Une nouvelle aube
Le soleil filtrait à travers les rideaux, teintant la chambre d'une lueur dorée alors que Buck s'éveillait lentement.
Sa conscience émergeait de l'obscurité du sommeil, et il se rendit compte qu'il était blotti dans les bras de Tommy, son cœur battant encore au rythme de leur étreinte passionnée de la nuit précédente. Une chaleur douce l'enveloppait, faisant fondre toute tension ou inquiétude qu'il avait pu ressentir auparavant.
Il se tourna lentement vers son amant, admirant la façon dont la lumière du matin faisait briller ses cheveux, accentuant les contours de son visage angulaire. Il était si beau, pensa Buck, si spécial.
Et ce matin, dans ses bras, Buck se sentait plus vivant que jamais.
– Bonjour, marmotte, murmura-t-il, un sourire tendre étirant ses lèvres, alors qu'il savourait le fait de sentir sa peau nue contre la sienne.
Tommy ouvrit lentement les yeux, un sourire paresseux étirant ses lèvres alors qu'il regardait Buck.
Il se tourna pour lui faire face et Buck vint se blottir contre lui.
– Bonjour, toi, répondit-il d'une voix douce et tendre.
Ils restèrent un moment dans cette étreinte silencieuse, se perdant dans le regard de l'autre, leurs doigts s'entrelaçant doucement. Puis, comme s'ils étaient sur la même longueur d'onde, ils commencèrent à parler, partageant des pensées et des sentiments qu'ils avaient gardés enfouis en eux trop longtemps.
– Tu sais, commença Tommy, caressant doucement la joue de Buck. Tu es tellement spécial pour moi, Evan. Je veux que tu le saches.
Buck détourna le regard, sentant les larmes picoter au coin de ses yeux.
Être considéré comme spécial était quelque chose de nouveau pour lui, quelque chose qu'il n'avait jamais vraiment éprouvé auparavant.
– J'ai dit quelque chose de mal ? s'inquiéta Tommy.
– Non, pas du tout, le rassura-t-il finalement, sa voix comme un murmure fragile dans le silence de la chambre. Je... Je n'ai jamais ressenti ça avant. Je ne me suis jamais... senti digne d'être aimé.
Tommy resserra son étreinte, ses bras enveloppant Buck dans un cocon de chaleur et de réconfort.
– Tu es plus que digne, Evan. Tu es incroyable. Ne laisse jamais personne te faire croire le contraire.
Buck inspira profondément, se laissant bercer par les mots réconfortants de Tommy. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait en paix avec lui-même, accepté et aimé pour qui il était vraiment.
C'était tellement bon.
– Tu sais, reprit-il, un peu hésitant. Je… j'ai grandi avec des parents en deuil. Après la mort de leur premier fils, ils m'ont toujours vu comme... comme une déception.
– Tu as perdu un frère ? Evan, je…
– Leucémie, le coupa-t-il. Je ne l'ai pas vraiment connu, et je ne le sais que depuis quelques années. Je suis ce qu'on appelle « un enfant sauveur ». Mais même ça, je l'ai foiré, alors j'étais mal parti dans la vie.
Tommy attrapa son visage entre ses mains pour le forcer à affronter son regard.
– Ce n'est pas de ta faute, souffla-t-il. Tes parents t'ont posé sur les épaules un lourd fardeau que tu n'aurais jamais dû avoir à porter.
Buck hocha la tête, sentant les larmes couler sur ses joues, alors que Tommy le regardait avec tendresse et amour.
– Oui, c'est... c'est beaucoup. Ça explique pourquoi ils ne m'ont jamais aimé.
– Alors c'est leur perte, et si tu me le permets, je le leur dirai un jour. A quel point, ils ont perdu en ne te voyant pas comme tu es, si courageux, si fort, si intelligent…
– Tais-toi, le supplia Buck en cachant son visage rouge dans le creux de son épaule.
– A quel point, tu es sexy dans un lit, tout nu contre moi…
– Ne dis jamais ça à mes parents ! se redressa-t-il, le ton mi-sérieux, mi-moqueur.
