Allez, nous voilà avec des chapitres un tout petit peu plus longs comme promis. Je retravaille tout le reste pour qu'il en soit ainsi dans les chapitres suivants. Même si certains seront tout de même plus courts. Je ne peux m'empêcher de m'arracher les cheveux en retrouvant à chaque fois de nouvelles erreurs d'orthographe ou de conjugaison. Argh ! j'espère qu'elles n'entravent pas trop la lecture.

Sur ce, bonne continuation :)

Chapitre 17 : Emyn Arnen

Après avoir chevauché deux jours entiers et dormi à la belle étoile, les collines d'Emyn Arnen se profilèrent enfin à l'horizon. Lyna ne cessait de se gratter le corps. Pendant la nuit et avec la chaleur moite du sud, elle avait été entièrement dévorée par les moustiques tandis que ni l'elfe ni le nain se semblaient en avoir été inquiétés.
Le nain était si poilu qu'aucun moustique ne paraissait avoir pu franchir la barrière de broussailles impénétrables et l'elfe était si glabre que les insectes avaient dû le prendre pour une pierre songea la jeune femme.
Tout en continuant de se gratter, elle faillit perdre l'équilibre et tomber de Niphredil. Legolas réagissant plus vite qu'une ombre la retint par le bras.

– Je t'avais pourtant conseillé de bien t'accrocher à moi, la réprimanda-t-il.
– Mais ça me démange, gémit la jeune fille.

Il est vrai que son visage et ses bras étaient couverts de cloques rouges boursouflées. L'elfe se surprit à sourire, il avait de nouveau l'impression d'être en compagnie d'un hobbit facétieux et hyperactif.

– Nous te trouverons des herbes médicinales pour faire dégonfler tout ça quand nous serons arrivés, reprit-il d'un ton plus doux.
– En parlant d'arriver ! le coupa Gimli qui se trouvait à l'avant avec Patte d'Ours.

Devant eux s'ouvrait une grande route sinueuse traversant les collines.

– Nous y seront bien avant la tombée de la nuit, s'extasia le nain.

En effet, quelques temps après avoir parcouru le large chemin de terre, se dressèrent devant eux les fortifications d'une ville qui jusque là était restée dissimulée par les reliefs. Tout en continuant à se gratter malgré elle, Lyna ne perdait pas une miette du spectacle. Lorsque leur chevaux se présentèrent devant la grande porte de la cité après avoir passé le pont levis, Legolas adressa un signe de la main aux gardes qui se trouvaient en fonction devant l'entrée. Gimli leur adressa quelques mots. Les yeux écarquillés, ceux-ci s'inclinèrent prestement et les invitèrent à entrer. Tandis que Niphredil passait la grande porte surmontée d'une épaisse herse relevée, Lyna se pencha en arrière pour examiner les gardes. Ceux-ci s'étaient reculés et se comportait respectueusement comme pour laisser passer quelqu'un d'important. Elle jeta un œil sur ses deux compagnons qui continuaient leur progression, indifférents au changement de comportement des hommes de garde. Se pourrait-il que ces deux là fussent importants ? Non, rustres comme ils étaient… ils ne pouvaient être que de simples voyageurs, Gimli avait dû soudoyer les gardes à l'entrée !
Le trio traversa la ville fourmillante quand les chevaux s'arrêtèrent soudainement.

– Nous y voila ! lança Legolas en bondissant de son cheval.

Il tendit les mains à Lyna pour l'aider à descendre mais celle-ci l'ignora et dégringola de la monture comme elle put. L'elfe retint un soupir d'exaspération. La jeune femme releva le visage vers le bâtiment devant lequel ils venaient d'achever leur course.

– C'est notre auberge ça ? C'est une blague ?

Face à elle se dressait un somptueux château fortifié, un escalier aussi haut que large menait à la porte principale de la structure, des dizaines de fenêtres parcouraient les murs sur plusieurs centaines de pieds et donnaient sur des jardins magnifiquement entretenus bordant l'édifice.

– Voici le château d'Emyn Arnen, fit Gimli.

C'est alors que la grande porte s'ouvrit lourdement. Il en sorti en bel homme bien bâti entouré d'une horde de domestiques et de majordomes .

– Mes amis ! S'écria l'homme en dévalant les marches à grande vitesse.

Il arborait à peine la cinquantaine et son port était noble et droit. Ses épaules étaient larges, ses longs cheveux châtain mêlés de quelques mèches grises lui descendaient jusqu'aux épaules et son visage était orné d'une barbe parfaitement taillée. Il était vêtu d'une grande cape de fourrure et ses vêtements étaient de grande facture. Lyna le trouva fort séduisant malgré son âge apparent.
Legolas et Gimli vinrent à sa rencontre et à la grande surprise de la jeune femme, celui-ci les prit tour à tour dans ses bras, leur administrant des accolades franches. L'elfe et le nain riaient d'une joie non feinte.

