Salut à tous ! :)
Quelques mots sur cette fiction : Suite des évènements d'Étoile Filante, Livre I - Mont Weather. Deux saisons sont passées depuis l'arrivée des cent sur Terre et que la Montagne est tombée. Alors que la vie reprenait son cours, L'Arche embrase le ciel.
Les étoiles filantes sont les larmes du ciel. Du moins c'est ce que disent toutes les histoires. Alors comment expliquer que l'une d'elle ait rendu le sourire à une petite fille ? L'espoir que lui apporta cette rencontre changea radicalement son destin et celui de toute une nation. - Clexa & Ranya -
Petite précision : Pour cette partie, tous les dialogues en italique sont en Triku.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, tout comme les musiques que je peux utiliser dans l'histoire.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Étoile filante
Chapitre n°09 - Les perditions de l'esprit
Pressure pushin' me from all sides
Insecurities of all kinds (All kinds)
Yeah, I'm a hostage to my own pride
Most important things in life to me are things I know I can't buy
(Oh)
Ayy, yeah, it's me in phases
NF - My Stress
∞ Lexa ∞
Je laisse mon regard se balader sur le plan qu'Anya a dessiné à mon attention. Mes doigts tracent une ligne invisible autour de l'édifice tombé du ciel alors que je réfléchis aux solutions qui s'offrent à moi. Je suis seule depuis un moment et le froid s'est installé dans la pièce. J'aimerais qu'il y ait une solution pour éviter un conflit ouvert avec les Skaikru mais rien de ce que je parviens à imaginer ne semble pouvoir se concrétiser. Je voudrais éviter tout affrontement, pour mon peuple et surtout pour Clarke.
Une main agrippe doucement mon épaule dans un geste de soutien avant de se retirer pour y placer une légère couverture. Je me laisse tomber sur mon dossier et je reçois un baiser sur ma joue gauche.
-Tu es inquiète, murmure doucement mon étoile à mon oreille.
-Je le suis, je confirme doucement. Je ne sais pas du tout comment agir. Une attaque de front décimerait beaucoup trop de monde, des deux côtés. Utiliser la ruse comme avec les Maunons pourrait se retourner contre nous. D'après Raven, ils ont un système de sécurité "du feu de dieu", ce qui est normal puisque c'est elle qui en est à l'origine.
-Tu es certaine que nous ne pouvons pas juste les laisser là et faire comme s'ils n'existaient pas.
-Ils sont trop armés pour les ignorer et je doute qu'ils acceptent de te laisser rester auprès de moi, ce qui est inacceptable. Et, je parcours à nouveau le plan qui se trouve sous mes yeux, nous ne pouvons pas les laisser s'établir sur cette terre. Ils ne peuvent pas rester.
-Rappelle-moi pourquoi, Clarke vient s'asseoir sur la table, déposant ses pieds sur les accoudoirs de mon siège. J'ai encore beaucoup de lacunes sur les territoires et leur histoire.
-Comme j'ai tenté de l'expliquer à ta mère, sans succès, cette terre appartient aux morts.
-Otes-moi d'un doute, je sens qu'elle hésite à poursuivre, les morts n'ont pas besoin de cette terre, n'est-ce pas ?
Un sourire attendrit mes lèvres. J'étire mes bras vers elle avant de glisser mes doigts entre les siens et de l'attirer vers moi. Quand elle accepte de se lover contre moi, je sens une partie du poids de mes responsabilités s'effriter. J'ai conscience que notre façon de vivre n'est pas facile à comprendre, tout comme la réciproque est vraie. La différence entre Clarke et ceux qui ont été son peuple c'est que, contrairement à eux, elle essaye de comprendre. Elle ne rejette pas tout en bloc.
-Je sais que parfois, tu peines à concevoir que nous puissions être aussi violent.
-Hum. Je sais pourquoi elle l'a fait et j'ai fini par comprendre mais, je te jure que si Anya ose encore découper quelqu'un devant moi, je vais péter un câble !
