Petite histoire sans préparation (et sans prétention) écrite lors de la Gajevy Week 2024 ! C'était la première fois que je participais hihi.
1. Discoveries ; 2. Soda pop ; 3. Violence ; 4. Memory ; 5. Midnight.
Bonne lecture :)
Musique, musique - Gajevy Week 2024
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26 avril : Discoveries (Découvertes)
Lorsque Levy posa un dépliant devant lui, Gajeel se demanda ce qui lui prenait. Le bout de ses doigts poussait timidement le papier vers lui, elle évitait son regard, et semblait de toute évidence avancer vers lui à reculons.
— C'est quoi ? marmonna-t-il pour toute réponse à son attitude étrange.
— Je… Je…
— Problème ? grommela-t-il avec agacement.
Pourquoi ne lisait-elle pas, comme d'habitude, ce matin ? Depuis qu'ils étaient rentrés de Tenrou, elle agissait bizarrement de toute façon.
— Un concert. Un concert de ce guitariste que tu aimes bien. Et je…
Gajeel déchiffra les premiers mots du dépliant, reconnut le nom du musicien et pris le papier pour le lire avec satisfaction.
— Et je me disais qu'on pourrait y aller ensemble. C'est dans une semaine et j'ai réussi à avoir deux places, et…
Gajeel releva la tête sans le vouloir en entendant les mots de la petite femme. Une étincelle crépita dans le creux de son ventre. Est-ce qu'elle lui proposait vraiment ce qu'il pensait ?
— Ouais, accepta-t-il aussitôt. Je m'occupe du train.
Le sourire éclair et éclatant de Levy disparut quelques secondes plus tard derrière l'un de ses bouquins, mais peu importe. Levy était observatrice et avait une mémoire d'éléphant, ça, il le savait. Qu'elle cherche à faire avec lui des trucs hors de la guilde et des missions, ça, c'était nouveau.
Nan, c'était pas tout à fait nouveau.
Et puis c'était pas important.
Il appuya son visage dans sa paume de main et regarda tantôt le dépliant, tantôt ses petites mains cramponnées au bouquin. Levy était toujours assise en face de lui. Et ça commençait à faire un moment à présent – quelques mois ? Peut-être resterait-elle encore un peu. Il espérait qu'elle reste encore un peu. Tch. Comme si elle n'avait que ça à faire. Où était Lily ? Son chat aussi avait intérêt à rester longtemps.
Tch. Depuis quand voulait-il des gens dans ses pattes ?
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27 avril : Soda Pop (Soda)
Levy avait passé une semaine à imaginer leur départ pour le concert de Mashi Jeshi.
Elle avait été surprise lorsqu'elle avait réussi à obtenir des places aussi facilement pour écouter le guitariste à Oshibana, mais s'en était d'autant plus vite remise que Gajeel avait tout de suite accepté de s'y rendre juste avec elle. Il n'avait pas parlé de Lily, ni de personne d'autre. Ils n'y allaient rien que tous les deux. Non qu'elle n'apprécie pas Lily, mais de temps en temps, elle aimait être en tête à tête avec Gajeel hors de la guilde. Et ce n'était pas beaucoup arrivé depuis leur retour des examens de rang S.
Elle soupira en regardant piteusement ses mains. Comme toujours avec Gajeel, rien ne se passait comme l'une des mille possibilités qu'elle avait pu imaginer. Il réussissait toujours à la laisser perplexe et démunie.
Pourquoi était-il de si mauvaise humeur alors qu'ils se rendaient à un concert d'un de ses guitaristes préférés ? Pourquoi lui avait-elle dit, juste après le départ du train, qu'il était impossible et qu'elle ne comprendrait jamais son foutu caractère ? Il avait le don de lui faire oublier toute patience, ou plutôt de la pousser à bout parce qu'elle tenait bien trop à le comprendre, alors qu'il était incompréhensible.
Elle soupira encore une fois en regardant le paysage cette fois-ci. Peut-être fallait-il qu'elle cesse de vouloir le comprendre. Peut-être n'y avait-il aucune logique à sa mauvaise humeur.
