Et voilà la fin du récit, je le pensais très long en commençant et il ne l'est finalement pas tant que ça. (sauf quand il s'agit de le relire 40 fois pour trouver encore des fautes d'orthographe ou de conjugaison argggh)
Merci à ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'au bout :)
Bonne fin de lecture
3ème PARTIE: ÉPILOGUE
Chapitre 36 : Le temps du renouveau
Quand les jeunes femmes rouvrirent les yeux, elles eurent la stupéfaction de constater qu'elles se trouvaient au Starshine Café dans le quartier d'Isyla, le dernier endroit où elles avaient posé les pieds avant de se voir projetées au cœur des anciens âges de la Terre du Milieu. Elles étaient assises autour de la table avec leurs tasses à moitié pleines et encore chaudes et les mêmes clients continuaient leurs conversations tout autour d'elles comme si elles n'avaient jamais disparu. Comme si toutes ces semaines d'aventures en Terre du milieu n'avaient été qu'un rêve, le temps d'un simple battement de cils. Les deux amies avaient les mains entrelacées, un anneau dans chaque main.
La première chose que firent les deux amies en sortant du café, fut de tenir leur promesse faite au vieux mage Radagast. Keren fit appel à son ami Evan, qui travaillait dans la plus grosse fonderie de Star City, qui ne l'oublions pas, était devenue l'une des plus grandes villes industrielles de la région. Celui-ci ayant un faible pour la jeune femme, laissa les deux amies avoir accès à la plateforme principale le temps de quelques minutes, se laissant convaincre par les arguments de son amie, bien que ceux-ci lui semblèrent complètement incohérents.
Aussi, elles se tinrent en combinaison protectrice, au-dessus du pont ignifugé, là où la chaleur du magma en fusion était la plus élevée. Keren avait laissé les deux anneaux à son amie et Lyna s'était tenue en amont de la lave, la sueur lui dévorant le visage, les deux mains tendues au dessus du précipice de feu. Elle avait inspiré longuement les yeux fermés et ouvert les paumes, libérant les deux bijoux qui avaient chuté dans l'enfer liquide. Tandis que les anneaux glissaient de ses doigts, elle avait prié pour leur destruction mais les avait également remercié, le cœur serré. Elle avait rouvert les yeux à temps pour apercevoir les deux anneaux disparaître lentement dans le magma et s'y dissoudre pour toujours. Keren avait passé son bras autour des épaules de son amie qui retenait ses larmes et les deux jeunes femmes, après avoir longuement remercié Evan, avaient réintégré leurs foyers respectifs : Keren dans sa famille nombreuse entassée dans une des nombreuses tours de la banlieue de Star City et Lyna dans son minuscule appartement délabré au cœur de la vieille ville.
...
Les deux jeunes femmes ne se revirent pas pendant plus d'un mois après cette étrange aventure, si bien qu'après un certains temps, les souvenirs parurent irréels. Et si tout cela n'avait été qu'un rêve?
Lyna donna sa démission auprès de la boutique de souvenirs dans laquelle elle travaillait sans ardeur et dénicha un nouvel emploi à temps partiel dans le musée principal de Star City. Grâce à ses nouvelles connaissances, elle avait su épater ses recruteurs en définissant avec précision et passion les anciennes fresques et tapisseries murales des anciens âges et des mythes disparus. Elle s'était même permis l'outrage de faire remarquer à l'un deux que les couleurs sur l'une des œuvres reproduite dans leurs archives étaient incorrectes. De tels pigments n'avaient vu le jour que bien des siècles plus tard. Ceux-ci avaient aimé son assurance et l'avaient embauchée comme assistante. Son nouveau revenu lui suffisait à subvenir à ses besoins alors en parallèle, elle s'était inscrite dans un club historique fantastique où les membres confectionnaient des costumes et jouaient les scènes qu'ils imaginaient avoir pu se produire des siècles, voir des milliers d'années auparavant. Lui permettant ainsi de redevenir la souillon des bois qu'elle avait été un temps, et à d'autres moments, l'elfe ou la princesse qu'elle aurait voulu être. Mais son rôle préférée restait celui de l'aventurière. Ce hobby qu'elle aurait pu qualifier de loufoque avant sa mystérieuse aventure était aujourd'hui devenu un besoin vital par lequel elle pouvait s'exprimer et se sentir exister. À chaque manifestation, la nostalgie fit peu à peu place à la passion. Elle se prit même à corriger sans arrière pensée, certains anciens du milieu sur les erreurs historiques qu'ils commettaient, ce qui ne lui valu pas que des amis lors de son arrivée. Son aventure ne lui avait malheureusement pas encore appris à tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler.
