IX : Saisir les opportunités


Après avoir quitté leurs petits amis, Kagami et Marinette traversèrent la cour du manoir Agreste et passèrent les grilles qui se refermèrent derrière elles.

— Où est ta voiture ? s'étonna Marinette constatant que la rue était vide.

— Elle arrive dans dix minutes. Je voulais discuter un peu avec toi.

— Nous n'en avons pas eu l'occasion depuis longtemps, reconnut l'héroïne.

— Tu as vraiment dit à Adrien que tu n'aurais pas pu vaincre Monarque sans l'aide de son père ? attaqua Kagami sans attendre.

— Plus ou moins, reconnut Marinette.

Kagami lui tendit son téléphone. « L'héroïsme de Gabriel Agreste confirmé par Ladybug » faisait la Une d'un site d'information.

— Je n'ai jamais dit ça à la presse, opposa Marinette.

— Non, c'est Adrien qui l'a proclamé ce matin. Tu penses bien que l'équipe de communication de ma mère n'allait pas laisser passer une telle aubaine.

Marinette parcourut l'article en diagonale. Le journaliste avait fait du remplissage en répétant de diverses manière la déclaration d'Adrien. Elle soupira. Quand apprendrait-elle à évaluer toutes les conséquences de ses actions et de ses paroles ? Mais d'un autre côté, qu'aurait-elle pu dire d'autre à Adrien ? Il avait besoin d'entendre ce pieux mensonge.

— C'est gênant ? s'enquit-elle.

Kagami haussa les épaules :

— Cela va faciliter la vie d'Adrien et celle de ma mère. Si c'est bon pour toi, je suppose que c'est une bonne chose.

— Ta mère a des ennuis ?

— La police a fait une perquisition dans les locaux de l'entreprise. C'est normal, vu le rôle des bagues dans l'attaque.

— Ils pensent qu'elle est complice de Monarque ?

— Elle s'accroche à la version du piratage. Je suis persuadée que la police ne trouvera rien pour l'inculper. Elle est très prudente.

— Tu crois que l'entreprise Agreste pourrait faire l'objet d'une enquête, elle aussi ?

— Gabriel Agreste était une personnalité connue, qui avait des relations. Tant qu'ils ne trouvent rien du côté de ma mère, ils ne tenteront rien de son côté. Et même si c'était le cas, Amélie a dit à Félix que Nathalie et elle se sont assurées qu'aucun élément compromettant ne pourrait être trouvé de leur côté.

— C'est à ça qu'elles sont occupées depuis dix jours ? comprit soudainement Marinette.

— Oui, en plus de tout le reste.

— Mais… est-ce que cela permettrait à ta mère de relancer le programme Alliance ? s'inquiéta Marinette. Si on n'a rien à lui reprocher, qu'est-ce qui l'en empêcherait ?

— Nathalie a nettoyé les dossiers de Gabriel, mais elle a aussi mis de côté de quoi mettre fin à toute tentative en ce sens.

Rassurée sur ce point, l'héroïne demanda :

— Et de ton côté, comment ça se passe ? Ta mère aussi souhaitait que tu sortes avec Adrien, n'est-ce pas ?

— Quand elle aura le loisir de s'en préoccuper, je saurai faire face. Grâce à toi et à Félix, elle n'a plus de moyen pour me contraindre à faire ce que je ne souhaite pas.

— Tu peux compter sur moi en cas de besoin.

— Oui, Marinette, je le sais.

Elles se sourirent.

— À propos de Félix, continua Marinette, ça reste très tendu entre Adrien et lui. Pour Adrien, je comprends. Il sait que son cousin est impliqué dans le vol des Miraculous par Monarque. Cela va être difficile de le convaincre qu'il le regrette sincèrement. De son côté, Félix…

Marinette chercha le mot juste, pour qualifier la conduite du jeune homme sans être trop malpolie.

— Félix ne sait pas dire ce qu'il faut pour que les gens l'aiment, expliqua Kagami comprenant à demi-mot. Adrien et toi avez ce don, mais ce n'est pas son cas, ni le mien, d'ailleurs.

— Il y a autre chose, affirma Marinette. Félix ne serait pas un peu jaloux de son cousin ? Sa mère se préoccupe beaucoup d'Adrien.

— Oh, tu crois ?

— Cela expliquerait pourquoi Félix ne peut pas s'empêcher de lui envoyer des piques.

— Possible. J'en parlerai avec lui.

