Dans ce chapitre, je me suis posée une question. Un Istar peut-il utiliser ses pouvoirs sans son sceptre et à t'il besoin de son sceptre en particulier pour utiliser ses pouvoirs ? J'ai donc décidé de faire comme dans Harry Potter, la magie ne s'exprime que par le biais du staff magique ( en tout cas pour les mages) et comme pour les baguettes des élèves de Poudlard, chacun le sien, sinon ça ne fonctionne pas. On arrive bientôt à la fin, je suis contente et triste en même temps :)

Bonne lecture

Chapitre 33 : "Sauve qui peut !"

Des quatre coins du couloir surgirent une nuée de flèches en direction du magicien. L'unique réflexe du garçon fut de lâcher son emprise sur Lyna et de saisir son sceptre à deux mains afin de créer un champ de force invisible autour de lui, le protégeant des impacts. Lyna s'écroula au sol en toussant et se frottant la gorge.

– Qu'est-ce que… ? fit Daerachas

Les cinq guerriers elfes s'étaient propulsés hors de la pénombre et décochaient leurs munitions sur le jeune homme, sans effet. Celui-ci les repoussa d'un geste de son sceptre. Gimli se catapulta en criant et abattit sa hache sur la bulle protectrice invisible dont la résistance vola en éclat.

– Et bien! Vous avez pris votre temps, ricana le jeune mage en se recomposant. Je commençais à trouver le spectacle ennuyeux sans publique.
– Espèce de gamin arrogant, lui cracha Gimli ! Tu vas voir de quel b...

D'un mouvement de son sceptre, le garçon fit décoller le nain qui heurta le plafond et alla s'écraser plusieurs mètres au loin. Lyna profita de la diversion pour fuir à quatre pattes et rejoindre Vanysilla qui se tenait repliée près de la cellule.
Legolas dégaina ses dagues et les fit tournoyer entre ses mains. Les quatre autres elfes en firent autant, encerclant le garçon. Celui-ci les contempla, hautain.

– Ça alors ! Vous pensez réellement que vos armes et vos talents peuvent rivaliser avec ma magie ? L'espoir fait vivre dit-on, mais de cela, je ne suis pas très convaincu !

Il leva le bras et la sphère qui se trouvait à l'extrémité de son sceptre brilla de mille feux, aveuglant momentanément tous ceux qui se trouvaient présents.

– Amusez-vous bien, sourit le mage.

Derrière lui, à l'entrée du couloir avait surgit une horde d'uruk hai, d'orques et de gobelins tous confondus. Les monstres chargèrent les elfes. Cependant, ne se laissant pas distraire par la diversion, Legolas avait déjà bondit sur le magicien, déployant ses deux dagues. Le mage évita gracieusement toutes les attaques que le prince elfe initiait contre lui. Lenwë arriva en renfort voyant le fils de Thranduil mit en déroute.
Keren et les hobbits profitèrent de la cohue générale pour se faufiler auprès de Lyna et Vanysilla. La rouquine tentait maladroitement d'éponger le sang qui coulait de la blessure ouverte sur le front de la jeune fille. Keren apporta son aide tandis que les semi-hommes jetaient un œil à l'intérieur de la cellule. Il furent choqué par l'aspect du vieil homme.

– Alors c'est lui Radagast ?
– Voyons si nous pouvons crocheter la serrure, proposa Merry en approchant les doigts des barreaux.
– Non ! l'en empêcha Vanysilla.

Au même instant la hache de Gimli s'abattit sur le métal emprisonnant l'Istar et à la stupéfaction des jeunes gens, la lame vola en éclat, évitant de justesse les crânes de Lyna et de Keren qui se trouvaient juste devant. Le nain resta confus, le manche de sa hache adorée entre les mains. Derrière eux le combat faisait rage. Daerachas prenait un malin plaisir à esquiver et fanfaronner devant les attaques manquées des deux elfes qui s'occupaient de lui. Il aperçut le petit groupe autour de sa sœur.

– Ah ! Il y'a de la vermine supplémentaire !

