CHAPITRE 11

Semaine 15

— « Mademoiselle Hermione, vous avez un visiteur. »

Hermione ne put s'empêcher d'afficher un petit sourire sur son visage en entendant ces mots. C'était une sensation étrange, ce léger vertige qu'elle ressentait à la pensée de Drago Malefoy. Elle était toujours très prudente, mais après sa conversation avec Ginny, dimanche, elle réalisa qu'elle devait lui en donner un peu. Elle ne l'avait pas vu depuis jeudi et il lui manquait. Il lui avait envoyé une note hier disant qu'il était de retour mais qu'il devait encore interroger les autres Aurors impliqués dans l'affaire, donc elle n'avait pas pu le voir ni lui parler. Il avait été étonnamment patient avec elle, ce à quoi elle ne s'était jamais attendue. Elle était excitée à l'idée de pouvoir enfin le revoir juste après son procès, et avait hâte d'entendre parler de son nouveau dossier qu'il examinait avec les Aurors.

— « Envoyez-le moi, s'il vous plaît. » Dit-elle dans l'interphone du bureau. Il était plus tard que d'habitude, mais ça ne la dérangeait pas, il avait beaucoup de choses à faire avec cette nouvelle affaire et l'ajustement du département. Elle se leva pour attraper son pull en prévision que Drago l'emmène déjeuner, puis se figea car elle ne vit pas Drago entrer dans son bureau, mais Narcissa Malefoy.

— « Madame McLaggen. » Salua-t-elle d'un ton fade. « Ou est-ce Mademoiselle Granger... de nouveau. »

— « Ma…Madame Malefoy. » Bégaya-t-elle, frustrée contre elle-même. « A quoi dois-je cette surprise ? »

Narcissa entra plus loin dans le bureau d'Hermione. « Puis-je m'asseoir ? »

Hermione jeta un coup d'œil à la chaise devant son bureau. « Bien sûr. S'il vous plaît. » Elle fit signe vers la chaise et s'assit dans celle à côté, se tournant légèrement pour lui faire face. Elle redressa les épaules et se prépara à tout ce qui allait arriver. « Que puis-je faire pour vous ? »

— « Je souhaite vous parler de Drago. »

— « Drago ? »

— « Oui, Madame McLaggen. »

— « Hermione suffit » se précipita-t-elle.

— « Je crois que Drago vous a fait part de ses intentions ? »

— « Ses... intentions ? »

— « Oui, chérie. Ses intentions. Il vous a dit que vous êtes son âme sœur, n'est-ce pas ? »

— « Eh bien, oui. Mais… »

— « Merveilleux. » Dit-elle en coupant la parole à Hermione. « Je souhaite savoir combien de temps encore vous comptez faire attendre mon fils. »

Hermione la regarda bouche bée. « Excusez-moi ? »

— « Je réalise que c'est probablement difficile à comprendre pour vous, mais mon fils vient de deux lignées très prestigieuses. En tant que Black et Malefoy, il a certaines attentes et je ne souhaite pas qu'il soit négligent avec son temps. »

Hermione secoua la tête. Il y avait tellement d'insultes dans cette seule phrase qu'elle ne pouvait pas choisir laquelle adresser en premier. Cependant, son manque de réponse ne fit qu'inciter la femme à continuer.

— « Drago a des responsabilités. Je m'attendais vraiment à ce qu'il soit marié et qu'il soit sur le point de produire un héritier maintenant. »

Ahh. Voilà. L'héritier. Les lignées sacrées qui doivent continuer.

— « Il a décidé qu'il préférait vous poursuivre à la place. »

— « Est-ce que cela vous dérange ? » demanda-t-elle sans détour.

— « Bien sûr que c'est le cas. Je ne vois pas comment vous, entre autres, pourriez être la véritable âme sœur de mon fils. Mais malgré cela, si c'est ce qu'il souhaite, alors le lien de l'âme sœur l'emporte sur le statut du sang. »

— « Pardon, quoi ? »

— « L'enfant que vous aurez sera traité comme un héritier de sang pur, malgré votre véritable statut du sang. »

— « Le... l'enfant que je produirai... »

— « Oui. Maintenant, combien de temps comptez-vous faire attendre mon fils ? Cela ne sert à rien de prolonger l'inévitable. »

Hermione sentit la panique bouillonner dans sa poitrine. C'était trop difficile à accepter. Elle se leva et espéra avoir l'air plus calme qu'elle ne l'était réellement.

— « Madame Malefoy, je crois qu'il est temps que vous partiez. J'ai bientôt un autre rendez-vous auquel je dois me préparer. »

— « Made… »

— « N'hésitez pas à prendre rendez-vous avec ma secrétaire si vous souhaitez discuter davantage de quoi que ce soit. » dit Hermione. Elle fit signe vers la porte, espérant que la femme comprendrait l'allusion.

Narcissa se leva, ressemblant tout à fait à la royauté qu'elle considérait être. « Je resterai en contact. » Elle joignit sa menace à une voix douce, qui serait considérée comme amicale si l'on ne savait pas mieux.