Les deux jeunes filles échangèrent un regard complice.

— Je ne t'ai pas complimentée pour ta victoire, reprit Kagami.

— Ce n'est vraiment rien d'extraordinaire ! minimisa Marinette. Techniquement parlant, j'ai perdu. Si Gabriel Agreste n'avait pas repris ses esprits à la dernière minute et changé son vœu, il m'aurait battue à plate couture.

— Félix m'a dit que tu avais convaincu Gabriel de renoncer à Émilie.

— Je lui ai fait écouter un message audio que m'avait confié Nathalie. Sans ce vieux téléphone, rien n'aurait été possible.

Kagami eut un mince sourire avant d'estimer :

— C'est un parfait mélange de Ladybug et de toi. L'utilisation d'un objet incongru qui s'avère déterminant et une manière totalement improbable de réussir ce qui paraît impossible.

— Oh, fit Marinette, déconcertée par l'analyse.

— Pendant longtemps, j'ai cru avoir mal compris ta conversation avec Alya, continua Kagami. Je n'arrivais pas à me faire à l'idée qu'une héroïne aussi extraordinaire puisse manquer à ce point de méthode et de contrôle de soi dans sa vie de tous les jours.

— J'ai de la chance, répliqua sèchement Marinette, froissée par ce tableau peu flatteur.

— Précisément, approuva Kagami de sa voix sereine. C'est le paradoxe. La chance, c'est quand l'improbable se produit. Si tu t'y prenais de la bonne manière dès le début, ton pouvoir n'aurait pas l'occasion de se déployer.

Marinette considéra l'hypothèse. Elle n'était pas loin d'y adhérer. Cela expliquerait pourquoi les choses finissaient par s'arranger, alors qu'elle avait l'impression de tout rater. Elle songea avec dérision que tous ceux qui lui affirmaient qu'elle était une Ladybug particulièrement douée célébraient en quelque sorte son aptitude à rendre la victoire invraisemblable. Ce n'était pas très valorisant, mais le raisonnement de son amie faisait sens. Malgré ses jugements à l'emporte-pièce, Kagami pouvait avoir un jugement très fin.

Une voiture rouge vif vint se garer devant elles. Kagami posa un doigt sur sa bouche pour lui conseiller le silence. Marinette comprit qu'elle craignait que leur conversation soit enregistrée. Elles montèrent dans le véhicule et se firent reconduire chez elles.

oOo

En se réveillant le lendemain matin, le premier geste de Marinette fut de s'emparer de son téléphone et de vérifier si un message d'Adrien l'attendait. Ils avaient en effet pris l'habitude de s'envoyer un petit mot affectueux en début de journée, avant de déterminer quand ils pourraient se voir.

La veille, avant la commémoration, Adrien avait envoyé un émoji pour dire bonjour, puis n'avait plus répondu. Marinette n'avait pas insisté, comprenant qu'il se préparait pour la douloureuse épreuve. Ce matin-là, il n'y avait rien de récent sur la conversation. Cela signifiait – et c'était bien la première fois depuis qu'ils sortaient officiellement ensemble – que Marinette était la première éveillée. Elle envoya des émojis cœur et soleil, avant de se lever.

Après avoir salué les kwamis qui occupaient sa chambre, elle descendit pour déjeuner et faire sa toilette. Il n'y avait personne dans l'appartement, car ses parents étaient en boutique. Elle remonta ensuite et échangea quelques messages avec Alya pour coordonner leur action militante. Adrien n'avait toujours pas donné signe de vie. Marinette espéra que cela signifiait qu'il avait passé une bonne nuit.

Elle câlina ensuite Tikki, qui était venue se blottir contre elle. Se souvenant de sa conversation de la veille, Marinette demanda :

— C'est vrai, ce qu'a dit Kagami ? Que je réussis parce que c'est improbable ?

— Je ne suis pas tout à fait d'accord avec elle, opposa Tikki. Elle a tort de penser que tu t'y prends de la mauvaise manière. Il est vrai que tu raisonnes et agis de façon atypique, ce qui te rend imprévisible aux yeux des autres, mais ta méthode n'est pas moins bonne, elle est seulement différente.

— Et la chance, dans tout ça ? questionna Marinette

— C'est une notion très subjective. Une personne qui ne comprend pas ton raisonnement peut estimer que c'est la chance qui t'a donné la victoire, alors que ce sont tes compétences qui ont été déterminantes, et non le hasard.

— Tu veux dire que la chance n'existe pas ?

