Bonjour à toustes !
Désolée pour la coupure de quelques jours.
Voici le 21ème ficlet. C'est la suite du jour 19 ^^
Bonne lecture !
...
Jour 21 :
- Prompt : La sexualité et/ou le genre du personnage ne sont un problème ni pour lui ni pour ses proches
- Contraintes : Écrire à la 1ère personne ; "On ne peut plus rien dire" ; Commencer par la dernière phrase du dernier ficlet (sur le serveur)
Embrasse-moi
« Iel avait de la chance, ses amis étaient précieux. »
Je referme le livre. C'était une bonne lecture, mais j'avoue que je suis perdu. Ce personnage qui ne se considère ni comme une femme ni comme un homme est un mystère pour moi. Il… Non iel était touchant et je me suis attaché à lui. Elle. Iel ? Merde, je ne sais plus. J'ai apprécié ce roman, même si je n'ai pas tout compris. C'est pour Drago que je fais ça. Enfin, pour Scorpius. C'est mon filleul tout de même, c'est important que je comprenne sa génération et son petit-ami. Albus est… je ne sais plus du coup. Ce qu'il m'a expliqué l'autre jour, est-ce que c'était cette histoire de non binaire ou encore autre chose ? Je crois que c'est autre chose.
Je rejoins Drago chez lui avec une petite boule au ventre. Je ne veux pas être comme mon père. Alors j'ai accepté, parce que Drago a accepté. Jouer avec mon genre ? Je n'ai pas tout saisi, mais qu'importe c'est pour Drago que je le fais. Enfin, pour Scorpius. Non, pour Albus. Bref, pour eux.
Les garçons sont déjà là. Drago me sourit et me tend un verre de whisky. Il me connaît trop bien. Je m'affale dans le canapé et mon meilleur ami pose une main sur mon genou pour me rassurer. Scorpius est lové sur les genoux d'Albus dans le grand fauteuil vert que j'adore. Ils sont mignons quand même ces deux-là. Si on avait pu prévoir un truc pareil quand même : un Malefoy et un Potter. Je souris dans mon verre.
Je me souviens lorsque c'est arrivé. Drago a débarqué, aussi blanc qu'un mort, en m'annonçant que Scorpius était gay. J'ai cru que c'était cette annonce qui le mettait dans cet état. La voix tremblante, il m'a alors confié qu'il était aussi concerné et qu'il le cachait. Le coming out de son fils a tout changé. J'en ai encore l'estomac qui se tord, ça a dû être si difficile toutes ces années.
— Bon, allez, on s'y met ! s'exclame d'un coup Albus en poussant Scorpius qui trébuche sur le tapis.
— On a ramené plein de trucs. T'as descendu les affaires de Maman, hein ?
Drago acquiesce en désignant une malle. Scorpius s'y précipite et jette par-dessus son épaule un tas de jupes, chemisiers et autres foulards qui s'amoncellent. Je pince les lèvres et la main de Drago sur mon genou se resserre. C'est une mauvaise idée…
— Papa, on va commencer par les cheveux ! décide Scorpius avec un sourire malicieux.
Drago se retrouve affublé d'une longue tresse piquetée de marguerites et de barrettes violettes. Puis, ils nous maquillent. Ça pique et ça gratte, j'ai les yeux qui pleurent. Du vernis bleu décore finalement mes mains. C'est étrange, mais plutôt joli. Je ne sais pas à quoi je ressemble, mais lorsque je tourne la tête vers Drago, mon cœur fait un looping. Ses paupières sont ourlées d'un dégradé de violets et ses cils sont désormais noirs et épais. Ils ont toujours été longs, mais tellement clairs qu'on ne les voyait presque pas.
— Debout maintenant. Ça, c'est pour vous, Théodore, m'affirme Albus.
Encore sous le choc, je suis Drago qui a disparu dans l'autre pièce. J'enfile sans même m'en rendre compte la jupe cintrée et le chemisier sans pouvoir détourner le regard de mon meilleur ami qui me tourne le dos. Une jupe plissée à carreaux tombe sur ses hanches minces. Elle s'arrête juste au-dessus du genou. Il se débat avec un corset noir. Je n'arrive pas à croire que nous avons plus de quarante ans et que je n'ai pas compris avant. J'ai l'impression de le voir pour la première fois. Je secoue la tête pour éclaircir mes pensées.
— Tu veux de l'aide ?
Il se retourne brusquement et me fixe avec la bouche entrouverte. Ça dure longtemps. Puis il sourit.
— Heu. Oui. S'il te plaît.
Il y a trop de lacets, mais je les passe dans chaque trou avec une patience que je n'ai pas. La chaleur du dos nu de Drago effleure mes mains, l'odeur citronnée de son shampoing m'enivre, ses grains de beauté ressortent sur sa peau d'albâtre. L'envie de les embrasser me traverse avec violence. Mon ventre se tord. Je recule d'un pas, les mains tremblantes. Les lacets retombent le long de son corps et balayent la jupe.
— Tu n'y arrives pas ? demande Drago en tournant la tête vers moi.
Je ne peux plus rien dire. Mon cœur bat si fort qu'il va forcément l'entendre. Et c'est à cause de lui. Ses yeux gris me questionnent. Sans crier gare, des larmes débordent de mes yeux. J'ai mal au ventre. J'ai peur. Les mains de Drago se referment sur mon visage et ses pouces nettoient mes joues.
— Théo ?
— Embrasse-moi, je souffle.
Comme je ne suis pas cruelle, je vous annonce que ce ficlet aura une suite !
