Me pardonneras-tu ?

Titre du 16/09/2022 : Me pardonneras-tu ?

Bélier : Rumple (OUAT)

R - Rumplestiltskin (OUAT)

Créature 66 : Le Ténébreux

Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas

Prénom 41 : Neal

Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros

Liste 51
1. Un parent & son enfant

2. Des larmes

3. 500 mots minimum

4. "Je suis désolé"

Quatre aspects de… Tao (LMCO) : Inventeur : Écrire sur quelqu'un habile de ses mains ou sur Leo Valdez (Percy Jackson)

137) 100 façons d'écrire du drama

44) 50 nuances de OUAT

11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, cassons les préjugés, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)

« À ton avis, Peter Pan nous dit la vérité à propos de cette… prophétie ? Souffla Graham à son petit-ami alors qu'ils attendaient comme tous les autres que Rumplestiltskin prenne la parole.

August grimaça.

- Je ne sais pas, admit-il avec honnêteté, Peter Pan est un menteur, ça on le sait tous, mais… Rumplestiltskin en est un aussi, et vu la tête qu'il fait, ce que son père vient de dire ne doit pas être complètement faux. »

Le Ténébreux était un bon acteur, pourtant il n'avait pas réussi à cacher sa surprise quand l'immortel avait balancé cette histoire de prophétie, alors ça devait être sacrément important et grave.

Le visage de l'ancien pantin de bois s'assombrit.

Il ne portait pas le sorcier dans son cœur, mais il était leur allié dans tout ce bordel, très certainement le plus puissant d'entre eux, sans doute le seul capable de rivaliser avec Pan question magie et pouvoirs, ils avaient besoin de lui et s'il s'avérait qu'en fin de compte il leur cachait des choses, alors…

Alors il ne savait pas ce qu'il ferait.

Sans doute n'y avait-il rien à faire, sans doute ne pouvaient-ils rien faire du tout.

Alors, puisqu'il n'avait rien d'autre à dire, qu'il ne savait pas ce qui allait se passer, à la place, il serra la main de son petit-ami dans la sienne, pour se rappeler qu'il n'était pas seul, qu'ils s'étaient embarqués dans cette galère ensemble.

Et que ce n'était qu'en restant unis qu'ils parviendraient à s'en sortir.

§§§§

« Quelle prophétie ? Papa, de quoi est-ce qu'il parle au juste ?

La voix de Neal, dure et tranchante, résonna dans l'air, mettant fin au silence qui s'était installé au sein du groupe, et le Ténébreux lui répondit par un regard complètement désemparé et perdu.

Ce n'était pas normal.

Il n'agissait jamais ainsi, ce n'était pas dans ses habitudes, il aurait dû, il aurait dû…

Et il ne répondait toujours pas.

Alors Neal songea avec un début d'effroi que peut-être, peut-être, Peter Pan n'avait pas menti.

Ça n'avait aucun sens.

Son père lui avait fait un serment, une promesse, il lui avait promis, juré de changer, et jusque-là il était parvenu à le faire, et voilà qu'a priori il retombait dans ses travers, ses mauvaises habitudes, que les mensonges et les secrets revenaient de plus belle alors qu'il était censé ne plus en avoir entre eux ?

Non.

Non, il s'y refusait, il ne se ferait pas trahir par lui, pas une fois de plus, pas après tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, pas après tout le chemin qu'ils avaient réussi à faire.

Plus jamais.

Il avait déjà vu ses espoirs et ses illusions d'enfant être réduites à néant des siècles plus tôt durant ce moment fatidique où son père avait lâché sa main et l'avait laissé tomber dans un portail magique, seul, perdant tout en l'espace d'une seule nuit.

Hors de question que ça se reproduise.

- Papa, poursuivit-il d'une voix à deux doigts de se briser, papa s'il te plaît, je t'en prie, je t'en supplie, dis-moi qu'il a menti. Qu'il n'y a pas de prophétie ou je ne sais quoi, que tu ne me caches rien d'important, que tu ne nous caches rien. Que ce n'est pas vrai.

