de toit et j'en ai marre de rester exposé au soleil ! s'emporte Camus.

- Un chevalier des Glaces ? remarque Ikki en déployant sa cosmo-énergie. Comment comptes-tu éteindre mon brasier avec tes petits flocons ? Hein ?

La neige fond avant même de toucher Ikki. Camus donne alors son maximum et fait tomber de la grêle.

- Inutile ! ricane le Phénix. Tu ne pourras jamais geler l'Oiseau de Feu !

Pourtant, la grêle du Verseau tient bon et recouvre de plus en plus son adversaire. Ikki, têtu, insiste au lieu de se dégager. Il fait trop confiance à son brasier, mais la grêle de Camus frise le zéro absolu. Et Ikki finit prisonnier d'un cercueil de glace. Les chevaliers d'Or peuvent enfin poursuivre leur route !


À la sortie de la maison du Phénix, nos héros ont la surprise de découvrir...

- Un escalator ! s'exclament-ils, émerveillés.

- Youpi ! Plus besoin de courir !

Pour l'instant, l'escalator est à l'arrêt. Ils cherchent le moyen de l'activer. Plus ils cherchent, et plus leur enthousiasme retombe.

- Pas de bouton, pas de levier, rien...

Dépités, ils réalisent que :

- On va ENCORE devoir monter tout ça !

Et ils reprennent leur ascension. Mais à peine ont-ils posé un pied sur les marches que l'escalator s'est activé. Et dans le mauvais sens ! Les voilà tous revenus au point de départ.

- C'est quoi cette farce ?! râle Aphrodite.

- Sûrement l'oeuvre de Kiki ! peste Mû.

Ils s'élancent à nouveau dans les escaliers. Sans plus de résultat, l'escalator les fait redescendre illico en septième vitesse.

Après avoir tenté de nouveaux essais, et avoir bien réfléchi à une solution, il semble n'y avoir qu'une seule chose à faire.

- Allez, on rentre, propose Camus.

Mais non ! ! ! L'autre solution !

- Shaka ? appelle Aldébaran. Pourrais-tu aller jusqu'à la prochaine maison en lévitant, s'il te plaît ? De là tu trouveras peut-être le moyen d'inverser l'escalator.

- Pas question.

- Tu refuses ?! Mais pourquoi ?

Shaka soupire.

- Ah, ces humains ! Dès qu'ils rencontrent un problème, ils demandent l'aide des Dieux !

- C'est à toi que j'ai demandé de l'aide.

- C'est pareil, non ?

Aldébaran s'abstient de répondre.

Shaka s'assied dans la position du lotus.

- Je vous suivais juste parce que nous avons tous un compte à régler avec le Grand Pope. C'est mieux qu'on aille lui faire sa fête ensemble. Je vous laisse encore quelques minutes, après si vous êtes toujours bloqués, j'y vais tout seul.

La vérité est que Shaka est exténué et qu'il fait une pause pour reprendre des forces. Il a monté plusieurs escaliers en lévitant et a consommé beaucoup d'énergie en combattant le Phénix. Mais il ne l'avouera jamais. Ses confrères vont devoir se débrouiller sans lui.

Une minute plus tard...

- J'ai trouvé ! s'exclament simultanément Camus et Dohko.

- Vas-y petit, cède Dohko.

- Merci. Par la Poussière de Diamant !

Il arrête l'escalator en le gelant sur plusieurs mètres.

- Et voilà le travail ! sourit-il.

Les autres ne sont pas aussi contents.

- Qu'y a-t-il ? demande Camus. L'escalator est à l'arrêt !

- Mais tu l'as transformé en patinoire ! lui fait remarquer Milo.

- Et alors ?

Camus grimpe les marches à toute vitesse.

- Vous voyez, c'est facile !

- Pour toi ! Pas pour nous !

Chacun essaie de suivre Camus, mais glisse sur son verglas.

- Quelle était votre solution, Vieux-Maître ? s'enquiert Mû.

- Bloquer le mécanisme en plantant un de mes tridents à la base de l'escalator.

- Pas bête !

- Mais maintenant que Camus a gelé les escaliers, on ne sera pas plus avancés !

