Chapitre 02 : Discussion.

Umino Iruka avançait vers la nouvelle demeure du jeune Uzumaki Naruto. Quelques jours plus tôt, il était venu rendre visite à son jeune protégé pour se rendre compte qu'il ne vivait plus dans son petit appartement. De suite, il alla voir le Sandaime Hokage lui demandant plus d'informations sur la situation de Naruto. Après tout, le propriétaire de l'appartement semblait bien trop heureux de ne plus l'avoir dans un de ses biens. Hiruzen souffla de tristesse à la réaction de l'ancien propriétaire de Naruto et il expliqua à Iruka que le jeune Uzumaki avait déménagé une semaine plus tôt, tout en lui donnant sa nouvelle adresse.

Si dans les premiers instants Iruka fut surpris de cette nouvelle, il demanda au Hokage la raison du déménagement de Naruto mais ce dernier lui annonça que depuis le réveil, après la bataille contre Mizuki, Naruto était distant et froid avec lui. C'était comme s'il le tenait responsable de ses blessures et du fait qu'il ne pourrait plus devenir un Shinobi. Hiruzen mit en garde Iruka que Naruto risquerait de ne pas l'accueillir les bras ouverts.

Et maintenant, il se trouvait à l'adresse que le Hokage. Il soupira et se demanda ce qu'avait bien pu faire Naruto au cours de ces deux dernières semaines. Même s'il savait qu'il était resté presque une semaine complète sous la tutelle des médecins pour ses différentes blessures. Le jeune Uzumaki n'était pas venu le voir ou aller au Stand de Ramen de Teuchi après son séjour à l'hôpital. Ce qui était étrange pour l'ancien aspirant ninja.

Mais il sortit de ses pensées quand il commença à regarder attentivement la demeure qui se dressait devant lui. A première vue, elle semblait en bon état. Il ne voyait aucune vitre brisée ou de messages de haine inscrits sur les murs envers son résident. Et fait, la demeure semblait très bien. Comme celle que les jeunes couples cherchaient à avoir lorsqu'ils voulaient fonder une famille. Certes, il y avait une ancienne boutique qui occupait tout le rez-de-chaussée. Cela pourrait être légèrement ennuyeux à l'avenir pour Naruto, il aurait toute une partie qu'il ne pourrait pas vraiment utiliser. Il soupira en se disant que Naruto aurait le temps de voir ce qu'il voulait faire avec cette dite boutique.

Alors qu'il allait appeler, il vit une personne à la chevelure blonde apparaître sur son côté gauche. C'était Naruto, mais ce dernier se déplaçait plus lentement qu'avant et il marchait avec une canne à la main. Il prit conscience, pour la première fois, ce que Naruto avait vraiment sacrifié dans cette forêt pour les sauver de Mizuki. Il allait dire quelques mots quand il vit son ancien élève lui faire un signe de la main de le suivre. Ils se rendirent dans le petit jardin se trouvant derrière la maison, dont une des entrées donnait sur la route. Ils prirent place sur le banc en bois adossé à la maison. Alors que Iruka avait des milliers de questions à poser à Naruto, aucun son ne sortit de sa bouche pendant plusieurs longues secondes. Puis prenant son courage à deux mains, il demanda:

" Tu vas bien Naruto?

_ Il y a des jours meilleurs que d'autres, répondit-il calmement tout en se frottant sa jambe. Aujourd'hui est un jour sans. J'ai quelques médicaments pour calmer la douleur, même si des fois elle me réveille en pleine nuit.

_ Je suis désolé, dit Iruka.

_ Désoler pour quoi, interrogea Naruto.

_ Pour ta situation, avoua-t'il. En temps normal, c'est le devoir d'un enseignant de protéger son élève et non l'inverse. C'est pour cela que tu fus aussi blessé et que tu ne puisses plus devenir un Shinobi.