Une fois rentrée chez elle, elle se surprenait souvent à contempler l'espace numérique encastré dans le mur du studio, non loin de son ordinateur, là où s'affichait en journée, l'une des images en trois dimensions que son appareil avait capturée juste avant son départ de Minas Tirith. Elle riait tendrement en la regardant, faisant tournoyer la scène d'un mouvement de doigts et en caressant délicatement certains visages qui s'y trouvaient, ne pouvant en saisir la consistance tandis qu'elle jouait machinalement avec la moitié de pendentif en cœur qui ornait la nouvelle chaîne suspendue à son cou.
Sur chaque fichier 3D qu'avait pris la caméra, aucun ne montrait Gimli regardant l'appareil, celui-ci apparaissait outré et grimaçant sur chaque image, ce qui donnait à l'ensemble un côté assez burlesque. Les hobbits souriaient de toutes leur dents même s'ils n'avaient aucune idée de l'endroit où poser leur regard et seul Radagast regardait soigneusement l'objectif comme s'il savait déjà de quoi il retournait. En arrière plan, l'arbre blanc ajoutait une touche féerique au cadre.
...
Par un bel après-midi d'automne, les deux amies se retrouvèrent à la terrasse d'un café d'une des places les plus ensoleillée de la cité des étoiles*, bordées d'immeubles et de quelques arbres.
Ne s'étant pas rencontrées depuis plusieurs semaines, elles se serrèrent mutuellement dans leurs bras, mais paradoxalement, il leur semblait s'être tout juste quittées. Elles s'assirent autour d'une petite table ronde en marbre et commandèrent chacune une boisson.
– Alors ?! commença Lyna, impatiente.
– Ça y est !
– Aaaaahhh ! cria la rouquine hystérique, faisant se retourner quelques clients sur elle au passage. Je suis tellement contente !
Ses yeux brillaient de joie.
– J'ai pris mon courage à deux mains, continua Keren, et je suis partie trois semaines seule en pèlerinage. À mon retour, Léo et moi nous sommes installés ensembles.
Lyna lui saisit les mains.
– Je suis si fière de toi ma Keren !
– Je t'avouerais avoir eu très peur de la réaction de mes parents en apprenant la nouvelle, mais finalement, leurs menaces n'étaient que des paroles. Ils ont compris qu'ils ne réussiraient plus à m'imposer leurs décisions et que j'étais maître de ma vie. Depuis que je me suis éloignée… j'ai même l'impression que ça leur fait du bien !
– J'en suis toute retournée, fit Lyna bouleversée. Et ce pèlerinage alors ?
Keren observa tout autour d'elle et se pencha vers son amie
– Tu ne vas pas me croire !
– Après tout ce que l'on à vécu, je me demande bien ce qui pourrait encore m'étonner, ironisa la rouquine.
– À Central City… reprit la brune.
– Oui et bien quoi ?
– La Citadelle est toujours là et intacte !
– Non !? s'écria Lyna renversée.
Keren sourit.