Je souris devant ses grands gestes et encore plus quand elle termine son explication par une expression que je peine encore à comprendre, bien qu'elle l'utilise souvent.
-Arrête de me dévorer des yeux ! Ce n'est pas négociable ! Même si c'est pour me protéger, on ne lacère plus personne sous mes yeux !
-Je ne peux rien te promettre, je réponds sérieusement.
-Lexa !
-Je ne fais que dire la vérité, si tu te retrouves en danger, je ne sais pas comment je réagirais. Je préfère ne pas penser à ce que j'ai pu ressentir la nuit dernière ou ce matin quand au lever du jour, ils ne vous ont pas libéré. C'était horrible. Sincèrement, j'aurais pu tout anéantir pour te retrouver.
Sans que je ne m'y attende, Clarke vient me voler un baiser. Je papillonne légèrement des paupières quand elle s'écarte. Elle vient ensuite apposer son front contre le miens en fermant les yeux. Je viens alors enrouler mes doigts dans ses magnifiques cheveux bouclés.
-Moi aussi, murmure-t-elle, j'étais terrifiée. J'ai cru que je ne te reverrai pas avant plusieurs jours, me révèle-t-elle en plongeant ses iris dans les miennes. Là-bas, c'est comme si j'étais incapable de respirer. Toute ma vie, j'ai pensé que c'était le manque d'oxygène qui m'empêchait d'inspirer à pleins poumons mais il faut croire que c'était ton absence.
Mon étoile. Ma vie. Mon coeur. Mon âme.
Je laisse mes doigts glisser sur sa nuque, l'agrippe doucement avant d'initier un rapprochement. Je l'embrasse avec passion. Nos lèvres se décollent à peine pour nous permettre de reprendre notre souffle. Je me redresse jusqu'à ce que son dos se retrouve contre la table. Je m'éloigne un moment, juste assez pour sonder son regard. Je cherche toujours son consentement. Cette fois, je n'ai pas le temps d'analyser l'étincelle dans ses yeux qu'elle m'attire de nouveau à elle.
Très vite, nos vêtements tombent. Nos souffles se rejoignent pour n'en former plus qu'un. Je me délecte de son corps, de la douceur de sa peau, de chacune des réactions que je suis capable de lui procurer. Je l'aime. Tellement. Je ne suis plus rien sans elle.
Je fini par m'endormir à ses côtés mais d'un sommeil agité. A plusieurs reprises, je m'éveille brusquement. Mes réactions ne trompent pas, ma nuit est habitée par des cauchemars. Seulement dès que j'ouvre les yeux, les images qui me tourmente assez pour m'extirper du songe s'efface.
Cette fois, je suis en nage et ma respiration se fait haletante. J'observe Clarke. D'ordinaire, sa seule présence me suffit. J'ignore pour quelle raison je ne parviens pas à me calmer. Je finis par me lever. Je déambule sans but dans la pièce. J'engloutis un grand verre d'eau. Rien n'y fait. Je ne parviens pas à me détacher de ce sentiment de mal être.
Je décide donc de m'habiller et je sors. Le froid se faufile sous le tissu et me fait presque renoncer. La nuit est avancée malgré tout le village est en pleine effervescence. Tout le monde est mis à contribution pour maintenir le siège de l'Arche avant de trouver une meilleure stratégie. Je n'ai pas envie de faire mourir de faim ce peuple. Je préfèrerai trouver une autre solution. D'autant qu'il est possible que s'ils s'acharnent ils finissent non pas par tomber à cause de la faim mais bien de l'hiver qui est rude même pour nous.
Je stop subitement mes pas et mes pensées. Je reviens en arrière. Je fixe un moment la fournaise qui se trouve sous mes yeux et surtout la silhouette qui se laisse deviner juste devant. Je m'avance quelque peu hésitante. Je m'arrête à sa hauteur, nos épaules sont à un mouvement de se toucher. Je n'ose pas prendre la parole. J'ignore quoi dire.
-Tu ne dors pas ?
