Maître des âmes

Chapitre 15 :

Conclusion hâtive

La première journée de Bella en vampire fut très calme. Elle passa le déjeuner avec eux avant de s'installer au salon avec le loup et le sorcier. Elle avait posé quelques questions sur lui et la magie, les sorciers et il lui avait répondu. Tout en même temps, Alexander avait sorti une balle de tennis. L'envoyant à Bella qui la rattrapa sans mal, l'observant avec interrogation. Alexander lui demanda le lui renvoyer en dosant sa force et sa vitesse, expliquant que c'était un petit exercice d'entraînement. Elle comprit et approuva mais elle n'eut pas le temps de la lancer que Jacob arrêtait tout, ordonnant à la jeune vampire de lui lancer à lui, expliquant qu'il risquait bien moins d'être blessé si elle y mettait trop de force. Ce fut donc avec lui qu'elle fit des échanges de balles, Jacob rattrapant assez facilement même lorsqu'elle l'envoyait bien trop vite ou trop fort. On avait allumé la télé et on continuait à discuter tout en même temps, la chose devant devenir naturelle pour elle. Alexander veilla à ce qu'elle ait toujours un gobelet de sang à portée de main, l'incitant à boire régulièrement. Si elle peina un peu à ajuster sa force au début, elle finit pas y arriver et la balle continua à voler à travers la pièce.

Ce soir là, Alexander lui conseilla quelques petits exercices qu'elle pouvait faire cette nuit pour travailler sa posture ou ses gestes, sa force ou sa vitesse si elle le voulait. Et il spécifia aussi qu'elle pouvait profiter simplement de la télé, de sa vidéothèque , des consoles, de la musique ou de l'ordinateur qu'elle avait amené avec elle pendant que lui et Jacob dormaient. Elle resta au salon et elle ne les vit donc pas entrer dans la même chambre, la magie de la maison préservant leur intimité. Lorsqu'ils se levèrent le lendemain matin, ce fut avec la surprise d'avoir un petit déjeuner tout prêt. Bella s'était mise aux fourneaux, expliquant qu'elle voulait remercier le sorcier comme elle pouvait et pensant que c'était un bon entraînement aussi. Alexander avait approuvé, la remerciant avant de s'installer avec Jacob pour manger. Le loup marchait un peu au radar, étant resté éveillé une bonne partie de la nuit pour s'assurer que la vampire ne ferait pas de mal à son imprégné, tendu avec sa présence dans la maison.

Aussi, Alexander finit par prendre sa main pour le tirer vers le salon et l'asseoir dans le canapé. Bella les rejoignit, les observant toujours curieusement. Jacob tira son imprégné près de lui, nichant son nez contre son épaule, à moitié endormi. La vampire prit place en face, l'air amusée par ce qu'elle percevait encore comme une attitude gamine de Jacob. Alexander l'ignora et lui demanda comment s'était passée sa nuit, l'écoutant et tentant de lui donner quelques conseils. Jacob finit par s'endormir vraiment, glissant jusqu'à poser sa tête sur les cuisses d'Alexander autour duquel il vint fermement enrouler ses bras, amusant le sorcier déposant une main dans les cheveux noirs.

- Ça ne te dérange pas ? demanda Bella.

- Pourquoi ça me dérangerait ?

- Je ne savais pas que vous étiez proches à ce point.

- À quel point ? releva-t-il.

- Je l'ai jamais vu aussi à l'aise avec quelqu'un.

- Tu nous as rarement vu à deux. Jacob et moi avons toujours été à l'aise ensemble. Mais ce n'est pas le sujet, dit-il en ramenant la discussion sur sa soif.

Elle eut du mal à se concentrer dessus, regardant Jacob qui dormait comme un bienheureux, détendu et souriant légèrement. Finalement, ils cessèrent et la jeune vampire partit vers sa chambre avec son ordinateur, Alexander lui rappelant de prendre du sang avec elle. Bella partie, il se concentra sur son loup, éteignant la télé pour le laisser dormir en passant ses doigts dans ses cheveux. En fin de matinée, un message de Sam leur apprit que Quil s'était transformé. Une transformation qui avait réveillé Jacob en sursaut par l'ajout au lien de meute. Il s'était concentré dessus un moment, puis, en constatant que les autres avaient les choses en main, il s'était reconcentré sur Alexander, demandant où était Bella.

La journée fut tranquille et Alexander ne demanda rien de plus à Isabella, la laissant déjà se faire aux nouvelles sensations, aux nouveaux sens, à la soif… Le couple savait que ce soir là, le Conseil et la meute parleraient à Quil de tout ce qu'il devait savoir et qu'ils seraient probablement ici le lendemain avec lui. Une nouvelle fois, Alex se chargea du déjeuner avant qu'ils ne retournent au salon. Sentant son imprégné fatigué, connaissant désormais très bien les aléas de son état de santé, Jacob s'allongea dans un canapé et l'attira pour qu'il s'installe sur lui, enroulant ses bras autour de lui.

- Petite sieste, proposa-t-il. Ne t'en fait pas, je garde quand même un œil ouvert.

- Je ne crois pas que Bella soit un danger pour nous tu sais. Même hors de contrôle son instinct la pousserait à nous ignorer.

- Je sais mais on n'est jamais trop prudent. Dors. Autant profiter qu'on ait le temps et qu'on soit tranquille.

- Tu as raison, ce n'est pas si souvent, s'amusa-t-il en se blottissant contre lui. Il faut que je prépare un autre bracelet pour Quil tout à l'heure.

- Je suis heureux qu'il mute aussi. Il commençait vraiment à nous manquer à moi et Embry.

- Vous étiez très proches avant que ça ne vous éloigne. Plus de barrière maintenant. C'est bien.

- Ouais c'est cool.

Alexander sourit en sentant qu'il était heureux, se blottissant contre lui pour se reposer. Il ne leur fallut pas longtemps pour s'endormir et ce fut une odeur désagréable qui réveilla le loup un peu plus tard. Instinctivement, il resserra son étreinte sur son imprégné qui dormait toujours sur sa poitrine. Il regarda autour de lui pour voir que Bella était là, s'asseyant dans un autre fauteuil plus loin, les regardant bizarrement.

