Point de vue d'Albus
J'émerge de la pensine après le souvenir d'Éridanie plus furieux que jamais. Je savais que James pouvait être un vrai connard des fois, mais jamais je n'aurais pensé qu'il aurait pu aller aussi loin.
Scorpius est encore plus furibond que moi, il serre si fort sa pensine que j'ai l'impression qu'il va la briser en mille morceaux. Finalement il la repose brutalement dans son armoire, manquant de la casser.
– Dernière année ou non il va voir de quel bois je me chauffe.
Nous sursautons tous les trois, Sally et moi parce que nous n'avions jamais entendu la voix de Scorpius être si froide et Éridanie parce qu'elle semble avoir peur pour son frère.
Alors que Scorpius se dirige vers la porte, sa soeur l'arrête en se plantant devant lui.
– Pas maintenant Scorpius.
– Pousse-toi Éri.
– Non, je refuse que tu ailles le voir dans un état pareil. Il lui suffirait de quelques sorts bien placé pour te désarmer et te connaissant tu tenteras de le frapper, or il n'est pas question que tu affrontes un septième année aussi musclé que James après avoir perdu ta baguette.
Elle n'a pas tort, Scorpius est un excellent duelliste lorsqu'il est calme mais dès que ses émotions prennent le dessus il fait de grossières erreurs et perd face à des adversaires qui ne lui arrivent pas à la cheville. Dans l'état de fureur où il se trouve, mon frère le rétamerait en moins de deux.
Scorpius marmonne des insultes à l'encontre de James mais ne tente plus de sortir de la chambre. Je soupire de soulagement, il n'y a vraiment que sa sœur pour lui faire entendre raison aussi rapidement, je crois bien que c'est la seule à y parvenir, même son père ne peut pas le faire.
Moi par contre j'ai une grosse envie de remettre les idées en place à mon frère, je sais exactement comment y parvenir et tout ça sans lui jeter le moindre sortilège. Je sors ma baguette et d'une formule transforme le vase posé sur ma table de chevet en trophée, toujours à l'aide de la magie, j'y grave quelque chose et après une petite explication à tout le monde, je sors de la chambre.
La salle commune de Serpentard commence à se remplir mais heureusement personne ne me pose de question sur le trophée que j'ai entre les mains, je sors dans le couloir et me dirige d'un pas rapide vers le septième étage, là où se trouve la tour des Gryffondors.
Une fois arrivé devant le tableau de la grosse dame, je toque jusqu'à ce que quelqu'un vienne m'ouvrir la porte, heureusement pour moi, il s'agit de ma petite sœur. Je n'avais absolument pas envie de me lancer dans des explications pour justifier ma présence ici.
– Al ? Il y a un problème ? C'est rare que tu viennes sans prévenir.
– Salut Lily, est-ce que James est là ?
– Eh bien oui mais...
– Excuse-moi Lily. Fis-je en l'écartant de l'entrée pour passer. Mais j'ai deux mots à dire à cette tête de scroutt.
Je ne fais pas attention à la réaction de ma petite sœur et scanne la pièce à la recherche de James, que je trouve rapidement à côté d'une fenêtre. Il est seul, fait suffisamment rare pour être noté.
Je m'avance rapidement vers lui, faisant fi des regards ou des commentaires intrigués des autres Gryffondors sur le fait d'avoir un Serpentard, fils du survivant ou pas, dans leur salle commune.
Pourtant c'est grâce à eux que James se détourne de la fenêtre et remarque ma présence.
– Al ?! Qu'est-ce que tu fais là ?
– Je suis venu te remettre quelque chose.
Et d'un air décidé, je lui tends le trophée. James le prend, incertain si c'est la bonne chose à faire. Je ne lui laisse pas le temps de réfléchir et me met à applaudir sans la moindre once de chaleur sur mon visage.
– Félicitations James, je n'aurais jamais cru ça de toi, vraiment. Je doute que Lily réagisse de la même manière que moi mais bon...ce n'est pas mon problème après tout.
– Attend de quoi parles-tu Al ?
Je me tourne vers ma sœur qui vient de m'interrompre.
– Eh bien vois-tu Lily j'ai eu une conversation fort intéressante avec Éridanie avant de venir et j'ai décidé d'attribuer à James cette récompense suite à cela.
A ces mots le visage de notre frère se décompose et il lâche la coupe comme si elle l'avait brûlé. Intriguée, Lily la ramasse et lit les mots que j'ai gravé.
– Prix du meilleur imbécile de Poudlard ?!
– Et encore j'ai été soft.
