Et voilà ! Le dernier chapitre de Prince Incendié avant ma pause estivale !

J'espère qu'il vous plaira !


— En gros, c'est toi qui a insisté pour que Kaido te donne le fruit du démon d'un dinosaure ?

— Je n'ai pas "insisté", Kaido savait que j'avais raison quand je disais que c'était celui qui me correspondait le mieux. Et le ptéranodon n'est pas un dinosaure.

Katakuri avait dit ça pour se moquer mais King ne s'était pas laissé démonter et s'était lancé dans un long exposé sur la différence entre les dinosaures et les ptérosaures et pour rien au monde il n'aurait voulu l'interrompre. Il ne se lassait pas de voir son visage exprimer un tel contentement. Depuis qu'ils passaient tout leur temps ensemble, il semblait à Katakuri que King paraissait avoir dix ans de moins. Il avait le regard plus vif et plus pétillant que jamais. Katakuri avait craint de ne plus jamais le voir sourire après la mort de Kaido, heureusement il s'était trompé.

King partageaient avec joie tout ce qui lui tenait à cœur, maintenant qu'il avait quelqu'un à qui en parler, sans réserves. Katakuri savait qu'il s'était retenu pendant des années de le faire, il ne pouvait que l'encourager à parler, même si certains de leurs sujets de conversations lui échappaient complètement. De son côté, il se remettait parfaitement de ses blessures. Il se laissait bichonner avec plaisir mais il n'avait plus mal. Et sa plaie se refermait gentiment. King veillait à ce qu'elle reste propre et continuait de changer ses pansements. Tous les deux étaient aux petits soin l'un pour l'autre : parfois King râlait pour que Katakuri prenne ses médicaments et inversement quand il s'agissait de manger à sa faim.

Ils avaient l'air d'un vieux couple marié depuis des années. Impression qui satisfaisait Katakuri au plus haut point.

Mais il restait une ombre colossale au tableau : il n'était toujours pas au courant de ce qui l'attendait une fois qu'il oserait réapparaître en public. Il était certain d'avoir perdu toute crédibilité aux yeux de Totto Land et il n'avait aucune envie de se livrer à l'opprobre. Pourtant, il commençait à en avoir marre de se cloîtrer dans sa chambre comme un rongeur dans son terrier. C'était peut-être la toute première fois de sa vie qu'il faisait passer sa santé et son bien être avant ses responsabilités, et il en avait eu besoin, mais il ne comptait pas renoncer à son statut. Il était temps qu'il cesse de se planquer.

La présence de King à ses côtés lui donnait le courage nécessaire. Même si il avait perdu le respect et l'amour de ses adelphes, il ne serait plus jamais seul. Il était enfin prêt à les affronter.

— Tu m'écoutes ou t'es perdu dans tes pensées ? S'interrogea King devant l'air absent de son partenaire.

— Pardon, je pensais à mes frères et sœurs.

King lui répondit par un regard compatissant. Il connaissait ses craintes.

— Je crois qu'il est temps que je sorte de ma cachette.

— Tu n'es pas obligé. Ça ne fait que quelques jours et pour l'instant ils te laissent tranquille.

Il cherchait à le ménager, Katakuri l'avait compris, mais il avait pris sa décision.

— De toute façon, je te ne laisserai pas sortir de là tant que ton traitement ne sera pas complètement terminé, insista King. Tant que tu es convalescent, tu restes ici.

— Je peux sortir de ma propre chambre quand même.

— Non.

Katakuri sourit, c'était agréable de se sentir protégé. Mais le zèle de King frôlait parfois l'absurde.

— Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ? Ma plaie ne va pas s'aggraver parce que je fais trois pas dans le couloir.

— C'est pour le principe, rétorqua-t-il. Tu as le droit à du temps, alors prends le.

— A ma place, c'est ce que tu ferais ? Demanda-t-il sur un ton un peu railleur car il connaissait déjà la réponse.

King ne se laissa pas abattre et répondit à son intonation par un sourire enjôleur.

— Si tu me l'ordonnais, je ne bougerai pas d'ici.

Surpris par ce flirt surprise, Katakuri rougit — encore ! — et se trouva incapable de répliquer immédiatement. Il se trouva obligé d'affronter le rire triomphant de King.

— Je t'ai eu, se moqua-t-il.

— Il faut que je recommence à voir l'avenir, grommela Katakuri. Comme ça je pourrais te clouer le bec !

Ils s'amusèrent tous les deux de la situation mais Katakuri était… interpellé. La dernière fois qu'ils avaient flirté aussi ouvertement, King avait failli s'évanouir. Et là, l'air de rien, il lui lançait une réplique pareille ? C'était surprenant de sa part. Il avait rougit par réflexe mais dans le fond, il était curieux. Et émoustillé.

Il était affaibli mais pas assez pour que passer quelques jours dans la promiscuité avec le plus bel homme du monde dans son lit ne lui donne pas envie de s'envoyer en l'air. Et ce serait sûrement déjà fait si il n'avait pas déjà senti chez lui une légère réticence à se laisser aller. D'où sa surprise de le voir dire une chose pareille.