– Je ne sais pas si tu as remarqué au moment de nos adieux mais Radagast m'avait donné quelque chose avant que nous partions et je l'avais déposée dans une de mes poches et oubliée depuis lors. Cependant, pendant mon pèlerinage, je suis retombée dessus.
– Qu'est-ce que c'était ? demanda Lyna, intriguée.
– Une graine… une graine de l'arbre blanc de la Citadelle. Introuvable aujourd'hui puisque l'espèce a disparu. Elle était déjà exceptionnelle il y a 6000 ans.
La rouquine porta les mains à sa bouche.
– Je l'ai faite analyser. On m'a proposé des sommes astronomiques pour sa possession, mais j'en ai fait don à la ville de Central City à la seule condition qu'ils la replantent à sa place originelle. Ce qui à soigneusement été fait.
– Ooooohhhh ! s'écria longuement Lyna, entraînant les regards irrités des clients alentours.
– Mais ce n'est pas tout, continua Keren.
– Tu veux ma mort là ! s'indigna faussement la rouquine.
Keren partit d'un rire franc puis se reprit.
– Je suis retournée au Mont Venteux. Sais-tu que c'est devenu une zone à affluence très touristique ? En fait l'endroit est même rentré dans le patrimoine culturel et historique. Ils sont constamment en train de lutter contre l'érosion.
– L'érosion de quoi ?
– Des ruines de Rivendell, sourit Keren. Et sais-tu que l'on à même déterré plusieurs anciens objets Hobbits ? La comté est devenue un site archéologique protégé.
– Sérieusement ?! s'exclama Lyna impressionnée.
– Et pour finir en beauté, continua la brunette, j'ai décroché un poste à temps plein: Protection du patrimoine naturel !
– C'est fantastique ! s'écria la rouquine. Ce que tu auras accompli là-bas aura été si utile !
– Pas uniquement ce que j'ai accompli, la corrigea Keren, mais ce que nous avons accompli tous ensemble: Elessar, nos amis, toi, moi, tous ceux qui se sont succédés au cours des âges, et bien d'autres encore.
– Il reste quand même pas mal de boulot, grimaça Lyna en désignant les vieilles tours en béton qui les surplombaient.
– Effectivement, mais comme me l'a si bien fait comprendre un vieil ami rien, n'est complètement figé ni totalement prédestiné. Il ne tient qu'à nous de nous prendre en main.
La jeune femme eut un sourire mystérieux en portant son thé à ses lèvres.
– Et toi alors ? À part ce nouveau job au musée dont tu m'as parlé au téléphone? interrogea-t-elle
– Moi ? Oh et bien, je m'éclate en club historique, j'adore même ! Sinon… pas grand chose, je pense déménager, les espaces verts me manquent, conclu la rouquine en ingurgitant une gorgée de thé à son tour.
Le vent se leva soudain, entraînant dans un tourbillon, les feuilles orangées tombées des quelques arbres présents. Les deux amies achevèrent leurs boissons et se séparèrent, promettant de se revoir très bientôt.
...
Après l'automne vinrent naturellement les premiers jours de grand froid accompagnés de quelques flocons de neige. Lyna qui se trouvait de repos ce samedi là avait déjeuné avec Keren et Léo dans leur nouvel appartement et s'était ensuite rendue dans le quartier ouest de Star City, là où leurs aventures avaient commencé. Elle avait pris l'habitude de s'y promener régulièrement depuis. Quand elle descendit de la Skyline, les gens hâtaient le pas pour fuir les volutes de neige qui se renforçaient. Lyna resserra son écharpe chauffante et marcha vigoureusement.
Elle poussa le battant de la porte dont le carillon tinta comme la toute première fois pour l'accueillir. Le salon était pratiquement désert à l'exception de quelques clients réguliers et de quelques promeneurs glacés venus trouver refuge auprès d'un bon café chaud et revigorant. La serveuse lui fit signe de s'installer à la place de son choix. Lyna se dirigea vers le fond du salon qui était calfeutré et dont les lumières étaient tamisées. La jeune femme s'asseyait à l'une des tables quand elle releva la tête, se sentant observée.