_ Tu te trompes, corrigea Naruto. Ce n'est pas ta faute, mais celle de Mizuki. C'est lui qui me trompa et me fit voler le Parchemin dans la Tour du Hokage. C'est lui qui a tenté de nous tuer. C'est aussi lui qui t'a blessé gravement durant cette soirée, avant de me combattre. Si tu veux blâmer une personne, blâme le.

_ De sage parole Naruto, répit Iruka. Si c'est Mizuki qui est responsable de ta situation, alors pourquoi le Sandaime Hokage m'a dit que tu étais en froid avec lui.

_ La haine, expliqua Naruto. Cette nuit-là, Mizuki a brisé un des tabous du Hokage en me parlant de Kyubi. En le faisant, il m'a fait comprendre pourquoi le village me haïssait depuis ma naissance. Si je peux comprendre leurs sentiments, je ne peux pas comprendre pourquoi le Sandaime Hokage n'a rien fait pour apaiser leurs haines et leurs rancœurs envers moi. C'est le Hokage et au dernière nouvelle, Konoha est un village militaire. La loi martiale prévaut sur les autres lois. S'il dit blanc, même les membres du conseil des Clans ou Civils ne peuvent aller contre sa volonté.

_ En théorie oui, répondit Iruka. C'était bien le cas durant son premier règne et celui des autres Hokages. Mais les choses ont commencé à changer avec la mort du Yondaime Hokage. Ce que les livres d'histoire ne disent pas, c'est que pendant plus d'une semaine après l'attaque du Démon-Renard, le village était devenu une anarchie. Les différents Chefs de Clans se menaçaient en pleine salle de Réunions, leurs dits Clans se battaient plusieurs fois par jours dans les rues du village. Les plus anciens membres du Conseil Civil ont passé des lois à tour de bras sans qu'il n'y ait aucune résistance de la part des chefs des clans. Des lois les avantageant et ils tentèrent même d'usurper le pouvoir de l'Hokage et des Aînés du village. J'étais encore jeune à l'époque, mais je me souviens que pas un jour ne se passe sans qu'on soit à la limite d'une guerre civile entre nous. Un rien aurait pu mettre le feu aux poudres, aussi bien entre les shinobis qu'avec les civils. Une fois, j'ai vu deux marchands en venir aux mains car ils n'étaient pas d'accord sur le fait que leurs magasins soient en face l'un de l'autre et bien entendu, ils vendaient à peu près les mêmes articles dans leurs boutiques respectives. Ce fut l'intervention de plusieurs ninjas qui calma la situation.

_ A ce point là, demanda surpris Naruto.

_ Oui, avoua-t'il. Durant cette fameuse semaine, on a décompté douze citoyens tués par d'autres habitants du village. Et ces affaires furent classées sans suite du fait que les autorités étaient plus pressées de maintenir l'ordre dans le village qu'à faire des enquêtes. Et ils n'auraient même pas pu le faire. On a demandé à des jeunes Chuunin de faire appliquer la loi dans certains quartiers.

_ Comment les choses se sont calmées alors, interrogea Naruto.

_ Le Daimyo est intervenu, dit Iruka. Au début de la seconde semaine, il est arrivé avec plus de trois milles soldats. Il imposa la loi martiale suprême. Plus personne ne pouvait sortir de chez lui sans justification et demande faite aux autorités. Il leur fallut trois jours pour rapporter le calme dans le village. Durant cette même période, le Daimyo et les Aînés ont cherché qui serait le meilleur candidat pour devenir Hokage. Le Sandaime Hokage faisait partie des Aînés. Il en est devenu un lors du sacre de Namikaze Minato et ce rôle semblait lui plaire. Mais après trois jours de discussion, le Daimyo annonça que Sarutobi Hiruzen reprendrait sa place en tant que Hokage. Je ne sais pas ce qui a bien pu se dire durant ces trois jours pour qu'il ne trouve pas un nouveau Hokage. Lorsque le Sandaime reprit ses fonctions, un grand nombre de lois étaient passées. S'il a pu en faire sauter la majorité, il n'a pas pu tous les supprimer sans risque que le village reparte dans un conflit interne. Et le soutien de Uchiwa Fugaku auprès du conseil civil n'a pas aidé le Hokage.