La porte du compartiment du train s'ouvrit brusquement sur Gajeel. Après un sursaut, elle le regarda et lui grimaça un sourire. Il n'y répondit pas, et, d'une main, posa plutôt deux canettes de soda sur la tablette. Le bruit métallique qui résulta du geste résonna dans le compartiment dans un tintement matinal. Levy profita du moment où Gajeel se laissa tomber dans la banquette en face de la sienne pour lire les noms des boissons.
— Limonade et orangeade ? s'étonna-t-elle. Tu bois ça, toi, maintenant ?
Gajeel était plutôt du genre bière, café ou boisson énergisante.
— Prends ta canette, et laisse-moi boire la mienne, marmonna-t-il.
Il s'enfonça dans le dossier, croisa ses bras devant lui, et tourna la tête vers la fenêtre. Sa mine à moitié sévère, à moitié impassible resta focalisée sur l'horizon assez longtemps pour que Levy se demande une fois de plus ce qui lui prenait.
— Mais je ne t'ai pas demandé ni de limonade ni d'orangeade, murmura-t-elle avec incompréhension.
— Tu prends tout le temps ça, et faut s'hydrater, p'tit génie. Allez, insista-t-il.
Il poussa les deux canettes vers elle, et peut-être qu'elle le comprit, pour une fois. Sans vouloir laisser penser qu'il lui laissait le choix entre deux boissons qu'elle aimait, il prétendait qu'il en avait pris une pour elle et une pour lui. Elle se retint de se moquer de sa fierté stupide, prit l'un des sodas au hasard en secouant légèrement la tête, et le regarda grimacer en buvant l'autre. Quel idiot. Quel gentil idiot.
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28 avril : Violence
La sortie de la gare ne se passa pas tout à fait comme Gajeel s'y était attendu.
D'abord, le hall du bâtiment était bondé comme pas possible par des gens qui semblaient en panique totale. Ensuite, en laissant traîner ses oreilles, il comprit grosso modo qu'un abruti avait pris en otage un agent du service.
C'était clairement pas son problème, et il aurait sûrement passé son chemin pour ne pas arriver en retard au concert de Mashi Jeshi, si, enfin, un autre abruti n'avait pas attrapé Levy pour en faire une seconde otage. Là, il vit rouge.
La mine horrifiée de Levy au-dessus du coude de l'abruti lui rappela aussitôt celle qu'elle faisait sur l'île de la guilde lorsque le chien et le poulet de Grimoire Heart s'apprêtaient à la tuer. Il fermait déjà son poing pour lancer un pilier d'acier dans la figure de l'abruti lorsqu'elle bougea ses mains avec fébrilité mais précision. Il suspendit son geste, et regarda plutôt avec satisfaction le mot « FEU » rentrer dans la tête de son agresseur. Gihi, elle avait nettement progressé question réactivité.
Elle profita de la panique de l'abruti pour se dégager de sa poigne, et l'asperger d'un écrit solide « EAU » pour éteindre le feu – tch, qu'il crame cet abruti.
Il s'apprêtait à finir le travail lorsque cinq autres abrutis encerclèrent Levy. L'un d'eux traînait ledit otage, un couteau sous sa gorge, en criant des menaces, tandis que les autres couinaient que Levy était une mage.
Gihi, une bonne bagarre déclenchée par Levy. C'était carrément épique. Il faudrait qu'il en fasse une chanson. Il avait déjà le premier couplet :
« Une crevette bleue lance un tsunami,
Au milieu d'une gare remplie d'abrutis.
Elle allume le feu d'un geste
Et enflamme l'arène, trop balèze ! Shoobydoowa ! »
Il posa son sac en hochant la tête avec approbation et prépara ses poings, mais avant même qu'il puisse ne serait-ce que changer son bras en fer, elle lança un écrit solide qu'il ne connaissait pas. « BOMBE » ?
Quelqu'un lui fonça dedans avant qu'une véritable explosion ne fasse trembler tout le bâtiment. Le cratère qui émergea de la poussière dévoila les six abrutis assommés. Quoi, elle ne lui en avait même pas laissé ?