Il ne s'attarda pas plus longtemps sur cette remarque. Si King voulait aller plus loin, il le laisserait prendre les rênes avec plaisir. Il était plus qu'impatient d'essayer, il n'attendait que son feu vert. Mais le moment était mal choisi. Il venait tout juste de changer son pansement et son esprit était toujours préoccupé par sa situation familiale.

— Sérieusement, reprit-il, je vais devoir me remettre au travail un jour où l'autre.

— Tes subordonnés savent ce qu'ils ont à faire en ton absence.

— Je sais bien, mais je veux savoir à quoi je dois m'attendre.

Voyant que King allait de nouveau répliquer, il trouva la parade ultime.

— Et j'aimerai bien voir ma sœur aussi. Pudding, précisa-t-il au dernier moment. D'après ce que tu m'as dit, je dois la remercier de tout ce qu'elle a fait pour moi. Pour nous.

Comme prévu, King ne trouva rien à redire à ce besoin. Et même s'il n'allait sûrement jamais l'admettre, lui aussi avait envie de revoir l'agaçante petite sœur qui s'était donné tant de mal pour le rattraper en pleine tempête.

— Tu peux m'accompagner, si tu y tiens.

— Soit. Mais je t'interdis de bosser.

Katakuri se leva, ravi d'avoir remporté la bataille.

/

King n'essaya pas de le retenir. Il était content de voir que Katakuri en avait assez de rester enfermé, c'était bon signe. Il n'était pas encore complètement remis et sa culpabilité n'avait pas disparu mais il se sentait enfin prêt à affronter les regards. King souriait déjà en imaginant la tête qu'il allait faire en constatant qu'il avait certainement manqué à son entourage, malgré ce qu'il avait fait.

En vérité, c'était lui qui ne tenait pas à sortir de cette chambre. Il avait encore envie de garder Katakuri pour lui tout seul. Il venait de passer les meilleurs jours de sa vie dans cette chambre et il n'avait aucune envie que ça s'arrête. Ça ne le dérangeait pas de rester vautré sur un canapé toute la journée, à ne rien faire d'autre que discuter et partager des pensées qu'il avait toujours gardées pour lui. Il avait l'impression de retrouver une vie qu'on lui avait volé.

Katakuri s'était dirigé vers son dressing pour s'habiller correctement avant de se présenter devant qui que ce soit. Là encore, King l'en aurait bien empêché mais il connaissait assez son tempérament pour savoir que ce n'était même pas la peine d'essayer. Il attachait encore trop d'importance au regard critique que les autres pouvaient porter sur lui. Ce qui était très drôle, c'est qu'il ne réalisait absolument pas que King le dévorait des yeux.

Il avait conscience du moindre de ses défauts mais était parfaitement ignorant de son potentiel de séduction. King l'observait alors qu'il ôtait sa chemise pour récupérer sa veste favorite, ses muscles tatoués roulaient avec élégance à chacun de ses mouvements. Il aurait pu s'y habituer, après avoir passé plusieurs nuits le nez collé dans le creux de son cou. Mais non, il ne s'en lassait pas et il était loin d'avoir découvert tout ce qu'il avait à découvrir sur ce corps. Il avait des envies d'exploration. Et il était certain que Katakuri pensait la même chose, mais à chaque fois que les choses chauffaient entre eux King devenait fuyant.

Il ne le faisait pas exprès. D'un côté, il avait très envie d'attraper Katakuri par le col pour qu'il s'allonge sur lui, de l'autre, le moindre geste un peu entreprenant le paralysait. Il savait pourquoi, il n'était pas idiot, et il se maudissait d'être aussi faible et farouche. Il ne voulait pas que son passé ait la moindre prise sur lui pourtant c'était le cas. Et il ne savait pas comment résoudre ce problème. S'il continuait comme ça, Katakuri finirait par croire que c'était sa faute. Le pauvre se débattait déjà avec trop de choses ; sa famille et sa convalescence. Il n'avait pas besoin d'ajouter ce souci à la liste.

King tenait à rester un soulagement pour lui, pas un poids.

— Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Katakuri en s'apercevant de sa contemplation sans deviner les pensées qui lui traversaient l'esprit.

Il haussa les épaules et se leva à son tour. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Ça allait leur faire du bien de prendre l'air, à tous les deux.

Il ne prit pas la peine de se changer, il se fichait complètement de la façon dont on allait le percevoir alors qu'il aurait dû s'en inquiéter davantage. Après tout, c'était à cause de lui si Katakuri avait détruit la capitale du pays.

Katakuri fonça le premier vers la porte d'entrée et, en posant sa main sur la poignée, fut soudain pris d'un doute. Il ne dit pas un mot, resta une seconde immobile, puis décida de la franchir en poussant un soupir déterminé.

/

Il n'aurait jamais cru recevoir un tel accueil en sortant de sa chambre. Il n'y avait pas de banderoles, ni de cotillons, ni de ballons mais c'était tout comme.

