Bonjour à toutes et à tous,

Et revoilà les problèmes de ffnet… Pffff… Si je n'avais pas CQAS, je crois que j'aurais déjà baissé les bras avec ce site… BREF !

Mais ? Qui voilà aujourd'hui ? Blaise ? Diantre ! Qu'est-ce que ça peut bien présager ? Voyons lire ça de ce pas !

.

Je remercie à nouveau Akhmaleone du serveur discord Potterfiction pour sa beta de ce chapitre.

Bonne lecture !

.

Dans les épisodes précédents : "Blaise, nouveau membre officiel du Conseil d'Administration de Poudlard, découvre les joies de la tutelle de Bobby, jeune adolescent et Métamorphomage."

.


Chapitre 129 – Blaise

.

fin juillet 2006

.

Bobby rejoignit son tuteur qui profitait d'un rayon de soleil, appuyé contre la rambarde du balcon de son loft.

— Blaise ?

— Hmm ?

— Quand est-ce que tu as compris que tu préférais les garçons ?

Blaise le dévisagea et se retint d'éclater de rire. Bobby avait treize ans désormais, un corps métissé sec, beaucoup trop grand pour lui, et un visage de poupon en dépit de ses traits qui changeaient au gré de ses humeurs.

Blaise posa une main affirmée sur l'épaule du plus jeune. Il sentait que le moment était important - crucial même - pour Bobby. Il ne pouvait pas se permettre de dire n'importe quoi.

— … Je ne me suis jamais posé la question, en réalité. J'ai compris… j'ai compris quand je suis tombé amoureux. J'avais vingt ans et, avant Seamus, je n'avais jamais ressenti de désir que pour des femmes.

L'adolescent entrouvrit la bouche, la referma et se mordit la lèvre.

— Tu te demandes si tu préfères les garçons ?

— Non, pas vraiment. C'est juste… les copains disent des trucs à l'école. Je… Chais pas. Je me pose des questions.

— Tu te demandes si je suis normal ?

Bobby haussa les épaules en feignant l'indifférence.

— Tu pourras dire à tes copains que je n'ai rien de normal. Je suis exceptionnel. Ils doivent le savoir !

Ils se sourirent, complices.

— Tu ne dois pas avoir peur d'être différent.

— J'ai pas peur, s'offusqua l'adolescent.

Blaise rit sans modération, cette fois. Ce gosse avait passé huit années à affronter le monde avec une peau violette. Il ne pouvait que savoir ce que c'était, d'être différent. Il lui adressa un clin d'oeil.

— Tu veux m'expliquer ce que tes copains racontent ?

Bobby s'appuya à la rambarde du balcon et nia de la tête. Perdu dans ses pensées, il regarda les passants s'agiter sur le trottoir.

— Tu sais, Bobby, aimer un homme ou une femme… On s'en fiche un peu. Ça ne change pas grand chose, au final.

Blaise s'éloigna vers le salon.

— Tu viens ? Ce qui compte, c'est le respect qu'il y a entre toi et ton ou ta partenaire.

— Seamus te respecte ? demanda Bobby en s'affalant dans le canapé.

— Notre histoire est compliquée…

Le plus jeune croisa les bras sur son torse, d'un air boudeur.

— Tu veux pas m'répondre, constata-t-il agacé.

Blaise retint un lourd soupir et se frotta la tempe. Il le dévisagea et haussa une épaule.

— … D'accord. Si on doit partager un bout de chemin toi et moi, tu as le droit de savoir certaines choses. Va nous chercher du thé et demande à Luigi d'aller faire des courses.

Il regarda son protégé s'éloigner, tout fébrile et empressé, et se demanda par où il allait bien pouvoir commencer son récit. Il craignait de ne pas arriver à jauger ce qui pouvait être entendu à son âge ou pas. Il se pinça l'arrête du nez en fermant les yeux. Comme souvent en ce moment, il hésitait entre rire et pleurer.

.

Après avoir réussi à pénétrer l'esprit de Seamus en début d'année, Livia - il pouvait lui aussi se permettre d'appeler l'agent Stenson par son prénom, désormais - avait passé un temps infini à préparer sa Mission Sauvetage, comme elle l'appelait.

Dans la longue liste de ses talents, Livia était une Animagus certifiée. Quand elle se transformait, elle devenait un charmant Spitz Japonais d'un blanc nacré. Elle avait usé et abusé de cette forme pendant près de deux mois pour suivre Muriel quasiment partout.

Tandis qu'elle l'étudiait sous toutes les coutures, qu'elle décortiquait ses manies, sa manière de parler et de se déplacer, Seamus était tombé amoureux de la petite chienne. Il l'avait chouchoutée comme si elle avait toujours été sienne. La Langue-de-Plomb s'était laissée tripotée, gratouillée, brossée et avait fini par transpirer Muriel par tous les pores de sa peau.

Même sans Polynectar, lorsqu'elle l'imitait, on reconnaissait la Cracmolle dans chacune de ses attitudes et de ses intonations. Blaise ne se souvenait pas avoir déjà rencontrer une femme aussi impressionnante.