Ils regardent Camus, mécontents. Le Verseau, déjà gêné par le soleil, transpire davantage.

- Mais vous pouvez utiliser les armes du Vieux-Maître pour briser ma glace !

Ce qu'ils font. Cela marche tellement bien que l'escalator se remet en marche et les fait tous redescendre.

- C'est malin ! grogne Masque-de-Mort.

- Ce n'est pas grave, dit Aldébaran. Maintenant on va planter un trident à la base de l'escalator, comme l'a dit le Vieux-Maître.

- Euh... répond Dohko.

- Quoi, "euh" ? l'attaque Masque-de-Mort.

- Eh bien, il faut laisser reposer mes armes, après les avoir utilisées.

- Combien de temps ?

- Euh...

- Combien de temps ! s'énerve le psychopathe.

- Une petite heure...

- C'est pas vrai !

- Si...

- Tu pouvais pas le dire plus tôt, vieux croûton ?!

Il faut de nouveau chercher une autre solution ! De loin, la huitième maison les nargue. Ou plutôt, l'apercevoir les interpelle.

- C'est la première fois qu'on arrive à voir la maison suivante à partir de la précédente.

- Les escaliers n'ont pourtant pas l'air plus courts.

- Cette maison brille plus que les autres !

- En fait, les autres ne brillaient pas du tout.

Ils continuent à réfléchir en regardant cette mystérieuse maison.

- Tu ne peux pas t'y téléporter, même si tu la vois, Mû ? demande Dohko.

- Non. Dès qu'on se trouve hors des maisons, j'arrive plus à me téléporter...

- Dommage. Je suis sûr qu'il suffirait que l'un de nous y arrive pour régler le problème de l'escalator.

- Si tu veux on va te lancer jusque là ! propose aimablement Milo.

Les regards se tournent lentement vers lui.

- Quelle bonne idée ! s'exclament tous ses collègues, à l'exception de Dohko.

- Je peux le lancer ? demande Masque-de-Mort, excité. Dites, je peux ?

Milo est confus.

- Je disais ça pour plaisanter, j'étais pas sérieux !

- Mais c'est quand même une bonne idée ! le félicite Camus.

- Aldébaran est le plus costaud d'entre nous, c'est lui qui va le lancer ! propose Mû.

Mais ils sont fous ! panique le chevalier de la Balance, qui tente de s'enfuir. Mais Aior le retient.

- Où tu vas ? Tu devrais être content qu'on ait trouvé un moyen de te rendre utile !

Aldébaran l'attrape gentiment, mais fermement.

- Lâche-moi ! se débat Dohko.

Le Bélier le briefe :

- Vieux-Maître, vous allez être projeté vers la huitième maison. De là, vous devrez trouver un moyen d'arrêter, ou mieux, d'inverser l'escalator.

- Vous êtes fous !

- Qu'Athéna soit avec vous, termine Mû en faisant un signe de tête à Aldébaran.

Le chevalier du Taureau fait tournoyer le Vieux-Maître au-dessus de lui. Masque-de-Mort est aux anges.

- Oui ! Encore ! Fais-le encore tourner !

- NOOOOOON ! ! ! ! ! panique le Vieux-Maître.

- Si, il le faut, affirme Mû. Il faut que vous preniez le maximum d'élan.

Après une longue minute de cette insoutenable torture, Aldébaran relâche papy Dohko qui s'envole comme une fusée.

- Il est plus rapide qu'il en a l'air ! rit Milo.

- Dites, si on organisait un concours du lancer du Vieux-Machin ? propose Masque-de-Mort, tout sourire.

Le chevalier de la Balance voit la huitième maison se rapprocher de plus en plus.

- NOOOOOON ! ! ! ! ! Je vais m'écraser sur la façade !

Il se sert de son chapeau de paille comme parachute pour ralentir. Et il atterrit sur la dernière marche, juste devant la maison brillante. Marche qui, malheureusement, fait partie de l'escalator. Celui-ci étant très rapide, Dohko redescend à toute vitesse.

- NOOOOOON ! ! ! ! ! Si je redescends, ils vont encore me lancer !