Pratiquement tous les homies étaient réunis sur le pas de la porte et explosèrent de joie en voyant leur maître enfin sortir de ses appartements. Ils ne prêtèrent même pas attention à King dont ils avaient pourtant très peur. Ils se précipitèrent dans ses jambes en sautillant joyeusement et lui souhaitant la bienvenue.

— Comment ils ont fait pour deviner que j'allais sortir…

— A mon avis, ils sont là depuis le début.

Ce n'était pas sa famille, mais tout de même. Cette joie lui faisait plaisir. C'était exactement le genre d'énergie dont il avait besoin pour commencer la journée. Au moins, il était le bienvenue dans son propre palais.

Il enjamba les objets animés et se dirigea vers les escaliers, suivi par King qui avait l'air déboussolé par les objets qui lui faisaient la fête à lui aussi. En dehors des homies, le palais paraissaient vide. Quelques domestiques avaient peut-être profité de son absence pour s'accorder des vacances. La montagne de paperasse qui devait l'attendre sur son bureau l'angoissait un peu mais il préférait savoir qu'il serait en mesure de noyer sa culpabilité dans un travail acharné.

Si jamais il n'était pas banni de Totto Land pour ce qu'il avait fait.

Il jeta un coup d'œil discret par dessus son épaule pour observer King. Il était heureux de le savoir à ses côtés, quoi qu'il arrive. Même s'il était obligé de quitter sa patrie, alors ils partiraient ensemble. Cette possibilité rendait les choses bien moins angoissantes, même si sa culpabilité était toujours aussi élevée.

Rencontrer Pudding serait une bonne façon de savoir ce qui l'attendait. Sa petite sœur était de son côté mais elle était plus distante — et donc plus objective — que Brûlée.

— J'espère qu'elle n'aura pas peur de moi, dit-il à King, pour être rassuré sur la suite.

Il ne répondit pas. Il gardait le regard dans le vide et les sourcils étrangement froncés, comme plongé dans une réflexion particulièrement difficile.

Katakuri s'interrogeait sur ce comportement. Il agissait étrangement.

— Tu es sûr que ça va ?

Il releva le nez, l'air de rien.

— Bien sûr, pourquoi ?

— Tu as l'air inquiet.

— Évidemment que je suis inquiet, j'espère que ta sortie va bien se passer.

Katakuri n'en croyait pas un mot. Son esprit était ailleurs.

— Tu me prends pour un imbécile ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

King soupira et lui adressa un sourire rassurant. Maladroit, mais rassurant.

— Ne te soucie pas de moi, on verra ça plus tard.

Il y avait donc quelque chose qui clochait. Il obtempéra et ne le questionna pas plus longtemps, il était déjà perturbé par le fait de réapparaître en public, il devait se concentrer. Et voir Pudding allait sûrement le dérider un peu.

Sans surprise, ils trouvèrent la jeune femme à la cuisine. D'après ce que Katakuri avait compris, elle avait participé à la gestion de l'île avec d'autres suppléants pendant sa convalescence et elle s'était remarquablement bien débrouillée — il se jura de lui rappeler encore une fois qu'elle était la mieux placée pour reprendre le poste de Lola.

Elle ne s'aperçut pas tout de suite de leur présence. Elle était concentrée et surveillait le travail des autres. Quand elle sentit un regard peser sur elle, elle leva le nez et écarquilla les yeux de surprise en reconnaissant son frère aîné. Elle se précipita sur lui, l'air un peu paniquée.

— Katakuri ?! Mais qu'est-ce que tu fais ici, tu dois encore te reposer !

Sa minuscule petite sœur s'inquiétait pour son bien être, c'était vraiment un comble. Il ne pouvait pas laisser les rôles s'inverser à ce point là. Il posa un genou à terre — ses articulations grincèrent au passage, lui rappelant son âge — et la prit par les épaules. Il ne pouvait pas passer une seconde de plus sans la remercier.

— Je sais que c'est grâce à toi que ma crise a pu être arrêtée. C'est la deuxième fois que les choses se sont bien terminées pour Totto Land parce que tu étais là pour éviter la catastrophe.

Elle se figea et il chuchota pour qu'elle seule puisse l'entendre.

— Et ne prétend pas que tu n'y es pour rien cette fois.

Il posa sa main géante sur elle et la serra doucement contre lui, soudain très heureux de s'être rapproché de cette sœur dont il ignorait presque tout il n'y a pas si longtemps.

— Merci Pudding.

Elle s'étrangla un peu avant de lui rendre son câlin en le serrant aussi fort que ses petits bras le lui permettaient. Katakuri soupira doucement, immensément soulagé par ce contact. C'était comme si tout son courage était revenu d'un seul coup.

Quand elle se décolla de lui, elle écrasa la larme qui coulait de son troisième œil et lui adressa un sourire espiègle.

— Je ne vais pas dire que je n'y suis pour rien. C'est évident que tout ça c'est grâce à moi.

Tous les deux eurent un petit rire. Cette confiance faisait plaisir à voir.