Il failli le lui reprocher, avant d'entendre sa voix couiner que Maître Makarof allait encore râler. Il baissa les yeux et découvrit que c'était elle qui lui avait foncé dessus, et qui se tenait toute penaude contre lui. Il décida de lui remonter le moral malgré son égoïsme flagrant.
— Quelle violence, p'tit truc ! T'as détruit le sol, railla-t-il en ébouriffant sa tignasse bleue.
Elle releva la tête, lâcha le bras de l'ancien otage, qu'elle avait sauvé avant de déclencher l'explosion, pour poser ses mains sur ses joues toutes rouges, se lamenta vaguement au ciel avant d'attraper leurs sacs d'une main et le bras de Gajeel de l'autre pour les mener vers la sortie. Gihi, le deuxième couplet de la chanson parlerait de cette fuite pas du tout discrète.
— On est des mages de Fairy Tail, lui marmonna Levy avec un rire gêné.
Il fut tellement surpris par la réponse de Levy qu'il ricana comme un idiot sur le parvis de la gare.
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29 avril : Memory (Mémoire)
Levy relut la date et l'heure indiquées sur le billet de concert pour la dixième fois alors qu'ils remontaient le chemin entre les barrières prévues pour accueillir la foule et qui était désespérément vide. Gajeel fronçait les sourcils – mais ça, ce n'était pas inhabituel donc il n'y avait rien à en tirer – et ne disait rien. Après leur entrée fracassante à la gare d'Oshibana, elle avait espéré que certaines des possibilités qu'elle avait imaginées s'accomplissent, mais c'était peine perdue.
Lorsqu'ils mirent enfin un pied dans la salle de concert même, Levy resta immobile et les bras ballants. S'il y avait trente personnes dans la pièce, c'était le bout du monde.
— Je… Je croyais que Mashi Jeshi était très connu, souffla-t-elle courageusement à Gajeel.
Pitié, pourvu qu'il ne chante pas comme Gajeel. Non pas que Gajeel chante mal, mais… il ne chantait pas très bien.
— Il est très connu, marmonna Gajeel en fixant les fans déjà présents dans la salle.
— J'ai vérifié : on est à l'heure pourtant.
— Hum.
Un silence plus tard, et Levy crut que Gajeel allait agresser le groupe qui buvait tranquillement une bière en papotant. Mais c'était simplement son ton brusque habituel qui redevenait un peu rêche sous la situation incompréhensible.
— Hé ! C'est quoi le problème ? Pourquoi y a personne ?
— Gajeel, s'inquiéta-t-elle en se précipitant à côté de lui pour attraper son bras.
— Eh, on est là, nous ! répliqua une femme habillée avec un T-Shirt « Je t' 3 Mashi ».
— Ouais, bah y a deux mois, je me souviens que c'était tellement blindé que…
— Il y a deux mois ? répliqua un autre avec la même coupe de cheveux que le chanteur.
Et là, Levy comprit. Les billets pas si chers et encore disponibles une semaine avant le concert. L'absence de files de fans devant le bâtiment. L'absence de potins sur Mashi Jeshi dans les derniers magazines qu'elle avait achetés. Le chanteur n'était plus populaire aujourd'hui, et ni Levy, ni Gajeel n'aurait pu le savoir car ils étaient rentrés de l'île de Tenrou depuis à peine un mois durant lequel ils avaient enchaîné autant de missions que possible pour payer leurs innombrables loyers impayés.
— Gajeel, souffla-t-elle en tirant sur son bras pour qu'il la regarde. Gajeel, c'était il y a sept ans.
Gajeel écarquilla ses yeux rouges de stupeur et la fixa sans la regarder. Après leurs loyers à rembourser, la dégringolade de la guilde et la rencontre avec Azuka, c'était une autre information qui leur rappelait qu'ils avaient été mis à l'écart du monde pendant sept ans pour survivre au souffle de dragon d'Acknologia. Leur mémoire ne leur servait plus à rien aujourd'hui lorsqu'ils devaient réaliser une mission dans une ville éloignée : les boutiques, les quartiers, les noms des rues parfois, avaient changé.
