Le Temps Qui Passe

Cinq ans avaient passé depuis ce jour fatidique où Buck avait quitté leurs vies.

Eddie se retrouvait parfois assis seul dans sa cuisine, parcourant les cartes postales qu'il avait reçues au fil des ans. Des messages brefs, parfois cryptiques, mais ils étaient la seule connexion qu'il avait avec Buck.

Pas d'adresse de retour, pas de numéro de téléphone, juste des mots écrits à la hâte sur des bouts de papier colorés, accompagnés de photos de Nathan qui grandissait trop vite. Ce gamin ressemblait de plus en plus à ses pères et semblait bien se porter. Il l'avait vu se transformer d'un bébé fragile en un jeune garçon qui avait l'air plein de facéties.

Christopher avait également franchi des étapes importantes, venant de recevoir son diplôme. Mais malgré toutes ces avancées, une partie de lui restait incomplète, un vide béant laissé par l'absence de son meilleur ami, le manque de l'amour de sa vie.

Eddie n'avait pas refait sa vie, il n'avait pas vraiment avancé depuis son départ, étant toujours le même père célibataire. Il ne voulait pas trahir Buck, même si jamais il ne revenait ou ne lui renverrait ses sentiments mais surtout il ne voulait pas trahir Tommy.

La partie de Tommy qu'il avait en lui du moins.

C'était stupide de penser de cette façon mais Eddie ne pouvait pas s'en empêcher. Bobby lui avait fait la leçon à ce sujet mais tout le monde savait qu'il était plus têtu qu'une mule et que rien ne pouvait le faire changer d'avis.

Il avait continué les sauvetages, sauvant des vies, jour après jour, mais chaque fois qu'il regardait dans les yeux de ceux qu'il secourait, il ne pouvait s'empêcher de penser à Buck. Il se demandait ce que son ami aurait fait dans ces situations, s'il aurait été fier de lui.

Bobby avait annoncé qu'il prenait sa retraite.

Chimney avait décliné le poste, se contentant d'être secouriste en chef. Hen avait accepté un poste à l'académie pour la formation de tous les pompiers secouriste du LAFD, ce qui lui donnait déjà assez de responsabilités en dehors de son poste au 118. Eddie de son côté n'était absolument pas intéressé.

Le LAFD avait décidé d'ouvrir le poste à l'extérieur de l'état.

Eddie savait qu'ils avaient trouvé quelqu'un mais ça ne l'intéressait pas vraiment. Quand le nouveau capitaine se présenterait, il démissionnerait. Le 118 sans Buck c'était déjà difficile mais sans Bobby, il ne voulait pas s'infliger ça.

Eddie se préparait pour une nouvelle journée de sauvetage, il entendit les sirènes au loin. Une alarme, une urgence, une vie en danger. Il se hâta vers le camion, prêt à répondre à l'appel.

Buck n'était plus là mais il continuait de lui faire honneur.

Lorsqu'ils arrivèrent sur les lieux du carambolage, une unité de pompiers était déjà sur place et ils se présentèrent au capitaine pour prendre leurs ordres.

– Désolé mais un capitaine qui n'était pas de service étaient là avant nous, lâcha-t-il. Il a commencé le triage.

– Mais vous êtes le capitaine en service ? s'étonna Eddie.

– Il a emprunté l'équipement avant que je puisse dire quoi que ce soit, se dédouana le capitaine. Et ce gars sait donner des ordres.

– Des paramedics par ici ! cria soudain une voix familière.

Eddie tourna la tête et vit Buck, muni de pinces de la vie, s'affairant près d'une voiture renversée. Son cœur manqua un battement en le voyant là, au milieu du chaos, agissant comme s'il n'avait jamais quitté les rangs des 118.

Sans attendre, Eddie se précipita vers lui, ses pas lourds résonnant sur le bitume. Les autres membres de l'équipe le suivirent de près, partageant son étonnement et sa confusion.

