Bonjour à tous et à toutes,

Vous vous souvenez du preview du dernier chapitre de Seamus ? Et bien… Comme cette fois-là… J'ai envie de dire… Âmes sensibles, s'abstenir… Encore un chapitre peu réconfortant… :-/ bien que sur une toute autre thématique…

Vous m'en voyez désolée… Vraiment… Mais avouez que vous vous en doutiez… c'est un chapitre « Ginny » quand même !

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Sinon, petit point de situation ? Chapitres 105 à 107 terminés, 108 et 115 quasi finis, les autres, jusqu'au 118 sont en cours de rédaction (entre le tiers et les trois-quarts de rédigés selon les chap) et le « tiré à part » pour l'été sur nos amis Geohan est également sur les rails… Comment dire… On a encore du taf avant d'arriver au bout de cette histoire…

Bon… Du coup…

Vous êtes prêts ? Alors, allons-y !

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Dans les épisodes précédents : "Terence ayant révélé à Ginny être le père d'Ashley Parkinson, ils réussissent à obtenir une garde alternée, ce qui n'est pas sans provoquer certains remous chez les Weasley".

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Bonne lecture et à bientôt !

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Chapitre 104 – Ginny

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fin mai 2005

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Ashley tendit sa main vers son père qui haussa un sourcil.

- Tu es assez grand pour marcher tout seul, affirma tranquillement Terence.

- Mais. Harry dit.

- Harry n'est pas ton père, le coupa Ginny vivement.

Le petit ouvrit la bouche et se ravisa. Elle était convaincue qu'il voulait lui renvoyer qu'elle n'était pas sa mère, elle. Elle pinça les lèvres. Heureusement pour chacun d'entre eux, il avait fini par comprendre que ce type d'impertinence ne le menait nulle part.

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Elle accéléra le pas et les dépassa. Elle avait beau avoir essayé de toutes ses forces, elle n'aimait pas ce gosse. Elle devait même reconnaître qu'elle avait tendance à le détester. Il l'agaçait prodigieusement.

Dès qu'il ouvrait la bouche, elle ressentait une tension dans les épaules. Elle ne supportait plus de l'entendre chouiner, de le voir lui répondre et la provoquer. Elle était l'adulte, par Merlin.

Ce n'était pas à lui de décider de ce qui était bon pour lui ou non. Fort heureusement, Terence était bien d'accord avec elle. Il ne le laissait pas déborder et, il s'agissait bien là de son seul soulagement.

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Si Ginny avait osé le dire à haute voix, elle aurait pu reconnaître que devoir s'occuper d'Ashley l'avait presque vaccinée de l'envie de faire un enfant. Si il n'y avait pas eu Terence, elle aurait probablement totalement abandonné ce projet mais, pour lui, elle se sentait encore capable de faire cet effort.

Chaque mois, il lui concoctait des potions au Trèfle Rouge qu'elle prenait scrupuleusement. Elle avait moins peur de ne pas arriver à lui donner un enfant. Elle avait confiance en lui et savait qu'il ne ferait jamais que le meilleur pour elle.

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Ginny entra la première au PortoPort du Chemin de Traverse. Il leur restait encore quelques minutes avant de prendre le Portoloin qui les amènerait à Tinworth. Ashley était encore trop jeune pour transplaner avec escorte, et son père détestait voyager par Cheminette.

Encore une raison de plus pour en vouloir à ce gamin. S'il n'avait pas été là, elle n'aurait pas eu à supporter les nausées provoquées par ce mode de transport. Elle n'aurait d'ailleurs même pas eu à se rendre à la Chaumière aux Coquillages.

Certes, elle appréciait son neveu et ses nièces toutefois, en réalité, sa présence n'avait absolument rien d'indispensable à un goûter d'enfants… Mais non. Évidemment non.

Dominique et Victoire avaient requis la présence d'Ashley et, Ginny et Terence qui en avaient la garde tous les week-end, n'avaient eu d'autre choix que de l'y accompagner. Par Merlin, ce gamin lui en faisait voir de toutes les couleurs. Qu'il était difficile de ne pas lui en vouloir pour tout !

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Le départ étant imminent, la rousse inspira profondément et redressa les épaules en s'emparant du poignet du petit. Ils se sentirent tirer par le nombril et atterrirent tout aussi vite dans les Cornouailles, prêts à longer la côte jusqu'à la demeure de Bill et Fleur.