Hermione se maintint tandis qu'elle la regardait partir. Au moment où la porte se ferma et où elle fut seule, elle plia ses mains tremblantes et essaya de soulager les muscles endoloris. Elle n'avait même pas remarqué que ses poings étaient serrés. Les respirations lentes et profondes auxquelles elle s'était entraînée à prendre ne fonctionnaient pas non plus, elle pouvait encore ressentir la panique, la peur. Elle se sentait stupide et petite. Elle regarda l'horloge et se sentit encore plus mal lorsqu'elle vit l'heure. Elle n'avait même jamais reçu de mémo de Drago aujourd'hui à propos de leur déjeuner, peut-être qu'il n'avait pas pu venir ? Maintenant déçue, elle attrapa son pull et son sac et pensa qu'elle rentrerait chez elle pour déjeuner. Elle pourrait se détendre et s'installer, puis passer au bureau de Drago plus tard et voir s'ils pouvaient se retrouver pour dîner à la place.

.

.

.

Une fois rentrée chez elle, elle jeta son sac sur le canapé et se dirigea vers la cuisine. Pourquoi ne lui enverrait-il rien ? Il envoyait toujours des mémos lorsqu'il allait être en retard, ou pour confirmer leurs projets, ou pour n'importe quelle raison en fait. Ses notes la faisaient toujours sourire, rien que de savoir qu'elle était dans ses pensées, ça l'aidait beaucoup de savoir qu'il avait hâte de la voir à chaque fois. Elle secoua la tête pour essayer de se débarrasser de ces pensées. Il était probablement juste occupé avec son nouveau cas, ça ne voulait rien dire qu'elle n'ait pas reçu de note. Et puis il y avait eu le problème avec sa mère. Est-ce qu'ils ont parlé d'elle ? Drago lui avait dit qu'ils n'avaient pas une bonne relation, mais cela signifiait-il qu'il ne leur rendait jamais visite ? La famille a toujours été importante pour lui, elle définissait qui il était. Est-ce qu'il ressentait la même chose que Narcissa ? Qu'elle prenait trop de temps et ne faisait que prolonger l'inévitable ?

Son cœur le voulait dans sa vie plus que tout, mais elle ne pouvait pas lui faire ça... elle ne pouvait pas lui donner ce qu'il voulait vraiment. Elle ne peut même pas dire ce qu'elle ressent réellement. La famille de Drago a toujours été ce qui compte le plus pour lui, et elle ne ferait que le décevoir si elle restait plus longtemps.

Elle regarda l'horloge et réalisa qu'elle était restée au même endroit dans sa cuisine, les yeux fixés sur rien pendant un bon quart d'heure, perdue dans ses pensées. Il fallait qu'elle y mette fin, ce n'était pas bien. Ses yeux se remplirent de larmes rien qu'à cette pensée. Non, peut-être qu'elle devrait juste lui dire. S'il l'avait entendu d'elle d'abord, avant qu'ils ne commencent quoi que ce soit, peut-être qu'il ne la quitterait pas, peut-être qu'ils pourraient trouver quelque chose. Peut-être qu'il accepterait qu'elle ne puisse pas avoir d'enfants… peut-être qu'il la voulait plus que toute autre chose aussi. Sortant à nouveau de ses pensées, elle réalisa qu'elle devait vider son esprit. Elle prendrait un long déjeuner et, espérons-le, se sentirait mieux au moment où elle voudrait retournerait au travail. Elle avait déjà manqué tellement de temps qu'elle ne pouvait pas laisser ça la gêner. Si elle retournait au travail maintenant, elle ne pourrait pas se concentrer sur quoi que ce soit et elle regarderait simplement sa porte, attendant que Drago entre et arrange les choses et ça n'arriverait tout simplement pas aujourd'hui.

Son appétit ayant presque disparu, elle décida de se préparer du thé. Un bon livre lui semblait agréable, la distraction d'un autre monde l'appelant. Elle remarqua que ses mains tremblaient encore légèrement alors qu'elle attrapait la théière. Si seulement elle pouvait se calmer, elle savait qu'elle pourrait surmonter cela, il devait y avoir un autre moyen ! Elle se dirigea vers sa bibliothèque ; sa belle bibliothèque. Elle choisit un livre rempli de poésie, de secrets et de lettres qui ne seraient jamais livrées. L'idée de se perdre dans les pensées et les sentiments de quelqu'un d'autre avait tendance à mettre sa vie dans une meilleure perspective.

Elle fit léviter son plateau à thé pour la suivre jusqu'au balcon. Le soleil était au rendez-vous et elle trouvait du réconfort dans le calme de la nature. La nature était stable, constante et fiable. Les feuilles tombaient toujours et la neige arrivait toujours et la pluie emportait toujours tout ce qui s'était passé la veille. Alors qu'elle se pelotonnait sur son siège extérieur, elle commença à lire tout en sirotant son thé, priant silencieusement pour qu'elle se sente mieux à propos de tout ça, que la réponse lui vienne et qu'elle ne soit pas obligée de le perdre.

.

.

.

Drago traversa le couloir qui menait au bureau d'Hermione à midi exactement et dix-sept minutes. Agacé que sa réunion ait pris plus de temps que prévu, il espérait qu'il serait toujours en mesure de déjeuner rapidement avec Hermione, même si ça impliquait de rester au Ministère et de manger dans cette horrible cafétéria. Même Potter était prêt à sortir en courant quand ce fut enfin fini. Il réussit à envoyer une très brève note à Hermione lui disant qu'il devait repousser leur déjeuner de onze heures à midi, et espérait qu'elle comprendrait. Sa peau picotait d'impatience à l'idée d'enfin la revoir après tout ce temps, et même si sa rencontre avec l'Auror en chef Robards avait refroidi son humeur, il était toujours excité de la voir.