– James qu'est-ce que t'a fait ? Qu'est ce qui s'est passé entre Éridanie et toi ?
La voix coléreuse de Lily force James à se mettre sur ses gardes, elle a beau être plus jeune que nous, ses colères à l'instar de notre mère sont redoutables. De plus, malheureusement pour lui, Lily a développé depuis sa première année à Poudlard un respect teinté d'admiration pour Éridanie, renforcé depuis qu'elle s'était mise en couple avec James. Je mettrais ma main à couper qu'elle va très mal le prendre quand elle saura tous les retentissements de l'histoire.
Voyant que James ne se décide pas à ouvrir la bouche je décide de satisfaire la curiosité de la pièce entière vu que tout le monde à les yeux rivés sur nous et me tourne vers eux.
– Voyez-vous cher public. Dis-je en balançant la salle du regard. Mon cher frère ici présent à trouver judicieux de se moquer des Serpentard et surtout de sa petite-amie, Éridanie Malfoy derrière son dos
– QUOI ?!
Je m'attendais à cette réaction coléreuse de la part de Lily mais pas à ce que la moitié de la salle réagisse de la même manière, quoique ça a plus l'air d'être de la surprise qu'autre chose pour eux.
Je reconcentre mon attention vers James et croise son regard, il semble m'implorer de ne pas donner plus de détails. Sauf que je suis un Serpentard et qu'il a fait du mal à l'une des mienne alors en tant que digne représentant de ma maison, je refuse de laisser passer cette opportunité. Avec un sourire sadique, je me tourne vers les Gryffondors et explique ce qui s'est passé.
– Comme vous vous en doutez, elle a voulu avoir une explication, sauf que cet idiot à trouver judicieux de lui avouer qu'il a couché avec une autre fille.
Si les yeux pouvaient lancer des avadas, James en aurait reçu plusieurs à cet instant. Malgré son nom de famille, Éridanie est apprécié de toute l'école, notamment parce qu'elle aide toujours les premières années à s'adapter à Poudlard et qu'elle ne refuse pas de donner un coup de main, maisons confondues, que ce soit pour les devoirs ou autre chose.
– Je le dis donc haut et fort pour que ce soit clair : ils ne sont plus ensemble par la faute de cet imbécile.
Je m'incline comme si je me produisais sur scène et sors de la salle commune des Gryffondors, laissant sans le moindre remord James subir les foudres de Lily et le jugement désapprobateur silencieux de pas mal d'autres de ses camarades.
Après la fermeture du portrait de la grosse dame, j'emprunte à nouveau les escaliers afin de descendre de la tour, le couvre-feu ne tardant pas, je n'ai aucune envie de me faire prendre à me balader dans les couloirs par un des préfets ou le concierge.
Alors que je marche dans le couloir menant aux cachots j'ai la surprise d'apercevoir une silhouette féminine s'enfuir précipitamment et me bousculer au passage. Nous tombons tous les deux mais elle se relève et part tellement vite que je n'ai pas le temps de voir son visage. En soupirant, je me dis que c'est sûrement une des conquêtes d'un des plus âgés qui se dépêche de rentrer dans son dortoir.
Je me relève en pestant sur l'irresponsabilité de certaines personnes et reprends ma marche pour finalement arriver devant la porte de ma salle commune, je murmure le mot de passe et entre.
Je suis aussitôt frappé par les conversations qui se stoppent dès que je pénètre à l'intérieur.
Surprit de cet état de fait, je lève un sourcil, réclamant ainsi une explication, mais personne ne fait mine d'ouvrir la bouche. Exaspéré par cette attitude qui me rappelle ma première année pas vraiment agréable, je m'apprête à élever la voix, jusqu'à ce que la porte du dortoir des garçons s'ouvre et que Lucas Foucher en sorte.
Je ferme tout de suite la bouche, ne souhaitant en aucun cas demander une explication avec Foucher dans les parages, il me déteste tellement qu'il se ferait un plaisir de me rabaisser plus bas que terre s'il savait que tout le monde s'est tu lorsque je suis entré dans notre salle commune.
Avec un grognement de dépit, je me dirige rapidement vers les dortoirs afin de rejoindre ma chambre le plus vite possible. J'y retrouve, sans grande surprise, Scorpius en train de marmonner des injures à l'encontre de mon frère. Une fois qu'il m'aperçoit, il se stoppe et demande, avec une lueur de sadisme dans le regard, qu'elle a été la réaction de Lily face à la trahison de James.
– Eh bien je dirais qu'il aura de la chance s'il est encore en état d'aller en cours demain, Lily était vraiment très remontée et du peu que j'ai vu, elle n'était pas la seule.