Heureusement pour lui, il arrête sa course avant. L'escalator est en deux parties, il s'est arrêté sur le palier qui les sépare. Là, en se relevant, il découvre une tente... et un chevalier. Dohko va à sa rencontre.

- Dis-moi, petit, y a-t-il moyen d'inverser l'escalator ?

- Bien sûr. J'ai la télécommande sur moi.

- Parfait ! Pourrais-tu l'inverser, petit ?

- Arrête de m'appeler "petit" !

- D'accord, bonhomme. Comment t'appelles-tu ?

- Albior. Je suis le chevalier d'Argent de Céphée !

- Céphée... s'enthousiasme Dohko. Cela me rappelle une légende. Tu veux que je te la raconte, petit ?

- Albior ! s'énerve son vis-à-vis.

- Ne t'énerve pas, mon garçon ! Tu veux que je te raconte la légende de Céphée ?

- Comme tu veux. Tu peux me parler autant que tu voudras.

- Merci, fiston ! lui sourit Dohko.

- Tu peux me parler autant que tu voudras, jusqu'à ce que le compte à rebours de l'horloge zodiacale soit terminé.

- Ah bon pourquoi ?

- Je suis juste chargé de vous retenir.

- Tu travailles aussi pour le Grand Pope ?

- Non. C'est Ikki qui m'a "engagé".

En prononçant ce dernier mot, Albior a frissonné. Il se souvient de la terreur qu'il a ressentie lorsque Ikki est venu le chercher. "Si tu laisses entrer un seul chevalier chez Shun, je ferai de ta vie un enfer", l'avait poliment averti Ikki.

Le Grand Pope Sion a expérimenté la même terreur lorsque Ikki est venu lui "demander" de transformer les escaliers entre leurs deux maisons en escalator, pour qu'ils puissent se rejoindre rapidement. Ikki lui a aussi "suggéré" de rénover le logement de Shun.

Ikki a laissé sa télécommande de l'escalator à Albior et l'a autorisé à loger entre leurs deux maisons. Après tout, Shun est content aussi de voir son Maître plus souvent.

- Tu veux bien inverser l'escalator, s'il te plaît ? demande Dohko.

- Impossible. Ma vie en dépend !

- Je suis désolé, jeune homme, mais la vie d'Aioros dépend de moi aussi. Si tu ne veux pas me remettre la télécommande, je te la prendrai de force !

Albior reste un moment déconcerté. Puis il éclate de rire.

- Ne vous vexez pas, mais à votre âge, vous n'êtes plus une menace !

Dohko se met en garde. Albior aussi.

- Je n'ai pas envie de vous tuer. Je vais juste vous pousser dans les escaliers pour que vous rejoigniez vos collègues.

Pour qu'ils me lancent à nouveau ?! s'angoisse Dohko. Jamais plus !

Albior se rue sur le Vieux-Maître. Celui-ci esquive en passant entre ses jambes. Puis il lui donne un coup de canne derrière le genou qui le faire tomber accroupi. Il concentre ensuite sa cosmo-énergie et frappe Albior dans le dos avec ses paumes. Le chevalier d'Argent est propulsé dans le vide.

Albior fait alors appel à sa chaîne pour s'accrocher et revenir sur le palier.

- Tu croyais m'avoir aussi facilement ? En plus, c'était très bête de ta part de m'envoyer dans le vide car tu perdais du même coup la télécommande.

- Tu as raison, petit.

Le visage d'Albior rougit d'agacement.

- Albior, je voulais dire ! se reprend Dohko. Et c'était très impoli de ma part de te défier sans t'avoir d'abord serré la main. Alors, serrons-nous la main !

Il lui tend sa petite main violette. Albior la regarde en fronçant les sourcils.

- Tu n'as rien à craindre, mon grand ! le rassure Dohko. J'ai passé l'âge de faire des coups bas.

Convaincu, Albior lui serre la main. Soudain, une larme coule de l'oeil de l'aîné.

- Ne me dis pas que j'ai serré trop fort ! demande Albior, mi-inquiet, mi-amusé.

- En fait, j'ai menti, admet Dohko. Pardonne-moi, mon enfant.

