Je ne possède aucun des personnages de la série.

Un recueil de textes courts sur l'univers de la série Les Aventures de Brisco County Junior, nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire

Ce texte a été publié pour la première fois dans le cadre d'un défi de Noël

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


QUELQUES TEXTES SUR BRISCO COUNTY

Une nuit d'horreur

Brisco était assis sur son cheval, raide, le visage couvert de sueur et le corps parcourut par un frisson de fièvre douloureux. Le jeune homme s'en voulait de s'être fait berner de la sorte. Il n'avait pas compris que ce type était en train de l'attirer dans un piège où il pouvait y laisser sa vie. Quand tout avait dégénéré, il avait eu la chance de pouvoir s'échapper, mais il avait pris une balle. Une mauvaise balle qui l'avait atteint au côté droit, transperçant son corps et lui faisant perdre trop de sang pour qu'il ne s'inquiète pas.

Quelle idée il avait eu de vouloir marcher sur les traces de son père pour essayer de le rendre fier de lui. Le marshall Brisco County senior était connu et respecté à travers tout le pays, mais c'était un père dur qui avait élevé son fils dans le respect des règles et de la Loi. C'était bien pour ça que Brisco junior s'était lancé dans des études de droit et il était plutôt doué, mais ne pas voir son père pendant des mois lui pesait. Il avait besoin de lui, de le voir plus souvent… et au final il allait mourir sans l'avoir vraiment vu ces derniers temps.

Parce que Brisco le savait, il ne tiendrait pas longtemps sous se soleil brûlant, d'ailleurs, l'épuisement lui fit perdre le peu de lucidité qu'il lui restait et quand son cheval enjamba des rochers, cela le déstabilisa et il tomba de sa selle…

Brisco glapit alors que la douleur explosait dans son corps et que l'abime fut à deux doigts de le happer. Ses yeux papillonnèrent et il se sentit lentement partir. Une dernière pensée lui traversa l'esprit : finalement il n'aurait été qu'une déception de plus pour son père… Un père qu'il eut soudainement l'impression de voir se pencher sur lui avec son costume noir impeccable, sa montre à gousset dont la chaine dépassait de sa poche, son colt à la crosse d'ivoire et son stetson noir qui renforçait son air sévère.

Sauf que Brisco savait qu'il ne pouvait pas être là et il murmura du bout des lèvres.

- Je te demande pardon… Je suis désolé de te décevoir… Pardon…

Pour toute réponse l'illusion l'agrippa avec douceur et l'allongea dans ses bras alors que ses doigts lui caressèrent doucement la joue.

- Allons fils, qu'est-ce que tu aurais à te faire pardonner ?

Brisco frémit et força ses yeux à s'entrouvrir. Les doigts sur sa joue étaient bien réels. C'était son père et il gémit plaintivement.

- Père…

- Oui fils, c'est moi, répondit le Marshall en pressant la joue brûlante de son gamin de 19 ans. Je t'ai retrouvé, accroche-toi Brisco.

Le jeune homme essaya de lui répondre, mais ses lèvres bougèrent sans qu'aucun son n'en sorte avant qu'il penche doucement la tête contre le torse de son père pour y appuyer son front. Il avait tellement mal. Ses forces le quittaient.

Le Marshall le voyait parfaitement et cela le terrifiait comme jamais il n'avait été terrifié. Sa main pressa plus fort la joue de son garçon qu'il serrait dans ses bras.

- Allez reste avec moi Brisco, mais ce dernier était arrivé au bout de ses forces et il le sentit perdre connaissance.

Le Marshall frémit à son tour en le serrant plus fort contre lui.

- Non fils… Pas toi, surtout pas toi… mon petit…

Bouleversé, il agrippa le corps inerte de son garçon et le porta jusqu'à son cheval. Le hisser dessus ne fut pas facile, mais il y parvint et monta en selle derrière lui. Quand ses yeux tombèrent sur la peau livide et les lèvres bleues de son garçon, le cœur que tout le monde croyait de glace du Marshall se brisa, il ne pouvait pas perdre ce qu'il avait de plus précieux dans ce monde.

- Je t'aime tellement mon garçon, accroche-toi…

Bien évidement son fils ne lui répondit pas et la nuit qui était en train de tomber s'annonçait comme une longue nuit sombre… une nuit qui devint une nuit d'horreur au fur et à mesure que le Marshall sentait son fils s'affaiblir dans ses bras. Sa peau était de plus en plus brûlante malgré la fraicheur, ses tremblements plus violents et son cœur battait vite, bien trop vite. Il savait parfaitement qu'il allait finir par lâcher à ce rythme.

A plusieurs reprises, le Marshall marqua des petites pauses pour faire glisser un filet d'eau entre les lèvres craquelées de son garçon blessé. C'était dérisoire, mais il savait qu'il avait besoin de boire. S'il avait été en état de supporter le galop d'un cheval, ils seraient déjà en ville, mais il ne pouvait pas le secouer de la sorte, il était si fragile. Le Marshall avait l'impression que s'il cessait de lui répéter qu'il l'aimait et qu'il devait tenir, il allait mourir dans la seconde. Jamais il ne s'était senti aussi déboussolé et dans la détresse, même à la mort de sa femme…

Cette nuit d'horreur prit fin avec l'aube et l'arrivée en ville qui lui permit de se rendre au plus vite chez le médecin. Ce dernier prit rapidement en charge Brisco pour le soigner, laissant le Marshall sur le pas de la porte. Quand il eut fini, le médecin sortit de la chambre et Brisco Senior se faufila dans la pièce. Il jeta un coup d'œil à son fils, inerte dans le lit avant de se tourner vers le médecin qui prit la parole en hésitant sur les mots.

- J'ai arrêté l'hémorragie et recousue les chairs. Son état est grave, mais il est jeune, si j'évite l'infection, il s'en sortira. Je vais le veiller et refaire son pansement régulièrement. Je sais que vous êtes très occupé Marshall, je peux rester vers lui et vous tenir au courant si vous avez des choses importantes à faire.

Brisco senior frissonna, ne répondit pas tout de suite et traversa la salle pour venir s'asseoir sur le rebord du lit de son fils dont il prit la main.

- Rien n'est plus important que la personne étendue dans ce lit. Je ne vais nulle part.

Doucement, il décolla quelques mèches du front de son fils collées par la fièvre. Le médecin hocha la tête.

- Je comprends… et il recula pour quitter la pièce le temps de préparer de nouveaux pansements.