Assis sur l'un des confortables fauteuils du café, un jeune homme se tenait droit et scrutait avec attention, chaque personne poussant la porte pour entrer.
– Il est là régulièrement depuis des mois, murmura la serveuse à l'oreille de Lyna. Et quelque chose me dit que vous devriez aller lui parler.
La rouquine stupéfaite s'avança par curiosité. Le jeune homme blond qui semblait à peu près de son âge tenait en main un papier décharné piégé dans un épais revêtement transparent. Celui-ci la voyant approcher la détailla de la tête aux pieds et soudain ses yeux s'agrandirent.
– Excuse-moi ! l'interpella-t-il timidement.
Lyna regarda autour d'elle puis se désigna du doigt, l'air interrogateur. Le jeune homme lui fit un signe positif de la tête. Plus la rouquine l'observait et plus une sensation de déjà vu l'envahissait. Le jeune homme était vêtu à la manière des hommes à la mode de Star City, chic et décontracté en même temps, muni d'un jean bien taillé, de chaussures en cuir de bonne facture et d'une chemise dont les manches étaient roulées sur les avant bras. Ses cheveux blonds cendrés étaient coupés aux oreilles, parsemés de mèches rebelles et ses yeux étaient d'un bleu translucide dont leur regard semblait familier à Lyna.
Celui-ci lui demanda poliment si elle acceptait de s'asseoir à sa table. Mécaniquement, la jeune femme obtempéra et prit place sur la banquette en face. Il se leva pour l'aider à ôter son manteau et prendre place. Il était grand, svelte mais bien bâti, sûrement un sportif, pensa la jeune femme. Toujours le regard emplit de questions, Lyna fixa le jeune homme. Celui-ci, soudainement mal à l'aise se racla la gorge.
– Je m'appelle Calen, tu dois te demander pourquoi je t'ai demandé de te joindre à moi.
Il lui décocha un sourire gêné.
– En fait c'est à cause de ça.
Il déposa sur la table, le document qu'il tenait en main et qui s'avérait être un ancien parchemin encastré dans une épaisse couche de résine. Lyna posa les doigts sur l'objet.
– Je peux ? demanda-t-elle.
Le jeune homme répondit par l'affirmative. La rouquine tourna alors le papier vers elle. Il s'agissait d'un magnifique et authentique parchemin épais au grain très prononcé. Celui-ci était très ancien, la jeune femme avait appris à pouvoir dater approximativement les supports grâce à son nouveau travail. Sur le document, malgré les dommages du temps, apparaissait le dessin d'un portrait. Lyna sentit sa gorge se serrer.
– Mais, comment ? fit-elle en passant délicatement la main le long du document.
– Ce portrait est dans ma famille depuis des générations, répondit-il. En fait, il a toujours été transmis avec grand soin d'aussi loin que l'on puisse reconstituer l'arbre généalogique de ma famille.
Lyna écoutait silencieusement, détaillant les mâchoires carrées et les lèvres assez fines mais bien remplies de son interlocuteur et dont les commissures remontaient naturellement.
– Ce qui a facilité cette transmission n'est pas qu'un simple hasard, continua le jeune homme. Avec ce document, il y avait un autre parchemin contenant des écritures runiques qui furent récemment retranscrites en Westron moderne et qui a intrigué toute ma famille sur des générations. Depuis tout petit je regarde ce dessin et ces instructions. Je les pensais improbables et pourtant, quelque chose en moi avait envie d'y croire. Je me suis imaginé tant d'histoires et d'aventures en contemplant ce portrait.
Il sortit alors du porte document posé sur la table, une tablette numérique qui afficha l'hologramme en trois dimensions d'un parchemin qui paraissait tout aussi ancien que le premier, petit et avec une multitude de traces de plis, comme si on avait voulu le faire rentrer dans un mouchoir de poche.