– Buck ? appela Eddie, sa voix pleine d'émotion.

Buck se tourna vers lui, un mélange de surprise et de soulagement sur son visage, avant qu'un immense sourire se dessine sur ses lèvres.

– Hey Eds, tu es là, dit-il, semblant presque incrédule.

– Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Eddie, les sourcils froncés d'inquiétude.

– Je suis revenu, répondit Buck simplement, se remettant au travail sans plus de cérémonie.

Eddie observa Buck pendant un instant, émerveillé par sa détermination et son sang-froid dans cette situation d'urgence. Malgré toutes les années écoulées, malgré les épreuves traversées, Buck était toujours le même homme qu'il avait toujours connu : courageux, dévoué, prêt à tout pour sauver des vies.

Il se joignit à lui dans le triage des victimes, suivant son exemple avec détermination, sortant les victimes de leur voiture lorsque cela s'avérait nécessaire. Ensemble, ils travaillèrent côte à côte, sauvant autant de vies que possibles dans le chaos de l'accident.

Après des heures d'efforts acharnés, l'équipe des 118 réussit enfin à stabiliser la situation. Les blessés furent évacués vers les hôpitaux les plus proches, et le calme revint enfin sur les lieux de l'accident.

Eddie s'approcha de Buck, son regard rempli de reconnaissance et d'admiration.

Il ne savait pas que Buck était de retour à Los Angeles, ni depuis quand mais il était heureux qu'il soit là.

– Merci…, murmura-t-il. Pour le coup de main.

Buck lui sourit, ses yeux brillant d'une lueur de fierté. Il semblait vraiment aller mieux. Il n'avait plus rien de l'homme brisé qui avait quitté Los Angeles, cinq années auparavant.

– De rien, Eds, répondit-il. C'est ça être un pompier, non ?

Leurs regards se croisèrent, un échange silencieux chargé d'émotion. Buck avait changé, mûri, mais il y avait toujours cette étincelle dans ses yeux, cette détermination à sauver des vies.

– Toujours pompier à ce que je vois, s'amusa Buck.

– Je ne suis pas doué pour grand-chose d'autre, admit Eddie avec un sourire. Et toi ?

– Être pompier, c'est ma vie, Eds, tu le sais bien. J'ai été pompier dans toutes les villes que j'ai traversées.

– Jolie expérience, sourit-il. Et Nathan ?

– Il grandit, il est à son premier jours d'école… oh tu as bien reçu mes cartes ?

– Je les ai eus, confirma Eddie.

Buck s'approcha d'Eddie, une lueur d'espoir dans son regard et un sourire timide aux lèvres.

– Ouais, je suis resté un moment à St Paul. Ils avaient dans l'idée que j'étais le fils de Bobby et ils ne voulaient plus me laisser partir.

– Je suis content que tu sois là. De passage ou ici pour plus longtemps ? demanda-t-il alors qu'il voyait ses collègues s'approcher.

– Ici pour plus longtemps, affirma-t-il avec un sourire

– Heureux d'entendre ça.

– Ouais et bien, il paraît qu'une place de capitaine se libère, commença-t-il, sa voix empreinte d'une émotion contenue. Je crois que je vais accepter le poste. J'aurais certainement besoin d'un ami.

Eddie ne savait pas quoi répondre.

Il sentit son cœur se serrer à ces mots. Après toutes ces années, après tout ce qu'ils avaient traversé, Buck était là, à nouveau, prêt à recommencer.

– Je serais ravi d'être à tes côtés, répondit Eddie, un sourire timide étirant ses lèvres. Bienvenue à la maison… Capitaine.

Et alors que leurs amis saluaient chaleureusement Buck, Eddie sentit l'espoir renaître en lui. Peut-être que cette fois-ci, ils pourraient trouver la paix et la rédemption, ensemble.

Peut-être que par-delà toutes les blessures de leurs cœurs, ils pourraient enfin trouver l'éclat de l'amour.