Titre : Un secret bien gardé
Genre : Romance
Rating : M
Résumé : Dans un monde post-guerre, Sirius et Hermione, officiellement colocataires aux yeux de leurs amis, voient leur amitié évoluer vers quelque chose de plus profond. Mais lorsque leur secret commence à se fissurer, comment les autres réagiront-ils ?
Couple : Hermione/Sirius
Disclamer : Harry Potter ne m'appartient pas.
Spoiler : Les sept livres
Note : Bonsoir à toutes et à tous ! J'espère que ce chapitre vous plaira :D Bonne lecture !
Chapitre 5 : Week-end surprise
Cette nuit-là, ils eurent un sommeil assez agité. Le dîner avait ramené des souvenirs plus ou moins agréables à leur mémoire et Hermione avait senti Sirius se réveiller plusieurs fois.
Vers neuf heures, lorsqu'elle ouvrit les yeux, le lit était vide. Elle se retourna dans les draps et entendit au loin les notes du piano. C'était une mélodie mélancolique, triste même. Elle frissonna et se redressa. Elle passa un des tee-shirts de Sirius, trop grand pour elle, et descendit pieds-nus au deuxième étage. La mélodie était incroyable et elle ralentit peu à peu face à ce qu'elle provoquait en elle. Elle eut l'impression de revivre des sensations oubliées et son corps frissonnait de manière irrépressible. Elle s'arrêta sur le seuil du petit salon, une main sur sa bouche, retenant ses larmes. Sirius était là, assis, seul face au piano. Seulement vêtu d'un jean, il se laissait porter par la mélodie.
Hermione ne savait pas combien de temps elle resta là à l'observer mais réalisa à un moment qu'elle n'était plus seule. Remus se tenait près d'elle, Tonks un peu en retrait, et elle put voir qu'il était bouleversé.
Sirius s'arrêta brusquement à un moment, se penchant vers son cahier avec une plume. Il annota quelque chose et allait se remettre à jouer quand il réalisa qu'il avait un public.
Il esquissa un sourire mais celui-ci se fana bien vite lorsqu'il vit leurs têtes. En quelques secondes, il fut près d'Hermione.
« Tu pleurs… » murmura-t-il, prenant son visage en coupe.
Elle eut l'air surprise et leva une main à ses joues. Oui elle pleurait. Tendrement, il essuya ses larmes et embrassa ses joues. Elle se laissa faire, essayant de se calmer.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Sirius.
Il leva la tête vers son meilleur ami et sa cousine, les questionnant silencieusement.
« Le piano, répondit Remus d'une voix étrangement rauque. Ça rappelle plein de souvenirs… une époque que je pensais révolue », souffla-t-il, le regard porté sur l'instrument.
Il sentait la petite main de Dora dans la sienne et baissa les yeux vers elle.
Sirius, comprenant, avait attiré Hermione dans ses bras et caressait ses cheveux et son dos d'une main apaisante.
« On a ramené le petit-déjeuner, informa Tonks avec un sourire tendre. On s'est dit qu'après votre soirée d'hier soir, cela vous ferez du bien.
- Merci, sourit Hermione, reniflant à moitié, toujours blottie contre Sirius. C'est adorable à vous deux.
- Et notre Teddy ?
- Chez son parrain », répondit Remus, retrouvant contenance peu à peu.
Sirius opina et elle se libéra.
« Je vais m'habiller dans ce cas. »
Il lui sourit, caressant sa joue, son regard lui communiquant sans mal tout l'amour qu'il lui portait.
Tonks la suivit pour descendre à la cuisine, laissant un peu de temps à Remus et Sirius. Lorsqu'elle se retourna, ils s'étreignaient comme ils le faisaient parfois et elle esquissa un sourire ému.
Lorsque les autres la rejoignirent en bas, Tonks avait déjà renversé la gamelle de Pattenrond et nettoyait en soupirant. Pendant ce temps, les œufs furent sauvés in extremis par Hermione. Remus prit le relai de Tonks et Sirius mit la table d'un mouvement de baguette. Il plaça d'office un Pattenrond grondant dans les bras de Tonks.
« Elle n'a pas fait exprès, Pattenrond. Faites la paix. »
Tonks pouffa et prit le chat un peu plus confortablement dans ses bras. Il ne fut pas dur à apprivoiser et quelques secondes plus tard ronronnait dans ses bras.
« Alors, fit Remus tandis qu'ils commençaient à manger. Cette soirée ?
Sirius et Hermione se jetèrent un regard.
« Disons que ça aurait pu être pire, fit la jeune femme. Et en même temps je ne vois pas comment étant donné les circonstances ça aurait pu être mieux », avoua-t-il.
Sirius pouffa et opina.
« J'ai eu le droit à des questions du genre « comment un homme de 20 ans de plus que ma fille peut sortir avec elle ? » C'était… prévisible », concéda-t-il en haussant les épaules.
Remus et Tonks se jetèrent un regard et rirent doucement.
« Mais je crois que maman est tombée sous le charme de Sirius, plaisanta Hermione.
- Mais qui ne pourrait pas en même temps », rétorqua-t-il avec un air charmeur.
Elle pouffa et nia. Ils leur racontèrent un peu plus en détail leur soirée et les Lupin se montrèrent très positifs. Ils étaient invités à revenir, c'était déjà ça, même si le père d'Hermione aurait besoin d'un peu de temps.
« Et pour les autres ? » questionna Tonks, finissant son thé.
Leur regard se croisèrent et Hermione soupira.
« On se disait qu'en parler à Ginny d'abord serait une bonne idée.
- Oui, c'est sûr, répondit l'auror. Elle va être extatique, enfin une fois qu'elle aura digéré la nouvelle. C'est fou, en fait les gens ignorent totalement la possibilité que vous pouvez sortir ensemble. Comme si c'était hors du champ des possibles, sourit-elle.
- C'est vrai qu'on voit beaucoup plus de choses maintenant que l'on sait.
- Oh, souffla Hermione. Dimanche dernier ? On n'a pas été démonstratifs pourtant.
- Non ce sont vos regards et tout ce qui tient de la communication non verbale qui vous trahit surtout », expliqua Remus, pour qui cela avait semblé évident dimanche dernier.
Sa femme approuva aussitôt et Hermione et Sirius s'entreregardèrent.
« D'ailleurs, il est possible que Bill suspecte quelque chose, émit Remus. Vous ferez attention aux regards qu'il vous lance demain, taquina-t-il.
- Eh bien, tant mieux si ça vient d'eux, déclara Sirius.
- Sauf s'il fait des allusions comme les tiennes Tonks d'ailleurs », grommela Hermione.
Tonks rit.
« Je n'allais pas m'en priver. Alors quel est le plan ? demanda-t-elle en se penchant vers eux. Je veux être là quand tu en parleras à Ginny.
- Dora, tempéra son mari.
- Mais ça va être extra, protesta Tonks. Ginny ne va pas se gêner pour poser plein de questions et Hermione finit toujours par lui répondre. »
Sirius éclata de rire et Remus ne put retenir son sourire alors qu'Hermione rougissait.