Ginny se sentit immédiatement mieux en arrivant à destination et relâcha son beau-fils. Elle avait toujours adoré cet endroit. La Chaumière dégageait une chaleur apaisante et avait littéralement été un refuge pendant la guerre.

Elle remonta le chemin et, quand son regard se porta sur la tombe de Dobby, elle ne put empêcher un sourire triste de naître sur ses lèvres. Elle emmêla ses doigts à ceux de Terence qui venait de poser sa main sur l'épaule de son fils.

- Tu ne cours pas, Ashley. On va saluer ton oncle Bill et ta tante Fleur et, seulement après tu pourras aller jouer avec tes cousines.

Le petit ouvrit la bouche pour protester et se ravisa, une fois de plus. Ginny ne pouvait nier qu'il avait l'air au bord des larmes. Elle sentit poindre une once de culpabilité et se raisonna. Son père savait ce qu'il faisait.

Ils avancèrent de front, avec calme, tandis que des cris et des rires émergeaient des quatre coins du jardin. Ils trouvèrent Bill devant un barbecue de pierre, invoquant des braises incandescentes, tout prêt à faire griller des travers de porcs qui avaient dû mariner toute la nuit.

L'aîné Weasley enlaça affectueusement sa soeur, embrassa le petit et, ravalant sa chaleur, serra la main de Terence sans un mot. Ginny, particulièrement gênée, se racla la gorge.

- Où est Fleur ?

- Elle est partie baigner Louis qui a eu la bonne idée de ramper dans le potager… s'exclama Bill en levant les yeux au ciel.

Elle eut un sourire amusé et regarda son frère s'accroupir.

- Ash', tu devrais rejoindre les filles. Regarde ! Elles sont là-bas.

Le petit lança un regard brillant à son père qui hocha la tête.

- Tu peux y aller, oui.

Il ne se le fit pas dire deux fois et s'enfuit à toutes jambes, se retenant de justesse de plaquer Victoire au sol en n'arrivant qu'à peine à freiner, entraînant un soupir agacé de son père.

- C'est de son âge, affirma Bill implacable

Il lança un regard froid au mari de Ginny qui força un sourire, tout aussi glacial. Il regarda au loin.

- Ron est arrivé ?

Son frère pointa l'Est en remuant ses braises d'un mouvement de baguette. Terence le remercia aussi poliment que sobrement, embrassa la joue de son épouse et s'éloigna, sans demander son reste. La rouquine se racla à nouveau la gorge, amenant un sourire sur les lèvres de son aîné.

- Tu fais des allergies, Gin' ? demanda-t-il innocemment.

- … Tu es obligé d'être aussi… réfrigérant… avec mon mari, Bill ?

- Je crois que tu ne te rends pas bien compte des efforts que je déploie à son encontre…

Ginny baissa les yeux. Ils finissaient par avoir cette conversation à chaque fois que Bill et Terence se trouvaient au même endroit.

- Mon instinct me trompe rarement, depuis Greyback, ajouta-t-il avec philosophie.

Elle soupira. Elle trouvait un peu facile d'invoquer le loup en lui. Ses cicatrices ne faisaient d'ailleurs pas de lui un loup-garou, quelles que soient les nouvelles qualités qu'il revendiquait avoir développées. Terence lui avait dit qu'il en jouait un peu trop et elle était parfaitement d'accord avec lui.

- Tu pourrais faire.

- Un effort ? Est-ce que tu lui demandes, à ton… mari, demanda-t-il avec dédain, de faire un effort avec Ashley ?

Ginny se ferma et pinça les lèvres une fois de plus.

- Il a cinq ans, ce gosse, par les Caleçons de Merlin ! Il n'est pas censé venir me saluer raide comme un balai. Il est censé se précipiter sur les filles comme il a toujours fait, il.

- Terence est son père. Il gère son éducation comme il l'entend. Ce n'est.

- C'est mal, Gin'. Tu as oublié ce que c'est, d'avoir leur âge ? Jamais on ne nous a obligé à.

- Nous étions des gosses infernaux, siffla-t-elle. Nous avons le droit de mieux l'éduquer que nous ne l'avons été.

Bill eut un ricanement méprisant.

- Je ne te reconnais plus. Suivre la Tradition ne te réussit vraiment pas, Ginevra.

