Chapitre 22

Les premiers vingt jours sont un tourbillon d'activité et il est finalement très content d'avoir de la compagnie, ne serait-ce que pour râler quand une pluie glaciale remplie de neige fondue commence à lui tomber dessus. « C'est le dégel, mon Seigneur, » crie Simon par-dessus le bruit infernal, « c'est normal. »

Super.

La route qu'ils ont prise – celle de l'est, justement – est pleine de brigands. Il a tué dix hommes en moins de cinq jours et se demande si c'est mauvais signe de ne pas ressentir le moindre remords. Simon l'encourage plutôt dans son attitude. Il est vrai que les brigands sont quelquefois poussés au crime par les événements mais dans ce cas-là généralement ça se sait. Le reste d'entre eux sont un paquet de paresseux, de petits criminels chassés des villes et de gros bras qui se sont dit que c'était plus simple de prendre à ceux qui ont que de bosser. En plus, signale-t-il, les bandits de grand chemin ont souvent la réputation d'être cruels sans nécessité. Dans un royaume sans ordre comme Erathia, eh bien…

Compris. La vie est peut-être dure pour tout le monde mais seuls certains vont pratiquer la torture au bord des chemins.

Il devrait regretter un peu quand même.

Pas de quêtes et Harry en est fort reconnaissant. Son compagnon finit par rire de son soulagement véhément. Une quête, explique-il est souvent considérée comme une chance. Peu de gens ont une possibilité de changer les choses. Ils ne sont pas non plus des centaines à s'inquiéter de ce que les elfes sont menés à l'abattoir. Ça n'est pas comme s'ils n'avaient pas des problèmes eux-mêmes. C'est pourquoi le nombre de quêtes résolues compte quelque fois dans l'estime que les gens vous portent. Voilà un homme, disent-ils, qui non seulement s'est arrêté quand il a croisé des gens dans le besoin mais qui avait aussi la capacité de résoudre leurs problèmes.

Harry fait remarquer qu'il n'y avait généralement que lui sur place et qu'il n'avait pas vraiment eu le choix. Simon lui répond que dix personnes passant avant lui avaient fait le choix de passer leur chemin. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire, à lui, voyageur d'un autre univers, que les elfes perdent le contact avec la Terre ?

Ça le rend muet un moment. Ça n'est pas la première fois qu'on lui pose cette question, si pas exactement en ces termes, et il a toujours du mal à expliquer. Simon l'assure qu'il n'a pas besoin de le mettre en phrases mais que c'est une réalité qu'il lui faut accepter avant d'aller de l'avant : il y a des gens qui passent et des gens qui ne peuvent pas. Littéralement. Ça n'est pas une question de bien ou de mal, c'est une question de personnalité. Et c'est pourquoi on attache tant de pompe au nom de héros : c'est qu'il y en a si peu.

Et pour la première fois, Harry a l'impression de comprendre. Lui qui a tant refusé qu'on lui attache l'étiquette de héros comprend soudain que c'est lui qui donne au mot sa valeur : héros, ça n'est qu'un adjectif. Un héros, c'est la personne qui fait quelque chose, qui essaie, qui s'arrête, refuse, avance sous les canons, s'assoit devant les chars, repose une pierre, plaide pour l'infidèle, pose des questions, intervient. Le héros, c'est celui qui se mêle de tout, quel qu'en soit le prix.

Bref, c'est tout à fait lui.

Ça fait drôle. Des années à redouter un mot qui, ajouté à son nom, avait fait de lui une victime, une cible, une arme et une ressource, et il comprend soudain que ce sont ses actes qui comptent. On peut le nommer l'épée et le bouclier d'un peuple, c'est lui agissant en épée et en bouclier qui fait de lui un héros. Il est un sauveur : il sauve les gens. C'est vrai. Il n'y a pas de quoi en avoir honte. C'est comme ça qu'il est. Et il n'est ni suicidaire ni stupide : il aime avoir un plan, régler les choses sans violence tant qu'il peut et si nécessaire avoir un bataillon derrière lui. Il est tout à fait d'accord : la violence, c'est le dernier ressort de l'incompétence. Mais si on en arrive là, autant le faire bien et y aller à fond.

