Chapitre Douze : Le Retour du Jedi

À l'heure du vote, Serena pénétra dans le même balcon que le matin, pour rejoindre sa place au premier rang. Elle y retrouva Tim Marcoh et Izumi Curtis. Elle salua cette dernière en premier :

- Bonjour, Maitre

- Bonjour Serena… Tu étais là ce matin ?

- Oui Maitre. C'était… intéressant…

- Je me doute.

- Bonjour, Monsieur le Directeur. Comment allez vous ? Dit elle en s'adressant à Tim Marcoh avec un sourire

- Je m'inquiète, Commandant. J'ai pris goût à la liberté. Je n'aimerai pas me la voir déjà retirer. Je suis trop vieux pour combattre encore

- Vous inquiétez pas, Monsieur le Directeur. Je prends la première ligne.

Un silence s'étira. Elle vit Mustang arriver à ces côtés. Elle lui demanda :

- T'as une idée de comment ça va tourner ?

- Non. Olivia non plus. On va pas tarder à le découvrir

Les députés finissaient de s'installer à leurs places. Serena remarqua qu'ils étaient presque tous là. Personne n'avait fuit, personne ne se cachait. Signe qu'ils se sentaient en sécurité, sans doute. Elle se demandait de si c'était un bon signe ou pas quand la porte derrière elle s'ouvrit à nouveau. Elle ne se retourna pas pour regarder qui arrivait, elle avait senti son parfum. Le parfum de l'huile et des pins. Le parfum du grand air. Son coeur s'accéléra douloureusement et une petite masse se mit à pulser à côté de son coeur. Décidément, la douleur ne se décidait pas à partir. Au contraire, elle était de plus en plus dure à gérer. De son côté, Ed sentit aussi un pincement violent dans son estomac. Malgré toutes les autres personne dans la pièce, elle était la première qu'il voyait, la première qu'il respirait. Ça allait être compliqué de rester à Central si à chaque fois qu'ils se croisaient, ce genre de douleur revenait.

- On a loupé un truc ? Demanda Alphonse

- Pas encore mais ça devrait bientôt commencer, Répondit Izumi

- C'est quoi le plan, si Bradoc et Klamar l'emportent ? Demanda Ed

- Je suggèrerai bien un petit meurtre mais je ne suis qu'une humble femme au foyer… Grimaça Izumi

- Oh, Maitre Curtis, vous êtes un officier de l'armée à présent… Soyez raisonnable... Répondit Mustang dans un sourire

- J'ai jamais caché que je ne me vendais pour autant à l'armée sans condition, contrairement à d'autres dans cette pièce, Dit Izumi en dardant son regard sur Ed et Mustang

- Et toc ! Chantonna Serena

Elle se tendit brusquement. Le speaker monta à la tribune. Le gouvernement n'était pas encore là, mais Ross non plus. Il fit sonner la cloche et le brouhaha se tut. Elle attrapa Roy par la manche et serra. Ils retenaient tous leur respiration quand le speaker annonça :

- Les Députés de la Nation Rassemblés ont eu à répondre à un vote de confiance du Président Ross à l'encontre du Premier Ministre Bradoc et de son gouvernement. Les votes ont eu lieu. Sur 500 voix, il y en a eu 497 exprimées. On ne compte aucun vote d'abstention parmi les députés votants. A la motion, « Maintenez vous votre confiance au gouvernement Bradoc », il y a eu 38 votes pour et 459 votes contre. Le Gouvernement du Premier Ministre a perdu la confiance du Parlement. Selon la Constitution de l'État d'Amestris, le Gouvernement est dissous. Des élections auront lieux le…

*o*

Un soupir général s'éleva du Parlement et du Balcon. Le Président Ross arriva alors dans l'hémicycle et salua les députés qui l'acclamaient. Il fit un court discours, saluant le courage du Parlement et promettant une enquête pour clarifier la situation. Il annonça la mise aux arrêts de Klamar et la dissolution des Soldats de l'Aube. Serena se pencha légèrement et croisa le regard de sa soeur, sur les bancs des Représentants. Elle lui fit un sourire et repris sa discussion avec celui qui était maintenant son premier adjoint. Serena dit alors :

- Alicia va sans doute demander des élections parmi les Expatriés. Elle va vouloir consolider sa position. Et de toute façon, on a besoin d'un deuxième Sous Représentant

- Tu vas te présenter ? Demanda Roy, sarcastique car soulagé

- Je peux pas être élue, je suis dans l'armée. Répondit elle en mimant un salut militaire.

- Dommage, t'aurai fait des étincelles…

- Ça c'est sûr. Et même par temps de pluie, contrairement à certains.

Elle se rassit et ferma les yeux. Elle était épuisée. Elle pensait pioncer pour le reste de la journée. Izumi appela alors Edward.

- Ed !

- Oui, Maitre ! Sursauta le jeune homme, avec un ton vaguement effrayé, comme à chaque fois que son maître prenait ce genre de ton avec lui

- Tu as pris une décision ?