— « Bon après-midi, puis-je vous aider ? » Lui dit la secrétaire temporaire d'Hermione. Elle portait un pull violet vif et une jupe assortie avec une énorme plume rose qui dépassait de son chignon de cheveux noir de jais.

— « Drago Malefoy, je suis juste ici pour voir Hermione. » Il hocha la tête alors qu'il se dirigeait vers la porte. Il n'aimait pas cette femme. Elle ne ressemblait en rien à Sophie et il doutait également qu'Hermione l'apprécie.

— « Monsieur, elle n'est pas là. »

Ça l'arrêta dans son mouvement. Il se retourna avec un regard curieux. « Elle est partie ? »

— « Oui Monsieur. »

— « A-t-elle reçu ma note ? »

— « Non, Monsieur. Elle était en réunion et est partie juste après. »

Eh bien, c'est tout simplement génial. De toute façon, Sophie aurait su lui transmettre le message. « Très bien. Pourriez-vous s'il vous plaît me prévenir quand elle reviendra ? »

— « Absolument ! » Dit-elle avec un hochement de tête, faisant rebondir l'odieuse plume rose qu'elle avait qui sortait de ses cheveux. Elle regarda autour d'elle, sans doute pour trouver quelque chose avec quoi écrire, et Drago eut l'impression que c'était une cause perdue.

Il jeta un coup d'œil à la porte de son bureau, se demandant s'il ne devrait peut-être pas lui laisser un mot disant qu'il était là, mais il se ravisa. Il ne voulait pas qu'elle y voie une intrusion dans sa vie privée. Il retourna à son bureau, sans prendre la peine de déjeuner lui-même. Il pensait que puisqu'il avait le temps, il pourrait utiliser pour avancer sur quelques affaires, espérant que ce temps serait payant plus tard et qu'il pourrait partir plus tôt à la fin de la semaine.

.

.

.

Deux heures s'écoulèrent et il n'avait rien entendu de la secrétaire d'Hermione. Elle était sûrement de retour au bureau à présent. Espérant que cette idiote avait juste oublié de le lui faire savoir, il lui envoya une note interministériel, lui demandant si Hermione était déjà de retour afin qu'il puisse passer avant de partir pour la journée. Après tout, c'était mardi et il ne partirait pas sans la voir.

A peine une minute s'écoula avant qu'une petite enveloppe apparaisse sur son bureau. Il ne put s'empêcher de sourire à l'espoir qu'il serait enfin capable de la voir maintenant. Mais Drago aurait dû s'en douter, la déception avait tendance à le suivre partout où il allait.

Désolé monsieur. Elle a envoyé une missive disant qu'elle ne reviendrait pas au bureau aujourd'hui.

Drago froissa le mémo et le jeta à la poubelle. Cette idiote aurait pu lui dire ça ! Il rangea son bureau, avec l'intention de sortir et de demander à la jeune fille si elle avait plus d'informations. Son mémo n'était pas très informatif et il avait besoin de le savoir. En parcourant ce couloir familier, il se dirigea directement vers son bureau. Il ne se souvenait pas de son nom, alors une fois suffisamment proche, il s'éclaircit la gorge pour attirer son attention.

— « Monsieur Malefoy. » Dit-elle avec surprise. « Je viens de vous envoyer un mémo, vous ne l'avez pas reçu ? »

— « Oh, si que je l'ai reçu. Je me demandais juste quand cette missive d'Hermione était arrivée ? »

— « Oh. Il y a environ une heure, peut-être plus. »

Drago haussa les sourcils de surprise. « Une heure vous dites ? Et vous n'avez pas pensé à me le dire ? »

— « Eh bien, vous avez dit que vous souhaitiez que je vous prévienne à son retour. Ce qu'elle n'a pas fait. »

Eh bien, il devait lui accorder ça, au moins.

— « Je pense que son dernier rendez-vous l'a peut-être bouleversée maintenant que j'y pense. Eh bien, ce n'était pas un rendez-vous, je devrais dire son dernier visiteur. »

— « Oh ? Une idée de qui c'était ? »

— « Je pense qu'elle a dit qu'elle était Madame Malefoy, mais elle… »

— « Pardon, quoi ? »

— « Et bien, elle ne vous ressemblait pas vraiment. Mais je ne connais aucun autre Malefoy. » Elle continua à divaguer. « Etes-vous marié ? Elle me semble un peu vieille, pas que… »

L'esprit de Drago courait à toute vitesse. Qu'est-ce que sa mère pourrait bien... oh non. Sans lui dire un mot, Drago courut dans le couloir en direction de la cheminée.

Une fois arrivé à l'atrium, il essaya de se rendre chez Hermione par cheminette, mais rien ne se produisit. Elle avait dû le débrancher, ce qui signifiait qu'elle était à la maison. Décidant de transplaner, il atterrit sur le perron. Il ne voulait pas avoir l'air désespéré ou paniqué, ça ne l'aiderait pas si elle ressentait la même chose. Aussi calmement qu'il le pouvait, il frappa à la porte.