- Pardonner ?! De quoi tu parles ?

- La pièce d'armure qui recouvre ton avant-bras est maintenant collée à ta peau.

Albior vérifie. La colle à dentier du Vieux-Maître est la plus efficace au monde !

- Me coller l'avant-bras, répète Albior. Tu crois pouvoir me battre avec cette farce de gamin ?!

- Ta chaîne ne peut pas se séparer de ton avant-bras. Tu ne peux plus retirer ta chaîne.

- Et alors ?

Dohko soulève un bout de la chaîne et la lance vers les escaliers qui descendent. Lorsqu'un maillon bien précis touche l'escalator, la chaîne toute entière est comme aspirée. Albior est en sueur.

- Mais que se passe-t-il ?!

- Tout à l'heure, lorsque tu es tombé, je savais que tu te sauverais avec ta chaîne. Quand elle est remontée, j'ai aussitôt posé de la colle à dentier dessus. Le maillon où j'ai posé ma colle vient maintenant d'adhérer à l'escalator. Je te demande pardon à nouveau. Mais je ne veux plus que mes collègues me lancent !

La chaîne d'Albior se déroule à une vitesse folle.

- Vieille canaaaaaaaaille ! crie le chevalier de Céphée en se faisant emporter et traîner dans l'escalator.

- Utilise ta télécommande pour l'arrêter, petit ! lui crie Dohko.

Albior a bien du mal, malmené dans les escaliers. C'est presque arrivé en bas qu'il parvient enfin à saisir sa télécommande et à appuyer dessus. À ce moment, l'escalator s'arrête. Mais le brusque arrêt détache Albior et le propulse violemment dans les décombres de la maison du Phénix.

Les chevaliers d'Or qui attendaient en bas trouvent la télécommande à leurs pieds. Saga la ramasse. Il se pose sur la première marche et appuie sur un bouton. L'escalator le fait monter à toute allure.

- Coooool ! sourit-il.

- Idiot ! se sermonne-t-il. On a laissé les autres en bas !

Il appuie sur un autre bouton. L'escalator le ramène en bas.

- Crétin ! s'insulte-t-il. Tant que l'escalator est en mode "montée", ils peuvent monter aussi !

- Donne-moi-ça !

- Non ! C'est à moi !

En s'arrachant la télécommande des mains, il la brise en deux.

- Enflure ! T'as cassé ma télécommande !

- C'était MA télécommande, gougnafier !

Et il se tape dessus. Les autres s'y seraient joints volontiers si l'escalator n'avait pas été bloqué en mode "montée".

Après l'auto-correction de Saga, ils profitent tous de l'escalator. Ils rayonnent de joie.

- C'est génial ! On peut monter un de ces maudits escaliers sans effort !

Ils rejoignent le Vieux-Maître au palier et ils terminent la route ensemble. Dohko leur raconte fièrement sa victoire contre Albior.

- Et voilà, moi aussi, j'ai vaincu un chevalier d'Argent !

- Avec de la colle à dentier... soupire Masque-de-Mort, levant les yeux au ciel. Y'a vraiment pas de quoi se vanter !


Pendant ce temps, dans une maison du Zodiaque située plus haut...

- Debout ! ! Allez, réveille-toi !

Shiryu secoue Seiya. Ce dernier émerge lentement et se frotte les yeux.

- Que se passe-t-il ? marmonne-t-il, somnolent.

- Il faut que tu rentres chez toi.

Seiya se redresse d'un bond sur le lit.

- Non, s'il te plaît ! Je participerai au prochain loyer, promis !

- Je ne parle pas de te mettre dehors.

- Ah, tant mieux, se rassure Seiya en se recouchant.

- Tout de même, tu trouves pas que tu squattes chez moi depuis assez longtemps ?

- Excuse-moi mais il fait trop froid chez Hyoga.

- Et pourquoi tu retournerais pas chez toi ?

- Tu plaisantes ! Avec tout le bazar qu'il y a ?!

- T'as qu'à faire le ménage !

- Trop fatigant.

- Il faudra bien que tu le fasses, un jour.

- Pas besoin. J'ai déjà appelé une femme de ménage.