L'une des choses que le Conseil Civil voulut savoir, ce fut dans quoi était scellé Kyubi. Malheureusement avec leurs nouveaux pouvoirs, ils étaient en droit de le savoir. Alors Hiruzen-sama leurs annonça pour toi. L'un d'entre eux, ordonna aux différents ninjas du Conseil de te tuer sur le champ. Hiruzen est entré dans une colère noire et il a hurlé aux différents shinobis que s'ils venaient à suivre cet ordre, ils seraient classifiés comme des traîtres et ils seraient tués. Le Conseiller Civil hurla sur le Hokage lui disant qu'il n'en avait pas le droit, mais sa tête tomba sur le sol quelques secondes plus tard. Un des anbus du village venait de le décapiter. Une fois cela fait, Hiruzen plaça le fait que tu sois le Jinchûriki sous secret de Classe Triple-S et toute personne brisant ce secret serait tué en place publique. Il voulait que l'information reste entre les conseils mais bien entendu plusieurs l'ont dit au civil.

Trois jours après cette réunion, quinze civils furent exécutés pour avoir parlé de ton statut à d'autres membres du village. Dans les quinze, il y avait quatre membres du Conseil Civil. Ils furent exécutés en dernier et Hiruzen leur annonça que la mort des onze autres étaient sur leurs âmes. Mais le mal était déjà fait. L'ensemble des civils adultes ou accès vieux, comme moi, savaient pour ton statut. Si la loi n'avait pas fonctionné pour eux, elle allait fonctionner pour les plus jeunes. Malheureusement la haine des parents fut transmise au enfants.

_ Donc en résumé, dit Naruto. Si Hiruzen n'avait pas mis cette loi rapidement, tout le village saurait pour Kyubi. Et au vu de la haine de certains adultes, ce serait un miracle si j'avais vu mon dixième anniversaire.

_ Malheureusement oui, avoua tristement Iruka. Même si certains adultes ne te voient pas comme un démon, on est une minorité dans le village."

Durant plusieurs secondes, les deux ne parlèrent plus. Iruka avait toujours du mal à admettre qu'il fut une de ses personnes pleines de haine et de rancœur envers Naruto dans le passé. Même s'il avait vu la vérité sur l'enfant, cela lui faisait toujours du mal de penser qu'il avait laissé la croyance collective dicter ses pensées.
Pour la première fois depuis qu'il savait pour le Kyubi, Naruto comprenait ce qu'avait fait Hiruzen pour lui durant toute son enfance. Il ne doutait pas une seule seconde que le conseil civil avait dû réclamer sa tête plus d'une fois durant ses douze dernières années. La mort de plusieurs d'entre eux n'avait pas dû les calmer. Ils devaient même le blâmer pour leurs dite mort, l'accusant sûrement d'avoir user de pouvoir démoniaque pour qu'ils soient tués. Le fait qu'ils avaient brisé un secret, de classe Triple-S, ne rentrait pas en compte dans le raisonnement. Pour la première fois depuis qu'il avait crié sur le Hokage, Naruto sentit qu'il avait dépassé les bornes et qu'il lui avait manqué de respect. Il avait manqué de respect envers la personne à qui il devait sa vie jusqu'à maintenant. Il allait devoir faire amende honorable pour qu'il puisse se sentir de nouveau digne de l'appeler Jiji-sama.

Après ces quelques secondes réflexion pour les deux; Iruka lui demanda:

" Je me demandais, comment tu as eu cette maison, Naruto.

_ Je l'ai hérité du vieil homme Mushi, avoua Naruto. Cela fait plus de deux ans que je l'ai eu. Depuis sa mort, je ne suis jamais revenu.

_ Environ deux ans, répète Iruka. Attends, ce n'est pas à cette époque où tu fus absent pendant une semaine et quand tu es revenu, tu t'es battu avec plusieurs enfants.

