C'est amusant car plus j'écris ce récit et plus mes OC s'éloignent de la vision que j'en avais au départ, même leur passage entre la première trame, le brouillon et le final a l'ordinateur les a fait évoluer. D'autres OC se sont rajoutés quand j'ai réécris mes brouillons et vont avoir une belle importance.
Bonne lecture !
Chapitre 24 : "la foi n'est pas ce que les autres décident d'en faire à notre place mais ce que l'on a au fond de notre cœur."
La nuit était tombée et recouvrait maintenant toute la cité de Minas Titith. Hormis les torches qui brûlaient nuits et jours sur la tour blanche ainsi que celles des gardes exécutant leurs rondes habituelles sur les murailles, la pénombre avait envahi les étages les plus bas de la ville.
Cependant, dans une des chambres somptueuses de la Maison des Rois, une jeune femme ne parvenait pas à trouver le sommeil. Elle se redressa, ôta le linge de nuit soyeux qui la recouvrait et revêtit sa robe. Elle sorti enfin sur la Citadelle entièrement éclairée par la lune presque pleine.
Elle s'approcha de l'arbre blanc qui ornait la fontaine, s'agenouilla et resta un long moment immobile, les yeux clos, les mains jointes. Puis, des larmes roulèrent sur ses joues et bientôt ses épaules furent secouées de sanglots. Elle avait tenu bon jusque là mais la pression et la tristesse se faisaient trop grandes sur ses épaules. La jeune femme extirpa le petit objet transparent qu'elle allumait chaque soir avant de s'endormir, afin d'y contempler le visage de son fiancé et de son amie Lyna. Leur absence laissait une déchirure béante dans son cœur malgré la présence de tous ceux qui l'entouraient. S'être retrouvée face à ce couple de légende qui paraissait parfait en tout point et si uni, lui avait rappelé combien cette blessure en elle était douloureuse.
– Pourquoi pleures-tu ainsi mon enfant ? murmura une voix douce derrière elle.
Keren tressaillit, surprise, et dissimula rapidement son portable dans sa robe. Elle essuya les larmes qui inondaient son visage et se retourna. La reine se trouvait debout dans son dos, enveloppée dans un magnifique châle de velours brodé. Son regard était tendre et compatissant.
Keren renifla doucement, elle n'arrivait pas à parler. La reine s'agenouilla à ses côtés et posa son châle sur le dos de la jeune femme puis attendit en silence que celle-ci se fût apaisée.
– C'est mon fiancé finit par avouer la jeune femme en ressortant la photo de Léo. Vous voir ainsi avec votre époux a multiplié par mille la douleur d'être séparée de lui. Je ne sais même pas si je pourrais le revoir un jour.
La reine qui n'était plus décontenancée par l'apparence du petit objet futuriste observa un moment l'image que Keren tenait entre ses doigts.
– Il a l'air d'être un jeune homme plein de bonté, je peux le voir à la façon dont ses yeux sourient.
– Vous savez, reprit Keren, lui et moi n'avons jamais partagé la même demeure en plusieurs années de couple, nous attendons de pouvoir nous unir officiellement afin de trouver notre propre foyer
– Pourquoi attendre si longtemps, interrogea Arwen, si cela semble chose si pénible pour toi ?
– Pour être comme vous ma reine ! Ma famille m'a transmise ses valeurs et ses traditions. Les Dieux eux-mêmes se verraient si contrits de me voir transgresser leurs commandements. Seulement, je m'aperçois maintenant que je n'ai partagé que peu avec l'homme que j'aime et qui a accepté mes coutumes et mes croyances par amour pour moi, pour être admis par ma famille. Maintenant, je ne le reverrai peut-être plus.
– Ainsi, c'est donc plus pour ne pas décevoir ta famille que tu as sacrifié tout ce temps à attendre ?
– Je ne pourrai jamais décevoir les Dieux ! s'offusqua Keren.
Arwen tourna son visage vers l'arbre en souriant
- Les Dieux n'ont pas de commandements, uniquement des conseils et chacun d'eux est Amour, mon enfant. Aucune action entreprise dans l'Amour véritable et inconditionnel ne mérite châtiment. Ce sont ceux qui tentent de faire croire que l'Amour véritable est sacrilège ou impur, qui mériteraient une telle punition .