- Quand ?

- Elle devrait arriver sous peu.

- Je te demande quand tu l'as appelée !

- Il y a trois ou quatre mois.

Le Dragon soupire.

- Et tu crois encore qu'après autant de temps, elle va venir ?

- Oui pourquoi ?

- À mon avis, elle a abandonné dans les escaliers et a fait demi-tour !

Seiya bâille à s'en décrocher la mâchoire.

- Ma foi, c'est possible.

- Désolé, mais il faut que tu retournes chez toi. Maintenant.

- Pourquoi ?

- On est attaqués. Les chevaliers d'Or tentent de s'emparer du Sanctuaire.

- Ah, ce n'est que ça ! Ils n'iront pas loin si même une femme de ménage est incapable de grimper tous les escaliers jusque chez moi.

- Ce ne sont pas des femmes de ménage ! Ils ont l'endurance des chevaliers !

- Pourquoi tu t'inquiètes ? Même s'ils arrivaient jusqu'à la maison du Phénix, ils ne pourraient pas aller plus loin. Tu sais comme moi que Ikki ne laissera jamais passer personne pour que Shun n'ait pas à se battre !

- C'est pour cela que je t'ai réveillé. Ikki a été vaincu.

- Non ?! s'ébahit Seiya.

- Si !

- Non ?!

- Si, je te dis !

- Tu me fais marcher, pas vrai ?

- Pas du tout ! Les chevaliers d'Or approchent. Tu dois regagner ta maison.

Soupir de dépit de Pégase. Il pousse le rideau pour regarder dehors.

- Regarde l'horloge. Il ne leur reste que deux heures. Comment veux-tu qu'ils franchissent les maisons restantes en si peu de temps ? Ils vont sûrement s'en rendre compte et faire demi-tour. C'est donc pas la peine que je bouge d'ici !

Sur ce, Seiya retourne sous la couverture et ferme les yeux. Shiryu s'énerve.

- Va t'habiller et rentre chez toi !


Rejoignons nos héros dorés devant leur nouvelle destination.

- Voici la huitième maison du Zodiaque... commence le Vieux-Maître.

- Celle d'Andromède, termine Aldébaran en regardant le gros néon rose fluo clignotant intitulé "Maison d'Andromède", à gauche de l'entrée.

Cette maison est bien plus modernisée que les autres. Jusqu'ici, c'est la seule qui dispose de portes, de fenêtres, de murs sans fissures, d'une cheminée pour quand Ikki se déguise en Père Noël... À droite de l'entrée se tient une statue de Gandhi. Et au-dessus de la porte, une enseigne avec plein de petits coeurs autour indiquant : "Vous qui entrez ici, considérez-vous comme mon frère !".

- Voilà une bien curieuse maison... observent les chevaliers d'Or.

Ils entrent sans sonner et sans frapper. Des grosses peluches les accueille dans le hall d'entrée. En continuant, ils découvrent que les murs sont tapissés de Bisounours. Sans le savoir, Shun a fait jouer ses relations (Ikki) pour obtenir tout ce qu'il souhaitait.

Nos héros trouvent Shun dans la pièce principale.

- Euh... Bonjour, les accueille-t-il timidement.


Dans le prochain épisode...

Le pire scénario d'Ikki s'est produit, Shun va devoir se battre !

- Je peux pas. Je déteste la violence.

Euh... Alors, il va les laisser traverser sa maison !

- Je suis désolé. Mon frère ne m'a pas dit de vous laisser passer, donc je ne peux pas.

Euh... Ils vont se battre ou pas ?!

Pendant ce temps, Aioros et Jabu, à l'agonie, vont pouvoir expérimenter un remède miracle !

- N'approche pas j'ai dit ! s'affole Jabu. Sinon je m'enfonce la flèche d'or et je m'achève ! Comme Aioros est en train de le faire en ce moment.

Mais qu'est-ce qui effraye autant les deux blessés ? Réponse au prochain chapitre !

- Eh ! toi, le lecteur ! vous apostrophe Ikki. Dis un peu au narrateur de trouver d'autres souffres-douleur, ou je fais un malheur !