Chapitre 17 : Une promesse
« Mais moi, je n'ai fait aucune promesse aux gobelins ! » s'insurgea Hermione Granger « C'est cet imbécile de Cornelius Fudge qui leur avait promis ! »
Madame la Ministre s'était levée. Elle se mit à faire les cent pas dans le bureau directorial. McGonagall, Lupin et moi retenions notre souffle dans l'espoir d'apprendre enfin quelque chose, un espoir qui ne fut pas déçu.
« Il y a six mois, j'ai vu débarquer dans mon bureau une délégation de douze gobelins en habit de cérémonie. Ils m'ont expliqué tranquillement qu'ils avaient été délégués par leur peuple pour « venir récupérer les douze perles ». Je ne comprenais même pas de quoi, ils me parlaient. » commença Hermione Granger.
Elle s'arrêta devant la cheminée. Elle se remit à parler en nous tournant le dos :
« Quand ils ont compris que je n'avais rien pour eux. Ils ont commencé à me menacer des pires représailles. Si les sorciers se dédisaient de leur promesse, ils auraient la guerre avec les gobelins. Il a presque fallu que je les supplie pour qu'ils consentent enfin à s'expliquer. Et vous savez ce qu'ils m'ont raconté ? Il y a un peu plus de vingt ans, ils sont venus réclamer à Fudge, des perles d'or réputées les plus belles jamais créées, qui auraient été fabriquées par un joaillier gobelin dont les gobelins vénèrent la mémoire, Godorfek-L'Habile. Et sans que je sache pourquoi, peut-être juste pour se débarrasser du problème sur le moment, au lieu d'expliquer aux gobelins comme d'habitude que ces perles avaient été achetées à Godorfek et que dans ces conditions il n'y avait pas raison de les leur rendre, Fudge a accepté ! Il leur a promis que le Ministère restituerait ces fameuses perles aux gobelins pour le millième anniversaire de la mort de Godorfek-L'Habile. Un millième anniversaire qui tombait, il y a six mois comme vous vous en doutez bien. »
Madame la Ministre revint vers nous :
« Après leur avoir fait cette promesse stupide, Fudge s'est contenté de chercher vaguement ces fichues perles. Il en a retrouvées trois, au milieu d'objets stockés depuis des siècles au sein du Ministère lui-même, et dont il a commencé par me soutenir qu'il ne connaissait pas la provenance, quand je suis allée l'interroger. Des neuf autres perles, pas de trace. Et au lieu d'en parler à ses successeurs, cet abruti de Fudge a gardé cette information pour lui. Soi-disant que le retour de Voldemort, lui avait fait oublier ce « petit » problème. Je vous garantis que s'il y a une révolte des gobelins, ça va être bien autre chose qu'un petit problème ! »
« Et il s'est passé quoi depuis six mois ? » demanda McGonagall à mi-voix.
« Eh bien, depuis six mois, je fais mener des recherches en essayant de faire patienter les gobelins. » indiqua Hermione Granger sur un ton ironique. « Le problème, c'est que les gobelins ne sont pas des gens très patients. Au bout d'un mois, ils ont créé un groupe de mercenaires avec de jeunes sorciers qu'ils ont fait venir de je-ne-sais-où et des jeunes gobelins. Ce sont eux qui pillent toutes ces tombes. Ensuite, ils revendent les objets déterrés aux moldus. Avec l'argent obtenu, ils achètent de l'or aux moldus. Finalement, les gobelins frappent des gallions avec cet or pour le transformer en argent sorcier, ni vu ni connu. C'est imparable. Ces mercenaires s'enrichissent et, en même temps, ils empoisonnent la vie du Ministère, car tout le personnel perd son temps à courir après les objets sortis des tombes que leurs propriétaires ont ensorcelés pour éviter justement qu'on les leur vole, et à s'occuper des moldus qui ont été en contact avec ces objets ! »
Hermione Granger s'était remise à marcher de long en large :
« Pendant des semaines, j'ai cru que cette histoire de pillage n'avait pas d'autre but que d'empoisonner la vie du Ministère pour nous inciter à accélérer la recherche des perles. Mais il y a quelques semaines, les gobelins m'ont annoncé triomphalement que leur bande de mercenaires avaient réussi à remettre la main sur trois des fameuses perles, en pillant la tombe d'Helga Poufsouffle ! Du coup, je suis retournée voir Fudge, et après avoir menacé de le faire dévorer par une acromentule ou rôtir par un dragon, il a fini par m'avouer que les trois perles, qu'il avait retrouvées lui-même, venaient d'une donation faite par les descendants de Rowena Serdaigle d'objets lui ayant appartenu. C'est comme ça que nous avons enfin compris qu'il y avait peut-être un lien avec les Fondateurs et peut-être une chance de retrouver le reste des perles dans les tombes des deux autres. »
Harry qui était resté silencieux depuis le début des révélations d'Hermione Granger, enchaîna :
« Mais le problème n'est résolu pour autant. Godric Gryffondor a une tombe officielle à Godric's Hollow et, à notre dernier décompte, la rumeur lui en prête quatorze autres dans différents lieux. Le problème, c'est que sa dépouille n'est dans aucune des quinze. Quant à Salazar Serpentard, il n'a aucune tombe connue. Mais au moins, il a laissé un portrait. En fait, il est même le seul des quatre Fondateurs de Poudlard, dont il existe encore un portrait. Maintenant que nous savons qu'il a bien emporté trois de ces perles dans sa tombe, il faut absolument que son portrait consente à nous dire où il a été enterré. Si nous avons beaucoup de chance, même après mille ans, il y sera encore et les perles avec lui. »
C'était donc la tombe de Salazar Serpentard qu'Harry avait espérée découvrir chez nous. Mais, bien des choses restaient obscures dans toute cette histoire.
« Mais qui est cette Euzebia ? Et comment se fait-il que des perles fabriquées pour elle se soient retrouvées en possession des Fondateurs de Poudlard ? » l'interrogeai-je.
« Aucune idée ! » s'exclama Hermione Granger en reprenant la parole. « Il n'y a aucune trace d'elle dans nos archives. Ce qui n'est pas complètement étonnant puisque le Ministère n'existait pas encore à son époque, comme vous l'avez aimablement souligné. Nous ne connaissons son nom que parce que les gobelins sont venus me réclamer ces perles m'ont précisé qu'elles avaient créées par Godorfek-L'Habile à la demande d'une sorcière nommée Euzebia. »
J'étais trop préoccupé par leur récit, pour perdre mon temps à relever la pique de Madame la Ministre. Toute ma jeunesse avait été traversée d'une guerre entre les sorciers, je connaissais assez les dégâts liés à un conflit pour vouloir à toute force en éviter un autre avec les gobelins.