- J'ai quelque chose sur le visage ? demanda-t-il sarcastiquement en veillant à ne pas réveiller Alex.

- Tu as quelque chose sur toi tout court, remarqua-t-elle.

- Pas quelque chose, quelqu'un et ce quelqu'un est mon petit ami, spécifia-t-il en l'ahurissant totalement. Alors où est le problème ?

- Depuis quand vous êtes ensemble ?

- Ça ne te regarde pas Bella, marmonna-t-il encore un peu endormi.

- Je ne pensais pas que tu étais… enfin tu sais…

- Homo ? termina-t-il pour elle. C'est pas une question de genre. C'est une question de cœur, d'âme et c'est lui, c'est tout. Je le sais maintenant.

- Comment ?

- Ce ne sont pas tes affaires Bella et toi tu n'as jamais voulu me répondre pour ton foutu vampire, releva-t-il en la faisant taire. Arrange toi pour ne pas lui causer de problème. C'est tout ce qui m'importe.

- Et nous deux ? demanda-t-elle doucement.

- Il n'y a pas de nous deux, gronda-t-il. Il n'y en a jamais eu même si je l'ai espéré un moment. Maintenant, j'ai Alexander et personne d'autre ne compte. Quand à toi, tu as choisi en toute connaissance de cause d'être un vampire. Tu sais ce que ça implique.

- Pourtant tu es là.

- Pour m'assurer que tu ne blesseras pas Alex et aussi pour m'assurer que tu fais ce qu'il faut pour réduire la menace que tu représentes pour les humains, pour Forks. Je ne suis pas là pour toi Bella, posa-t-il fermement.

- Je vois, soupira-t-elle.

- Tu as intérêt à faire en sorte que ça se passe bien sinon, nous n'aurons aucune pitié.

- Je sais.

Jacob referma alors les yeux, étreignant son imprégné pour se reposer avec lui. Il laissa Bella vaquer à ses occupations tout en gardant son attention sur elle, veillant à ce qu'elle ne s'approche pas trop de son âme sœur et qu'elle n'agissait pas étrangement. Alexander se réveilla un peu plus tard et il termina sa journée à travailler avec Bella sur sa maîtrise d'elle même et de ses capacités. Ce soir là, Sam leur fit savoir que ça se passait bien avec Quil mais que le Conseil ne lui parlerait que le lendemain. Seulement, le lendemain fut une journée sombre. Leah s'était transformée à son tour sans que personne ne l'ai vu venir. Comme jamais une femme ne s'était transformée et que les changements physiques précurseurs étaient potentiellement plus discrets sur une femme, personne n'avait vraiment fait attention à sa fièvre et à ses évolutions. Aussi, la chose s'était faîte tout d'un coup sans prévenir, sans que la meute ne s'y attende. Ses parents non plus d'ailleurs. Ils s'attendaient à ce que leur fils, Seth, mute, mais pas leur fille. Cela était censé être impossible. Harry en avait fait une crise cardiaque et était décédé.

Ce fut après coup et avec choc que Jacob et Alexander l'apprirent. Le loup avait senti l'ajout de Leah au lien dans une confusion gigantesque mais la mort d'Harry ne leur avait été annoncée que dans l'après-midi. Alexander avait prié Jacob d'y aller pour aider la meute et la tribu, pour soutenir Sue et ses enfants. Lui ne pouvait pas laisser Bella seule mais Jacob devait y aller. Son loup avait longuement tergiversé sur l'idée d'y aller ou de rester mais Alexander l'avait convaincu. Lui et Bella l'avaient regardé partir, sombres. La vampire ignorait pour Leah, la meute et la tribu ayant décidé de ne pas lui donner plus d'informations autant que cela serait possible. Aussi, ils gardaient cela pour eux le temps de gérer la situation. Mais on lui avait dit pour Harry.

- Il faut qu'on appelle Charlie, fit-elle en revenant au salon avec lui. Harry était l'un de ses meilleurs amis. Il doit être bouleversé.

- On ne peut pas, tempéra-t-il. Nous sommes sensés être partis en vacances et ne pas être au courant. Alors il faut au moins attendre un peu soit qu'il nous prévienne lui même soit qu'il y ait eu assez de temps pour que l'on puisse prétendre que Jacob ou l'un de mes amis de la Réserve ait pensé à nous prévenir.

- Ok, admit-elle. On dirait que tu as l'habitude de mentir.

- Comme tu le sais, j'ai un secret à protéger sans faillir. Cela nécessite parfois de mentir même si ça n'a rien de plaisant.

- Est-ce qu'il avait déjà eu des problèmes de cœur avant ? Harry ?

- Encore une fois Bella, apprend à maîtriser ta curiosité. Ce genre d'information ne te regarde pas surtout que tu n'étais pas proche de lui.

- Quel mal y a-t-il à poser des questions ?

- Aucun. Je suis moi même un immense curieux qui creuse pour savoir quand quelque chose me titille. Mais si une question ne fait que violer la vie privée de quelqu'un d'autre sans son accord et sans autre raison que de satisfaire une curiosité d'un genre déplacé, c'est un problème. Quand on pousse sa curiosité de manière des plus imprudente et dangereuse sans être certain de pouvoir en assumer les conséquences, c'est un problème. Tu l'as constaté avec le secret des vampires. La curiosité est une bonne chose si elle est accompagnée de raison et de tempérance. Je comprend pourquoi tu veux savoir, j'ai été pareil et j'ai appris durement qu'il fallait faire attention avec sa curiosité et son impulsivité. Alors crois mois quand je te dis qu'il faut tourner sa langue dans sa bouche ou y réfléchir à deux fois avant d'assouvir sa curiosité. Je ne te dis pas de ne pas poser de questions, de ne pas creuser les mystères, je te dis de réfléchir avant de le faire et d'être raisonnable s'il y a des réserves à avoir. Surtout si cela t'emmènes sur des voies surnaturelles. Tu risques d'y être plus exposé maintenant que tu es vampire alors fait attention.

- Pourquoi ?

- Parce que dans le monde magique, il y a bien plus dangereux que les vampires.

