Attention spoilers potentiels sur une autre fic !

Mike est le personnage principal de la fanfiction écrite par Fisitron "Jusqu'au bout du monde" que vous pouvez trouver aussi sur . Le récit ci-dessous contient des références à des évènements qui se produisent tard dans sa fanfic.


Il ne savait pas depuis combien de temps il était là. Il ne se rappelait pas quand cela avait eu lieu. Le temps ici passait d'une manière étrange et il était las de lutter. Mais comment avait-il pu tomber si bas ? Comment lui, le seigneur du Contre-Monde s'était-il fait piéger ? La rage montant de plus belle une nouvelle fois, le grand dragon se jeta violemment contre la paroi arrondie et feutrée. Encore et encore, jusqu'à ce que le sol de sa prison ne devienne son ciel et que le mobilier installé ne finisse éparpillé autour de lui sur la paroi. À mesure que sa colère grandissait, l'air ambiant chuta de plusieurs degrés.

Une voix féminine lui parvint, comme étouffée sous plusieurs couches de tissu. Un léger clic métallique se fit entendre, suivi d'une brèche de lumière aveuglante qui l'aspira. L'air frais du soir bruissa contre le cuir de ses ailes à demi repliées. Il leva le nez au ciel, tentant de se repérer. Mais le monde de ces êtres insignifiants lui semblait partout identique.

Il replia ses ailes pour prendre son envol, mais il fut interrompu par la même voix féminine :

- Et tu crois que tu vas aller où, là comme ça ? Tu m'expliques ?

La réponse explosa à l'avant de la conscience de Crépuscule, avec une intensité presque douloureuse.

- Comment ? C'est de cette manière que tu oses t'adresser au seigneur du Contre-Monde, fourmi insignifiante ?

- C'est mignon d'avoir son petit caractère comme ça. Non franchement, j'adore. Sérieux, ça en impose direct.

- Tu oses te moquer petite humaine ?!

- Il va se calmer tout de suite le gros méchant dragon, OK ? Tu ne vas pas réussir à faire la loi ici mon grand. Si tu me chauffes les oreilles c'est direct retour dans ta ball et sans cogner dans tous les sens. J'ai pas envie que tu tombes de mon sac. Il faut que tu te mettes dans la tête que maintenant c'est toi et moi, point. Sinon c'est nada, que dalle, OK ? Quand tu te rendras compte que c'était moi ou l'annihilation, peut-être que tu reviendras à de meilleurs sentiments. Tu n'auras personne à torturer, pas de concubines pour te satisfaire si tant est que ce soit ton truc, pas de clef à faire souffrir. Ton rejeton tu vas lui foutres une paix royale, même impériale je dirais. C'est moi qui commande, c'est moi qui ai ta ball, c'est de moi que ta vie, ton bien-être et ton niveau d'emmerdes dépendent. Donc tu vas de suite baisser d'un ton. Je te mettrai un joli ruban si je veux. Je t'appellerai Croquette si j'en ai envie et tu feras des concours si je l'ai décidé. Est-on bien d'accord ?

- ...

- Et s'il te plaît, réponds-moi quand je te pose une question. J'attendais mieux du seigneur des ténèbres.

- Soit, je te comprends, c'est même très clair. Ma chère... Quel est votre nom d'ailleurs ?

- C'est bien, tu es revenu à de meilleurs sentiments. On verra pour combien de temps. Je m'appelle Crépuscule.

- Étrange.

- Pourquoi étrange ? Mon prénom te dérange ?

- Du tout ma chère. Je vous voyais simplement plus… Solaire.

- Plus solaire, voyez-vous ça. Et toi dis-moi, comment veux-tu que je t'appelle ? Je te donne du Giratina à tout bout de champ ou tu te choisis un prénom ? Un diminutif ? Genre Gigi ? Hahaha.

- Quelle impud...

- Tut tut tut, on se calme le serpentin !

- Non, hors de question que tu m'appelles Giratina, tu n'es pas di... Enfin ce n'est pas approprié.

- Ça y est, t'as pris la confiance, tu me tutoies.

- Je m'adapte ma chère. Un prénom, voyons… Que dis-tu de Mike ?

- Oublie, tu ne le mérites pas. Hors de question que je t'appelle Mike senior. Suivant.

Le grand dragon baissa la tête vers le tout petit bout de femme qui le toisait bras croisés et lui répondit d'une voix veloutée à quelques centimètres de son visage :

- Et bien je ne sais pas moi, choisis dans ce cas. Puisque tu es ma... Maîtresse. C'est bien ce terme que je dois employer ?