Elle se décala pour observer King qui restait en retrait, pour leur laisser un peu d'intimité. Comme la fois sur la falaise, il avait l'air gêné par leur échange. Pudding, parfaitement consciente de son malaise, se dirigea vers lui et lui offrit le même câlin — ou du moins un câlin à sa jambe, puisqu'il était resté debout.

Les flammes de dos s'enflammèrent brusquement avec un "woosh" surpris. Katakuri crut pendant une seconde qu'il allait secouer la jambe pour se débarrasser d'elle comme d'un insecte gênant — King ne tolérait aucun contact en dehors du sien — mais il se contenta de rester immobile, les bras écartés et les yeux fixés sur Pudding. Il ne lui rendit pas son geste, il était trop stupéfait par cette démonstration d'affection.

Katakuri aurait ri de la situation si la raison pour laquelle il était incapable de répondre à ce câlin n'avait pas été aussi triste.

Pudding se détacha de lui en secouant la tête.

— Tu ne peux pas être normal des fois ? Se moqua-t-elle.

King grogna en réponse et chercha de l'aide auprès de Katakuri en lui lançant un regard désespéré. Il n'intervint pas et laissa sa petite sœur prendre la suite.

Elle semblait ravie de les voir, elle les entraîna dans la cuisine et leur présenta ce qu'elle était en train de préparer. Katakuri avait du mal à l'écouter, il était heureux de la voir s'épanouir. Elle se fichait parfaitement de ce qu'il avait fait et elle n'avait pas peur qu'il refasse une crise.

Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire.

/

— Je suis désolée Katakuri, gémit Pudding après lui avoir relaté la dernière réunion, dont il avait été le sujet principal.

Il n'était pas surpris. La situation était telle qu'il avait imaginée. Il était blessé bien sûr, mais il ne leur en voulait pas. Il s'était mis dans l'embarras tout seul. S'il n'avait pas autant insisté pour qu'on lui confie la direction de Totto Land, les choses n'auraient pas été aussi graves. Il ne pouvait pas leur en vouloir de songer à l'écarter. Et à lui retirer ses prérogatives.

— Ils ont dit que tu resterais Général mais… Devenir capitaine…

— C'est compromis. Je comprends.

— Oven et Daifuku t'ont défendu comme des lions.

— Ils n'auraient pas dû, je suppose que le fait qu'ils aient caché ma condition leur a causé des problèmes ?

— Un peu, dit Pudding avec une moue. Mais maintenant que tu vas mieux tu vas pouvoir te défendre tout seul !

Il n'en était pas sûr. Pas pour le moment en tout cas. Il n'était plus très sûr d'en avoir envie, lui-même ne s'en trouvait plus digne. Et maintenant que Mama n'était plus là, ses frères et sœurs n'avaient plus tant besoin de sa protection. Sa sœur aînée dirigeaient Totto Land en l'absence de leur mère depuis plus longtemps que lui et elle n'était pas moins compétente.

Mais il avait besoin de réfléchir. Ce qui lui importait pour le moment c'était de comprendre ce que lui voulait. L'absolution, certainement, et du respect. Avait-il besoin d'être capitaine pour ça ? Est-ce qu'il désirait être le chef de Totto Land ou l'envisageait il par défaut ? Parce qu'il avait toujours fait en sorte de porter la charge la plus lourde pour protéger les autres ?

— Je vais rester en retrait encore un peu, dit-il à Pudding.

— Pourquoi ?

— Par politesse, dit-il.

Face au regard dubitatif de sa sœur, il précisa.

— C'est ce qu'il y a de mieux à faire pour prouver que je suis différent de notre mère. Quand Mama faisait une crise, elle se fichait bien des dégâts qu'elles avait causé.

Pudding allait dire quelque chose mais il la stoppa.

— Je ne peux pas faire comme si rien ne s'était passé. C'est arrivé, c'est tout. Je comprends qu'on ne me fasse plus confiance. Je dois prouver ma bonne foi, et ça commence par là. Je me contenterai de répondre aux ordres qu'on me donnera jusqu'à ce qu'on me pardonne.

— Tu veux peut-être profiter de ta lune de miel avec King aussi ? Ajouta-t-elle, en le fixant de son troisième œil, pas dupe.

Il haussa un sourcil amusé. Elle ne se serait pas permis de lui dire ça si King était resté avec eux — il leur avait faussé compagnie pour prendre l'air et "se dégourdir les ailes". Il ne se laissa pas avoir et ne rougit pas, il lui répondit en souriant, tout crocs dehors.

— Dis donc toi, je te trouve bien audacieuse de me dire ça.

— Je mens peut-être ?

— Sans doute pas, mais ce n'est pas une chose à dire à son grand frère.

— Oh je ne t'en blâme pas, tu as raison de vouloir en profiter.

Elle cala son menton dans sa main et soupira, visiblement jalouse de sa situation mais résignée à ne plus se morfondre sur ce qui s'était passé le jour de son mariage.

— Tu devrais retourner le voir d'ailleurs, il à l'air bizarre.