– Oui tu as raison, je vais garder ça pour nous mais je leur dirai que tu es le plus bel homme que j'ai jamais rencontré.
– Ouais, si on fait abstraction de cette horreur qui me défigure, railla Buck en montrant sa tâche de naissance.
Il toucha du bout des doigts la marque rougeâtre sur sa paupière, une source constante de honte et de gêne depuis son enfance.
– Elle ne te défigure pas, le gronda-t-il tendrement en posant un baiser léger sur sa tache de naissance, en une caresse tendre qui le fit frissonner.
– Je la déteste, avoua-t-il finalement, ses mots empreints de vulnérabilité.
– Je la trouve magnifique, murmura-t-il. Elle fait partie de toi, Evan, et c'est une des choses qui te rendent unique.
Buck détourna les yeux, incapable de soutenir le regard intense de Tommy.
– J'ai été adopté à trois ans, affirma-t-il soudain le faisant relever les yeux sur lui. Abandonné à la naissance devant une caserne. Ce qui explique certainement ma vocation, lâcha-t-il avec humour. Ma mère adoptive était extraordinaire et j'ai tellement de chance de l'avoir connu. Ma sœur, sa fille naturelle, avait une marque comme la tienne sur le visage, sur son front, et ça la complexait énormément. Ma mère lui a dit que si elle portait cette marque, c'était parce qu'un ange l'avait embrassé à la naissance.
– C'est mignon, souffla Buck.
– Je ne suis même pas étonné qu'un ange se soit penché sur ton berceau pour t'embrasser.
Buck ne sut quoi répondre et il se contenta de le regarder dans les yeux.
Ils restèrent un moment dans cette douce intimité, savourant la chaleur de leur amour nouvellement découvert.
Puis, avec un soupir, Tommy se leva, étirant ses membres engourdis.
– Il est temps de se préparer, dit-il, son regard pétillant d'excitation. Si c'est toujours ce que tu veux ?
– Je le veux, oui, affirma-t-il en se levant à son tour.
– Je pourrais vouloir te l'entendre dire dans une autre situation, sourit-il mais gardant un ton sérieux et Buck sentit son souffle se couper sur cette promesse.
– Et bien pour le moment, nous sommes attendu au barbecue chez Bobby et Athena, lâcha-t-il en se détournant le visage cramoisi.
– J'espère qu'ils m'aimeront, affirma Tommy.
– Tu leurs as sauvé la vie, bien sûr qu'ils t'aiment déjà, rit Buck.
Buck lui sourit, sentant l'anticipation monter en lui.
Ce serait la première fois qu'il présenterait Tommy à sa famille, de façon officielle, la première fois qu'il les verrait ensemble, en tant que couple.
– Je suis prêt, dit-il, sa voix remplie de détermination après s'être habillé. Prêt à affronter le monde, main dans la main avec toi.
Tommy lui sourit, son regard rempli d'amour et de fierté.
Buck étudia sa tenue et il avait juste envie de lui arracher ses vêtements et de le séquestrer dans son lit pour toujours.
Il avait soumis l'idée de s'installer avec lui, dans un avenir proche et Tommy avait seulement sourit, en lui disant qu'il attendait ce jour avec impatience.
Buck était complètement foutu.
Il était fou amoureux de cet homme et il pourrait bien lui demander n'importe quoi, qu'il le ferait sans se poser de questions.
Ils avaient finalement convenu d'emménager ensemble dans le loft de Buck, celui-ci étant plus grand que le studio de Tommy, le week-end suivant.
– Alors, allons-y, mon ange, dit-il, prenant la main de Buck dans la sienne, embrassant ses jointures avec tendresse.
Ils quittèrent le loft, main dans la main, prêts à affronter ce nouveau chapitre de leur vie avec courage et détermination. Et Buck savait, au fond de son cœur, qu'avec Tommy à ses côtés, il pouvait surmonter n'importe quoi.