— Je préfère parler d'opportunité. On ne peut pas juger la réussite de quelqu'un sans prendre en compte les occasions qui lui ont permis de faire ses preuves. Le chemin à parcourir est très inégal en fonction des atouts octroyés au départ. Ce que vous appelez la chance, c'est le nombre d'opportunités qui vous sont données.

— Pas d'opportunité, pas de réussite, résuma Marinette.

— Exactement. Mais cela ne fait pas tout. Certains sont plus doués que d'autres pour exploiter les opportunités dont ils bénéficient. Ce qui fait de toi une Ladybug extraordinaire, c'est ta capacité à utiliser les pouvoirs que te donne ton Miraculous. Ta créativité, ta sensibilité, ton engagement, et même ta gentillesse, te permettent de faire face aux difficultés, alors que d'autres ne sauraient pas comment s'en sortir ou baisseraient les bras.

— Mais cela ne servirait à rien si je n'avais pas été choisie par maitre Fu.

— Ton rôle serait moins déterminant mais, te connaissant, tu ne serais pas restée les bras croisés pour autant. Tu apporterais ta pierre, comme l'ont fait tes amis et leur groupe de résistance. Cependant, cela aurait été un gâchis de ne pas te donner l'opportunité de devenir une héroïne.

— Je ne suis pas si bonne que ça ! protesta Marinette.

— Alors, explique-moi comment tu as pu vaincre Monarque.

— C'est le message de la mère d'Adrien qui a tout fait basculer. Si Nathalie ne me l'avait pas donné…

— Elles t'ont toutes les deux donné une opportunité que tu as su exploiter. Cet enregistrement était un avantage infime que peu de personnes auraient été capables de transformer en atout pour atteindre la victoire.

— Peut-être. Mais Kagami n'a pas totalement tort quand elle dit que je manque de méthode et de contrôle. Elle serait sans doute meilleure Ladybug que moi, si on lui en avait donné l'occasion.

— Je n'en suis pas certaine. Ton amie a de grandes qualités mais elle manque d'imagination, de souplesse et d'empathie. Je pense que tes capacités sont bien mieux appropriées au pouvoir de la création que les siennes. Ne te laisse pas troubler par son jugement. Tu es brillante et peu orthodoxe, c'est ta force.

Alors que Marinette méditait ces paroles, son téléphone vibra. Adrien lui envoyait des petits cœurs par messagerie. Elle répondit :

# tu as bien dormi ?

# comme un loir. Tu viens quand ?

# je vois avec mes parents et je te dis.

oOo

Marinette arriva au manoir Agreste en début d'après-midi. Ce fut Félix qui vint à sa rencontre dans le hall.

— Adrien est en train de tester ses déguisements, lui apprit-il. Il m'a foutu dehors.

— Trop de sarcasme ? questionna Marinette.

— Pff, il n'a aucun sens de l'humour.

— Sérieusement, Félix, comment veux-tu le convaincre que tu tentes de t'améliorer si tu le provoques tout le temps ?

— S'il ne tendait pas la perche, aussi ! C'est trop tentant. Mais, ok, je vais faire un effort.

Ils avaient atteint le couloir du premier étage. Félix regarda autour d'eux pour vérifier que personne ne pouvait les entendre et continua à voix basse :

— Tu lui as bien rendu les alliances ?

— Mais oui !

— Tu lui as expliqué qu'il devait les garder précieusement ?

— Je lui ai dit que c'était le souhait de son père.

— Il ne les porte pas. Tu ne sais pas ce qu'il en a fait ?

— Félix, je ne suis même pas supposée savoir qu'elles existent.

— Il aurait pu t'en parler. Bon, tant pis. Allez, rejoins-le, s'il nous surprend ensemble, il va encore piquer une crise. Qu'est-ce qu'il croit que je vais te faire ? Te sauter dessus ?

— Ce ne serait pas la première fois, remarqua Marinette, qui gardait à l'esprit le baiser qu'il avait tenté d'imposer à Ladybug, lors de leur première rencontre.

— De quoi tu parles ?

Félix la contempla un instant perplexe, avant que la mémoire lui revienne. Il rougit brusquement.

— Oh ! Oui. Désolé, vraiment désolé. Je faisais vraiment n'importe quoi, à l'époque.

— On peut dire ça, confirma Marinette. Et tu te faisais passer pour Adrien, en plus ! Ça, c'était extrêmement bas.