Je suis surprise que ce soit elle qui initie la conversation. Je le suis tellement que j'oublie même de répondre. Mon attitude la fait sourire. Je ressens un immense soulagement rien qu'avec ce petit étirement. J'aimerai détailler son regard pour être complètement rassuré mais je crois que pour le moment, je peux me contenter de ce petit signe qui m'indique que malgré tout, elle va bien.
-Toi non plus, je réponds doucement.
-Tant que je le peux, je vais éviter de dormir. Les cauchemars ou devrais-je dire les souvenirs refuse de me laisser en paix. Je vais devoir me calmer avant d'essayer à nouveau. Et toi, quelle est ton excuse ?
-Je crois que je fais aussi des cauchemars.
-Tu crois ?
-Je ne m'en souviens pas au réveil, je précise. Anya, je… comment va-t-elle ?
-Je crois qu'il n'y a rien de grave mais la voir dans cet état me rend folle. Si je ne lui avais pas promis de ne pas intervenir, je…
-Je sais.
Mon amie se tourne enfin vers moi. Affronter son regard est plus difficile que ce que j'aurais pu imaginer. Je déteste retrouver cette douleur dans ses yeux. C'est comme de régresser plusieurs années en arrière. Désolant.
-Moi aussi je tiens à elle, je précise. Je ne permettrais plus qui lui arrive quoi que ce soit, ni à elle, ni à Clarke.
-Je pourrais tous les tuer, crache-t-elle en se détournant, fixant de nouveau les mouvements répétitifs d'un forgeron.
-Mais tu n'es plus ce genre de personne, je tente pour l'apaiser.
-Il serait plus facile de le redevenir que de retenir cette violence qui sommeille en moi. Encore plus maintenant.
-Parce que l'Arche est tombée sur les terres de… ton peuple ? Ou parce que tu ne parviens plus à enfouir tes souvenirs ?
-Ce n'est… pas…
-Anya, je souffle en attrapant doucement sa main. Je te l'ai déjà dit mais s'il te plaît ne laisse pas ton passé définir qui tu es.
-Je ne… ça n'a rien à voir Lexa !
Je suis surprise qu'elle utilise mon prénom, d'autant plus quand elle élève la voix. J'observe les alentours et ce que je craignais se concrétise : les hommes qui travaillaient le fer se sont arrêtés aux éclats de voix. D'un regard, je les congédies et ils ne se font pas prier pour obéir. Alors seulement je reporte mon attention sur Anya. Je m'apprête à la réprimander, juste un peu, normalement elle est plus prudente. Seulement je perds tous mes mots quand je remarque qu'elle me fixe et que ses yeux sont noyés de larmes. J'ignore totalement comment réagir. J'en ai le souffle coupé. Elle pince l'arrête de son nez en poussant un soupire à fendre une âme en deux, puis elle murmure si bas que je peine à entendre sa voix au milieu des crépitements :
-Je m'étais promis que ça ne m'arriverait plus.
-De pleurer, je demande incertaine, toujours sous le choc.
-Non. Personne ne peut arrêter de pleurer. Personne.
-Alors quoi, je…
-... de m'attacher à des personnes, me coupe-t-elle. J'ai tout fait pour l'éviter à tout prix. Mais tu m'en as empêché! Tu étais tellement… toi et Lyv, vous avez été… les premières a… et maintenant il y a… c'est pas vrai ! J'ai vraiment tout fait pour l'éviter. Tout !
-Anya…
-Je ne voulais aimer personne. Personne ! Ni toi, ni Lyv et encore moins… c'est pas vrai, surtout pas elle ! Parce qu'elle est encore plus dévastatrice que vous. Avant, j'aurais pu partir sans me retourner. J'aurai été déchiré mais je l'aurai supporter. Désormais, c'est impossible ! Rien que l'idée de m'éloigner est insupportable. Je fais quoi s'il lui arrive quelque chose ? Qu'est-ce que… comment je suis sensé le supporter si à cause de moi, elle subit le même destin tragique que tous ceux qui m'ont aimé ?