Sous le coup de l'agacement elle fixa les prunelles d'obsidienne aux pupilles rouge sang. Et bien malgré elle, le ton éminemment masculin de cette voix quasi irréelle la fit rougir. Elle déglutit avec difficulté et parvînt à grand peine à détacher son regard.

- Tu ne perds rien pour attendre toi, Ô vile vipère. Je crois que je vais t'appeler Wade. Tu es bien aussi tordu que lui. Et si tu veux quelque chose de plus distingué, il faudra le mériter... Wade.

- Si c'est là ce que tu souhaites, ô Crépuscule, ma... Maîtresse.

- Et ben on a pas fini.

Le lendemain de la capture, Crépuscule décida de partir en promenade avec Wade. Elle appréhendais un peu de le sortir de sa ball. Cela lui faisait encore une sensation étrange d'avoir en sa compagnie un jumeau dimensionnel du père de Mike, mais elle allait devoir s'y faire. C'était, après tout, un privilège que d'avoir capturé le grand Giratina. Ce n'était pas celui de leur plan certes, mais ça n'en était pas moins lui. En chair, en os et en écailles. Et en arrogance aussi, il fallait bien le reconnaître. Elle ignorait encore comment il s'entendrait avec le reste de ses équipes, ni s'il y arriverait. Elle espérait que leurs premiers jours ensemble ne seraient pas le théâtre de tragédies. S'il tuait un de ses compagnons, elle n'arriverait pas à lui pardonner.

Elle en était là de ses ruminations lorsqu'elle arriva au bord du lac. Elle avait choisi cet endroit pour le calme qu'il lui apportait. Et au moins, si elle devait avoir un discussion musclée avec son dragon, au moins auraient-ils une certaine tranquillité. Le soleil était haut dans le ciel. Il devait être aux alentours de onze heures. Elle installa le pique-nique tranquillement, disposa le déjeuner et sortit enfin la luxeball de sa poche sécurisée. Elle appréhendait cette nouvelle entrevue, mais ils allaient vivre ensemble à partir de maintenant. Et elle ne voulait pas rester trop longtemps loin de lui. Elle devait se faire à sa présence.

Peut-être même arriveraient-ils à s'entendre, qui sait ?

Rassemblant son courage, elle déverrouilla la ball.

- Wade, rejoins-moi s'il te plaît.

- Tu m'as appelé, ô Maîtresse ?

Elle avait encore du mal à se faire à cette voix de mâle profonde qui balayait le reste de ses pensées à chaque fois qu'il lui parlait.

- Écoute, peux-tu arrêter de me donner du « Maîtresse par ci, Maîtresse par là » chargé en condescendance ?

- Condescendance ? Loin de moi cette idée. Pourtant c'est bien ce que tu es pour moi, non ? Tu es bien ma… Maîtresse, n'est-ce pas ?

- Le problème c'est ta manière de me le dire. On croirait entendre un amant soumis et c'est très inconfortable. Et pour te répondre, je vois mes pokémons comme des alliés, des coéquipiers. Je n'essaie pas d'entretenir une relation de domination avec eux, ce n'est pas ma manière de fonctionner.

- Ce sont les faibles qui considèrent ceux qui travaillent pour eux comme des égaux. Les puissants comprennent qu'il sont au sommet de la chaîne. Tu te considères donc comme une faible, Maîtresse Crépuscule ?

- Une faible tu dis ? Crois-tu que, si j'étais faible, j'aurais réussi à te capturer ? Je sais bien que dans le Contre-Monde il n'y a pas de place pour l'amour, la compassion, l'empathie, ou tout autre sentiment de ce genre. Je sais bien que tu ne comprends que la loi du plus fort avec toi dans le rôle du caïd local. Mais c'est du passé. Je veux que tu le comprennes et je souhaite établir une relation de confiance mutuelle, à défaut de toute autre relation.

- De quelle autre… Relation pourrait-il s'agir ? À moins que tu n'aies pour coutume de pratiquer l'acte physique avec tes « coéquipiers » ? auquel cas je peux comprendre que tu veuilles te rapprocher de moi.

- Pardon ? Mais pas du tout ! Pour qui tu me prends ? Mais redescends sur terre bon sang ! Je te parle d'affection, d'entente, d'amitié.

- Il n'y a pourtant pas de mâle humain dans ta vie actuellement, je ne sens aucune trace d'odeur masculine sur toi. C'est donc que tu dois trouver ton plaisir ailleurs. Et dans ce cas tes coéquipiers sont les plus indiqués.

- Mais de quoi je me mêle ? Essayons déjà de nous entendre et gardons la soirée pyjama spéciale guimauves et discussions olé olé pour plus tard veux-tu ?