- Concernant…

- Me force pas à être plus claire… Menaça Izumi

Ravalant sa salive, le jeune homme regarda le petit groupe. Ils avaient tous le regard fixé sur lui, à l'exception de Serena, qui semblait figée dans sa position de statue endormie. Edward secoua la tête. Il dit :

- Très franchement, je sais pas Maitre. Les derniers événements nous ont pas vraiment permis de penser à tête reposée.

- Je t'ai déjà dit ce que j'en pensais… Et toi, Mustang ? Ton opinion sur la question ?

Roy regarda les frères Elric et, après un regard rapide vers Serena, toujours les yeux fermés sur son banc, dit :

- Je serai en faveur de votre retour à tout les deux. Armstrong souhaite qu'Alphonse passe par l'École malgré tout mais…

- C'est ridicule, je n'ai plus grand chose à lui enseigner ! S'exclama alors Izumi

- C'est une question d'équité selon la Générale.

- Ridicule, Maintint Izumi

- Moi je… je suis pas sûr non plus Maitre. Je… Je crois que j'ai envie de le faire mais…

Alphonse regarda Serena à son tour. Sentant les regards qui pesaient sur elle, elle ouvrit les yeux et regarda la petite troupe. Elle dit alors :

- Vous attendez mon opinion à moi aussi ?

- A ton avis ? Demanda Izumi

- Ils ont pas besoin de mon autorisation. C'est des grands garçons, ils savent très bien prendre des décisions importantes sans prendre en compte ce que je pense de toute façon.

Elle aurait difficilement être plus frontale que ça. Pour la première fois, Edward eut envie de la secouer. De lui dire qu'elle n'avait pas le monopole de la souffrance. Que lui aussi avait eu mal, bien plus qu'il ne l'avait pensé possible, au point où il avait presque du se torturer physiquement pour la supporter, pour faire en sorte que la souffrance s'exprime quelque part. Il aurait voulu lui dire qu'elle était injuste, qu'il n'avait jamais voulu la laisser derrière lui. Il se contenta de dire, d'un ton agacé :

- C'est pas ton autorisation qu'on attend. C'est ton opinion. Tu dois bien en avoir une.

La petite troupe le regarda, surpris par le ton de sa remarque. Serena ouvrit les yeux et le regarda, visiblement agacée aussi. Elle se contenta de répondre :

- Qu'est ce qui te fait dire que j'ai une opinion sur le sujet ?

- T'as toujours eu une opinion sur tout, je vois pas pourquoi ça aurait changé !

La jeune femme se leva, comme électrisée. Ils se fixèrent longtemps et les alchimistes qui assistaient à la scène eurent un frisson sur la nuque. Le feu et l'essence, encore et toujours en présence l'un de l'autre, avaient quelque chose d'impressionnants. Serena respira un grand coup et dit, la voix basse :

- Tu devrais revenir…

- T'es sûre ? Demanda Edward, en la regardant bien dans les yeux

Ils n'étaient pas nombreux, ceux qui pouvaient fixer ce regard là sans ciller.

- Ouais. On a besoin de toi.

- La Guerre contre l'Autre côté en est à un point où on… Ajouta Mustang

- Non. Interrompit Serena en secouant la tête.

Mustang la regarda d'un air surpris et la laissa continuer :

- C'est pour ce que tu représentes qu'on a besoin de toi.

- Ce que je représente ? Demanda Edward

- T'es un héros. Une légende. L'alchimiste dont on a crié le nom pendant qu'il mettait le coup fatal à l'homonculus qu'on appelait Père.

Serena joua avec sa montre pendant quelques secondes avant de continuer :

- Les alchimistes d'état représentent quelque chose, l'ordre des Premium encore davantage. On est ceux dont on ne peut pas se passer, l'élite de l'ordre. Symboliquement, politiquement, on doit nous voir. Maintenant, quand on fait le bilan, on se rend compte de plusieurs choses. Roy est rarement envoyé sur le terrain, il dirige à moitié l'armée et il est responsable de Central. Le Colonel Armstrong est responsable de South City, lui aussi à autre chose à faire que de s'agiter sur le terrain. Maître Izumi reste à l'École et elle forme les prochains. Monsieur Marcoh fait en sorte que tout ce bordel s'effondre pas. Qui est ce qui reste ? Qui est envoyé régulièrement au contact du Peuple ?

- Toi. Et Sayuri. Répondit Edward

- Exactement. Les expatriées. Et c'est très cool. Les gens nous aiment bien. C'est important qu'on soit là, on est des symboles. On montre que les expatriés luttent aussi contre l'Autre Côté. Mais tu remarqueras que ce vote n'a pas eu à l'unanimité. Il y a encore des gens qui pensent qu'il vaut mieux mettre un dingue au pouvoir que de soutenir un Président qui a une politique en faveur des expatriés.

Elle rangea sa montre dans son pull et soupira. Toujours en regardant Edward bien dans les yeux, elle continua son discours. C'était comme si le reste de la pièce avait disparu et qu'ils étaient seuls au monde.

- Toi et ton aura chez les Alchimistes Premium, ça rassurera pas mal de monde. Ça donnera l'impression au Peuple qui te verra qu'on est encore plus fort qu'avant, qu'on peut que gagner puisque t'es là. T'as abattu la dernière menace qui pesait sur ce monde, la nouvelle a aucune chance si t'es là. Et puis surtout, ça prouvera que l'Ordre des Premium n'est pas juste la caisse de raisonnance de la politique pro expatriée. Que c'est véritablement un ordre d'élite pour les meilleurs alchimistes du pays. Et qu'on peut tous lutter côte à côte pour gagner cette guerre et rendre la vie des citoyens de ce pays un peu meilleure.