— « Hermione ? » appela-t-ill. Il frappa encore, un peu plus fort, mais elle ne vint pas à la porte. Cela lui semblait trop familier. Elle l'excluait. Il avait sorti sa baguette, prêt à essayer quelques sortilèges, mais il a ensuite reculé d'un pas. Non, il ne ferait pas ça. Si c'était ce qu'elle voulait, il lui donnerait du temps. Pour aujourd'hui. Et demain, il recommencerait.

.

.

.

Drago transplana devant les portes d'entrée du Manoir Malefoy, furieux des actions de sa mère. Il fit irruption, marchant vers la maison avec détermination. Il prit plusieurs respirations profondes avant d'entrer, il ne voulait pas la critiquer tout de suite. Il devrait probablement l'écouter d'abord, mais plus il y pensait, plus il devenait en colère.

— « Qu'avez-vous fait ?! » Rugit-il alors qu'il se dirigeait vers sa salle de réception privée.

— « Drago. » Dit-elle gaiement, un faux sourire affiché sur son visage. C'étaient tous de faux sourires, chacun d'entre eux.

— « Tu es allé à son bureau ?! »

La femme prit simplement sa tasse de thé et but une petite gorgée, la posant délicatement avant de décider de lui répondre. « Vous avez des responsabilités, Drago. »

Il prit une longue inspiration régulière pour essayer d'apaiser son envie de maudire la femme. « Mère, je ne pense pas que vous réalisiez ce que vous avez fait. Vous avez juste sérieusement retardé les progrès que j'avais faits. »

— « Cela ne sert à rien de retarder ce qui devrait arriver. Elle devrait très bien comprendre ce qu'on attend d'elle. »

— « On n'attend rien d'elle ! Rien ! »

— « Vous connaissez les attentes, Drago. La lignée Malefoy a besoin d'un héritier. Elle doit réaliser que puisque vous avez décidé de poursuivre dans cette voie, elle doit produire un héritier. »

Drago se contenta de la regarder. « Dites-moi que vous n'avez pas dit ça. S'il vous plaît, dites-moi que ces mots ne sont pas sortis de votre bouche. » Son esprit s'empressait de penser à ce qu'Hermione pourrait bien penser en ce moment. Il était tellement heureux des progrès qu'ils avaient réalisés ! Il était parfaitement heureux d'être en sa compagnie, puis sa mère n'avait eu qu'à intervenir. A-t-elle réalisé qu'elle avait plus ou moins demandé pourquoi Hermione n'avait pas encore sauté dans le lit avec lui ?! Il était certain qu'elle paniquait… il devait l'atteindre d'une manière ou d'une autre.

— « Je ne suis pas sûr de la formulation exacte, mais elle a compris le point. » Dit Narcissa d'une voix neutre.

Drago ferma les yeux et y poussa les paumes de ses mains. Merlin, il avait mal à la tête, et cette situation ne faisait qu'empirer. « Vous venez de détruire tout. »

— « Qu'est-ce que vous avez exactement, Drago ? Dites-moi. Vous prétendez qu'elle sait que vous êtes son âme sœur et pourtant vous insistez pour continuer ce projet de je ne sais quoi. »

— « Ce n'est pas une course-poursuite, mère ! Je l'aime beaucoup ! J'apprécie sa compagnie. Je la gagnerai, de la bonne manière. Je ne la forcerai jamais à quoi que ce soit ! »

— « Drago, ne soyez pas si absurde. Vous ne pensez pas que ça a assez duré ? Astoria Greengrass se tenait à l'autel pour vous épouser il n'y a pas si longtemps, vous auriez pu juste… »

— « Ce qui s'est passé entre Astoria et moi n'a jamais été mon choix, et vous le savez très bien. » dit-il d'une voix glaciale. « Je ne la forcerais jamais, elle avait toujours le choix. Je lui proposerai toujours un choix, puisque j'en ai si rarement eu un. Vous n'avez pas le droit de faire ce que vous avez fait. »

— « Drago, les Black et les Malefoy… »

— « Je m'en fiche ! Je m'en fiche si la lignée se termine avec moi ! »

— « Vous ne voulez sûrement pas dire ça. »

— « Je pense chaque mot. Si Hermione m'épousait et qu'elle ne voulait jamais d'enfants, je ne la forcerais jamais. Jamais. Et si vous venez de détruire toutes les affections qu'elle avait pour moi, je ne vous pardonnerai jamais, vous comprenez ? vraiment. Je n'épouserai jamais personne d'autre. Je ne veux jamais de personne d'autre ! Si cela ne vous convient pas, alors n'hésitez pas à partir. »

Avec un regard qui aurait pu tuer, il fixa sa mère un instant de plus avant de sortir en trombe de la pièce. Il retourna au ministère par cheminette, se dirigeant directement vers le bureau de Potter. Il s'arrêta au milieu du couloir et se demanda s'il devait même lui demander conseil sur ce qu'il devait faire. L'homme connaissait Hermione mieux que quiconque, il devait l'admettre. Pensant que cela ne pouvait pas être pire, il se dirigea vers la porte de son bureau et frappa. Il l'entendit dire quelque chose à travers la porte puis l'ouvrit.