Le regard triste de son père fut suffisant pour lui fournir la réponse qu'il attendait, une réponse qu'il aurait aimé ne jamais avoir à entendre.

Le sorcier soupira.

- Non, confirma-t-il, il n'a pas menti.

Un silence de mort s'abattit sur l'assemblée et Neal recula, comme s'il venait tout juste de le frapper.

Il aurait pu hurler, crier, s'énerver et lui demander des explications avec une voix emplie de colère.

Il l'aurait fait, avant, quand il n'était que rancœur et rage à son égard, quand il n'avait pas eu encore de preuves que son père pouvait être différent de celui qu'il était autrefois, qu'il était plus qu'un Ténébreux impitoyable et cruel.

Qu'il pouvait faire mieux.

Alors il allait lui laisser une chance de s'expliquer, de tenter de lui faire comprendre de quoi il s'agissait et pourquoi il avait agi ainsi et il aviserait après, déterminait s'il devait laisser la colère l'envahir ou non.

Il lui devait au moins ça.

- Très bien. Je… On t'écoute alors. Explique-toi. Parle-nous de cette prophétie, de pourquoi elle semble si importante et dangereuse. Et dis-nous pourquoi tu ne nous en as jamais parlé.

L'immortel s'assit avant de reprendre la parole.

- C'est une… une assez longue histoire. Elle remonte à il y a des siècles, avant que je ne devienne le Ténébreux, avant ta naissance, avant que je ne me casse volontairement la jambe et que je ne fuis loin du champ de bataille, avant… avant beaucoup de choses.

Avant la malédiction, avant la mort de Milah, avant que tout ne s'effondre autour d'eux et que leur famille ne soit plus qu'un vague souvenir et qu'ils ne soient séparés l'un de l'autre pendant près de deux siècles.

- C'était à l'époque de la guerre des ogres, quand j'ai été mobilisé et que j'ai dû devenir soldat, je… j'étais prêt à me battre tu sais, je voulais… je voulais être un héros, aider à sauver des vies, tout faire pour repousser ces maudits ogres, et… je sais que ça va être difficile à croire, mais je voulais vraiment être courageux. J'ai essayé de l'être. De faire les choses bien. D'être un héros comme j'étais supposé l'être.

- Quel rapport avec ce que Peter Pan nous a dit ? Demanda Killian Jones d'un ton sec.

Au moins il était plus curieux qu'agressif, c'était déjà ça.

- J'y viens, lui rétorqua Rumplestiltskin. Peu de temps avant le début des combats, j'ai croisé le chemin d'une voyante. Elle m'a dit que si j'allais me battre, j'allais… j'allais mourir. Que c'était inévitable. Que j'allais me faire tuer à la guerre dès le lendemain et que je ne rentrerais jamais à la maison. Et je ferais de ma femme une veuve. (Il eut un rire faussement amusé.) Vu la manière dont elle m'a accueilli plus tard, il aurait sans doute valu mieux pour elle que ce soit le cas.

Son regard s'assombrit alors qu'il se replongeait dans ce passé qui n'avait jamais réellement été clément à son égard, qu'il repensait à toutes les erreurs qu'il avait pu commettre, à tout ce qu'il aurait pu faire de différent.

- Je n'ai pas voulu la croire au début, poursuivit-il, ça me semblait tellement insensé et puis elle m'a dit que… que Milah était enceinte, qu'elle allait avoir un enfant. Notre enfant. Que j'allais devenir père, alors qu'elle ne l'était pas encore quand je suis parti ou du moins pas assez pour que nous le réalisions, et… Et je… je ne voulais pas… Je ne voulais pas mourir et… refaire la même chose. Faire comme mon père et que mon fils grandisse sans son père. (Son regard se posa sur Neal.) Si j'ai fui c'est parce que j'avais peur, c'est vrai, mais aussi parce je ne voulais pas que tu connaisses le même sort que moi. Je ne voulais pas que tu te retrouves seul avec ta mère. Même si en fin de compte, ça n'a rien changé, ajouta-t-il avec amertume, et c'est tout de même arrivé. La prophétie s'est accomplie en un sens.