« Elle va être infernale tu veux dire… De toute façon, je pensais le dire à notre soirée entre filles de vendredi dans deux semaines. Il y aura Luna aussi, je crois que Fleur ne peut pas et je compte sur ton soutien », ajouta-t-elle, insistant sur le dernier mot.
Tonks eut un grand sourire et sauta sur ses pieds pour enlacer Hermione, manquant de les faire tomber toutes les deux. Pattenrond grogna en se retrouvant soudainement au sol et fila sans demander son reste.
« On devrait leur faire deviner ! » s'écria la jeune femme.
Hermione pouffa, toujours dans ses bras.
« Oui, pourquoi pas. Je suis sûre que Luna va comprendre très vite si ce n'est pas déjà fait. »
Ils passèrent une partie de la journée tous ensemble et le lendemain midi, ils ouvrirent l'œil par rapport à Bill. George et Ron n'avaient pas de nouveau jeu à leur faire tester cette fois mais leur promirent quelque chose pour le samedi soir deux semaines plus tard au Square. Ils avaient invité que les plus jeunes, plus Sirius et Remus, et ça ne laissait présager rien de bon. Par ailleurs, personne n'avait oublié qu'Hermione avait son fameux week-end surprise le suivant et tous la questionnèrent à ce sujet. Elle répéta maintes et maintes fois que c'était une surprise et donc qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'ils faisaient. Au moins, cela sembla bien amuser Sirius, Remus et Tonks.
Bill les observa plus d'une fois lorsqu'Hermione et Sirius étaient proches. Il suspectait quelque chose visiblement mais n'était pas encore totalement convaincu.
Leur semaine fut heureusement tranquille et Hermione rentra à des heures décentes. Ils eurent un procès ensemble et cela les amena à rediscuter de cette histoire de protégée. Sirius ne voulait pas lui forcer la main mais il attendait son verdict final. Ils en parlèrent le mercredi soir après le diner, installés dans le canapé.
« C'est cette idée d'être une « protégée » qui me dérange. Je ne veux pas que les gens pensent que j'ai peur ou que je redoute quelque chose et que je doive me cacher derrière toi ou le nom des Black.
- Les gens qui te connaissent ne diront jamais ça de toi, amour, fit Sirius, un bras autour de ses épaules.
- Je sais bien mais si on veut qu'ils me respectent, il ne vaut mieux pas que je m'en sorte par moi-même ?
- Je ne suis pas sûr que cela fonctionne avec eux. Le mieux qu'on puisse faire, c'est faire changer le verdict des procès, faire changer les lois pour que les générations futures soient différentes. Vois le comme une alliance stratégique plutôt », proposa Sirius.
Il se décala un peu pour pouvoir plonger son regard dans le sien.
« Tu sais te défendre et ils s'en rendent bien compte au Magenmagot. Ils l'apprennent à leur dépend mais avec l'appui des Black derrière toi, tu vas devenir indestructible, sourit-il. Ce sera, pour eux et d'après leur manière de penser arriérée, comme s'ils parlaient à un pair. Et… »
Il eut un regard plus hésitant, comme s'il ne parvenait pas à décider de s'il devait poursuivre ou pas. C'était rare chez Sirius et elle prit sa main dans la sienne, l'encourageant. Il caressa le dos de sa main tendrement.
« Dis toi… enfin… ce sera comme une… répétition.
- Une répétition ? » répéta Hermione sans comprendre.
Il fut mal à l'aise. Il ne voulait pas l'effrayer.
« Je ne sais pas comment tu nous vois dans le futur mais… »
Son regard acier croisa le sien et il ne le quitta plus.
« Je sais ce que j'aimerais et… »
Il inspira, très sérieux.
« Ça ne fait encore que peu de temps que nous sommes ensemble mais j'aimerais que ce soit un avant-goût de… quand tu deviendras une membre à part entière des Black. Quand, dans quelques mois, ou plus, ajouta-t-il, se rendant compte qu'elle pouvait trouver cela précipité, on décidera de passer à l'étape supérieure. »
Il eut un air un peu désespéré, ne sachant pas comment elle allait prendre cela, et posa une main sur sa joue alors qu'Hermione l'observait, choquée. Elle se demandait si elle avait bien entendu. Est-ce que Sirius Black parlait mariage ?
« Franchement, Hermione, j'aimerais pouvoir changer de nom de famille, de famille tout court pour que tu aies un nom à ta hauteur mais… »
Elle nia brusquement, prenant sa main dans la sienne sur sa joue. Il nota les larmes qui commençaient à se former dans ses yeux chocolat.
« Non, c'est toi, qui tu es, souffla-t-elle, d'une voix tremblante. Je ne changerai ça pour rien au monde et… »
Elle l'observait avec une tendresse infinie qui le réchauffa entièrement.
« Je… je… d'accord. Tu as raison pour cette histoire de protégée », opina-t-elle, des larmes roulant sur ses joues.
Il les essuya aussitôt de ses pouces.
« Et, je… tu penses au mariage ? »
Il opina, un sourire sur les lèvres. Il ne pouvait plus s'en défaire, pas maintenant qu'elle le regardait ainsi alors qu'il venait de lui parler de mariage.
« Je n'y pensais plus avant toi. J'avais un peu abandonné l'idée de fonder une famille mais… je t'ai déjà dit que tu as révolutionné ma vie ? taquina-t-il, et elle rit doucement.
- J'ai cru le comprendre en effet, sourit-elle, effleurant ses lèvres des siennes.
- Mais je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer, souffla Sirius après leur baiser. J'ai envie d'y croire et de fonder une famille avec toi.
- Ne te vends pas trop Sirius, tu ne sauras plus quoi dire lors de la demande en mariage », taquina-t-elle sans croire qu'elle disait ses mots.
Il pouffa et l'attira à elle pour un baiser passionné.
« Je t'aime Hermione, tellement. »
Il l'embrassa une nouvelle fois et elle rit contre ses lèvres.
« Moi aussi je t'aime, mon amour. »
Il fondit et son sourire devint mutin alors qu'elle s'appuyait sur ses épaules, passant une jambe par-dessus les siennes. Elle se retrouva assise à califourchon sur lui et Sirius glissa ses mains sur ses cuisses, leur nez se frôlant. Il la rapprocha de lui et ils se taquinèrent gentiment avant que leurs lèvres ne se retrouvent encore. Hermione le sentit rapidement réagir sous elle et ondula lentement sur ses cuisses.
Il gronda, ses mains sur ses fesses, et elle glissa les siennes sous son tee-shirt.
« On devrait monter, souffla-t-il, le regard noir de désir.
- Tiens, une proposition très raisonnable, nota Hermione qui avait retiré son haut et embrassait son épaule.
- Ça m'arrive, taquina-t-il, accélérant son mouvement de bassin de ses mains. Ce serait dommage que… d'autres personnes découvrent notre relation comme ça, grommela-t-il, s'efforçant de clarifier son esprit.
- En effet, murmura-t-elle alors qu'une de ses mains descendaient entre eux.