Il en rit tout seul et ne peut pas expliquer à Simon la disparition de ce poids qu'il porte depuis des années sur les épaules. Oui, il a sauvé des gens. Non, ça ne fait pas de lui une victime. C'est lui qui décide, il n'a à rendre de compte à personne.

Est-ce que ça veut dire que dans l'autre monde il aurait suffi de dire non ? Il a toujours eu peur d'être chassé du paradis, de devoir quitter Poudlard, mais finalement le monde peut être grand mais il n'est pas si terrifiant : il y a de la place pour les gens comme lui, aussi.

Il se redresse sur sa mule sans s'en rendre compte, son optique un peu différente. Simon sagement ne commente pas et enchaine sur les villes et cités à l'entour.

Depuis qu'ils ont passé la frontière, le contact avec Ormudz s'affaiblit. Elle l'assure que rien ne peut le rompre vraiment et qu'elle le capte très bien, une espèce de carte se formant à mesure qu'il avance, mais s'il ne doute pas de son existence, la communication est de plus en plus difficile. Ils ont convenu de divers signaux de détresse selon l'évènement et il pense qu'en cas de problème il sera au courant de toute façon. N'empêche, il sera à des lieues de là et incapable de faire quoi que ce soit, donc à moins de recevoir le signal pour « les ogres reviennent en force », il va falloir qu'il fasse confiance à ceux qu'il a laissé derrière.

Ça aiderait s'ils étaient plus nombreux mais c'est aussi une des raisons pour lesquelles il est là : trouver du renfort pour un domaine libéré mais manquant de bras. Jusque-là ils n'ont rien trouvé d'important, quelques quêtes de bord de route, un homme ayant perdu sa femme, un couple ayant été dévalisé, un gosse faisant une méchante blague (le passage où Harry demande à Simon de lui apprendre à donner la fessée est hilarant, avec le recul : le môme ne s'attendait vraiment pas à ça. Le moine aimerait prétendre que ça n'est pas nécessaire avec Hyacinthe mais Harry doit lui avouer qu'il n'a pas trop d'expérience de parent et qu'il doit bien y avoir une bonne et une mauvaise façon de faire ça. Et effectivement.) un bandit repenti voulant rentrer chez ses parents, une famille ayant survécu à l'hiver mais croulant sous le printemps, bref, ce qu'il imagine être les taches d'un Seigneur en début de saison humide. Sauf qu'il n'est pas Seigneur de ce pays !

Simon en profite pour l'instruire sur la politique locale. Normalement chaque royaume a un roi, c'est dans le nom (ou une reine, d'accord). Ce roi a des Grands Noms qui ont des Vassaux qui sont des seigneurs. Les seigneurs peuvent avoir - ou non - des shérifs, des prévôts ou des maires, bref des gens qui parlent en leur nom, à petite échelle et assurent le boulot quand ils ne sont pas là. Mais bon, les ogres ont tout dérangé, en plus d'autres catastrophes, ce qui fait qu'à part le nord où l'Empire règne avec obstination, et le sud sauvage où d'autres choses règnent et n'ont pas l'intention de céder la place aux ogres, l'invasion est venue de l'ouest et se prolonge vers l'est sans laisser beaucoup de place pour les indépendants. Ormudz est – était une de leur places fortes et considérée « entre » deux royaumes : Lomais auquel elle avait appartenu il y a longtemps et Kandia dans lequel ils progressaient depuis de jours.

Plus précisément, le domaine Raus de la principauté de Turan du royaume de Kandia. C'est important. Parce que le royaume n'est pas conquis : il y a encore des lois et une autorité centrale mais le Seigneur du domaine a fui devant une attaque directe sur son château (complétement détruit) en emmenant ses chevaliers avec lui « soutenir le roi » et en laissant ses députés de moindre échelle se démerder avec la situation.

Fantastique. Ça c'est un chef.