- Je ne comprends pas, intervint Emma, confuse. Cette prophétie… elle date d'il y a tellement longtemps, et elle n'a absolument aucun rapport avec notre situation. Certes, on peut dire que nous sommes en guerre contre Peter Pan, et que cette île est notre champ de bataille mais en dehors de ça, hé bien… ce n'est pas la même chose, non ?

- Ce n'est pas de cette prophétie qu'il s'agit, miss Swan, mais d'une autre. Lorsque, des années plus tard, peu après avoir abandonné Neal, j'ai revu cette voyante, je lui ai demandé des explications et elle m'a cédé son don de prophétie. C'est pour cela que depuis, je suis capable d'apercevoir des fragments du futur.

- Si vous pouviez nous prédire notre futur, ça nous arrangerait bien, surtout s'il pouvait être positif, lâcha Emma, sarcastique.

Rumplestiltskin s'autorisa à sourire faiblement.

- J'aimerais bien, croyez le. J'aimerais vraiment pouvoir faire ça.

- Et donc, supposa Regina, tu as eu une vision, c'est ça ? Une prophétie tellement effrayante que tu as préféré la taire et ne rien nous dire ?

Il secoua la tête.

- Non. La prophétie ne venait pas de moi, mais d'elle. C'est la dernière chose qu'elle m'a dite. Elle m'a dit qu'un jour, je reverrai mon fils et que… Qu'un garçon me mènerait à lui mais également que… ce garçon causerait ma perte.

Si l'ensemble de l'assistance le regarda avec un air perdu et interrogateur, Emma, elle, ne mit que quelques secondes avant de comprendre ce qu'il entendait par là, ce que ça impliquait.

Après tout, c'était elle qui, avec Regina, avait passé des semaines entières à chercher Henry et à tenter de le ramener à la maison, elle qui avait été là lorsque son fils et son ex avaient franchi le portail, et…

- C'est Henry, lâcha-t-elle d'une voix blême, les yeux écarquillés par l'horreur. Le garçon c'est Henry. Il était là quand Neal est revenu dans le monde sans magie, et s'il ne l'avait pas rencontré dans la Forêt Enchantée, il ne serait sans doute jamais arrivé jusqu'à Storybrooke. Pas… pas de cette manière en tout cas. C'est parce qu'Henry était là que vous avez retrouvé votre fils.

Rumplestiltskin hocha la tête, approuvant absolument tout ce qu'elle venait de dire.

Le visage de Neal fut probablement celui qui se décomposa le plus rapidement.

- Quoi ? Tu… tu es en train de me dire que tu… que tu es venu avec nous pour sauver un enfant qui… est supposé causer ta perte ? Et qu'est-ce que c'est censé vouloir dire exactement, causer ta perte ? Ta mort, la perte de tes pouvoirs, la perte de tout ce que tu as et de ce qui t'es cher, autre chose ?

- La prophétie n'a pas vraiment été claire là-dessus, siffla-t-il, elles le sont rarement en règle général.

- Comment tu as réagi ? En l'apprenant, à l'époque, qu'est-ce que tu as décidé de faire ? Je sais que tu as changé, que tu n'es plus le même qu'à l'époque, mais… Il faut que je sache.

- J'ai dit que… que… que je n'aurais qu'à l'éliminer.

Pendant quelques secondes, le jeune homme arrêta de respirer.

Il aurait dû s'y attendre.

Il s'y attendait en fait, il savait que son père avait un passé sombre, qu'il avait beaucoup de sang sur les mains, et même s'il n'avait en un sens pas assisté à la plupart des horreurs qu'il avait commises, il savait que son père n'était pas quelqu'un de bien.

Mais savoir que son père aurait pu tuer Henry à cause d'une prophétie, ça le rendait malade.