- Hermione », gronda-t-il, arrêtant sa main.
Elle rit alors qu'il la soulevait dans ses bras brusquement et noua ses jambes autour de son bassin, ses bras autour de son cou. Autant dire qu'ils faillirent ne jamais arriver au dernier étage.
Le vendredi soir, lorsqu'Hermione rentra du travail, elle fut accueillie par un beau bouquet de roses rouges. Il trônait sur la table de la cuisine et elle eut un sourire amusé. Une carte était déposée à côté et elle la prit, découvrant une écriture élégante qu'elle connaissait.
« Amour,
Je t'attends à 19h pour un dîner aux chandelles. Apporte des affaires pour deux jours. En passant par la chambre, tu découvriras quelque chose qui t'attend.
Avec tout mon amour,
SOB »
Elle garda la lettre avec elle, sentant son cœur battre et monta au dernier étage, se retenant de courir. Enfin leur week-end surprise arrivait !
Sur leur lit, il y avait deux robes et quelques roses de plus. Elle pouffa mais n'osa pas avancer. Les deux robes, une rouge et une noire, étaient sublimes et tellement chics. Ils n'allaient pas dans n'importe quel restaurant.
Elle prit son courage à deux mains et pénétra dans la pièce. La rouge était satinée, serrée en haut et évasée à partir de la taille. Le col devait laisser ses épaules libres, les manches reposant sur le haut de ses bras. La noire était près du corps à priori, avec un col en V et des manches courtes. Les deux devaient arriver au niveau des genoux et une paire de talons noirs étaient posés devant le lit. Elle reconnut la marque luxueuse et grommela pour elle-même. Sirius avait fait des folies.
Déjà pour son anniversaire, il lui avait offert un manteau noir, sublime, très élégant. Un manteau moldu qu'elle avait hâte de mettre. Peut-être pourrait-elle le mettre ce soir ? Si elle ne portait que la robe, ça irait ?
Elle jeta un œil à l'horloge et s'activa. D'abord, les affaires pour deux jours. Elle rejoignit l'armoire et sortit son sac. Il fallait dire que la chambre qui était à la base celle d'Hermione était à présent quasi vide, Hermione ayant peu à peu et sans s'en rendre compte bouger ses affaires dans celle de Sirius. Lui s'en était rendu compte et il avait déplacé les siennes au même rythme qu'elle pour lui faire de la place, satisfait.
Elle remplit bien vite son sac et le déposa au pied du lit avant de filer dans la salle de bain se doucher.
Lorsqu'elle ressortit en serviette, elle fut interdite devant les deux robes.
Hermione hésitait : la rouge ou la noire ? Debout devant son lit, en serviette, elle se sentait ridicule. Cela ne lui ressemblait pas d'agir ainsi et pourtant elle était bien là à douter depuis de longues minutes sur son choix de tenue.
« La rouge », souffla une voix suave sur le seuil de la chambre.
Elle se tourna vivement, croisant un regard gris acier malicieux. Sirius Black souriait avec espièglerie, nonchalamment appuyé contre le montant de la porte. Elle ouvrit de grands yeux en le voyant si élégant. C'est-à-dire qu'il passait beaucoup de temps au Square vêtu en jean/tee-shirt et elle s'y était habituée. D'ailleurs ça lui allait terriblement bien, mais lorsqu'il sortait, il faisait toujours attention et ce soir-là particulièrement. Il portait un costume trois pièces. La veste ajustée mettait en valeur sa silhouette et la chemine blanche en-dessous avait peut-être un bouton en trop d'ouvert, ce qui était bien sûr voulu et laissait voir en partie ses tatouages et le haut de son torse. Un gilet assorti, fermé, complétait sa tenue et le bas consistait en un pantalon élégant, coupé parfaitement. Il avait mis ses chaussures de ville en cuir noir et avait à demi attaché ses cheveux. Hermione se mordit les lèvres face à cette vision. Oh il savait très bien l'effet qu'il lui faisait. De toute façon, ce n'était pas dur à deviner, les joues de la jeune femme étaient maintenant légèrement rougies.
Le sourire de Sirius s'agrandit et elle fronça les sourcils. Elle se retourna vers les robes, plus pour s'arracher à cette vision qu'autre chose et l'entendit avancer dans la pièce. Bien vite, son odeur l'enveloppa et deux mains fortes enlacèrent sa taille. Son corps se coula contre le sien dans un réflexe et elle ferma les yeux. Elle sentit ses lèvres souriantes dans son cou et il la rapprocha de lui.
« La réservation est à 19 heures, rappela Hermione, les yeux clos.
- Je sais, susurra-t-il à son oreille, la faisant frissonner. C'est toi qui n'est pas prête », taquina-t-il.
Elle se retourna vivement vers lui, plongeant son regard dans le sien. Ses mains caressèrent sa chute de rein par-dessus la serviette mais il resta sage.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, connaissant ce petit froncement de sourcils.
- C'est étrange, répondît-elle abruptement.
- Qu'est-ce qui est étrange, amour ? »
Il vit son regard dériver vers les robes puis revenir à lui. Ses joues étaient toujours délicieusement rosies et elle ne pouvait se retenir de se mordiller les lèvres. C'était tentant et il sentait le désir grandir en lui mais il savait bien, pour avoir déjà tenté l'expérience, que s'il l'embrassait ici dans cette chambre, ils seraient en retard.
Hermione semblait préoccupée et c'était pour l'instant ce qui l'intéressait le plus.
« J'ai du mal à… enfin… vu les robes, c'est un restaurant très cher, tu es sûr que…
- Hermione, chérie, coupa-t-il, doucement, glissant un doigt sous son menton pour plonger son regard dans le sien. Ce n'est pas un problème. Je sais d'avance que tu vas adorer et j'ai envie d'y aller avec toi alors laisse-moi ce plaisir. »
Elle esquissa un sourire gêné.
« Je mets la rouge alors. Merci », souffla-t-elle.
Son sourire s'agrandit.
« Je te laisse te préparer. »
Il s'éloigna d'elle et sortit de la pièce.
Elle arrêta de réfléchir alors et prit la robe. Un sourire s'étendit sur son visage et elle revint vers l'armoire. Elle farfouilla dans ses sous-vêtements quelques secondes et trouva ce qu'elle cherchait. Puis, elle enfila la robe et s'avança vers le miroir. Il lui renvoya le reflet d'une jeune femme très élégante. La tenue était juste parfaite. Elle mit des bas mi opaques noirs vu le temps et se maquilla. Voulant faire honneur à sa tenue, elle appliqua un beau rouge à lèvres rouge, magiquement sans transfert, et ourla ses yeux de noirs. C'était un maquillage plus voyant qu'habituellement bien sûr mais l'occasion s'y prêtait. Elle chercha dans ses colliers un qui pouvait convenir et opta pour un collier de perles blanches que sa mère lui avait donné. Elle mit les boucles d'oreilles assorties, deux perles de même couleur, et observa ses boucles brunes un moment. Quoi faire ? Peut-être que Sirius aurait aussi une préférence.