— « Potter, tu as un moment ? »

— « Fais vite, Malfoy. Je suis sur le point de rentrer à la maison, Ginny a un rendez-vous. »

— « Bien » Drago ferma la porte mais ne pénétra pas plus loin dans le bureau. « Ma mère est allée au bureau d'Hermione ce matin. »

La tête d'Harry se releva brusquement. « Quoi ? »

— « Son inutile secrétaire ne m'en a parlé qu'il y a peut-être une demi-heure. Elle était là avant le déjeuner. Hermione a dû partir juste après, et je n'ai pas pu lui parler. »

Harry se pinça l'arête du nez. « Sais-tu ce qui a été dit ? »

Drago hocha la tête même si l'homme ne le regardait pas. « Ce n'était pas bon. »

— « Qu'est-ce qui a été dit, Malefoy. » ordonna-t-il.

— « En gros, elle est allée rappeler à Hermione... ses devoirs, qui viennent du fait d'être mon âme sœur. Poursuivre la lignée et le mariage des Malefoy et arrêter de résister… »

Harry leva la main et Drago arrêta immédiatement de parler. « Poursuivre la lignée des Malfoy... c'est-à-dire avoir des enfants. »

Les sourcils de Drago se haussèrent de surprise qu'Harry Potter puisse en réalité être aussi stupide. Comment diable une lignée pourrait-elle continuer autrement ? Avant de pouvoir faire un commentaire intelligent, il regarda Potter attraper sa veste et se diriger vers la porte.

— « Allons-y. » Dit-il en ouvrant la porte.

— « Aller où ? » demanda Drago alors qu'il courait pour le suivre.

— « Chez Hermione. »

— « Potter, elle a fermé la cheminée. J'ai déjà essayé et je n'ai pas pu entrer. Elle n'a pas répondu à la porte non plus. »

— « Ma maison est toujours ouverte. Fais-moi confiance. »

Drago roula des yeux. Bien sûr, Potter serait capable de la joindre. Une autre pointe de découragement le parcourut à cette pensée. Elle laisserait toujours Potter entrer, il serait toujours son chevalier en armure étincelante. Elle avait protégé sa maison contre Drago, et Drago seul. Il ne pouvait pas l'atteindre et elle le savait parce que c'était comme ça qu'elle le voulait.

Il ralentit le pas face à ses pensées.

Harry se tourna pour le regarder quand il remarqua que Drago n'était plus à côté de lui. « Que fais-tu ? »

— « Dis-lui juste que je suis inquiet quand tu arriveras. »

— « Quoi ? Tu viens avec moi. »

— « Non, Potter. Ce n'est pas le cas. Elle ne veut pas me voir, elle l'a dit clairement. C'est toi qu'elle veut. »

Avant qu'Harry puisse discuter avec lui, Drago se tourna et partit.

.

.

.

Harry rentra alors seul chez lui par cheminette, ennuyé que Malefoy s'enfuie au lieu d'être là pour Hermione. Voyant que Ginny n'était pas encore à la maison non plus, il écrivit un petit mot puis se dirigea vers chez Hermione.

— « Hermione ? » Cria-t-il en sortant de la cheminée. Il regarda autour de lui et ne vit rien d'anormal. Son sac de travail et son pull avaient été jetés sur le canapé, il savait donc qu'elle était là. Il vérifia d'abord sa bibliothèque, puis sa chambre. Alors qu'il retournait dans le salon, il aperçut les portes du balcon et se dirigea vers elle.

Il la trouva recroquevillée, endormie. Son livre était tombé par terre et sa tasse de thé avait été renversée.

— « Hermione. » Murmura-t-il en repoussant ses cheveux de son visage.

— « Harry ? »

— « Mhm. » Il lui fit un sourire lorsqu'elle ouvrit les yeux. « Tout va bien ? »

— « Oui je vais bien. » Elle se leva, rassembla ses affaires et retourna dans la maison, sachant qu'Harry la suivrait.

— « Hermione, j'ai entendu parler de la mère de Malefoy. »

Elle laissa échapper un profond soupir. « Je ne sais pas quoi penser. »

— « Tu sais que tout ça n'a aucun sens, n'est-ce pas ? »

— « Non, Harry. Ce n'est pas le cas. Attends... comment sais-tu ce qu'elle a dit ? »

— « Malefoy. Il est passé à mon bureau et m'a raconté ce qui s'est passé. Il est inquiet. »

Hermione hocha la tête. « Alors il lui parle alors. » Elle sentit son cœur se briser. « Et tu sais ce qu'elle a dit. »

Harry hocha la tête. « Une partie, oui. »

Elle ferma les yeux étroitement tandis qu'elle posait sa tasse de thé et son livre sur le comptoir, essayant de chasser la douleur. « Je ne peux pas faire ça, Harry. Ce n'est pas juste pour lui. Elle avait raison. »

— « Hermione… »

— « Tu ne peux pas me dire qu'il ne veut pas d'enfants, il devrait être avec quelqu'un qui peut lui en donner. » Dit-elle durement en se tournant vers lui.

— « Avez-vous parlé de ça ? » lui demanda Harry, ignorant son éclat. « Il avait l'air effrayé, Hermione. Tu dois lui dire si ce n'est pas déjà fait. »

— « C'est inutile maintenant de toute façon. » Répondit-elle avec obstination.

Avec un soupir, il s'approcha d'elle. « Je dois y aller, Ginny a un rendez-vous et je lui ai dit que je serais là. Juste... ne le rejette pas, Hermione. S'il te plaît. »

— « Tu le détestes, Harry. »

— « Je ne le déteste pas. Je pense que ses intentions sont authentiques, et je pense aussi que tu devrais essayer de le laisser voir qui tu es. Il a besoin de savoir. »

— « J'ai peur. » Murmura-t-elle pratiquement.