— Ouais, d'accord. J'ai dit que j'étais désolé.

Félix avait perdu sa superbe. Il lui lança un regard de chien battu. Marinette soupira intérieurement. Comment en vouloir longtemps à quelqu'un qui ressemblait autant à son petit ami ?

— C'est bon, concéda-t-elle.

Il retrouva instantanément son sourire narquois :

— T'as une sacrée droite, en tout cas.

— Tu l'avais méritée.

— Sans doute. Tu sais, continua-t-il en reprenant son sérieux, je me suis longtemps demandé comment Ladybug avait fait pour deviner que je n'étais pas Adrien. Je n'ai pas été malin, sur le coup. J'aurais dû comprendre qu'elle le connaissait très bien.

Avant que Marinette ne réponde, la porte de la chambre d'Adrien s'ouvrit et Alya s'écria :

— Ah, tu es là ! Viens voir, tu ne vas pas le reconnaître.

Félix se pencha pour apercevoir son cousin du couloir, alors que la jeune fille entrait dans la pièce. Quand Adrien se retourna pour l'accueillir, Marinette sut qu'elle pourrait l'identifier sous n'importe quel artifice, tant le regard tendre et le sourire chaleureux qu'il lui réservait le rendaient unique à ses yeux. Inconsciemment, elle rosit et lui sourit en réponse. Ils restèrent un instant à se dévisager, simplement heureux de leur présence respective.

— Comme c'est romantique, soupira Rose.

— Tu le préfères comme ça ? s'amusa Alya.

— C'est Adrien, répondit-elle comme pour souligner l'évidence.

En voyant l'air déçu de Juleka, Marinette précisa :

— À mes yeux, je veux dire. Pour ceux qui le croiseront dans la rue, ils ne feront pas le rapprochement. Vous avez fait un travail formidable.

Elle s'arracha à sa contemplation énamourée pour analyser ce qu'avaient fait ses amis. La mèche de cheveux qui barrait le front d'Adrien était teinte en violet foncé et ses yeux verts étaient dissimulés par des verres teintés de forme ronde. Sa casquette de marin et ses décorations d'oreille lui donnaient un style très différent de celui qui était le sien.

— C'est parfait, confirma-t-elle. Nathaniel et Marc ne sont pas arrivés ?

— Ils sont en bas à faire les photocopies, la renseigna Alya.

Dans la matinée, Marinette avait réparti leur petite troupe de dix-huit personnes en quatre équipes et avait envoyé sa proposition sur leur groupe de discussion. Mylène avait indiqué les lieux de distribution, avec les horaires propres à chacun des marchés importants de la capitale. Il ne leur manquait donc plus pour commencer que les tracts et l'assurance qu'Adrien pourrait sortir sans être importuné. Ces deux points semblaient en bonne voie.

Les cinq adolescents se trouvant dans la chambre d'Adrien, suivis par Félix, descendirent au rez-de-chaussée. Dans le bureau de Nathalie, Nathaniel surveillait la photocopieuse, tandis que Marc maniait le coupe-papier pour dédoubler les feuilles. Des piles bien nettes témoignaient de l'avancement du travail des deux jeunes gens.

Marinette prit un trac et l'examina :

— Ça donne super ! Bravo, Nathaniel !

— Marc m'a bien aidé.

— Merci à vous deux.

Marinette passa à ses amis les tracts qu'elle avait en main. Alors qu'ils admiraient le travail des apprentis graphistes, un léger tapotement se fit entendre. Nathalie et Amélie annonçaient leur arrivée en frappant discrètement à la porte du bureau où ils se trouvaient.

— Tout se passe bien ? demanda Amélie.

— Oui, Madame, répondit Nathaniel. J'ai bien suivi vos instructions pour la machine et nous avons eu exactement ce que nous espérions.

— Parfait.

— C'est vous, Adrien ? demanda Nathalie d'un ton surpris en dévisageant son pupille. On vous reconnaît à peine.

— C'était l'idée, commenta-t-il en passant la main sur sa nuque, comme s'il n'était pas certain d'emporter l'approbation de sa tutrice.

— La couleur des cheveux vous change beaucoup. Cela va durer combien de temps ?

— C'est une coloration temporaire, en spray. Il suffit de me laver les cheveux pour la faire partir.

— C'est une bonne idée.

— C'est Juleka qui y a pensé.

— Merci, Juleka, dit gentiment Nathalie à la jeune fille qui lui répondit par un sourire timide. Alors, quand pensez-vous commencer vos distributions ?