— Donc ce n'est pas mon imagination, s'exclama-t-il, soulagé que Pudding confirme ses impressions. Je ne sais pas ce qu'il a depuis ce matin. On dirait qu'il manigance quelque chose.

— Tu as essayé de lui parler au moins ?

— Oui, mais il prétend que tout va bien.

Il secoua la tête, il n'avait pas envie de se préoccuper de ça pour le moment.

— Peu importe, je le verrais plus tard. Pour le moment, je veux passer du temps avec mes frères et sœurs, lui sourit-il. Est-ce que Flampée est toujours là ?

— Elle a filé chez Oven. Et apparemment elle lui rend la vie impossible…

Il pouffa de rire en imaginant son jumeau incapable de savoir comment gérer les élans de cette gamine effrontée. Il était content d'être sorti de sa chambre, il était temps qu'il reprenne contact. Maintenant qu'il était confronté à ce qu'il en était réellement, plutôt que d'angoisser, il respirait.

/

King était remonté dans la chambre, seul, et avait laissé Katakuri profiter de son retour en public. Il ne voulait pas l'empêcher de retrouver les siens et il se sentait un peu de trop. Il avait été content de voir Pudding — même s'il ne l'admettrait jamais à voix haute — mais il préférait rester à l'écart. Malgré tout ses efforts et tout ce que Katakuri lui avait dit, il ne parvenait pas à se dire qu'il faisait parti de cette famille. Il n'était qu'une pièce rapportée.

Il était bien ici mais quelque chose lui manquait. Et lui manquerait toujours, quoi qu'il fasse. Ça n'avait rien à voir avec Katakuri ou même avec Big Mom, c'était l'idée même de s'intégrer à un groupe qui lui était difficile. Il était capable de s'attacher, profondément, à une seule personne. Mais avec le reste du monde, c'était toujours compliqué. Jamais il ne parviendrait à se détacher de l'idée qu'il était entouré d'ennemis.

Mais avec Katakuri, qui était tant attaché aux siens, il ne pouvait pas se permettre de penser de cette façon plus longtemps. Il ne voulait pas risquer de le perdre, lui aussi. Il avait conscience de s'emballer un peu vite mais il était si peu habitué à une vie douce et sereine qu'il avait peur que tout s'écroule d'une seconde à l'autre. Tant de calme et de bien-être était forcément suspect, ça ne pouvait pas durer.

Katakuri ne lui avait donné aucune raison de douter de son amour pour lui mais il était persuadé que tout ça était précaire. Maintenant qu'il allait mieux, peut-être qu'il n'allait plus avoir besoin de lui ? Se lasser ? Ou se rendre compte qu'il était profondément ennuyeux ? Après tout, il en avait vite eu marre de rester blotti dans sa chambre quand King serait bien resté comme ça pendant des siècles.

Il attendait son retour avec impatience, incapable de stopper son flot de pensées parasites. Quand il le retrouverait ça irait mieux. Il savait qu'il s'en faisait pour rien, dès qu'il pourrait à nouveau se blottir contre lui, il se sentirait de nouveau apprécié et protégé.

Katakuri rentra tard, au coucher du soleil. Et rien qu'à sa tête, King devinait qu'il avait passé du temps avec d'autres membres de sa famille et que les choses s'étaient bien déroulées. Il était content pour lui… et un peu jaloux ? Il n'en était pas sûr. Est-ce que lui était capable d'apporter cette expression détendue sur son visage ?

— Ça s'est bien passé ? Demanda-t-il pour la forme, en espérant cacher le trouble qu'il avait détecté quelques heures plus tôt.

— Bien mieux que ce que j'avais espéré ! Répondit Katakuri en se rapprochant de lui pour l'enlacer et l'inonder une nouvelle fois de son affection.

King savoura cette étreinte, bêtement rassuré d'y avoir droit.

— Ma position dans la famille est compromise et je ne vais plus avoir mon mot à dire dans les affaires du pays pour un moment mais… Je ne vais pas être banni.

Il lui offrit une autre étreinte pour manifester son soulagement et King savait qu'il aurait du s'en réjouir pour lui mais il ressentit une petite pointe de déception. Qu'il garda pour lui.

— Maintenant, reprit Katakuri en le lâchant, si tu me disais ce qui te tracasse ?

Il n'était même pas sûr de ce qu'il ressentait, comment pouvait-il l'expliquer ? Comment pouvait-il lui avouer qu'il aurait aimé partir avec lui ? Peut-être même voyager ? Il était tard, il était fatigué.

— J'ai pas très envie d'en parler pour le moment.

— Tu es sûr ?

— Oui. Mais ça va passer, t'en fais pas pour ça.

Il le fixa un moment, puis acquiesça. Il avait compris qu'il y avait plus à dire que ce qu'il voulait bien exprimer mais il respecta son envie de garder le silence.

/

Katakuri s'était couché content ; sa journée avait été parfaite. Il avait revu sa sœur, avait été rassuré sur son futur et pouvait désormais se reposer sans se ronger les sangs. Mais il restait un problème qui l'empêchait de fermer l'œil : King.