Il se pencha et l'embrassa sur le front. « Je sais. Mais je sais que le nerf de Gryffondor est toujours là. D'une manière ou d'une autre, il fait partie de toi à nouveau. Et je trouve que j'aime bien ça. Pense juste à aller le voir, d'accord ? »

Hermione se souvenait que Drago lui avait dit ces mêmes mots il y a tous ces mois. Une âme sœur est quelqu'un qui fait de vous ce que vous êtes.

— « Peut-être demain. »

Il lui sourit. « Alors demain. » Avec un rapide câlin et un dernier regard, il entra dans la cheminée et partit.

.

.

.

Il faisait sombre lorsque Drago quitta son bureau. Il rentra directement chez lui, se demandant tout le temps s'il devait essayer de vérifier à nouveau. Il faisait les cent pas devant sa cheminée pendant qu'il réfléchissait à essayer. La déception serait trop grande si sa cheminée était toujours débranchée. Décidant qu'il avait toujours été un gourmand en punition, il attrapa une poignée de poudre de cheminette et la jeta dedans tout en criant son adresse.

À sa grande surprise, il atterrit dans son salon. Eh bien, et maintenant ? Il ne s'attendait pas vraiment à ce que ça marche. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait dire. Il ne la vit pas tout de suite, alors il resta là un moment, pour rassembler ses pensées et essayer de former une phrase cohérente lorsqu'il la vit sortir de sa bibliothèque. Son cœur avait l'impression qu'il essayait de s'échapper au moment où il la vit. Mon Dieu, elle était si belle. Ses cheveux étaient détachés et bouclés et elle portait un simple t-shirt et un pantalon de pyjama rose, et il voulait juste courir et la tenir. Pour lui dire à quel point il était désolé, qu'il aurait aimé être là pour elle.

— « Hermione ? »

Elle sursauta à sa voix et laissa tomber ses livres. « Drago ! Qu'est-ce que tu fais ici ? »

— « Je suis désolé. J'étais juste inquiet pour toi. » Il ramassa les livres tombés par terre et les lui tendit. Ses mains effleurèrent les siennes alors qu'elle les acceptait, et cela enflamma sa peau.

— « Je vais bien. Vraiment, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. »

— « Je ne voulais pas rater notre déjeuner aujourd'hui. » Lâcha-t-il. Elle commença à s'éloigner de lui et il voulait juste qu'elle reste là où elle était pendant un moment.

— « Ne le sois pas. Il est tard, tu devrais… »

— « Hermione, s'il te plaît. » Dit-il un peu désespérément.

— « S'il te plaît, pars, Malefoy. » Ses paroles furent plus dures qu'elle ne l'avait prévu, et elle les regretta dès qu'elles furent prononcées.

Il recula lentement face à ses paroles. Comme si la proximité avait quelque chose à voir avec la douleur qu'il ressentait. « Drago. » Il faillit supplier. Malefoy était l'idiot qui ne réalisait pas ce qu'il y avait devant lui. Drago était l'homme devant elle maintenant, la suppliant de l'aimer.

Elle secoua la tête sans s'en rendre compte. « Je ne peux pas faire ça. Tu ne comprends pas. »

— « Alors explique-moi, s'il te plaît. » supplia-t-il.

— « Je ne peux pas te donner ce que tu veux. Je suis désolé. Laisse-moi. »

— « Hermione, ne fais pas ça. Ne me repousse pas à cause de ce que ma mère t'a dit, qui d'ailleurs était complètement inexact. »

Elle se moqua de lui. « Tu penses si peu à moi que tu ressens le besoin de me mentir ? Qu'est-ce que tu y gagnes ? Tu m'emmèneras dans ton lit, et après ? Qu'est-ce qui m'arrivera alors ?! » Elle inspira profondément. Elle en avait déjà trop révélé. « Je veux que tu partes. Maintenant. »

L'esprit de Drago tournait avec ce qu'elle venait de dire. Il avait envie de pousser, il voulait qu'elle s'ouvre enfin à lui. « La seule chose qui compte pour moi, c'est toi. C'est tout ce que je veux. » Dit-il doucement.

— « Ça a l'air sympa et tout, mais quand tes attentes deviendront impossibles à ignorer, alors quoi ? »

— « Je me fiche de tout ce que ma mère a dit ! » cria-t-il. « Je veux que tu me donnes une chance ! Une vraie chance. Je ne veux plus jamais de quelqu'un d'autre. »

— « Tu ne veux pas dire ça. » Cracha-t-elle, les yeux remplis de larmes. « Tu diras n'importe quoi à… »

— « Hermione, je ne le ferai pas ! Tu dois le savoir. » Il passa ses doigts dans ses cheveux. Tout s'écroulait. Il avait travaillé si dur pendant des mois pour que sa mère puisse tout détruire en quelques minutes.

Refusant de laisser couler ses larmes, elle leva la tête un peu plus haut. « Je veux que tu partes. »

Il la regarda se retourner pour monter les escaliers et il paniqua. « Hermione, non. » Il attrapa son bras et dès que ses doigts s'enroulèrent autour de son coude, elle poussa un sifflement et s'appuya contre le mur. Il n'avait vu cette réaction de sa part qu'une autre fois.