_ Oui, confirma Naruto. Quand je suis revenu à l'académie, je n'étais pas d'humeur à écouter les insultes des autres élèves. Je fus exclu deux semaines alors que les autres étudiants n'ont rien eux.

_ Pourquoi une telle colère, demanda Iruka. Certes la perte d'une personne n'est peu agréable mais de là à se battre.

_ Le vieux homme Mushi était important pour moi, avoua Naruto. Il faisait partie des rares personnes qui ne me méprisait pas. Pour te dire la vérité, je l'ai aimé comme un parent, comme un second grand-père. Je l'ai rencontré quand des civils voulaient me battre. Il m'a accueilli, alors qu'il savait mon statut de paria dans le village. Il m'a offert un toit et la sensation de faire partie d'une famille. Il m'a même appris son métier. Même si à cette époque je ne rêvais que de devenir shinobi, il m'a comme même enseigné les secrets de la forge. Ce fut pour cette raison que je suis parti d'ici, il voulait que je prenne sa place lorsqu'il ne serait plus et je ne voulais pas. Ironiquement, aujourd'hui je suis enfin ses traces et je suis revenu chez lui."

Iruka fut surpris. Il venait de découvrir une partie du passé de Naruto qu'il ne connaissait pas. A aucun moment il ne serait douté que le jeune Uzumaki était versé dans les secrets de la forge. Cette révélation fit voir son ancien étudiant sous un nouveau jour. En ses quelques mots, il avait compris que Naruto était bien plus intelligent qu'il ne laissait paraître. Pour la première fois depuis qu'il avait commencé à enseigner, il se demanda si Naruto était un de ces types d'étudiants qui avaient des difficultés à apprendre lorsqu'ils étaient sur les bancs de l'école mais s'épanouissent dans l'enseignement pratique. Cela expliquerait ses mauvaises notes dans les contrôles des connaissances et ses réussites dans les examens pratiques.

Iruka laissa cette pensée dans le coin de sa tête. Il avait autre chose à demander à Naruto. Il avait toujours voulu comprendre et voir une forge. Mais les rares fois où il avait eu la chance de croiser un forgeron, il était en mission et de ce fait il n'avait jamais pu assouvir sa curiosité.

Il se tourna vers son ancien élève et lui demanda. Naruto se leva et lui dit de le suivre. Ils traversèrent le salon et Iruka put voir que ce dernier était aussi grand voir plus grand que l'appartement de Naruto. Il lui demanda, sur le chemin, pourquoi il n'était pas venu vivre ici après la disparition du forgeron. Le jeune Uzumaki lui annonça qu'il ne se sentait pas de vivre ici et il ne voulait pas que la maison soit vandalisée comme l'était son appartement. Une fois dans la forge, Naruto se posa sur le tabouret et il dit à Iruka, tout en lui montrant:

" Le fourneau, c'est là-bas que nous chauffons le métal. Suivant ce qu'on veut faire, nous le laissons plus ou moins longtemps. Si c'est juste pour le travailler pour façonner une lame, on le montre moins haut que si nous voulons couler le métal en lingot ou sous d'autres formes.

L'enclume donne vit à la lame. Le vieil homme, disait toujours que c'est là qu'une lame voit le jour. C'est sur une enclume qu'on donne la taille, la forme, la courbure d'une lame. Qu'on travaille sur un couteau ou sur un katana, le travail de base reste le même.

_ C'est quoi ce bac avec du liquide, demanda Iruka. Et pourquoi certaines lames ou des motifs de vague et d'autres non.