- Quand est-ce que tu as su ? Demanda-t-il, au bord des larmes, parce que tout était en train de s'effondrer, à nouveau et ils n'avaient pas le temps de s'occuper de ça, ils en avaient bien trop perdu, mais il fallait qu'il sache. Quand est-ce que tu as compris que ce serait lui l'enfant qui causerait ta perte ?

Il n'oublia pas que même si son père leur avait dissimulé des choses, tout cela venait avant tout de Peter Pan qui s'en servait pour les ralentir, les diviser.

Et le pire, c'était que ça marchait.

- Quand Henry a été enlevé. Avant… avant je n'y songeais pas, et rien de mal n'était arrivé qui soit en lien avec lui, alors… je m'étais dit que ça n'arriverait jamais. Et puis…

- Et puis Henry a disparu, compléta son fils pour lui.

En y repensant, il sentit qu'il était en train de pleurer, parce que son fils était en danger à cause de Peter Pan et du Ténébreux et parce que ça faisait bien trop de choses à gérer d'un seul coup.

Il ravala le sanglot qui montait en lui et reprit avec difficulté.

- Et quand tu… quand tu as compris ça, qu'est-ce que… qu'est-ce que tu as décidé de faire ?

- Henry est mon petit-fils. S'il s'était agi de n'importe quel enfant, je ne peux pas te dire ce que j'aurais décidé de faire après t'avoir retrouvé, parce que ce serait te mentir que de te dire le contraire. Je suis désolé, j'aimerais pouvoir te répondre autre chose mais je ne peux pas. Quand j'ai compris qu'il était l'enfant de la prophétie j'ai fait un choix. Un choix qui me semblait évident. Sauver Henry, à tout prix. Même si ça doit me coûter la vie. Parce que comme l'a très justement dit Emma Swan, c'est une guerre que nous menons. Et j'ai bien l'intention de la remporter.

Oh.

Oh.

C'était rassurant sans l'être, c'était douloureux et terrifiant, et il ne voulait pas que son père s'en prenne à son fils, mais il ne voulait pas non plus que son père meurt.

Pas maintenant, pas après l'avoir retrouvé, pas alors qu'ils pouvaient être à nouveau une famille.

- Emma ? Demanda-t-il à son ancienne petite-amie, d'une voix tellement faible qu'il ne parvint pas à dire un seul mot de plus.

Heureusement, elle sut aussitôt ce qu'il lui demandait.

- Aucune des paroles qu'il vient de prononcer n'était un mensonge, lui confirma-t-elle. Il nous a dit la vérité. Toute la vérité.

Neal aurait aimé que ça rende les choses plus faciles.

Ce n'était pas le cas.

Il n'arrivait même pas à être en colère à vrai dire, parce qu'il faisait confiance à son père, plus qu'il ne l'avait jamais fait depuis qu'il l'avait abandonné, son père était un menteur et un manipulateur, et il le savait, mais il avait le sentiment que même sans le don d'Emma, il l'aurait cru.

Mais ça ne changeait rien au fait qu'il n'avait rien dit.

Ça ne changeait rien à ce qu'il avait eu l'intention de faire, autrefois.

Ça ne changeait pas la prophétie elle-même et à ce qui risquait inévitablement d'arriver.

Il pouvait à tout moment perdre son fils à cause de l'île, de Peter Pan, si jamais ils échouaient, et voilà qu'en plus du reste, il pouvait aussi perdre son père en même temps ?

Ce n'était pas juste.

Ça ne pouvait pas arriver, il ne pouvait pas encore perdre sa famille une fois de plus.

Il n'était pas sûr et certain de pouvoir le supporter si jamais ça arrivait.

- Je… j'ai besoin de rester seul un moment, balbutia-t-il avant de s'esquiver, le cœur en morceaux et la peur au ventre. »

Tout ce qu'il voulait c'était protéger les siens.

Pourquoi l'univers s'acharnait-il à le faire échouer une fois de plus ?

Emma ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir.

Ses pires craintes avaient fini par se réaliser.

Peter Pan avait réussi à trouver une faille et à s'engouffrer dedans.

Et elle ne pouvait rien faire pour arranger les choses.

A suivre…