La reine regarda une nouvelle fois la photo de Léo et la surface de l'écran
– Ne s'est-il pas lui non plus suffisamment sacrifié pour ton amour ?
– On m'a toujours inculqué le respect des Dieux et de ne pas me détourner de leur chemin, sous peine de ne jamais rejoindre un jour le royaume D'Aman.
– Et en quoi accueillir et vivre pleinement ton amour véritable serait un manque de respect envers les Dieux ? demanda la reine.
Keren ne répondit pas et baissa les yeux.
- Tu sais, reprit Arwen, j'ai moi même fait ce choix envers et contre tous, j'ai abandonné mon immortalité pour l'homme que je chéris plus que tout. Mon propre père ne put supporter ce choix pendant longtemps, puis un jour il comprit. Il comprit qu'il aimait sa fille plus que tout et que comme il l'aimait vraiment, il devait la laisser partir.
- Mais c'est vous qui vous êtes sacrifiée alors ! Vous ne pourrez plus atteindre les Terres Immortelles !
- Je ne me suis pas sacrifiée, répondit la reine en la regardant, j'ai décidé de vivre pleinement ici et maintenant . Je ressens par les vent et les montagnes de la Terre du Milieu qu' Ilúvatar, le créateur de tout ce qui est, de tout ce qui fut et de tout ce qui sera, ainsi que ses disciples, ont approuvé mon choix car il était pur. Les Terres Immortelles ne sont pas accessibles que par une seule route.
Keren redressa le visage et essuya une nouvelle larme.
– Peu importe la pureté de mon amour, il est sûrement trop tard maintenant.
– Qu'advient-il donc de ta foi ? sourit Arwen, parfois même quand les ténèbres semblent avoir envahi notre univers, on ne remarque pas forcément la petite lueur qui brille encore dans notre dos.
Sur ces mots, la reine se releva et s'éloigna vers la Maison des Rois.
– Ma reine ! Votre châle ! S'écria Keren.
– Je te l'offre mon enfant, afin que tu puisses te souvenir de notre échange. Couvre toi bien et essaye de trouver le sommeil, une longue route t'attend demain.
...
Au petit matin, Pippin et Merry furent sur pieds très rapidement. Le roi venait de leur confier une mission officielle et leur avait promis récompense à leur retour ! Ils étaient si flattés que leur cœur auraient pu éclater comme un ballon trop gonflé. Ils furent les premiers à s'installer sur leurs montures tandis que les hommes d'armes choisis par le roi achevaient de se préparer, ils étaient une quinzaine tout au plus, mais parmi les meilleurs. Keren sortit accompagnée de Cundo. Celui-ci l'aida à se hisser sur son destrier et rejoignit le sien. Les palefreniers terminaient de fixer les sacs de provisions et de vêtements sur les croupes des chevaux. Le couple royal se présenta alors hors du palais. Quand chaque homme fut prêt, Elessar s'avança et s'adressa aux hobbits.
– Je compte sur vous pour mener cette jeune femme et son gardien Cundo sur les traces de Radagast à l'ouest de Mirkwood.
Les semi-hommes effectuèrent une sorte de salut militaire amusant, ils portaient sur leurs capes, les écussons officiels de la royauté. Le cortège se mit au pas. Quand le cheval de Keren passa devant Aragorn, celui-ci arrêta la bête et s'adressa à elle.
– De mon côté, je te promets de faire ce qui est en mon pouvoir pour notre futur à tous.
La reine s'avança à son tour.
– N'oublie pas jeune fille, les Dieux sont avec toi et approuveront ton choix s'il est fait avec le Coeur.
Sur ces dernières paroles, la troupe s'éloigna et entama la descente des sept niveaux de la cité.
...
Leur périple à dos de cheval, longeant l'Anduin puis contournant la forêt par l'ouest jusqu'à Rhosgobel, dernier lieu à avoir été la demeure connue du dernier Istar en Terre du Milieu, allait leur prendre deux semaines.
à suivre...
Les Terres Immortelles se situent au Royaume D'aman. Ma vision est qu' il s'agit clairement du Paradis et du Royaume de Dieu