— Demain matin, si tout le monde est d'accord, répondit Marinette.

— Amélie et moi aimerions préciser quelques détails. Adrien et Félix, à votre âge il est normal de pouvoir sortir sans supervision, mais cela ne veut pas dire que vous pouvez entrer et sortir sans prévenir. Nous voulons être tenues au courant de vos emplois du temps.

— Je ne suis pas un bébé ! protesta Félix.

— Je t'ai laissé aller et venir ces derniers temps, mais la situation était particulière, répondit sa mère. Désormais, j'aimerais que tu mènes une vie semblable aux jeunes de ton âge.

— Je suis certaine que les parents de tes camarades ont les mêmes exigences, appuya Nathalie.

Sous le regard des deux femmes, Marinette et ses amis se sentirent obligés de le reconnaître.

— Par ailleurs, continua Nathalie, au vu de l'intérêt malsain que la presse porte à Adrien, je voudrais que ni l'un ni l'autre n'aillent seuls dans la rue dans un premier temps. J'aimerais que vous soyez toujours accompagné par un ou deux de vos camarades. Si besoin, notre chauffeur peut vous amener d'un endroit à un autre.

— Ça va être gai, grommela Félix.

— Pour ce dernier point, c'est transitoire, tenta de le rassurer sa mère. Juste le temps que l'attention des gens se détourne sur d'autres sujets.

— Félix, on peut te costumer comme Adrien, proposa Rose de sa voix enthousiaste. Moins on vous identifiera dehors, plus vite vous pourrez vous promener normalement.

— J'ai des super t-shirts à te prêter, ajouta Nathaniel.

Félix lui jeta un regard qui trahit clairement son manque d'enthousiasme à l'idée d'adopter le style de vêtement de son interlocuteur.

— Il est hors de question que tu nous accompagnes habillé comme un banquier, lui fit savoir crûment Adrien.

Marinette détourna les yeux. Elle trouvait la formulation brutale bien qu'assez d'accord sur le fond.

— Peut-être que je ne vais pas venir du tout, ça arrangera tout le monde, répliqua froidement Félix.

— Personne ne pense cela, intervint Marinette. Tu es prévu dans nos groupes, et Kagami serait très déçue par ton absence. Les autres aussi, d'ailleurs. Si on te propose de t'aider à ne pas être confondu avec Adrien, c'est pour faciliter ta participation à notre projet.

— Oui, Félix, viens avec nous, pria Rose, les mains jointes. Je suis désolée si j'ai paru critiquer ta tenue. Elle te va très bien.

— Je vais y réfléchir, répondit Félix d'une voix radoucie.

Marinette sourit. Il était très difficile de contrarier Rose, tant sa sincérité et sa gentillesse transparaissaient dans ses propos.

— Parfait, dit-elle en frappant dans ses mains. On peut commencer dès demain matin. Il faut répartir les tracts pour que chaque groupe ait son paquet.

Alya et Nathaniel proposèrent spontanément d'emporter ce qui était destiné à leur équipe. Marinette désigna Félix et Adrien pour les leurs. Elle avait pris soin de placer les deux cousins dans des groupes séparés, pour éviter les accrochages. Elle avait également fait en sorte que les couples et les amis proches restent ensemble.

Nathalie et Amélie retournèrent dans leur bureau et les jeunes gens terminèrent les impressions. Ensuite, pour passer le temps, ils remontèrent dans la chambre d'Adrien pour jouer aux jeux vidéo et au baby-foot. Félix eut une conversation dans un coin de la pièce avec Nathaniel et Rose, ce qui fit supposer à Marinette qu'il avait accepté leur aide pour ne plus ressembler à son cousin.

Ils se séparèrent en fin d'après-midi en se souhaitant bonne chance pour le lendemain.

oOo


Un grand merci à Amélie et Fénice pour leur relecture attentive.

Qui sait quoi ?

Adrien ne peut pas savoir que Marinette est au courant de l'existence des alliances, car c'est Ladybug qui les lui a données. Par contre, il peut se souvenir qu'Amélie les avaient demandées pour Félix.

Les allusions de Marinette font référence au baiser que Félix a tenté d'imposer à Ladybug en se faisant passer pour Adrien (Saison 3 – épisode 22 – Félix).

Merci à celles et ceux qui laissent un petit mot en passant. C'est très encourageant pour poster la suite.

On se retrouve dans une semaine pour Début de campagne.