Chapitre 22 : "Le retour du roi"
Keren avait eu trois jours entier à sa disposition pour explorer la capitale tandis que Merry et Pippin avaient préféré allouer leur temps de repos dans la maison royale à jouir de leur herbe à pipe et de bons bains de soleil pris à même la surface de la Citadelle. Cundo avait accompagné la jeune femme dans certaines de ses expéditions dans la cité tandis qu'à d'autres moment, il se tenait des heures en méditation ou en lecture profondeprès de la fontaine, sous l'arbre blanc, symbole de la royauté de Minas Tirith.
Bien des lieux avaient été interdits d'accès à la jeune femme comme le Mausolée des Rois au cinquième cercle de la ville ou bien la salle du trône elle-même. Keren dut se contenter du reste, ce qui était déjà un bien vaste programme.
Un après midi, alors qu'elle discutait avec Cundo de son monde futuriste à l'ombre de l'arbre blanc fleurit, une clameur leur parvint depuis les cercles inférieurs de la ville. Les gardes se précipitèrent vers les portes de la Citadelle.
– Le roi et la reine arrivent !
– Préparez-vous !
– Alignement !
L'elfe et la jeune femme se redressèrent, Pippin et Merry qui jouaient à une sorte de jeu se composant de petits morceaux de bois s'interrompirent et vinrent les rejoindre. Tous firent face à l'entrée de la Citadelle.
Quand les portes s'ouvrirent, Keren sentit son cœur s'emballer. Chevauchant dignement sa monture, se tenait Elessar II Telcontar et trottinant à ses côtés, apparut sa femme pourvue d'un port majestueux, Arwen Undòmiel. Ils étaient suivis d'une escorte magistrale d'hommes en armures brandissant haut les étendards de la capitale. Maints palefreniers et écuyers accoururent à leur rencontre tandis que la rangée de soldats restée en faction à la cité s'alignait des deux côtés pour former un chemin jusqu'à la Maison des Rois.
Arwen était une femme éblouissante. Ses longs cheveux noirs de jais contrastaient avec la blancheur de sa peau sans imperfection. La robe de velours rouge qu'elle portait achevait d'offrir à la reine une beauté saisissante. Mais ce qui surprit Keren par dessus tout fut l'arrondi qui naissait au bas ventre de la Reine. Ainsi donc, celle-ci attendait un héritier. Descendu de son destrier, le roi Elessar quand à lui était tel que la jeune femme l'avait vu maintes fois décrit et dépeint pendant ses études: Très grand et mince sur de fortes épaules, les cheveux mi-longs poivre et sel ornés de la couronne royale. Son visage était celui d'un homme sévère mais juste, ses larges mâchoires angulaires, ses traits fins et son allure noble lui conféreraient une grande beauté lui aussi.
– Un couple de rêve, murmura la jeune femme pour elle-même.
C'est alors que Merry et Pippin se précipitèrent vers le cortège royal. Cundo ouvrit les mains pour les retenir.
– Aragorn ! crièrent les semi-hommes en se précipitant comme des fous sur le roi.
Celui-ci, surprit, se retourna à temps pour voir deux petites têtes blondes se jeter sur lui alors que les gardes avaient déjà dégainé leurs épées et s'apprêtaient à embrocher les deux Hobbits. Le roi les refoula d'un signe de main et parti d'un franc éclat de rire.
– Merry ! Pippin!
Les deux cousins l'avaient enserré à la taille.
– Et bien, et bien mes amis ! reprit le roi.
Il leva les mains comme s'il se rendait, tout en riant.
– Je ne me doutais point que telle joie de me revoir vous saisirait à ce point !
Les semi-hommes lâchèrent le roi et reculèrent.
– Pardon Sire ! Nous sommes tellement heureux de vous revoir que nous en oublions les conventions.
Le roi éclata de rire et envers contre toute attente, il saisit les deux hobbits dans ses bras et les souleva un instant de terre, laissant ses hommes ébahis devant tant d'allégresse.
– C'est moi qui en oublie les conventions mes amis ! Quel bonheur de vous savoir dans ma demeure avec si bonne mine, fit- il en frottant les cheveux des deux cousins. Quel bon vent vous amène ? Mon absence vous était-elle à ce point insupportable ?
Arwen avait approché la scène en souriant. les deux hobbits effectuèrent une petite courbette devant elle.
– Ma reine ! firent-il à l'unisson.
La jeune femme eut un rire élégant.
– Je vois qu'ils n'ont pas changé d'une once, reprit-elle en regardant son mari.
