De l'espoir au désespoir
Buck ressentait une angoisse sourde alors qu'il était à la recherche de son mari et de ses collègues disparus dans les bois après le crash de l'hélicoptère.
Les minutes s'écoulaient lentement, chaque seconde augmentant son inquiétude. Avec les équipes du 118 et du 217 à ses côtés, il se dirigeait vers la dernière position signalée de l'appareil.
On venait de leur apprendre par radio la découverte des corps de Mickey et de la victime qu'ils avaient secouru mais aucune trace de Tommy ou d'Eddie. Buck sentait l'angoisse étreindre son cœur avec force à mesure qu'ils avançaient.
Le cœur serré, Buck scrutait fébrilement les environs, espérant apercevoir un signe de vie, un mouvement parmi les arbres. Il priait silencieusement pour que Tommy et Eddie soient sains et saufs, mais une voix sombre dans sa tête lui rappelait les dangers de la situation.
« L'appareil est là, grésilla la radio avant que la voix ne confirme les coordonnées. »
Buck se mit à courir, ses collègues sur les talons et arriva sur la position pour découvrir que l'hélico de Tommy n'était pas au sol mais coincé dans les arbres, dans un équilibre qui lui semblait précaire.
Soudain, un cri retentit dans la forêt, suivi d'un appel à l'aide.
C'était Tommy. Et, Buck fut envahi par un immense soulagement, avant de commencer à s'équiper, son cœur battant la chamade. Il laissa le soin à ses collègues de sécuriser l'épave et mit ses mains autour de sa bouche, en regardant l'épave.
– Tommy ! cria-t-il. J'arrive, je viens te chercher !
« Evan, Eddie va mal et l'appareil bouge encore. »
– On le stabilise, cria le capitaine du 217 à son tour. On vient vous chercher les gars. Buck, lâcha-t-il à son égard. Je sais que tu es inquiet…
– Je ne reste pas en bas, capitaine, le prévint-il.
– Sois prudent, céda-t-il.
Buck jeta un œil à Bobby qui était lui-même loin d'être rassuré.
– Toujours, assura-t-il avant de s'attacher à la corde, assuré par deux collègues du 217.
Il commença à grimper à l'arbre ce qui était plus rapide que de simplement se laisser hisser. Il voulait les rejoindre le plus vite possible, s'assurer qu'ils vivraient tous les deux. Ils avaient déjà perdu trop de monde aujourd'hui, Buck ne permettrait pas qu'ils perdent encore quelqu'un.
Il posa enfin la main sur l'appareil se hissant rudement à l'intérieur sentant l'épave bouger.
– Doucement, souffla Tommy. On n'est vraiment pas stable.
– Les gars y travaillent, lui assura Buck en rampant jusqu'à eux.
Il repéra immédiatement qu'Eddie avait été empalé sur une branche d'arbre, et se précipita à ses côtés pour lui apporter les premiers soins. La vue de son ami dans cet état le fit frémir d'horreur, mais il savait qu'il devait garder son sang-froid pour le sauver.
– Il a perdu connaissance depuis trois minutes, affirma Tommy. Pouls faible et respiration difficile mais régulière.
Pendant que les autres membres de l'équipe travaillaient sur l'appareil, Buck s'occupa d'Eddie du mieux qu'il put, essayant de stabiliser sa condition jusqu'à ce qu'il puisse être évacué.
– Qu'est-ce qui s'est passé ? s'enquit-il.
– On a été touché par la foudre. Ça a tout fait griller et j'ai essayé de limiter les dégâts.
– Tu as fait du bon travail, le rassura Buck, avant que la culpabilité n'assaille son mari.
– Comment je peux t'aider ? demanda Tommy.
– Es-tu blessé ?
– Une bosse et quelques côtes douloureuses. Rien de grave.
– Attrape le panier, on doit le descendre, lâcha Buck continuant de stabiliser Eddie jusqu'à ce que Hen puisse prendre le relai.
Tommy était à ses côtés, surveillant son pouls et sa respiration avec une concentration intense, et Buck pouvait sentir son regard fébrile et admiratif posé sur lui.
Enfin, ils parvinrent à stabiliser Eddie et ils aidèrent à le faire descendre avec les cordes.
– Evan, tu es si incroyable, murmura Tommy, sa voix tremblant légèrement. Je suis tellement reconnaissant que tu sois là.