- Vraiment ? s'étonna-t-elle.

- Bien sûr. Cela et le fonctionnement des peuples magiques est très différent des humains. Ils sont bien plus enclins à se battre et à recourir à des moyens extrêmes s'ils le jugent nécessaires. Si cela n'avait pas été les Cullen, tu serais morte à l'heure qu'il est.

- D'accord. Je comprend, j'essaierai de faire attention, assura-t-elle.

- Alors entraîne toi en te demandant avant chaque question que tu as envie de poser si elle peut et doit être posée ou non. Cela pourrait t'éviter des problèmes.

- Tu parles d'expérience ?

- Oui, approuva-t-il gravement. Maintenant, excuse moi un instant mais moi aussi j'aimais Harry.

- Oh oui, fit-elle en grimaçant. Je suis désolé, dit-elle avec sincérité. Je ne le connaissais pas beaucoup mais il a toujours été gentil avec moi. Je vais dans ma chambre.

- Hum, approuva-t-il.

Lui même décida de rejoindre son bureau pour se changer les idées avec un peu de travail, le cœur serré devant le décès du Quileute. Lui même n'était pas vraiment surpris pour Leah. Il savait que les héritages métamorphes, surtout sur de nombreuses générations, étaient fortement conditionnés par les croyances de la communauté concernée. C'était comme les instincts animaux ancrés en eux. Cela expliquait pourquoi ils réagissaient à la présence vampirique et pourquoi ils étaient des ennemis instinctifs. Donc, si les Quileute croyaient fermement que la transformation était impossible pour une femme, cela diminuait grandement les possibilités de mutation pour elles. Seulement, la magie était plus puissante que les croyances, que tout le reste. Alors ça ne l'empêchait pas de se réveiller si elle le voulait. Il n'avait pas vu Leah depuis longtemps, depuis trois bonnes semaines. Peut-être aurait-il pu le sentir venir s'il l'avait croisé dernièrement. Mais il savait aussi que ce ne serait pas facile pour elle. Il y aurait les difficultés que chaque loup avait rencontré et la situation avec Sam à laquelle elle ne pourrait pas échapper par le lien télépathique. Il savait qu'elle n'avait pas encore digéré ça et ça promettait de la faire souffrir. Peut-être devait-il faire des recherches pour voir s'il n'y avait pas un moyen de contrôler un peu plus le lien de meute pour donner un peu plus d'intimité à chacun.

Il travailla donc dans son bureau un moment avant d'aller s'enfermer dans sa bibliothèque pour étudier la chose. Il avait déjà commencé à s'informer là dessus mais il ne savait encore que peu. Il fut soulagé d'apprendre par un appel d'Embry qu'ils avaient pu aider Leah. Ou plutôt, Jacob l'avait fait, la louve refusant d'autant plus d'écouter Sam dans son chamboulement. Jacob s'en était occupé comme une évidence et il avait réussi. Compte tenu des circonstances, il n'y aurait pas de feu de camps avant un moment à la Réserve. Pour l'instant, tous étaient en deuil après la disparition de l'Ancien et la priorité était de préparer son enterrement.

Ce soir là, Alexander reçut l'appel de Charlie pour l'informer de la situation. Devant la douleur qu'il sentit chez son père d'adoption, il lui proposa de rentrer, prêt à faire ce qu'il faudrait si Charlie avait besoin de lui. Mais l'homme refusa catégoriquement qu'ils interrompent ce qu'il pensait être des vacances, assurant que ça allait, qu'il voulait juste qu'il sache. Il lui promit de l'informer de la date d'enterrement de Harry mais que tous comprendraient s'il ne venait pas. Charlie savait qu'il avait perdu des gens qu'il aimait et il se doutait sans avoir eu à le dire qu'un enterrement n'était pas forcément une chose évidente à affronter pour lui. Bella quand à elle, ne connaissait pas assez Harry pour que son père se pose la question de savoir si son enterrement la concernait. Alexander lui assura son soutient, lui faisant promettre de l'appeler s'il en avait envie ou besoin et l'homme promit avant de raccrocher.

Cette nuit là, sans Jacob avec lui et après cela, il ne put dormir et préféra s'enfermer dans sa salle d'entraînement pour se défouler sans penser à rien. Puis, lorsqu'il se sentit plus calme, il sortit se promener sur son domaine. Il s'arrêta dans une clairière qu'il avait commencé à aménager, à enchanter pour en faire un cercle sacré comme chez ses amis Abeytu. Il en existait de toutes sortes et dans bien des cultures magiques. Il élaborait le sien avec les conseils de ses amis. Il continuerait quand les choses seraient plus calmes. Retournant près de la maison, il passa par un autre endroit qu'il était en train de transformer. Il voulait créer un espace avec un immense feu de camps autour duquel se rassembler. Il adorait ça à la fois chez les Quileute et chez les Abeytu. Il voulait le siens et c'était largement possible sur son domaine. Il passa le reste de la nuit ici à enchanter les lieux. Il le protégea pour qu'un immense feu de camps ne provoque pas d'incendie même s'il faudrait vraiment une période de sécheresse et de chaleur intense pour rendre cette forêt humide propice à un incendie. Mais la prudence était une règle de vie pour lui et un feu de forêt n'était pas une chose qu'il voulait provoquer.

Cela fait, il s'attela à installer le mobilier qu'il avait commencé à prévoir pour cet endroit. Mobilier était peut-être un grand mot. Il avait récupéré les tronc d'arbres morts ou tombés qu'il avait trouvé en forêt. Il les avait retravaillé et enchanté pour en faire des bancs et des sièges. Il plaça des coffres ou ranger le matériel nécessaire pour cuisiner au feu, des couvertures pour les soirs trop froids… Il enchanta l'air et la voûte d'arbre pour que la pluie ne tombe pas dans cet espace et que le vent ne puisse y être trop fort. Il voulait pouvoir en profiter à l'envie sans problème. Faire cela jusqu'au levé du soleil l'apaisa un peu ou le fatigua franchement au choix. Mais il fut plus calme en rentrant pour aller prendre une douche puis le petit déjeuner où Bella le rejoignit. Ce jour là, ils passèrent leur temps à travailler sur ce qu'elle devrait contrôler de son apparence pour jouer un rôle humain. Aussi, Alexander lui montra les lentilles de contacts, le maquillage ou autres artifices. Elle essaya avec lui et s'il fallut quelques essais, ils trouvèrent un maquillage naturel et tout à fait convainquant qu'elle pourrait utiliser facilement.