-Anya calme-toi, tu vas attirer des gens ici. Allons parler, calmement. Ailleurs.
-Il m'a obligé à regarder, ses sanglots sont de plus en plus incontrôlables. Il a tué la personne que j'aimais le plus au monde sous mes yeux. Mes parents, mes amis, tous les membres de mon village, j'aurais pu le supporter mais pas lui ! Je n'arrête pas de le voir, elle s'écroule. Il l'a torturé pendant une éternité. Après il a… il a… et maintenant, je suis obligée de le voir lui faire ça, à elle !
Je ne résiste plus. Je me fiche que quelqu'un puisse nous épier. Je m'accroupis pour être à ses côtés. Je suis d'abord hésitante. J'ignore si elle acceptera un quelconque geste de réconfort de ma part. Alors j'effleure d'abord son bras. Elle ne me repousse pas. C'est tout ce qu'il me fallait. Je la prends dans mes bras et je la serre aussi fort que je le peux.
Je n'aurai jamais cru qu'Anya puisse s'effondrer de la sorte. Même lorsqu'elle a évoqué l'Habgablan pour la première fois, elle est restée aussi forte que possible. Que lui arrive-t-il ? Quand nous avons discuté la nuit dernière, elle a tout fait pour éviter le sujet. J'ai pensé qu'elle allait bien. Enfin, pas vraiment. C'était impossible à croire après ce qui se rapproche d'une crise d'angoisse mais, j'ai cru qu'elle allait le surmonter, comme toujours.
Depuis que je la connais, je n'ai vu d'elle que deux facettes. Soit, elle était imperturbable quelque soit la situation comme lors des négociations d'Asanka. Ou en total opposé, elle était capable d'une violence qui était parfaitement déroutante. D'autres pans de sa personnalité sont apparus un à un ces trois dernières années mais rien d'extravagant. Anya est dans le contrôle parfois même plus que moi. Alors évidemment, la maintenir de toutes mes forces à cet instant quand ses larmes semblent ne jamais vouloir se tarirent, est parfaitement déroutant.
Qu'est-ce que je peux faire ? Qu'est-ce que je peux dire ?
D'un geste encore hésitant, je place une de mes mains sur le haut de son crâne et l'autre dans son dos avant d'effectuer des gestes que j'espère rassurant. Je ne veux pas qu'elle souffre. Depuis que son chemin à croiser celui de Raven, je souhaite qu'elle soit heureuse. Je donnerai tout pour qu'elle s'accorde enfin un peu de bonheur. Mais, de toute évidence, son passé refuse de la libérer. Il continue de la hanter et l'empêche d'ouvrir son cœur.
J'ignore combien de temps je la garde contre moi, ni à quel moment elle s'arrête de pleurer. Tout ce que je sais, c'est que pour le moment, je suis incapable de la lâcher. Cette nuit, au milieu de ses sanglots, j'ai pris une décision. Je me fiche de ce que ce choix pourrait me coûter mais je vais le retrouver. Je vais le chercher dans la mémoire collective de mes prédécesseurs. Je vais le traquer et l'anéantir. Je refuse qu'Anya puisse continuer de vivre dans le même monde que cet Habgablan.
-Tu te sens un peu mieux, je demande sans trouver la force de m'éloigner.
-Désolée, c'est à peine un murmure.
-Je ne… ne t'excuse pas. Je comprends.
-Tu peux me lâcher maintenant ?
-Absolument hors de question.
-Lexa…
-J'ai bien trop peur que tu t'enfuis, je réponds en toute transparence.
-Je ne le ferai pas. Je viens de t'avouer de façon lamentable que ça m'était devenu impossible.
-Je n'ai pas envie de prendre le risque. Tu es, j'hésite, ma sœur, j'ai besoin de toi. Et au cas où tu ne le saurais pas, moi aussi, je t'aime. Je refuse de te perdre comme Costia.
-Je ne suis pas facile à tuer.
-Tu dis toujours ça, je soupire en m'éloignant pour croiser son regard. Je dois t'éloigner d'ici.