Il n'y avait rien d'alarmant mais rien qu'à la façon dont il était allongé contre lui, Katakuri sentait que ça n'allait pas. Il était crispé et respirait fort. C'était la première fois qu'il se montrait aussi agité à ses côtés. D'ordinaire, il s'endormait rapidement et prenait toute la place dans le lit, quand il ne se transformait pas carrément dans son sommeil pour prendre sa forme de ptéranodon.

Il était un peu agacé. Il avait envie de lui tirer les vers du nez mais s'il refusait de se confier, ça ne servirait à rien. Il était condamné à se demander ce qu'il se tramait dans sa tête jusqu'à ce qu'il consente à lui faire part de ce qu'il le mettait dans cet état. En attendant, il pouvait lui manifester son attachement et lui faire savoir qu'il était là pour lui, comme toujours.

Maintenant qu'il avait compris que sa fratrie n'avait pas besoin qu'il soit là vingt quatre heure sur vingt quatre pour veiller sur eux, il était heureux de transférer son besoin de prendre soin de quelqu'un sur King. Car il avait toujours manqué cruellement d'attention.

Il était couché sur le ventre mais il lui tournait la tête. Katakuri avait une vision dégagée de ses épaules et de la naissance de ses ailes, qui frémissaient à chacun de ses soupirs. Celle qui avait été amochée se remettait doucement de son traumatisme, un petit duvet de plumes grises repoussait là où Katakuri l'avait recousue. Il tendit la main et effleura les plumes du bout des doigts. King sursauta et son aile se contracta mais il ne chercha pas à repousser Katakuri. Ni a montrer qu'il était bel et bien réveillé.

Il avait arrêté de respirer et se détendit un peu quand Katakuri le caressa plus doucement, à la fois pour le réconforter, à la fois pour voir sa réaction. Il suffisait qu'il le touche pour être de nouveau submergé par l'amour qu'il ressentait pour lui et dont il s'étonnait encore qu'il soit bien réel. Il fit glisser sa main jusqu'à son épaule dénudée. Sa peau était chaude et frissonnante, Katakuri se savait pas s'il appréciait ce contact. Il se rapprocha doucement pour embrasser le haut de son crâne, juste au dessus de son tatouage, en guise de bonne nuit.

Il avait à peine posé ses lèvres contre sa peau quand King roula brusquement sous lui en lui saisissant le visage des deux mains pour l'embrasser à pleine bouche. Surpris par cet élan, Katakuri s'effondra sur son torse, les joues devenues brûlantes. Maintenant, il connaissait suffisamment la bouche de King pour ne plus s'émerveiller devant sa façon de l'embrasser mais il y avait dans ce baiser une énergie et une fougue assez inattendue.

Il ne se contentait pas de l'embrasser ; il lui mordait les lèvres et emprisonnait ses jambes avec les siennes tout en passant ses mains autour de ses épaules pour le presser plus fort contre sa poitrine. Katakuri, sonné, ne trouva même pas la force d'exploser sur place. C'était beaucoup trop de stimuli à la fois ; il ne savait même pas comment répondre. Il se contenta de fondre sur lui et de répondre à ses appels en l'embrassant avec la même vivacité dévorante.

Après tout, il avait désiré ardemment ce qui était en train de se passer. Quand ils avaient abordé le sujet, ils avaient décidé de laisser les choses se faire d'elles-mêmes. Peut-être que le moment était venu. Heureusement pour Katakuri, il n'avait pas le temps d'angoisser ; King s'arrangeait pour que toute son attention soit concentrée sur lui. Il pressait son corps tellement fort contre le sien, ses sens étaient surstimulés et son pantalon ne cachait absolument pas son érection.

— Enlève tes vêtements, lui demanda King entre deux respirations précipitées.

Katakuri n'eut pas le temps de répondre, King se chargeait déjà de lui ôter son t-shirt avec des gestes nerveux. Katakuri aurait du paniquer et se poser les mille questions qu'il s'était déjà posé maintes fois et qui concernait la suite naturelle des choses — notamment son rôle dans l'histoire, au cours de ses fantasmes il ne s'était jamais imaginé en position de contrôle — mais quelque chose l'en empêchait et ne lui permettait pas de se lâcher totalement.

Lui était tout tremblant, maladroit, gémissant et brûlant de désir. King en avait l'apparence, il bougeait énormément et ne décollait pas ses lèvres des siennes, mais quand Katakuri passait ses mains sur son torse, il le sentait crispé et tendu. D'habitude, quand ils étaient aussi proches, King montrait sa vulnérabilité et savourait les effets qu'il produisait sur Katakuri Mais même la façon dont il l'étreignait était différente.

Il le serrait presque trop fort, comme s'il essayait de le maintenir en place pour l'empêcher de s'échapper et il ne se préoccupait pas de ses ailes qui n'étaient pourtant pas au mieux dans cette position. Ca ne lui ressemblait pas.