Cundo fit alors signe à Keren de s'avancer et tous deux se dirigèrent à leur tour vers le couple royal. Les hobbits sautillaient sur place tant leur excitation était grande. Elessar fit signe à ses hommes de s'occuper des montures et posa les mains sur les épaules de ses deux petits amis, les dirigeant vers le palais.
– Dites-moi les amis, depuis combien de temps êtes vous à Minas Tirith ?
Merry stoppa alors et demeura sur place.
– Depuis trois couchers de soleil, répondit-il. Mais à vrai dire, nous ne sommes pas venus seuls, nous sommes là pour une requête particulière.
Le hobbit se tourna alors vers Cundo et Keren qui approchaient. Le roi les remarqua alors. Il reconnut immédiatement l'elfe qui arrivait sur lui.
– Mon roi, s'inclina Cundo.
La jeune humaine à ses côtés en fit de même. L'elfe joignit les deux mains et parla.
– Me voici aujourd'hui devant vous Aragorn, fils D'arathorn que j'ai autrefois connu sous le nom d'Estel pour vous entretenir d'un sujet d'une grande importance en tant que dernier gardien de la cité elfique de Rivendell.
Il posa sa main délicate sur l'épaule de Keren et la fit avancer devant lui.
– Cette enfant est une messagère, les dieux m'ont murmuré sa venue et les semi-hommes l'ont guidée vers moi. Aujourd'hui, c'est-elle qui vient vers vous pour vous délivrer un message qui nous concerne nous, notre monde actuel et notre futur.
Le roi dévisagea Keren, il semblait réfléchir. La jeune femme sentit ses genoux trembler sous l'émotion.
– Cundo, répondit Aragorn, je t'ai connu quand je n'étais qu'un enfant mais je sais que ta parole est des plus sages. Laissez-nous le temps à ma femme et moi de récupérer de notre voyage et j'écouterai ce qui vous a mené ici. De plus, je fais absolument confiance à ces deux là, ajouta-t-il en désignant les deux hobbits. S'ils me disent que c'est important, alors ça l'est.
– Ça l'est ! confirma Pippin tandis que Merry acquiesçait d'un signe de tête.
...
Keren et Cundo avaient regagné les habitations de la jeune femme et furent rejoints pas les deux hobbits. Merry et Pippin contaient les prouesses d'Aragorn au combat tandis que la jeune humaine les écoutait, passionnée quand on vint les chercher.
– Juste l'elfe et l'humaine, précisa le valet de maison.
Les deux hobbits prirent un air contrit.
– Le roi vous fera appeler ensuite et vous serez tous conviés à une grande tablée. Il m'a fait aussi savoir que vous pouviez aller librement profiter de l'armurerie et de la réserve personnelle de provisions du palais si l'envie vous en prenait.
Les deux cousins se regardèrent avec un sourire convenu.
– Allons-y ! clamèrent-il à l'unisson en se dirigeant à tout allure vers la sortie de la chambrée, la perspective de revêtir les plus belles armures du royaume et de profiter en avance, des richesses savoureuses de la cité, les enchantait.
Cundo et Keren suivirent le valet qui les mena au dehors de la maison des rois. La jeune femme compris qu'Elessar allait les recevoir dans la salle du trône. Elle inspecta sa robe en détail et lissa ses cheveux de ses mains, elle tenait à faire bonne impression. En effet l'homme les dirigea tout droit vers la tour centrale où se trouvait la salle du trône. Elessar et Arwen les y attendaient.
– Majesté, s'inclinèrent de nouveau l'elfe et l'humaine.
Le roi leur fit signe de se redresser.
– Je te connais Cundo de Rivendell, tu étais l'un des meilleurs gardiens de la cité durant ma jeunesse. Ta demande d'entrevue et ton regard soucieux m'inquiètent. De quoi s'agit-il ?
L'elfe regarda la reine.
– Tu peux parler, Arwen est une extension de moi-même, tout ce qui est dit devant moi doit être dit devant elle.
L'elfe s'éclaircit la gorge.
– Mon Roi, je suis porteur de mauvais présages. Des augures qui ne nous concernent pas directement mais qui prennent racines en ce moment même.
– À vrai dire, osa le couper Keren en s'avançant à son tour, il y a quelque chose dont je ne vous ai pas parlé Cundo, mais de cela je ne voudrais m'entretenir qu'en présence du roi et de la reine. Pardonnez-moi.
L'elfe eut l'air contrarié puis se reprit.
– Cette enfant m'a été guidée par le vent et les montagnes, par les Valars eux-mêmes. Quoi qu'elle ait à dire, je souhaite que vous l'écoutiez tout de même.