— Sept ans ? Tu n'es pas venu à un concert de Mashi depuis sept ans ?
— Et t'es qui d'ab… Eh mec, tu ressembles tellement à ce type qui…
— Imbécile, c'est lui, c'est Gajeel de Fairy Tail !
— Mec, t'es vraiment revenu de la mort alors ! Vous êtes vraiment dinguo, vous, les mages.
— Ah la la, j'aurais préféré faire comme toi plutôt que de voir Mashi se faire tej de partout. Y a ce chanteur naze, Jergo, qui s'est mis à le persécuter depuis… ben sept ans, et depuis, tous les fans se détournent de Mashi.
— Mais t'as ramené ta copine ! C'est bien, Mashi sera content d'avoir une nouvelle fan !
Levy jeta un coup d'œil à Gajeel en sentant ses joues rougir encore plus fort que lorsqu'elles avaient rougi dans la gare d'Oshibana, et même plus fort que toutes les fois où elles avaient rougi d'après ses souvenirs. Gajeel ne démentait pas le fait qu'elle était sa copine, il posait même un coude sur sa tête – stupide habitude dont elle chérissait trop la proximité pour protester – et écoutait les ragots des autres fans avec un sourire en coin satisfait et peut-être heureux. Pour une fois qu'on se souvient de lui positivement, ça doit lui faire plaisir, songea-t-elle en cherchant à garder pour toujours ce moment en mémoire.
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30 avril : Midnight (Minuit)
Mashi Jeshi avait pris un coup de vieux en sept ans, au point que Gajeel ne le reconnut pas immédiatement. Il y avait moins d'énergie dans sa démarche, moins de punch dans ses salutations, moins de classe dans sa tenue et dans sa posture.
Et puis il se mit à jouer, et Gajeel retrouva son guitariste préféré. La mélodie glissa dans la salle presque déserte avec la même passion que mettait sa main à toucher les cordes de sa guitare.
Gajeel tapa du pied en rythme en ignorant les hurlements hystériques des trente fans devant lui, et ferma quelques secondes les yeux pour mieux sentir les pulsations et les vibrations qui se propageaient dans le sol.
La voix de Levy sortit son âme de sa communion avec la musique, car elle fredonnait les paroles avec la même fièvre qu'il l'avait lui-même fait deux mois – ou plutôt sept ans – plus tôt. Il tourna brusquement la tête vers elle, et la surprit toute concentrée sur Mashi Jeshi, la bouche s'ouvrant et se fermant selon le texte de la chanson, les joues rouges de chaleur et le corps souple sous l'effet de la danse. Elle ne s'était pas avancée, sûrement parce qu'au vu de sa petite taille elle avait besoin de recul pour y voir quelque chose, mais une chose était sûre : elle était à côté de lui. Et il était là grâce à elle.
Lorsqu'elle tourna la tête vers lui avec ce sourire si grand qu'il lui en mangeait les joues, il la rejoignit dans sa danse, dans son chant et dans son bonheur de vivre tout ca. Un rayon de soleil ne lui aurait pas apporté une aussi bonne soirée.
Le temps passa vite en si bonne compagnie. Voilà que minuit sonnait et Mashi Jeshi, au bord des larmes, commença ce slow que Gajeel avait longtemps trouvé trop doux, mais qui s'illumina ce soir de la lueur de Levy, car elle lança un écrit solide « LUMIÈRE » et décrocha les lettres les unes des autres. Elle en garda deux pour eux deux, et donna les autres aux autres fans. Si ça avait été n'importe qui d'autre, il l'aurait envoyé paître. Mais c'était Levy, et tout était simple avec Levy, alors il prit la lettre et l'éleva au-dessus de lui comme la flamme d'un briquet pour mieux voir son sourire généreux et… et… et heureux.
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N'hésitez pas à me dire que vous avez lu, et ce que vous en pensez. C'est toujours un plaisir de discuter avec les lecteurs/lectrices ! à bientôt pour nouvelle histoire sur nos deux protagonistes (bisous)