Soupçonnant une panique liée à l'inexpérience, comme lui, il chercha a le faire passer au dessus de lui pour plus de confort mais King n'en démordait pas. Il continuait de l'embrasser et ne faisait plus attention au reste. Il avait à peine l'air conscient de ce qu'il faisait. Katakuri s'écarta de lui deux secondes, à la fois pour reprendre son souffle et pour demander :

— Tu es sûr que ça va ?

— Oui, ça va ! S'agaça-t-il avant de recommencer son manège, toujours aussi précipitamment.

Katakuri avait très envie de lui faire confiance, d'autant que son corps réclamait le sien avec urgence. La vision de son partenaire sous lui et le parfum qui se dégageait de sa peau étaient irrésistibles. Mais derrière les baisers et le corps ondulant de King, il y avait autre chose.

Il essaya de calmer son ardeur en réclamant des caresses moins empressées. Il voulait savourer le plus longtemps possible, il avait tout besoin de découvrir plus intimement le corps de King avant de passer à autre chose. C'était déjà incroyable de passer la main dans ses longs cheveux, de l'embrasser dans le cou et de les sentir glisser sur son visage, de parcourir sa poitrine et ses muscles fermes du bout des doigts, d'être prisonnier de ses jambes incroyablement longues…

Sentir les mains de Katakuri sur lui sembla l'apaiser un peu, il se détendit et l'embrassa avec plus de tendresse. Mais ses caresses restaient mécaniques, comme s'il n'osait pas s'aventurer plus loin que les épaules de Katakuri, auxquelles il s'agrippait fermement.

Inquiet de le sentir aussi mal à l'aise — même s'il prétendait aller bien — Katakuri se concentra et tenta de jeter un coup d'œil à l'avenir. Il ne l'avait pas fait depuis longtemps et son excitation ne lui permettrait peut-être pas de réussir mais il tenta le coup. Ça ne lui prit que quelques secondes. Et la scène qu'il vit ne le rassura pas du tout.

Il vit le dos de King alors qu'il se levait précipitamment du lit pour sortir de la pièce en trombe et rejoindre le balcon, visiblement en colère.

Cette vision lui fit cesser immédiatement toute caresse pour se redresser et observer plus attentivement son amant. Maintenant qu'il voyait clairement son visage, il comprenait que King était loin de l'état d'excitation dans lequel il aurait dû se trouver. Il y avait de la crainte dans ses yeux ; cet air farouche brisa le cœur de Katakuri.

Il ne s'en rendait peut-être pas compte mais il avait peur que Katakuri lui fasse du mal, et ça se voyait.

— Pourquoi tu t'arrêtes ? Demanda-t-il, la voix moins assurée que ce qu'il avait sans doute espéré.

— On va s'arrêter là.

— Quoi ?

King se redressa vivement — des flammes crépitèrent dans son dos — soudain terrifié d'avoir fait quelque chose de mal.

— Pourquoi ? J'ai fait un truc qui fallait pas ?

— Non, tu n'as rien fait. Mais je vois bien que tu te forces.

Son visage exprima alors tout un panel d'émotions qui allèrent de la stupéfaction à la tristesse avant de nier l'accusation.

— Je… Pas du tout. Pourquoi tu penses ça ?

— Parce que je sais que tu vas avoir une très mauvaise réaction à ce qui est en train de se passer. Et je ne veux pas de ça.

La tristesse déserta son visage pour faire place à une expression neutre et épouvantablement froide. Soucieux de ne pas blesser son égo, Katakuri ajouta :

— Ce n'est pas grave, tu es parfait et je demanderai pas mieux que d'aller plus loin mais… Je te sens loin de moi.

King garda le silence encore un instant avant d'ouvrir la bouche, sans cesser de dévisager Katakuri.

— Tu as analysé mes réactions ?

— Non, pas exactement, répondit Katakuri, un peu surpris par son ton. J'ai simplement…

— Tu as regardé l'avenir pour savoir comment j'allais réagir ? N'est-ce pas ?

— Oui, mais c'est parce que je…

King se leva d'un coup et, comme dans sa vision, il quitta la chambre en écartant les rideaux d'un geste violent. Katakuri serra les dents. Il avait merdé. S'était-il trompé à ce point ? Etait-il seul responsable de cette réaction ?

Il n'était pas sûr de comprendre mais il savait qu'il ne devait pas le laisser seul. Il n'avait pas rêvé, il était bizarre depuis leur réveil. Il avait eu le même comportement en flirtant de façon éhontée le matin même. Katakuri avait trouvé le geste forcé et étrange. Sa réaction n'était pas seulement en rapport avec sa clairvoyance.

Il lui emboîta le pas et le rejoignit sur le balcon. King faisait les cent pas, en proie à une agitation que Katakuri n'avait encore jamais vue chez lui.

— J'ai senti que tu n'allais pas bien et j'ai eu peur que les choses tournent mal. J'ai regardé l'avenir pour savoir quel était le meilleur choix et j'ai préféré tout arrêter. Je ne voulais pas te blesser.

King ne répondit pas, il ne le regardait même pas. Il avait l'air vert de rage mais Katakuri était pratiquement sûr de ne pas être entièrement responsable.