- Parce que tu donnes dans ce genre de niaiseries ? Je te pensais plus subtile que ça.

- Au bout d'une journée tu pense me connaître ? Et que connais-tu des soirées pyjama ?

- Être souverain du Contre-Monde ne m'empêche pas de m'intéresser parfois aux mœurs de vos insignifiantes petites personnes. Cela a pu me divertir à l'occasion.

- Son altesse est trop bonne, non vraiment. Écoute, on est peut-être partis du mauvais pied. La journée d'hier m'a mise un peu sur les dents. On rembobine ? Je vais te parler un peu de moi pour commencer. Tu veux bien ?

- Si c'est là ce que tu souhaites, je t'écoute ma chère.

Le grand dragon soupira. Cela faisait plusieurs heures qu'il conversait avec la femme assise sur le plaid de pique-nique face à lui. Même si son babillage ne l'intéressait pas entièrement, la laisser parler lui offrait l'opportunité de l'observer. Il avait du mal à lui donner un âge. Trente ans ? Peut-être trente-cinq ? Elle était nettement plus âgée que les nymphettes impressionnables de la secte qui se jetaient à sa tête pour leurs rites de passage. Mais elle avait une vitalité étonnante. Il l'aurait même qualifiée de rayonnante. Elle était jolie à sa manière, même si sa beauté n'avait rien de classique. Petite, des formes pleines, la peau claire. Elle avait un visage plutôt agréable encadré par une cascade de boucles auburn. À présent qu'elle se détendait, il lui trouvait même un certain charme. Et il ne pouvait qu'admirer le sang froid avec lequel elle lui faisait face.

- Si tu me permets de t'interrompre, je te trouve bien calme.

- Calme ? Oui, je suppose. Pourquoi en serait-il autrement ?

- Je ne t'impressionne pas. Tu n'es pas transie d'effroi par ma présence. À t'entendre, on pourrait penser que tu converses avec un autre humain.

- Et en quoi est-ce étrange selon toi ? Pourquoi devrais-je te craindre ?

- Et bien je suis le seigneur du Contre-Monde.

- Ex seigneur.

- Merci de me rappeler cet échec.

- C'était juste un fait.

- Soit. Cependant, si je n'en ai plus le titre, j'en ai toujours les attributs et les pouvoirs. Cela ne t'effraie-t-il donc pas ?

- Certainement. Un peu. Tu es un être puissant. C'est fascinant.

- Tu me trouves fascinant dis-tu ?

- Hé mollo l'aspicot, ne fais pas de la gonflette d'égo mal placée. J'ai dit que c'était fascinant, pas que TU étais fascinant.

-Oui pas de souci, exprime-le de la manière qui te sied le mieux.

- Mais tu te moques de moi en plus ?

- Loin de moi cette idée.

- Allez, c'est terminé pour aujourd'hui, on rentre à la maison.

- Si c'est là ce que tu souhaites, partons.

- Veux-tu bien rentrer dans ta ball de ton plein gré à présent ?

- Ne puis-je rester en ta compagnie encore quelques temps ?

- Et pourquoi ?

- Et bien pour apprendre à te connaître. Comme tu l'as dit, nous allons être partenaires de vie à présent.

- Après tout, si ça te fait plaisir.

- Je ne saurais dire que cela me rend extatique, mais je dois bien m'adapter, comme tu l'as souligné. Il y a une question que je souhaiterais te poser si tu me le permets.

- Vas-y toujours, on verra si je choisis de répondre ou pas.

- Saurais-tu m'expliquer, ô Maîtresse, pourquoi le fait que je veuille prendre le prénom de Mike te bouleverse tant ?

- Il n'y a qu'un seul Mike dans ma vie et la place est déjà prise.

- Je constate à tes signes vitaux que cet individu compte énormément pour toi.

- En quoi cela t'intéresse-t-il ?

- Pourquoi m'as-tu parlé d'une clef à torturer hier ? Il me semblait que tu avais l'air de parler de Mike ?

- Tu me paraît bien concerné et conciliant tout à coup.

- J'essaie de comprendre, de me faire à ma nouvelle vie vois-tu ? Et ce Mike que tu connais si bien, pourquoi voudrais-je le faire souffrir ?

- Parce que tu es de la même engeance que son paternel.

- Son paternel ? Tu veux dire son géniteur ?

- Tout juste.

- Donc Mike est le fils d'un Giratina ?

- « Un » Giratina ? Vous êtes plus de deux ?

- Es-tu familière avec le concept de multivers ma chère ?

- À part dans les comics non. Pourquoi ?