Prenant ses talons dans un main et son sac dans l'autre, elle descendit à la cuisine où elle pensait le trouver. À la place, elle fut surprise de voir trois autres personnes : Harry, Ron et Remus.
Ils se turent en la voyant entrer et elle fut dans le même état, ne s'attendant pas à les voir.
« Bonsoir, sourit-elle finalement. Qu'est-ce que vous faites ici ?
- Ouah Hermione, fit Harry, bouche-bée. Tu es…
- Ravissante, compléta Remus avec un sourire amusé.
- Merci », répondit-elle, jetant un regard à un Ron toujours aussi muet.
Remus qui voyait bien qu'elle s'inquiétait reprit :
« Comme c'est ton week-end « surprise », les garçons voulaient venir tenir compagnie à Sirius, dit-il, montrant bien qu'il avait essayé de les en dissuader.
- Oh… » fit Hermione, un peu mal à l'aise.
Elle se rappela soudainement que Sirius n'allait pas tarder à descendre et Remus vit son regard quelque peu paniqué.
« Je ne l'ai pas vu depuis un moment mais il doit être là, tu veux bien aller le chercher Remus ? »
Il comprit aussitôt le message et sortit de la pièce. Ron semblait avoir repris contenance et Harry avait un regard étrange.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione, devinant que quelque chose n'allait pas.
- Vous vous retrouvez ce soir alors ? »
Elle opina. Il savait cela donc c'était autre chose qu'il voulait lui dire. Ron eut aussi un air plus sérieux et elle déposa son sac et ses talons avant de s'asseoir.
« Tout va bien ? » demanda-t-elle, inquiète.
Harry inspira et Ron le devança :
« Les derniers rapports des aurors montrent que les mangemorts en fuite pourraient vouloir s'en prendre à toi. »
C'était direct, une chose peu commune chez Ron. Elle se tourna vers lui, à vrai dire plus surprise par son franc parlé que par ce qu'il venait de dire.
« D'accord, dit-elle.
- Mione », fit Harry en la rejoignant.
Il prit ses mains dans les siennes, visiblement inquiet.
« Ton week-end… avec un moldu. Tu es sûre que c'est une bonne idée dans ses circonstances ? »
Il savait qu'elle n'apprécierait pas cette remarque et fut étonné de la voir esquisser un sourire.
« Mione, reprit Ron en se mettant de l'autre côté. Pense-y, tu…
- Ça ira, sourit-elle. Je n'ai pas peur et je sais me défendre.
- Contre qui ? » demanda une voix rauque.
Elle se tourna pour voir Sirius et Remus entrer dans la cuisine. Le premier portait sa robe de chambre, ses cheveux détachés et son regard était ancré dans le sien.
« Nous avons appris que les derniers rapports des aurors parlaient d'Hermione comme cible potentielle, souffla Harry.
- Des mangemorts encore en fuite », ajouta Ron.
Le regard de Sirius revint sur Hermione. Elle paraissait lasse mais pas surprise. Il haussa un sourcil, bras croisés.
« Tu le savais ? » demanda-t-il.
Elle fut surprise cette fois et se leva.
« Depuis cette semaine, dit-elle. J'ai noté que j'étais observée mais sans savoir exactement de qui cela venait. »
Il fronça les sourcils.
« Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? »
Elle nia.
« Parce que ce sont des choses qui arrivent… avec mon travail. »
Elle vit sa mâchoire se contracter et voulut en dire plus.
« Si j'avais compris que cela me concernait moi et sans lien avec mon travail, je te l'aurais dit Sirius, assura-t-elle.
- Tu es suivie pour ton travail ? interrogea Sirius, plus froidement.
- Oui, parfois. Ça ne dure jamais longtemps. Je suis formée pour les repérer et les capturer. C'est pour ça que ces mangemorts ne m'effraient pas. »
Tous les quatre l'observaient, surpris.
« Mais… balbutia Ron. Je croyais que tu avais un travail de bureau ?
- Oui, mais pas que, répondit-elle. Je… »
Elle inspira, réfléchissant à ce qu'elle pouvait leur dire. Comment les rassurer ?
« Les hommes qui m'ont filée cette semaine étaient trois. En rotation. Toujours le même le matin. J'arrive directement au ministère et il se place toujours derrière la troisième colonne au fond de l'atrium. Il ne lance aucun sortilège. Le midi, il y a toujours un des deux autres qui m'attend au cas où. Quand on a mangé ensemble mercredi midi Harry, il nous suivait. Le soir, c'est aussi l'un de ces deux-là. Ils ne savent pas où j'habite évidement et leur sort d'écoute sont inefficaces avec le secret. »
Harry avait l'air surpris.
« Mais je n'ai rien senti. »
Elle nia.
« Un bon sortilège de filature mais j'ai connu mieux, ajouta-t-elle.
- Pourquoi ne pas le bloquer ? »
Elle esquissa un sourire.
« Mon but n'est pas de les décourager… Je veux qu'ils me pensent sans défense, avoua-t-elle sans ambage. Qu'ils pensent que je ne m'en rends pas compte…
- Est-ce que tu fais en sorte qu'ils… tentent quelque chose ? marmonna Remus, sidéré.
- C'est bien plus efficace de tous les avoir comme ça », dit-elle, haussant les épaules.
Il y eut une minute de silence.
« Ils sont au courant au travail, reprit-elle, et prêts à intervenir dès qu'ils me tombent dessus. Mais si ce sont les mangemorts qui me suivent alors je vais en parler à Gawain, déclara-t-elle. Ça doit être tout récent pour qu'il ne soit pas venu m'en parler.
- Le directeur du bureau des aurors Gawain Robards ? » questionna Ron, surpris.
Elle se mordit les lèvres et opina.
« L'info est d'aujourd'hui, déclara Harry. Il paraîtrait qu'ils sont tous après toi. Tu es l'ennemi numéro 1 car le plus… faible. »
Hermione esquissa un sourire et un feu particulier brûla dans son regard chocolat.
« Parfait. Ils s'en mordront les doigts et les derniers mangemorts tomberont.
- Mais pour ton repas, reprit Ron. Avec un moldu, c'est…
- Ils ne connaissent pas cet endroit et donc ne peuvent pas me suivre d'ici, déclara-t-elle. Moi-même je ne connais pas ma destination. Mais je peux vous promettre de les maintenir éloignés ce week-end.
- Hermione… marmonna Harry. Ce n'est pas… enfin, c'est sérieux.
- Je suis très sérieuse, répondit-elle plus durement.
- Lui aussi pourrait être blessé, fit Ron.
- Ne vous inquiétez pas pour lui. Tout ira bien mais si vous voulez, je vais prévenir mon collègue. Il viendra au moindre appel. »
Elle sortit sa baguette et lança un patronus informulé. Une brume blanche apparut devant elle et elle resta sans rien dire quelques secondes. Ils comprirent qu'elle formulait le message par la pensée.
« Pour Drago, souffla-t-elle avant que la forme ne disparaisse.