Légèrement déconcentré , il n'eut que le temps de se projeter en arrière à l'instant où deux dagues mortelles et effilées passaient là où se trouvait sa tête une seconde auparavant, abandonnant l'idée d'espionner sa sœur du coin de l'œil.

Vanysilla posa doucement sa main sur celle de Merry.

– On ne peut ouvrir cette prison en la crochetant ou en tentant de l'abattre, ni même l'ouvrir avec une clef, car il n'y en a pas… Si tu passais la main de l'autre côté de ses barreaux, tu ne pourrais plus la récupérer. La magie de Saruman a scellé cette pièce bien avant ma naissance. Tout ce qui y entre ne peut en sortir, à moins…
– Alors, comment vous libérer ? demanda Keren à l'adresse du vieux mage.
– Seule une magie aussi puissante que celle de Saruman peut défaire le sort, répondit le vieillard. Cette magie je l'ai possédée un jour, mais sans mon sceptre et dans cette forme actuelle, je ne puis la canaliser.

Les yeux de Lyna s'écarquillèrent.

– Votre sceptre ? Comme celui là? fit la jeune femme en désignant celui que Daerachas utilisait à présent comme bâton d'arts martiaux
– Pas exactement comme celui là, mais l'idée est là, répondit le mage.

À cet instant, un des guerriers de Thranduil qui combattait un uruk hai fut projeté contre les deux hobbits. Son bras saignait et ses cheveux étaient en désordre. Il se releva d'un bond et s'excusa auprès des deux cousins. Gimli frappa du manche de sa hache un gobelin qui se jetaient sur eux. La créature s'effondra, le crâne enfoncé. Gimli sourit en contemplant le vieux manche en bois.

– Même sans ta lame, tu es comme ton vieux maître, tu ne te rendras pas avant d'avoir expulsé ton dernier souffle !

Et il se tourna vers la horde de gobelins qui couraient vers eux, tapotant le manche de sa hache dans ses mains à la manière d'un gourdin. Lenwë et Legolas entamèrent une attaque simultanée sur le jeune magicien. Le temps sembla soudain ralenti. Le benjamin des elfes bondit, brandissant son arc et décocha deux flèches d'un seul tir. Une fraction de seconde plus tard, alors qu'il passait au dessus de la tête du mage, il laissa son arc pendre à son épaule et dégaina les deux dagues qu'il tenait dans son dos. Daerachas arrêta les deux flèches de son sceptre et aperçut les lames tournoyer au dessus de sa tête, il se baissa à temps pour les éviter et remarqua au dernier moment l'attaque tourbillonnante de Legolas qui parvenait dans son dos à une vitesse phénoménale. Tout en bondissant et passant entre les lames, le magicien ne prononça qu'un mot et une gigantesque vague d'énergie fusa de son bâton qu'il fit ensuite tournoyer autour de lui. Au moment ou les pieds du garçon touchèrent le sol, tous furent projetés avec violence le long des murs, uruk Hai et gobelins y compris. Certains heurtèrent violemment les piliers qui soutenaient le couloir, y provoquant de grosses fissures. Les hobbits avaient roulé en arrière jusqu'au bout du couloir et seul Gimli avait résisté à l'afflux d'énergie, les bras croisés devant lui, il se tenait en position de force, les pieds bien ancrés au sol. Les trois jeunes femmes quand à elles avait été balayées de l'autre côté du couloir, non loin des hobbits. Daerachas reposa son sceptre au sol.

– Maintenant, fini de jouer, grimaça le magicien en essuyant le filet de sang qui coulait le long de sa joue.

Ce satané elfe des bois avait réussit à l'atteindre malgré son infériorité évidente. Avant que les guerriers Sylvains aient pu réagir, le garçon relança son sort d'attraction et attira Lyna jusqu'à lui. Il leva son sceptre et entama une incantation en Noir Parler. La bourse de Lyna qui était toujours accrochée à sa robe se souleva et l'anneau en sorti, lévitant au dessus du sol, tandis que sa lumière entrait en résonnance avec l'anneau du magicien.

– Je t'en prie ne fais pas ça ! hurla Vanysilla en se jetant sur son frère par derrière.