– Merci, répondit Keren en adressant un regard reconnaissant au gardien de Rivendell.
L'elfe se retira d'un pas élégant. Quand les portes de la salle furent refermées et que les gardes qui s'y trouvaient furent assignés à la surveillance exterieure, il ne resta plus que le couple royal et la jeune femme.
– Nous t'écoutons jeune fille, fit le roi en prenant place sur son trône.
Arwen s'assit à ses côtés sur l'un des larges accoudoirs du fauteuil de la royauté.
– Mon Roi, ma Reine, dit Keren d'une toute petite voix.
Elle était si stressée qu'elle se trouvait à deux pas de s'évanouir, mais la pensée de l'anneau et de la destruction des chefs-d'œuvre du passé par les générations d'hommes à venir lui redonna la force nécessaire de s'exprimer. Elle s'éclaircit la voix et se redressa.
– Ce que je vais vous confier, doit et devra à tout prix rester un secret scellé entre nous. Vous ne me croirez probablement pas à la première écoute et pour cela, je m'engage à tout vous dévoiler si vous me promettez d'en faire autant et de faire le serment de garder pour vous, tout ce que je vais vous dire.
Aragorn regarda sa femme. Cette demoiselle se montrait bien audacieuse pour une simple roturière. Mais Arwen semblait très attentive.
– Nous nous engageons à respecter ce serment, fit Arwen en levant la main droite.
Aragorn avait confiance absolue en l'étoile de sa vie, il la savait capable de ressentir des choses que lui même ne pouvait même pas effleurer. Il prêta donc serment à son tour.
– Je viens du futur de cette planète, lâcha brusquement Keren.
Ni le roi ni la reine ne prononcèrent mot. La jeune femme continua donc sur sa lancée.
– J'ai voyagé plus de six mille ans dans le temps pour me retrouver aujourd'hui face à vous. Je ne possède aucune magie ni aucune science m'ayant permis un tel prodige. Hors, la personne avec qui j'ai effectué ce voyage et qui est aussi ma meilleure amie, détient j'en suis convaincue, le pouvoir qui nous a envoyé ici : Un anneau dont les runes n'étaient point Elfiques ni Naines, mais celles d'un mal et d'une noirceur comme vous pensiez ne plus jamais avoir à y faire. Un anneau de Noir parler.
Aragorn se redressa sur son assise et Arwen se leva.
– Tu dis avoir voyagé de six millénaires depuis notre futur grâce à un anneau forgé par Sauron ? s'exclama le roi presque avec fureur.
– Non, mon Roi, je n'ai pas dit cela. Il n'y eut que les sept et les neufs ainsi que l'Unique forgés par Sauron et ces anneaux ont bel et bien été détruits. Celui-dont je vous parle est différent. Il détient toutes les couleurs de l'arc en ciel et ses inscriptions se révèlent inquiétantes. Je n'en ai parlé à personne, pas même à Cundo, mais ce que je m'apprête à vous dire pourrait peut-être décider du destin de cette planète… j'ai pu déchiffrer une partie de ces inscriptions !
– Comment ?! s'écria Aragorn, Seuls les Istaris, les Valars ou les hommes de grand savoir et Sauron lui-même auraient pu déchiffrer tel langage !
– Mon Roi, de l'époque où je viens, des milliers de chercheurs et d'hommes de sciences se sont penchés sur les textes mis à jours au cours des siècles. Beaucoup ont étudié les dialectes des premiers âges y compris le Noir Parler. Mais nous n'avons jamais pu reconstruire une encyclopédie complète avec le peu de fragments restants de cette langue maudite. J'ai moi-même passé de longues années à l'étude des langues anciennes, Quenya, Sindarin, Khuzdul, Eldarin, Nandorin... y compris la langue interdite, et sur cet anneau, on pouvait, je suis presque certaine, y lire :
" Un anneau pour trouver les trois, et dans le temps les lier."
Aragorn se frotta la barbe nerveusement et ouvrit la bouche.
– Ce n'est pas tout, l'interrompit Keren avant qu'il ne puisse parler. Je viens vers vous avec un message envers votre futur et votre descendance. Là d'où je viens, nulle trace de Minas Tirith, de la Citadelle, de l'arbre blanc ni même de Rivendell ne subsiste. Tout n'est que mythes. La forêt des Ents fut rasée bien des siècles avant ma naissance, l'Anduin et le Baranduin on été asséchés pour fournir assez d'eau aux milliards d'êtres humains qui se partagent chaque mètre carré de ces terres. Les espaces naturels ne cessent de décroitre tant la chaleur et la pollution de nos déchets et de nos moyens de transports consument notre air et nos ressources. Les arbres ont presque tous disparu au profit de bâtiments abritant des millions d'individus, et tout cela dans des tours étouffantes et automatisées comprenant chacune des centaines d'étages. Les villes s'étendent à perte de vue et se touchent. Adieu les terres fertiles du Gondor et du Rohan, à jamais les vertes prairies de l'Arnor !