Elle eut un quart de sourire et déclara, avec un sous ton ironique :

- Et puis accessoirement, tu serais sans doute très utile pour de vrai sur le terrain. Je suis presque certaine que ta réputation est pas totalement surestimée et que tu dois valoir quelque chose en terme d'alchimie.

Cette dernière remarque arracha un sourire à Edward et alluma son regard. Elle avait la même lueur dans les yeux. Ed dit alors :

- OK.

- OK tu re-signes ? Demanda alors Mustang

- OK je suis convaincu mais non, pas tout de suite. Précisa alors Edward, en regardant le Général

- Pourquoi pas ? Demanda Serena

- Parce que je suis pas le seul que cette décision va impacter. Donc je dois lui en parler avant de m'engager à quoique ce soit.

- Ah. Oui. Bien sûr. Fais donc. Super

Elle eut un soupir bref et s'adressa alors à Mustang :

- Sur ces bonnes paroles, je vais aller finir le rapport sur cette mission débile que tu m'as refilé avant que toute cette merde ne commence. Retour à la vie normale pour l'Alchimiste de Lumière. Youpi.

Elle se dirigea alors vers la porte et sortit de la pièce sans rien ajouter. Une fois dehors, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle les essuya d'un geste rageur. Il fallait bien qu'elle finisse par craquer, elle se retenait depuis des heures, des jours presque. Elle appréhendait tellement ce jour et il ne s'était pas tout à fait passer comme dans les fantasmes qui lui traversaient l'esprit certaines nuits. Il lui fallait un refuge, un endroit sûr où elle serait seule, où elle pourrait ouvrir le coffre de son esprit pour se laisser envahir en toute discrétion et craquer un bon coup avant de reprendre sa route.

*o*

La nuit commençait à tomber quand Serena passa la porte de la Caserne en saluant le Caporal Émeris, toujours aussi enthousiaste pour un rien. Elle avait passé deux bonnes heures à pleurer et à somnoler dans un labo obscur de la Maison des Alchimistes. Puis elle avait rejoint Sayuri pour bosser sur un truc qui tracassait son amie dans son bureau. C'est là qu'elle avait reçu un message (mystérieux pour pas grand chose) de sa petite soeur. En substance, Alicia lui demandait de venir prendre la garde de Léna. Lio et Maël étaient occupés à célébrer le vote favorable à Ross et aux expatriés en général. Sa frangine avait visiblement de faire la même chose avec son amoureux secret, qui devait « être encore plus secret maintenant qu'elle avait encore plus de responsabilités officielles ». Serena soupira. Quelle idée de faire autant de mystère… À croire qu'ils se complaisaient dans le drama. Elle fit un détour par la pelouse pour rassembler les quelques jouets que Léna et ses copains avaient laissés là. Brusquement, elle sentit une présence dans son dos et se retourna, prête à l'attaque. Quand elle vit qui se tenait derrière elle, elle haussa les sourcils de surprise et se figea un peu. Voilà bien la dernière personne avec laquelle elle avait envie d'avoir une discussion à l'heure actuelle.

- Je vous dérange ? Demanda Winry d'un ton poli

- Et bien… disons que je n'ai pas forcément envie qu'on discute. Répondit Serena avec un sourire forcé

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Et ben disons que… Enfin, ça me semble assez évident. Suffisamment en tout cas pour que j'ai pas besoin de l'exprimer à voix haute Dit Serena avec un sourire en coin

« Tu couches avec le type dont je suis amoureuse. Je le sais, tu le sais, nous le savons, on va quand même pas en écrire un roman » Pensa la jeune femme. Winry eut un quart de sourire, qui disparu vite. Son expression était froide. Oui, elle le savait, tout ça.

- Vous avez raison. On a aucune raison de s'entendre

- Aucune non. Bonne soirée alors, dit Serena en lui tournant le dos

- Pas si vite !

Serena soupira et se tourna, un air agacé sur le visage

- Vous n'aviez pas à faire ça. C'était cruel ! Explosa alors Winry

- Va falloir être plus précise dans vos accusations. J'ai fait plein de choses douteuses ces derniers temps. Soupira Serena

- Lui faire croire qu'il était le père de la petite fille. C'était cruel. Vous en aviez conscience ? Vous connaissez son histoire avec son père ?

- Oui, je suis au courant. Il a eu l'occasion de m'en parler

Winry grimaça, au grand plaisir de Serena. « Ben oui ma cocotte, qu'est ce que tu crois ? J'en sais des choses parce qu'il m'en a dit des choses. Tu te croyais unique, tu l'es pas. Moi, je l'étais. Toi, tu le seras jamais. ». Winry semblait pouvoir lire dans l'esprit de Serena, parce qu'elle grimaça encore davantage. L'alchimiste se défendit toutefois :

- Je lui ai rien fait croire du tout. J'ai dit la stricte vérité

- Vous n'avez pas non plus dit le contraire. Vous le saviez qu'il allait déduire qu'il était son père et qu'il l'avait abandonné. Il a vécu le martyr pendant ces dernières heures… S'exclama Winry

- Oh pitié ! Avec un minimum de réflexion, il aurait fini par comprendre tout seul. A croire que quelque part, il avait un peu envie d'y croire à ses rumeurs ! Se défendit Serena

- Donc vous reconnaissez qu'il y a des rumeurs !