Alexander passa la journée à échanger avec Jacob pour voir comment les choses allaient. La meute s'occupait à la fois de Leah et Quil arrivés coup sur coup. La famille Clearwater avait grand besoin de soutient, comme beaucoup de proches de Harry à la Réserve et il y avait l'enterrement à préparer. Alexander avait prié la meute et Jacob de rester chez eux pour gérer tout cela, assurant que tout irait bien avec Bella. Et s'il n'avait pas eu à s'occuper d'elle, il aurait accouru à la Réserve lui aussi. Ce fut en début d'après midi qu'il reçut un appel de Alice. Bien sûr, il avait gardé le contact avec la famille et était allé les voir régulièrement depuis leur installation sur la côte Est. Il ne fut donc pas vraiment surpris et il s'éloigna de Bella, changeant de pièce et fermant la porte pour lui répondre en toute intimité. Isabella n'avait plus aucun contact avec le clan depuis leur départ et elle ne lui avait jamais demandé si lui en avait. Il ignorait si c'était parce qu'elle pensait que si elle n'avait plus de contact alors lui non plus, ou si elle redoutait qu'il dise que lui avait justement toujours un contact.

- Bonjour Alice, salua-t-il en décrochant.

« Bonjour Alex. Je t'en supplie dit moi que Bella va bien, pria-t-elle un peu paniquée. »

- Que se passe-t-il Alice ? demanda-t-il plus sérieusement.

« J'ai eu une vision. Ce n'était pas très clair mais je voyais Bella morte allongée sur un lit et… J'ai vraiment eu la sensation qu'elle était morte et qu'elle avait fait ça elle même. Tu as dit qu'elle était en dépression et qu'elle n'allait pas bien alors… Je suis allé à Forks mais Charlie m'a dit que vous étiez parti en vacances. Elle est avec toi ? »

- Du calme Alice, pria-t-il en comprenant qu'elle avait peur que Bella tente de mettre fin à ses jours.

Il avait lui même eu cette inquiétude et il en avait parlé à la famille avec franchise en allant la voir. Il n'avait pas dit grand-chose sur Bella mais assez pour qu'ils sachent qu'elle était très mal après ce qu'il s'était passé. La vision d'Alice était exacte mais elle l'avait mal interprété. Ce qu'elle avait vu, c'était probablement Bella vampire allongée dans son lit ici, les yeux clos peut-être en réflexion. Ce qu'elle avait vu, c'était le choix que Bella avait fait.

- Bella va bien, assura-t-il. Mais ta vision est aussi la vérité.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

- C'est à Bella de te l'expliquer pas à moi. Je vais t'envoyer une adresse. Viens s'il te plaît. Elle te dira ça elle même.

« Mais on était censé ne plus la voir pour que sa mémoire puisse être effacée. »

- Cela n'a plus d'importance je te le promet. Viens.

Elle approuva et raccrocha, Alexander lui envoyant la localisation du domaine de Rael pour qu'elle puisse venir. Il se concentra un instant sur ses protections pour qu'elle soit acceptée puis il alla expliquer à Bella. Sans surprise, elle fut très tendue et agitée de savoir que Alice arrivait, autant qu'elle était heureuse de la revoir. Alexander lui expliqua que c'était à elle de lui raconter pourquoi elle avait fait ce choix et comment et la jeune vampire fut d'accord avec lui. Elle n'en dit rien mais Alexander savait qu'elle espérait qu'ainsi, le clan saurait pour elle et que peut-être, Edward reviendrait vite. Alexander l'envoya attendre au salon, sentant son agitation. Il tenta de la réconforter, certain que Alice comprendrait facilement même si ce ne serait pas le cas du clan entier. Il gagna le perron de l'entrée et il ne fallut pas très longtemps pour que la voyante arrive, roulant à toute allure. Elle se gara et sortit de sa voiture, jetant un coup d'œil impressionnée à la maison. Elle le rejoignit et l'étreignit comme toujours.

- Où est-ce qu'on est ? demanda-t-elle.

- Chez moi. J'ai acheté cette maison peu de temps après avoir retrouvé la mémoire, pour y faire tout ce que j'avais besoin de faire de magique ou de secret à l'écart du regard des autres. Et aussi si Charlie voudrait que je parte. Cet endroit est sûr et protégé par magie.

- Bella est ici ?

- Oui.

- Pourquoi ? Que s'est-il passé ?

- C'est à elle de te le dire pas à moi.

Il l'emmena à l'intérieur avec lui et la conduisit au salon. Lorsque Alice entra et posa les yeux sur Bella, sentit son odeur, elle comprit évidement sur le champs. Alexander décréta qu'il s'en allait pour les laisser parler et il referma la porte alors que les deux vampires se rejoignaient pour s'étreindre. Il les laissa seules, envoyant des messages à la meute pour les prévenir que Alice était là. Immédiatement, Jacob voulut revenir, ne voulant pas le laisser avec deux vampires mais il le dissuada à nouveau, assurant que tout irait bien et que ce n'était pas sur lui qu'il devait se concentrer pour l'instant. Il laissa les filles parler entre elles et ce fut alors qu'il préparait son dîner dans la cuisine qu'il les vit venir. Bella alla se préparer un gobelet de sang sous le regard d'Alice et Alexander lui proposa d'en prendre un aussi mais elle refusa.

- Tu étais bien préparé à ce que je vois, s'amusa Alice.

- Il vaut mieux être bien préparé pour ce genre de chose, dit-il en s'asseyant devant le plan de travail avec son assiette.

Elles en firent autant face à lui.

- Pourquoi tu as fais ça ? demanda la voyante plus curieuse qu'autre chose.