Le garçon la balaya d'un mouvement de sceptre et Lyna en profita pour morde jusqu'à l'os, la main qui la retenait. Elle y mit tant d'ardeur qu'elle sentit le sang affluer dans sa bouche et une partie de la chair céda sous ses mâchoires alors qu'elle en arrachait un morceau. Le garçon hurla de douleur, interrompant son incantation et lâcha son emprise. Lyna tomba à terre, farfouilla rapidement le sable et parcourut à quatre pattes les quelques mètres qui la séparaient de la prison de Radagast. Les elfes et leurs ennemis reprenaient tout juste leurs esprits

– Daerachas ! interjeta-t-elle férocement, la bouche en sang.

Elle tenait son anneau entre els doigts et sa main se trouvait à quelques centimètres à peine des barreaux de la cellule.

– Tout ce qui y entre ne peut en sortir, n'est ce pas ? fit la jeune femme.

Le jeune mage furieux esquissa un pas mais la jeune femme approcha sa main tremblante à quelques millimètres de la paroi magique.

– Si tu avances encore, je laisse tomber l'anneau de l'autre côté et tu n'auras plus le choix que de libérer Radagast pour le récupérer, si toutefois tu en as le pouvoir. Mon intuition me dit que ce n'est pas une chose que tu souhaiterais voir se réaliser.
– Sans son sceptre, cet homme n'est rien ! cracha le jeune homme. Si tu avances ta main, tu ne pourras pas la récupérer.
– Je préfère cent fois y laisser la main que la vie, répondit abruptement Lyna.

Du coin de l'œil elle constata que les elfes s'était relevés.

"Gagne du temps", pensa Lyna.

Daerachas leva son sceptre.

– Quoi que tu fasses, tu n'auras pas le temps d'agir que l'anneau sera déjà de l'autre côté ! avertit Lyna d'un regard extrêmement décidé.

Elle était si effrayée qu'elle se douta un instant qu'il écoute sa menace. Rien ne l'assurait qu'elle aurait la possibilité de jeter l'anneau dans la prison magique avant que Daerachas l'aie de nouveau attirée à lui. Mais l'expression de son visage se devait être crédible car le magicien hésita quelques secondes. Quelques secondes qui permirent à Lenwë et Legolas de se ruer à nouveau sur lui tandis que Gimli reprenait son massacre de gobelins aidé de Pippin et de Merry.

Daerachas grogna d'exaspération car le prince elfe avait d'une tacle, fait sauter le sceptre des mains du sorcier. Le bâton roula jusqu'aux parois opposées. Cependant, le jeune magicien maîtrisait parfaitement l'art du combat au corps à corps, il avait l'agilité d'un jaguar et la rapidité de l'antilope. Il arracha sa toge, découvrant la tunique de mercenaire qu'il portait lors de sa première rencontre avec Lyna, la ceinture de coutelas y compris. Le garçon dégaina son épée et une nouvelle sorte de combat s'engagea.

– Remerciez mon paternel de m'avoir laissé grandir parmi les créatures les plus féroces et combatives de cette terre, rugit-il.

Il maniait l'épée et le lancer de couteau avec dextérité et évitait sans trop de mal les attaques de Lenwë et Legolas. Il semblait même plus à l'aise dans ce type de combat qu'avec la magie. Keren n'aurait jamais pensé voir des elfes autant éprouvés. D'autant plus que les autres guerriers étaient toujours en prise avec les uruk hai et ne pouvaient par conséquent pas leur venir en aide. Gimli et les hobbits quant à eux, se démenaient toujours face aux gobelins les plus hargneux. La jeune femme se releva, saisit sa dague et se plaça devant Lyna.

– Fuis Lyna, fuis, lui ordonna-t-elle.

Mais son amie ne semblait pas l'écouter, elle regardait l'anneau dans sa main en répétant la même litanie.

– Tout ce qui y entre ne peut en sortir, tout ce qui y entre ne peut en sortir…

Soudain, elle leva les yeux et les posa sur Vanysilla qui se trouvait affalée contre le mur en face d'elle.

– Tout ce qui y entre ne peut en sortir ! lui cria-t-elle.