- La plupart des gens n'y croient pas. Ils voient bien que Léna n'appelle Maman ni ma sœur ni moi. Ils savent aussi qu'au vu de son âge, ça ne cadre pas tout à fait et avec un minimum de réflexion, on finit par s'en rendre compte. Ces rumeurs sont stupides et il aurait fini par le comprendre

- La plupart des gens ça n'est pas tout le monde !

- Je suis pas responsable de ce que les gens décident de croire !

- Vous êtes responsable du fait que vous les laissez courir malgré tout ! S'énerve Winry

- Je vais être claire. Je n'ai aucune intention de démentir publiquement la rumeur qui veut que Léna soit la fille biologique d'un des frères Elric. Dit Serena, la voix dure

- Pourquoi ? C'est une stratégie ? Pour essayer d'en récupérer un ?

- N'importe quoi… S'agaça Serena

- Alors expliquez vous !

- Je ne vois pas en quoi je vous devrais des explications ! Surtout à vous. Mais je vais vous les donner quand même.

Serena se rapprocha de Winry, qui ne recula pas.

- Ed vous a dit exactement ce que je lui ai dit ? A propos de Léna ?

- Que c'était une petite fille parfaite, que vous feriez tout pour la protéger et qu'il n'avait rien à faire dans sa vie, Répondit Winry, froidement

- Belle mémoire. C'est tout à fait exact. Je ferai n'importe quoi pour la protéger. C'est ma petite sœur. Et surtout c'est une petite fille innocente. Elle est née de l'Autre Côté. C'est une expatriée. Comme moi, comme ma sœur Alicia

- Où voulez vous en venir ?

- Vous avez vu comme ces gens nous détestent ? Ils nous prennent pour des monstres, des sorcières. C'est les plus extrémistes mais ne croyez pas que ces idées ne sont pas plus largement répandues dans la population. Pour l'instant, on est protégé, on nous laisse vivre, on nous inclus même. Qu'est ce qui vous dit que la dynamique ne va pas changer ? Que les idées noires ne vont pas gagner ?

- On a connu la dictature et l'intolérance dans ce monde. On y retournera pas, Affirma Winry avec conviction

- Oh, ma douce enfant de l'été ! Ironisa Serena

Winry leva un sourcil. Elle avait déjà entendu Ed sortir cette expression. Cela la perturba mais elle soutint le regard de Serena

- Dans le pays où je suis née, on avait aussi connu des périodes sombres. Je suis née dans un pays démocratique et en paix. On se disait la même chose, « plus jamais ça ». Quand j'ai atteint l'âge adulte, mon monde était sur la voie de l'obscurité. Il s'y est noyé aujourd'hui. Ça a pris 20 ans, à peine. Votre démocratie à vous est jeune et fragile. On est dans un contexte de guerre et de migration. C'est dangereux. Les choses peuvent changer. On peut nous rejeter.

Elle s'approcha encore un peu plus près de Winry.

- Ils ne s'en prendront pas à ma sœur Alicia. Elle s'est trouvé une place, politiquement. Elle est très douée pour ça et en plus, elle a… disons des relations qui pourront la protéger le moment venu. Moi, je me suis transformée en arme redoutable et en super outil de propagande. Ils auront du mal à s'en prendre à nous. Mais ma toute petite sœur… quelle est son utilité, sa valeur ajoutée ?

- C'est une enfant… Se contenta de répondre Winry en fronçant les sourcils

- Vous pensez que les gens que vous avez vu ce matin auraient des scrupules de s'en prendre à une enfant ? Pour eux c'est une expatriée. Alors que… si ils pensent qu'elle ne l'est pas entièrement… si ils pensent que son père pourrait être d'ici… alors ça lui donne une chance en plus…

Winry resta silencieuse. Son regard restait buté. Serena murmura

- Si vous ne comprenez pas ça… si vous ne tolérez pas qu'il existe des rumeurs comme quoi votre amoureux ait pu avoir un bébé avec quelqu'un d'autres que vous, alors même que vous savez que c'est faux… si vous n'acceptez pas que ces rumeurs existent en sachant qu'on les laisse courir pour la sécurité d'une enfant innocente… alors définitivement, on a rien à se dire…

Les deux femmes se toisèrent quelques secondes. Serena finit par lui sourire et lui dit :

- Je crois que cette conversation est finie ?

- Je crois aussi…

- Bien… embrassez Ed pour moi… sur la nuque, juste en dessous de l'oreille. Dans mes souvenirs, il appréciait…

Winry hoqueta et rougit de colère. Le sourire de Serena s'élargit, elle tourna les talons et s'en alla dans un regard en arrière.

*o*

Izumi regarda Edward et lui dit :

- Ta décision est prise ?