– "Au cours de l'an soixante six du huitième âge, dans la ville d'Osgiliath qui sera renommée Star City, dans la taverne de l'étoile brillante* d'Isilya, apparaîtra probablement la personne du portrait. Il faudra alors lui remettre ce crayonné et lui lire ces mots."
Le jeune homme marqua une pause avant de reprendre.
–Mes amis me prennent pour un original mais depuis le début de l'année je me rends régulièrement dans ce café avec ce dessin, en espérant y trouver les réponses à mes questions d'enfant.
Une larme roula finalement sur les joues de Lyna. Émue, elle caressa de nouveau le portrait qui la représentait dans sa robe de fête, souriante, les cheveux coiffés de fleurs, lors de la célébration des nouveaux conseillers du roi et la veille de son départ de Minas Tirith. L'œuvre était signé d'une calligraphie qui lui restait incompréhensible mais qu'elle savait être du Sindarin.
– Est-ce que c'est quelqu'un de ta famille ? demanda le jeune homme intrigué. Cette personne te ressemble comme deux gouttes d'eau ! On arrive encore à lire une partie du nom écrit en Sindarin à côté de la signature de l'artiste:" L"... quelque chose et "Arendell".
Lyna ne répondit pas et se contenta de contempler le portrait en essuyant d'un délicat mouvement de doigt, le mascara qui coulait au coin de ses yeux. Calen la fixa un instant et lui tendit un paquet de mouchoirs jetables.
– Les inscriptions d'origines étaient détenues là-dedans.
Il posa alors une boîte sur la table. À l'intérieur se trouvait un objet vieilli, grignoté et raidi par le temps mais Lyna le reconnut instantanément. Du regard elle demanda la permission. Calen hocha le menton.
Délicatement, elle effleura du bout des doigts la vieille bourse de cuir qui avait été sa fidèle compagne pendant un long moment. Malgré son aspect décrépit, elle s'en rappelait chaque détail.
– Tout cela se trouve dans ta famille depuis des siècles ? interrogea la jeune femme.
– Oui ! Mais il semblerait que ces objets ne te soient pas inconnus, reprit le jeune homme avec agitation.
Il la fixait à présent avec les yeux fourmillants de questions et d'excitation. Son visage fin, malgré ses mâchoires carrées lui conférait un air intrépide et ferme. Ses doigts étaient longs et fins, contrastant avec sa carrure assez sportive. Ses yeux bleus la dévisageaient intensément avec une telle curiosité que la jeune femme eut le sourire aux lèvres.
– Je m'appelle Lyna, fit-elle, attendrie.
Calen leva la main pour qu'un membre du personnel vienne les servir.
– Que bois-tu ? lui demanda-t-il, c'est moi qui offre.
– Un thé suffira, merci, répondit la rouquine timidement.
– Je prendrai la même chose alors, adressa le jeune homme à la serveuse.
Lyna déposa le portrait sur la table.
– C'est une longue histoire. Et il va falloir que je trouve un moyen de la rendre crédible sans parler de voyage dans le temps et de peuples fantastiques, ajouta-t-elle en pensées.
– J'ai attendu toute ma vie pour l'entendre, répondit le jeune homme en posant le menton sur ses deux mains, dévoilant en un sourire charmant, une rangée de dents parfaitement alignées.
– Si tes amis te prennent pour un illuminé, c'est qu'ils ne me connaissent pas, s'amusa la jeune femme qui sentait ses joues rosir.
– En parlant du loup ! l'interrompit Calen.
Le téléphone posé à ses côtés s'était mis à vibrer en affichant une multitude de flash colorés.
– Tu me permets ?
Lyna hocha la tête tandis que le jeune homme portait l'objet à son oreille tout en s'éloignant de quelques pas. Malgré la distance elle saisit le ton énergique et presque brutal de l'interlocuteur à l'autre extrémité du combiné alors que Calen dégageait une sérénité manifeste. Pendant ce temps, la serveuse avait déposé les boissons.