– Bien. Dit Scorpius. Il le mérite.
Mon meilleur ami s'allonge ensuite sur son lit avec un visage satisfait.
– Éridanie est retournée dans son dortoir ?
– Oui, dix minutes après que tu sois partis et m'avoir fait promettre de ne pas refaire le portrait de ton frère.
– Je pense que ma sœur va s'en charger.
– J'espère qu'elle cognera fort alors.
– On verra ça demain.
Nous ricanons tous les deux et nous mettons ensuite en pyjama, après un brossage de dents réglementaire, nous nous couchons. Alors que je m'apprêtais à m'endormir une chose me revient en mémoire.
– Au fait Scorp, je ne t'ai pas dit mais lorsque je suis entré dans la salle commune tout à l'heure, tout le monde s'est tu et m'a regardé fixement, est-ce-que tu sais pourquoi ?
Scorpius souffle bruyamment.
– En fait Al, il se trouve que le célèbre moulin à rumeurs de Poudlard a encore fait des sienne.
Intrigué, je lui fais signe de continuer.
– Après son altercation avec James l'autre jour, Éridanie est revenue directement ici et s'est enfermée dans sa chambre, sauf qu'elle a oublié les joueurs de l'équipe de Gryffondor qui bien qu'ils n'aient rien entendu, ont tout de suite vu la colère de ma soeur lorsqu'elle est venue sur le terrain de Quidditch et sa rage lorsqu'elle est partie. Ils ont aussi remarqué la joue très rouge de James et le fait qu'il ne pouvait pas parler suite à un sortilège de bloc-langue. Du coup maintenant les rumeurs les plus folles parasitent l'école et tout Serpentard pense que tu sais toute l'histoire parce que tu es venu avec moi quand Éridanie est sortie de sa chambre tout à l'heure.
– Ils n'ont vraiment que ça à faire ? Dis-je en grommelant.
– J'ai eu droit au même traitement sauf que je les ai tous envoyé paître et plutôt violemment si je puis dire, du coup j'imagine qu'ils n'ont pas voulu tenter le coup avec toi.
– Possible, mais ils sauront certainement tout demain étant donné que j'ai expliqué à Lily en plein milieu de la salle commune de Gryffondor pourquoi je remettais ce trophée à James.
J'entends Scorpius pouffer et ne peux m'empêcher de sourire moi aussi. Nous éteignons finalement la lumière et quelques instants plus tard je tombe dans les bras de Morphée.
Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, je suis en train de prendre mon petit-déjeuner dans la grande salle quand James fait une entrée très remarquée avec un énorme coquart sur son œil droit et une Serdaigle pendue à son bras, s'il voulait attirer l'attention c'est réussi.
Je tourne aussitôt la tête en direction d'Éridanie, qui a remarqué mais qui semble s'en moquer totalement. Scorpius par contre est en train de broyer sa fourchette sous la force de son poing. La joie de voir mon frère avec un œil au beurre noir s'est évanouie en une fraction de seconde lorsqu'il a vu la fille à son bras. Il se contient par respect pour sa sœur mais je vois bien qu'il faut que je le sorte de là si je ne veux pas assister à une bagarre.
Fermement, je pose ma main sur l'épaule de mon meilleur ami et le traîne en dehors de la salle, nous serons en avance d'une bonne demie heure pour la métamorphose mais c'est actuellement le cadet de mes soucis.
Une fois arrivé Scorpius se détache de ma poigne et me foudroie du regard.
– Ne nie pas que si je ne t'avais pas sorti de là tu aurais été frappé James et tu sais aussi bien que moi que ça aurait été une très mauvaise idée.
Il grommelle dans la barbe qu'il n'a pas mais ne fait aucun commentaire.
– Écoute Scorpius, contiens-toi aujourd'hui et défoule-toi ce soir pendant l'entraînement, c'est tout ce que je te demande.
Il acquiesce mais n'ouvre pas la bouche pour autant. Notre entrée dans la salle de classe se fait aussi silencieuse que possible, tous nos camarades, Serpentard ou non, observent craintivement Scorpius qui gardent les sourcils froncés, la mâchoire serrée et les poings fermés durant tout le cours.
Je lève les yeux au ciel face à leur comportement. Ce n'est pas parce qu'il est énervé qu'il va vous frapper bande d'imbéciles. Pourtant Scorpius ne décolère pas de toute la journée, j'ai même dû le ceinturer lorsque James a embrassé la même Serdaigle que celle de ce matin et plutôt vivement, dans la grande salle au moment du déjeuner.