- Drago, comme Drago Malefoy ? C'est lui ton partenaire ! » s'écria Ron.
Elle le fusilla du regard et fit un pas vers lui. C'était quelque chose qu'elle évitait de dire et seules quelques personnes étaient au courant, dont Sirius. Ce dernier semblait d'ailleurs plutôt inquiet par la situation.
« Oui. Et il m'a sauvé la vie plus d'une fois donc… »
Un éclair blanc arriva et un renard argenté se matérialisa devant Hermione.
« Entendu, Princesse. Je couvre tes arrières. Profite bien de ton week-end », fit la voix oh combien reconnaissable de Drago.
Ils pouvaient sentir la taquinerie qui transparaissait néanmoins et le patronus disparut.
« Bon… » souffla Harry, qui repoussa cette idée pour se concentrer sur le problème du moment.
Inutile de penser au fait que Malefoy, leur ancien ennemi, travaillait avec leur meilleure amie et l'appelait Princesse.
« Mais le temps qu'il arrive… et puis, tu seras avec un moldu. Tu ne sais pas où… Je sais que tu peux te défendre, ajouta-t-il, précipitamment, mais tu sais combien il reste de mangemorts en liberté ?!
- 23, répondit-elle sans sourciller. Écoutez, reprit-elle, jetant un œil à l'heure qui tournait. J'aimerais pouvoir tout vous expliquer mais je ne peux pas. Je suis liée par un serment magique au secret sur tout ce qui concerne mon travail. »
Elle les observa tous, un par un, s'attardant un peu plus sur Sirius.
« Mais ce n'est pas la première fois que ça arrive et normalement, je les maitrise seule.
- Mais ce ne sont pas des mangemorts ! s'écria Ron.
- Non, non, en effet, plutôt des traqueurs professionnels embauchés par d'autres. Et ils sont rarement seuls. Eux aussi pensent que s'en prendre à moi plutôt qu'à Drago est une bonne idée. Ils regrettent amèrement. »
Elle leva les yeux au ciel.
« Je ne veux pas avoir l'air de me vanter ou quoi que ce soit mais… je gère », assura-t-elle.
Elle semblait catégorique et eut un ample mouvement de mains les incluant tous. Trois secondes plus tard, elle avait quatre baguettes dans sa main. Ils n'avaient pas eu le temps de réagir et clignèrent des yeux, sans comprendre.
« Magie sans baguette et informulée ? fit Remus, impressionné, un sourire amusé. J'avais noté que tu étais plutôt à l'aise mais à ce point. »
Il opina pour lui-même et Hermione posa les baguettes sur la table.
« Je vous ai dit que j'étais formée pour ce genre de cas ? Je sais que vous aussi, dit-elle pour Harry et Ron qui avaient tous deux suivis la formation pour devenir aurors et étaient en apprentissage actuellement. Mais… ma formation a été faite par des langues-de-plombs, sur vingt nouvelles recrues, seules quatre ont tenu. Je ne sais plus quoi dire pour vous rassurer là. », signifia-t-elle.
Mais Ron et Harry étaient toujours bloqués sur le tour qu'elle venait de leur faire. Sirius, lui, était appuyé contre le mur, bras croisés, un léger sourire sur le visage. Son inquiétude avait diminué et en la voyant autant en contrôle, sa colère aussi. Il aurait aimé le savoir avant mais ça faisait aussi un moment qu'il avait compris que son travail était bien plus « physique » que ce qu'il avait pu en penser. D'ailleurs ça se voyait sur son corps musclé, bien trop pour une jeune femme qui ne fait pas de sport et qui a un travail de bureau. A présent, il se disait qu'elle était décidément bien trop sexy pour son propre bien.
Elle croisa son regard et il la vit se rassurer un peu. Il la croyait.
« Convaincu ? demanda-t-elle pour Harry et Ron. Je vais être en retard, plaida-t-elle.
- Eh bien, si tu promets de faire attention… marmonna Harry qui semblait en plein débat interne.
- Mais ils vous apprennent quoi chez les langues-de-plombs », souffla Ron, étonné.
Elle esquissa un sourire.
« Je crois que tu ne veux pas savoir, Ron. Mais je vous tiendrais au courant pour les mangemorts. »
Elle attira son manteau à elle, celui que Sirius lui avait offert, et l'enfila. Puis elle chaussa ses talons, sentant leurs regards sur elle.
« On devrait peut-être… commença Ron.
- Je vais t'accompagner jusqu'à ton rendez-vous », déclara Sirius.
Elle eut l'air surprise.
« Tu ne devais pas t'enfermer dans ton bureau pour travailler tout le week-end ? taquina-t-elle, sachant qu'il saisirait l'excuse qu'elle lui donnait pour justifier sa soirée.
- Je ferai l'aller-retour », répondit-il avec un clin d'œil.
Récupérant sa baguette, il métamorphosa ses vêtements en un jean et tee-shirt noir. Puis, il prit le sac d'Hermione et il lui tendit galamment son bras. Elle le prit, amusée.
« Désolé les garçons, mais je passe mon tour pour ce soir, dit-il. Trop de boulot. »
Ils ne répondirent pas et ils les saluèrent avant de se diriger vers l'entrée. Ils devaient transplaner et donc passer par le point de transplanage du quartier.
Ron se laissa tomber à table, toujours surpris.
« Non mais Hermione ?
- Bon, fit Remus qui connaissait son rôle. Tonks est de garde ce soir donc on peut aller chez moi », dit-il en se dirigeant vers la cheminée.
Harry le suivit, encore surpris, et Ron se réveilla. Remus soupira face à leur tête. Et elle le laissait gérer ça ?
Hermione et Sirius marchèrent un moment en silence. Sirius profita de leur passage dans une ruelle pour métamorphoser ses vêtements, retrouvant sa tenue précédente, bien plus adaptée au restaurant. Elle tenait toujours son bras alors qu'ils se rapprochaient du point de transplanage.
« Je suis désolée », souffla-t-elle après quelques minutes.
Il ralentit légèrement et croisa son regard inquiet.
« Tu m'en veux ? »
Il soupira et nia.
« J'ai été en colère et inquiet. Je suis toujours inquiet mais j'ai compris. Je sais que tu ne peux pas parler de ton travail. Je ne savais pas que tu étais suivie comme ça…
- Ils ne savent pas pour nous deux », assura-t-elle.
Il sourit.
« Maintenant, je suis inquiet et excité », soupira-t-il.
Elle eut l'air surprise, et rit quelque peu, ne s'attendant pas à cela.
« J'aimerais pouvoir t'en parler mais en même temps, je ne veux pas t'inquiéter. »
Il soupira une nouvelle fois, faisant un pas vers elle. Son regard brillait alors qu'il l'observait.
« Laisse-moi le temps de digérer ça, dit-il, levant une main à sa joue. Tu ne peux rien y faire de toute façon. »
Elle apprécia le contact de sa main tendre sur sa joue et ferma les yeux. Elle sentit une main l'enserrer par la taille et ses lèvres l'effleurer. La tension était palpable entre eux. Elle grommela et l'attira par sa veste, l'embrassant à pleine bouche. Elle se retrouva pressée contre son corps et hoqueta en sentant ses mains agripper ses fesses.