- Oui Maitre...

- Bien. Tu vas pouvoir rester dans cet appartement. En tant qu'Alchimiste d'État Premium, il peut t'être attribué.

- Et concernant Alphonse et Winry ?

- C'est ta famille. Ils peuvent rester, si ça ne les dérange pas de vivre dans une Caserne. Personnellement...

Elle haussa les épaules et dit :

- La Générale maintient cette idée stupide de faire suivre le cursus à Alphonse. J'ai insisté pour qu'au moins, il n'ai pas à passer les examens primaires. Il entrera à l'école avec ceux qui viennent de l'obtenir, d'ici trois semaines. Ça fera deux ans de perdu. Moins, si je peux faire en sorte qu'il entre en apprentissage plus tôt.

- Bien Maitre...

- Il faut parler de la cérémonie

- Quelle cérémonie ?

- Celle d'intronisation à l'Ordre des Alchimistes Premium. Tu as été Alchimiste d'État mais tu n'as encore jamais été Premium. La Générale Armstrong semble vouloir rendre ton retour le plus public possible. C'est politique.

- J'ai pas eu de cérémonie, la dernière fois... Nota Edward

- Ça m'étonne pas. On en fait une pour chaque génération, les Chercheurs et les Praticiens la subissent en Promotion. Les Premiums, on en intronise pas tous les jours. Donc c'est un peu plus grandiose.

Elle se tut quelques secondes puis précisa :

- Ça peut être émotionnel, certains trouvent ça joli. Tu peux inviter des civils, si tu veux

- J'ai hâte d'y être. Sourit Edward

- Tu vas devoir te faire faire un costume de cérémonie.

- Le truc bleu là ?

- Ouais. T'es pas obligé de le porter tout le temps. A part pour les cérémonies quoi... Il est moins lourd que ceux des autres militaires. Mais très lourd quand même.

- Si c'est obligé...

- Il te faudra aussi te choisir un surnom. Précisa Izumi avec un sourire

- Ah on peut le choisir cette fois ?

- Normalement, c'est une discussion avec l'Alchimiste et son Maitre. Si tu veux changer... Il te faut un sceau aussi. Et tu peux choisir une musique de conclusion. La Bibliothèque de Central a une section de musique. Et puis, il y a évidemment celle du Premier Refuge si tu veux prendre quelque chose de l'Autre Côté. Sayuri en avait choisit une très drôle. Serena avait pris un truc d'un film je crois.

- Je vais y penser.

- Lors de la cérémonie, tu es accompagné par ton Maitre. Celui avec qui tu es censé avoir fait ton ou tes années d'apprentissage. C'est elle ou lui qui t'accompagne jusqu'aux représentants de l'État Major. C'est le Maitre qui te présente, qui donne ton surnom et tout le toutim.

- Ben c'est vous ça... C'est vous mon Maitre... Dit Edward, légèrement interloqué

- C'est ce que je voulais te demander.

- Ben évidemment que c'est vous, mon Maitre !

Izumi eut alors un sourire. Elle dit alors :

- Si ça te va, j'aimerai inviter mon époux dans ce cas. C'est la première et sans doute unique fois où j'introniserai un Alchimiste Premium.

Edward eut un sourire confus et un peu ému face au sourire de son Maitre.

*o*

Le Grand Hall bruissait de diverses rumeurs. À gauche, les civils étaient rassemblés. Comme promis, Sig Curtis était présent et semblait immense au milieu de la foule, dans une attitude fière et vaguement menaçante. La paluche qu'il avait fait sonner contre la main puissante du Colonel Armstrong, qui se tenait dans les rangs en face, semblait résonner encore dans la salle pourtant immense. Le nombre d'invités étaient considérables. Les frères Elric n'avaient jamais eu le courage ni la force de faire le grand tour de tout ceux qui les avaient aidés dans leurs quêtes, Edward avait donc l'intention de profiter de la soirée qui lui était imposée pour accomplir ce devoir là. Il y avait le couple Halling, de la mine de Youthwell qui saluait avec bonheur leur fils Alchimiste, qui se tenait fièrement dans les rangs des militaires. Le quatuor de chimères devisaient tranquillement avec Rose, qui avait revêtue sa plus jolie robe. Winry, à ses côtés, avait l'air un peu stressée. Sa meilleure amie Paninya et sa grand mère Pinako l'aidaient un peu à se donner une contenance. Parmi les plus jeunes, on trouvait aussi les frères Tringham, qui avaient très envie de discuter avec Izumi Curtis et Pitt, l'ami d'enfance des deux frères, qui évitait avec application de regarder Winry et gardait le regard fixé sur le Docteur Marcoh, notant en mémoire l'ensemble de question qu'il souhaitait lui poser. Alphonse était déjà engoncé dans son uniforme très inconfortable d'apprenti alchimiste et enviait la légerté du kimono de May Chang, qui avait été envoyée par son empereur de frère pour le représenter officiellement. Citer tout le monde semblait fastidieux tant il y avait du monde pour célébrer Edward Elric.