Harry n'est même pas sarcastique. Il est habitué aux gens ne désirant les responsabilités que si c'est à leur avantage. Après, laissez tomber. Enfin, c'est bon de savoir qu'il ne va pas se faire couper la tête pour avoir mis un peu d'ordre dans ce bordel. (Il va quand même partir très vite après, on ne sait jamais)

La première ville, cité, il ne sait plus, donne raison à Simon. Il faut qu'il s'habitue. Entre sa forteresse déserte et ses plaines pas beaucoup plus peuplées, plus une visite ou deux par mois à une agglomération, ses problèmes avec la foule se sont amplifiés. Que de bruit ! Que de gens ! Que de misère ! Les habitants des fermes isolés rejoignent les murs qui les protègeront – peut-être - et crèvent de faim dans les rues, personne ne sait quoi en faire, c'est chacun pour soi. L'odeur est terrible, tout le moyen-âge en une bouffée puante et le dégel ne fait qu'empirer les choses. Les chambres sont chères, on se méfie des étrangers et ça n'est pas l'Angleterre réservée : tout le monde a une opinion et insiste pour l'infliger à son voisin.

Que Simon aille se faire voir : la prochaine fois, il campera.

L'argent ne leur manque pas au moins, c'est la ressource la plus abondante d'Ormudz : des coffres par ici, des bourses par là que personne ne touche parce que c'est bien la ressource la plus inutile en mauvaise saison. Quand il n'y a rien à acheter, l'or n'aide pas à manger.

Sauf en ville, parce qu'il va bien falloir qu'ils trouvent une auberge, Simon et lui.

Harry a un coup de chance. Juste à l'entrée de la ville, se voyant refuser l'entrée en fait, une caravane décatie de petits vendeurs - un genre de bohémiens et aussi respecté - s'est laissé séduire par ses assurances – ils n'ont plus grand chose à perdre – plus une promesse de nourriture immédiate et a accepté de faire route vers Ormudz. Ils n'ont pas grand-chose comme marchandises mais ils vendent toute sorte d'instruments en métal, y compris des marmites et réparent les vieux chaudrons. Vu le problème du domaine regardant le métal, ils seront très bienvenus et il a déjà fait passer le mot de les nourrir gratuitement le temps de leur séjour.

Il a bien l'intention de réparer leur caravane avant de les laisser partir sur les chemins, ça ne lui coûte rien et leurs chariots sont sur le point de rendre l'âme mais Simon lui suggère d'attendre le dernier moment. La magie est un fait de la vie, oui, mais les gens acceptent les mages… plus ou moins. Mieux vaut attendre une bonne occasion pour dévoiler ses talents, par exemple cinq minutes avant leur départ.

C'est pas bête.

C'est ce qu'ils font et pour la première fois depuis qu'il est parti, il a l'impression de faire quelque chose d'utile. Il a envoyé une caravane de rétameurs à l'assaut des chaudrons percés. Les mésaventures d'un héros ! Il ne peut même pas rire sérieusement : il sait à quel point ça va aider.

Ça l'aide aussi, un peu : Simon et lui vont s'installer en ville et l'attente est moins pénible sachant que leur présence n'est pas inutile. La cité est relativement ordonnée – bien que très sale – mais les habitants… eh bien, on ne fait pas plus étourdis. En recherchent une auberge, il est abordé par un gosse qui a perdu son chat, une femme ayant égaré sa fillette, un jeune garçon pressé de rejoindre un groupe de bandits à la porte sud – problème – un bourgeois méprisant cherchant un laqueur – aucune idée – pour sa fille qu'il adore… Harry voit déjà ses points de réputation monter. Il décide d'envoyer Simon retenir une chambre à l'auberge et de faire de son côté le tour des murailles histoire de connaitre mieux ses nouvelles limites. Le moine n'est pas heureux d'être assigné aux corvées mais il comprend et en soupirant – bruyamment – s'éloigne avec les mules.