- Parce que c'est la seule et unique raison pour laquelle je suis là face à toi et que tu as réussi à me capturer. J'ai été éjecté de mon Contre-Monde où je vivais relativement paisiblement par un Giratina très agressif qui souhaitait agrandir son royaume.

- Comment ça ?

- Normalement, il y a un Giratina par Contre-Monde. Mais la nature n'aimant pas le vide, si le seigneur d'un Contre-Monde se fait arracher à son trône légitime sans possibilité de retour, son royaume sera absorbé par un autre Contre-Monde afin de ne pas laisser un royaume des ténèbres sans dirigeant.

- Tu es donc en train de m'expliquer qu'on t'a piégé pour te voler ta place légitime ?

- Oui. J'ai été piégé, entravé et expédié dans votre réalité afin que mon Contre-Monde fusionne avec celui de l'usurpateur. J'ai été manipulé et désorienté, lâché dans votre réalité sans moyen de communiquer. Aucun esprit n'était ouvert à la communication. À part le tien.

- Pardon ?

- Tu as bien entendu. Le seul esprit que j'ai été en mesure de capter était le tien. Comme s'il n'y avait qu'une seule âme sur terre, la tienne.

- C'est pour ça que tu es apparu ici, à Flusselles ? Tu pistais la source de ton signal ?

- C'est exact. Comme un bateau qui vogue vers le seul phare qu'il a trouvé.

- Non d'un petit charpenti. J'ai failli ne pas être disponible en plus. Heureusement que les essayages avec ma cliente ont été reportés. Sinon je ne sais pas ce qu'il serait advenu de toi. Ni du monde d'ailleurs.

- Ne te mets pas martel en tête sur quelque chose qui n'a pas eu lieu. Tout est allé pour le mieux, tu étais là.

- Oui. A priori le destin a des plans pour nous pour t'avoir mené à la seule dresseuse du coin qui s'y connaît à la fois en dragons, en spectres et en légendaires.

- J'aurais effectivement pu tomber bien plus mal.

- C'est certain. J'aurais pu être obligée de te confier aux Rangers. Et là, je ne sais pas ce qu'il serait advenu de toi. Et je ne préfère pas y penser.

- Mon bien-être t'importe-t-il à ce point ? Nous nous connaissons à peine.

- Je n'aime pas la façon dont les Rangers traitent les pokémons qu'ils estiment être des menaces, voilà tout.

- Pourtant j'étais bien une menace, ma chère.

- Je sais très bien que tous ceux que les Rangers classent dans les menaces n'en sont surtout que pour eux-mêmes. Et puis il faut croire que j'aime les causes désespérées ou que je crois aux secondes chances. Tu aurais préféré que je ne mise pas sur toi ?

- Loin s'en faut ma chère. Je salue simplement ta témérité. Mais n'en parlons plus, nous sommes ensemble maintenant. Alors voyons ce que l'avenir nous réserve, ma chère Maîtresse.

- Rends-moi un service veux-tu ? N'utilise jamais ce ton-là en présence de Raihan.

- Et qui est donc ce Raihan ? Ton amant ?

- Quoi ?! Mais n'importe quoi ! C'est juste un ami. Un de mes meilleurs amis, sinon le meilleur.

- « Juste un ami » dis-tu ? C'est étrange, pourtant tes signes vitaux s'affolent également à son évocation.

- Parfaitement. C'est juste un ami.

- Comme j'ai hâte de te voir évoluer en présence de cet… « ami », ô Crépuscule, ma… Maîtresse.

- Et ben, on est pas sortis des ronces. Je sens que je ne vais pas m'ennuyer tous les jours.


Nous voici à la fin de ce premier récit !
J'espère que ça vous a plu.
Je l'ai écrit dans la soirée de la capture. Qu'est-ce que j'étais fière ce jour-là !
Pour moi, Giratina a toujours eu la voix de Féodor Atkine (Jafar dans Aladdin, l'agent Smith dans Matrix, entre autres).
Giratina c'était mon Graal des pokémons. Je ne jouais pas encore aux jeux de la franchise quand sa génération est sortie, mais j'ai eu un crush direct pour ce grand emmerdeur multidimensionnel. Donc quand il est sorti dans Pokémon Go et que j'ai enfin pu le capturer, j'étais aux anges.
Et pour ceux qui se poseraient la question, j'ai choisi d'appeler notre cher Champion type Dragon de Galar par son prénom anglais Raihan, et non Roy, parce que je trouve que c'est celui qui lui va le mieux. Mais c'est un choix parfaitement personnel, je vous le concède ;)

A bientôt !