Un invité toutefois attirait et faisait fuir tous les regards en même temps. Dans son costume de moine d'Ishbal, l'homme qu'on appelait Scar se tenait silencieux et digne. Il n'y avait bien qu'Edward Elric pour réussir à faire venir un moine d'une religion qui trouvait l'alchimie impie à une intronisation d'alchimiste d'état. Les journalistes, présents dans un coin, grattaient frénétiquement leurs calepins. Il y aurait beaucoup à dire, et ce, pour des jours encore. La nouvelle du retour dans l'élite du héros du Jour Promis faisait déjà vendre des journaux à foison. Le public se régalerait des détails. Certains journalistes (pas les plus brillants) regardaient avec fébrilité au premier rang des militaires. Comme le voulait le protocole, tous les Premiums se devaient d'être présents pour accueillir leur nouveau camarade. Serena Wolfe, dans son uniforme bleu aux insignes scintillants, tirait une tronche de six pieds de long. Sa meilleure amie lui murmurait :

- Arrête de tirer sur ton col...

Serena allait répondre mais elle fut interrompue par l'officier du protocole qui clama haut et fort

- Messieurs ! Mesdames ! Veuillez accueillir Le Lieutenant-Colonel Izumi Curtis, Alchimiste au Foyer ainsi que son apprenti

Un bref sourire habilla le joli visage de Serena, comme à chaque fois qu'elle entendait le surnom choisi par son ancien maître. Mais elle reprit une façade morose. Hors de question qu'on puisse penser qu'elle était ravie d'être là. Elle ne tourna même pas le regard vers la Grande Porte de la Maison des Alchimistes. La foule, silencieuse, regardait Izumi Curtis descendre lentement la travée, suivie à deux pas protocolaires par Edward dans son uniforme tout neuf. Un silence solennel était tombé sur le Hall. Sur les marches du grand escalier se tenaient alignés Mustang, le nouveau premier ministre, Tim Marcoh, ainsi que le Président Ross et la Générale Armstrong, tous deux au centre. Cette dernière poussa l'exclamation de rigueur dès que le maître et l'apprenti furent arrivés devant eux.

- Garde à vous ! Repos !

La cohorte des militaires (et quelques civils confus) suivirent les ordres dans une remarquable syncronisation. Le Président Ross, de sa voix de baryton, demanda alors solennellement à Tim Marcoh de procéder à la cérémonie. Le Directeur sourit et quitta les marches pour se placer devant Izumi Curtis, qui retenait un peu sa respiration. Il lui demanda :

- Maitre Curtis, quelle est le nom de cet homme ?

- Edward Elric, Monsieur le Directeur, Répondit alors Izumi, la voix claire

- Affirmez vous avoir formé Edward Elric à l'Alchimie, Maitre Curtis ?

- Au meilleure de mes capacités et de mes connaissance, j'ai formé Edward à l'Alchimie

- Le pensez vous prêt à rejoindre les rangs des Alchimistes d'État, Maitre Curtis?

- Je le pense bien plus que prêt

- Le pensez vous digne d'appartenir à l'Ordre des Alchimistes Premium ?

- Sur mon honneur, oui

Edward cligna des yeux. Il jeta un regard à Alphonse dans le public, puis à Winry qui lui fit un grand sourire. Marcoh continua ses questions :

- Avez vous choisi ensemble le surnom que portera Edward Elric et qui rentrera dans l'histoire de notre Ordre ?

- Le surnom est déjà entré dans l'histoire, Marcoh. Edward est l'Alchimiste Fullmetal.

Une légère rumeur bruissa dans les rangs du public. Il avait choisi de garder son surnom, celui qui lui avait été attribué par le régime de King Bradley. Celui avec lequel il avait abattu les homonculus. Sur sa marche, Roy Mustang eut un sourire. Il se souvenait de la fierté sauvage du très jeune garçon qu'était alors Edward quand il lui avait donné ce fameux surnom. Il aurait pu en changer mais au fond, il était logique qu'il le garde. Marcoh tendit la main vers une boite, qu'il remit à Izumi Curtis.

- Le sceau que vous avez choisi a été gravé sur cet objet. Je vous laisse le transmettre, comme un symbole et un poids, à l'Alchimiste Fullmetal.

Izumi ouvrit la boite et en sortit la Montre en Or scintillante. Elle passa un doigt sur la Croix de Flamel qui y avait été gravée, prit une grande inspiration et se tourna vers le jeune homme. Elle croisa son regard et y trouva la même détermination que lorsqu'il était enfant.

- Ed... Jures-tu fidélité aux valeurs et aux enseignements que je t'ai transmis ?

- Oui, Maitre, Répondit alors Edward d'une voix forte, qui ne tremblait pas

- Jures tu de protéger Amestris et sa Population ?

- Oui Maitre

- Jures tu de défendre les valeurs de la République et de la Démocratie de tout ton art et de toutes tes forces ?

- Oui Maitre

- Jures tu de suivre la Devise des Alchimistes d'État ?

- Oui Maitre

- Quelle est elle ?

- Alchimiste, au service du Peuple, Clama-t-il

Les Alchimistes rassemblés derrière lui répétèrent alors cette devise. Ils faisaient corps ensemble à présents, unis tous ensemble par cette même volonté, d'être au service du peuple. Un frisson parcouru la salle. Izumi eut alors un grand sourire en remettant la Montre entre les mains tendues d'Edward.