Les quatre heures qui suivent – jusqu'à l'heure du déjeuner où les rues se vident – sont très occupées. Harry apprend qu'il y a une rivalité entre le maire de la ville, qui aimerait bien fermer les portes et attendre que ça se passe mais qui n'est pas corrompu, seulement effrayé, et le chef des soldats, qui est un vieux de la vieille qui a repris les rênes quand le Marshall s'est enfui – pardon, est parti rejoindre le Seigneur de la province. Les soldats gagnent leurs rations, il n'y a pas à en douter, en chassant les centaines de bandits qui occupent les routes et la campagne environnante. Ils n'ont donc pas de temps libre pour les détails, comme la réparation des portes ou la sécurité des rues. A l'intérieur de la cité, tu es sûr de ne pas être tué ou dévalisé par des groupes de bandits ou mangé par les ogres. Après, tu te démerdes.

Harry voit déjà la quête venir. Parce que deux heures après son arrivée, il a déjà rencontré une douzaine de personnes qui ont des êtres chers ou des parents dans les bandes à l'extérieur - qui ne sont parti que pour gagner leur vie. Parce que dans le coin on ne peut pas vivre dans les fermes, les ogres les attaquent régulièrement. Harry se demande s'ils viennent seulement d'Ormudz ou s'il y a une autre forteresse plus proche mais personne n'en parle. Peut-être une redoute ? Il a beaucoup d'espace nouveau à explorer et rester coincé en ville est frustrant. Il apprend du moins que – au moins dans l'opinion des gens - ceux qui guident la ville sont plutôt compétents si mutuellement frustrés : le maire ne voudrait s'occuper que de sa ville et pas des bandes de bandits qui ravagent le pays, le colonel voudrait bien rejoindre ses chefs en nettoyant ce même pays, tous deux reconnaissent que la cité périrait dans les deux jours si l'armée la quittait, rebelote.

Il faut que quelque chose change.

Il envoie Simon aux nouvelles, c'est-à-dire qu'il l'envoie au colonel pour témoigner de ce qu'il a vu en Ormudz. Un nouveau seigneur en charge, les forteresses vides, le village, le moulin, les nouveaux champs et surtout, plus d'ogres dans le coin. Il espère que le moine-mage va se montrer convaincant, au moins le temps que le colonel réalise que quelque chose a changé et ajuste ses plans en conséquence. Harry n'a pas l'intention de se montrer lui-même, d'abord parce que l'idée d'un type quelconque se pointant en proclamant être le Seigneur d'Ormudz, c'est ridicule. Harry n'a pas la moindre preuve de son nouveau statut, et puis se signaler à l'intention de l'autorité en charge n'est jamais une bonne idée pour lui. Simon pense que ça aiderait. Harry imagine plutôt un groupe de soldats le suivant partout pour voir ce qu'il fait et en posant des questions à son sujet. Bonjour la méfiance. Non.

Simon décrit donc le Seigneur Ormudz – « ou l'homme se présentant sous ce nom, colonel, j'ignore ses origines mais les habitants semblaient lui adresser le titre avec enthousiasme » - en détail, sans préciser qu'on peut voir l'original à quatre rues de là et récolte en échange pas mal de rumeurs et le poste d'éclaireur pour l'armée. Pendant ce temps-là, Harry se fait kidnapper par le maire qui veut aussi savoir. Il avoue volontiers que, voyageur arrivé malencontreusement à Ormudz pendant la mauvaise saison, il était aux premières loges pour voir les exploits du nouveau seigneur. A chacun de comprendre ce qu'il veut. A son tour il se voit décerner une place d'informateur car le maire a besoin de savoir ce qui se passe, plus quelques quêtes – appelées « missions » - pour le tester. Le temps que Simon et lui se retrouvent à l'auberge, Harry a de l'ouvrage pour une semaine et sait que la ville ne va pas tenir longtemps. Le dégel va donner une chance aux bandits d'attaquer, certains citadins leur ouvriraient bien les portes, de fausses rumeurs disent que le maire cache de la nourriture, les réserves baissent, les gens haïssent l'armée sans comprendre qu'elle ne demande qu'à partir, sans compter les divers zozos qui croient toujours que le chaos est le moment de profiter des autres.