Buck lui adressa un sourire rassurant continuant de faire descendre Eddie. Il savait que chaque seconde comptait dans cette course contre la montre.
Une fois, Eddie sécurisé sur le sol, prêt à être évacué, Buck se tourna vers Tommy pour s'assurer qu'il allait bien. Il l'examina rapidement, soulagé de constater qu'il n'était que légèrement blessé.
– Tout va bien ? demanda-t-il avec inquiétude.
– Oui, je vais bien, répondit Tommy, souriant faiblement malgré la douleur.
Buck examina sa plaie au front avec un froncement de sourcils.
– Tu vas avoir quelques points de sutures et tu n'échapperas pas à un scanner, le prévint-il.
– Tout ce que tu veux, souffla-t-il avec un sourire doux.
Un sentiment de soulagement envahit Buck à l'idée que Tommy s'en sorte avec des blessures mineures.
– Et ne me fais plus jamais peur comme ça !
– Je vais essayer, promit-il.
Buck souffla du nez se contentant de cette demi-promesse.
Il harnacha Tommy à lui-même pour le faire descendre, entendant à sa radio qu'Eddie partait avec Hen pour l'hôpital le plus proche. Buck savait que c'était grave et il espérait de tout cœur qu'il allait s'en sortir.
« On vous descend, les gars, lâcha le capitaine alors qu'ils commençaient à être descendus. »
Ils se trouvaient dans les bras l'un de l'autre suspendus dans les air et Tommy embrassa sa tache de naissance avec tendresse. Buck savoura, se laissant envahir par le soulagement que son mari soit vivant malgré la violence de l'accident. Il ne lui avait pas encore dit pour Mickey et il savait que ce serait un coup dur mais ils surmonteraient ça ensemble.
Comme toujours.
– Tu es vraiment doué, souffla Tommy. Tu feras un excellent ambulancier. Je suis tellement fier de toi. Je t'aime, mon ange.
Buck se tourna amoureusement vers Tommy, dont le visage était anormalement blanc et il se décomposa soudainement alors qu'il se mettait à vomir du sang, sur sa poitrine perdant douloureusement connaissance alors qu'ils étaient suspendus dans le vide, accrochés ensemble.
– Tommy, hey, Tommy. Non, regarde-moi ! Bats-toi, mon amour. Allez ouvres les yeux !
La terreur s'empara de Buck alors qu'il réalisait la gravité de la situation. Il priait en silence pour que Tommy survive, pour qu'ils puissent tous les deux retrouver la terre ferme sains et saufs.
– Tommy, hurla-t-il. Tommy, regarde-moi. Dépêchez-vous de nous descendre ! Tommy, ne me fait pas ça, je t'en prie.
Le professionnalisme de Buck l'aida à garder son calme autant qu'il le pouvait alors que la panique menaçait de l'étouffer et il redoubla d'efforts pour faire reprendre connaissance à son mari, sans succès, le temps de le descendre en toute sécurité.
Une fois sur le sol, Buck s'agenouilla près de Tommy, le regardant avec anxiété alors que déjà Chimney prenait le relai. La tension dans l'air était palpable alors qu'ils s'activaient tous les deux, priant silencieusement pour un miracle.
– Hémorragie interne, lâcha Chimney en voyant l'hématome sur ses côtes. Il a besoin d'un chirurgien.
Une fois stabilisé, Tommy fut emmené à l'ambulance qui l'attendait.
Alors qu'ils étaient transportés vers l'hôpital, Buck tint la main de son mari avec force, lui murmurant des mots d'encouragement et de soutien. Il était déterminé à ne pas le perdre, à tout faire pour le ramener à la maison.
Tommy ne lui avait pas parlé de la véritable étendue de ses blessures et Buck savait qu'il en avait conscience.
Pourquoi n'avait-il rien dit ?
Pourquoi avait-il minimisé ?
Il n'avait aucune idée de l'état d'Eddie mais il savait que l'état de Tommy était grave et son cœur était déchiré en deux. Il ne pouvait pas les perdre, pas comme ça. Il ne survivrait pas à leur perte.
– Faites qu'ils s'en sortent, supplia-t-il une puissance supérieure en laquelle il ne croyait pas. Par pitié, faites qu'ils s'en sortent.