— « Hermione, je suis désolé. » Il la relâcha et leva les mains pour montrer qu'il était sérieux.

Sa respiration était rapide et lourde. Se maudissant pour sa réaction pitoyable, elle le regarda. « Malefoy, sors de ma vie ! »

Feu.

Hermione Granger avait toujours été le feu. Et aucune quantité de glace qui composait Drago Malefoy ne pourrait jamais l'amortir. Elle était hors de contrôle et il ne pouvait pas l'arrêter maintenant. Elle était trop émotive, trop perdue. Il la sentit le repousser, il ressentit le rejet et ça le brisa complètement.

L'expression brisée de son visage lui fit regretter ses paroles. Elle voulait aller vers lui, lui dire qu'elle était désolée, qu'elle avait juste peur de ce que tout cela signifiait maintenant. Qu'elle ressentait beaucoup de choses pour lui et qu'elle avait tout simplement trop peur pour l'étiqueter parce que c'est ainsi que les cœurs se brisent et que les rêves se brisent. Cependant, avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit, il se retourna et s'éloigna, et il continua à marcher jusqu'à ce qu'il franchisse sa porte d'entrée.

Devait-elle le poursuivre ? Devait-elle crier son nom et le supplier de revenir ? Devait-elle le laisser partir, sachant que cela signifiait qu'elle gâchait tout ? Surmontant la panique et la peur, elle laissa tomber ses livres et courut, ouvrant la porte pour ne trouver... rien. Il était déjà parti.

Drago s'autorisa à faire douze pas avant de disparaître. Douze étapes lentes pour lui permettre de changer d'avis et de le poursuivre. Lorsqu'il se tourna et regarda sa porte qui était toujours fermée, il ferma les yeux et partit.

.

.

.

Drago tendit sa baguette vers la porte d'entrée du domaine Nott et la poussa lorsqu'il sentit les protections l'accepter. Avant même d'arriver à la porte d'entrée, Théo était là pour saluer son ami. Un simple regard vers l'homme lui apprit cependant que quelque chose n'allait vraiment pas.

— « Drago ? »

Drago leva les yeux et croisa son regard. « Est-elle ici ? » Sa gorge se contracte sous l'effet des émotions.

Théo hocha la tête une fois. « Entre. »

Drago entra et laissa Théo le conduire dans son bureau.

— « Je vais la chercher. Attends ici, d'accord ? »

Drago hocha la tête. Ou alors il pensait avoir hoché la tête, en réalité son corps bougeait plus par instinct qu'autre chose. Il s'assit sur le petit canapé que Théo avait perché sous une fenêtre et baissa la tête. Ses mains s'emmêlent dans ses cheveux tandis que ses coudes reposent sur ses genoux.

Astoria se précipita à l'intérieur et s'arrêta brusquement à la vue très familière de Drago, assis exactement de la même manière qu'elle l'avait trouvé le jour de leur mariage. « Drago ? » Dit-elle doucement en s'asseyant à côté de lui.

Sa voix le sortit de son esprit, mais elle brisa également le dernier peu de force qu'il avait qui le maintenait ensemble.

— « Oh, Drago. » Son ton envoya quelque chose à travers lui alors qu'elle s'asseyait à côté de lui et le rapprochait. Ses bras entourèrent sa taille et elle le tint pendant qu'il pleurait.

L'odeur familière de son parfum remplissait ses sens et elle se sentait à la fois réconfortante et fausse. Il en avait tellement marre de ressentir ça. Tellement incroyablement fatigué d'être si seul qu'il voulait juste quelque chose, n'importe quoi, de n'importe qui. Astoria était la première personne à laquelle il avait pensé et il savait que ce n'était juste pour aucun d'eux, mais à ce moment-là, il avait envie de son réconfort. Le réconfort qu'elle seule pouvait lui apporter. Elle le calma et lui fit voir les choses sous un meilleur jour. Bon sang, pourquoi ça ne pouvait pas être elle ? Même s'il était assis là dans ses bras, il savait que ce n'était pas bien, mais un homme ne pouvait être rejeté qu'un nombre limité de fois avant de s'effondrer. Et Drago avait atteint sa limite.

— « Que s'est-il passé ? » demanda-t-elle après qu'il ait commencé à se calmer.

— « Je l'aime. » Il murmura. « Mais elle ne m'aime pas, elle ne m'aimera pas. »

— « Drago, tu ne peux pas penser de cette façon. »

— « Je ne pense pas seulement de cette façon. Elle-elle me l'a dit. » Il s'éloigna même s'il ne le voulait pas.

— « Quoi ? »

— « Elle m'a dit de quitter sa vie, et ça veut dire la même chose. Elle ne m'appelle même plus Drago. Je suis de retour à Malefoy à cause de ma mère. »

— « Quoi ? Ta mère ? »

Drago lui raconta ce qui s'était passé plus tôt dans la journée. Tout depuis ce qu'il savait de son bureau, puis son allé au Manoir, le fait d'aller demander de l'aide à Potter, jusqu'au moment où elle l'avait expulsé de sa maison et n'avait pas pris la peine de le poursuivre. Elle s'assit et l'écouta lui raconter son horrible journée qui ne cessait d'empirer à chaque mot.