_ Ces fameuses lames sont faites en acier de Damas, expliqua Naruto. On connaît cette technique aussi sous le nom de Mokume-gane. Le principe est de chauffer l'acier, de l'allonger puis de le plier. On fait en sorte que les deux parties plier se soudent entre elles et puis on recommence le processus plusieurs fois. Plus on le fait et plus on a des motifs fins. En plus de l'esthétisme, cela apporte un apport de carbone à la lame qui la rend plus résistante à la fin.
Concernant le liquide, il sert à la trempe. Suivant les forgerons et leurs techniques, on fait une trempe soit dans de l'eau pure, de l'eau de mer ou dans de l'huile. On monte les lames, entièrement ou juste son tranchant à haute température. Puis on les plonge dans le bain de trempage. Mon Maître m'avait expliqué que cela change la structure interne de l'acier, rendant plus résistant le tranchant. Il m'avait parlé de cristallisation du carbone dans l'acier ou un truc de ce style là. Franchement, je n'avais pas tout compris sur ses explications sur les effets internes de la trempe sur les lames. Je pense qu'il l'avait compris. Il ne me posa pas vraiment de question sur cette partie.

_ Alors tu serais capable de forger toutes les armes qu'un ninja aurait besoin, demanda Iruka avec une lueur dans les yeux.

_ En théorie, oui; avoua Naruto. Mais actuellement non. J'ai juste relancé le fourneau hier pour regarder si tout allait bien. Il me manque des métaux et plusieurs types d'argiles pour pouvoir me lancer.

_ Si je te passe une commande, tu pourrais la faire; interrogea Iruka.

_ Oui, dit-il. Mais je ne veux pas que tu passes par moi car tu as pitié ou par bonté d'âme envers moi Iruka.

_ Loin de là, avoua Iruka. L'Académie cherche à avoir des kunais et des shurikens pour les entraînements. Comme tu le sais, on en à très peu et ils commencent à être usés. On souhaite les changer, mais les différentes armurerie du village nous annoncent entre trois et cinq semaines entre la commande et la livraison. Ils doivent eux-mêmes les commander à des forgerons extérieurs du village et les faire venir. Alors, j'ai pensé que ce serait plus simple si on pouvait les commander à toi Naruto. Si tu les fais directement au village, on mettra moins de temps pour les avoir.

_ Je vais voir, répondit-il. Par contre, c'est problématique s'ils sont coulés et qu'ils ne sont pas en acier?

_ Je m'y connais pas assez pour le savoir, rétorqua Iruka. Tant qu'ils ont le même poids et qu'on peut les lancer sans qu'ils se cassent à l'impact, cela nous ira."

Naruto fit signe de la tête qu'il allait s'occuper de la commande de l'Académie. Iruka lui fit un grand sourire. Même s'il avait dit la vérité sur le temps de commande, Iruka voulait, au maximum, tenter de privilégier Naruto dans sa nouvelle carrière. Et en lui passant une commande de kunais et shurikens, cela l'aidera à se lancer et lui fera une rentrée d'argent.

Après quelques minutes de silence entre eux deux, Iruka salua Naruto et il repartit pour le village. Alors qu'il laissait le jeune Uzumaki seul, il se demandait quel serait l'avenir de Naruto s'il avait réussi à devenir un ninja. Qui aurait été ses coéquipiers? Son Sensei lui aurait appris quoi? Aurait-il été dans une équipe avec une spécialisation, comme la traque ou la capture? Ou son équipe aurait-elle été façonnée par leurs actions? Qui sait, Naruto aurait peut-être pu devenir Hokage comme il le disait souvent en classe.

*-*-* Uzumaki Naruto, le Forgeron *-*-*

Danzô rentra dans le bureau du Hokage avec plusieurs dossiers sous le bras. On pouvait clairement voir qu'il n'était pas heureux. Il lâcha les dossiers sur le bureau et regarda son vieil ami. Hiruzen lui demanda s'il voulait du Homura Koharu. Danzô lui dit que ce serait pour le mieux, cela évitera qu'il est à redire ce qu'il allait annoncer. De plus, il demanda au Hokage si ce dernier n'avait pas de saké; il avait besoin d'une boisson forte. Chose qui troubla vraiment le Sandaime Hokage, après tout Shimura Danzô était connu pour ne pas ou très peu boire. Et les rares fois où il le faisait, c'était pour des soirées mondaines où il ne pouvait pas esquiver les toasts portés par leurs hôtes.