« Le restaurant… » souffla-t-il, brusquement, s'arrachant à ses lèvres.
Elle gémit contre ses lèvres et murmura un tempus. Il était 18h55.
« Prête à courir ? »
Elle opina et il prit sa main dans la sienne. Ils parvinrent au point de transplanage et il l'enlaça pour transplaner. Ils ressortirent au milieu d'un quartier chic de Londres et Hermione tenta de deviner où ils allaient.
« Le Goring Dining Room ! s'étonna-t-elle en arrivant devant le restaurant, illuminé dans la nuit.
- Ça te va ? » questionna Sirius, inquiet.
Elle leva les yeux au ciel.
« Bien sûr ! Enfin on en entend que du bien ! »
Il sourit et ils entrèrent.
Ils s'avancèrent jusqu'à la table d'accueil.
« Monsieur Black », salua le réceptionniste.
Hermione fut surprise qu'il le reconnaisse et Sirius avait le même air, même s'il le cacha bien mieux.
L'homme appela une serveuse pour les mener à leur table. Ils le remercièrent et suivirent la jeune femme. Elle leur fit traverser une salle lumineuse et richement meublée. Des chandeliers en cristal pendaient au plafond et quelques couples dînaient déjà dans une ambiance romantique.
Elle les fit passer dans la salle suivante et ils sentirent la barrière magique en entrant.
« Je ne savais pas que ce restaurant avait un côté sorcier.
- Les moldus semblent plus nous apprécier, sourit leur serveuse en leur désignant une table un peu à l'écart. Je vous laisse aux bons soins de Dan, mon collègue. »
Celui-ci vint se présenter et offrit de prendre le manteau d'Hermione. Sirius l'aidait déjà galamment à le retirer et le donna au serveur, avant de faire pareil avec celui qu'il portait.
« Voici les menus, dit-il en les faisant apparaître. Je peux vous proposer un délicieux vin blanc français en apéritif. »
Ils l'écoutèrent et Hermione s'en remit à Sirius. Il avait bien meilleur goût qu'elle en alcool et ce qu'il prendrait lui irait.
Le serveur s'éloigna bientôt et Hermione en profita pour observer les environs, impressionnée. Tout était grandiose. C'était un décor incroyable et elle nota qu'ils avaient dû installer des bulles de discrétion autour de chaque table étant donné qu'ils n'entendaient pas les autres couples. Ils ne percevaient que la musique délicates qu'ils diffusaient. Un coin plus ouvert un peu plus loin devait servir de piste de danse et d'ailleurs, elle aperçut un couple se lever et s'y rendre. Elle sentit le regard de Sirius et se retourna vers elle. Il l'observait, amusé et attendri.
« Ça te plait ? »
Elle pouffa et remit une boucle derrière son oreille.
« Jusqu'ici oui, taquina-t-elle. Tu m'excuses, je n'ai pas eu le temps de me coiffer avec tout ça », dit-elle en se levant.
Il se leva avec elle dans un réflexe qu'il avait parfois et elle se mordit les lèvres.
« Tu es très bien comme ça », assura-t-il.
Elle se rapprocha de lui.
« Mais je n'aurais pas la satisfaction de te voir défaire ma coiffure ce soir », murmura-t-elle, mutine.
Elle perçut le désir dans ses yeux et rit en s'éloignant.
Il grommela pour lui-même. Cette soirée était déjà trop pour lui, de véritables montagnes russes.
Dans les toilettes, Hermione admira les lieux avant d'essayer de faire quelque chose. Elle parvint à rassembler sa chevelure en un chignon bas, dégageant tout de même sa nuque, et le décora de quelques perles qu'elle fit apparaître.
Sirius se leva une nouvelle fois lorsqu'elle revint et elle sourit en se rasseyant.
« Estime-toi heureuse que je ne tire pas ta chaise à chaque fois », souffla-t-il, tendant une main vers elle.
Elle la prit, sans se départir de son sourire.
« Ça ne me gênerait pas, dit-elle. C'est très… charmant. »
Il marmonna.
« Je sais que j'ai des manières assez archaïques et… nobles, lâcha-t-il avec un dégoût évident pour le dernier mot.
- Sirius, tu as été élevé comme ça et moi, personnellement, je trouve ça terriblement romantique. »
Il releva la tête pour croiser son regard sincère.
« Tu aimes quand je te tiens la porte ? Quand je t'aide à mettre ton manteau ? Quand je…
- Quand tu es attentif et attentionné Sirius. C'est comme ça que tu le fais et oui, j'aime quand tu prends soin de moi.
- Même si tu sais te défendre », taquina-t-il.
Elle leva les yeux au ciel.
« Même si je sais me défendre. J'aime quand tu te soucies de moi, à chaque instants, et même au lit, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.
- Ce serait un comble de ne pas le faire au lit, rétorqua-t-il, secouant la tête.
- Certains ne le font pas », rappela Hermione, caressant sa main dans la sienne.
Elle nota alors que le serveur avait dû ramener leurs verres et Sirius prit le sien.
« A notre santé alors, trinqua-t-il.
- À nous », sourit Hermione.
Le repas fut plus que délicieux, exquis. Tout fut parfait, de l'apéritif au digestif. Ils attendaient les desserts quand Sirius tendit une main vers Hermione.
« Tu viendrais danser avec moi ? »
De la musique se faisait entendre et elle n'hésita pas longtemps. Depuis qu'il avait décidé de lui apprendre à danser, ils y prenaient de plus en plus de plaisir. C'était souvent spontané, parfois planifié mais toujours, ils s'amusaient. Il fallait dire que Sirius avait bien choisi ses danses et commençait par toutes les danses latines. Il lui apprenait les rudiments surtout, donc les pas de base mais peu à peu, Hermione accumulait de la connaissance et maintenant peu importe la danse latine elle pouvait se débrouiller. Sirius menait avec la force de l'habitude et une passion caractéristique et elle se reposait totalement sur lui.
La musique du restaurant était bien plus classique et elle se retrouva enlacée, contre lui. Ses mains sur sa chute de rein, ils commencèrent un slow encouragé par la musique lente et romantique.
Si Hermione avait un jour rêvé au prince charmant, elle aurait sûrement rêvé de cela. Mais elle n'y avait jamais trop pensé. Elle fut pourtant comblée, sentant son regard brûlant sur elle.
Ils revinrent à table pour les desserts et encore une fois se régalèrent.
« Et après ça, fit Hermione, où va-t-on ? »
Elle avait tenu tout le repas, retenant ses questions. Il eut un air mystérieux et haussa les épaules.
« Tu verras bien.
- Sirius », protesta-t-elle faussement, le faisant rire.
Le vent était froid lorsqu'ils ressortirent et ils se dépêchèrent de rejoindre le lieu de transplanage. Ils arrivaient quand Hermione murmura quelque chose. Il se sentit aussitôt différent.