Au cours de la même période, Livia avait beaucoup trop embêté Dean Thomas au goût du jeune homme. Lorsqu'elle n'était pas en Irlande, elle partageait ses soirées avec lui et, seule la perspective de pouvoir retrouver de nouveau son compagnon de route avait motivé Dean à coopérer.

Au fil des semaines, il lui avait raconté, de gré ou de force, l'ensemble de ses souvenirs partagés avec son meilleur ami. Encore aujourd'hui, l'ancien Gryffondor grimaçait à la simple évocation de la Langue-de-Plomb.

Blaise n'en menait pas plus large, bien que ses raisons eussent été bien différentes. Livia avait dès le départ refusé de puiser dans ses pensées. Il avait été prêt à lui ouvrir le livre de leur histoire, elle lui avait expliqué ne pas vouloir être envahie de ses sentiments.

Elle avait eu peur qu'ils impriment en elle une marque trop puissante, de celle qui aurait pu défoncer les barrières mentales de Seamus comme un Éruptif en pleine charge !

.

Lorsque Livia s'était sentie suffisamment ancrée dans le rôle de Muriel, elle avait pris sa place tandis que la Cracmolle s'était retrouvée cachée et cloitrée chez Dean Thomas.

Pendant de longues semaines, alors que Seamus se désespérait à chacune de leurs rencontres de la fugue de la petite chienne qu'il avait bien trop rapidement adoptée, Livia s'était escrimée à pénétrer son esprit, doucement, lentement, et à réorganiser ses pensées et ses émotions.

Seamus ne semblait jamais s'être aperçu de sa présence et n'avait à aucun moment fait mine de tenter d'ériger la moindre barrière. Il s'était laissé faire, avec une passivité affolante. Blaise avait encore du mal à accepter cette vulnérabilité.

Quand il essayait de se mettre à sa place, il avait l'impression qu'il avait participé à le souiller en aidant Livia. Il en savait trop. Ils en savaient tous, trop. Pourtant, la Langue-de-Plomb ne lui avait pas dit le quart de ce qu'elle avait vu et perçu de ses visites dans l'esprit de Seamus.

Blaise sentait bien que ses réactions n'étaient pas rationnelles - ou pas totalement - mais, il peinait à imaginer ce qu'allait ressentir l'irlandais le jour où il apprendrait ce qui s'était passé dans son dos.

Il savait que ce jour finirait pas arriver. Livia s'en assurait un peu plus chaque jour. Depuis qu'elle avait achevé sa Mission Sauvetage, elle continuait, encore et toujours, à enquêter sur le Pasteur Paisley et son business de Thérapie de Conversion.

Blaise avait eu beau la supplier, elle avait refusé de laisser couler et d'en rester là. Elle avait rapidement listé plusieurs centaines de victimes, en grande majorité des moldus. Elle n'arrivait toujours pas à déterminer qui était ce type.

Elle semblait de plus en plus convaincue qu'il s'agissait d'un né moldu qui n'avait pas eu la chance d'être affecté à Poudlard et qui avait exploité son potentiel magique dormant en autodidacte.

Ce qu'il était changeait tout. S'il était bel et bien sorcier, Livia devait livrer le Pasteur au Magenmagot. S'il ne l'était pas, c'était une affaire de moldus. Blaise avait beau avoir une liste d'arguments longue comme le bras pour la convaincre de laisser les moldus s'en charger, il avait peu d'espoir.

Elle n'avait aucune envie de le suivre aveuglément et il savait parfaitement qu'il n'avait aucune chance de manipuler la Langue-de-Plomb. Il était impuissant. Juste impuissant.

.

Blaise refusait que Seamus souffre davantage de cette situation. Il ne voulait pas qu'il se retrouve, une fois de plus, sur la place médiatique pour avoir eu le malheur de croiser sa route.

Plus le temps passait, plus la conviction que Seamus lui en voudrait éternellement pour avoir eu l'outrecuidance de l'embrasser, six ans plus tôt, s'ancrait dans l'esprit de Blaise. Et leurs rencontres, ces derniers mois, n'étaient pas faites pour le rassurer.

Si, le jour où il l'avait embrassé pour la première fois, Blaise n'avait pas - comme trop souvent - considéré comme acquis de pouvoir céder à tous ses désirs, ils ne seraient pas tombés amoureux. Ils n'auraient pas déçu leurs parents.

Ils ne se seraient pas enfuis et ils n'en seraient pas là. Il avait tellement peur de ne jamais retrouver ce qu'ils avaient eu. Il tentait, au mieux, de limiter les ruminations qui tournaient en boucle.

.

— Blaise ? Tu vas bien ? s'inquiéta Bobby.

Il sourit à l'adolescent et secoua la tête. La dépression avait encore parlé. Il ne regrettait pas d'avoir embrassé Seamus. Et il ferait tout ce qu'il pourrait pour le reconquérir. Muriel travaillait déjà à l'y aider.

— Par où commencer ? Poudlard, j'imagine ?

.


Un chapitre pas hyper gai mais qui nous permet d'en savoir un peu plus sur ce qu'il se passe pour Seamus, notre irlandais chaud bouillant. Et ensuite, on s'arrête chez qui à votre avis ?