-Je croyais que tu ne voulais pas que je m'enfuis, il faut savoir.
-S'éloigner ne veut pas dire s'enfuir, je réplique en me levant, lui tendant la main pour l'aider à faire de même. De toute façon Clarke souhaite évincer Raevan quelque temps.
-Comment ça l'évincer, elle s'insurge, et puis quoi encore ?
-Clarke pense que pour le moment, elle n'est pas en sécurité. Je crois en son jugement. Et j'ai trouvé un moyen qui devrait la convaincre. Tu irais avec elle ?
-Tu as besoin de moi.
-C'est vrai. Mais cette situation, c'est trop pour toi. Prends un peu de recul.
-Qui te protégera ? S'il t'arrive quelque chose… non, c'est hors de question.
-J'ai beaucoup d'autres soldats. Et, comme je te l'ai dit, j'ai trouvé un moyen pour que Raevan accepte. Donc, c'est une mission officielle. Des Skaikru ont atterri sur d'autres territoires, ils pourraient être n'importe où. Je veux que vous les retrouviez, que vous les rameniez et que tu préviennes, j'observe les alentours et chuchote la suite, les invisibles de cette incursion. Ils pourraient être en danger.
-Tu veux que j'aille là-bas ?
-Oui.
-Donc il n'y aura que Raven et moi ? Que sommes-nous censés faire si nous rencontrons de la résistance ?
-Je vais envoyer une diligence d'une vingtaine d'hommes à votre suite d'ici douze jours. Vous aurez une avance confortable.
Anya ne me répond pas. Elle se contente de m'observer. Je ne décèle plus du tout sa fragilité. Je peine encore à croire ce qu'il vient de se passer. Si je ne la connaissais pas si bien, à peine quelques minutes après ses sanglots, rien ne transparaît. J'ai longtemps cru qu'au jeu du masque des émotions, j'étais la meilleure mais j'ai dû oublier que cette leçon aussi c'est mon mentor qui me l'a apprise. En fait, je réalise que contrairement à moi, elle ne reste pas impassible mais parvient à feindre des sentiments qui ne sont pas les siens. Combien de fois a-t-elle souri devant moi alors qu'elle hurlait à l'intérieur ?
-En effet, elle acquiesce, c'est une bonne idée. Mais je n'apprécie pas que vous ayez comploté pour évincer Raven.
-Ils lui ont fait du mal. Je ne peux pas accepter qu'elle reste. S'ils récidivent, je ne suis pas certaine de pouvoir m'en tenir à mes résolutions. La paix s'effondrera. Et puis, ce n'est pas seulement pour Raevan mais aussi pour toi. Tu as besoin de prendre du recul. Cet endroit, je baisse les yeux, il te fait du mal.
-C'était inévitable.
-Peut-être mais ça le devient si tu t'éloignes.
-Tu pourrais avoir besoin de moi. Je suis la seule à connaître le terrain.
-Si je suis en difficulté, je te contacte. Mais je doute que ce soit le cas, les cartes que tu as dessiné sont parfaitement renseignées. Je sais où et comment attaquer au besoin même si je préférai éviter.
-Le siège est dangereux Lexa. Nous les surpassons peut-être en nombre mais leurs armes sont plus dangereuses que les nôtres. Ils pourraient nous décimer en un éclair.
-Je peux aussi lever le siège et, je soupire, je déteste cette idée, les affamer.
-Même si tu les empêches de chasser, il y a le lac juste à côté.
-Ils ne savent pas pêcher.
-Ils peuvent apprendre, réfute-elle. Ils sont intelligents, ce que les cent ont accompli est incroyable.
-Les cent ont survécu grâce à une poignée d'entre eux. Souviens toi, tu les trouvais ridicule et incapable. Ils avaient une capacité d'adaptation parce qu'ils étaient jeunes. J'ai parlé avec les Skaikru. Ils sont imbus de leur propre savoir et pour le moment, ils n'ont aucune intention de changer alors que leur environnement n'est pas le même.