- Bienvenu parmi nous, Ed...

Une slave d'applaudissement retentit alors des deux côtés de la salle. Izumi se retira alors sur un côté, les larmes aux yeux. Edward regarda alors la Générale Armstrong et le Président. Olivier Mira attendit que la foule se calme et annonça alors :

- Edward Elric, Alchimiste Fullmetal, en tant que Générale des Armées d'Amestris, j'accepte votre intronisation dans l'Ordre des Alchimistes Premium. Par ma décision, vous recevez dès maintenant le grade de Lieutenant.

La musique de clôture, traditionnellement choisie par le nouvel intronisé, éclata dans la salle, noyant les rumeurs. Elle sembla souffler tout le monde par sa puissance. Serena, elle, sentit son cœur battre plus vite. Il avait quand même pas fait un truc pareil ?

*o*

La cérémonie terminée, un buffet fut dressé par l'équipe mise en place par Izumi, qui surveillait la fluidité de la soirée d'un air sévère. Edward profitait de cette remarquable gestion pour pouvoir recevoir les félicitations et les nouvelles de tout le monde. Il avait un peu appréhendé qu'on lui fasse certains reproches ou qu'on lui pose certaines questions mais tout le monde semblait globalement ravi d'être là. Scar resta peu mais prit le temps de venir le voir, de lui serrer la main longuement avant de lui dire :

- Je pense que tu as trouvé le chemin de ton Dieu, Edward Elric.

Avec un sourire, le moine se retira tranquillement, non sans saluer de la tête la Générale Armstrong. Cette dernière observa avec satisfaction les journalistes raconter ce qu'elle voulait qu'ils racontent. Le retour du fils prodige et prodigue rendait espoir à tout le monde, accordait tout le monde. Au bout d'un long moment, Edward parvint à se débarrasser d'un Colonel Armstrong expansif (en jetant son frère dans ses bras) et à se diriger vers le buffet. Il n'eut pas le temps de se servir qu'il entendit une voix l'interpeller derrière lui.

- C'était Duel of the Fates.

Il se tourna, croisant sans surprise le regard de Serena. Elle avait détaché son uniforme réglementaire, comme à peu près tous les militaires présents dans la pièce à ce stade de la réception, lui compris. Elle le regardait bien dans les yeux, avec son regard bleu hypnotisant, pleins de questions auxquelles il craignait de ne pas pouvoir répondre.

- C'est la musique de Star Wars que je préfère.

- Je sais.

Elle avait un air vaguement agacé. Ils avaient eu un nombre incalculable de débat à propos de Star Wars, y compris sur sa musique. C'était pas tout à fait ça qu'elle voulait savoir.

- Pourquoi t'as pris une musique de Star Wars ?

- Parce que je suis l'élu… Ironisa Ed

Serena haussa les sourcils et ne put retenir un sourire :

- Celui qui rétablira la balance entre les forces du bien et du mal ?

- Pas tout à fait. Je pensais plutôt être celui qui doit rétablir l'équilibre entre les forces de ce monde et de l'autre. C'est pour ça que je suis important non ? Pour ça qu'il fallait que j'accepte d'intégrer l'ordre.

- Si on veut… Répondit Serena

- T'as pas l'air convaincue…

- Je pensais que c'était moi, l'élue de la Force qui allait rétablir l'équilibre entre les deux mondes…

- C'est vrai que ta candidature est prometteuse. Peut être que c'est pas pour ça que j'ai voulu mettre cette chanson alors

- Et tu vas finir par me dire pourquoi ?

- Peut être que je voulais rappeler à tout le monde que j'étais pas qu'un natif d'Amestris. Que j'avais vécu de l'Autre Côté. Que j'y ai trouvé de belles choses, certaines que j'ai aimé. Et que je serai pas uniquement la caution native dans la guerre contre l'Autre Côté.

Serena cligna des yeux rapidement et retint sa respiration. Edward profita de son silence pour demander :

- T'avais choisi laquelle toi ? Tu l'as prise dans quel opus ?

- Comment tu sais que j'ai choisi une musique de Star Wars…

- Je sais que t'as choisi la musique d'un film. Une fois qu'on sait ça, ça semble évident.

- J'avais choisi… Across the Stars. Répondit Serena après une hésitation

- Oh. Un choix intéressant. Un morceau de l'attaque des clones… S'étonna Edward

- Ça reste un beau morceau.

- C'est sans doute un des plus beaux ouais.

C'était la ballade romantique de la prélogie, celle d'Anakin et Padmé, l'amour maudit, dont l'issue avait condamné une galaxie entière.

- Pourquoi t'avais choisi celle là ? Je croyais que ta préférée c'était le thème de la Princesse Leia…

- Ça l'est toujours. Mais Across the Stars m'a semblé… enfin disons que c'est un peu devenu la bande originale de certains moments de ma vie dont je voulais me rappeler alors que j'étais intronisée.

- Je vois.