Arwen avait dissimulé l'expression horrifiée de son visage derrière ses belles mains.
– Ainsi je vous demande, je vous prie de tout mon cœur - la jeune femme s'agenouilla mains jointes - d'éduquer vos générations futures à préserver leurs trésors naturels et à convaincre les différents populations, de ne pas abandonner ce monde.
Elle releva les yeux vers Arwen dont une partie du peuple avait depuis quitté les Terres du Milieu pour les Terres Immortelles d'Aman. La Reine lui renvoya son regard concerné.
– J'ai une dernière chose qui pourrait vous convaincre, ajouta Keren.
Elle s'approcha du couple qui ne bougea pas et sorti de son sac, l'appareil intelligent éteint qu'elle gardait précieusement depuis son arrivée et qu'elle allumait chaque soir, un bref moment pour visionner les images de son fiancé. L'objet était muni d'un chargeur solaire, elle savait donc qu'elle n'aurait pas à craindre la panne technique.
–Ceci est un appareil de science et non de magie, il vient de mon époque, du futur de cette terre.
Elle alluma l'appareil translucide et fin comme une plaque de verre. Le couple sursauta.
– Voici des images de ce futur.
Keren initialisa une vidéo qu'elle avait prise lors de son dernier passage à Central City, quelques mois auparavant. Elle avait filmé la ville depuis l'un des plus hauts immeubles de la capitale, situé à environ deux mille mètres d'altitude.
– Par les dieux ! s'exclama Aragorn, ces peintures bougent !
– Ce ne sont pas des peintures mon Roi, ceci est une vidéo, c'est une méthode qui consiste à capturer ce que l'œil voit sans pour autant l'abîmer ni le toucher.
Le film qui défilait montrait d'abord les hauteurs de la ville, débordante de tours et d'habitations grisâtres, des écrans haute définition holographiques ou 3D, scandant tous plus forts les uns que les autres un éventail de produits miraculeux illuminaient l'atmosphère lourde et grisâtre. On apercevait le flot d'une multitude de véhicules de toutes sortes, sur terre et dans les airs et le vacarme que l'ensemble produisait faisait grésiller les enceintes de l'appareil.
– Voici Minas Tirith dans plus de six mille ans, commenta le jeune femme.
La vidéo passa ensuite sur les étendues qui avaient été un jour des champs et des arbres à perte de vue. Hors à présent, s'y entassaient des milliers d'habitations enveloppées d'une sorte de nuage épais et rosâtre et recouvertes par des centaines de ponts aériens ou circulaient les fameuses Skylines qui reliaient les villes d'un point à un autre. Aucune trace de verdure ne subsistait et le ciel opaque semblait irrespirable.
– Ces choses volent ! s'écria le roi .
Keren ne répondit tandis que la vidéo continuait par un zoom sur la ville que l'ont apercevait à l'autre bout de ce labyrinthe inextricable.
– Et voici Osgiliath, continua la jeune femme.
La vidéo prit fin peu après. Le couple paraissait ne pas comprendre ce qu'il venait de voir.
– Vous savez, à mon époque, peu de gens vivent jusqu'à cent ans malgré les progrès de la science. Nous avons perdu toute connaissance de la nature, les gens se meurent de maladies respiratoires ou dues à notre mauvaise alimentation car plus rien n'est cultivé de façon naturelle. Des hommes avides d'argent et de pouvoir vendent aux malades des remèdes qui tuent par milliers. L'angoisse et le stress de notre monde réduit notre espérance de vie comme glace au soleil mais personne ne semble en prendre conscience et nous nous dirigeons lentement vers notre propre destruction.
Les larmes coulaient à présent sur les joues de la reine. Celle-ci avait ressentit le message du cœur de la jeune femme dès que celle-ci était entrée dans la pièce et Arwen savait que ce qu'elle venait de voir n'était autre que la vérité.
– Personne de votre peuple n'a survécu Ma Dame, fit Keren tristement à l'adresse de la reine. Ou bien ceux qui sont restés, se sont mêlés au sang des hommes et avec le temps ont oublié leurs connaissances et leurs racines. Il en est de même pour les Nains, les Hobbits et toutes les autres créatures qui peuplent actuellement ce monde. À mon époque, même les animaux se meurent, massacrés par cupidité ou pour nourrir les humains qui ne consomment pas la moitié de ce qu'ils ont tué. On pourrait croire finalement que Sauron n'a jamais été vaincu.