-Je n'aime pas l'idée que tu sois seule pour les affronter.
-Je ne le suis pas. J'ai mon armée et Klark.
-Demande des conseils à Liv au besoin. Elle a vu plus de guerre que n'importe qui.
-Tu sais que je suis Heda, n'est-ce pas ?
-Je ne m'inquiète pas pour Heda, me répond-elle en plongeant ses yeux dans les miens. Je ne me soucierais jamais vraiment d'Heda puisque son esprit ne peut pas mourir et je l'ai parfaitement entraînée. Seulement, pour toi, Lexa. Nous sommes sœurs, n'est-ce pas ?
-Tu as raison. Je serai prudente et je saurai me faire conseiller comme toujours.
-Une dernière chose dans ce cas.
-Je t'écoute.
-Est-ce que Triss peut venir avec Raven et moi ?
-Triss, je répète le prénom de la petite, incertaine.
-Hum, confirme-t-elle en un hochement de tête. J'aimerai l'emmener avec moi. Mais seulement si tu m'y autorises. Après tout, elle pourrait comprendre ce que nous cachons depuis trois ans.
-Pourquoi tu veux… je sais que tu apprécie cette enfant mais c'est inattendu.
Je réfléchis aux raisons qui pourraient pousser Anya a vouloir la rousse à ses côtés. J'ai bien conscience qu'elle en prend soin depuis plusieurs années. Et même si elle s'applique à garder une certaine distance, je ne suis pas aveugle. J'ai parfaitement remarqué qu'elle est devenue son mentor, un privilège qui avant ne revenait qu'à moi.
-Triss est comme moi.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Une survivante, murmure-t-elle en baissant les yeux. Tous les siens ont été massacrés quelques mois avant ton ascension. Je… j'aimerai éviter qu'elle soit confrontée à la violence.
-Je l'ignorai.
-C'est la raison pour laquelle je prends soin d'elle. J'essaye toujours de l'éloigner quand un combat est inévitable.
Maintenant que j'y réfléchis, je suis forcée de constater que c'est vrai. Triss accompagne souvent mon général lors des conseils de guerre mais jamais sur un champ de bataille. Encore dernièrement, pendant l'attaque de la montagne, je ne l'ai pas aperçu une seule fois alors qu'elle semblait être partout pour le pinkiwa.
-Tu l'entraîne pourtant au combat, je me trompe ?
-C'est vrai, elle acquiesce, mais essentiellement des techniques défensives, très peu d'attaque.
-Pour quelle raison ? Tu as peur qu'elle sillonne les routes en quête de vengeance comme toi par le passé ? Je punis sévèrement les actes de violences mais je sais être magnanime quand il le faut.
-Rien à voir et de ce que je sais, tu as déjà fait exécuter les coupables.
-Dans ce cas, je ne comprends pas.
-Si elle est dans une situation de combat, le sang l'a fait complètement paniquer, elle perd tous ses moyens. J'ai été impressionné et sans voix quand je l'ai vu pour la première fois aider les guérisseurs, quand il s'agit de sauver, elle ne ressent plus de peur.
-Dans ce cas, pourquoi l'entraîner ? Tu devrais la laisser entre les mains des guérisseurs, Klark va bientôt proposer des manuscrits et instruire ceux qui sont intéressés par ses techniques.
-Tu as accepté que Clarke enseigne ?
-Juste ce qu'il faut pour que son titre de Wanheda lui reste. Tu n'as pas répondu à ma question.
-Triss a besoin de savoir que s'il lui arrive quelque chose elle sera capable de se défendre. Je connais trop bien ce sentiment.
-Tu lui fait confiance ?
-C'est une bonne gamine, elle est dévouée à la communauté.
-Mais pourra-t-elle comprendre le choix que nous avons fait pour… elle ? Ce n'est pas pour rien que c'est un secret. Tu, je m'approche pour murmure, ma voix est à peine perceptible au milieu des crépitements du feu, tu pourrais être exécuté pour ce que nous avons fait. Quant à moi, je resterai Heda mais je perdrais une grande partie de mon influence.