- J'ai fait ce que Edward aurait dû faire dés le début : lui expliquer les choses clairement, lui laisser le choix et respecter ce choix qu'il me plaise ou non. Il a fait l'erreur de laisser son secret être dévoilé, il aurait dû en assumer les conséquences comme il faut. C'est à Bella de choisir ce qu'elle veut pour son avenir, pas à lui.

- Les sorciers ne devaient pas lui faire oublier ? questionna-t-elle.

- Les sorciers voulaient protéger le Secret Magique et pour cela, la transformation était une solution aussi valable que l'oubli. La transformation est d'autant plus acceptable qu'à l'origine, si on oublie la mise à mort, c'est ce qui aurait dû se passer selon la loi vampirique. Alors ceci est tout à fait acceptable. Et au contraire d'Edward, j'ai bien expliqué à Bella ce qu'il en était et à quel point il était important que tout ces secrets soient gardés.

- Elle m'a dit, sourit-elle. Tu as fait ce qu'il fallait je crois, sourit-elle. Et ce n'est certainement pas moi qui vais désapprouver. Rosalie le fera sûrement et Edward sera absolument furieux mais c'est fait de toute façon. Et moi je le voulais, s'extasia-t-elle en étreignant Bella. J'ai une nouvelle sœur, pétilla-t-elle ravie.

- Il est peut-être un peu tôt pour dire sœur, sourit-il avec indulgence. Elle ne fait pas encore parti de ta famille.

- À ce propos, je peux le dire aux autres ? demanda-t-elle.

- C'est à vous d'en décider, répondit-il. Cela concerne Bella et ta famille alors vous faîte ce que vous voulez. Je comptais vous le dire de toute façon ne serait-ce que pour que vous sachiez. Je voulais juste d'abord m'occuper de Bella et de son acclimatation.

- Je vais appeler les autres alors, fit-elle joyeusement en faisant sourire Bella.

- Tu restes avec nous ou tu repars ? demanda Alexander.

- Je vais voir ce que le reste de la famille en dit mais je vais rester un moment si vous le voulez bien. Je pourrais peut-être t'aider avec tout ça, proposa-t-elle à Bella.

- J'en serai ravi. Alex est un professeur impitoyable, s'amusa-t-elle.

- Je suis pire, fit-elle avec un faux air menaçant qui les amusa. Je peux rester dans le coin Alex ?

- Bien sûr. Tu peux avoir une chambre ici si tu veux. J'ai toute la place qu'il faut.

- Oh c'est génial ! s'extasia-t-elle. On va bien s'amuser.

- Je vais aller dormir après manger mais faîte comme chez vous. Bella tu peux lui montrer la maison mais que les pièces que je t'ai montré. On ne fouine pas. Les portes fermées restent fermées. Inutile d'essayer. Elles sont fermées par magie, même un vampire ne peut pas forcer et je le saurais tout de suite.

- Qu'est-ce que tu caches d'aussi secret ? taquina Alice joueuse.

- Ma vie privée, répondit-il effrontément en l'amusant. J'imagine que tu vas appeler les autres cette nuit ?

- Oui mais je ne sais pas si j'arriverai à avoir Edward. Il répond rarement et je ne sais pas s'il lit nos messages. On ne sait pas où il est. Je vais essayer et on verra bien. Il finira bien par avoir l'information même si ça va prendre un peu de temps.

- Vous me direz ce qu'il en est demain. Et si Jacob vient ou Sam, vous venez toquer à ma porte tout de suite sans bagarre.

- Les Quileute ? Est-ce que tu sais que…

- Je sais tout ce qu'il a à savoir sur les Quileute autant que se savais pour les vampires, coupa-t-il. Bella connaît les grandes lignes maintenant, comme votre pacte.

- Je vois. Tu sais qu'ils sont incontrôlables, fit-elle plus gravement.

- C'est totalement faux. Je vais être clair Alice : mon opinion sur eux est à l'opposé de la vôtre comme mon opinion sur les vampires est à l'opposé de la leur. Je ne discute pas sur le sujet et je ne prend pas partie dans votre petit affrontement. Alors n'essaye pas de me convaincre, je n'ai pas envie de me battre. D'accord ?

- D'accord, fit-elle avec surprise.

- Bien. Si l'un d'eux vient pas de bagarre. Je les ai prévenu que tu étais là pour ne pas avoir de problème. Au fait, puisque tu es là Alice, est-ce que ça te dérangerait de veiller sur Bella un moment demain ? Je ne pensais pas pouvoir le faire parce que je ne voulais pas la laisser seule mais j'aimerai aller à l'enterrement de Harry.

- Évidemment, fit-elle avec un sourire compatissant. Prend tout le temps que tu veux je vais rester avec elle.

- Charlie va te voir, fit Bella.

- Je me servirai d'un sort pour que ceux qui ne doivent pas savoir que je suis là ne se rendent compte de rien.

- Tu peux faire ça ? s'émerveilla-t-elle.

- La magie peut faire énormément de choses et détourner l'attention des non magiques est un peu une spécialité chez nous, s'amusa-t-il. Merci Alice.

Elle lui sourit et il termina son repas avant de monter se coucher, épuisé par sa précédente nuit sans sommeil. Le lendemain, il apprit que Alice avait contacté le clan et que celui-ci tentait de joindre Edward pour lui parler, sans succès. Carlisle envisageait déjà sérieusement de revenir à Forks, s'estimant, lui et son clan, responsables de Bella même s'il ne l'avait pas transformé lui même. D'après Alice, la famille avait plus où moins compris ce qu'il s'était passé même si Rosalie était en colère. Mais d'après son lutin préféré, elle était à peine remontée contre le sorcier, bien plus furieuse contre Bella pour sa décision. Et Alexander en fut soulagé, ayant une grande affection et beaucoup d'amitié pour Rosalie aujourd'hui. Il savait que la chose serait difficile à faire passer avec le clan, qu'ils ne comprendraient peut-être pas mais s'ils n'étaient pas en colère contre lui, s'était déjà ça.