Il fallut quelques longues minutes pour que les deux aînés arrivent dans le bureau de Hiruzen. Une fois que tout le monde fut installé autour de la table basse, Danzô leurs tendit le dossier qu'il avait ramené avec lui et il leurs annonça:

" Suite à la conversation qu'on a eu concernant le jeune Uzumaki, après sa sortie de l'hôpital, j'ai fait un tour à l'académie pour regarder leurs dossiers et voir s'il n'y avait pas quelques irrégularités dans ses derniers. Et je fus surpris de mes découvertes.

Comme on pouvait s'en douter, deux-tiers des professeurs ont tout fait pour saboter l'éducation de Naruto. De façon active en le virant des cours pour des raisons fallacieuses, en lui donnant de mauvaises instructions ou tout simplement en l'ignorant. C'est même un miracle qu'il ait réussi à finir son cursus à l'académie. Plusieurs fois des professeurs ont demandé son expulsion pour de fausses raisons ou pour des raisons qui ne méritait pas une telle sanction. C'est principalement grâce à Umino Iruka et le directeur Ikari Gendo. Iruka a défendu plusieurs fois Naruto venant des conseils de discipline, où le jeune Uzumaki ne fut pas convié. Et le directeur a clairement dit plusieurs fois que s'il devait renvoyer Naruto pour les fautes qu'il avait faites, il devrait virer les trois-quart des élèves de l'académie car ils avaient tous fait la même chose voir même pire pour certains étudiants qui ne furent jamais inquiété de l'exclusion.

_ On s'en doutait un peu, avoua Hiruzen. Par contre, je suis agréablement surpris de la réaction du directeur Ikari. Il était clairement contre l'inscription du jeune Uzumaki quand je l'ai fait. Et le tiers restant, que peux-tu me dire sur eux et leurs actions envers Naruto?

_ Rien, dit Shimura. Ils n'ont eux aucune ou très peu d'interaction avec lui. Donc pour ce qu'ils ont donné des cours à Naruto, soit ils s'en moquaient de l'avoir, soit ils n'ont pas eu assez de temps pour saboter son éducation.

_ C'est relativement une bonne nouvelle, dit Koharu. Si on fait le ménage dans les rangs de l'académie, on ne devra pas recruter l'ensemble du corps étudiant.

_ En théorie oui, coupa Danzô. Si ce tiers n'a rien fait envers Naruto, ce n'est pas le cas pour d'autres étudiants. Certains membres du Conseil Civil ont passé quelques consignes officieuses pour que certains étudiants doivent avoir obligatoirement leurs diplômes et ceux qui ne devaient pas les avoir. En dehors du directeur et de Iruka, tous les autres professeurs ont participé à cette affaire.

Je peux affirmer qu'un bon quart des étudiants qui ont abandonné leurs cursus à l'académie furent sur la liste des élèves qui ne devaient pas devenir des shinobis. Les méthodes des professeurs furent relativement simples. Ils n'ont pas aidé les dis élèves, les virer régulièrement des cours ou les interroger sur des sujets qu'ils n'avaient pas vu en cours, tout en les rabaissant devant le reste de la classe. Bien entendu, lorsque d'autres étudiants s'en prenaient à eux, ils étaient toujours fautifs et les véritables coupables n'avaient aucune sanction.

Puis ils y avaient les élèves qui devaient avoir leurs diplômes quoi qu'il arrive. Là, les professeurs étaient à leurs petits soins durant les cours, les aident autant qu'ils le pouvaient. Ils fermaient les yeux s'ils venaient à faire des bêtises même si certaines d'entre elles auraient dû les voir suspendu un certain temps de l'académie. Et durant la graduation au rang de Genin, ils étaient bien plus laxiste sur leurs niveaux de compétences minimums requis.

Bien entendu, vu que chaque membre du Conseil Civil a son propre agenda et ses propres intérêts à cœur, cela crée des situations improbables en classe. Vous vous souvenez de la première classe que Iruka a eu lorsqu'il a commencé à enseigner.