-Je sais.
-Alors, je te repose la question : tu lui fais confiance ?
Je suis surprise de ne pas obtenir de réponse immédiate. Je ne suis pas certaine que ses réflexions me rassurent. Je vais certainement devoir refuser. Je vais proposer un compromis à Anya. Je peux envoyer Triss à Polis le temps que la situation soit sous contrôle. Mais que ferait-t-elle à la capitale ? Titus sera sûrement hors de lui.
-Triss garde déjà beaucoup de secrets, je fronce les sourcils à cette révélation, en plongeant mes yeux dans ceux d'Anya. Elle est jeune et brisée, beaucoup de personnes l'ignorent. Ils ne se méfient pas d'une enfant meurtrie. Elle espionne pour moi depuis longtemps déjà. Si je veux qu'une information reste sous silence, c'est le cas.
-Attends, tu veux dire que certaines informations que tu me fais parvenir à Polis viennent de Triss ?
-Une partie, oui.
-Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ?
-Tu ne me l'as jamais demandé.
-Anya !
-Je suis ton général, je te sers et te protège. Qu'importe mes méthodes.
-Si tu le dis.
-J'ai confiance en Triss, me répond-elle sans une once d'hésitation. Elle peut comprendre notre choix, en partie à cause de son passé mais surtout parce qu'elle me renseigne depuis plusieurs années. Il est même possible qu'elle ait déjà une idée de ce qu'il s'est réellement passé il y a trois ans, pas en détail mais une grande partie. Elle est intelligente.
-Et avec Raevan ?
-Quoi avec Raven ?
-Elles… s'entendent bien ? Vous allez rester plusieurs jours seules.
-Tout va bien de ce côté. En fait, elle soupire, je te défi de trouver une personne avec qui Rudz Rook ne s'entend pas.
-Je pense pouvoir trouver sur l'Arche.
-Eux, ne s'entendent pas avec elle, la réciproque n'est pas forcément vrai.
Je fronce les sourcils à la fin de sa réponse. Je ne suis pas certaine de comprendre ce qu'Anya insinue. Raven ne peut tout de même pas apprécier ceux qui lui ont fait du mal pendant des années. Ce serait invraisemblable. Et pourtant, alors qu'elle a été attaquée et blessée par nos prisonniers, elle a pris leur parti pour qu'ils ne soient pas plus sévèrement puni. J'ignore comment mon amie parvient à garder son calme de ce genre de moment, si les rôles avaient été inversés. Je ne pense pas que j'aurai pu contenir ma rage.
Décidément la relation qui se construit entre Anya et Raven n'apporte que du bon. Je me sens sourire à cette pensée. J'observe un moment mon général. Ce sera la première fois que j'affronte une situation aussi critique sans elle. Je ne doute pas que je serai déstabilisée et pourtant, j'ai parfaitement confiance en mes capacités.
Je fais un pas vers elle, si elle me lance un regard interrogateur, elle ne cherche pas à s'éloigner. Ce n'est pas mon bras droit qui va me manquer mais mon amie. Non, plutôt ma sœur. Elle est comme une ombre protectrice qui suit chacun de mes pas. Son absence me sera difficile à accepter et pourtant, je dois la laisser partir. C'est ce qui est le mieux, pour elle.
Je m'approche encore, tend une de mes mains pour glisser mes doigts derrière sa nuque. J'attire son visage vers le mien et applique mon front contre le sien. Il n'y a aucun signe qui puisse plus marquer le profond respect et la confiance que l'on éprouve pour un tiers. Anya cherche à s'éloigner certainement paniquée par mon geste. Je la retiens.
-Lexa, tu…
-Tu vas me manquer Anya.
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Des suppositions pour la suite ? J'ai hâte de connaître vos réactions. La communication avec les Skaikru est de plus en plus difficile. La paix sera-t-elle possible ou les choses vont-elles s'envenimer ? Vous être rassurés de savoir Clarke et Raven de retour ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !
GeekGirlG