Mais la jeune fille au cheveux cuivrés ne sembla pas comprendre.

– Vanysilla, répéta Lyna: tout ce qui y entre ne peut en sortir !

Des yeux elle fixa intensément le bâton qui gisait non loin de la jeune fille. Celle-ci regarda le bâton, toujours sans comprendre. Lyna reprit alors son manège, elle porta ses yeux sur le sceptre avec insistance, puis regarda vers le plafond. La rouquine réitéra le mouvement environ trois fois quand les yeux de la jeune fille s'illuminèrent: elle avait compris. La sœur du magicien se releva péniblement et s'enfuit en boitillant dans le tunnel.

– Et voilà ma chère sœur qui montre son vrai visage et qui fuit comme un rat pris au piège ! cingla Daerachas qui l'avait aperçut du coin de l'œil, bien que toujours occupé par le combat.
– C'est toi le rat pris au piège, lança une voix féminine.

Lyna se tenait debout près de la prison de Radagast. Le sceptre du magicien à ses pieds. Sans hésiter une seconde elle frappa dedans et le fit glisser de toutes ses forces entre les barreaux, évitant d'y laisser le pied.

- Débrouille-toi sans maintenant !
- Nooon ! Brama le garçon en se jetant sur la jeune femme.

De sa main droite il projeta cinq coutelas dont l'un vint se figer dans l'épaule de Lyna. L'impact la fit reculer juste assez pour éviter de heurter les barreaux de la cellule. Lyna hurla de douleur.

– Il ne peut pas utiliser mon sceptre, idiote !

Mais avant que le garçon ne soit sur elle, Legolas s'était interposé. Il avait l'air assez éprouvé, son front dégoulinait de sang et ses vêtements étaient déchirés par endroits

– Si tu la tues, tu ne pourras jamais avoir ce que tu désires, lâcha l'elfe farouchement.
– Ce n'est pas elle que je tuerai en premier, c'est toi ! cria le garçon en se jetant sur le prince

Lyna qui avait basculé à terre, recula loin de la cellule, battant des pieds dans la poussière. Elle cligna des yeux. Partout où se déchainait le combat et où tombaient les monstres, il en arrivaient de nouveaux. Que faisait donc Vanysilla ? Elle tardait à revenir. Le jeune magicien, surentraîné au combat et à l'arme blanche se débarrassa facilement de Lenwë qui tentait de l'étrangler et lança cinq nouveaux coutelas sur Legolas qui esquiva péniblement. Le prince n'avait jamais vu un humain si rapide et si fort. Daerachas bondit et d'un double coup de pied retourné porté, frappa les deux elfes l'un après l'autre à la gorge. Ceux-ci titubèrent

– Pour qui me prenez-vous donc ? Misérables créatures. Je ne suis pas un humain ! Je suis fils d'istar et d'une haute elfe! Ce qui me rend en tout point supérieur à vous !

Legolas ne parvenait pas à retrouver sa respiration et se tenait la gorge. Lenwë était tombé à genoux. Le garçon marcha sur Lyna, la saisit par les cheveux, frappa Keren qui tentait de s'interposer et referma sa main sur celle de Lyna qui tenait l'anneau.

– Maintenant, toi et moi nous partons ! Et au fait ! Et je n'ai pas besoin de mon sceptre pour ça ! Quel comédien je suis, n'est-ce pas ? Et il entama son incantation.

– Aarsh, thrak-izg ta agh krhul nazgu bûrz-shi...*

Une lueur saphir entoura les deux jeunes gens se reflétant dans les yeux bleus désarmés de Legolas. Lyna lui rendit son regard, c'était un regard d'adieu. Soudain une voix féminine parla haut et fort.

– Mon frère, tu n'es pas le seul à être enfant d'elfe et d'istari. Et tu n'as clairement pas hérité de leur intelligence.

Daerachas se retourna avec Lyna pantelante entre ses bras, juste à temps pour découvrir sa sœur qui tenait entre ses mains, un long bâton de bois entortillé ornée d'une pierre angulaire verte.

– Tout ce qui entre ne peut en sortir, chuchota celle-ci en faisant glisser le sceptre entre les barreaux de la cellule de Radagast.