En fin de matinée, il se prépara pour aller à l'enterrement, le cœur lourd. Mais il voulait y être au moins pour la meute, pour ses amis les plus proches à la Réserve et parce qu'il avait eu de l'amitié pour Harry. Il s'y rendit donc, retrouvant Jacob en chemin. Celui-ci vint l'étreindre avec force, le scrutant pour s'assurer qu'il allait bien. Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre un moment, plus pour se réconforter qu'autre chose. Puis ils y allèrent ensemble, main dans la main. Seuls les loups et les Anciens se rendirent compte de sa présence au côté de Jacob et ils en furent touchés, il le sentit. La cérémonie fut très belle et il se surprit à se mettre à pleurer sans contrôle. Il n'avait pas pleuré depuis longtemps. Le voyant, Jacob avait enroulé un bras autour de lui. Lorsque ça avait été terminé, Alexander était allé étreindre une Sue qui affrontait avec force et dignité. Ce fut assez naturellement que la meute le rejoignit pour l'entourer et il les invita chez lui, Sam se montrant aussi tendu devant la venue d'Alice. Ils approuvèrent, ayant besoin de quitter un peu la lourde ambiance de la Réserve visiblement.

Ils prirent donc la direction de sa maison à travers les bois, Sam en profitant pour l'informer que Victoria était à nouveau dans les parages. Il salua Quil et Leah désormais grossièrement au courant de ce qu'il était lui même et de son implication avec la meute. Sans surprise, Leah était dans un état abominable, suivant tel un fantôme. Une fois hors de porté des regards, la meute se transforma et Jacob le prit sur son dos. Ils se mirent à courir et avec leur vitesse, il ne fallut pas longtemps pour arriver à la maison. Ils avancèrent par le jardin et la terrasse, trouvant Bella et Alice derrière la baie vitrée, observant les loups arriver dans toute leur splendeur. Elles avaient l'air agité et Alexander le sentit bien qu'il ne sut si c'était à cause des loups ou d'autre chose.

Sombre après cet enterrement, pâle et des traces de larmes encore sur les joues, Alexander descendit du dos de Jacob lentement, celui-ci se retransformant sur le champs pour le prendre dans ses bras. Il portait encore la chemise et le pantalon de costume qu'il avait mis pour la cérémonie. Il fut le seul à reprendre forme humaine, les autres restant en loup, grondant vers Alice en les entourant avec protection, laissant les deux loups nouvellement transformé derrière. Alice ouvrit la baie vitrée et fit un pas sur la terrasse, Bella coincée à l'intérieur par sa magie.

- Tout le monde remballe ses menaces, ordonna Alexander. Ici, c'est ma maison, mon domaine, je commande et je dis que c'est un terrain neutre où personne ne se bat, c'est clair ?

Les loups et la vampire se jaugèrent du regard et Alice fut la première à approuver, n'ayant pas vraiment le choix vu sa position. Par l'intermédiaire de Jacob qui entendait les pensées des autres, la meute accepta aussi.

- Que l'on soit clair : je suis amis avec les Quileute autant qu'avec les Cullen et je n'éprouve de rejet ou de peur ni pour les loups, ni pour les vampires. Je n'entre pas dans votre conflit, je refuse catégoriquement de le faire. Alors ici, vous oubliez votre opposition. Je respecte vos positions chez vous, vous le faîtes chez moi.

Bon grès mal grès, ils approuvèrent tous et il les remercia.

- Alexander ! intervint Bella très agitée. Tu dois me laisser sortir d'ici, pria-t-elle.

- Tu ne contrôle pas encore assez pour sortir, répondit-il. Je serai intransigeant là dessus. Tu n'es pas prête, pas du tout. On n'a même pas encore essayé de voir comment tu résistes aux odeurs humaines. Tu restes là.

- Tu dois me laisser sortir, c'est une question de vie ou de mort, fit-elle l'air paniquée.

- Pourquoi ?

- C'est Edward, soupira Alice.

- Qu'est-ce qu'il a encore fait celui là ? grimaça-t-il.

- Pendant que je venais, Rosalie a réussi à le contacter et lui a dit pourquoi je venais ici, ma vision. Elle n'a pas eu le temps de lui expliquer la suite, il a raccroché. Il a appelé Charlie pour savoir comment allait Bella. Il n'a pas réussi à l'avoir alors il a appelé son bureau et ils lui ont dit qu'il était à un enterrement et…

- Ce crétin en a déduis que Bella était morte, comprit-il.

- Oui, je l'ai vu, approuva-t-elle.

- Et alors ?

- Il va aller voir les Volturi, pour mourir, précisa-t-elle.

Il comprit sur le champs qu'il voulait se suicider en pensant Bella morte et il avait choisi la pire solution pour ça. Alexander gronda de colère, excédé avec tout ce qu'il se passait en ce moment et ce qu'il s'était passé aujourd'hui.

- Celui là commence vraiment à arriver au bout de ma patience ! gronda-t-il. Non mais franchement ! Il ne pouvait pas m'appeler moi plutôt ! Non mais sérieusement ! Sa stupidité n'a d'égal que son égoïsme. Et aller voir les Volturi ?! Il n'en n'a pas marre de créer des problèmes à tout le monde. Il n'a vraiment pas conscience de ce qu'il pourrait provoquer, s'agaça-t-il.

- De quoi tu parles ? demanda Jacob surpris de le voir en colère comme ça n'arrivait jamais. C'est quoi ces Volturi ?

- Les rois des vampires, répondit Alice en étonnant les loups.

- Cet abruti va aller les voir pour leur demander de le tuer, seulement, qu'il meurt ou pas, ça va avoir d'autres conséquences, fit Alexander.

- Lesquelles ? demanda son lié.

- Tu connais le pouvoir d'Aro Alice ?

- Oui, télépathie tactile, répondit-elle. Il peut entendre les pensées, voir les souvenirs en touchant quelqu'un. Et il le fait systématiquement d'après Carlisle.