– Que me vaut donc cette visite impromptue ? s'enquit l'homme au port royal. À peine avez-vous franchit la route des collines que rumeur de votre venue m'est parvenue ! Je n'en crois pas mes yeux! Il y a bien longtemps que nous nous sommes vus. Depuis le mariage d'Elessar II Telcontar si je me souviens bien ?
– Effectivement, confirma Legolas. Nous avons beaucoup voyagé dernièrement, Gimli et moi.

En recul, Lyna observait la scène. Elessar ? Ce nom lui rappelait vaguement quelque chose, elle avait dû le voir dans l'un de ses cours d'histoire durant l'école primaire. Elessar ! Mais oui ! N'était-ce pas un roi ? Elle s'approcha de Gimli et se pencha vers lui en chuchotant.

– Elessar ? Comme le premier grand roi du 4ème âge ?

Gimli la regarda dépité et lui répondit sur le même ton.

– Bien entendu, de qui d'autre veux-tu qu'il s'agisse ?
– Vous étiez au mariage de ce roi ? fit Lyna impressionnée.
– Oublie cela d'accord ? répondit Gimli désabusé.

Lyna se renfrogna.

– Venez, entrez mes amis ! Ne restez point plantés là comme de vulgaires vagabonds. Ma femme Éowyn se meurt de joie de vous revoir.

Des écuyers saisirent les chevaux et les dirigèrent vers les écuries tandis que d'autres les délestaient de leurs affaires. C'est alors que l'homme remarqua la présence de Lyna.

– Cette enfant vous accompagne t'elle mes amis?

Legolas se retourna. Il avait oublié les présentations.

– Lyna voici Faramir, fils de Denethor, et maintenant Prince de L'Ilithien et d'Emyn Arnen... Il est aussi intendant et conseiller principal du Roi Elessar II Telcontar.
– Heu enchantée, bafouilla la jeune femme en effectuant une courbette maladroite. Lyna Arendell, fille de mes parents et intendante de rien du tout…

Ses joues avaient pris une teinte cramoisie. Le prince regarda ses deux anciens compagnons de guerre d'un regard interrogateur.

– Elle est notre mission, répondit promptement l'elfe.
– Mission diplomatique, nous ne sommes que de passage, ajouta Gimli.
– Oh ? Je vois, répondit Faramir, qui ne voyait pas du tout.

Il observa un instant le jeune femme.

– Il serait peut-être sage de faire quelque chose pour toutes ces horribles piqures, ne pensez-vous pas ? acheva-t-il.

Lyna se sentit rougir plus fort encore. Faramir frappa dans ses mains.

– Allons mes amis, ne tardons plus, chaleur et festin nous attendent ainsi qu'Éowyn. Ne la faisons point patienter un instant de plus.

Sur ces mots, il entama la remontée des marches, suivit de ses hommes et de Legolas. Gimli poussa Lyna qui ne bronchait pas, vers le grand escalier.

– Alors qu'est ce qui se passe encore ? Tiens-tu donc tant à passer une nouvelle nuit en compagnie de tes amis les moustiques ?

La jeune femme lui adressa un regard noir et se lança à la suite de l'elfe, bientôt rejointe par Gimli alors que les portes du château s'ouvraient pour eux.

...

Éowyn les accueillit en haut du grand escalier. Legolas et Gimli firent la révérence devant la princesse.

– Allons, point de ça avec moi les amis. Venez, entrez, réconfort et nourriture vous attendent.

Lyna en recul derrière Gimli effectua un sourire timide en direction de la princesse.

– Elle est avec nous, précisa le nain. Elle vient de loin.

Éowyn sourit et tendit la main à la jeune fille. Une princesse effectuant une poignée de main? Ce geste ravit Lyna qui s'empressa de serrer la main tendue avec un grand sourire.

– Enchantée, je m'appelle Lyna Arendell, j'accompagne l'elfe et le nain: mission diplomatique, glissa-t-elle plus bas en dissimulant sa bouche aux yeux de tous derrière sa main tendue.

Éowyn eut un rire cristallin.

...

