Je profite de ce 16ème chapitre pour faire un petit clin d'œil reconnaissant à Zeugma412 et katymyny dont les messages commentaires m'accompagnent de semaine en semaine. Leur soutien m'est particulièrement précieux dans une période où j'ai très peu de temps pour écrire. Surtout n'hésitez pas à me laisser un petit mot, ils me font vraiment plaisir.
Chapitre 16 : … au lendemain agité (2)
24 heures exactement après leur intrusion, Hermione Granger et Harry étaient de retour dans le bureau directorial de Poudlard, à l'invitation de McGonagall cette fois. Passablement gênés par la scène de la veille, ils avaient plus l'air de deux élèves pris en faute que de la Ministre de la Magie et de celui dont on murmurait qu'il pourrait bientôt devenir le directeur du département de la Justice magique. Toujours raide pour bien leur faire comprendre qu'elle n'avait pas encore passé l'éponge, McGonagall leur fit le récit des révélations qu'Albus nous avaient faites quelques heures plus tôt.
« Si le portrait de Salazar Serpentard avait des questions à poser, il aurait pu nous les poser directement à nous au lieu de faire semblant de dormir. » s'agaça Hermione Granger.
« Il n'a sans doute rien dit parce qu'il ne vous connait pas. » supposai-je, sans compter que vous n'êtes pas de sa Maison, évitai-je d'ajouter.
Madame la Ministre eut un geste d'irritation :
« Je suis Ministre de la Magie tout de même, et je le lui ai dit ! »
Cette remarque m'arracha un ricanement presque involontaire.
« Tout impressionnant que soit ce titre, Madame la Ministre, je crois que ça ne représente pas grand-chose pour le portrait de Salazar Serpentard. D'autant plus qu'il n'y avait pas de Ministère de la Magie à son époque. » lui expliquai-je d'un ton narquois.
« J'en déduis donc que, contrairement à nous, Albus représente quelque chose pour lui et qu'il le connait bien. Si je ne m'abuse, le portrait de Salazar Serpentard se trouve bien dans la partie des cachots interdite aux élèves. Et manifestement, Albus s'y promène tranquillement sans que personne, même pas son directeur de Maison, ne songe à lui faire de remontrances. Comme quoi, il y en a qui se ramollissent sérieusement en vieillissant. » contre-attaqua Hermione Granger toujours énervée.
Je restai estomaqué par cette agression directe. Mais Ministre de la Magie ou pas, je n'allais pas me laisser impressionner par une lionne mal peignée, ni lui permettre de faire ses griffes sur moi :
« Disons que ça compense ceux qui réussissent l'exploit de devenir encore plus pénibles avec l'âge. »
Lupin intervint :
« Vous me pardonnerez d'interrompre un échange aussi intéressant et constructif, mais je croyais, Harry et Hermione, que vous aviez besoin obtenir quelques renseignements de la part du portrait de Salazar Serpentard. Il me semble que vous pourriez demander à Albus d'aller le questionner. »
« Ce n'est pas si simple. » répondit Madame la Ministre avec hauteur. « Ce que nous avons à demander à Salazar Septentard n'a pas vocation à être rendu public. »
« Oserais-je vous faire remarquer que la dernière fois que vous avez voulu questionner en toute discrétion le portrait de Salazar Serpentard, il s'est empressé de faire venir Albus pour tout lui raconter. Du coup, je ne vois pas ce que ça change. » ironisai-je.
« Il n'y a pas moyen de faire taire ces fichus portraits ! » grogna Madame la Ministre en levant un regard irrité vers les portraits des anciens directeurs et directrices que j'avais pris la précaution d'assourdir avant leur arrivée.
Bien qu'il ne puisse rien entendre, Albus Dumbeldore nous regardait avec intensité. Je me demandai un instant, s'il ne tentait pas de lire sur les lèvres pour se renseigner quand même sur notre conversation. Mais j'abandonnai très vite cette idée pour en revenir à Hermione Granger qui demandait :
« Et Albus, est-ce qu'il est capable de rester discret ? »
« Vous avez eu treize ans avant lui, vous devriez donc être capable de répondre vous-même à la question. » lui fis-je remarquer.
Instinctivement, elle tourna les yeux vers Harry. Ayant capté son regard, je terminai mon propos :
« Eh bien, j'imagine que c'est pareil pour Albus. Rester discret signifie probablement pour lui n'en parler qu'à ses très proches. Mais, il se fait tard, si vous voulez que j'aille le chercher, c'est maintenant. A vous ensuite d'adapter les questions pour ne pas trop en dire. »
Hermione Granger soupira et consulta à nouveau Harry du regard avant de conclure :
« De toutes façons, nous n'avons pas trop le choix. »
Dix minutes plus tard, j'étais de retour avec Albus, après avoir indiqué au préfet de la Maison de ne pas s'occuper de son absence, puisqu'il était avec moi. Le Baron qui continuait à suivre le gamin comme son ombre, rentra avec nous. Après de brèves salutations, Hermione Granger expliqua à son neveu ce qu'elle attendait de lui :
« Albus, je voudrais que tu demandes au portrait de Salazar Serpentard, s'il s'est fait enterrer avec des perles d'or. Trois perles d'or, plus précisément. »
« Quelles perles ? » demanda-t-il.
« Il devrait comprendre. » éluda Hermione Granger.
« Et c'est tout ? » interrogea encore Albus.