Avant que le jeune magicien n'ai eut le temps de réagir, le vieillard récupéra son sceptre. En un claquement de doigt, sa prison de magie vola en éclat, une lumière intense envahit les lieux tel le rayonnement d'une explosion atomique. Le vieux mage sortit de la lumière, sa barbe et ses cheveux blancs raccourcis flottaient autour de lui. Il était vêtu d'une magnifique robe blanche et une aura émeraude l'entourait. Du doigt il fit léviter le garçon et l'immobilisa, le forçant à lâcher Lyna qui s'effondra sur elle-même. Keren se précipita vers son amie. D'un autre léger mouvement de son sceptre qui avait à présent changé de forme, Radagast irradia le flot d'orques et d'uruk hai hypnotisés comme des vers luisants devant une lanterne. Ceux-ci se désintégrèrent instantanément, laissant les hobbits et Gimli, mâchoire béante. L'istar fit ensuite tournoyer le garçon et celui-ci retomba inerte sur le sol.

- Gamin, tu es peut-être fils d'une elfe et d'un istar mais moi je suis un vrai Maia. On m'appelle Radagast le Blanc. On ne t'a jamais appris à ne pas jouer avec la vraie magie?

Il pointa son sceptre sur le garçon.

– Non ! s'interposa Vanysilla, les bras déployés afin de protéger le garçon.

Le mage interrompit son geste.

– Vanysilla ! s'exclama Lyna, c'est un monstre !
– Mais c'est aussi mon frère, s'écria la jeune fille, mêlant les larmes au sang qui coulait de la blessure infligé par le garçon.

Lyna rampa vers la jeune fille et se redressa péniblement.

– Après tout ce qu'il t'a fait subir ?
– Tu ne peux pas comprendre, sanglota Vanysilla, il est mon unique famille.
– Vanysilla ! Ta vraie famille… c'est moi, reprit Lyna les yeux brouillés de larmes.

La jeune fille ouvrit grands les yeux. Son regard s'adoucit et elle sourit tendrement alors qu'une tache rouge apparaissait sur sa robe en s'élargissant tandis que la pointe d'une épée ressortait du tissu, transperçant son petit corps. Vanysilla s'effondra pour laisser place à Daerachas, hirsute et haletant, tenant encore le pommeau de l'épée qu'il venait d'enfoncer dans la chair de sa sœur.

La jeune fille s'affaissa au sol en regardant Lyna tandis que Daerachas retirait l'épée d'un coup sec.

– Si je ne peux pas l'avoir, alors vous non plus ! hurla-t-il avec un sourire victorieux.
– Nooooon ! hurla Lyna, en rampant de toutes ses forces jusqu'au corps inerte de Vanysilla.

Le magicien leva son épée sur elle mais ses yeux s'écarquillèrent de stupéfaction et se figèrent tandis qu'il s'écroulait au sol, le visage dans la terre. Dans son dos se tenait Legolas, ses deux lames jumelles à bout de bras, sanguinolentes.

– Je ne suis peut-être qu'un semi-elfe Sindar, mais je sais aussi manier la lame ! fit -il en se tournant vers le mage qui tressaillait au sol.

Daerachas émit une sorte de borborygme et un dégorgement de sang s'échappa de sa bouche alors que son torse se séparait lentement du bas de son corps. Le fils de Thranduil regarda le magicien agonisant avec des yeux de glace.

– Et de ce que j'ai appris, aucun elfe ni sang-mixé n'est immortel face à un coup bien porté.

Sur ces mots , le prince de Mirkwood essuya ses lames sur son pantalon. Un grondement sourd résonna alors dans toute la montagne et le long des murs. Radagast releva la tête. Lyna gémissait toujours auprès du corps inerte de Vanysilla.

– Non, non, non ! Tu ne peux pas mourir ! Bats toi !

Legolas se précipita vers eux et écarta Keren qui s'était rapprochée pour soutenir son amie.

– Il ne faut pas qu'elle meure ! Lenwë ! Aide nous !

Le jeune elfe accourut aussitôt.