La table avait été avancée par les domestiques dès que Faramir avait eu vent de l'entrée de ses deux anciens compagnons de guerre dans son domaine. La salle à manger s'étendait sur des dizaines de mètres et était ornée de magnifiques tapisseries, un feu brûlait dans l'âtre d'une gigantesque cheminée. La table aux pieds de bois sculptés finement était presque aussi longue que la salle elle-même et recouverte de victuailles qui délivraient des fumets plus appétissants les uns que les autres. Lyna eu le souffle coupé devant l'abondance de vivres. Son estomac émit un gargouillis à peine les effluves de la viande délicieusement rôtie eurent atteint son odorat.

Le prince Faramir présidait l'immense tablée, à sa droite se tenait sa femme. Legolas ainsi que deux intendants du prince se trouvaient à sa gauche. En face, du côté d'Éowyn, avaient été placés Lyna et Gimli.

– Mon frère Éomer nous a promis sa visite d'ici quelques jours, remarqua la princesse, il est dommage que vous ne puissiez rester plus longtemps pour le rencontrer.
– Hélas, non, répondit Legolas, nous sommes en chemin vers les Monts de Mirkwood et je crains que la situation ne nous permette point de prendre notre temps.
– Nous comprenons, ne vous en faites pas pour cela, intervint Faramir. Mangez de tout votre saoul tant que c'est chaud et buvons à nos retrouvailles.

Il leva son verre et fit signe à un homme de maison de venir les servir.

– Si je ne me trompe pas, reprit-il, cela fait quatorze ans que nous ne nous sommes vus. Vous n'avez point changés, bien que cela ne me soit pas étonnant de ta part Legolas, sourit le prince.
– Et toi Faramir, tu as gagné en dignité et en sagesse, répondit l'elfe. J'ai croisé ton peuple sur la route, il n'a point l'air malheureux.
– Ma femme, et c'est tout à son honneur, tient à ce que tout être ait une vie décente, même le plus pauvre. Nous ne les accablons pas de taxes, nous aimons nos gens et j'aime à imaginer que ceux-ci nous aiment en retour.
– Il date ce temps où tu n'étais qu'un jeune chevalier de valeurs déprécié et dans l'ombre de ton père et de ton frère, reprit Legolas. Tu es un homme de bonté et de courage, il ne fait nul doute que tu es fait pour diriger cette contrée d'une main juste et j'espère qu'il en sera ainsi de ta descendance.

L'elfe avait regardé Éowyn. Celle-ci rougit en souriant.

– C'est prévu, répondit Faramir en caressant tendrement les cheveux de sa femme. Cela viendra en son temps, nous laissons les choses se faire.

Un serviteur apporta alors une jarre et s'occupa de rempli tour à tour les coupes des convives.

– Oh ! Non merci ! répondit instantanément Lyna en repoussant sa coupe.

Le serviteur faillit verser son breuvage sur la nappe.

–Je ne bois pas d'alcool. Auriez-vous de l'eau ?

Faramir et Éowyn se regardèrent stupéfaits. De l'eau ?

– Son peuple ne supporte pas l'alcool, inventa Gimli en un éclair pour lui venir en aide.

Faramir éclata de rire.

– Et bien que l'on apporte de l'eau à cette enfant ! ordonna-t-il joyeusement à une servante placée en retrait.
– Je ne suis pas une enfant ! laissa échapper Lyna.

Elle plaqua aussitôt les mains contre sa bouche, Gimli roula les yeux vers le plafond.

– Elle n'a point la langue dans sa poche cette demoiselle, remarqua le prince. Elle me rappelle une personne tendre à mon cœur, fit-il en souriant malicieusement à sa femme.
– Ah ça ! pour parler ! Elle parle ! S'exclama Gimli.

Lyna avait baissé les yeux, sentant ses joues s'empourprer.

– D'où viens-tu mon enfant, questionna la princesse. Ton accent et ton phrasé me sont inconnus.
– Je... je...heu... bafouilla Lyna.

En face d'elle, Legolas la fixait avec de grands yeux, lui intimant de ne rien révéler.

– Je…
– Elle vient de part delà la baie glaciale de Forochel, la sauva une fois de plus Gimli. Elle est issue d'un minuscule village coupé du monde actuel.
– Et ses habitants n'y boivent point d'Hypocras ? s'étonna Faramir.
– C'est une peuple de faible constitution, reclus et fermé aux étrangers. Ils ont à peine la notion du forgeage des métaux, ajouta Legolas, un sourire aux lèvres.

Les bougres ! Ils se moquaient ouvertement d'elle compris Lyna. Si bien qu'elle décida d'entrer dans le jeu à son tour.

– Pour tout vous dire Monseigneur, je n'avais jamais vu un cheval de ma vie, fit-elle en imitant la tonalité noble et académique de l'elfe.
– Et bien ! le monde est si vaste qu'il nous reste encore beaucoup de choses et de gens à découvrir ! conclu Faramir en mordant à pleines dents dans le morceau de viande qu'il tenait fermement en main.