Elle tiqua en entendant son prénom. En dehors de Terence, personne ne l'appelait ainsi. Dans leur famille, les prénoms complets n'étaient d'ailleurs utilisés que lorsqu'on était fâché. Très fâché.

- Je préfère ne pas poursuivre cette conversation… William, cracha-t-elle à son tour, se détournant. Je vais voir maman.

Elle s'éloigna à grand pas, retirant sa cape d'été et força un sourire en rejoignant ses parents qu'elle embrassa avec un enthousiasme un peu trop feint. En prenant les nouvelles d'usage, elle ne put empêcher son regard de couler vers son frère aîné.

Elle sentit aussitôt une crampe d'estomac. Andromeda Tonks venait de le rejoindre et ils chuchotaient vivement en se tournant ponctuellement vers elle. Elle était sûre qu'ils parlaient d'elle.

La grand-mère de Teddy et Fleur liguaient Bill contre elle. Elle en était convaincue. Depuis qu'elle et Terence avaient obtenu la garde alternée de Ashley, Andromeda refusait toutes les invitations de Ginny. Celles de Molly également. Elle avait pris le parti de Parkinson, le revendiquait et refusait toute discussion.

Les seules fois où elle voyait Teddy désormais était quand Andromeda acceptait de confier le petit à Bill et Fleur et qu'eux-mêmes en profitait pour rendre visite aux Weasley. Cela faisait un nombre un peu trop important d'intermédiaires pour être raisonnable.

Elle le regrettait vraiment. Ginny avait toujours adoré Teddy. C'est lui qui lui avait donné envie de devenir mère, quand elle et Harry le pouponnaient et jouaient aux parents.

Il avait littéralement été le bébé de ses rêves. Calme, drôle et obéissant. Et, déjà tout petit, ses pouvoirs étaient incroyables. Il était puissant et voué à un avenir grandiose. Elle en était convaincue.

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Ginny, violemment bousculée, faillit perdre l'équilibre.

- Quand on pense au loup, s'exclama-t-elle en riant et en enlaçant le petit garçon qui avait décidé d'avoir les cheveux gris ce jour-là.

- Ginny ! Tu m'as manquée ! T'es pas venue à mon anniversaire !

- Non mais tu as bien reçu ma lettre, non ?

- Oui ! Et je l'ai lue tout seul. J'ai plus besoin que Granny m'aide maintenant !

- C'est bien mon loulou. Tu.

- Et je vais aller à l'École au Misin. Non au Ministère, en septembre ! Tu y es allée aussi ?

- Oui, j'ai beaucoup aimé.

- Et toi ? demanda-t-il à Terence qui venait d'arriver.

Le concerné leva un sourcil. Il n'appréciait que modérément d'être tutoyé par des enfants.

- J'avais un Précepteur.

- C'est quoi ?

- C'est comme un Professeur qui me proposait des cours particuliers au Manoir Higgs. Il m'a instruit sur tout ce que je devais savoir avant d'entrer à Poudlard.

- Mais, comment t'as fait pour avoir des copains ?

- Comment tu fais, toi ? Tu as déjà des amis et tu n'as pas eu besoin d'aller à l'école pour cela, non ?

- C'est vrai. J'avais pas pensé.

- Je n'y avais pas pensé, le reprit Terence.

Le petit eut un rire qui ressemblait à un aboiement. Ginny ignora son mari qui levait les yeux au ciel et adressa un sourire attendrit à Teddy qui lui prit la main pour l'amener vers le buffet.

- Ginevra !

Elle se retourna vers Terence qui, d'un signe de tête, lui demanda de revenir. Elle s'excusa auprès de Teddy, lui embrassa la joue en l'invitant à rejoindre Victoire et Ashley qui semblaient faire tourner Dominique en Veaudelune.

En trois pas, elle rejoignit Terence qui enlaça sa taille sans interrompre la conversation qu'il avait entamé avec Arthur. Encore de la politique. Leur sujet favori. Sujet qui lui passait complètement au-dessus de la tête.

Ginny plaqua un sourire de circonstances à ses lèvres et invoqua une Vodka Trouillhic au jus de citrouille qu'elle sirota en silence, le regard perdu vers les enfants qui jouaient plus loin.

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Mon Dieu… Cette pauvre Ginny… Qu'est-ce que j'aime lui en faire baver… Heureusement que, même si elle s'égare, elle a une sacrée force de caractère au départ parce que sinon, elle ne se remettrait jamais de tout ce que je lui fais subir…