- Exact. Ça veut dire que si Edward va le voir, il verra dans son esprit. Premièrement, c'est un immense danger pour votre famille. Les Volturi courent littéralement après les vampires qui ont des pouvoirs puissants. Ce qui est le cas d'Edward, potentiellement celui de Jasper selon leur appréciation et le tiens Alice. Ils voudront absolument vous avoir et ils n'hésiteront pas à décimer le reste du clan pour vous y forcer, dit-il en horrifiant les loups par cette possibilité à l'encontre de leur propre peuple. Ils sauront ce qu'il s'est passé avec Bella et ça leur fera une excuse pour décimer le clan. Comme elle a fait preuve de résistance à vos dons, et que Aro le verra, ils pourraient venir ici pour s'assurer que Bella est morte ou transformée et quel don elle pourrait avoir. Et enfin, ils verront qu'un sorcier est ami avec vous. Sais-tu ce qu'ils font dans ce cas Alice ?

- Non.

- Pour faire simple, il y a de bonnes chances pour que je les ai sur le dos à mon tour. Merci Edward pour ses conneries je n'avais pas besoin de ça.

- Attend, fit Alice. Pourquoi feraient-ils ça ? Carlisle a dit qu'on ne pouvait pas nous en prendre à vous.

- C'est exact. Les vampires ont interdiction de toucher un sorcier ou les êtres magiques, cela fait parti des accords de neutralité passés avec eux. Seulement, ça ne convient pas vraiment aux Volturi. Ils détestent devoir plier devant quoi que ce soit et ne pas avoir le plein contrôle. Il est incroyablement rare qu'un sorcier soit ami avec des vampires et les respecte. Nous vivons séparés la plus part du temps. Les Volturi ne peuvent pas défier la règle avec les sorciers parce qu'ils ne savent pas comment la magie fonctionne. Là dessus, ils découvrent qu'il y un sorcier ami, très ami, avec un clan de vampires. Ils vont tenter d'en profiter pour en savoir plus sur la magie, sur les sorciers, sur comment prendre le pas dans les relations. En gros, ils vont très certainement tenter de me recruter. Je ne serai pas le premier sorcier dont-ils tentent de s'allouer les services et si je refuse, ils pourraient essayer de forcer. Ils sont très doués pour le chantage alors ça vous met vous, les Cullen, mais aussi les Quileute, Charlie et tout ceux avec qui je suis amis en danger ! Et les lois sorcières ne protégeront aucun de vous puisqu'il s'agit de vampires, d'ennemis déclarés des vampires ou d'un non magique. Tu vois le problème ?

- Oui, répondit-elle horrifiée. Je suis désolé.

- On te protégera, assura Jacob.

- Vous ne pourrez pas, fit Alice en faisant gronder les loups.

- Elle a raison, soupira Alexander. Les Volturi, ce n'est pas les vampires communs. Ils sont bien plus nombreux que vous, entraînés au combat et ont des éléments avec de puissants pouvoirs. Vous avez essayé de contacter Edward pour l'arrêter j'imagine ?

- Il ne répond plus du tout, fit Alice.

- Ce crétin m'exaspère vraiment, grogna-t-il. Comme s'il n'avait pas déjà fait assez de dégâts avec son égoïsme, sa stupidité et sa tendance au martyr pauvre chéri, se moqua-t-il sombrement.

- Alexander, laisse moi y aller, pour l'arrêter, supplia Bella.

- Non. Tu n'es pas prête à sortir d'ici. Heureusement, j'ai peut-être une autre idée mais il faut que je cherche. Alice ? Tu sais combien de temps on a avant qu'il ne soit chez les Volturi ?

- Non. Pas beaucoup j'en ai peur. Peu importe où il est dans le monde, il peut être chez eux demain matin au plus tard. Ensuite, le temps qu'ils réfléchissent à sa demande, évaluent la situation. Deux jours au plus s'ils sont patient.

- Ils prendront le temps dés qu'il sauront que je suis dans l'équation. Ils penseront à quoi faire pour avoir mes services et pour vous avoir tout les trois. L'urgence, c'est de le contacter pour lui dire la vérité et l'arrêter.

- S'il ne prend pas son téléphone on a aucun moyen de le faire, fit la voyante. Et après ça, je doute qu'il regarde ses messages. Il va se focaliser sur son but.

- Je peux peut-être le contacter avec la magie, déclara-t-il. Mais je dois chercher comment, venez, pria-t-il. Vous pouvez reprendre forme humaine, dit-il plus doucement aux loups. Il n'y aura pas de bagarre ici, n'est-ce pas Alice ?

- Je le jure, assura-t-elle.

Après un instant de réflexion, les loups reprirent forme humaine. Alexander avança pour réintégrer la maison, tous le suivant. Il se dirigea vers sa bibliothèque, tous entrant dans l'immense pièce avec lui, stupéfait par sa taille normalement impossible vu la maison et par le nombre de livres astronomique. Ils restèrent figés un moment, Alexander s'avançant à grands pas vers la section des magies de communications.

- C'est quoi tout ces bouquins ? demanda Embry. Je savais pas que t'aimait autant lire.

- Il n'y a pas internet chez les sorciers, fit Alex en continuant sa recherche, alors les bibliothèques sont des centres de savoirs très importants. Les livres sont très importants chez nous.

- Jasper adorerait ça, murmura Alice. Ce sont… des livres sorciers ?

- Tous, approuva-t-il. N'y touchez pas, je suis le seul à pouvoir le faire.

- Pourquoi ? demanda Jared.

- Dans le monde sorcier, certains livres sont très communs, d'autres très rares et certains renferment des secret magiques que vous ne pouvez même pas imaginer. Dans les familles sorcières, on protège sa bibliothèque et on se la transmet de génération en génération comme un immense trésor. Cela fait qu'il y a des livres parfois uniques. Cette bibliothèque est un héritage familial, expliqua-t-il tout en continuant à chercher. Certains de ces ouvrages datent de l'antiquité, dit-il en les stupéfiant. J'ai des livres qui valent littéralement des millions chez les sorciers. Ça se protège pour que personne n'y touche.

- Il n'y a ni titres, ni indications, nota Alice en regardant.

- Il y en a mais la magie des lieux vous empêche de les lire. Selon la loi, je n'ai pas le droit de donner accès aux savoirs sorciers aux autres peuples à moins d'avoir un lien puissant avec le dit peuple et cela ne concerne que ceux dont je suis proches, dit-il avec un regard pour la meute qui sourit en connaissant déjà ce principe. Je ne suis pas le plus calé des sorciers en magie de communications mais j'ai énormément de livres qui en parlent. Il ne me reste plus qu'à trouver le bon moyen pour contacter Edward. Alors, excusez moi je cherche.