La rentrée à l'auberge est plutôt comique, parce que le personnel le prend visiblement pour un rien du tout cherchant à se faufiler en douce dans leurs chambres. Quelques malentendus cocasses plus loin, il est au courant de l'histoire d'amour de la cuisinière, du déclin des affaires depuis la maladie de la femme de l'aubergiste, de la disparition de sa fille, du fait qu'un des palefreniers est probablement un bandit – « qui nous égorgera tous dans nos lits prochainement ! » - et qu'on peut faire des miracles avec quelques légumes mais que les miracles se font rares quand on ne peut même pas se risquer de l'autre côte des murailles sans risquer de se faire égorger.

Simon, quand il revient un peu grognon de sa mission – il n'est pas le plus sociable des hommes non plus – lui rapporte le même genre de rumeurs : les réserves de métal disparaissent, le colonel a l'impression que le maire veut sa peau, la forteresse à l'ouest est celle de leur ancien seigneur et a sans doute des réserves mais est envahie par les ogres – les voilà, ils manquaient à l'histoire - pas une quantité énorme mais les entrées étroites de la forteresse sont très mauvaises pour les armées en rang d'oignon, c'est bien connu. Et il y a des souterrains, bien sûr, mais le colonel n'était pas encore colonel quand les autres se sont barrés et il ne sait pas où ils commencent. Sans doute dans la forêt sous les pieds des bandits !

Voilà des gens qui ont bien des problèmes, et Harry se voit paradoxalement remercier le ciel d'être arrivé dans une forteresse déserte - enfin presque. Non, le début a été dur, ne vous méprenez pas mais s'il avait fallu en plus parler aux gens, il n'y serait jamais arrivé.

Là, il décide de commencer par la base, et d'essayer de mieux connaitre la ville. Simon est envoyé errer dans la campagne – il peut soit éviter les bandits soit se défendre, Harry ne s'inquiète pas pour lui – et doit rapporter les informations qu'il récoltera dans un mois.

Harry, lui, se met en quête.

Les mules pour commencer sont prêtées à un pauvre homme qui aimerait bien ramener du bois régulièrement mais dont les deux fils ont cédé au charme du banditisme. Harry trouve les fils mais ils l'assurent qu'ils sont partis pour alléger le fardeau de leur père : il n'y a pas de nourriture en ville, et même dans la campagne on ne peut pas chasser sans appartenir à une bande. C'est pour ça que les bandes grandissent, lui disent-ils. S'ils pouvaient, la moitié des bandits rentrerait bien chez eux, mais après ?

Harry n'a pas de solution alors il les laisse à leurs occupations.

La plupart des bandits qu'il rencontre racontent la même histoire. Vivre sur le pays n'est pas facile mais vivre en ville est simplement impossible. Personne n'aime dévaliser les gens au bord du chemin, mais…. Il y a aussi quand même pas mal de malentendus, de gens qui se cherchent et de pourris profitant de toute cette misère donc il garde l'œil ouvert et les mains occupées. Il installe une poignée d'enfants dans une ferme abandonnée - parce qu'elle était sur le chemin des ogres, ceux qui viennent de l'est - en espérant qu'il ne se trompe pas et que c'est bien la menace qu'il a anéantie lui-même. Il fait le tour de la cité à bonne distance, rencontre une petite bande de loups-garous qu'il étonne en restant poli même après les avoir reconnus et qui lui en apprennent de bonnes sur le territoire à côté, où un mage avide a pris le pouvoir et oppresse les gens. Génial. Il sent déjà qu'il va devoir s'en occuper. Il leur échange quelques liens de cuivre (c'est la monnaie) contre des infos à récolter : qui devrait être en charge, qui aimerait être en charge et qui fait le boulot maintenant que les choses vont mal. Ils en sont tout estomaqués, visiblement ils ne se sont jamais posé la question mais c'est peu payer les quelques repas qu'ils viennent de gagner alors ils acceptent. Il leur demande de parler à tous les loups qu'ils connaissent et de leur dire qu'il passera les voir. A un moment ou un autre. Ils aimeraient bien quand même savoir pourquoi il veut ces informations et qui il est, au juste. Ormudz, il dit. C'est son nom.