— « Ta mère est un vrai fardeau. » Cracha-t-elle amèrement. « Comment ose-t-elle avoir le courage de ruiner la vie de son fils ? »

— « Elle ne le voit pas de cette façon. » Il soupira en fermant les yeux et en s'appuyant contre les coussins. Ses yeux étaient si fatigués.

— « Est-ce qu'Hermione t'a parlé de ses relations passées ? »

— « Presque rien. Potter ne me le dit pas, il dit que ce n'est pas son histoire à raconter. Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, cet homme me déteste. »

— « Je suis sûr qu'il ne te déteste pas. »

— « Je me déteste. » Sa voix pleine de désespoir.

— « Ne te fais pas ça. » le gronda-t-elle. « Ne retombe pas dans ce que tu pensais de toi avant. Tu vaux mieux que ça, Drago. »

— « Pourquoi est-ce que je ne mérite pas d'être heureux moi aussi ? » plaida-t-il. « Je t'ai perdu, et je ne l'aurai jamais, et j'en ai tellement marre d'être seul. »

Astoria ôta ses chaussures et enroula ses jambes sous elle pour s'appuyer contre lui. « Tu n'es pas seul. C'est là, tu sais qu'elle le ressent aussi. Et je serai toujours là pour toi, tu le sais. »

— « Je sais que son mariage était mauvais. Ça devait être dû à la façon dont elle se comporte parfois. Elle est tellement brisée et j'arrive à peine à me réparer, comment diable vais-je la réparer ? »

— « En étant l'homme patient que tu as été tout ce temps. » répondit-elle sans hésitation. « Tu sais quoi faire. Tu sais comment la soigner. Drago, on dirait qu'elle a été maltraitée, tu t'en rends compte, n'est-ce pas ? Ça ne va pas être réglé du jour au lendemain. Je te garantis qu'elle est plus en colère contre elle-même que contre toi. »

— « J'espère que tu as raison. » Dit-il en expirant profondément. Il sentit sa gorge se serrer à nouveau et il bougea pour s'essuyer les yeux. « Je suis désolé, je ne voulais pas pleurer sur toi. Au fait, tu es très jolie. » Il remarqua enfin la façon dont elle était habillée. Sa robe noire et ses talons avec un bracelet en diamant, il savait qu'il l'avait achetée.

— « Merci. » dit-elle d'une voix timide. « J'avais un rendez-vous ce soir. »

— « Vraiment ? Oh, Stori ! Tu n'es pas resté ici avec mon être pathétique et manqué ça, n'est-ce pas ? »

Elle lui tapota le genou, comme elle le faisait toujours quand il savait qu'elle essayait de le faire se sentir mieux. « Il y aura d'autres rendez-vous, Drago. »

— « Qui est l'heureux élu ? »

— « Ernie Macmillan. » Son sourire illumina tout son visage et Drago ne put s'empêcher de lui rendre son sourire.

— « Je me souviens de lui. Poufsouffle. » dit-il avec un signe de tête. « Les Vingt-Huit Sacrés. »

— « Tu sais que ça n'a jamais eu d'importance pour moi. »

— « Je sais. » Dit-il doucement en attrapant sa main et en la tenant. « Tu l'aimes bien, alors ? »

— « Beaucoup. C'est comme si, je ne peux même pas l'expliquer. Comme... »

— « Comme à la maison. » finit-il. « Comme si tu étais censé être là depuis le début. Comme si tout le reste s'estompait et que tu avais l'impression que vous n'étiez que deux. Comme si tu ne t'étais jamais sentis aussi libre que lorsque vous étiez ensemble. C'est comme si ton âme était complète. Comme si tu n'avais jamais su que tu étais incomplet au départ, mais d'une manière ou d'une autre, il fait de toi, toi. »

Drago se tourna pour lui faire face et esquissa un petit sourire face à son expression choquée. « Je parie que ta coupe sera or. » murmura-t-il. Il s'éclaircit la gorge et retira sa main de la sienne pour essuyer ses yeux qui menaçaient maintenant de se remplir de larmes. Encore. « Je suis vraiment heureux pour toi. Tu as toujours été trop gentille pour Serpentard. »

Sans prévenir, elle passa ses bras autour de lui et le serra fort dans ses bras. « Et tu es trop humain pour être un monstre. Tu te souviens de ça, tu m'entends ? »

Il sourit en se rappelant ces mots. Elle les avait répétés tant de fois lors de leur première rencontre. Il la serra contre lui aussi longtemps qu'elle le lui permettait. « J'essaierai. »

.

.

.

Il est rentré chez lui par cheminette après avoir passé près de deux heures avec Astoria. Il ôta ses chaussures et posa sa veste sur une chaise sur le chemin de la salle de bain et se changea pour se coucher. Le silence était assourdissant. Il sortit un pantalon de nuit et une chemise à manches longues, l'obscurité que la nuit apportait toujours le rendait froid et inconfortable. Il rampa dans le lit, se recroquevilla sur le côté et remonta les couvertures pour presque couvrir son visage, les mots qu'Astoria lui avait dit étant encore frais dans son esprit. Il essayait de se souvenir d'eux, essayait de les laisser le laver confortablement, mais plus il restait allongé là, seul, plus il sentait l'obscurité revenir. Il pensa à Hermione, espérant que cela l'aiderait à le calmer, mais ça ne faisait qu'aggraver la douleur. Incapable de se retenir plus longtemps, il pleura pour s'endormir.