Ce n'est que lorsqu'arrive l'heure de l'entraînement que Scorpius se déride un peu. Il enfile rapidement sa tenue de Quidditch et se précipite sur le terrain sous les regards médusés de toute l'équipe.
Quand je sors à mon tour des vestiaires, je repère tout de suite Scorpius en train de voler, une batte à la main frappant furieusement les cognards. Le temps que j'analyse la situation, toute l'équipe a fini de se changer et se trouve sur le terrain, observant le curieux manège de leur poursuiveur vedette.
– Qu'est-ce-que Malefoy est en train de faire ?
– Peut-être qu'il veut changer de poste.
– Il agit ainsi à cause de la rumeur sur James Potter et sa soeur ?
Je me tourne vers notre capitaine, Enzo Zabini, qui soupire et ramène l'attention des joueurs sur lui.
– Écoutez-moi tout le monde, Malefoy a visiblement besoin d'évacuer sa colère, il nous rejoindra quand il sera fatigué, concentrons-nous sur notre échauffement pour l'instant.
Nous obéissons et après une demie heure d'étirements en tout genre, nous enfourchons nos balais et rejoignons Scorpius dans le ciel qui se calme un peu en nous voyant.
– Merci d'avoir suivi mon conseil.
– N'en prend pas l'habitude. Me répond-t-il le rictus malfoyen aux lèvres.
Bon, s'il plaisante c'est que ça va mieux.
Durant le reste de l'entraînement, Scorpius se déchaîne, il accumule les buts, vole plus rapidement que jamais et parvient même quelque fois à renvoyer des cognards avec son pied. Ce n'est pas pour dire mais il devient musclé le petit Malefoy.
– Tu as mangé un lion ou quoi ?
– Ah ah, très drôle Al.
– Évite quand même de trop forcer, tu vas finir par inquiéter ta soeur.
– Je ne vais pas l'inquiéter parce qu'elle ne va pas le savoir car tu ne vas pas lui dire, pigé Al ?
Du doigt je lui pointe les gradins. Scorpius se retourne et manque de tomber de son balai quand il découvre Éridanie en train de le regarder, les poings sur les hanches.
– Tu vas avoir droit à un sermon en bonne et due forme à mon avis ce soir
– Oh par Salazard...
Nous continuons ensuite à nous exercer durant trois quart d'heure pour finir l'entraînement sur les rotules.
– Bravo tout le monde. Lance notre capitaine une fois tout le monde à terre. Pour le prochain match je veux vous voir jouer exactement comme ça, particulièrement toi Malefoy.
– Ce sera facile, il aura juste à imaginer que tous ses adversaires sont James Potter. Se moque un de nos coéquipier.
Le regard glacial que lui décroche Scorpius le fait taire immédiatement.
Alors qu'on s'apprête à retourner dans les vestiaires pour se changer, un cri me parvient aux oreilles, d'abord faible il s'amplifie de plus en plus. Je me retourne, à l'instar de mes coéquipiers, pour identifier qui est en train de hurler. J'ai alors le choc de voir Éridanie tomber du ciel en chute libre.
Avant même que je puisse comprendre la situation, quelqu'un passe à côté de moi à toute vitesse sur un balais et fonce vers Éridanie. J'ai à peine le temps de reconnaître mon frère qu'il la rattrape juste avant qu'elle ne s'écrase contre le sol.
Je reste figé, sous le coup de ce qui vient de se passer. Scorpius me bouscule en se précipitant vers sa soeur et James qui entre temps se sont posé au sol. Son geste me sort de ma torpeur et à mon tour je me précipite vers eux comme le reste de l'équipe.
Arrivé à leur hauteur nous avons la surprise de trouver James assit par terre, Éridanie accroché à lui comme si sa vie en dépendait. Son visage est caché dans le torse de mon frère, elle tremble de tous ses membres et ses muscles ont l'air plus rigide qu'une barre de fer. Elle a dû avoir la peur de sa vie.
A mon grand étonnement, James est en train de lui faire un câlin, tout en lui murmurant des paroles apaisantes au creux de l'oreille, sans doute pour la calmer. Je ne l'avais jamais vu être aussi tendre avec quelqu'un, ça me fait bizarre.
Scorpius lui, s'agite autour de ce drôle de couple, ne sachant pas quoi faire pour aider sa sœur à reprendre ses esprits. Je pose une main sur son épaule pour l'inciter à se maîtriser. James semblant avoir la situation en main, c'est inutile qu'il s'agite ainsi.