Arwen avait posé les mains sur son ventre rebondit.
– Amour de ma vie, s'adressa-t-elle au roi, il te faut croire les paroles de cette jeune fille. Il est de notre devoir de transmettre à nos enfants et à nos gens cet avertissement et je suis effrayée par la perspective d'un anneau maléfique de Sauron qui n'aurait pas été détruit avec les autres.
Aragorn hocha la tête en silence.
– Mon cœur est déchiré par les mots et les images que tu nous as apportés, dit-il à la jeune femme.
Keren baissa le tête.
– Ils nous appartient de faire prendre conscience à notre peuple de l'avenir de leur enfants et grands enfants à venir, néanmoins, si le message est entre nos mains, les actions futures seront entre les vôtres.
Keren hocha la tête.
– Qui plus est, intervint le roi, ce que tu nous a conté sur cet anneau m'inquiète au plus haut point. Je comprends ton choix de ne pas avoir voulu impliquer plus de gens dans cette confidence. Cela pourrait bouleverser plus d'un esprit, en bien comme en mal. Merry et Pippin son destinés à de grandes responsabilités dans ce royaume, il a été sage de ne pas perturber leur esprit avec de telles connaissances. Quant à Cundo, je pense que comme Arwen, il n'a point eu besoin de mots pour saisir la gravité de la situation. Si cet anneau est capable du pire et si son destin est d'en lier d'autres entre eux pour quelques obscur desseins, nous devons à tout prix le retrouver.
Il s'interrompit un instant.
– Je vais te dépêcher sur le champ une escorte de mes meilleurs guerriers, Cundo, Merry et Pippin seront tes guides. Une fois cet anneau retrouvé, il vous faudra le détruire, par quelque moyen que ce soit.
Arwen acquiesça.
– Bien, reprit le roi, garde tout cela pour toi comme tu l'as fait jusqu'à présent et cache aux yeux de tous cet objet issu de votre science, fit-il en désignant l'appareil multitâches. Afin de retrouver cet anneau, il ne me vient qu'une seule idée.
Arwen le dévisagea.
– Radagast, souffla-t-elle.
– Effectivement, continua Elessar. Radagast ! Le seul Istar peut-être encore de notre monde actuellement. Lui seul détient les pouvoirs de comprendre et peut-être même de contrôler tel artefact. Cependant, il y a des décennies que je n'ai plus entendu parler de lui. Ce dont je suis pratiquement certain, c'est que contrairement à Gandalf, Il n'a jamais quitté la Terre du Milieu pour les terres Immortelles.
Le roi fixa Keren intensément.
– Il te faudra le retrouver. J'ai en mémoire sa dernière résidence connue.
Il se dirigea alors vers la porte de la salle et fit appeler Cundo qui attendait à l'extérieur de la tour.
– Cundo, je te confie la protection de cette jeune fille, de mes amis hobbits et de mes troupes. Vous partirez dès que cela vous sera possible pour l'ouest de la forêt de Mirkwood.
– Radagast? interrogea l'elfe.
Elessar hocha la tête et regarda Keren en souriant.
– Tu vois? Pas besoin d'explications.
– Bien mon Roi, répondit Cundo, je suis aujourd'hui devant vous pour vous servir car c'est ce que le vent m'a soufflé de faire, aussi je me plierai à votre volonté.
Arwen sécha ses larmes et sourit à son tour.
– Le dîner sera servi ce soir à la salle des invités, reprit le roi. Ma Demoiselle, Cundo, mes sujets prendront soin de vous jusque là. Détendez-vous, prenez des forces, un dangereux périple pourrait vous attendre au dehors.
Il amorçait sa retraite quand il s'immobilisa.
– Au fait, je ne t'ai pas demandé ton nom !
– Keren, Majesté, répondit la jeune femme.
– Keren du Futur, bien. Je suis Aragorn, mais cela, tu dois déjà le savoir .
Et sur un sourire entendu, il s'éloigna, tenant sa femme serrée contre lui. Une horde de domestique approchèrent alors l'elfe et la jeune femme. Keren se sentit soudain oppressée.
– Allons, la rassura Cundo, ces gens sont là pour prendre soin de nous, profitons-en puisque tels sont les ordres du roi.
Et l'elfe s'éloigna suivit par un groupe d'hommes de maison. Keren observa les domestiques qui étaient restés pour elle. Elle opta alors pour un bain et un massage.
Après tout, elle en avait grand besoin