– Que m'arrive-t-il, fit brusquement Lyna. Elle avait lâché Vanysilla car ses mains étaient devenues transparentes et l'anneau qu'elle tenait était tombé à terre.

Le grondement dans la montagne se fit plus menaçant encore.

– Je crois y être allé un peu fort, grimaça Radagast en examinant les plafonds.

Et d'un geste de son sceptre, il ouvrit toutes les cellules de métal. Les prisonniers hagards et en haillons en sortirent. Un tremblement sur le sol fit suite au roulement sourd et une grosse fissure apparut sur les parois tandis que les piliers déjà bien abîmés par les combats commençaient à s'effriter.

– Vous les elfes ! lança le mage blanc aux guerriers Sylvains, aidez donc ces pauvres hères à sortir d'ici, ordonna-t-il en désignant les anciens prisonniers complètement perdus.

Tandis que Lenwë emportait le corps de Vanysilla, Legolas souleva Lyna dans ses bras. La jeune femme regardait ses mains absentes, effarée.

– Legolas, Keren ? Que m'arrive-t-il ?
– Vanysilla est ton ancêtre, répondit Radagast. Si elle meurt, tu ne verras jamais le jour. Tu vas disparaître et rien de tout ça n'aura plus de sens.
– Il faut empêcher ça, hurla Keren.
– Il faut d'abord sortir d'ici avant que la montagne ne nous tombe sur la tête, reprit Radagast.

Il baissa la tête et regarda ses jambes.

– Je suis accroupi dans cette prison depuis tant d'années que je suis étonné de pouvoir mettre un pied l'un devant l'autre aussi facilement, fit nonchalamment l'istar.

Les elfes avaient regroupés les anciens prisonniers.

– Mais par où sortir ? demandèrent les hobbits paniqués.

Soudain Keren aperçut du coin de l'œil le reflet vaporeux d'une longue traîne blanche qui semblait vouloir capter son attention.

– Par là ! fit-elle.
– Tu es sûre? lui demandèrent les autres.
– Voulez-vous attendre que tout s'effondre ? Non ? Alors suivez-moi !

Et la jeune femme partit en courant à la suite de la vision spectrale. Le sol s'effritait sous leur pieds et les roches commençaient à se détacher des voûtes. Keren aperçut de nouveau le reflet emprunter un nouveau corridor, tous la suivirent sans poser de questions. Lenwë qui tenait contre lui la semi-elfe, sentait le cœur de la jeune fille ralentir de minute en minute. Courant à toute vitesse, malgré les anciens prisonniers qui n'avaient pas marché depuis longtemps et grâce à l'aide des guerriers Sylvains, tous remontèrent ainsi deux niveaux, jonglant entre les roches et les piliers qui s'écroulaient. De toute part, des gobelins et des orques fuyaient en tous sens, désorientés et paniqués. Gimli en profita pour en achever quelques-uns au passage.
La silhouette vaporeuse que suivait Keren s'arrêta un instant, le temps que le groupe puisse se réunir avant de repartir.

– Où nous mène-t-elle ? demanda le nain.

Il avait la sensation que la jeune femme était guidée par quelque chose qu'il ne pouvait apercevoir.

– Ayez confiance, leur cria Radagast, ne la perdez pas de vue !

Ils bifurquèrent encore à de nouvelles jonctions de couloirs et escaladèrent un escalier qui déboucha sur le hall somptueux dont les murs étaient incrustés d'or. Gimli siffla d'admiration.

– Je savais bien que des nains avaient vécu par ici ! Quel gâchis, ragea-t-il en courant à toute vitesse.
– On fera la visite guidée plus tard, lui envoya Pippin, juché sur les épaules d'un des guerriers de Thranduil.

L'escalier qu'ils venaient d'emprunter fut brusquement englouti sous des tonnes de pierres et les énormes piliers du hall se mirent à vibrer à leur tour.

– Plus vite, cria Merry !

Keren toujours en tête aperçut la silhouette blanche qui lui faisait signe entre deux grandes portes ouvertes. Elle s'engagea dans la pièce suivante suivit du groupe. Tous s'arrêtèrent. Le lieu en question était un gigantesque hall d'entrée orné de deux grandes portes en métal faisant chacune plus de huit mètres de haut et connaissant les nains, sûrement plusieurs mètres d'épaisseur.

