Petit mot de l'auteure : on va le terminer yeah !
Jour 28 : Manipuler
Contexte : Pré canon (tout léger UA où Sirius a un procès)
Remus avait rarement vu Sirius être aussi abattu.
À Poudlard déjà, il arborait toujours ce sourire narquois, comme seuls ceux qui étaient bien nés pouvaient avoir. Après tout, malgré ce qu'il pouvait bien dire sur sa famille, Sirius restait un Black. Même après l'école, alors que la guerre explosait, il avait gardé cet air fier, un peu vaniteux. Au tout début, Remus avait été déconcerté par cette aura sans cesse orgueilleuse. Avec le temps, néanmoins, il en été venu à l'apprécier, trouvant en celle-ci une habitude réconfortante. Sirius était ainsi, voilà tout.
De ce fait, Remus aurait dû être attristé de voir Sirius perdre ainsi de sa superbe.
La vérité, c'est qu'il n'en était rien. Mais comment aurait-il pu ressentir de la tristesse pour lui ? À vrai dire, comment aurait-il pu ressentir quoi que ce soit d'autre qu'une haine sourde à son égard ? Sirius avait trahi James et Lily. Il les avait vendu à Voldemort, explosant sans vergogne leur cachette, permettant au mage noir de les assassiner. Puis, comme si cela ne suffisait pas, il avait tué Peter.
Et lui, dans tout cela, se retrouvait complètement seul.
Sans amis.
Sans amant.
Si tant est qu'il l'ait été un jour. Il avait aimé Sirius, s'était donné sans retenue à lui. Mais quand avait-il été pour ce dernier ? Quand est-ce que sa manipulation éhontée avait-elle commencé ? Dès Poudlard ? Sirius l'avait-il réellement aimé, ou bien ne s'était-il approché de lui que pour mieux les tromper ? Plus il réfléchissait, plus Remus en venait à croire cette seconde hypothèse. Sirius n'avait pas pu l'aimer ; sinon, jamais il ne lui aurait infligé une telle souffrance, une telle trahison. Non, il avait dû le séduire pour mieux se faire passer pour un membre fidèle de l'Ordre. En y repensant, Remus ne pourrait que voir sa naïveté. Comment avait-il pu être aussi idiot ?! Sirius lui avait déclaré sa flamme en septième année, juste au moment où le nom du Seigneur des Ténèbres commençait à prendre de l'ampleur... il avait brillamment préparé son rôle futur, plaçant ses pions. Et Remus, lui, était peut-être le plus éclatant de tous pour lui offrir la couverture parfaite : un Mangemort ne s'accointerait jamais d'un loup-garou. Sortir avec lui lui offrait ainsi un alibi inébranlable.
Oui, jamais Sirius ne l'avait aimé, en fin de compte.
Alors le voir se recroqueviller lorsque le ministre le condamna à Azkaban à vie ne lui procura aucune tristesse.
Aucune joie non plus, ceci dit. Remus savait en effet qu'avec le départ de Sirius, c'était également toute la joie qu'il associait jusque là à leurs souvenirs qui disparaissait à tout jamais.