« Un sort de métamorphose, souffla-t-elle, ancrant son regard droit dans le sien. Je vais nous faire transplaner. »
C'était catégorique et il comprit. Il n'avait rien senti pourtant. Il se raidit et la sentit transplaner. Une fois, deux fois, trois fois. C'était des lieux perdus dans la forêt et il se demandait comment elle pouvait se souvenir de tels lieux avant de se rappeler que lors de leur fuite, elle avait dû aussi transplaner ainsi avec Ron et Harry.
« Tu peux y aller », dit-elle après avoir levé une énième fois sa baguette.
Il ne reconnaissait aucun sort qu'elle lançait et le fait qu'elle ne les formule pas ne l'aidait pas à les identifier.
Il les fit transplaner deux fois avant qu'ils n'atterrissent devant la grille d'une grande demeure. Il sentit qu'il avait retrouvé son apparence habituelle et jeta un œil à la sorcière à ses côtés. Il ne l'avait même pas vu enlever le sort. Le portail s'ouvrit devant eux lorsqu'il s'avança et il lui tendit la main.
« Tu viens ? »
Elle la prit et la serra.
« C'est le manoir Black ?
Il opina.
« Celui du Dorset. Dis-moi… en temps normal, tu les aurais laissés te suivre donc ?
- En fonction de l'endroit où je vais. Si ça mène chez nous ou un de nos amis, non. »
Il acquiesça une nouvelle fois, silencieux.
« Je venais ici avec mon frère », dit-il alors qu'ils arrivaient devant la porte d'entrée à deux battants, immense.
La lumière qui filtrait à l'intérieur éclairait les jardins peu entretenus.
« Ce week-end, tu vas rencontrer Besty et Grim, qui vivent ici depuis toujours. Ce sont les deux elfes employés du Manoir. »
Elle acquiesça.
« Ils sont très différents de Kreattur. Nos parents ne venaient que rarement avec nous ici donc c'était… les meilleurs moments en famille disons. »
Elle le sentait tendu pourtant mais comprit. Son frère. Apprendre toute l'histoire, pourquoi Regulus était mort, avait été dure pour Sirius. Il avait eu besoin de temps et aujourd'hui elle savait qu'il pleurait sa perte. La perte d'un petit frère aimé malgré tout.
Elle caressa sa main doucement et il lui sourit.
« Allons-y. »
Il tendit à peine la main que la porte s'ouvrit.
« Maître Sirius ! » s'écria une voix aigue.
Une petite elfe aux yeux brillants d'émotion les observa.
« Bonsoir Besty, sourit le Maraudeur. Ça fait longtemps.
- Oh oui Maître, très longtemps ! Betsy pensait que vous ne vouliez plus venir au Manoir ! Mais le Maître est venu avec Hermione Granger. »
L'elfe avait dit ça avec une déférence non contenue dans la voix. Elle la connaissait et l'admirait visiblement.
« Bonsoir, salua Hermione. Ravie de te rencontrer Betsy.
- Oh, c'est Betsy qui est ravie, très ravie. Betsy n'aurait jamais imaginé rencontrer Hermione Granger un jour. Miss Granger est connue de tous ! »
Sirius ne pouvait retenir son sourire en voyant l'air gêné d'Hermione.
« Vous avez pu remettre la chambre en état ? questionna Sirius, pour changer de sujet.
- Oh oui ! Et les pièces de vie comme vous nous l'avez demandé.
- Merci Betsy pour ton travail. Nous allons te laisser alors. »
L'elfe s'inclina, visiblement émue, et Hermione se retint de dire quoi que ce soit de plus. Elle tenait toujours la main de Sirius et réalisa alors qu'il portait son sac.
L'entrée était sublime. Un grand escalier sur la droite montait dans les étages et rien que sa balustrade sculptée en bois était incroyable. Un tapis noir recouvrait les marches et cela donnait le ton. Le manoir était un curieux mélange entre des matériaux naturels et des couleurs sombres.
Sirius la guida vers l'escalier. Deux portraits de taille conséquente se trouvaient sur la sorte de palier à demi-étage, un homme aux cheveux noirs de jais, un air aristocratique et une femme sans sourire. Ils étaient beaux mais froids.
« Phineas Nigellus Black, mon arrière arrière grand-père, présenta Sirius. Et sa femme Ursulla, mon arrière arrière grand-mère. »
Les deux portraits posaient très clairement, statiques. Il était évident qu'ils ne leur adresseraient pas la parole. Hermione préféra ça aux cris de la mère de Sirius qu'elle avait dû supporter quelques mois quand qu'ils ne trouvent une solution.
Sirius ne s'attarda pas et la mena au premier étage. Un long couloir spacieux faisait le tour de la cage d'escalier et s'enfonçait plus loin dans le manoir.
« J'ai demandé à Betsy et Grim de nous préparer la chambre que je prenais quand j'étais petit », dit-il en la guidant dans le couloir.
Elle observait les lieux, intriguée. Le manoir n'avait rien à voir avec le Square. Il était plus spacieux et elle aimait un peu plus l'atmosphère que celle qu'il y avait eu au Square. Avec les rénovations qu'ils avaient faites, elle s'y sentait bien mieux heureusement, mais elle pouvait voir que les parents de Sirius n'avaient pas passé beaucoup de temps ici.
« Mon oncle Alphard a vécu ici avant sa mort. Il a changé pas mal de choses et je dois dire que c'est mieux ainsi. »
Elle caressa sa main dans la sienne, opinant, et Sirius lui adressa un regard tendre.
« Les portraits ont tous été rendus muets, souffla-t-il, clairement amusé.
- Oh ! Je comprends mieux. »
Il rit et elle ne put s'empêcher de le rejoindre dans son hilarité.
Quelques secondes plus tard, ils arrivaient à la chambre. Sirius découvrit avec elle les aménagements des elfes et apprécia.
L'endroit était richement meublé et décoré, le style du manoir. Un lit immense en bois trônait au milieu et avait l'air très confortable. Deux bibliothèques l'encadraient et le tableau, assez grand, d'un paysage du bord de mer était représenté au-dessus du lit. De grandes fenêtres ouvraient vers l'extérieur et des rideaux épais dans les tons marrons les entouraient.
Sirius posa son sac tandis qu'elle avançait dans la pièce.
« Cet endroit est incroyable, murmura-t-elle. On se croirait remonter dans le temps. »
Il pouffa et la rejoignit près de la fenêtre.
« Lorsque tu as dit qu'il s'agissait du manoir Black, je pensais que cela ressemblerait au Square avant.
- Alphard a fait beaucoup de changements, sourit-il, et… on pourra en faire d'autres. »
Il avait toujours ce petit air hésitant et elle avait compris qu'il avait peur de l'effrayer. Elle lui rendit son sourire, se tournant vers lui, et porta une main douce à sa joue.
« J'adorerais Sirius, et… »
Elle se rapprocha de lui, effleurant ses lèvres, taquine.