« Pour le moment, oui. » lui confirma sa tante.
« Si ça t'embête de descendre tout seul en pleine nuit dans les cachots, je peux t'accompagner. » proposa Harry en voyant son fils s'apprêter à quitter le bureau de McGonagall.
Albus regarda son père avec surprise :
« Tu sais, pour aller dans les cachots, ça ne change pas grand-chose que ce soit le jour ou la nuit. Et puis de toutes façons, je n'y vais pas seul, le Baron m'accompagne. »
Harry sembla éberlué de la réponse. La perspective de se rendre dans les cachots en compagnie du terrifiant fantôme des serpentard n'avait sans doute rien qui puisse rassurer un gryffondor comme lui. Albus dévala l'escalier du bureau directorial.
« Attendez-moi Baron, je vous rappelle que moi je ne traverse pas les portes. » lança-t-il depuis le bas des marches.
« Pardon, mon jeune ami, j'avoue que parfois les contraintes de vivants m'échappent un peu. » répondit le fantôme.
Leurs voix et les pas d'Albus s'éloignèrent. Nous restâmes plusieurs minutes silencieux, perdus chacun dans nos pensées, jusqu'à l'arrivée du Patronus de serpent d'Albus.
« Le professeur Serpentard voudrait savoir si vous parlez bien des perles d'Euzebia. » demanda le Patronus avec la voix d'Albus avant de disparaître.
D'un hochement de tête, Harry confirma qu'il s'agissait bien des « perles d'Euzebia », alors que son ancienne condisciple de gryffondor continuait de fixer l'endroit où le Patronus de serpent s'était évanoui. Je créai un Patronus de biche, mon Patronus, celui de Lily, pour qu'il apporte la réponse à Albus.
« Albus sait faire un Patronus qui parle. » murmura Hermione sur un ton circonspect après un moment de silence. « Il sait faire quoi d'autre comme magie ? »
« Oh, à peu près la même chose que toi et moi. » répondit de loup-garou avant que j'ai eu le temps d'intervenir.
Mais de quoi je me mêle ! Je lui lançai un regard meurtrier pour lui apprendre à s'occuper de sa Maison. Mais évidemment, le mal était fait.
« La même chose que toi et moi ? Tu plaisantes ? » s'exclama Hermione Granger en regardant alternativement Lupin et Harry.
« Ce n'est pas moi qui lui apprends la magie ! » se défendit ce dernier.
Forcément, tout le monde se retourna vers moi.
« Et puis, quoi ? » articulai-je d'un ton glacial. « C'est une école de magie ici, vous n'allez quand même pas lui reprocher de l'apprendre. »
Le retour du Patronus de serpent interrompit notre discussion :
« Il dit que oui, que les perles d'Euzebia font partie des objets avec lesquels il s'est fait enterrer. »
Un bref instant, un soulagement intense envahit les traits d'Harry et d'Hermione Granger.
« Il faut absolument qu'il nous le dise. » murmura Madame la Ministre en se parlant à elle-même.
« Et pour cela, il va falloir lui expliquer quelque chose. » murmura Harry en écho.
Hermione Granger créa son propre Patronus de loutre et l'envoya porter le message suivant à Albus :
« Demande à Salazar Serpentard de bien vouloir nous dire où est sa sépulture. Dis-lui que nous devons absolument récupérer les perles d'Euzebia pour les rendre aux gobelins. »
« Pourquoi faudrait-il rendre ces perles aux gobelins ? » demanda McGonagall qui manifestement ne pouvait plus contenir sa curiosité.
« Parce qu'elles ont été fabriquées par un très célèbre joaillier gobelin du nom de Godorfek-L'Habile. » répliqua Madame la Ministre d'un ton rageur.
« Et alors ? » s'émut Lupin « Ce n'est pas parce que qu'un gobelin les a fabriquées qu'il faut les leur rendre. Je sais bien que leur notion de la propriété n'est pas la même que la nôtre, qu'ils pensent que, sur le fond, l'objet appartient à celui qui l'a fabriqué et pas à celui qui l'a acheté. Mais si on met le doigt dans cet engrenage, bientôt il faudra tout leur rendre, y compris l'épée de Godric Gryffondor. »
« Je suis bien d'accord avec toi, et il n'est pas question de leur rendre quoi que ce soit d'autre. Mais dans ce cas-là je n'ai pas le choix, parce que … » commença Hermione Granger, interrompue par le retour du Patronus de serpent.
« Le professeur Serpentard dit qu'il va réfléchir à ta demande. » dit la voix d'Albus « Et moi, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Harry soupira et Hermione Granger eut un geste de dépit. Elle avait manifestement oublié ce qu'elle était en train de dire, mais Lupin tenait à sa réponse.
« Pourquoi faut-il rendre ces perles d'or aux gobelins ? » insista-t-il d'une voix pressante.
« Parce qu'on leur a fait une promesse. Une promesse que le Ministère va devoir tenir, si on veut éviter une nouvelle révolte des gobelins. » lâcha soudain Madame la Ministre.
« La promesse de leur rendre des perles dont vous ne savez même pas où elles sont ? Comment avez-vous pu leur faire une promesse aussi inconsidérée, Hermione ? » s'étonna McGonagall.
« Mais moi, je n'ai fait aucune promesse aux gobelins ! » s'insurgea Hermione Granger « C'est cet imbécile de Cornelius Fudge qui leur avait promis ! »