- On peut t'aider ? demanda Alice. Avec ma vitesse, je peux peut-être…

- Non, coupa-t-il. Premièrement, je n'ai pas le droit de te laisser toucher ces livres et deuxièmement, sans connaissance en magie, tu ne saurais pas quoi chercher. Vous allez devoir attendre. Désolé, fit-il à l'égard de la meute, on devait se détendre.

- C'est pas de ta faute mais je vais lui botter le cul à celui là s'il revient dans les parages, fit Jacob suivit des siens.

- Vous pouvez vous servir à la cuisine si vous avez faim ou soif et profitez du salon, je vais en avoir pour un moment j'en ai peur. Bella, tu devrais appeler Charlie, un peu de réconfort lui ferait du bien.

- Ok, soupira-t-elle en sortant avec Alice.

Les loups restèrent, déambulant lentement dans la pièce en regardant, le rejoignant doucement.

- Et nous on peut t'aider ? demanda Jacob.

- Malheureusement non. À vous, je pourrai montrer ces livres mais vous ne sauriez pas quoi chercher. Les magies de communications sont très développées dans le monde sorcier. Nous n'avons pas de téléphone mais nous avons bien d'autres moyens de faire. Ce serait un autre sorcier, je saurai quoi faire mais c'est un vampire et ça complique les choses puisque lui même ne maîtrise pas la magie et n'a pas nos outils.

- Question, fit Quil. Comment cette pièce peut être aussi grande ? La maison n'est pas si grande de l'extérieur.

- C'est vrai, s'amusa-t-il en feuilletant un index. Mais la magie peut manipuler l'espace. Nous le faisons souvent parce que nous n'avons pas toujours autant de place qu'on l'aimerait, surtout pour les communautés sorcières qui vivent dans de grandes villes non magiques. Nous pouvons agrandir l'intérieur d'une pièce, d'un sac ou autre contenant sans que sa taille extérieure ne change. Par exemple, une bouteille d'un litre enchantée pourrait en contenir cent.

- C'est incroyable, bredouilla Leah.

- N'est-ce pas ? sourit-il. La magie peut faire des merveilles et il y a beaucoup de magies très pratiques comme ça pour la vie quotidienne, d'objets enchantés.

- C'est toi qui l'a fait dans cette maison ? demanda Sam.

- Non. Quand je l'ai acheté, c'était une ruine. J'ai fait appel à d'autres sorciers spécialisés pour la rénover et installer les magies que je voulais ici. Je connais le principe mais je ne maîtrise pas ce domaine. Il y a énormément de magies différentes. Impossible de toutes les connaître. C'est comme partout, chacun son métier. Chez les sorciers, ils y en a qui se spécialisent dans un domaine ou un autre et vendent leur services.

- Ces rois ? intervint Jacob. Ils sont vraiment si forts.

- Je le crains. Les Volturi ne sont pas à prendre à la légère. Ils sont puissants, guerriers, implacables et sans pitié. Leur clan est le plus grand clan vampire recensé et le plus puissant. Certains de leurs membres ont des pouvoirs contre lesquels vous ne pourriez rien faire. Ce ne sont ni les Cullen, ni ceux que vous avez déjà rencontré. C'est un tout autre niveau. Si on compare, les vampires que vous avez vu sont de vulgaires voyous et les Volturi, leurs gardes, des soldats d'élites.

- Je vois, soupira Sam. Mieux vaut qu'ils ne viennent pas ici alors.

- Il ne vaut mieux pas en effet. Je vais faire ce que je peux pour contacter Edward à temps. Et s'il revient par ici…

- On lui botte le cul, ricana Jacob en amusant tout le monde. On te laisse chercher alors.

- Je vous dis dés que je trouve. Vous devriez peut-être rentrer avec tout ce qu'il se passe. Je vous appellerai pour vous dire comment ça évolue.

- Je reste, fit Jacob déterminé.

- Nous aussi, fit Sam. On va voir ce que fait la Cullen et où en est Bella en attendant.

- Ok mais pas de bagarre, insista-t-il.

- On sera pas les premiers à frapper c'est promis, s'amusa l'Alpha en le faisant rire.

Si Jacob resta avec lui, les autres quittèrent la pièce pour le laisser travailler. Il se mit à chercher aussi vite que possible mais ce n'était pas si simple et il le savait. Le temps qu'il trouve, il y avait des chances pour que Edward soit chez les Volturi. Le télépathe était vraiment un abruti fini. Il allait se suicider en mettant en danger tout le monde sans même avoir vérifié que Bella était vraiment morte. C'était un crétin complet. Comme il le craignait, le temps commença à filer alors qu'il cherchait. La nuit tomba rapidement et il remercia Sam lorsque celui-ci leur apporta des sandwich à lui et Jacob, l'air désolé en disant que les autres avaient pillé son frigo. Cela ne fit que l'amuser et il assura que ce n'était rien. Jacob le poussa à faire une pause pour boire et manger puis il se remit au travail. Ce fut tard dans la nuit que la meute s'en alla mais Paul et Embry restèrent là avec Jacob, décidés à veiller en présence des deux vampires. Les deux jeunes filles qui tournaient en rond, agitées et anxieuses, ne tardèrent pas à les rejoindre dans la bibliothèque. Bella qui paniquait presque fut remise en place par Jacob qui n'avait pas manqué de voir son compagnon grimacer et se masser la tête, comprenant vite. Aussi, la demoiselle agitée ne cessant de parler de son abruti de vampire qui risquait de mourir ne l'aidait pas à avancer. Il la fit donc taire en lui faisant remarquer, ne se gênant pas pour faire remarquer que ça ne le gênerait pas si Edward mourrait dans l'opération. Cela failli faire éclater une dispute mais Alice les arrêta, faisant remarquer qu'ils n'aidaient pas Alex en faisant du bruit autour de lui alors qu'il cherchait une solution.