– Comment allons nous ouvrir ça, fit Gimli dépité.

Le hall derrière eux s'effondrait à son tour.

– Question de détail mon ami ! lança Radagast en levant son sceptre.

Celui-ci émit une puissante lumière émeraude et les portes grincèrent un instant puis s'ouvrirent lentement dans un fracas ahurissant. Derrière eux, les deux autres portes commençaient à se fissurer. Dès que l'ouverture fut assez large pour un homme, tous s'y engagèrent l'un après l'autre et se précipitèrent vers l'extérieur en courant à toutes jambes, le plus loin possible de la montagne en train de s'effondrer sur elle-même.

– Tiens bon, fit Legolas à Lyna dont les avant bras avaient quasiment disparu.

la jeune femme était blanche comme un linge.

– J'ai peur, dit-elle.
– Je sais, répondit l'elfe en continuant sa course.

Radagast se retourna une fois sorti et lança un dernier sort pour contenir l'éboulement quelques instants de plus. C'est alors qu'il aperçut lui aussi la haute silhouette spectrale qui flottait devant lui.

– Mes respects, fit Radagast en s'inclinant.

Puis il se détourna et courut comme un dératé rejoindre le reste du groupe qui avait pris de l'avance. La compagnie avançait toujours à en perdre haleine quand la montagne finit par s'écrouler entièrement, entraînant un raz-de-marée de poussière et de roches violement projetées. Lenwë couvrit Vanysilla de son corps tandis que Legolas et les hobbits s'arc boutaient. Radagast le blanc leva son sceptre .

– Stop! tonna-t-il en plantant puissamment son bâton dans le sol.

Un énorme mur magique aux reflets vert d'eau se dressa devant eux et l'imposant tsunami de sable et de roches s'y écrasa alors avec fracas. Quand les dernières poussières furent retombées et que le mur magique se fut estompé, un silence de mort s'installa au-dessus des rescapés. Lenwë déposa précautionneusement Vanysilla au sol tout en maintenant le haut de son corps. Le sang avait complètement recouvert la robe de la jeune fille. Legolas approcha Lyna à ses côtés. Celle-ci ne pouvait plus s'appuyer ni sur ses bras ni sur ses jambes devenus inexistants. L'elfe allongea la rouquine et Keren posa la tête de la jeune femme sur ses genoux. Elle retenait ses larmes. Gimli s'était aussi rapproché ainsi que les guerriers Sylvains. Les anciens prisonniers se regardaient, hagards.

– Ne pleure pas Keren, fit Lyna d'une voix faible. Le monde est sauf. Je suis désolée que tu ne puisses pas rentrer à Star City. Mais je partirai en te sachant vivante et bien entourée.

Keren explosa en sanglots. Lyna tourna la tête vers Le fils de Thranduil qui se tenait à ses côtés puis elle détourna le regard vers Vanysilla dont les yeux clos semblaient avoir trouvé la paix. Elle revint ensuite le poser sur l'elfe et le fixa de ses yeux bleus.

– J'aurais bien aimé vous tenir les mains mais je n'en ai plus, fit-elle en souriant.

Legolas lui sourit en retour, tristement. Tandis que Keren laissa échapper un petit rire tout en pleurant.

– Vous ne pouvez pas faire quelque chose? supplièrent les hobbits qui étaient accroupis auprès des jeunes femmes.

Du regard, ils fixaient intensément Radagast. Gimli se tourna vers lui.

– Mon père Gloïn m'a rapporté que vous étiez capables de ressusciter les créatures de la nature.

Le mage sourit.

– Gloïn... J'ai effectivement souvenir d'avoir rencontré un valeureux nain de ce nom. Il avait donc un fils ! remarqua-t-il en souriant de plus belle.

Puis il s'avança vers les deux femmes au sol.

- Ecartez-vous les jeunes, un vieux mage comme moi a besoin de concentration !


à suivre

* bon, je l'avoue, c'est du charabia XDDD