_ Je crois que oui, dit malheureusement Homura. Mais j'ai comme même quelques doutes sur tout les faits.

_ D'accord, continua Danzô. Cette classe était de deux ans l'aînée de celle de la génération de Naruto. Dans un premier temps, les cours sous Iruka se sont passés correctement. Cela est parti en vrille l'année d'après. Chaque professeur, soutenu par un ou plusieurs membres du conseil, avait sa liste d'élèves qui devaient avoir ou non leurs diplômes. Et je vous le dis tout de suite, elle était différente pour chaque membre du conseil. Sur une liste on pouvait avoir des noms d'enfants qui devaient absolument avoir leurs diplômes, ils étaient sur une autre liste disant qu'ils ne devaient pas l'avoir. Très rapidement le niveau d'enseignement dans cette classe est tombé en flèche et lors d'une évaluation imposée par le directeur Ikari, l'ensemble des étudiants de cette classe ont eu des notes horribles. Si horrible que Gendo leur laissa deux mois pour remonter leurs moyens, s'ils n'étaient pas capables, ils seraient tous renvoyés de l'école. Comme vous vous en souvenez sûrement, cette fameuse classe fut entièrement renvoyé

Je ne peux faire que des suppositions, mais j'ai l'impression que le directeur s'est rendu compte de quelques choses concernant cette classe et c'est pour cela qu'il a fait une telle évaluation. Évaluation qu'il n'a jamais refait.

_ Donc si je comprends bien, intervient Hiruzen. Le conseil civil se fait une petite guerre politique via leurs enfants ou les enfants de leurs proches en décidant qui devient ou non un de mes shinobis. Ils osent interférer dans la gestion de mes hommes et de mes recrues potentiels pour asseoir ou accroître leur pouvoir."

Personne ne parla après Hiruzen. Ils pouvaient tous sentir la colère et la rage de ce dernier dans chacun de ses mots. Même s'il voulait en rester là, Danzô savait qu'il devait donner quelques informations supplémentaires dans cette affaire. Alors après quelques longue respiration, il rajouta:

" C'est le cas Hiruzen. J'ai eu cette information par un des anciens professeurs de l'académie, avant l'arrivée de Ikari Gendo. Il m'a expliqué que l'ancien directeur était dans cette affaire, soutenant clairement un des conseillers civils et le fait qu'il n'a pas privilégié un des protégés de ce dernier, il fut mis à la retraite de l'académie. Avec d'autres professeurs comme lui, il a monté un groupe de tuteurs indépendant pour jeunes enfants.

Mais ce n'est pas cela le plus grave. Un bon huitième des étudiants sous "protections" ont trouvé la mort dans les six mois après l'obtention de leur rang genin. Un quart de ces étudiants ont dû arrêter leurs carrières suite à une blessure majeure. Plus de la moitié de ce groupe de genin n'ont jamais pu passé au rang de chuunin et compétences étant si faibles, ils furent réformer pour inaptitudes après une ou deux années de service en temps que shinobi.

_ Et Gendo dans cette histoire, interrogea Hiruzen en colère. Il se place où.

_ Il tente de faire le ménage, avoua Shimura Danzô. Mais il a les mains partiellement liées par le conseil civil. Depuis qu'ils ont pris le contrôle de l'académie, ils font la liste des personnes qu'ils veulent voir aux postes d'enseignants. En dehors de lui et de Iruka, tous les autres furent nommés par le conseil et ils suivirent les directives de leurs mécènes sur la graduation des étudiants. C'est aussi pour cette raison que Gendo a mis Iruka en charge de la classe où il y avait une majorité de membres de clans. Il savait que le jeune Umino serait juste et impartial dans ses actions en classe. Et n'ayant pas confiance dans les autres professeurs pour ne pas favoriser tel ou tel clan, il a décidé de donner les cours à l'autre classe ayant d'autres enfants de clans.