Gimli expédia un coup de coude discret à la jeune femme qui restait bouche béante, les mains hors de la table.

– Mange, marmonna-t-il entre ses dents.

Lyna ne se fit pas prier. Et tout en dégustant les succulents mets qui défilaient sous ses yeux, elle ne perdit pas une miette de la conversation, même si parfois, le vocabulaire désuet de ses hôtes la prenait de court.

– Et cette fameuse mission ? interrogea inopinément Faramir.
– Nous ne pouvons malheureusement en dire plus avant d'avoir rencontré mon père, répondit Legolas. Je n'aimerais pas avoir à vous impliquer dans quelques désagréables soucis supplémentaires..
– Je comprends, fit le prince d'Emyn Arnen sans insister. Mais, puis-je vous demander ceci ? Que comptez-vous faire une fois cette mission accomplie?

Legolas et Gimli se concertèrent du regard.

– Nous avons planifié une aventure dans les Montagnes Blanches où immigre progressivement mon peuple, déclara Gimli.
– Et je dois répandre l'invitation de mon père aux elfes en déroute afin que ceux-ci viennent rejoindre son domaine dans le nord de Mirkwood ou bien s'établir en Ilithien pour le commerce.

Lyna qui écoutait discrètement avait relevé les sourcils. Le domaine de son père ? Elle se souvint alors de la distinction avec laquelle ils avaient été reçus. Legolas était-il de sang noble ? Elle se souvint aussi que Gimli lui avait confié avoir assisté au mariage du roi Elessar. Était-elle en train de voyager avec des gens importants ? Elle se maudit intérieurement pour n'avoir pas été plus attentive à l'école, période à laquelle les enfants de son âge étudiaient les premiers âges de la Terre du Milieu. Elle avait sans équivoque, préféré bavarder avec ses amies sans écouter grand chose.
Elle jeta un œil à Gimli dont la barbe dégoulinait de jus de viande. Elle grimaça. important lui ? Peut-être. Noble ? impossible ! Elle se tourna ensuite vers Legolas et l'observa. Celui-ci arborait toujours une stature droite et un discours élégant. Sans doute était-il issu de la noblesse, cela semblait cohérent avec son comportement. Mais ces deux là voyageait ensemble depuis des années à la manière de vagabonds et étaient aussi semblables que le jour et la nuit. Vivre une vie de badauds était-elle une lubie de nobles privilégiés ?
Se permettant une nouvelle ration de faisan rôti et de petites pommes de terre douces, elle songea qu'il faudrait qu'elle pense à leur poser la question… plus tard.

...

Le repas ayant pris fin, Eowyn avait remis à Lyna une concoction destinée à faire dégonfler les piqûres d'insectes qui la recouvrait et les invités avaient été conduits dans leurs appartements. Chaque habitation comportait une salle de bain privative à mille lieux de ce que Lyna avait pu connaître lors de leurs nombreux séjours en auberge. En découvrant le gigantesque bassin de marbre qui occupait la fameuse pièce, elle se mit à sautiller comme une enfant devant la peluche de ses rêves dans un magasin de jouets.

– On dirait une piscine ! s'exclama-t-elle.

Dans la chambre, le lit à baldaquin était drapé de soie et les piliers qui le soutenaient étaient faits de bois orné de sculptures dorées. La jeune femme se précipita vers le lit et s'y affala de tout son long, faisant rebondir les oreillers.
Faramir qui avait tenu à les guider jusqu'à leurs habitations, observait depuis l'entrée de la chambre et se tourna vers l'elfe et le nain.

– Et ce n'est pas une enfant ? fit-il remarquer.

Les deux amis grimacèrent en haussant les épaules.

– Venez que je vous montre vos appartements à votre tour, reprit-il à l'adresse des deux compagnons.

Avant de disparaître, Legolas se tourna vers Lyna, toujours affalée sur sa couche, et l'interpella.

– Demain, nous partirons avant le lever du soleil. Un membre du personnel viendra te lever. Ne sois pas en retard.
– Mmmmm... marmonna la jeune fille en agitant paresseusement la main pour dire qu'elle avait entendu et qu'il pouvait se retirer.

Quand elle entendit la porte se refermer, elle se releva d'un bond et couru comme une dératée vers la pièce d'eau. Elle se déshabilla à la vitesse de l'éclair et se faufila dans l'eau chaude du bassin de marbre.

Dieux, que cela faisait du bien !


A suivre...