Serena retint encore sa respiration, comme si elle retenait autre chose. Puis elle soupira longtemps et dit :

- Profite bien de ta soirée

Et sans dire un mot de plus, elle tourna les talons et s'en alla, laissant derrière elle une vague odeur de fleurs qui serrait encore et toujours le coeur d'Edward dans sa poitrine. Il aurait bien voulu faire comme dans les films, lui courir après, l'empêcher de partir, la serrer dans ses bras et la sentir encore une fois si légère contre lui. Juste encore une fois. Mais il y avait quelque chose qui l'en empêchait. Ou plutôt quelqu'un, qui arriva juste derrière lui à cet exact moment.

- Ça va ? Demanda Winry, d'une voix peu assurée

- J'ai faim et tout le monde m'empêche de manger. Soupira-t-il

- Elle part ? Demanda la jeune femme en montrant la silhouette de Serena qui passait effectivement la porte, suivie quelques secondes après par un Malo pressé.

- Je suis même surpris qu'elle soit restée si longtemps. Confirma Edward

- Elle te voulait quoi ?

- Me demander pourquoi j'avais choisi cette chanson

- Et tu lui as répondu quoi ?

- Que je l'aimais bien. La chanson. Sourit Ed en regardant Winry

*o*

- Tu restes pas ? Clama alors Malo, en rattrapant Serena dans les couloirs de la Maison des Alchimistes

- Pourquoi je resterai ? Déjà qu'on m'a obligée à venir

- C'est la tradition

- Ouais ben j'emmerde la tradition...

- Il aurait pas accepté de revenir si tu lui avais pas donné le feu vert... Nota Malo, en attrapant Serena par le bras

- Je sais. J'essaie de prendre des décisions d'adulte ces derniers temps. C'est pas simple.

- Réna, tu...

Elle leva alors un doigt, pour l'interrompre. Elle fronça les sourcils. Elle avait entendu un bruit venant d'une des salles de travail. Tout le monde était resté à la réception, aucun alchimiste n'était dans les murs. Alors... Elle ouvrit la salle et eut alors le réflexe de se baisser alors qu'on lui tirait dessus.

*o*

Les journalistes bruissement de satisfaction quand ils constatèrent que Serena Wolfe était de retour à la réception. Ils avaient tous entendu parler de la relation amoureuse maudite qui avait unis les à présent deux collègues et les plus avides d'entre eux avaient déjà hâte de faire un peu de beurre dessus. Tout le monde s'attendait à ce qu'elle quitte la réception rapidement mais la voir revenir en trombe était la promesse d'un peu de grabuge dans une soirée qui se passait jusqu'à présent trop bien. L'un d'entre eux s'approcha de la jeune femme et lui demanda :

- On peut avoir une petite exclusivité sur vos émotions, Commandant ? Quelles sont vos appréhensions ? Est ce que ça n'est pas trop douloureux de…

- Fermez là un peu ! Grommela la jeune femme en repoussant le gratte papier.

Elle avait repéré sa cible et s'avançait vers elle d'un air déterminé. La Générale Armstrong la vit arriver avec un air vaguement circonspect, encore davantage quand elle remarqua que l'uniforme de cérémonie qu'elle portait grand ouvert était un peu déchiré par endroit.

- Je sais que vous n'aviez pas très envie de venir, Commandant mais de là à…

- Je suis désolée de vous interrompre mon Général mais j'ai quelque chose de très important à vous montrer.

Olivia haussa les sourcils et dit :

- Me faire quitter la réception à cette heure, voilà qui ne passera pas inaperçu. Ça pourrait être interprété comme…

- Je sais que ça se fait pas, mon Général mais je me permets d'insister très fort.

Serena se tenait droite devant elle et son regard était sérieux. Olivia connaissait suffisamment bien son jeune officier pour comprendre que quelque chose de grave devait effectivement être en train de se passer, quelque chose qui méritait qu'on laisse de côté la symbolique et la politique. Elle hocha doucement de la tête et suivie Serena jusqu'à la sortie. Cette dernière chercha alors Mustang du regard et une fois qu'elle l'eut capté, lui fit un petit signe du menton. Sans poser de question, connaissant son apprentie par coeur, le Général abandonna sa conversation avec Cherry Eckart pour suivre les deux femmes vers l'extérieur. Une rumeur naquit très vite et Winry fronça les sourcils, disant d'un air agacé :

- Vraiment, elle manque pas d'air, celle là…

*o*

- On les a trouvé en train de fouiller. Dans une des salles de travail, Dit alors Malo en montrant un petit groupe d'une dizaine d'hommes, inconscients ou bâillonnés.

- Qu'est ce qu'ils faisaient ? Demanda Roy en fronçant les sourcils

- Apparemment, ils préparaient un sabotage... Répondit Serena

- Répugnant. Vous les avez arrêtés, je vous félicite, Commandant. Pourquoi ça nécessitait une attention immédiate de notre part ? Demanda alors Olivia

- Vous devriez entendre de qui ils se réclament... Dit alors la jeune femme, en retirant le bâillon d'un d'entre eux

L'homme s'agita alors et regarda les quatre militaires d'un œil mauvais. Et, la rage au cœur, il s'exclama :

- Gloire à King Bradley, notre Führer et Généralissime ! Morts aux usurpateurs ! Gloire à Amestris !

Le regard froid, la Générale des Armées assomma le comploteur avec la garde de son épée.