_ Donc pour résumé, dit Koharu. Nous pouvons affirmer que la classe de Ikari et Umino sont les seuls où il n'y a pas eu de favoritisme. Cela nous fait deux classes sur huit. Donc on a près d'une centaine de jeunes genins où on n'est pas sûr de leurs compétences. Comment on va pouvoir justifier une réévaluation de toutes ces personnes?

_ Mizuki, annonça fièrement Danzô. Du fait qu'il est un traître, nous avons une fenêtre pour intervenir sans que le conseil civil puisse mettre son nez dans la gestion de l'académie. En laissant entendre qu'il pourrait ne pas être le seul à être un traître dans les rangs du corps enseignants, nous pouvons faire passer une évaluation psychique complète de tous les professeurs par les membres du clan Yamanaka. Et nous pouvons réévaluer les étudiants gradués, en disant que nous craignons que Mizuki et ses complices ont potentiellement saboter leurs éducations.

_ Une fois cela fait, demanda Homura. On fait quoi? Une liste des professeurs corrompus et des conseillers civils qui les soutiennent. Puis on laisse la situation comme elle est?

_ Non, dit Hiruzen. Danzô vient de nous donner un moyen de faire le ménage. On commence par le Directeur et Iruka. Une fois qu'on a confirmation qu'ils ne sont pas sous un mécène, on leur explique la situation globale. Puis on demande à Ikari Gendo de faire une liste des personnes qu'il souhaite comme professeur.
Les professeurs corrompus seront renvoyés. On laissera entendre qu'ils avaient eu vent de la trahison de Mizuki, mais que ces derniers ne l'ont pas signalé auprès du Directeur ou de moi-même. En parallèle de cela, nous allons faire réévaluer les huit classes où on a un doute et on va se servir des résultats pour justifier le licenciement de ces professeurs.

_ Et dans quelques mois on sera dans la même situation, rétorqua Homura.

_ Si on laisse le contrôle de l'académie au Conseil Civil, dit Hiruzen. Si je me souviens bien et j'ai encore une bonne mémoire, Mizuki fut nommé au poste d'enseignant par le Conseil Civil. Donc ils ont nommé un traître à un poste où il avait la possibilité de corrompre les jeunes générations. A la prochaine réunion, je vais annoncer que la gestion de l'Académie est de nouveau sous la direction du Hokage en jouant ce sur fait tout en mettant en place l'évaluation des professeurs et des étudiants.

_ Tu vas avoir du mal, intervient Danzô. Le conseil civil et les chefs de Clans risquent de s'y opposer.

_ Je sais, dit le Hokage. Avec les statistiques que tu viens de me donner Danzô, je vais jouer sur la peur qu'ils puissent perdre leurs enfants ou les enfants de leurs proches."

Les aînés eurent un sourire aux dernières paroles de Hiruzen. Cela faisait plus de dix ans qu'ils voulaient reprendre le contrôle de l'académie mais les conseillers civils faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour garder la mainmise dessus. En dix ans, les cours théoriques étaient devenus de plus en plus importants dans le parcours scolaire des futurs shinobis. Les jeunes enfants n'apprennent plus les premiers soins. Il n'avait même plus de cours pour qu'on leur explique comment fonctionne le Fuinjutsu. Le nombre de cours concernant la survie sans rien a diminué d'année en année, pour être réduit à un ou deux cours théoriques par an. Ils n'avaient même plus des cours de renforcement physique, ce qui faisait que les étudiants ne prenaient plus leurs conditions physiques au sérieux. Les rendant faible si les combats venaient à durer plus longtemps.
Maintenant, ils allaient redresser tous les erreurs faites par le Conseil Civil tout en leur privant de leurs regards sur les activités de l'Académie. Et avec un peu de chance, ce serait le début du déclin de leurs emprises sur les affaires shinobis. Domaine où ils ne devaient pas avoir droit au chapitre, droit qu'ils s'étaient accordés une décennie plus tôt.