— Dis moi ce qui ne va pas ! Insista-t-il.

King explosa.

— Tu ne peux pas savoir comment je vais réagir ! Tu n'es pas dans ma tête !

— Bien sûr que non, je le sais.

— Tu n'as pas le droit de… — il chercha ses mots avant de se remettre à crier — tester des trucs pour voir quel effet ça va me faire !

— Je… suis d'accord, répondit Katakuri qui espérait que personne ne pouvait l'entendre crier.

— Je suis le seul à savoir ce qui est bon pour moi, ok ?

— Oui, évidemment. Mais tu n'avais vraiment pas l'air d'apprécier. Du moins pas comme moi j'appréciais.

— Je…

Il pointa un doigt accusateur sur Katakuri mais sa phrase mourut dans sa bouche. Il se remit à faire les cent pas. Il ne s'arrêta qu'au bout d'une interminable minute, sans oser regarder Katakuri dans les yeux.

— C'est stupide, dit-il en soupirant.

— Quoi ?

— Je pensais que j'étais capable de…

Là encore il se tut avant de venir au bout de sa pensée. Il avait les larmes aux yeux. Katakuri l'aurait bien prit dans ses bras s'il n'avait pas senti que ce n'était vraiment pas le moment de le toucher.

— Kaido avait raison, dit-il encore, dans un demi sanglot mélangé à un rire jaune presque cruel.

Katakuri ne voyait pas ce que Kaido avait à voir dans cette histoire mais il le poussa à s'exprimer.

— A propos de quoi ?

— Je ne sais pas lâcher prise.

Il y avait tellement de douleur dans sa voix que Katakuri avait lui aussi envie de pleurer. Mais il tint bon, il ne devait pas flancher devant lui, sinon comment King pouvait rester sûr qu'il avait un roc sur lequel se reposer ?

— J'ai essayé mais visiblement j'ai foiré. Pourtant j'en ai envie mais… Ça ne change rien. Il y a toujours une voix au fond de moi qui me hurle que je dois m'attendre à souffrir le martyr si je perds le contrôle.

Les choses devinrent tout à coup beaucoup plus claires.

King n'avait fait que mentionner son passé de cobaye de laboratoire devant Katakuri mais il en savait assez pour comprendre que les séquelles de cette expérience étaient catastrophiques. Et sa colère prenait tout son sens, il croyait que Katakuri l'avait "testé."

Il s'approcha de lui, avec douceur, sans le lâcher des yeux.

— Je ne te ferai jamais de mal.

— Je sais.

Il était complètement abattu. Katakuri ne savait pas quoi dire d'autre pour le réconforter.

— On réessayera, dit-il en haussant les épaules, sans être sûr que la légereté soit la bonne solution.

King pouffa de rire. Au moins il avait réussi à le faire sourire un peu.

— Et si ça ne marche jamais ? Dit-il, presque suppliant.

— Alors tant pis. Ce n'est pas grave.

— Tu es sûr ?

— Oui.

Une lueur de gratitude passa dans ses yeux et il esquissa un petit sourire. Katakuri ne savait toujours pas s'il pouvait le toucher, il rêvait de le prendre dans ses bras et de le serrer contre lui pour lui assurer encore une fois qu'il l'avait attendu toute sa vie, il ne le laisserait jamais tomber. Encore moins maintenant qu'il avait un aperçu concret de ce qu'il lui était arrivé. Mais il sentait que King avait besoin d'espace.

— Je vais rester un peu seul ce soir, ça ne t'ennuie pas ?

Katakuri secoua la tête et cette fois, il s'approcha pour l'enlacer. King lova son menton contre son épaule et expira profondément. Son cœur battait tellement fort que Katakuri pouvait le sentir cogner contre son torse. Il l'embrassa sur la joue avant de faire demi tour et de retourner dans sa chambre, torturé par la vision de King seul sur son balcon, se débattant avec un passé qui refusait de le laisser en paix.


Bah oui. Je ne pouvais pas partir sans écrire un peu de drama ...

Le passé de King revient comme un boomerang et ça fait très mal. Mais ça va bien se passer. Et c'est ma faute, j'adore écrire des gens qui galèrent dans leur vie sexuelle. Je trouve ça tellement plus touchant et intéressant à raconter que quand ça va tout seul. Bon du coup vous devez me détester et mourir de frustration mais ça viendra promis.

Il faut que je vous tienne en haleine si je veux que vous soyez là à mon retour. Car à partir de maintenant, je m'arrête jusqu'en Septembre. Je vais essayer de revenir pour le 08/09 ! En tout cas, c'est sûr : la fic ne va pas rester inachevée ! C'est hors de question. (Sauf si je meurs évidemment, mais à priori c'est pas au programme x)) Elle est bientôt terminée.

Et comme je veux que la fin soit à la hauteur, le repos va me faire du bien. J'en ai besoin. Je vous dis à bientôt en Septembre ! Pour avoir des nouvelles, n'oubliez pas que je suis sur Insta : at lawesculape là bas aussi.

Sur ce, je commence mes vacances d'écriture !