« J'adore quand tu m'inclus dans tes plans d'avenir. »
Elle vit clairement son regard passer de l'acier au métal en fusion et se mordit les lèvres. Elle en avait eu envie toute la soirée et elle savait que lui-aussi.
Il prit son visage en coupe et fondit sur ses lèvres. Ce fut un baiser passionné et elle dut se rattraper à ses épaules pour ne pas tomber. Il la souleva dans ses bras, agrippant ses fesses, et l'emmena vers le lit alors qu'elle retirait sa veste. Il l'assit sur la couverture et la libéra de son manteau. Un feu ronronnait dans la cheminée, donnant une ambiance particulière et parfaite. Les mains sous son veston, elle déboutonnait sa chemise avec impatience alors qu'il s'aventurait dans son cou. Elle commença à haleter sous ses mordillements bien placés et il sourit en la sentant se trémousser sous lui. Il était déjà bien trop à l'étroit dans son pantalon et elle ne pouvait pas le manquer. Il caressa sa mâchoire de son pouce, la retenant contre lui, et une main glissa sur son corps. Il s'appuya un peu plus sur elle, veillant à ne pas lui faire mal, et ils ondulèrent tous les deux sans pouvoir se retenir.
Elle avait réussi à déboutonner sa chemise et il se retrouva bientôt torse nu, ce qui convenait particulièrement bien à Hermione.
« Attends Sirius », souffla-t-elle alors qu'une main remontait sur sa cuisse.
Il s'arrêta aussitôt, croisant son sourire mutin, et il eut l'air surpris lorsqu'elle le repoussa gentiment. Il se décala sans trop comprendre et se retrouva à demi-allongé sur le lit à son tour. Debout devant lui, elle se mordit les lèvres, les joues délicieusement rougies, et elle passa une main dans son dos. La robe glissa comme de la soie le long de son corps et atterrit au sol. Sirius en resta bouche-bée. Elle portait un ensemble de lingerie noir, ô combien sexy et n'avait pas fait les choses à moitié. Des portes-jarretelles retenaient ses bas et elle entreprit de défaire ses cheveux. Sirius l'observa faire, son regard brûlant sur son corps. Il voulait la toucher mais comprenait qu'elle ne le souhaitait pas, pour le moment.
Ses boucles brunes retombèrent sur ses épaules et elle s'avança vers lui avec un sourire séducteur. Il retint son souffle alors qu'elle posait ses mains sur sa ceinture sans le quitter des yeux. Il devina ce qu'elle comptait faire alors qu'elle se mettait à genoux devant le lit, ouvrant son pantalon. La vision qu'il avait était bien trop érotique et il se sentait de plus en plus à l'étroit. Heureusement, elle le libéra bien assez vite et retira son pantalon et son boxer en même temps. Son sexe se dressa devant son regard gourmand et il dut fermer les yeux.
« Oh Par Merlin, Hermione… » gémit-il alors que ses lèvres rouges l'embrassaient lascivement.
Il sentit sa langue passer et repasser sur son pénis avant qu'elle ne le prenne en bouche complètement.
Ses doigts glissés dans ses cheveux, il rejeta sa tête en arrière, ne retenant plus ses gémissements appréciateurs. Les fellations d'Hermione étaient toujours incroyablement bonnes. Elle ralentissait quand elle le sentait trop proche et reprenait pour faire monter le plaisir à nouveau. Ce soir, il sentait qu'il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme et la retint.
« Attends… attends Amour, je… »
Elle le suça une dernière fois et l'interrogea du regard. Il grommela :
« Je vais venir si tu continues et j'aimerais que ce soit en toi. »
Son sourire s'agrandit et elle se redressa. Leurs lèvres se rencontrèrent et il effleura son corps. Elle était tellement sexy. Il la sentit soupirer contre sa bouche lorsqu'il passa ses doigts sur ses tétons dressés.
Il l'attrapa par les fesses, l'attira à lui, et elle s'assit sur ses genoux, à califourchon. Sa bouche put s'attarder son corps et elle le laissait faire avec des soupirs conquis. Bien vite, elle ondula contre son bassin. Il sentait son pénis frotter la dentelle de sa culotte et ses mains sur ses hanches vinrent l'encourager tandis que ses lèvres se refermaient sur un sein. Elle poussa un petit cri lorsqu'il le mordilla et il le lapa, s'attirant un gémissement.
« Sirius… »
Il adorait l'entendre prononcer son prénom de cette manière. Il grommela alors qu'elle libérait d'elle-même sa poitrine impatiente.
« Désolée mon amour », susurra-t-elle, venant trouver ses lèvres.
Leur baiser fut dévastateur. Ça plus leurs va-et-vient, ils durent faire une pause pour ne pas venir trop vite.
Elle sentit les mains de Sirius passer et repasser sur l'élastique de sa culotte et elle se décala pour qu'il puisse la lui enlever. Elle posa une main sur son porte-jarretelles mais il l'interrompit.
« Laisse-le », souffla-t-il en la basculant sur le lit.
Elle eut un petit rire mais celui-ci s'arrêta net alors que son corps glissait contre le sien. Elle sentit son sexe contre son entrée et leurs regards se croisèrent. Noirs de désir, presque fiévreux, ils ne se lâchèrent pas alors qu'il la pénétrait lentement. Elle poussa un soupir satisfait lorsqu'il fut complètement en elle et releva une jambe contre son bassin.
Il caressa sa cuisse et l'embrassa avant de commencer une série de va-et-vient. Elle eut un cri lorsque sa main se glissa entre le corps et taquina son clitoris. Elle n'allait pas tenir plus de quelques minutes. Elle sentait déjà le plaisir se propager dans tout son être.
« Plus fort Sirius ! » gémit-elle, agrippée à ses épaules.
Il sourit et saisit ses hanches à deux mains, accélérant le rythme. Hermione n'était pas discrète. Elle ne l'était d'ailleurs jamais mais ce soir-là elle fut particulièrement bruyante en venant. Il l'avait redressée dans ses bras pour qu'elle s'empale sur lui et ce mouvement avait suffit à la faire venir. Son vagin se resserra autour de lui et il vint quasi en même temps.
Il la gardait sur lui, contre lui, encore quelques secondes, caressant son dos. Ils étaient tous les deux essoufflés et elle ronronnait presque dans ses bras, sa tête dans son cou.
Elle gémit, sensible, lorsqu'il la souleva pour se retirer et tendit aussitôt les bras vers lui. Il ne résista pas et vint la serrer contre lui. Ils se glissèrent bien vite sous les couvertures, leurs corps entrelacés, et s'endormirent rapidement.
J'espère que ce chapitre, un peu de pause dans les révélations disons, vous a plu ! J'inclus quelques nouveaux éléments concernant le travail d'Hermione. Celui-ci deviendra un peu plus présent par la suite donc vous aurez des réponses à vos questions j'imagine et un peu d'action :D
Aussi pour le passage en italique, il reprend le tout début de l'histoire, donc l'ouverture du chapitre 1 (la boucle est bouclée en quelque sorte) et c'est pour ça que je l'ai mis en italique. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire et à la semaine prochaine !