Soudainement, les muscles d'Éridanie se relâche et elle s'évanouit. Étant déjà dans les bras de James, celui-ci la retient aisément et se relève, Éridanie dans les bras, tout en nous foudroyant du regard.
– Maintenant qu'elle est dans les vapes, pouvez-vous me dire à quoi vous pensiez pour ne pas la sauver ? Si j'étais arrivé une seconde plus tard elle serait morte. Vous vous en rendez compte j'espère. Vous devriez faire plus attention à votre environnement bande d'inconscients.
Honteux, nous baissons tous la tête.
James nous jette un dernier regard furieux et se dirige ensuite vers l'école.
– Eh, où est-ce que tu vas comme ça avec Éridanie, Potter ?
– À ton avis Zabini ? Je l'emmène à l'infirmerie. Une chute d'un peu plus d'une centaine de mètres laisse forcément des séquelles.
A ces mots, Scorpius court vers lui et d'un regard lui fait comprendre qu'il l'accompagne.
Pendant que le reste de l'équipe se dirige finalement vers les vestiaires pour se changer tout en bavassant sur ce qui vient de se passer, je me bouge les fesses et rattrape mon meilleur ami qui regarde sa sœur dans les bras de James d'un air extrêmement inquiet.
Le trajet du stade jusqu'à l'infirmerie se fait dans le plus grand silence, les quelques élèves que nous croisons nous jettent des coups d'oeil curieux mais un regard de James suffit à leur faire tourner la tête. Il a beau être le plus grand farceur de la famille Potter, mon frère sait parfaitement imposer le respect quand il veut.
Arrivé à destination, l'infirmière, Mme Londubat, se précipite vers nous et ordonne à James d'installer Éridanie sur un des lits.
– Qu'est-ce-qui s'est passé ?
– Elle a chuté d'une centaine de mètres et je l'ai rattrapé juste à temps.
– Comment ça elle a chuté d'une centaine de mètres ?
– Je suis allé au terrain de Quidditch pour voler un peu et quand je suis arrivé Éridanie tombait du ciel sans que rien ne puisse arrêter sa chute. Je n'ai pas réfléchi, j'ai enfourché mon balai, foncé dans sa direction et j'ai réussi à la rattraper juste avant qu'elle ne s'écrase au sol.
Mme Londubat reste sans voix après son explication. Puis elle hoche la tête et procède à un examen de routine, qui révèle juste une épaule luxée.
– Bon, je vais m'occuper de sa blessure et elle restera à l'infirmerie cette nuit en cas de contrecoup. Vous pouvez partir messieurs.
– Je reste ici.
– Monsieur Potter, vous n'avez pas l'autorisation de...
– Il reste encore du temps avant le dîner et j'ai remplis mes obligations journalières, s'il vous plaît laisser moi rester, c'est très important pour moi.
Devant l'insistance de James, Mme Londubat accepte mais lui fait promettre de partir avant le couvre-feu, elle part ensuite chercher les potions nécessaires au rétablissement d'Éridanie.
Scorpius aussi souhaite rester mais je lui indique que mon frère a besoin d'être seul avec Éri. Il réfléchit puis s'avance vers le nouveau garde-malade qui n'a pas quitté la patiente des yeux depuis le départ de l'infirmière. D'une main sur l'épaule, il le force à se retourner.
– D'abord, merci de l'avoir sauvé, vraiment.
– Je ne l'ai pas fait pour toi.
– Mais j'aimerais bien savoir pourquoi tu as agi d'une manière aussi odieuse avec elle alors qu'il est clair vu tes reproches de tout à l'heure que tu tiens à elle. Continu Scorpius en ignorant le ton mordant de James.
– Tu tiens vraiment à avoir cette conversation maintenant ?
– Oui parce que je suis encore sous le coup du choc d'avoir vu ma sœur frôler la mort, ce qui m'empêche de t'envoyer mon poing dans la figure vu son état déplorable d'hier.
A ces mots, James se prend le visage entre ses mains et semble profondément désolé.
– Je n'ai jamais voulu ça Scorpius, je n'ai jamais voulu lui faire du mal.
– Donc, pourquoi ?
James paraît hésiter mais secoue finalement la tête.
– Désolé mais c'est entre ta sœur et moi, elle est la seule avec qui j'ai envie de m'expliquer.
– Tu sais que je vais le savoir un jour ou l'autre ?
– Sans doute mais ce ne sera pas de ma bouche.
Scorpius soupire mais relâche l'épaule de James. Après un dernier regard en direction de sa sœur, il quitte l'infirmerie avec moi sur ses talons.
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Et voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et on se retrouve vendredi prochain pour la suite. Bonne semaine