Le jeune homme la rejoignit quelques instants plus tard, sur l'écran apparaissait encore l'avatar de l'appelant. Sur la photo on pouvait y voir Calen et un autre homme plus petit et plus jeune. Les deux se tenaient bras dessus, bras dessous et affichaient une mine joviale. Calen surprit le regard de Lyna et notamment ses sourcils relevés et rangea prestement l'appareil dans sa veste en cuir qui dormait sur son dossier.
– Excuse-moi, c'était mon meilleur ami.
– Oh, ponctua simplement Lyna en portant le thé à ses lèvres.
Elle dut souffler sur le breuvage à plusieurs reprises, celui-ci étant brûlant .
– Je dois le retrouver tout à l'heure pour mon entraînement.
– Je ne veux pas te mettre en retard ! s'inquiéta la jeune femme.
– Non, non, ne t'inquiète pas, j'ai plusieurs heures devant moi, répondit-il en l'imitant.
– Vous vous entraînez pour quoi ? interrogea subitement Lyna.
Elle rougit à nouveau en constatant qu'elle venait de poser une question familière à quelqu'un qu'elle venait juste de rencontrer. Mais le jeune homme ne s'en offusqua pas et sourit.
– Je ne sais pas si tu suis l'actualité sportive ?
– Pas du tout ! répondit Lyna honnêtement.
Il passa une main sur sa nuque, embarrassé.
–Je suis dans l'équipe olympique d'archerie de la région Gondor. Je m'entraîne quotidiennement, d'autant plus que les prochains jeux approchent et mon équipe à été sélectionnée.
Lyna se retint de lâcher sa tasse. Ses yeux passèrent tour à tour sur le portrait, la boîte, la veste en cuir ou reposait le téléphone puis sur le jeune homme courtois qui lui faisait face. Une ancienne discussion et les paroles cryptiques de Keren lui revinrent alors en mémoire.
– Appelle ça comme tu veux mais ta foi ne me rendra pas ce que je vais laisser ici derrière moi.
– Je ne m'avancerais pas tant.
– Ahh ! Arrête de m'embêter !
La jeune femme sentit sa poitrine se serrer. Elle déposa sa tasse d'une main légèrement fébrile.
– Comment as-tu dis que tu t'appelais déjà ?
Le jeune homme arrêta de se frotter la nuque et sourit.
– Calen. Calen Greenleaf. Et toi?
– Lyna. Lyna Arendell
Un silence profond enveloppa les deux jeunes gens qui se dévisageaient mutuellement.
Les voies du seigneur étaient impénétrables, mais le destin était irrémédiablement un joueur à qui l'on ne pouvait refuser une partie.
Fin.
* le starshine Café
Quelques explications concernant les noms des personnages:
-Daerachas vient du Noir parler et veut dire "grande peur" ou un sens similaire.
-Vanysilla n'est pas un prénom existant, je me suis inspirée d'une personne réelle pour cette jeune fille. Son frère aussi par ailleurs.
-Keren et Lyna sont des prénoms existants, j'avoue ne pas savoir pourquoi avoir choisi Keren mais elle m'a aussi été inspirée par une personne réelle.
-Pour Lyna, je me suis basée sur Lina inverse dans Slayers ( un manga complètement loufoque, ou le personnage principal, Lina est complètement folle et à un sacré caractère, tiens elle est rousse elle aussi. Bref elle ressemble à ma Lyna en plus fou quand même) et l'histoire de base de ma Lyna est basée sur celle d'une personne réelle. ^^,,
-Lenwë est un prénom Elfique qui veut dire Agile et Vif, ce qui décrit bien le personnage et comme Cundo son personnage ( pas son nom) est totalement inventé.
-Enfin, Calen veut dire "vert" en Sindarin :)
